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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.

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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 13:03
Une source d'information précieuse naît de la numérisation de plus en plus large des organes de presse et de l'accès simplifié sur Internet. Rosa Luxemburg et la grève générale dans le Salut Public.

Une source d'information précieuse naît de la numérisation de plus en plus large des organes de presse et de l'accès simplifié sur Internet. Ainsi, un site est dédié aux publications de la région Rhône-Alpes.

http://www.memoireetactualite.org/fr/presse.php

http://www.memoireetactualite.org/index.php

Sur Rosa Luxemburg, cela peut se révêler une nouvelle source précieuse. Un exemple  : le Salut Public, journal de Lyon offre cinq occurences pour Rosa Luxemburg. Ci-dessous la première consacrée à la grève générale.

24 août 1913 – Le Salut Public – P 1

Malgré l'échec complet de la grève générale pour la conquête du S. U. en Belgique, les socialistes allemands vont-ils, à leur tour, tenter d'organiser le grand chômage pour arracher aux pouvoirs publics le S. U. pur et simple dans tous les Etats allemands et notamment en Prusse '! Quelques agitateurs mènent campagne dans ce but, depuis quelques mois ; ils essayent de remuer les masses prolétariennes. Mais les « officiels », députés, chefs de grandes organisations, directeurs des principaux journaux, sont hostiles à cette idée. Cette opposition, loin de décourager les apôtres de la grève générale, ne fait au contraire que stimuler leur activité. Les « arrivés » ont l'expérience de l'adage bien connu : Un pur trouve toujours un plus pur qui l'épure. Ils sont traités de traîtres ou de quasi traîtres par les meneurs du second degré impatients d'arriver à leur tour, de devenir députés, présidents ou secrétaires de syndicats, directeurs de coopératives et de journaux. On soulève contre eux l'animosité de la foule envieuse et méfiante par une surenchère démagogique. C'est l'éternelle histoire des partis de violence. Après avoir envoyé les Girondins à la guillotine, les Montagnards se décimaient entre eux. M. Jaurès et les doctrinaires de notre parti socialiste se mettent à la remorque des meneurs de la C. G. T. pour n'être pas supplantés par eux, ce qui d'ailleurs ne les empêche pas d'être taxés de modérantisme en attendant que les autres soient assez forts pour les supplanter. Les parlementaires socialistes d'outre-Rhin» sont victimes du procédé dont ils usèrent jadis à l'égard des bourgeois radicaux, dont les socialistes français se sont servis et se servent encore avec succès contre les radicaux-socialistes. A la tête de ceux qui préconisent chez nos voisins la grève générale pour la conquête du S. U. se fait surtout remarquer la citoyenne Rosa Luxemburg. On y trouve aussi quelques rares et obscurs députés. L'un d'eux est le citoyen Lensch, membre du. Reichstag, qui a dû abandonner le poste de rédacteur en chef du journal socialiste de Leipzig, à la suite de démêlées violents avec le parti. Rosa Luxemburg et Lensch ont donné dans plusieurs villes, notamment à Berlin, des meetings en faveur de la grève générale. Le discours de la citoyenne a surtout été un réquisitoire contre la direction du parti et contre ces représentants au Parlement impérial. A ceux-ci, Rosa Luxemburg reproche vivement le vote par lequel ils ont assuré l'adoption de la récente loi militaire. Voilà un grief que personne ne pourra formuler, hélas contre nos démagogues nationaux. Il paraît que les parlementaires socialistes allemands sont hypnotisés par l'idée de former avec les partis libéraux le « grand bloc» rouge contre le petit bloc bleu-noir (conservateurs et Centre). C'est du moins la citoyenne qui le prétend, et elle raille les députés de se laisser, à cause de ce rêve, duper sans cesse par les libéraux. Aussi en vient-elle à cette conclusion qu'il n y a aucun avantage à conquérir sur le terrain parlementaire pour le prolétariat. Celui-ci doit « apparaître lui-même en scène » De là, l'idée de la grève générale, qui ne disparaîtra plus, assure Rosa Luxemburg, des préoccupations de la masse socialiste. Le député Lensch a appuyé l'agitatrice et déclaré qu'il fallait « rompre avec la tactique purement défensive du parti. » D'autres orateurs, peu connus quoique très remuants, ont parlé dans le même sens. Mais il s'est trouvé des contradicteurs qui ont traité d'illusions les espérances de la citoyenne en déclarant avec énergie que la plupart des syndicats refuseraient de sejoindre à cette entreprise insensée ou du moins prématurée. M. Edmond Fischer, député au Reichstag, partage cet avis. Dans la revue des « intellectuels », Sozialistischen Monatshefte, il raille le bluff que constituerait la tentative de grève générale, qu'il faudrait, dit-il, comparer aux mises en scène du vieux Blanqui : « Permis, écrit-il, de traiter la bureaucratie prussienne de réactionnaire. Mais nous nous exposerions à une grande déception si nous voulions admettre que les pouvoirs publics sont déjà devenus si faibles qu’une grève d'ouvriers les ferait trembler ou même amènerait leur écroulement. En deux semaines, trois au plus, les moyens financiers des grévistes seraient épuisés, les caisses des syndicats vidées, et il ne resterait aux combattants (pour autant qu'ils ne voulussent pas monter sur les barricades) d'autre parti que de retourner au travail. Alors c'en serait fait aussi de notre puissance; et pour beaucoup d'années. Et alors quoi. Les patrons pourraient facilement dicter les conditions de travail et récupérer par le moyen de réductions de salaire le dommage éprouvé pendant la grève. Les organisations ouvrières crouleraient ou seraient condamnées à la faiblesse pour de longues années. » Les chefs du socialisme belge, les parlementaires comme Vandervelde, Destrée, Anseele, raisonnaient ainsi quelques semaines avant le vote de la grève générale. Cela ne les empêcha pas de s'y rallier, d'en paraître même les promoteurs enthousiastes, lorsqu'ils se virent impuissants à arrêter le mouvement. Ils auraient pu répéter un mot célèbre : « Nous sommes leurs chefs, donc il faut que nous les suivions ». En sera-t-il de même pour les parlementaires socialistes allemands ? Non, d'ici de longs mois encore, ils sont trop forts de la leçon belge. Mais il est dans la logique des partis révolutionnaires que les plus violents fassent marcher les autres. Tôt ou tard, les « officiels », les « arrivés » seront débordés. A. VEREY

PRESENTATION DU SITE

Presse ancienne

Découvrez 36 titres de presse locale ancienne de la région, représentant plus de 500 000 pages de journaux de 1807 à 1944, interrogeables en texte intégral.

Gazettes, journaux, échos, revues, canards...

La presse ancienne détaille tous les faits de la vie locale et relate sur un ton qui lui est propre les grands événements de l'Histoire. Témoin de la vie des générations passées, elle représente, de ce fait, une mine d'informations originales extrêmement consultée par les universitaires, les sociologues, les historiens… mais aussi par les amateurs curieux du passé dont ils sont issus.

Cet authentique trésor, conservé dans les bibliothèques et les services d'archives, est largement communiqué au public. Mais au rythme des lectures, les journaux, imprimés sur du papier économique, avec des encres de mauvaise qualité, dans des formats encombrants se déchirent, s'effritent, se morcellent jusqu'à devenir intouchables. Les professionnels, responsables de ces collections, ont attiré l'attention des pouvoirs publics sur la nécessité de préserver ce patrimoine unique. Pour le sauvegarder des mesures d'urgence ont été mises en œuvre dès 1996.

La campagne régionale de sauvegarde et de valorisation de la presse ancienne de Rhône-Alpes

Avec le soutien financier de la Direction régionale des affaires culturelles de Rhône-Alpes, de la Région Rhône-Alpes, puis des Conseils généraux et de plusieurs Villes, l’Arald a coordonné une campagne de sauvegarde et de valorisation de la presse éditée dans la région aux XIXe et XXe siècles. Ce travail au long cours a consisté à créer des documents de substitution, afin que les originaux ne soient plus communiqués au public. Des opérations de microfilmage, puis de numérisation ont été menées à grande échelle.
Les titres numérisés sont aujourd’hui accessibles en texte intégral, ce qui permet d’effectuer une recherche à partir d’un mot ou d’une expression sur l’ensemble des 36 titres présents sur le portail Mémoire et actualité en Rhône-Alpes.
De nouveaux titres seront mis en ligne, ou d’autres complétés en fonction de l’achèvement des travaux de traitement en cours dans le cadre de cette campagne de sauvegarde et de valorisation. Un calendrier des mises en ligne sera très prochainement mis à disposition pour information.

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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 12:59

Après Stuttgart

31 août 1907

Jaurès, l’intégrale des articles de 1887 à1914

publiés dans la Dépêche,

P 704/705

 

J’avais écrit ici, avant les Congrès de Nancy et de Stuttgart, que le devoir des socialistes était d’affirmer très haut le droit des nations à l’indépendance et à la vie, et d’affirmer aussi que les prolétaires de tous les pays s’opposeraient à toute guerre d’aventures, de rapines et de haine, non seulement par des mots, mais par une action concertée et rigoureuse. Je ne faisais ainsi qu’exprimer ce que je savais être la pensée commune de l’immense majorité des socialistes, et c’est à cette double pensée que répondent les décisions du Congrès international de Stuttgart, comme celles de Nancy. J’ai à peine besoin de rappeler que la résolution de Nancy fait une obligation absolue aux prolétaires de défendre leur indépendance nationale et même d’aider la classe ouvrière de tous les pays à défendre les nations menacées dans leur autonomie. Quant à la résolution de Stuttgart, elle est si éloignée de faire fi de l’existence et de la liberté des nations qu’elle détermine, en attendant l’heure où prévaudra l’arbitrage international, la meilleure organisation, la plus démocratique à la fois et la plus efficace, des moyens de défense de chaque pays. En ce point il y a accord unanime des socialistes ; et il est permis de dire que ce qui s’était mêlé de paradoxal et de malsain à « l’hervéisme » est éliminé. Aussi bien Hervé lui-même a-t-il avoué que sa  propagande était trop simple, trop unilatérale et qu’on n’avait pas tenu un compte suffisant de tous les éléments du problème. L’effort même qu’il a tenté pour obtenir que les socialistes allemands s’engagent à une action précise et rigoureuse contre la guerre, d’accord avec les socialistes français, montre bien qu’il n’entend pas jouer l’existence nationale de la France. Peu à peu, quelle que soit la perfidie de nos adversaires, ou leur aveuglement, les préjugés se dissiperont et les calomnies tomberont. Il est certain, en effet, que le Congrès international de Stuttgart marque la volonté ferme des ouvriers de tous les pays d’intervenir ensemble pour prévenir les guerres. Oh ! Je sais bien que les réacteurs de toute nuance raillent cet effort ; ils n’ont que moquerie, sincère ou affectée, pour cette réunion de délégués de tous les peuples. Ils dénoncent la prétendue confusion, la prétendue impuissance du Congrès. Je les plains en vérité s’ils ne voient pas la grandeur de la tentative. L’Internationale  a fait des progrès immenses.  Le Congrès a pu, malgré les difficultés très grandes créées par la différence des langues, malgré la pesanteur du mécanisme qu’il devait mouvoir, aborder les plus grands problèmes. Il les a discutés sérieusement, soit dans les commissions, soit dans les séances plénières. Et ce qui caractérise son effort, c’est qu’il ne s’est pas tenu à des formules générales. Il a tenté de  donner des solutions précises, d’indiquer des directions nettes pour l’action. Qu’on lise avec soin les débats sur la politique coloniale, la résolution si intéressante sur l’émigration et l’immigration, enfin la résolution sur le militarisme et la guerre, on verra que l’Internationale, malgré la complexité énorme des questions, ne se borne pas à promulguer des principes généraux ; elle essaie de stimuler, de coordonner les efforts des Parlements et des peuples. Oh ! Je sais bien que sur la grande et redoutable question du militarisme et de la guerre, les calomnies et les railleries de la presse antisocialiste se déchaînent contre nous Français. A lire les journaux de France, on croirait que nous avons fait je ne sais quelle sinistre besogne contre la patrie. Et on prétend que nous désarmons la patrie française, pendant que les socialistes allemands se préparent à défendre énergiquement la patrie allemande. Ce qui me rassure, c’est que la plupart des journaux de l’Allemagne impériale tiennent contre les socialistes allemands le même langage. Je les ai en ce moment sur la table où j’écris cet article : c’est un monceau de déclamations patriotiques et de dénonciations policières contre Bebel, contre tout le parti. Le grand journal gouvernemental La Gazette de l’Allemagne du Nord, déclare que la seule conclusion nette qui se dégage du Congrès de Stuttgart, c’est que les socialistes allemands sont les moins patriotes de tous les socialistes. D’autres demandent que des poursuites soient intentées contre le parti et que le gouvernement « ait l’œil ouvert sur les compagnons ». Sous toutes les calomnies contradictoires dont on l’accable, le socialisme international apparaîtra de plus en plus comme la force de paix, comme la garantie du développement régulier de la civilisation européenne. A coup sûr, le prolétariat n’est pas encore assez organisé pour exercer une action certaine et décisive. Mais il a marqué au Congrès de Stuttgart sa ferme volonté de développer une action dans le sens de la paix. Il fait savoir aux gouvernements, à tous, qu(‘il n’est pas disposé à subir passivement les conflits déchaînés par l’orgueil et la convoitise des dirigeants. Il veut que l’arbitrage résolve les difficultés internationales et que les armements et la guerre ne dévorent plus la substance des peuples. Il déploiera à cet effet une énergique propagande dans tous les pays. Tous les parti nationaux , avec des différences inévitables de tempérament et en s’adaptant à des nécessités diverses, sont d’accord pour cette action fondamentale, et je le demande à tout homme de bonne foi : est-ce que ces vigoureuses affirmations ne sont pas de nature à faire réfléchir les fauteurs de guerre ? Est-ce que le Congrès international de Stuttgart n’a pas ajouté aux chances de la paix générale ?

 

 

 

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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 10:21

Sur le site http://www.ekouter.net/la-revolution-allemande-1918-1923-avec-ernest-mandel-3022#, un enregistrement de E. Mandel sur la révolution allemande.


Enregistré en 1976
Posté le 03.05.2017
Durée : 2 heures 55 minutes 33 secondes


 

Description :
Ernest Mandel, né dans une famille révolutionnaire et d'un père ayant lutté aux côtés de Rosa Luxemburg au sein du Spartakusbund, nous raconte en détails la tentative de révolution communiste allemande entre 1918 et 1923.


Ce récit passionné -et passionnant-, à la fois chronologique et analytique, voit se succéder les problèmatiques suivantes : la grève politique, les conseils ouvriers, l'irruption de la révolution bolchévique, le Spartakusbund et les personnages de Rosa Luxembourg et de Karl Liebknecht, le rôle de la social-démocratie et la contre-révolution menée par Ebert et Noske, le front unique et l'armement des travailleurs, le centrisme, la crise révolutionnaire, le mouvement de masse et le parti révolutionnaire.


Plus que la simple évocation d'un épisode historique haut en couleurs, ces quelques années nous donnent de véritables leçons politiques.

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 19:22

Rubrique : Il y a toujours quelqu'un dans le monde  ... Une rubrique infinie qui évoque les multiples et si diverses rencontres avec Rosa Luxemburg.

Ainsi cette vidéobiographie.

Certes Liebknecht y tient une place bien précoce et l'historien se bat joliment avec la prononciation, mais c'est un vrai plaisir de retrouver grâce à lui les grandes lignes de force de la vie de Rosa Luxemburg et de la voir passer ainsi les générations.

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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 19:54

Rubrique : Il y a toujours quelqu'un dans le monde  ... Une rubrique infinie qui évoque les multiples et si diverses rencontres avec Rosa Luxemburg.

Un projet communal pour un pont nommé Rosa Luxemburg (Ginnheim)

Il y a toujours quelqu'un dans le monde ... Un projet communal pour un pont nommé Rosa Luxemburg (Ginnheim)

Zwei Pfeiler der Rosa-Luxemburg (Roza Luksenburg/Roza Luxenburg)-Brücke in Ginnheim im Auftrag des Ortbeirats und des Jugendzentrums bilden den Anfang für mehrere Zitate: ”Ich fühle mich in der ganzen Welt zuhause, wo es Wolken und Vögel und Menschentränen gibt …” und ”Zu sagen was ist, bleibt die revolutionärste Tat.” Ein wenig Poesie schadet in dem Zusammenhang nie, denn eine Betonbrücke nach Rosa Luxemburg zu benennen empfand ich als weniger treffend.

Mir war es wichtig zu zeigen, daß Bürokratie und Verwaltung, wenn sie schon eine Betonbrücke nach Rosa-Luxemburg benennen, auch eine Antwort in Form einer poetischen Sachbeschädigung erhalten sollten. So weltoffen Frankfurt auf jeden Fall ist, nahezu nichts ist selbstverständlich. Es ist wichtig, so etwas zu bewahren und zu schützen-ohne zum Dogma zu werden. Immerhin war Rosa Luxemburg eine extrem mutige Frau.

Poetical Spraypainting at the pillars of the Rosa Luxemburg Bridge 2016 at Ginnheim, Germany featuring some quotes and a portrait of the brave woman Rosa Luxemburg.

Il y a toujours quelqu'un dans le monde ... Un projet communal pour un pont nommé Rosa Luxemburg (Ginnheim)
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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 23:30

Ces paroles de l'Internationale et l'un des textes les plus justes de Rosa Luxemburg parce que nous nous devons de continuer le combat et ne pas céder au désespoir ...

Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."


Publié le 20 février 2009 sur le blog et devenu le texte emblématique du blog.

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 12:22
Non, monsieur le pape, le front national n'est pas une droite forte. C'est autre chose. C'est le fascisme. Lire Clara Zetkin. En contre-point à Rosa Luxemburg.

La banalisation s'étend. Alors nous reprenons cet article du blog de décembre 2015

 

Aujourd'hui, de nouveau, le désespoir populaire, la trahison social-démocrate pousse plus de 30 % vers les idées fascistes. De plus la social-démocratie met en place des outils que les nouveaux "élus" pourront utiliser sans souci pour réduire la protestation, la pensée, la liberté. Elle sait pourtant que dans deux ans, le pouvoir ira vers les forces conservatrices, voire fascistes, et que déjà dans certaines communes, et bientôt dans la majorité des régions, ces forces sont et seront au pouvoir. C''est donc elles qui utiliseront les nouvelles législations hautement liberticides. Peut-on imaginer que la social-démocratie ne le sait pas! Alors se souvenir que, un peu plus de 30%, ont permis aux nazis de prendre le pouvoir et lire le discours de la dernière session à peu près libre du Reichstag, de CLARA ZETKIN.

 

Car il faut apprendre de l''histoire : ce Parlement ouvert par Clara Zetkin en 1932, sera aussitôt dissout. Les élections suivantes ne donneront pas non plus la majorité aux nazis. Mais Hitler aura fait arrêter entre-temps les députés communistes et pourra demander, et obtenir les pleins pouvoirs. Aujourd'hui cela prendra d'autres formes, mais les victimes seront les mêmes.

 

https://histoireetsociete.files.wordpress.com/2014/04/clara.

 

Courage extrême de Clara Zetkin qui prononce ce discours dans une Allemagne déjà en but aux idées fascistes et aux meurtres politiques et racistes - parce que désespérée  par le manque d'espoir, la répression de la révolution et l'explotation maximale qu'elle subit -, et devant des hommes en uniforme nazi dans le Parlement même. Une partie des exploités en Allemagne, comme aujourd'hui se laissait séduire par le fascisme, mais les partis ouvriers et sociaux-démocrates étaient encore plus de 45%.  Mais un peu plus de 30 % ont suffi aux nazis pour instaurer leur régime de mort. 5 mois après Hitler devenait chancelier. En un an, le nazisme imposait son pouvoir et Clara Zetkin devait quitter 'Allemagne. 10 ans après, des millions de morts, le génocide était l'héritage d'un pouvoir fondé sur le racisme et l''exploitation. 

____________________________

 

Le 30 août 1932, Clara très vieille femme, en qualité de doyenne du Reichstag, alors que Hitler vient d’accéder au pouvoir, est chargée du discours inaugural. Elle est pratiquement aveugle, impotente, on la soutient jusqu’au pupitre, elle ouvre la première séance devant une centaine de nazis en uniforme, dont Goering, avec un vibrant discours contre la montée du nazisme. Le voici :

 

Mesdames et Messieurs,

 

Le Reichstag se réunit dans une situation où la crise du capitalisme ? Son déclin accable les très larges masses laborieuses d’Allemagne et leur inflige les souffrances les plus épouvantables. Les millions de chômeurs que les maigres allocations dont on leur fait (ou dont on ne leur fait pas) l’aumône n’empêchent pas de mourir de faim seront rejoints cet automne et cet hiver par des millions d’autres. La famine, qui est aussi le sort de tous ceux qui ont besoin d’aide sociale, s’aggrave. Quant aux travailleurs qui ont encore un emploi, les bas salaires les empêchent de renouveler leur force nerveuse et musculaire usée au maximum par la rationalisation et, a fortiori, de satisfaire le moindre besoin culturel. En se poursuivant, le démantèlement des conventions collectives et des organes de conciliation va faire baisser encore les salaires de misère. Un nombre croissant d’artisans et de petits industriels, de petits et moyens paysans sombrent dans le désespoir et la ruine. Le déclin économique, les coupes sombres dans les dépenses culturelles réduisent ? néant les bases économiques de la création intellectuelle et ôtent de plus en plus aux créateurs la possibilité de mettre en œuvre leurs forces et leurs connaissances.

 

L’incendie allumé en Orient que l’Occident attise de toutes ses forces dans l’espoir qu’un océan de flammes engloutisse l’Union soviétique et la construction du socialisme, pourrait bien attirer sur l’Allemagne aussi une abominable terreur, susceptible d’éclipser l’œuvre de mort et de destruction de la dernière guerre mondiale. Le pouvoir politique en Allemagne est aujourd’hui aux mains d’un cabinet présidentiel formé sans l’assentiment du Reichstag, composé des hommes de main du grand capital monopoliste et des grands agrariens et dont les généraux de la Reichswehr constituent l’élément moteur. Malgré ses pouvoirs discrétionnaires, le cabinet présidentiel a échoué devant tous les problèmes actuels de politique intérieure et de politique étrangère. Sa politique intérieure est marquée, comme celle des précédents gouvernements, par la pratique des décrets-lois, lois scélérates qui décrètent la misère et augmentent celle qui règne déjà En même temps, ce cabinet foule aux pieds le droit des masses à lutter contre la misère. Ceux qui ont besoin de l’aide sociale et ceux qui y ont droit, ce sont, pour le gouvernement, les gros agrariens endettés, les industriels faillis, les requins de la finance, les armateurs, les spéculateurs et trafiquants sans scrupules. Toute sa politique fiscale, douanière, commerciale, consiste à prendre aux larges couches du peuple travailleur pour donner ? de petits groupes de profiteurs et à aggraver la crise en restreignant davantage la consommation, les importations et les exportations. Sa politique étrangère aussi est placée sous le signe du mépris pour les intérêts des travailleurs. Déterminée par les appétits impérialistes, elle conduit l’Allemagne à dépendre de plus en plus des grandes puissances du Traité de Versailles, malgré les hésitations qui la font louvoyer entre les coups de gueule des traîneurs de sabres et les bassesses les plus plates, et elle compromet ses relations avec l’Union soviétique, le seul Etat qui, par sa politique de paix sincère et son essor économique, puisse offrir aux travailleurs allemands un véritable soutien.

 

Le solde du cabinet présidentiel est déjà lourdement débiteur depuis les meurtres des dernières semaines, dont il porte l’entière responsabilité en ayant levé l’interdiction de porter l’uniforme prononcée contre les S.A. nationaux-socialistes et en favorisant ouvertement ces troupes fascistes de guerre civile. C’est en vain qu’il cherche à faire oublier sa culpabilité politique et morale en se chamaillant avec ses alliés sur la répartition du pouvoir dans l’Etat ; le sang versé en fait pour toujours un complice des assassins fascistes. L’impuissance du Reichstag et la toute puissance du cabinet présidentiel sont l’expression de la décadence du libéralisme bourgeois, qui accompagne nécessairement l’effondrement du mode de production capitaliste. Cette décadence se retrouve entièrement dans la social-démocratie réformiste qui se place en théorie et en pratique sur le terrain pourri de l’ordre social bourgeois.

 

La politique du gouvernement Papen-Schleicher n’est rien autre que la continuation ouverte de la politique du gouvernement Brüning toléré par les sociaux-démocrates, précédée elle-même par la politique de coalition de la social-démocratie qui lui avait ouvert la voie. La politique du « moindre mal » confirmait les forces réactionnaires dans la conscience qu’elles avaient de leur puissance et ne pouvait, et ne peut encore, manquer d’engendrer le pire de tous les maux : habituer les masses à la passivité. On leur demande de renoncer à mettre en jeu la puissance dont elles disposent à l’extérieur du parlement. De cette façon, c’est le rôle du parlement dans la lutte de classes du prolétariat que l’on réduit aussi. Il est possible aujourd’hui dans certaines limites d’utiliser le parlement pour la lutte des travailleurs, mais uniquement s’il s’appuie sur de puissantes actions des masses à l’extérieur de ses murs. Avant que le Reichstag ne puisse prendre position sur des problèmes particuliers de l’heure, il faut qu’il ait compris quelle est sa tâche essentielle, et qu’il l’ait accomplie : il faut qu’il renverse le gouvernement qui tente, au mépris de la Constitution, de mettre le parlement complètement à l’écart.

 

Le Reichstag pourrait aussi saisir la Haute Cour de Leipzig d’une plainte contre le Président du Reich et les Ministres pour viol de la Constitution et pour les nouveaux viols de la Constitution qu’ils projettent. Mais il est vrai qu’une plainte devant cette haute instance reviendrait à demander à Lucifer de condamner Belzébuth. Bien entendu, ce n’est pas un vote du parlement qui peut briser le pouvoir d’un gouvernement qui s’appuie sur l’armée et sur tous les autres moyens dont dispose le pouvoir d’Etat bourgeois, sur la terreur exercée par les fascistes, la lâcheté du libéralisme bourgeois et la passivité d’une grande partie du prolétariat, des travailleurs. Le renversement du gouvernement au parlement peut seulement donner le signal de la levée en masse des travailleurs à l’extérieur du parlement. Et ceci afin de jeter dans la bataille tout le poids économique et social des masses, et aussi toute la force de leur nombre.

 

Dans cette bataille, il s’agit d’abord et avant tout d’abattre le fascisme qui veut réduire à néant, par le fer et par le sang, les manifestations de classe des travailleurs, en sachant bien, comme nos ennemis, que la force du prolétariat ne dépend pas du nombre de sièges au parlement, mais qu’elle est ancrée dans ses organisations politiques, syndicales et culturelles. La Belgique montre aux travailleurs que la grève de masse conserve sa force, même à une époque de crise économique aiguë, à condition qu’en employant cette arme les masses soient résolues et prêtes à ne reculer devant aucun sacrifice, ni devant l’extension de la lutte, prêtes à répondre par la violence à la violence de leurs ennemis.

 

Mais la démonstration de force du peuple travailleur à l’extérieur du parlement ne doit pas se limiter au renversement d’un gouvernement anticonstitutionnel ; elle doit aller au delà de cet objectif limité et se préparer à renverser l’Etat bourgeois et son fondement, l’économie bourgeoise. Toutes les tentatives d’atténuer, et a fortiori de résoudre la crise en restant sur le terrain de l’économie capitaliste ne peuvent qu’aggraver le mal. Les interventions de l’Etat ont échoué, car ce n’est pas l’Etat bourgeois qui tient l’économie, c’est au contraire l’économie qui tient l’Etat bourgeois. Entre les mains des possédants, l’appareil d’Etat ne saurait être utilisé qu’ à leur avantage et au détriment des larges masses populaires qui travaillent, qui produisent et qui consomment. Une économie planifiée sur la base du capitalisme est une contradiction en soi. Les tentatives en ce sens ont toujours achoppé sur la propriété privée des moyens de production. La planification de l’économie n’est possible que si l’on abolit cette propriété privée. La seule et unique voie pour surmonter les crises économiques et écarter tous les dangers de guerre impérialiste, c’est la révolution prolétarienne qui supprime la propriété privée des moyens de production et garantit ainsi la possibilité de planifier l’économie. La meilleure preuve historique en est la Révolution russe. Elle a montré que les travailleurs ont la force de jeter à terre tous leurs ennemis, d’abattre les rapaces impérialistes en même temps que le capitalisme dans leur propre pays et de déchirer des traités d’asservissement comme celui de Versailles. L’Etat soviétique confirme aussi que les travailleurs ont la maturité nécessaire pour construire un nouvel ordre économique où le développement économique de la société peut aller sans ces crises désastreuses, précisément parce qu’a été supprimée la cause du mode de production anarchique, la propriété privée des moyens de production.

 

La lutte des masses laborieuses contre la misère qui les opprime maintenant est en même temps une lutte pour leur libération totale. C’est lutter contre le capitalisme qui exploite et avilit, pour le socialisme qui délivre et libère. C’est vers ce but lumineux que les masses doivent tourner constamment leurs regards, sans se laisser troubler par des illusions sur la démocratie libératrice, et sans se laisser effrayer par la brutalité du capitalisme, qui cherche son salut dans un nouveau génocide universel, dans les assassinats fascistes et la guerre civile. La nécessité de l’heure, c’est le front uni de tous les travailleurs pour repousser le fascisme, et pour conserver ainsi aux esclaves de l’exploitation la force et la puissance de leurs organisations, et même tout simplement pour les conserver en vie.

 

Devant cette impérieuse nécessité historique, toutes les opinions politiques, syndicales, religieuses, idéologiques, qui nous entravent et nous séparent, doivent passer au second plan. Tous ceux qui sont menacés, tous ceux qui souffrent, tous ceux qui aspirent à se libérer doivent faire partie du front uni contre le fascisme et ses fondés de pouvoir au gouvernement ! Tous les travailleurs doivent se retrouver et s’affirmer contre le fascisme, telle est la condition indispensable pour que se constitue le front uni contre la crise, les guerres impérialistes et leur cause, le mode de production capitaliste. Le soulèvement de millions de travailleurs, hommes et femmes, en Allemagne, contre la faim, la privation de leurs droits, les assassinats fascistes et les guerres impérialistes est une expression de l’indestructible communauté de destin de tous les travailleurs du monde.

 

Cette communauté de destin internationale doit devenir une communauté de combat solidement forgée par les travailleurs partout où le capitalisme étend sa domination, une communauté de combat avec nos frères et nos sœurs soviétiques qui nous ont précédés dans l’assaut. Les grèves et les soulèvements dans les pays les plus divers sont des signes enflammés dont la lumière montre à ceux qui combattent en Allemagne qu’ils ne sont pas seuls. Partout les déshérités et les humiliés s’apprêtent à la conquête du pouvoir. Dans le front uni des travailleurs qui se forme aussi en Allemagne ne doivent pas être absentes les millions de femmes qui portent encore les chaînes de l’esclavage de leur sexe, et qui sont de ce fait livrées à l’esclavage de classe le plus dur. Et aux tout premiers rangs, c’est la jeunesse qui doit lutter, la jeunesse qui aspire à s’épanouir librement, mais qui n’a aujourd’hui d’autres perspectives que l’obéissance aveugle et l’exploitation dans les colonnes des esclaves du travail. Dans ce front uni ont aussi leur place tous les créateurs intellectuels dont le savoir et la volonté d’accroître le bien être et la culture de la société ne peuvent plus s’exercer aujourd’hui dans l’ordre bourgeois. Puissent-ils tous rejoindre le front uni de combat, les esclaves salariés, les corvéables du capital, tous ceux qui sont ? la fois les supports et les victimes du capitalisme !

 

En ma qualité de doyenne d’âge et dans l’espoir que, malgré mon invalidité actuelle, j’aurai encore le bonheur d’ouvrir, en qualité de doyenne d’âge, la première session du Congrès des Conseils de l’Allemagne soviétique, je déclare ouverte la session du Reichstag.

 

http://www.alger-republicain.com/Clara-Zetkin-Discours-au-Reishtag.html

Source :
http://socio13.wordpress.com/2009/0...

Aujourd'hui de nouveau, le désespoir populaire, la trahison social-démocrate pousse plus de 30% des électeurs vers les idées fascistes. De plus la social-démocratie met en place des outils que les nouveaux "élus" pourront utiliser. Savoir que, un peu plus de 30% ont permis aux nazis de prendre le pouvoir et lire le discours d'ouverture de la dernière session à peu près libre du Reichstag de ... C. Zetkin
 
 

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 20:29
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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 19:54
Hanotaux 1898

Hanotaux 1898

En contre-point aux articles de Rosa Luxemburg de 1896, il est utile de donner accès aux positions de Jaurès à la même époque. Ainsi peut-on lire aisément les articles qu'il a consacrés à la Question d'Orient dans la Dépêche, dans l'ouvrage regroupant l'ensemble de ses articles dans ce journal et publié en 2009. L'ouvrage relève les occurrences suivantes : 19.03.1890 - 09.04.1890 - 12.05.1892 - 07.11.1896 - 13.01.1897 - 17.02.1897 - 24.02.1897 - 21.04.1897 - 09.02.1898. Les précédents articles reproduisaient  les articles du 7 novembre 1896, du 13 janvier 1897 et du 17 février 1997. Ici l'article du 24 février 1997. On peut constater la différence très nette d'approche des deux penseurs.

DIPLOMATIE

La Dépêche, 24.02.1997

 

Comment ne pas parler  des événements d'Orient? La France même y est engagée. Mais les incidents peuvent se précipiter si bien que de Paris à Toulouse, l'article ne réponde plus à l'état exact des choses. En ce moment même, les journaux du matin apportent un télégramme d'une extrême gravité. Il semble qu'il y ait eu décidément conflit entre les puissances et la Grèce : contre les soldats grecs et crétois affranchissant l'île de Crète de l'odieux et intolérable joug du sultan, les escadres européennes ont envoyé des boulets. Par bonheur, les navires français ne figurent pas dans le télégramme et nous pouvons espérer encore que la France n'a pas cette honte d'avoir tiré sur la Grèce. Mais puisque M. Hanotaux nous a associés au débarquement des puissances et puisqu'il est avant tout un ami du Russe et du Turc, il est fort à craindre que nous n'ayons été sauvés de ce déshonneur que par un hasard heureux: nos vaisseaux étaient sans doute occupés sur un autre point. Et il est à remarquer que c'est après l'arrivée du navire allemand et le débarquement des marins allemands que les hostilités ont éclaté. L'empereur Guillaume a la haine de le Grèce; il ne lui pardonne pas  de représenter dans le monde oriental une idée de mouvement et de liberté. Il lui pardonne moins encore l'entrée de sa soeur dans la famille royale de Grèce. Il a trouvé que c'était une déchéance, et sa soeur ayant passé sans son consentement à la religion orthodoxe,il y a eu une brouille aiguë. Car ce faux grand homme est le despote domestique le plus mesquin, et sa  sa cour est une prison. Il est probable que les envoyés allemands munis d'instructions brutales, ont contribué à la rencontre entre l'Europe et la Grèce; et voilà où nous en sommes, sous la diplomatie Hanotaux et sous le joug russe. Nous en sommes à déclarer de fait la guerre à la Grèce pour conserver ses victimes au sultan bourreau, au sultan assassin, et cela sous les inspirations et la conduite de Guillaume II. C'est le coeur tour à tour gonflé de colère et serré de honte que j'écris ces lignes. Honte sur nous, si nous tolérons ces choses! Honte sur la France, si elle accepte ce rôle misérable! Et malheur à nous tous si nous ne nous débarrassons pas, n'importe comment, de cette politique! Il y a huit jours déjà que nous pressentions ces choses et nous avions fait effort contre le gouvernement, contre la Chambre elle-même pour faire discuter d'urgence la question crétoise. Nous voulions demander au gouvernement l'engagement précis qu'en aucun cas il ne serait faire usage de la force française contre la liberté crétoise, contre la nation grecque. Le gouvernement s'est refusé au débat pour pouvoir manoeuvrer à son aise, au profit du sultan égorgeur et de l'Allemand vindicatif, nos navires, nos canons et nos soldats. Et la Chambre  inconsciente s'est prêtée à cette tactique. De tous les groupes, les hommes sages nous disaient : Silence! Nous avons tenu bon et 150 députés seulement pour demander ce qu'on faisait de la France. Et maintenant, si la dépêche est exacte, s'il s'est produit un premier conflit (et comment ce conflit ne se produirait-il pas?), c'est bien devant le fait accompli que nous nous trouvons; et ce fait, c'est la guerre de l'Europe contre la Grèce. Mais de quel droit les hommes au pouvoir nous engagent-ils ainsi? La Constitution prévoit par un article formel que le président de la République ne peut déclarer la guerre sans l'assentiment des Chambres. Or, débarquer en Crète, annoncer qu'on empêchera les Grecs d'y prendre position, s'exposer sur mer à un conflit avec les torpilleurs grecs, dans l'île même à une rencontre sanglante avec les troupes grecques et crétoises, n'est-ce pas placer le pays à la limite même de la guerre? N'est-ce pas la déclarer de fait? Et ceux qui ne ont pris cette initiative, non seulement sans l'assentiment des Chambres mais à leur insu même, sans explications, sans débats, n'ont-ils pas violé la Constitution? Il est vraiment temps d'en finir avec cette politique d'absolutisme, qui est la négation de la République et qui est aussi l'amoindrissement de la France. Et quand on sait quels sont les hommes qui se sont arrogé ainsi le droit de disposer de la France sans elle et même contre elle, contre ses traditions, contre son honneur, contre ses intérêts! J'ignore si la gravité des événements nouveaux permettra au débat sur les affaires arméniennes d'avoir toute son ampleur et toute sa portée. Il ne faut pourtant pas que M. Hanotaux échappe aux responsabilités territoriales qui pèsent sur lui. Il ne faut pas qu'il échappe à une discussion précise du Livre Jaune. Il faut qu'il dise pourquoi il s'est fait au nom de la France, sciemment, froidement, le complaisant et l'agent du plus grand égorgeur d'hommes qui ait paru depuis des siècles. Il faut qu'il dise pourquoi il a transformé cette alliance franco-russe où la partie naïve du peuple avait vu une garantie de sécurité et de dignité en une lamentable et déshonorante duperie. Et nous défions bien tous ces messieurs ou de l'Elysée ou du Quai d'Orsay de faire une réponse plausible. Ils ne peuvent alléguer qu'une excuse : c'est que pendant que plus de deux cent mille Arméniens étaient saignés par leur ami Abdul Hamid, pendant que sous le nom d'alliance franco-russe se préparait la domestication de la France, eux, ils triomphaient, ils rayonnaient dans les fêtes, ils réfléchissaient dans leurs yeux l'éclat des majestés souveraines. Savez-vous deux anecdotes que la Chambre ne nous permettra peut-être pas de conter? Peu de temps après la visite du tzar Nicolas, M. Félix Faure réunit en un dîner les hommes qui avaient pris une part active aux fêtes russes. M. Coppée était des invités; il dit au président: Et vous, Monsieur le président, quand rendez-vous sa visite au tzar par un voyage en Russie?" Et l'autre répondit avec une moue dédaigneuse: "Est-ce qu'on peut savoir, avec ce régime parlementaire." De grâce, que notre président aille vite à Moscou et qu'il y soit sacré autocrate. Nous l'adorerons à son retour. Et ceci encore, qui est officiel. Selon l'usage, le bureau de l'Académie présentait au président, à l'Elysée, le nouvel élu Anatole France. M. Félix Faure dit aux Immortels : "J'espère que l'Académie nommera à l'unanimité M. Hanotaux; cela fera tant de plaisir à l'impératrice". L'Impératrice tout court, s'il vous plaît, on est de la maison. Que voulez-vous donc que demande de plus la France? M. Hanotaux recevra de la tzarine l'habit brodé aux palmes vertes; et sur cet ami brodé resplendira la décoration avec brillants que lui a donnée le sultan en pleine tuerie, pour le remercier d'un article bienveillant où il célébrait "la douceur" de l'assassin. Oui, que voulez-vous que demande de plus la France, et que nous importent nos déceptions, nos humiliations, nos périls, pourvu que cette petite cour de parvenus s'éblouisse elle-même de sa fortune? Mais à quand, pour tout ce régime, le fiacre qui, en 1848, emporta Luis-Philippe?

 

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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 19:30

Combat naval en Grèce (1897) - Georges Méliès Georges Méliès, magicien de profession, décida de devenir réalisateur suite à la découverte du cinématographe. Cependant, si ses premiers court-métrages n'étaient que des imitation des films des frères Lumière, Méliès, suite à son installation au studio de Montreuil, commença à réaliser des films véritablement uniques.

En contre-point aux articles de Rosa Luxemburg de 1896, il est utile de donner accès aux positions de Jaurès à la même époque. Ainsi peut-on lire aisément les articles qu'il a consacrés à la Question d'Orient dans la Dépêche, dans l'ouvrage regroupant l'ensemble de ses articles dans ce journal et publié en 2009. L'ouvrage relève les occurrences suivantes : 19.03.1890 - 09.04.1890 - 12.05.1892 - 07.11.1896 - 13.01.1897 - 17.02.1897 - 24.02.1897 - 21.04.1897 - 09.02.1898. Le précédent article reproduisait dans un premier temps les extraits des articles du 7 novembre 1896 et du 13 janvier 1897. Ici l'article du 17 février 1997. On peut constater la différence très nette d'approche des deux penseurs.

 

CHOSES EXTERIEURES

La Dépêche, 17.02.1997

 

Nous sommes peut-être à la veille d’événements très graves en Orient, et le pays est absolument hors d’état de savoir où ses dirigeants le mènent ; aucune communication ne lui est faite, aucun document décisif ne lui est encore soumis. Et pendant ce temps, nos vaisseaux sont dans les eaux de Crète ! Pour quel objet ? Est-ce simplement pour débarquer quelques hommes à terre avant d’éteindre les incendies et protéger les consulats ? Ou bien nos gouvernements vont-ils nous associer à l’improviste à une action militaire contre la Grèce ? Nous ne pouvons faire aucune conjecture un peu sérieuse, car nous savons que notre gouvernement n’est pas libre, qu’il est lié à la politique russe d’une lourde chaîne, et nul ne peut nous donner l’assurance que le gouvernement russe ne songe pas à écraser la Grèce. La Russie, qui veut mettre la main sur l’empire ottoman, sinon en confisquant son territoire, du moins en soumettant l’empire épuisé à sa tutelle, voit d’un œil inquiet les tentatives d’émancipation des Arméniens, des Crétois. Il faut que la Turquie tombe au dernier degré de l’anarchie et que les populations chrétiennes y soient décidément accablées pour que le tzarisme puisse s’installer sans peine en Orient et y apparaître même comme un sauveur. Seulement, si tel est en Orient l’intérêt de la Russie et sa politique louche, il est évident que la France a un intérêt tout autre. Elle ne convoite aucun territoire ; elle n’entend substituer son influence exclusive à celle d’aucun autre peuple. Elle désire collaborer en paix, avec les autres nations, à l’œuvre de réforme et de liberté en Orient. Et il serait monstrueux qu’elle envoyât ses boulets contre les Grecs. Ce serait contraire à la politique traditionnelle et à son honneur. Et on a le droit de se demander pourtant si ce n’est pas à cette véritable forfaiture internationale qu’on nous conduit. Je sais bien qu’on parle seulement de « localiser l’incendie ». Il ne s’agit d’abord, paraît-il, que d’empêcher les Grecs et les Turcs d’entrer en conflit sur le brûlant terrain de Crète. Mais quelle part a l’inconnu ! On a l’intention d’empêcher le débarquement d’une flotille, et, tout d’un coup, le canon tonne, et l’on apprend avec stupeur que la France de Navarin, la France « émancipatrice » a envoyé des boulets à la Grèce. Ainsi, voilà à quoi on aura abouti. Depuis trois ans, le gouvernement de la France, fait le silence sur les choses orientales. Il a insisté impassible au massacre, au viol, à l’égorgement de ces populations arméniennes qui jadis parlaient de notre pays avec confiance et respect ; et on nous disait, pour excuser un peu ce triste abaissement moral de la France, qu’avant tout il ne fallait pas compromettre la paix en Orient. Il serait étrange au moins que nous ne fassions bénéficier que le sultan assassin de cette politique de paix, et que nous n’entrions en guerre avec la Grèce, pour la punir de répondre à l’appel de ses fils de Crète, violentés et menacés. Un débat devrait avoir lieu sur la politique extérieure après la distribution annoncée du Livre jaune. Mais les événements se précipitent, et il est impossible que l’on mette la France devant le fait accompli. Je sais bien que la plupart des députés aimeraient mieux attendre tête basse la suite des faits. Ils s’imaginent qu’en évitant même d’interroger le ministre de la Guerre, ils se dérobent à toute responsabilité. Mais, c’est en se taisant surtout, c’est ne laissant faire et en ne se réveillant que le lendemain, que les Assemblées encourent des responsabilités décisives. Aussi les socialistes ont-ils déposé une demande d’interpellation immédiate pour obtenir non pas demain, mais ce soir même, des explications et des garanties nécessaires. Ah ! que d’efforts faits sur nous pour nous imposer le silence ! Attendons demain, attendons après-demain, attendons le bon vouloir du ministre … C’est-à-dire attendons les engagements irrévocables, attendons que la poudre ait parlé, et nous ne serons plus qu’un écho tardif aux coups de fusil. Les députés des autres groupes ont compris cependant, M. Gobler, M. Bourgeois, qu’une explication était nécessaire, sinon sous forme d’interpellation, au moins sous forme de question. Comme on voudra ! Mais que du moins la Chambre ne se sépare pas sans que la France soit rassurée sur la suite des événements et sur les combinaisons gouvernementales.

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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009