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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpg Pourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.

 

Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 22:03

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Tous se réclament de Rosa Luxemburg.

Il  y a eu Hannah Arendt qui cherchait à la rattacher à son origine juive, elle qui y a si peu, voire pas, fait référence, qui ne se reconnaissait pas dans le Bund et qui ne répondait jamais aux caricatures antisémites pourtant si violentes.

Il y a eu ceux qui la rattachaient au spontanéisme, alors que l'organisation politique joue un si grand rôle dans sa pratique.

Il  y a les courants trotskystes qui peuvent s'appuyer sur ses capacités d'analyses.

Il y a ceux qui veulent voir avant tout la femme, la Rosa Luxemburg humaniste et sensible en la coupant de sa volonté et action politique, comme si les deux ne faisaient pas qu'une.

Il y a la Fondation Rosa Luxemburg si social-démocrate et si peu révolutionnaire.l

I y a aujourd'hui tous ceux qui s'affirment révolutionnaires et cherchent à se démarquer de la social-démocratie. Et qui oublient ce qui est le fondement de l'histoire de Rosa Luxemburg, et qui aboutit à son assassinat en même temps que celui de la révolution spartakiste.


On peut être toute une vie révolutionnaire dans les mots, mais social-démocrate dans sa pensée et dans ses actes et donc favoriser tout le temps ce qui freinera la volonté révolutionnaire et trahira, assassinera le moment venu, la révolution.

N'est-ce pas ce que nous apprend l'histoire de la Seconde Internationale, août 14 comme aboutissement de cette contradiction fondamentale entre social-démocratie et révolution, Réforme et Révolution.

N'est-ce pas ce que doit avant tout nous apprendre l'assassinat de Rosa Luxemburg, de Liebknecht, de Leo Jogiches, de la révolution spartakiste?

Par lieb - Publié dans : actualité de Rosa Luxemburg
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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 21:07

 
Les tueurs veillaient bien. Un mois après cette lettre Rosa Luxemburg était assassinée. le 15 janvier 1919.


Le 4 décembre 1918
Très chère Clara,

C'est aujourd'hui depuis Breslau, la première fois que je suis assise à mon bureau pour t'adresser mes voeux de Noël. Comme j'aurais préféré venir te voir! Mais il ne saurait en être question car je suis enchaînée à la rédaction; chaque jour, je suis à l'imprimerie jusqu'à minuit pour surveiller également la mise en page; en plus, par ces temps troublés, c'est seulement à dix ou onze heures du soir que nous recevons les informations les plus urgentes, qui exigent qu'on réagisse immédiatement. Ajoute que nous avons presque chaque jour, à partir des premières heures de la matinée, des conférences et des discussions, entre-temps, en plus, les réunions publiques, et pour changer, tous les deux ou trois jours, de "source officielle" une mise en garde pressante, que des tueurs nous surveillent, Karl et moi, de sorte que nous ne devons pas coucher chez nous, mais qu'il nous faut chercher refuge ailleurs, jusuqu'au moment où tout me paraît trop idiot et que je rentre tout simplement de nouveau à Südende. Voilà, comment depuis le premier instant, je vis dans une sorte de tourbillon et de presse qui m'empêche d'avoir ma tête à moi ....

A lire dans Lettres et textes choisis de Rosa Luxemburg
Traduits et présentés par Gilbert Badia
Le Temps des Cerises, P 117-118


A lire aussi sur le blog:


L'assassinat de Rosa Luxemburg le 15 janvier 1919 - Ne pas oublier!
Les réactions à l'article "L'assassinat de Rosa Luxemburg - Ne pas oublier!"
En sa mémoire - Assassinat de Rosa Luxemburg - Images et mots


Par lieb - Publié dans : actualité de Rosa Luxemburg
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Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 00:00

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Juste pour le plaisir

Ce clin d'oeil du blog pour l'année 2012

Rosa-Luxemburg-Platz. Embarquons pour la révolution ... 

 

 

Cette station a été mise en service en 1913 et a été créée par Alfred Grenander et a été construite avec 4 autres stations pour prolonger la ligne 2 de Alexander-Platz jusqu'à Nordring (aujourd'hui Schönhause-Allee).


 

En 1950, on lui donna le nom de Luxemburger-Platz, d'après la communiste spartakiste Rosa Luxemburg. (Elle défendait les travailleurs et abhorrait l'armée)

 

 

Ce n'est que depuis le 1er mai 1978 qu'elle porte son nom actuel (le prénom a été ajouté).

 

 

A voir à l'adresse http://pattesdechat.blogspot.com/2011/11/u2-rosa-luxemburg-platz.html

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Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 18:32

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Sur là-bas si j'y suis depuis trois jours, des émissions sur la grève des mineurs de 48 et l'action redoutable du ministre socialiste de l'époque Jules Moch. Cela ne peut faire qu'écho aux décisions de par le temps de la social-démocratie, les pleins pouvoirs de la guerre d'Algérie, la répression sanglante de la révolution spartakiste et les assassinats de militants que chacun s'accorde aujourd'hui à savoir exceptionnels, dont Rosa Luxemburg. A écouter pour toulours empêcher le pire.

 

écouter

 

http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/14288-28.12.2011-ITEMA_20332663-0.mp3

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Dimanche 25 décembre 2011 7 25 /12 /Déc /2011 14:44

 

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11 décembre 2008 par eric

1918-12-20 : Rosa Luxemburg à Lénine
Vœux de fin d’année
Cher Vladimir,
Je profite du voyage de l’oncle pour vous envoyer à tous les amitiés de notre famille, de Karl, de Franz et des autres. Dieu veuille que l’année qui vient voie se réaliser tous nos vœux.
Meilleurs souhaits !
L’oncle vous dira comment nous allons.
En attendant, poignée de main et salutations cordiales.
Rosa.
Source :
LUXEMBURG Rosa, J’étais, je suis, je serai ! Correspondance 1914-1919, Textes réunis, traduits et annotés sous la direction de Georges Haupt par Gilbert Badia, Irène Petit, (...)
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10 décembre 2008 par eric
1918-12-xx : Rosa Luxemburg à Adolf Warski
Position du parti polonais vis à vis de la politique des bolcheviks ( Extraits )
Avertissement : Comme l’indique la première note, cette lettre ne nous est connue que par la brochure de Warski, parue en 1922, à un moment où la direction polonaise a été largement intégrée (et ce depuis 1918) dans la direction du parti bolchevik et où il faut faire pièce à la dissidence de Paul Levi. L’auteur lui-même indique que la lettre lui serait parvenue par voie indirecte. Il convient donc d’apprécier ce document avec une certaine réserve. L’édition allemande des lettres de Rosa Luxemburg, pourtant éditée par le SED (...)
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3 décembre 2008 par eric
1918-11-29 : Rosa Luxemburg à Clara Zetkin
Ligne politique du journal - Rapports avec les indépendants - Supplément féminin
À Clara Zetkin 29 novembre [1918]. Très chère,
Je n’en puis plus, non seulement de travail et de bousculade, mais aussi à cause du souci que je me fais pour la Rote Fahne, où tant de choses manquent encore et où tant de choses sont mauvaises. Thalheimer nous aide avec un zèle touchant, mais, sur le plan rédactionnel, il manque encore un peu d’expérience et le brave Rück est encore très jeune. Sa dernièré note signée Juvenus, qui a été naturellement insérée à mon insu, avec sa polémique maladroite contre les indépendants, a (...)
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3 décembre 2008 par eric
1918-11-24 : Rosa Luxemburg à Clara Zetkin
Les débuts de la « Rote Fahne » - Propagande parmi les femmes
À Clara Zetkin
Berlin, 24.11.1918.
Mon adresse provisoirement Mathilde.
(Je ne suis toujours pas allée chez moi !!!)
Ma très chère, au lieu de la longue lettre qui est prête dans mon cœur, ces quelques pauvres lignes. L’essentiel : je voudrais naturellement te voir et te parler. M’échapper d’ici pour deux jours, je ne le pourrai que dans deux semaines à peu près, si entre-temps Thalheimer et Hörnle sont arrivés ici, pour nous aider au journal. Nous avons en effet à peine le temps de réfléchir, en plus, il y a le (...)
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29 novembre 2008 par eric
1918-11-18 : Rosa Luxemburg à Adolf et Marie Geck
Disparition du fils des Geck - RL se sait dans la ligne de mire de la contre-révoluton - Cosigné Liebknecht
À Adolf et Marie Geck.
Berlin, hôtel Moltke.
Mes chers et bien-aimés amis, proches de mon cœur,
À l’instant je reçois de Breslau l’affreuse enveloppe noire. Ma main et mon cœur tremblaient déjà lorsque j’ai reconnu l’écriture et le cachet de la poste, et pourtant j’espérait encore que cette chose terrible n’était pas vraie. Je n’arrive pas à comprendre et les larmes m’empêchent d’écrire. Tout ce que vous éprouvez intérieurement, je le sais, je le ressens, nous savons tous mesurer l’horreur du coup. J’attendais tant (...)

29 novembre 2008 par eric
1918-11-18 : Rosa Luxemburg à Clara Zetkin
Parution du premier numéro de « Die Rote Fahne »
À Clara Zetkin 18.XI.1918
Mon adresse : Berlin, hôtel Moltke.
Ma très chère, deux lignes seulement, en toute hâte. Depuis que je suis descendue du train, je n’ai pas encore mis le pied dans mon appartement. Pendant tout le temps jusqu’à hier, on a fait la chasse au journal Die rote Fahne. Paraîtrait-il, ne paraîtrait-il pas ? Du matin au soir la bataille tournait autour de ce point. Enfin il sort.
Il faut que tu fasses preuve d’indulgence envers lui. Techniquement, il n’est pas encore à la hauteur. Tout ça (...)
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25 novembre 2008 par eric
1918-11-18 : Rosa Luxemburg à Franz et Eva Mehring
Reprise de contact et projets de collaboration au journal
À Franz et Eva Mehring
Hôtel Moltke, Berlin, 18 novembre 1918.
Chers amis,
Je ne saurais vous dire combien je suis navrée de n’avoir pas encore pu me précipiter chez vous pour vous serrer la main. Mais, depuis que jE suis descendue du train à Berlin, je ne parviens même pas à mettre les pieds chez moi à Südende et j’habite à l’hôtel. Vous pouvez donc vous rendre compte à quel point l’agitation d’ici me dévore. Mon premier souci a été de faire enfin sortir le journal. Et maintenant je brûle d’entendre votre avis, de (...)
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25 novembre 2008 par eric
1918-11-14 : Rosa Luxemburg à Clara Zetkin
Trois courts télégrammes dans les premiers jours de la Révolution
[À Clara Zetkin]
Berlin, 14 novembre.
Mille amitiés. Venue pour moi totalement impossible. Ne peux charger ma conscience de ta venue ici. Suis absolument contre ton voyage. Réponds télégraphiquement, si pouvons nous entendre par lettre exprès ou si Levi doit venir te voir. Baisers et amitiés. Réponse et lettres à Mathilde. J’essaie de t’atteindre par téléphone.
Rosa.
18 novembre.
Envoie-moi immédiatement pour Rote Fahne tout petit article avec signature. Sujet à ton choix. Souhaiterions sur femmes. Mille (...)
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24 novembre 2008 par eric
1918-11-08 : Rosa Luxemburg à Paul Löbe
Premières directives dès la sortie de prison
[Breslau, le soir du 8 novembre 1918.]
[À Paul Löbe.]
Je suis dans le bureau des ouvriers des transports, Rossplatz 23. Vous pouvez venir me voir à n’importe quelle heure, cette nuit ou demain matin avant la réunion. Il est absolument indispensable que nous nous mettions d’accord avant la manifestation.
R.
Source :
LUXEMBURG Rosa, J’étais, je suis, je serai ! Correspondance 1914-1919, Textes réunis, traduits et annotés sous la direction de Georges Haupt par Gilbert Badia, Irène Petit, Claudie Weill, (...)
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23 novembre 2008 par eric
1918-11-04 : Rosa Luxemburg à Mathilde Jacob
Une des dernières lettres de prison - Aspects pratiques
Breslau, 4.11.1918
Ma chère Mathilde,
Tout d’abord je pensais que j’allais sortir d’un instant à l’autre et n’avais du coup absolument pas la patience d’écrire des lettres. Voilà pourquoi je vous ai laissée si longtemps sans nouvelles. A présent, je vois que l’affaire traîne fort en longueur et je m’empresse de reprendre contact avec vous - au moins épistolairement.
Votre dernière lettre et votre petit envoi m’ont procuré une joie incroyable. Les petits pois sont arrivés tout à fait à propos. Mes pigeons sont en (...)
>> lire la suite de l'article
23 novembre 2008 par eric

1918-10-18 : Rosa Luxemburg à Sophie Liebknecht

Impatience dans l’attente d’une libération

Breslau, le 18 octobre 1918.
Ma Sonitchka chérie,
Je vous ai écrit avant-hier. Jusqu’à présent, je n’ai pas de réponse à mon télégramme au chancelier du Reich, ça peut durer encore quelques jours. Mais en tout cas une chose est sûre : je suis dans une telle disposition d’esprit que recevoir la visite de mes amis sous surveillance est devenu pour moi impossible. J’ai tout supporté des années durant avec grande patience et, dans d’autres circonstances, je serais restée tout aussi patiente des années encore. Mais, (...)

Par lieb
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Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 12:16

comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

 

Les analyses de Rosa Luxemburg à lire sur le blog :

 

Sur l'Egypte

 

Egypte - Analyse de Rosa Luxemburg

 

Sur le Maroc

 

Le Maroc, 1911. Rosa Luxemburg "Une nuée chargée d’orage impérialiste s’est levée dans le monde capitaliste ..."

 

Sur la Chine :

 

Le Petit Journal - "Evénements de Chine", 13.01.1901. En contre-point une analyse de Rosa Luxemburg dès le début de ce processus de conquête.

 

Sur le colonialisme :

 

Texte inédit en français sur le net de Rosa Luxemburg - Intervention au Congrès de l'Internationale 1900

 

Rosa Luxemburg. Texte inédit en français:compte rendu du discours qu'elle a prononcé comme rapporteur des commissions sur le militarisme et la politique coloniale au Congrès de l'Internationale

 

 "A quoi sert la politique coloniale?"

 

Texte inédit de Rosa Luxemburg : La construction de canaux en Amérique du Nord (1)

 

Autres articles

 

En contre-point à Rosa Luxemburg. Jaurès contre la conquête de la Tripolitaine

 

"L'armée coloniale", extraits d'un article du colonel Charles Corbin dans la Revue des deux mondes.En contre-point de la pensée et de l'action de R. Luxemburg

 

La Chine, Victor Hugo, Rosa Luxemburg

 

En contre-point à Rosa Luxemburg. Jaurès contre la conquête de la Tripolitaine

 

Leroy-Beaulieu et la Chine - 1898

 

L'impérialisme au Maroc dans le "Petit Journal" 1905/1911

 

Une image de l'idéologie colonialiste dans le Petit Journal

 

Jules Ferry, tenant du colonialisme

 

Un article de la rubrique histoire et colonies de la LDH

 

Paul Bert, émancipateur et ... colonisateur

 

Le chemin de fer de Bagdad - Un projet impérialiste (1)

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Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 11:24

comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog

 

 


En contre-point aux articles de Rosa Luxemburg sur le colonialisme, une analyse et les illustrations du Petit Journal. à consulter sur le net,

 

lire et voir

 

http://www.ph-ludwigsburg.de/html/2b-frnz-s-01/overmann/baf4/colonisation/petitjournal/petitjournalcolonies.html

 


 

Les analyses de Rosa Luxemburg à lire sur le blog :

 

Sur l'Egypte

 

Egypte - Analyse de Rosa Luxemburg

 

Sur le Maroc

 

Le Maroc, 1911. Rosa Luxemburg "Une nuée chargée d’orage impérialiste s’est levée dans le monde capitaliste ..."

 

Sur la Chine :

 

Le Petit Journal - "Evénements de Chine", 13.01.1901. En contre-point une analyse de Rosa Luxemburg dès le début de ce processus de conquête.

 

Sur le colonialisme :

 

Texte inédit en français sur le net de Rosa Luxemburg - Intervention au Congrès de l'Internationale 1900

Rosa Luxemburg. Texte inédit en français:compte rendu du discours qu'elle a prononcé comme rapporteur des commissions sur le militarisme et la politique coloniale au Congrès de l'Internationale

 

 "A quoi sert la politique coloniale?"

 

Texte inédit de Rosa Luxemburg : La construction de canaux en Amérique du Nord (1)

 

Autres articles

 

En contre-point à Rosa Luxemburg. Jaurès contre la conquête de la Tripolitaine

 

"L'armée coloniale", extraits d'un article du colonel Charles Corbin dans la Revue des deux mondes.En contre-point de la pensée et de l'action de R. Luxemburg

 

La Chine, Victor Hugo, Rosa Luxemburg

 

En contre-point à Rosa Luxemburg. Jaurès contre la conquête de la Tripolitaine

 

Leroy-Beaulieu et la Chine - 1898

 

L'impérialisme au Maroc dans le "Petit Journal" 1905/1911

 

Une image de l'idéologie colonialiste dans le Petit Journal

 

Jules Ferry, tenant du colonialisme

 

Un article de la rubrique histoire et colonies de la LDH

 

Paul Bert, émancipateur et ... colonisateur

 

Le chemin de fer de Bagdad - Un projet impérialiste (1)


Par lieb - Publié dans : Contre la guerre, le militarisme, le colonialisme
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Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 10:48

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Chine--Le-Petit-Journal-13.01.1901.jpgChine--Le-Petit-JOurnal-13.01.1901-2.jpg

Comme pour toutes les unes de ce journal, la politique impérialiste s'affiche sans honte dans toute sa cruauté et son horreur, avec ses massacres et son racisme, forte de la toute-puissance de l'esprit colonial, dont on sait combien il s'illustra dans ce pays.

 


Rosa Luxemburg a accordé très tôt son attention à la politique menée en Chine par les puissances qu'on disait encore coloniales mais qui de fait développaient dès cette époque leur politique impérialiste de domination capitaliste du monde.

 

Ainsi trouve-t-on dès 1899, dans une lettre adressée à Leo Jogiches cette analyse:

 

"Aide-moi maintenant, mais vite, à résoudre l'idée suivante. Avec le développement du capitalisme se développent  les contradictions et la nécessaire disparition non seulement de l'économie capitaliste mais aussi de l'Etat capitaliste. Ce dernier, c'est-à-dire la politique capitaliste, tend aussi à son effondrement. Une illustration pratique: jusqu'à il y a environ cinq ou six ans, Constantinople jouait un rôle central, autour duquel toutes les luttes internationales se jouaient. Mais comme il ne s'agissait là que de posséder un point purement stratégique, une politique s'est développée ces dernières années de protection de l'intégrité de la Turquie afin de maintenir les équilibres politiques. De ce fait, la question de Constantinople resta au point mort, point auquel les relations internationales se fixèrent. Vers 1895, eut lieu un changement important. La guerre japonaise ouvrit la porte vers la Chine, et la politique européenne, poussée par les intérêts capitalistes et d'Etat, se déversa vers l'Asie. Constantinope passa au second plan. C'est là, en Asie, que s'affrontent les Etats et que la politique trouve un large champ d'action: la conquête et le partage de toute l'Asie sont devenus le but, vers lequel tend toute la politique européenne. Il s'en suit le démembrement actuel, incroyablement rapide,  de la Chine et actuellement, la Perse et l'Afghanistan sont aussi attaqués par la Russie et l'Angleterre. Cela entraîne un nouvel essor des antagonismes européens en Afrique et le combat s'enflamme là-bas aussi avec une force nouvelle (Fachoda, Delagoa, Madagascar).

 

Il est clair que le partage de l'Asie et de l'Afrique est le dernier objectif, au-delà il n'y a plus de champ d'action pour la poitique européenne, lui permettant de se développer. Un nouveau point d'étranglement apparaîtra alors comme récemment lors de la question d'Orient et il ne restera aucune autre possibilité pour les Etats européens que de se jeter les uns contre les autres, c'est-à-dire que la politique entre dans une phase de crise finale etc, etc. Tu comprends tout ce que cela ouvre de merveilleuses perspectives et réfléchis à tout cela, et si tu veux ajouter quelque chose, écris rapidement. Au début, cela m'est apparu comme le thème d'un joli éditorial sous le titre "Changements dans la politique mondiale", puis je me suis dit que ce serait mieux de l'intégrer à mon article sur Ede [Bernstein] pour ne pas parler seulement de choses abstraites, mais aussi pour me référer à des faits concrets."

 


L'article est paru cependant sous ce titre dans la Leipziger Volkszeitung du 13 mats 1899.

 

Rosa Luxemburg a ensuite développé constamment son action (regrettant à plusieurs reprises l'inaction de son parti) et l'information sur ce thème et l'a intégré à ses analyses sur le développement du capitalisme à l'ère impérialiste jusque dans ses derniers écrits.


lire aussi :

 

"Texte inédit en francais sur le net: "A quoi sert la politique coloniale?"

 

Texte inédit en français sur le net de Rosa Luxemburg - Intervention au Congrès de l'Internationale 1900

 

Rosa Luxemburg. Texte inédit en français:compte rendu du discours qu'elle a prononcé comme rapporteur des commissions sur le militarisme et la politique coloniale au Congrès de l'Internationale

 

Texte inédit sur le net. IIème Internationale. Interventions de Rosa Luxemburg au congrès de Hanovre - octobre 1899 (1)

 

Leroy-Beaulieu et la Chine - 1898

 

1898 - 1899 ou comment Rosa Luxemburg prend sa place dans la social-démocratie allemande

Par lieb - Publié dans : l'impérialisme
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Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 10:02

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La maison d'édition Dirk Nishen avait repris en 1984 un ensemble de photographies de Willy Römer sur la révolution spartakiste.

  Januakampfe-1919-.jpg

 

Il s'agit d'un ensemble de photographies réalisées entre le 5 et le 12 janvier 1919 (la dernière photographie représentant les familles faisant la queue pour retrouver leurs disparus est datée seulement de janvier 1919 sans précision de jour) dans le PressevIertel (quartier de la presse).

 

C'est un témoignage inestimable sur l'importance de la révolution spartakiste.

 

L'ouvrage se termine par un aperçu des événements qui ont marqué janvier 1919 et la révolution allemande.

 

Ils éclairent le contexte qui aboutit à l'assassinat de Rosa Luxemburg, à celui de Liebknecht, à la mort de centaines de révolutionnaires et à l'écrasement d'une tentative révolutionnaire exemplaire, qui rappelle par de nombreux aspects l'écrasement de la Commune.

 

Ecrasement cependant dû cette fois à la social-démocrate et à son appui sur les forces militaires les plus réactionnaires.


Willy Römer

 

Né en 1987 à Berlin, fils d'un artisan tailleur, il a fait son apprentissage dans la toute première agence de presse allemande. Mobilisé, il resta sous les drapeaux de 1915 à 1918 en Russie, Pologne et en Flandres. Démobilisé en novembre 1918, il reprend l'entreprise "Photothek": c'est à cette époque qu'il réalise ses photographies sur la révolution à Berlin en janvier 1919.

 

(D'après wikipedia)

 


Eléments chronologiques repris du texte accompagnant les photographies.

 

Les combats de janvier 1919 commencent tout d'abord par un conflit entre les dirigeants du SPD et ceux de l'USPD et des Spartakistes suite au renvoi par Ebert du responsable de la police à Berlin, Eichhorn.

 

. L'appel à la manifestation, le 5 janvier, rassemble une foule énorme et armée.

 

Revolution-spartakiste-le-5-janvier-1919-copie-1.jpgManifestation. Le 5 janvier 1919

 

. Sans que cela soit organisé et planifié, les combats s'engagent alors l'après-midi même. Des groupes armés de soldats et d'ouvriers occupent les gares et les journaux.

  5-janvier-1919--ouvriers-et-soldats-en-marche-vers-le-quart.jpg

Occupation du quartier de la presse par les ouvriers et soldats

 

. La principale cible fut le journal Vorwärts, dont la rédaction avait été chassée par les militaires et qui ne fut pas remise en place après la défaite par le SPD (Karl etslaw).

 

. Après trois jours, les combats s'atténuèrent et une manifestation regroupa des ouvriers demandant leur arrêt et la fin de la guerre civile.

 

. C'est à ce moment-là que le SPD fit appel à l'armée impériale, constituée pour partie de régiments et pour partie de corps francs. Les combats durèrent du 9 au 12 janvier. Le combat était inégal entre les révolutionnaires armés de fusils, de mitrailleuses et de grenades et l'armée avec ses tanks et canons.

 

. Le 11, les locaux de Vorwärts furent repris par l'armée, il y eut environ 120 morts et 300 prisonniers.


 Vraisemblablement-12.01.1919-Vorwarts.jpgImmeuble-de-Vorwarts-apres-l-assaut-des-forces-militaires.jpg

L'assaut des troupes contre le l'immeuble occupée du Vorwärts. 11 janvier 1919

 

. Les autres rédactions tombèrent ensuite, puis le Polizeipräsidium (la préfecture de police). S'ensuivirent des tortures exercées contre les prisonniers et des exécutions sommaires ...

 

Les-familles-a-la-recherche-de-leurs-disparus.jpg

Des familles font la queue à la recherche de proches disparus. Janvier 1919

 

A la lumière de ces quelques indications, ne comprend-on pas clairement dans quelles circonstances eurent lieu les assassinats de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht et la responsabilité manifeste et incontestable du SPD? Qui préféra cet écrasement et ces assassinats à la possibilité d'une société différente.

 

 


L'article publié dans la Rote Fahne le 14 janvier 1919 par Rosa Luxemburg à la suite de ces événements ...

 

http://www.marxists.org/francais/luxembur/spartakus/rl19190114.htm 

 

« L'ordre règne à Berlin »

 

« L'ordre règne à Varsovie », déclara le ministre Sébastiani, en 1831, à la Chambre fran­çaise, lorsque, après avoir lancé son terrible assaut sur le faubourg de Praga, la soldatesque de Souvorov [1], eut pénétré dans la capitale polonaise et qu'elle eut commencé son office de bourreau.

« L'ordre règne à Berlin », proclame avec des cris de triomphe la presse bourgeoise, tout comme les Ebert et les Noske, tout comme les officiers des « troupes victorieuses » que la racaille petite-bourgeoise accueille dans les rues de Berlin en agitant des mouchoirs et en criant : « Hourrah ! » Devant l'histoire mondiale, la gloire et l'honneur des armes allemandes sont saufs. Les lamentables vaincus des Flandres et de l'Argonne ont rétabli leur renommée en remportant une victoire éclatante... sur les 300 « Spartakistes » du Vorwärts. Les exploits datant de la glorieuse invasion de la Belgique par des troupes allemandes, les exploits du général von Emmich, le vainqueur de Liège, pâlissent devant les exploits des Reinhardt [2] et Cie dans les rues de Berlin. Assassinat de parlementaires venus négocier la reddition du Vorwärts et que la soldatesque gouvernementale a frappés a coups de crosse, au point que l'identification des corps est impossible, prisonniers collés au mur, dont on a fait éclater les crânes et jaillir la cervelle : qui donc, en présence de faits aussi glorieux pourrait encore évoquer les défaites subies devant les Français, les Anglais et les Américains ? L'ennemi, c'est « Spartacus » et Berlin est le lieu où nos officiers s'entendent à remporter la victoire. Et le général qui s'entend à organiser ces victoires, là où Ludendorff a échoué, c'est Noske, l' « ouvrier » Noske.

Qui n'évoquerait l'ivresse de la meute des partisans de « l'ordre », la bacchanale de la bourgeoisie parisienne dansant sur les cadavres des combattants de la Commune, cette bourgeoisie qui venait de capituler lâchement devant les Prussiens et de livrer la capitale à l'ennemi extérieur après avoir levé le pied ? Mais quand il s'est agi d'affronter les prolétaires parisiens affamés et mal armés, d'affronter leurs femmes sans défense et leurs enfants, ah comme le courage viril des fils de bourgeois, de cette « jeunesse dorée », comme le courage des officiers a éclaté Comme la bravoure de ces fils de Mars qui avaient cané devant l'ennemi extérieur s'est donné libre cours dans ces atrocités bestiales, commises sur des hommes sans défense, des blessés et des prisonniers !

 

« L'ordre règne à Varsovie », « l'ordre règne à Paris », « l'ordre règne à Berlin ». Tous les demi-siècles, les gardiens de « l'ordre » lancent ainsi dans un des foyers de la lutte mondiale leurs bulletins de victoire. Et ces « vainqueurs » qui exultent ne s'aperçoivent pas qu'un « ordre », qui a besoin d'être maintenu périodiquement par de sanglantes hécatombes, va inéluctablement à sa perte.

Cette « Semaine Spartakiste » de Berlin, que nous a-t-elle apporté, que nous enseigne-t-elle ? Au cœur de la mêlée, au milieu des clameurs de triomphe de la contre-révolution, les prolétaires révolutionnaires doivent déjà faire le bilan des événements, les mesurer, eux et leurs résultats, au grand étalon de l'histoire. La révolution n'a pas de temps à perdre, elle poursuit sa marche en avant, - par-dessus les tombes encore ouvertes, par-delà les « victoires » et les « défaites » - vers ses objectifs grandioses. Et le premier devoir de ceux qui luttent pour le socialisme internationaliste, c'est d'étudier avec lucidité sa marche et ses lignes de force.

Pouvait-on s'attendre, dans le présent affrontement, à une victoire décisive du prolétariat révolutionnaire, pouvait-on escompter la chute des Ebert-Scheidemann et l'instauration de la dictature socialiste ? Certainement pas, si l'on fait entrer en ligne de compte tous les éléments qui décident de la réponse. Il suffit de mettre le doigt sur ce qui est à l'heure actuelle la plaie de la révolution : le manque de maturité politique de la masse des soldats qui continuent de se laisser abuser par leurs officiers et utiliser à des fins contre-révolutionnaires est à lui seul la preuve que, dans ce choc-ci, une victoire durable de la révolution n'était pas possible. D'autre part, ce manque de maturité n'est lui-même que le symptôme du manque général de maturité de la révolution allemande.

 

Les campagnes, d'où est issu un fort pourcentage de la masse des soldats, continuent de n'être à peu près pas touchées par la révolution. Jusqu'ici, Berlin est à peu près isolé du reste du Reich. Certes en province, les foyers révolutionnaires - en Rhénanie, sur la côte de la mer du Nord, dans le Brunswick, la Saxe, le Wurtemberg - sont corps et âme aux côtés du prolétariat berlinois. Mais ce qui fait défaut, c'est la coordination de la marche en avant, l'action commune qui donnerait aux coups de boutoir et aux ripostes de la classe ouvrière berlinoise une tout autre efficacité. Ensuite - et c'est de cette cause plus profonde que proviennent ces imperfections politiques - les luttes économiques, ce volcan qui alimente sans cesse la lutte de classe révolutionnaire, ces luttes économiques n'en sont encore qu'à leur stade initial.

Il en résulte que, dans la phase actuelle, on ne pouvait encore escompter de victoire définitive, de victoire durable. La lutte de la semaine écoulée constituait-elle pour autant une « faute » ? Oui, s'il s'agissait d'un « coup de boutoir » délibéré, de ce qu'on appelle un « putsch » ! Mais quel a été le point de départ des combats ? Comme dans tous les cas précé­dents, le 6 décembre, le 24 décembre : une provocation brutale du gouvernement ! Naguère l'attentat contre les manifestants sans armes de la Chausséestrasse, le massacre des matelots, cette fois le coup tenté contre la Préfecture de Police, ont été la cause des événements ultérieurs. C'est que la révolution n'agit pas à sa guise, elle n'opère pas en rase campagne, selon un plan bien mis au point par d'habiles « stratèges ». Ses adversaires aussi font preuve d'initiative, et même en règle générale, bien plus que la Révolution.

Placés devant la provocation violente des Ebert-Scheidemann, les ouvriers révolution­naires étaient contraints de prendre les armes. Pour la révolution, c'était une question d'honneur que de repousser l'attaque immédiatement, de toute son énergie, si l'on ne voulait pas que la contre-révolution se crût encouragée à un nouveau pas en avant ; si l'on ne voulait pas que fussent ébranlés les rangs du prolétariat révolutionnaire et le crédit dont jouit au sein de l'Internationale [3] la révolution allemande.

 

Du reste, des masses berlinoises jaillit spontanément, avec une énergie si naturelle, la volonté de résistance, que, dès le premier jour, la victoire morale fut du côté de la « rue ».

Or il existe pour la Révolution une règle absolue : ne jamais s'arrêter une fois le premier pas accompli, ne jamais tomber dans l'inaction, la passivité. La meilleure parade, c'est de porter à l'adversaire un coup énergique. Cette règle élémentaire qui s'applique à tout combat vaut surtout pour les premiers pas de la révolution. Il va de soi - et pareil comportement témoi­gne de la justesse, de la fraîcheur de réaction du prolétariat, - qu'il ne pouvait se satis­fai­re d'avoir réinstallé Eichhorn à son poste. Spontanément, il occupa d'autres positions de la contre-révolution : les sièges de la presse bourgeoise, le bureau de l'agence d'informations officieuse, le Vorwärts. Ces démarches étaient inspirées à la masse par ce qu'elle comprenait d'instinct : la contre-révolution n'allait pas pour sa part se satisfaire de sa défaite, mais préparer une épreuve de force générale.

Là encore nous nous trouvons en présence d'une de ces grandes lois historiques de la révolution, sur laquelle viennent se briser toutes les habiletés, toute la « science » de ces petits révolutionnaires de l'U.S.P. [4], qui dans chaque lutte ne sont en quête que d'une chose ; de prétextes pour battre en retraite. Dès que le problème fondamental d'une révolution a été clairement posé - et dans celle-ci c'est le renversement du gouvernement Ebert-Scheidemann, premier obstacle à la victoire du socialisme - alors ce problème ne cesse de resurgir dans toute son actualité, et, avec la fatalité d'une loi naturelle, chaque épisode de la lutte le fait apparaître dans toute son ampleur, si peu préparée à le résoudre que soit la révolution, si peu propice que soit la situation.

« A bas Ebert-Scheidemann ! » Ce mot d'ordre jaillit immanquablement à chaque nouvelle crise révolutionnaire ; c'est la formule qui, seule, épuise tous les conflits partiels et qui, par sa logique interne, qu'on le veuille ou non, pousse n'importe quel épisode de la lutte jusqu'à ses conséquences extrêmes.

 

De cette contradiction entre la tâche qui s'impose et l'absence, à l'étape actuelle de la révolution, des conditions préalables permettant de la résoudre, il résulte que les luttes se terminent par une défaite formelle. Mais la révolution est la seule forme de « guerre » - c'est encore une des lois de son développement - où la victoire finale ne saurait être obtenue que par une série de « défaites ».

Que nous enseigne toute l'histoire des révolutions modernes et du socialisme? La première flambée de la lutte de classe en Europe s'est achevé par une défaite. Le soulèvement des canuts de Lyon, en 1831, s'est soldé par un lourd échec. Défaite aussi pour le mouvement chartiste en Angleterre. Défaite écrasante pour la levée du prolétariat parisien au cours des journées de juin 1848. La Commune de Paris enfin a connu une terrible défaite. La route du socialisme - à considérer les luttes révolutionnaires - est pavée de défaites.

Et pourtant cette histoire mène irrésistiblement, pas à pas, à la victoire finale ! Où en serions-nous aujourd'hui sans toutes ces « défaites », où nous avons puisé notre expérience, nos connaissances, la force et l'idéalisme qui nous animent ? Aujourd'hui que nous sommes tout juste parvenus à la veille du combat final de la lutte prolétarienne, nous sommes campés sur ces défaites et nous ne pouvons renoncer à une seule d'entre elles, car de chacune nous tirons une portion de notre force, une partie de notre lucidité.

Les combats révolutionnaires sont à l'opposé des luttes parlementaires. En Allemagne, pendant quatre décennies, nous n'avons connu sur le plan parlementaire que des « victoires »; nous volions littéralement de victoire en victoire. Et quel a été le résultat lors de la grande épreuve historique du 4 août 1914 : une défaite morale et politique écrasante, un effondre­ment inouï, une banqueroute sans exemple. Les révolutions par contre ne nous ont jusqu'ici apporté que défaites, mais ces échecs inévitables sont précisément la caution réitérée de la victoire finale.

A une condition il est vrai ! Car il faut étudier dans quelles conditions la défaite s'est chaque fois produite. Résulte-t-elle du fait que l'énergie des masses est venue se briser contre la barrière des conditions historiques qui n'avaient pas atteint une maturité suffisante, ou bien est-elle imputable aux demi-mesures, à l'irrésolution, à la faiblesse interne qui ont paralysé l'action révolutionnaire ?

Pour chacune de ces deux éventualités, nous disposons d'exemples classiques : la révolution française de février, la révolution allemande de mars. L'action héroïque du prolétariat parisien, en 1848, est la source vive où tout le prolétariat international puise son énergie. Par contre, les navrantes petitesses de la révolution allemande de mars sont comme un boulet qui freine toute l'évolution de l'Allemagne moderne. Elles se sont répercutées - à travers l'histoire particulière de la social-démocratie allemande - jusque dans les événements les plus récents de la révolution allemande, jusque dans la crise que nous venons de vivre.

A la lumière de cette question historique, comment juger la défaite de ce qu'on appelle la « semaine spartakiste » ? Provient-elle de l'impétuosité de l'énergie révolutionnaire et de l'insuffisante maturité de la situation, ou de la faiblesse de l'action menée ?

De l'une et de l'autre ! Le double caractère de cette crise, la contradiction entre la manifes­tation vigoureuse, résolue, offensive des masses berlinoises et l'irrésolution, les hésitations, les atermoiements de la direction, telles sont les caractéristiques de ce dernier épisode.

La direction a été défaillante. Mais on peut et on doit instaurer une direction nouvelle, une direction qui émane des masses et que les masses choisissent. Les masses constituent l'élément décisif, le roc sur lequel on bâtira la victoire finale de la révolution.

Les masses ont été à la hauteur de leur tâche. Elles ont fait de cette « défaite » un maillon dans la série des défaites historiques, qui constituent la fierté et la force du socialisme international. Et voilà pourquoi la victoire fleurira sur le sol de cette défaite.

« L'ordre règne à Berlin ! » sbires stupides ! Votre « ordre » est bâti sur le sable. Dès demain la révolution « se dressera de nouveau avec fracas » proclamant à son de trompe pour votre plus grand effroi

J'étais, je suis, je serai ! [5]


Notes

[1] Erreur de Rosa Luxemburg : Souvorov est mort en 1800. Les troupes russes étaient commandées par Paskevitch. (Note de G.Badia).

[2] REINHARDT, Walther (1872-1930). Officier d'État Major pendant la première guerre mondiale, dernier ministre prussien de la guerre, il fut nommé en octobre 1919, chef de la direction de l'armée. Il démissionna en même temps que Noske, après le putsch de Kapp.

[3] Il s'agit encore à ce moment-là d'une Internationale toute théorique puisque le premier Congrès de la III° Internationale n'a pas encore eu lieu. (Note de G.Badia).

[4] L’U.S.P. était le parti social-démocrate indépendant au sein duquel militaient notamment Kautsky et Bernstein.

[5] Vers extrait du poème de F. Freiligrath « La Révolution ». (Note de G.Badia).


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Par lieb - Publié dans : La révolution spartakiste
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Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 09:55

 

comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

 


 

Projection du film » Rosa Luxemburg » de M. von Trotta à Lyon le 25 novembre

 

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L’association TABLE RASE vous invite à la projection du film Rosa Luxemburg (réalisé par Margarethe von Trotta en 1986)

Le film Rosa Luxemburg (réalisé par Margarethe von Trotta en 1986) retrace, avec dynamisme et réalisme, la vie de cette communiste révolutionnaire, dans ses plus grandes heures de gloires, comme dans ses pires moments de désespoir et de solitude. « Rosa la rouge » (rôle interprété par Barbara Sukowa, prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes), leader du parti Social-Démocrate Allemand puis de la Ligue Spartakiste qu’elle fonda, marqua cette période par son intelligence, ses talents d’oratrice, et sa détermination sans faille.

 

 

Au travers de ses amitiés (Louise Kautsky, Clara Zetkin, Karl Liebknecht, etc.), de ses amours, de ses réflexions politiques et poétiques, ce film nous plonge au coeur du mouvement historique et de la lutte des classes allemande du début du 20eme siècle. Au coté des dirigeants du parti social-démocrate, on la voit affiner et affirmer sa pensée politique, se posant en ardente défenseuse des idées communiste révolutionnaire et internationaliste, contre les positions réformiste, militariste et nationaliste défendues par l’aile droite du parti et qui conduiront en 1914 à l’une de plus grande boucherie que l’humanité est connue, et en 1919 à la répression sanglante et meurtrière de la révolution socialiste qui mis fin à la guerre en 1918, assassinant des milliers de travailleurs et parmi eux Rosa Luxemburg et son ami Liebknecht.

 

Ce très beau film présente un intérêt pour comprendre l’Allemagne et plus largement le monde du tel qu’il se présente au 20eme siècle, pour mettre à jour le rôle de la social-démocratie, notamment en temps de crise, et par extension nous donner des armes pour analyser le contexte dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui afin d’agir en conséquence…

 

Le 25 novembre 2011, à 19 H, à l’Université Lyon 2 (salle indiquée à l’entrée) 4bis rue de l’Université, 69007 (Tram T1 Arrêt Rue de l’univers

Par lieb - Publié dans : Poèmes, mots, sons et images
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Grève générale. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

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