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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 15:06
Pour comprendre. Comment le fascisme prend le pouvoir en "démocratie". L'arrivée d'Hitler au pouvoir (extrait de G. Badia, l'Allemagne contemporaine)

Severing

C’est une histoire très noire, à rebondissements multiples.  L’histoire de l’arrivée au pouvoir d’Hitler. Ou comment le fascisme est arrivé au pouvoir en « démocratie ».

 

Que faut-il pour que le fascisme s’installe, la recette est simple, elle s’inscrit dans le nom-même choisit par le fascisme en Allemagne, nationalisme et socialisme, et de fait les ingrédients sont connus :

 

  • une social-démocratie au pouvoir ou qui l’a exercé mais qui à force de réformisme -  on dira de pragmatisme-  épouse les buts et les méthodes du capitalisme jusqu'à la caricature. Plus royaliste que moi ...

 

  • des exploités - on dira un prolétariat -, qui n’a plus aucun espoir dans un monde économique que l’on dit en crise et qui les broie

 

  • une idéologie - on dira aliénation - qui prétend défendre les intérêts des exploités, mais qui s’appuie sur des idées conservatrices, non émancipatrices, et dont le principal combat est celui pour les cerveaux de ces exploités et contre ceux  qui pourrait leur disputer la conscience

 

  • une société politique conservatrice affaiblit économiquement et politiquement et qui cherche avant tout son sauveur, allant sur les plates-bandes de celui-ci, avant de lui donner les clés du pouvoir

 

  • des forces économiques misant sur un homme fort dans lequel elles investissent sciemment.

 

L’Allemagne de 1932 – 1933 c’est tout cela et le récit des années 1932 – 1933 dans l’ouvrage de Gilbert Badia en donne une image précise et complète. Toute ressemblance avec aujourd’hui serait ou ne serait guère fortuite mais donnerait fortement à réfléchir..

 

Et comme nous ne pouvons pas tout savoir et garder en tête, une série d'articles retrace ici l'Histoire. Et comme nous ne pouvons pas tout reproduire, nous recommandons la lecture de l'ouvrage de Badia.

 

Notre histoire, bien triste histoire commence il y a bien longtemps, elle se cristallise au XIXème siècle avec la formation de la classe ouvrière et de ses partis, elle remonte à une guerre dont on fait porter la responsabilité à un peuple et aux millions de ses morts et blessés, à une révolution - spartakiste - que l’on assassine et à une lente et vertigineuse descente en enfer économique et moral. Son tragique dénouement se noue en 1932- 1933.

 

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POURQUOI NOUS NE SOUTENONS PAS ISRAEL :

29 novembre 1947 : partition de la Palestine. Sur liberonsgeorges.

 

 

1er acte : Le coup d’Etat du 20 juillet [1932]

 

(lire dans Gilbert Badia, Histoire de l’Allemagne contemporaine, Tome 1 – 1918 - 1933 aux Editions sociales P 298 - 300)

 

La Prusse était gouvernée depuis 1918 et presque sans interruption par la social-démocratie. Otto Braun en était le premier ministre quasi inamovible et Severing n’abandonnait son poste de Ministre de l’intérieur en Prusse que pour prendre celui des Affaires intérieures du Reich ou vice- versa. Quelques mois après la démission, du cabinet Müller où il occupait le ministère de l’Intérieur, il était redevenu ministre en Prusse.

 

Severing ne menait qu’en apparence un combat sur deux fronts. Il avait bien interdit le port d’uniforme, ce qui touchait les sections d’assaut, mais les S.A. n’étaient pas dissoutes, tandis qu’était maintenue strictement depuis mai 1929 la dissolution du Front rouge des combattants. Le préfet de police Grzezinski n’avait –il pas dit publiquement en novembre 1930 (donc après les élections générales) à Kreuzbeg : « il n’existe pas de danger nazi, il n’y a qu’un danger communiste. »

 

En même temps d'ailleurs un fort courant se faisait jour dans le parti social-démocrate pour laisser accéder Hitler au pouvoir. Otto Braun notamment voulait confier des responsabilités au N.S.D.A.P. "tant que le parti est trop faible pour réaliser ses revendications totalitaires". D'abord hostile, Severing appuya cette politique du "laisser faire l'expérience", quand les élections présidentielles et les élections provinciales eurent montré l'ampleur des succès nazis. Le 25 avril 1932, il écrivait dans le Vorwärts : "Les considérations proprement juridiques mises à part, ce peut être un impératif de l'intelligence politique que de laisser les nazis venir au pouvoir." Et le 30 de nouveau : N'est-il pas compréhensible que se manifeste le vif désir de donner aux nationaux-socialistes l'occasion de mettre leurs paroles en accord avec la dure réalité?"

 

Comment combattre un parti avec vigueur, avec l'intention de le réduire quand on souhaite le voir fournir son contingent de ministres? Et comment les adhérents sociaux-démocrates et les ouvriers syndiqués seraient-il prêts à lutter par tous les moyens contre les nazis s'ils lisent chaque jour de telles considérations sous la plume de leurs dirigeants?

 

Si peu révolutionnaire qu'elle fût, la social-démocratie à la tête du Land le plus important du  Reich gênait le gouvernement.

 

Depuis l'entrée en fonction de von Papen, les rumeurs se faisaient plus nombreuses qui annonçaient le remplacement du gouvernement prussien par un Commissaire du gouvernement. Ces bruits avaient été officiellement démentis. Mais ils correspondaient trop aux desseins des milieux industriels et agrariens, impatients d'écarter enfin du pouvoir la social-démocratie (accusée de bolchévisme) pour ne pas trouver dans les cercles ministériels des oreilles complaisantes.

 

Le 8  juillet, von Papen convoque Severing et Hirtsiefer pour discuter dit-il de questions financières. A peine entrés à la chancellerie, les deux ministres s'entendent annoncer que "la sécurité  et l'ordre public n'étaient plus assurés en Prusse". En conséquence, le Président du Reich avait démis Braun et Severing de leurs fonctions et nommé von Papen au poste de Commissaire du Reich pour la Prusse. Severing conteste la valeur juridique des arguments de son interlocuteur. "Acceptez-vous de remettre volontairement vos pouvoirs?" demande le chancelier. "Je ne cède qu'à la violence" réplique Severing.

 

La conversation était restée polie comme il convient entre gens de bonne compagnie; von Papen "gentlhomme jusque dans le coup d'Etat", essaya alors de persuader les deux ministres de céder de bonne grâce, mais n'y réussit point. Il coupa court en invoquant "la raison d'Etat".

 

Le même jour l'état de siège était proclamé à Berlin et dans tout le Brandenbourg ...

 

La facilité avec laquelle von Papen réussit son coup d'Etat s'explique par la série de concessions consenties au régime présidentiel par la social-démocratie. Dans ce lent glissement vers la dictature, le coup du 20 juillet n'était qu'une étape, une étape un peu plus importante peut-être. Le Président du Reich avait couvert l'opération et signé les ordonnances nécessaires ...

 

Prochains articles à suivre

article originel sur http://linter.over-blog.com/2015/12/c-est-une-histoire-noire-tres-noire-a-rebondissements-multiples-l-histoire-de-l-arrivee-au-pouvoir-d-hitler-ou-comment-le-fascisme-e

Otto Braun par Max Liebermann en 1931

Otto Braun par Max Liebermann en 1931

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 19:48
Bonsoir,
 
Après la disparition de notre camarade Rudolf, nous vous transmettons le RDV pour assister à son enterrement ce lundi 12 décembre à Lille.
 
Rudolf a été de nouveau victime d’un malaise la veille du retour chez lui, malheureusement  cette fois ci, il a été impossible de le sauver. Rudolf était hospitalisé depuis le 19 octobre, il allait beaucoup mieux et était impatient de rentrer chez lui, continuer ses combats, lire, écrire et nous faire partager ses réflextions toujours d’une grande rigueur.
 
Parmi ses nombreux engagements, il n’a jamais cessé, et cela depuis des décennies, son engagement dans la lutte pour les droits des Palestiniens et contre le sionisme oppresseur.
Avec des étudiants palestiniens de Lille, il a fondé en 1974 le Comité de Soutien à la Résistance Palestinienne qui est devenu quelques années plus tard le Comité de Soutien au Peuple Palestinien.
 
En 2014, il a participé à la fondation du Collectif de Soutien à la Résistance Palestinienne.(CSRP59)
 
En outre, Rudolf était aussi membre de l'Union Juive Française pour la Paix (UJFP) et de International Jewish AntiZionist Network (IJAN).
 
Notre hommage à notre camarade est pour nous de continuer avec détermination et visibilité notre soutien au Peuple Palestinien. Solidarité avec cette résistance légitime, sous toutes ses formes.
 
Notre cher camarade Rudolf ta disparition nous remplit d’une profonde tristesse.  
 
Collectif de soutien à la résistance palestinienne (CSRP59) et UJFP59 le 8 décembre 2016                                                                           
 

L'enterrement aura donc lieu

Lundi 12 décembre  à 14h (être impérativement présent à 13h45).

 
RV  à l'entrée "porte de la Madeleine" du Cimetière de l'Est à Lille                                       (rue de la Madeleine en face de la  rue des Vicaires)
(le cimetière se trouve en gros dans un triangle  entre le métro St Maurice Pellevoisin,  l'hôpital de la Louvière et la gare Lille-Europe)
         

Au moment de l'inhumation, une cérémonie civile aura lieu avec quelques témoignages.
A l'issue de celle-ci, nous nous retrouverons pour un hommage à Rudolf,  dans une salle dont les coordonnées restent à préciser.

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 11:47
Une guitare en drapeau. Le nationalisme avance dé-masqué... En contre-point à Rosa Luxemburg

Plutôt qu'un drapeau une guitare

Reprise :

"Demain, on veut faire brandir le drapeau national.

Le nationalisme avance, et la rhétorique de guerre est appelée à squatter toujours plus la réflexion, les têtes.

 

L'état de sécurité permet d'interdire toutes les expressions politiques et de résistances, mais pas les marchés de Noël et autres acte de la consommation-reine pas plus que l'arrivée des chefs d'Etat, seuls qui auront le droit de parole.

Il est utilisé pour des arrestations dans une ferme et pour un couvre-feu en catimini dans un quartier populaire d'une petite ville de province où vivent 7000 personnes, immigrées des premières et dernières générations, des ouvriers et chômeurs d'aujourd'hui.

 

Mais notre tristesse pour le 13 novembre n'est pas la leur.

 

Elle est parce que des jeunes sont créés prêts à tuer par une société capitaliste, impérialiste qui les exploite et les rejette, depuis des décennies.

Et pour ceux, si divers, qu'ils ont tué, la musique dans les oreiles, moment sensible qui les réunissait, venus de partout et parfois de loin.

Nous ne sommes pas nationalistes, nous ne sommes pas bellicistes,

 

Nous n'aimons pas les drapeaux brandis pour les unions sacrées. Nous n'aimons pas les hymnes guerriers.

Nous nous serions reconnus peut-être dans la devise "Liberté, égalité, fraternité", encore aurions-nous certainement été choqués par sa reprise par tous ceux qui la violent, au pouvoir depuis toujours. Mais il n'y avait pas de risque qu'elle soit brandie, un drapeau national, c'est bien plus facile et ben plus porteur.

 

Notre tristesse pour le 13 novembre est profonde, elle n'est pas la leur.

 

Publié le 29 novembre. Repris de linter.over-blog.com

Une guitare en drapeau. Le nationalisme avance dé-masqué... En contre-point à Rosa Luxemburg
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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 23:09
https://histoireetsociete.files.wordpress.com/2014/04/clara.j

https://histoireetsociete.files.wordpress.com/2014/04/clara.j

Clara Zetkin. Discours au Reichstag en 1932.

Courage extrême de Clara Zetkin qui prononce ce discours dans une Allemagne déjà en but aux idées fascstes et aux meurtres politiques et racistes, parce que désespérée  par le manque d'espoir, la répression de la révolution et l'explotation maximale qu'elle subit, et devant des hommes en uniforme nazi dans le Parlement même.

Une partie des exploités en Allemagne, comme aujourd'hui se laissait séduire par le fascisme, mais les partis ouvriers et sociaux-démocrates étaient encore majoritaires et le vote national-socialiste lui n'était pas majoritaire.

Mais 30 % lui suffisaient pour instaurer son régime de mort.

5 mois après Hitler devenait chancelier. En un an, le nazisme imposait son pouvoir et Clara Zetkin devait quitter 'Allemagne. 10 ans après, des millions de morts, le génocide était l'héritage d'un pouvoir fondé sur le racisme et l''exploitation. c.a.r.l.

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Le 30 août 1932, Clara très vieille femme, en qualité de doyenne du Reichstag, alors que Hitler vient d’accéder au pouvoir, est chargée du discours inaugural. Elle est pratiquement aveugle, impotente, on la soutient jusqu’au pupitre, elle ouvre la première séance devant une centaine de nazis en uniforme, dont Goering, avec un vibrant discours contre la montée du nazisme. Le voici :

 

Mesdames et Messieurs,

 

Le Reichstag se réunit dans une situation où la crise du capitalisme ? Son déclin accable les très larges masses laborieuses d’Allemagne et leur inflige les souffrances les plus épouvantables. Les millions de chômeurs que les maigres allocations dont on leur fait (ou dont on ne leur fait pas) l’aumône n’empêchent pas de mourir de faim seront rejoints cet automne et cet hiver par des millions d’autres. La famine, qui est aussi le sort de tous ceux qui ont besoin d’aide sociale, s’aggrave. Quant aux travailleurs qui ont encore un emploi, les bas salaires les empêchent de renouveler leur force nerveuse et musculaire usée au maximum par la rationalisation et, a fortiori, de satisfaire le moindre besoin culturel. En se poursuivant, le démantèlement des conventions collectives et des organes de conciliation va faire baisser encore les salaires de misère. Un nombre croissant d’artisans et de petits industriels, de petits et moyens paysans sombrent dans le désespoir et la ruine. Le déclin économique, les coupes sombres dans les dépenses culturelles réduisent ? néant les bases économiques de la création intellectuelle et ôtent de plus en plus aux créateurs la possibilité de mettre en œuvre leurs forces et leurs connaissances.

 

L’incendie allumé en Orient que l’Occident attise de toutes ses forces dans l’espoir qu’un océan de flammes engloutisse l’Union soviétique et la construction du socialisme, pourrait bien attirer sur l’Allemagne aussi une abominable terreur, susceptible d’éclipser l’œuvre de mort et de destruction de la dernière guerre mondiale. Le pouvoir politique en Allemagne est aujourd’hui aux mains d’un cabinet présidentiel formé sans l’assentiment du Reichstag, composé des hommes de main du grand capital monopoliste et des grands agrariens et dont les généraux de la Reichswehr constituent l’élément moteur. Malgré ses pouvoirs discrétionnaires, le cabinet présidentiel a échoué devant tous les problèmes actuels de politique intérieure et de politique étrangère. Sa politique intérieure est marquée, comme celle des précédents gouvernements, par la pratique des décrets-lois, lois scélérates qui décrètent la misère et augmentent celle qui règne déjà En même temps, ce cabinet foule aux pieds le droit des masses à lutter contre la misère. Ceux qui ont besoin de l’aide sociale et ceux qui y ont droit, ce sont, pour le gouvernement, les gros agrariens endettés, les industriels faillis, les requins de la finance, les armateurs, les spéculateurs et trafiquants sans scrupules. Toute sa politique fiscale, douanière, commerciale, consiste à prendre aux larges couches du peuple travailleur pour donner ? de petits groupes de profiteurs et à aggraver la crise en restreignant davantage la consommation, les importations et les exportations. Sa politique étrangère aussi est placée sous le signe du mépris pour les intérêts des travailleurs. Déterminée par les appétits impérialistes, elle conduit l’Allemagne à dépendre de plus en plus des grandes puissances du Traité de Versailles, malgré les hésitations qui la font louvoyer entre les coups de gueule des traîneurs de sabres et les bassesses les plus plates, et elle compromet ses relations avec l’Union soviétique, le seul Etat qui, par sa politique de paix sincère et son essor économique, puisse offrir aux travailleurs allemands un véritable soutien.

 

Le solde du cabinet présidentiel est déjà lourdement débiteur depuis les meurtres des dernières semaines, dont il porte l’entière responsabilité en ayant levé l’interdiction de porter l’uniforme prononcée contre les S.A. nationaux-socialistes et en favorisant ouvertement ces troupes fascistes de guerre civile. C’est en vain qu’il cherche à faire oublier sa culpabilité politique et morale en se chamaillant avec ses alliés sur la répartition du pouvoir dans l’Etat ; le sang versé en fait pour toujours un complice des assassins fascistes. L’impuissance du Reichstag et la toute puissance du cabinet présidentiel sont l’expression de la décadence du libéralisme bourgeois, qui accompagne nécessairement l’effondrement du mode de production capitaliste. Cette décadence se retrouve entièrement dans la social-démocratie réformiste qui se place en théorie et en pratique sur le terrain pourri de l’ordre social bourgeois.

 

La politique du gouvernement Papen-Schleicher n’est rien autre que la continuation ouverte de la politique du gouvernement Brüning toléré par les sociaux-démocrates, précédée elle-même par la politique de coalition de la social-démocratie qui lui avait ouvert la voie. La politique du « moindre mal » confirmait les forces réactionnaires dans la conscience qu’elles avaient de leur puissance et ne pouvait, et ne peut encore, manquer d’engendrer le pire de tous les maux : habituer les masses à la passivité. On leur demande de renoncer à mettre en jeu la puissance dont elles disposent à l’extérieur du parlement. De cette façon, c’est le rôle du parlement dans la lutte de classes du prolétariat que l’on réduit aussi. Il est possible aujourd’hui dans certaines limites d’utiliser le parlement pour la lutte des travailleurs, mais uniquement s’il s’appuie sur de puissantes actions des masses à l’extérieur de ses murs. Avant que le Reichstag ne puisse prendre position sur des problèmes particuliers de l’heure, il faut qu’il ait compris quelle est sa tâche essentielle, et qu’il l’ait accomplie : il faut qu’il renverse le gouvernement qui tente, au mépris de la Constitution, de mettre le parlement complètement à l’écart.

 

Le Reichstag pourrait aussi saisir la Haute Cour de Leipzig d’une plainte contre le Président du Reich et les Ministres pour viol de la Constitution et pour les nouveaux viols de la Constitution qu’ils projettent. Mais il est vrai qu’une plainte devant cette haute instance reviendrait à demander à Lucifer de condamner Belzébuth. Bien entendu, ce n’est pas un vote du parlement qui peut briser le pouvoir d’un gouvernement qui s’appuie sur l’armée et sur tous les autres moyens dont dispose le pouvoir d’Etat bourgeois, sur la terreur exercée par les fascistes, la lâcheté du libéralisme bourgeois et la passivité d’une grande partie du prolétariat, des travailleurs. Le renversement du gouvernement au parlement peut seulement donner le signal de la levée en masse des travailleurs à l’extérieur du parlement. Et ceci afin de jeter dans la bataille tout le poids économique et social des masses, et aussi toute la force de leur nombre.

 

Dans cette bataille, il s’agit d’abord et avant tout d’abattre le fascisme qui veut réduire à néant, par le fer et par le sang, les manifestations de classe des travailleurs, en sachant bien, comme nos ennemis, que la force du prolétariat ne dépend pas du nombre de sièges au parlement, mais qu’elle est ancrée dans ses organisations politiques, syndicales et culturelles. La Belgique montre aux travailleurs que la grève de masse conserve sa force, même à une époque de crise économique aiguë, à condition qu’en employant cette arme les masses soient résolues et prêtes à ne reculer devant aucun sacrifice, ni devant l’extension de la lutte, prêtes à répondre par la violence à la violence de leurs ennemis.

 

Mais la démonstration de force du peuple travailleur à l’extérieur du parlement ne doit pas se limiter au renversement d’un gouvernement anticonstitutionnel ; elle doit aller au delà de cet objectif limité et se préparer à renverser l’Etat bourgeois et son fondement, l’économie bourgeoise. Toutes les tentatives d’atténuer, et a fortiori de résoudre la crise en restant sur le terrain de l’économie capitaliste ne peuvent qu’aggraver le mal. Les interventions de l’Etat ont échoué, car ce n’est pas l’Etat bourgeois qui tient l’économie, c’est au contraire l’économie qui tient l’Etat bourgeois. Entre les mains des possédants, l’appareil d’Etat ne saurait être utilisé qu’ à leur avantage et au détriment des larges masses populaires qui travaillent, qui produisent et qui consomment. Une économie planifiée sur la base du capitalisme est une contradiction en soi. Les tentatives en ce sens ont toujours achoppé sur la propriété privée des moyens de production. La planification de l’économie n’est possible que si l’on abolit cette propriété privée. La seule et unique voie pour surmonter les crises économiques et écarter tous les dangers de guerre impérialiste, c’est la révolution prolétarienne qui supprime la propriété privée des moyens de production et garantit ainsi la possibilité de planifier l’économie. La meilleure preuve historique en est la Révolution russe. Elle a montré que les travailleurs ont la force de jeter à terre tous leurs ennemis, d’abattre les rapaces impérialistes en même temps que le capitalisme dans leur propre pays et de déchirer des traités d’asservissement comme celui de Versailles. L’Etat soviétique confirme aussi que les travailleurs ont la maturité nécessaire pour construire un nouvel ordre économique où le développement économique de la société peut aller sans ces crises désastreuses, précisément parce qu’a été supprimée la cause du mode de production anarchique, la propriété privée des moyens de production.

 

La lutte des masses laborieuses contre la misère qui les opprime maintenant est en même temps une lutte pour leur libération totale. C’est lutter contre le capitalisme qui exploite et avilit, pour le socialisme qui délivre et libère. C’est vers ce but lumineux que les masses doivent tourner constamment leurs regards, sans se laisser troubler par des illusions sur la démocratie libératrice, et sans se laisser effrayer par la brutalité du capitalisme, qui cherche son salut dans un nouveau génocide universel, dans les assassinats fascistes et la guerre civile. La nécessité de l’heure, c’est le front uni de tous les travailleurs pour repousser le fascisme, et pour conserver ainsi aux esclaves de l’exploitation la force et la puissance de leurs organisations, et même tout simplement pour les conserver en vie.

 

Devant cette impérieuse nécessité historique, toutes les opinions politiques, syndicales, religieuses, idéologiques, qui nous entravent et nous séparent, doivent passer au second plan. Tous ceux qui sont menacés, tous ceux qui souffrent, tous ceux qui aspirent à se libérer doivent faire partie du front uni contre le fascisme et ses fondés de pouvoir au gouvernement ! Tous les travailleurs doivent se retrouver et s’affirmer contre le fascisme, telle est la condition indispensable pour que se constitue le front uni contre la crise, les guerres impérialistes et leur cause, le mode de production capitaliste. Le soulèvement de millions de travailleurs, hommes et femmes, en Allemagne, contre la faim, la privation de leurs droits, les assassinats fascistes et les guerres impérialistes est une expression de l’indestructible communauté de destin de tous les travailleurs du monde.

 

Cette communauté de destin internationale doit devenir une communauté de combat solidement forgée par les travailleurs partout où le capitalisme étend sa domination, une communauté de combat avec nos frères et nos sœurs soviétiques qui nous ont précédés dans l’assaut. Les grèves et les soulèvements dans les pays les plus divers sont des signes enflammés dont la lumière montre à ceux qui combattent en Allemagne qu’ils ne sont pas seuls. Partout les déshérités et les humiliés s’apprêtent à la conquête du pouvoir. Dans le front uni des travailleurs qui se forme aussi en Allemagne ne doivent pas être absentes les millions de femmes qui portent encore les chaînes de l’esclavage de leur sexe, et qui sont de ce fait livrées à l’esclavage de classe le plus dur. Et aux tout premiers rangs, c’est la jeunesse qui doit lutter, la jeunesse qui aspire à s’épanouir librement, mais qui n’a aujourd’hui d’autres perspectives que l’obéissance aveugle et l’exploitation dans les colonnes des esclaves du travail. Dans ce front uni ont aussi leur place tous les créateurs intellectuels dont le savoir et la volonté d’accroître le bien être et la culture de la société ne peuvent plus s’exercer aujourd’hui dans l’ordre bourgeois. Puissent-ils tous rejoindre le front uni de combat, les esclaves salariés, les corvéables du capital, tous ceux qui sont ? la fois les supports et les victimes du capitalisme !

 

En ma qualité de doyenne d’âge et dans l’espoir que, malgré mon invalidité actuelle, j’aurai encore le bonheur d’ouvrir, en qualité de doyenne d’âge, la première session du Congrès des Conseils de l’Allemagne soviétique, je déclare ouverte la session du Reichstag.

 

http://www.alger-republicain.com/Clara-Zetkin-Discours-au-Reishtag.html

Source :
http://socio13.wordpress.com/2009/0...

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Clara Zetkin

Rede als Alterspräsidentin bei der Eröffnung des Reichstags

(30. August 1932


Meine Damen und Herren!

Der Reichstag tritt in einer Situation zusammen, in der die Krise des zusammenbrechenden Kapitalismus die breitesten werktätigen Massen Deutschlands mit einem Hagel furchtbarster Leiden überschüttet. Zu den Millionen Arbeitslosen, die mit den Bettelpfennigen der sozialen Unterstützung oder auch ohne sie hungern, werden im Herbst und im Winter neue Millionen stoßen. Verschärfter Hunger ist auch das Schicksal aller anderen sozial Hilfsbedürftigen. Die noch Beschäftigten können bei ihrem niedrigen Verdienst die durch die Rationalisierung aufs äußerste ausgepreßte Muskel- und Nervenkraft nicht ersetzen, geschweige denn kulturelle Bedürfnisse befriedigen. Der weitere Abbau des Tarifrechts und des Schlichtungswesens wird die Entbehrungslöhne noch tiefer senken. Wachsende Scharen von Handwerkern und Kleingewerbetreibenden, von Klein- und Mittelbauern versinken verzweifelnd in Elendstiefen. Der Niedergang der Wirtschaft, das Zusammenschrumpfen der Aufwendungen für Kulturzwecke vernichten die wirtschaftlichen Grundlagen für die Existenz der geistig Schaffenden und verengen fortschreitend das Betätigungsfeld für ihre Kenntnisse und Kräfte. Der im Osten entfesselte Weltbrand, der vom Westen her kräftig geschürt wird, und dessen Flammenmeer auch die Sowjetunion und ihren sozialistischen Aufbau vertilgen soll, würde auch Deutschland mit Schrecken und Greueln überhäufen, die das Mord- und Vernichtungswerk des letzten Weltkrieges in den Schatten stellen.

Die politische Macht hat zur Stunde in Deutschland ein Präsidialkabinett an sich gerissen, das unter Ausschaltung des Reichstags gebildet wurde und das der Handlanger des vertrusteten Monopolkapitals und des Großagrariertums und dessen treibende Kraft die Reichtwehrgeneralität ist.

Trotz der Allmacht des Präsidialkabinetts hat es gegenüber allen innen- und außenpolitischen Aufgaben der Stunde gänzlich versagt. Seine Innenpolitik charakterisiert sich genau wie die des vorausgegangenen durch die Notverordnungen, Notverordnungen im ureigensten Sinne des Wortes; denn sie verordnen Not und steigern die schon vorhandene Not. Gleichzeitig zertritt dieses Kabinett die Rechte der Massen, gegen die Not zu kämpfen. Sozial Hilfsbedürftige und Hilfsberechtigte erblickt die Regierung nur in verschuldeten Großagrariern, krachenden Industriellen, Bankgewaltigen, Reedern und gewissenlosen Spekulanten und Schiebern. Ihre Steuer-, Zoll- und Handelspolitik nimmt breiten Schichten des schaffenden Volks, um kleine Gruppen von Interessenten zu beschenken, und verschlimmert die Krise durch weitere Einschränkung des Konsums, des Imports und Exports.

Ebenso schlägt ihre Außenpolitik den Interessen des schaffenden Volks ins Gesicht. Sie wird geleitet von imperialistischen Gelüsten, bringt Deutschland in ziellosem dilettantischem Schwanken zwischen plumper Anbiederung und Säbelrasseln in immer tiefere Abhängigkeit von den Großmächten des Versailler Vertrags und schädigt die Beziehungen zur Sowjetunion, dem Staat, der durch seine ehrliche Friedenspolitik und seinen wirtschaftlichen Aufstieg ein Rückhalt für die deutsche werktätige Bevölkerung ist.

Schwerstens belastet ist das Schuldkonto des Präsidialkabinetts durch die Morde der letzten Wochen, für die es die volle Verantwortung trägt durch die Aufhebung des Uniformverbots für die nationalsozialistischen Sturmabteilungen und durch die offene Begönnerung der faschistischen Bürgerkriegstruppen. Vergebens sucht es über seine politische und moralische Schuld hinwegzutäuschen durch Auseinandersetzungen mit ihren Bundesgenossen über die Verteilung der Macht im Staate; das vergossene Blut kittet es für ewig mit den faschistischen Mördern zusammen.

Die Ohnmacht des Reichstags und die Allmacht des Präsidialkabinetts sind der Ausdruck des Verfalls des bürgerlichen Liberalismus, der zwangsläufig den Zusammenbruch der kapitalistischen Produktionsweise begleitet. Dieser Verfall wirkt sich auch voll aus in der reformistischen Sozialdemokratie, die sich in Theorie und Praxis auf den morschen Boden der bürgerlichen Gesellschaftsordnung stellt. Die Politik der Papen-Schleicher-Regierung ist nichts anderes als die unverschleierte Fortsetzung der Politik der von den Sozialdemokraten tolerierten Brüning-Regierung, wie dieser ihrerseits die Koalitionspolitik der Sozialdemokratie als Schrittmachern vorausgegangen ist.

Die Politik des „kleineren Übels“ stärkte das Machtbewußtsein der reaktionären Gewalten und sollte und soll noch das größte aller Übel erzeugen, die Massen an Passivität zu gewöhnen. Diese sollen darauf verzichten, ihre volle Macht außerhalb des Parlaments einzusetzen. Damit wird auch die Bedeutung des Parlaments für den Klassenkampf des Proletariats gemindert. Wenn heute das Parlament innerhalb bestimmter Grenzen für den Kampf der Werktätigen ausgenutzt werden kann, so nur dann, wenn es seine Stütze hat an kraftvollen Aktionen der Massen außerhalb seiner Mauern.

Ehe der Reichstag Stellung nehmen kann zu Einzelaufgaben der Stunde, muß er seine zentrale Pflicht erkannt und erfüllt haben: Sturz der Reichsregierung, die den Reichstag durch Verfassungsbruch vollständig zu beseitigen versucht. Anklagen müßte der Reichstag auch erheben gegen den Reichspräsidenten und die Reichsminister wegen Verfassungsbruchs und noch weiterer geplanter Verfassungsbrüche vor dem Staatsgerichtshof zu Leipzig. Doch eine Anklage vor dieser hohen Instanz hieße den Teufel bei seiner Großmutter zu verklagen.

Selbstverständlich kann nicht einfach durch Parlamentsbeschluß die Gewalt einer Regierung gebrochen werden, die sich stützt auf die Reichswehr und alle anderen Machtmittel des bürgerlichen Staates, auf den Terror der Faschisten, die Feigheit des bürgerlichen Liberalismus und die Passivität großer Teile der Werktätigen. Der Sturz der Regierung durch den Reichstag kann nur das Signal sein für den Aufmarsch und die Machtentfaltung der breitesten Massen außerhalb des Parlaments, um in dem Kampf das ganze Gewicht der wirtschaftlichen und sozialen Leistung der Schaffenden und auch die Wucht der großen Zahl einzusetzen.

In diesem Kampf gilt es zunächst und vor allem, den Faschismus niederzuringen, der mit Blut und Eisen alle klassenmäßigen Lebensäußerungen der Werktätigen vernichten soll, in der klaren Erkenntnis unserer Feinde, daß die Stärke des Proletariats am allerwenigsten von Parlamentssitzen abhängt, vielmehr verankert ist in seinen politischen, gewerkschaftlichen und kulturellen Organisationen.

Belgien zeigt den Werktätigen, daß der Massenstreik sogar in Zeiten größter Wirtschaftskrise seine Kraft bewährt, vorausgesetzt, daß hinter dem Gebrauch dieser Waffe die Entschlossenheit und Opferfreudigkeit der Massen steht, vor keiner Weiterung des Kampfes zurückzuschrecken und die Gewalt der Feinde mit Gewalt zurückzuschlagen. Jedoch die außerparlamentarische Machtentfaltung des werktätigen Volkes darf sich nicht auf den Sturz einer verfassungswidrigen Regierung beschränken; sie muß über dieses Augenblicksziel hinaus gerichtet sein auf den Stutz des bürgerlichen Staates und seiner Grundlage, der kapitalistischen Wirtschaft.

Alle Versuche, auf dem Boden der kapitalistischen Wirtschaft die Krise zu mildern, geschweige denn zu beheben, können das Unheil nur verschärfen. Staatliche Eingriffe versagten; denn der bürgerliche Staat hat nicht die Wirtschaft, sondern umgekehrt die kapitalistische Wirtschaft hat den Staat. Als Machtapparat der Besitzenden kann dieser sich nur zu deren Vorteil einsetzen auf Kosten der produzierenden und konsumierenden breiten schaffenden Volksmassen. Eine Planwirtschaft auf dem Boden des Kapitalismus ist ein Widerspruch in sich. Die Versuche dazu werden immer wieder vereitelt durch das Privateigentum an den Produktionsmitteln. Planmäßigkeit des Wirtschaftens ist nur möglich bei der Aufhebung des Privateigentums an den Produktionsmitteln. Der Weg zur Überwindung wirtschaftlicher Krisen und aller drohenden imperialistischen Kriegsgefahren ist einzig und allein die proletarische Revolution, die das Privateigentum an den Produktionsmitteln abschafft und damit die Planmäßigkeit des Wirtschaftens verbürgt.

Der große weltgeschichtliche Beweis dafür ist die russische Revolution. Sie hat gezeigt, daß den Schaffenden die Kraft eigen ist, alle ihre Feinde niederzuwerfen und zusammen mit dem Kapitalismus im eigenen Lande auch die imperialistischen Raubgewalten zurückzuwerfen und Sklavenverträge wie den Versailler Vertrag zu zerreißen

Der Sowjetstaat erhärtet auch, daß die Werktätigen die Reife besitzen, eine neue Wirtschaftsordnung aufzubauen, in der eine wirtschaftliche Höherentwicklung der Gesellschaft ohne verwüstende Krisen erfolgen kann, weil eben die Ursache der anarchischen Produktionsweise vernichtet ist, das Privateigentum an den großen Produktionsmitteln.

Der Kampf der werktätigen Massen gegen die zerfleischenden Nöte der Gegenwart ist zugleich der Kampf für ihre volle Befreiung. Er ist ein Kampf gegen den versklavenden und ausbeutenden Kapitalismus und für den erlösenden, den befreienden Sozialismus. Diesem leuchtenden Ziel muß der Blick der Massen unverrückt zugewandt sein, nicht umnebelt durch Illusionen über die befreiende Demokratie und nicht zurückgeschreckt durch die brutalen Gewalten des Kapitalismus, der seine Rettung durch neues Weltvölkergemetzel und faschistische Bürgerkriegsmorde erstrebt. Das Gebot der Stunde ist die Einheitsfront aller Werktätigen, um den Faschismus zurückzuwerfen, um damit den Versklavten und Ausgebeuteten die Kraft und die Macht ihrer Organisationen zu erhalten, ja sogar ihr physisches Leben. Vor dieser zwingenden geschichtlichen Notwendigkeit müssen alle fesselnden und trennenden politischen, gewerkschaftlichen, religiösen und weltanschaulichen Einstellungen zurücktreten. Alle Bedrohten, alle Leidenden, alle Befreiungssehnsüchtigen in die Einheitsfront gegen den Faschismus und seine Beauftragten in der Regierung! Die Selbstbehauptung der Werktätigen gegen den Faschismus ist die nächste unerläßliche Voraussetzung für die Einheitsfront im Kampfe gegen Krise, imperialistische Kriege und ihre Ursache, die kapitalistische Produktionsweise. Die Auflehnung von Millionen werktätiger Männer und Frauen in Deutschland gegen Hunger, Entrechtung, faschistischen Mord und imperialistische Kriege ist ein Ausdruck der unzerstörbaren Schicksalsgemeinschaft der Schaffenden der ganzen Welt. Diese internationale Schicksalsgemeinschaft muß ehern geschmiedete Kampfesgemeinschaft der Werktätigen in allen Herrschaftsgebieten des Kapitalismus werden, eine Kampfesgemeinschaft, die sie mit den vorausgestürmten befreiten Brüdern und Schwestern in der Sowjetunion verbindet. Streiks und Aufstände in den verschiedensten Ländern sind lodernde Flammenzeichen, die den Kämpfenden in Deutschland zeigen, daß sie nicht allein stehen. Überall beginnen die Enterbten und Niedergetretenen zur Eroberung der Macht vorzustoßen. In der auch in Deutschland sich formierenden Einheitsfront der Werktätigen dürfen die Millionen Frauen nicht fehlen, die noch immer Ketten der Geschlechtssklaverei und dadurch härtester Klassensklaverei ausgeliefert sind. In den vordersten Reihen muß die Jugend kämpfen, die freies Emporblühen und Ausreifen ihrer Kräfte heischt, aber heute keine andere Aussicht hat als den Kadavergehorsam und die Ausbeutung in den Kolonnen der Arbeitsdienstpflichtigen. In die Einheitsfront gehören auch alle geistig Schaffenden, deren Können und Wollen, den Wohlstand und die Kultur der Gesellschaft zu mehren, heute in der bürgerlichen Ordnung sich nicht mehr auszuwirken vermag.

In die kämpfende Einheitsfront alle, die als Lohn- und Gehaltsangehörige oder sonstwie Tributpflichtige des Kapitals zugleich Erhalter und Opfer des Kapitalismus sind!

Ich eröffne den Reichstag in Erfüllung meiner Pflicht als Alterspräsidentin und in der Hoffnung, trotz meiner jetzigen Invalidität das Glück zu erleben, als Alterspräsidentin den ersten Rätekongreß Sowjetdeutschlands zu eröffnen.

https://www.marxists.org/deutsch/archiv/zetkin/1932/08/alterspraes.html


Verhandlungen des Reichstages, VI. Wahlperiode, 1932, Bd.454, S.1-3.
Zur Geschichte der Kommunistischen Partei Deutschlands. Eine Auswahl von Materialien und Dokumenten aus den Jahren 1914-1946, o.J., S.330-333.
Kopiert mit Dank von der verschwundenen Webseite Marxistische Bubliothek.
Transkription und HTML-Markierung:
Einde O’Callaghan für das Marxists’ Internet Archive.

Clara Zetkin. Discours au Reichstag en 1932. 30% ont suffi aux nazis pour instaurer le régime de mort et d'exploitation. Ne pas oublier. En contre-point à Rosa Luxemburg
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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 18:00
5 décembre à partir de 15 heures, Les internationalistes dans les guerres : 14-19 (la pièce de Jolie Môme) et la guerre d’Algérie (films: J. Asselmeyer et S.Tigharghar. Débats : Rajfus ...)

Journée « Les internationalistes et la guerre »

Programme :

 

15h-19h : Projections et débats , Internationalistes dans la guerre d'Algérie

 

  • Ils ont choisi l'Algérie, film de Jean Asselmeyer
  • Vers la réconciliation, film court de Sami Tigharghar
  • Rencontre avec Maurice Rajsfus, militant au sein des Comités contre le départ du contingent
  • ...

(P.A.F 5€)

 

organisé avec l'APCV, la médiathèque Don Quichote et Sciences Pop

 

 

"Ils ont rejoint l'Algérie", Jean Asselmeyer

"Ils ont rejoint l'Algérie", Jean Asselmeyer

19h : couscous de l'amitié entre les peuples,

 

20h30 : Internationalistes dans la guerre de 14/18,
avec le spectacle de la Compagnie Jolie Môme


« 14/19 - la Mémoire nous joue des tours »

 

Création de la Compagnie Jolie Môme

Croire en l'histoire officielle,
c'est croire des criminels sur parole.

Simone Weil

Sam, lycéenne en 2014 participe à une commémoration de 14/18.

Elle découvre par hasard que des femmes et des hommes se sont opposés à la guerre et que jamais on ne lui a parlé des internationalistes. Ni des spartakistes.
A travers un périple dans le temps, elle croisera bien des personnages historiques et fictifs… suivons-là !

Tarif pour le spectacle : 18€ ou 12€ (au choix, aucun justificatif demandé)

5 décembre à partir de 15 heures, Les internationalistes dans les guerres : 14-19 (la pièce de Jolie Môme) et la guerre d’Algérie (films: J. Asselmeyer et S.Tigharghar. Débats : Rajfus ...)
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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 11:22
sur le site lycées de banlieue

sur le site lycées de banlieue

 " Au milieu des ténèbres, je souris à la vie, comme si je connaissais la formule magique qui change le mal et la tristesse en clarté et en bonheur. Alors, je cherche une raison à cette joie, je n'en trouve pas et ne peux m'empêcher de sourire de moi-même. Je crois que la vie elle-même est l'unique secret. (...) La vie chante aussi dans le sable qui crisse sous les pas lents et sourds de la sentinelle, quand on sait l'entendre." Rosa Luxemburg

http://www.cheny.net/plus/gy04_03.html

http://www.cheny.net/plus/gy04_03.html

LECTURE ET DISCUSSION

Lecture proposée par Sabrina Lorre et Didier Hominal

 En lutte contre la guerre

 

Collage de témoignages en résistance et de voix révolutionnaires internationalistes.

 

La lecture sera suivie d’une discussion : Histoire, Théâtre et Politique ?

 

SAMEDI 21 NOVEMBRE 2015 - 19 h

L’HEURE DES THÉS

4, rue des Creuses
42000 Saint-Étienne
Tél. : 04 77 37 92 27
Devant le monument aux morts pacifiste de Gy L'Evêque dans l'Yonne

Devant le monument aux morts pacifiste de Gy L'Evêque dans l'Yonne

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 19:51
Karl Liebknecht, extrait d'une lettre du front à son fils, le 31 octobre 1915. "Une histoire de cette guerre sera, mon enfant, plus simple à faire que l'histoire de nombre des guerres précédentes ...". En contre-point à Rosa Luxemburg

DOSSIER LIEBKNECHT

 

A Wilhem Liebknecht, le 31 octobre 15

 

Mon très cher enfant, 

 

... Cette marche nous a conduits à travers les positions russes conquises, un labyrinthe totalement souterrain conçu avec art et confortable. Mais, bien entendu maintenant largement dévasté. Les cadavres tout autour dispersés sur la terre gelée, recroquevillés comme des vers, ou les bras tendus comme s'ils voulaient se sauver, se fondre à la terre ou au ciel. Les visages tournés vers le sol ou sur le dos, en partie déjà noirs.

 

Mon dieu, j'ai vu aussi durant ce même temps, certains de nos morts, et aidé à leur retirer leurs pauvres biens, derniers souvenirs pour leurs femmes et leurs enfants.

 

Une histoire de cette guerre sera, mon enfant, plus simple à faire que l'histoire de nombre des guerres précédentes. Car les forces qui ont poussé justement à cette guerre-ci apparaissent de manière tout à fait brutale à la surface. Réfléchis aux croisades, comme était trompeuse l'apparence religieuse et mettant en avant des buts imaginaires de civilisation, ne faisant que masquer, dans ce cas-là aussi, des tendances presque uniquement économiques. Les croisades étaient de fait de grandes guerres commerciales

 

La monstruosité en importance, moyens, buts de la guerre actuelle ne masque pas la réalité mai  plutôt la révèle, la démasque. Mais nous reparlerons de tout cela. Et de beaucoup d'autres choses.

 

Texte allemand : Gesammelte Reden und Schriften, Tome VIII., Dietz Verlag, première parution 1966, P 362 -363

Traduction Dominique Villaeys-Poirré, le 14 novembre 2015. Parution sur le blog le 15 novembre 2015

 

   ... Dieser Marsch führte uns durch die eroberten russischen Stellungen, reine unterirdische Labyrinthe, kunstvoll u. bequem ausgebaut. Zer"deppert" natürlich jetzt vielfach. Da lagen die Leichen herum, auf der eisigen Erde, gekrümmt wie Würmer oder mit ausgebreiteten Armen, als wollten sie sich an die Erde oder den Himmel schmiegen, retten. Die Gesichter nach dem Boden oder aufwärts. Schwarz schon zuweilen.

   Gott, ich sah auch manchen unserer Toten in dieser Zeit u. half, Ihnen die Habseligkeiten abnehmen, die letzten Erinnerungen für Frau u. Kinder.

   Eine Geschichte dieses Krieges wird einfacher sein, mein Kind, als die Geschichte vieler früherer Kriege. Weil die Triebkräfte gerade dieses Krieges ganz brutal an der Oberfläche liegen. Denk an, die Kreuzzüge, wie verirrend der religiös- und kulturell-phantastische Anschein, der freilich auch fast nur wirtschaftliche Tendenzen verdeckte. Die Kreuzzüge waren grosse Handelskriege.

   Die Ungeheuerlichkeit in Mass, Mitteln, Zielen des heutigen Krieges verdeckt nicht, sondern entdeckt, deckt eher auf. Darüber reden wir noch. Und über vieles andere.

 

 

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 19:19
Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Jean Rouaud - Mathurin Méheut - un livre "Eclats de 14".
Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Jean Rouaud - Mathurin Méheut - un livre "Eclats de 14".
Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Jean Rouaud - Mathurin Méheut - un livre "Eclats de 14".
Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Jean Rouaud - Mathurin Méheut - un livre "Eclats de 14".
Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Jean Rouaud - Mathurin Méheut - un livre "Eclats de 14".
Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Jean Rouaud - Mathurin Méheut - un livre "Eclats de 14".
Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Jean Rouaud - Mathurin Méheut - un livre "Eclats de 14".
Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Jean Rouaud - Mathurin Méheut - un livre "Eclats de 14".
Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Jean Rouaud - Mathurin Méheut - un livre "Eclats de 14".

" Que reste-t-il des listes de noms sur de pompeux monuments aux morts qui auront bien du mal à s'inscrire dans l'histoire de la sculpture, les livres des témoins (à ce jour aucun événement n'avait suscité une littérature aussi abondante, en quoi il faut en rendre responsable la République et son école laïque et obligatoire, qui en apprenant à lire et à écrire à la piétaille, juste avant de l'envoyer à l'abattoir, nous a valu d'entendre un autre son de cloche, quand d'ordinaire ces écrits militaires, c'était l'apanage de quelques aristocrates qui avaient des idées bien arrêtées sur la guerre et l'esprit chevaleresque, bien éloignées des réalités du front, au point que dans un souci d'éégance les mêmes, au haut commandement, avaient choisi une couleur tirée de la garance pour le pantalon et la casquette de toile, et de l'indigo pour la vareuse, un uniforme parfait pour enjoler les bonnes, dit Rimbaud, défil de prêt à porter auquel on doit le le lourd bilan des premiers mois dans les champs de blé de l'été 14, des bouts de films d'époque présentant des poilus lourdement harnachés, croisillon de sangles pour la gourde, la musette à grenades, le fusil, le masque à gar, progressant d'une démarche saccadée, laquelle, dans un film muet, prête à rire, mais là, pour peu qu'ils se retrouvent face à l'objectif, ce sontp lutôt eux qui s'essaient à un petit sourire mal rasé, destiné à remonter le moral à l'arrière, comme si après les gaietés de l'escadron ils tentaientt de nous faire croire aux joies de la tranchée ...

Editions dialogues

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 19:18

Ces mots qui disent le drame des prolétaires qui s’entretuent et la nécessité de chacun de résister, de refuser de tuer au nom du capital ...

Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Lecture des dernières lignes de la brochure de Junius de Rosa Luxemburg devant le monument aux morts pacifiste de Gy l'Evêque dans l'Yonne.

Les dernières lignes de la « brochure de Junius »

(Dont le titre exact est « La faillite de la social-démocratie », texte paru sous pseudonyme, car Rosa Luxemburg était emprisonnée)

La guerre mondiale se révèle être non seulement un crime grandiose mais aussi un suicide de la classe ouvrière européenne. Ce sont bien les soldats du socialisme, les prolétaires d’Angleterre, de France, d’Allemagne, de Russie, de Belgique, qui se massacrent les uns les autres depuis des mois sur ordre du capital, qui s’enfoncent  les uns les autres dans le cœur le fer glacial du meurtre, qui basculent ensemble dans la tombe en s’enlaçant les uns les autres d’une étreinte mortelle.

 » L’Allemagne, l’Allemagne par dessus tout! Vive la démocratie! Vive le tsar et le panslavisme! Dix mille toiles de tentes garanties standard! Cent mille kilos de lard, d’ersatz de café, livrables immédiatement! » Les dividendes montent et les prolétaires tombent. Et avec chacun d’eux, c’est un combattant de l’avenir, un soldat de la révolution, un de ceux qui libéreront l’humanité du joug du capitalisme qui descend dans la tombe.

Cette absurdité insensée, ce cauchemar infernal et sanglant ne cesseront que lorsque les ouvriers d’Allemagne et de France, d’Angleterre et de Russie se réveilleront enfin de leur ivresse et se tendront une main fraternelle, lorsqu’ils couvriront le chœur bestial des fauteurs de guerre impérialistes et le hurlement rauque des hyènes capitalistes par l’ancien et puissant cri de guerre du Travail : Prolétaires de tous les pays, unissez-vous! »

 

Publié dans les Œuvres complètes de Rosa Luxemburg, Tome IV, Agone, 2014, P 196/197


Comme l'année dernière, mais cette fois devant le Monument aux morts de Gy l'Evêque dans l'Yonne, nous avons pu lire grâce aux organisateurs, les dernières lignes de la « brochure de Junius », rédigées il y a exactement cent ans,  dans sa cellule, par Rosa Luxemburg. Ce qui fait l'importance de ce message, c'est qu'il nous renvoie à notre propre responsabilité, à la nécessité de chacun de résister, de refuser de tuer au nom du capital. Cette lecture comme l'année passée apparaît alors comme un hommage à ceux qui ont eu le courage d’édifier ce monument (l'historique ci-dessous nous montre qu'il était nécessaire), à tous ceux qui ont combattu à l’époque la guerre, minoritaires dans toutes les composantes du mouvement ouvrier et minoritaires parmi les prolétaires de tous les pays,  et un hommage aux "fusillés pour l'exemple" dont la réhabilitation reste un combat.

(Nous remercions La libre pensée, organisatrice de cette cérémonie qui a rendu cette lecture possible, en nous laissant la parole devant le monument.)

 A propos du Monument aux morts pacifiste de Gy L'Evêque dans l'Yonne

http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=89199_3

Ce monument de facture simple et classique est constitué de plusieurs étages : un soubassement à degrés, un socle droit et un obélisque coiffé par un chapiteau.

Erigé par Bunlon, marbrier à Migé, et inauguré en 1923, ce monument est situé en face de l’église sur l’emplacement de l’ancien cimetière. Il a été reculé à l’occasion de l’élargissement de la route.

La façade présente deux sculptures en bas-relief : une croix de guerre sur le chapiteau et une palme sur le fût. Elle porte également l’inscription suivante "Aux enfants de Gy l’Evêque morts pour la France" ainsi que la liste des 21 soldats décédés pendant la Première Guerre Mondiale et celle des 4 soldats tués pendant la seconde.

Mais ce qui frappe et, pour ainsi dire, saisit, ce sont les inscriptions gravées côté sud "Guerre à la Guerre" et côté nord "Paix entre tous les peuples".
Sous la croix de guerre, une plaque réitère cette injonction. On peut y lire "Association Républicaine des Anciens Combattants - Guerre à la guerre".

Cette association fondée en 1917 par Georges Bruyère, Paul Vaillant-Couturier, Raymond Lefebvre et Henri Barbusse a pour slogan "Paix – Mémoire – Amitié entre les peuples" et pour devise "Tout faire pour unir, rien faire pour diviser". Elle milite, entre autres, pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple.

Cette plaque ne figurait pas sur le monument au moment de l’inauguration mais a été ajoutée, la même année, à la demande de l’ARAC, avec l’accord du Maire et du Conseil Municipal unanime.

A la demande du préfet, le Maire fut traduit devant le tribunal cantonal de Coulanges-la-Vineuse. Le jugement, rendu le 9 décembre 1923, le condamne à enlever la plaque dans les huit jours. Cependant, l’affaire "ayant failli atteindre la chambre des députés, le gouvernement calma le jeu." La plaque fut enlevée mais le Conseil municipal fit graver "Guerre à la Guerre" et "Paix entre tous les peuples" sur le socle. (Cette plaque fut replacée par la suite.)

Deux autres communes de l’Yonne, Chevillon et Perreux, suivirent cet exemple en faisant graver, en 1923 et 1924, ces deux maximes sur leur monument.

Renseignements et citation extraits du précieux "Répertoire des Monuments aux Morts de la Grande Guerre dans l’Yonne". (Direction et rédaction : Adrien Chaix)
Numéro du petit patrimoine : 89199-3

Sur les poursuites contre le maire pour manifestation sédittieuse

 

http://www.cheny.net/plus/gy06_07.html

Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Lecture des dernières lignes de la brochure de Junius de Rosa Luxemburg devant le monument aux morts pacifiste de Gy l'Evêque dans l'Yonne.

Informations politiques
Une interpellation

 

Charles Baron, député des Basses-Alpes, vient d'informer M. Maunoury, ministre de l'intérieur, qu'il se proposait de l'interpeller, à la rentrée des Chambres, pour lui demander "si l'inscription "Guerre à la guerre", dernière volonté des victimes de la grande guerre, est considérée par le gouvernement comme une manifestation séditieuse".
Charles Baron explique que son interpellation est motivée par une récente décision du préfet de l'Yonne qui a donné l'ordre d'enlever cette inscription sur le monument élevé par la commune de Gy-l'Evêque, en souvenir de ses enfants morts au champ d'honneur.
Charles Baron ajoute que si le gouvernement devait approuver le préfet de l'Yonne, il lui proposerait de remplacer l'inscription incriminée par cet aphorisme de Montaigne : "La guerre est le témoignage de notre imbécilité".

 

Le Populaire - 28 octobre 1923

GUERRE A LA GUERRE
est une inscription séditieuse
ose déclarer le juge de Paix

 

Coulanges-la-Vineuse, 5 décembre - Cet après-midi, devant le tribunal de simple police de Coulanges-la-Vineuse, est venu le procès intenté par le préfet de l'Yonne, à M. Manevy Eugène, maire de Gy-l'Evêque.
On connait les faits. Sur le monument aux morts de la commune de Gy-l'Eveque figure une plaque de cuivre portant cette inscription "Association Républicaine des Anciens Combattants, Guerre à la Guerre".
Le préfet de l'Yonne fit appeler M. Manevy, maire de la commune, et lui donna l'ordre de retirer la plaque. M. Manevy en référa au conseil municipal qui, à l'unanimité, se prononça pour son maintien.
La plaque subsiste donc sur le monument, en dépit de l'arrêté préfectoral. Le tribunal a décidé aujourd'hui que l'inscription devait être retirée dans les huit jours.
Il a en outre condamné M. Manevy, maire de Gy-l'Evêque, à 5 francs d'amende.
M. Manevy a protesté en termes excellents :
"J'estime que l'inscription "Guerre à la Guerre" n'est pas séditieuse. Je proteste contre le jugement qui ordonne sa disparition, car sur nombre de monuments aux morts, des municipalités catholiques ont fait apposer des croix et personne, jusqu"à'ce jour, ne leur a donné l'ordre de les retirer".

Le Populaire - 6 décembre 1923

Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Lecture des dernières lignes de la brochure de Junius de Rosa Luxemburg devant le monument aux morts pacifiste de Gy l'Evêque dans l'Yonne.
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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 10:04

DOSSIER LIEBKNECHT

Document en langue allemande

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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009