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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.

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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 21:45
A propos de Cuba et les Etats-Unis, lire "Le prix d'une victoire", article de Rosa Luxemburg sur la guerre hispano-américaine et les débuts de l'impérialisme américain.

LE PRIX D’UNE VICTOIRE – Leipziger Volkszeitung – 19 décembre 1898

 

Les négociations de paix entre l’Espagne et les Etats-Unis ont scellé la victoire de l’Union. L’Union nord-américaine reçoit un territoire de 4OO OOO km2 avec une population de 12 millions d’habitants, dont 7 millions de race jaune et un million de race noire.

 

Il est intéressant de se poser la question de savoir combien cette victoire a bien pu coûter aux Etats-Unis. Nous ne comptons pas les pertes en vies humaines car la victoire doit tout d’abord être mesurée à l’aune de ce qui a aujourd’hui la valeur la plus haut : l’argent.

 

Dès après l’explosion du Maine, le caractère inéluctable de la guerre est apparu clairement à chacun dans l’Union et les préparatifs de guerre ont été rapidement entamés. Aussitôt, le Congrès donna, le 8 mars, son accord pour engager un crédit de 50 millions de dollars pour la « défense nationale », mais ce crédit fut rapidement épuisé, en l’espace de quelques semaines. Les Etats-Unis dépensèrent 18 millions de dollars pour l’acquisition d’une flotte de 101 bâtiments. Certains croiseurs comme le « Haward » ou le « Yale » revinrent chacun, pour chaque jour de guerre à  2OOO dollars, et le « Saint-Louis » et le « Saint-Paul » à 25OO dollars. Tout aussi onéreux étaient les canons de la marine, puisque chaque boulet de 13 revenait à 500 dollars et chaque boulet de canon de 8 mm à 134 dollars

 

Les achats nécessaires au renouvellement complet du stock de munitions utilisées par la flotte occasionnèrent une dépense de 65 millions de dollars. La destruction de la flotte espagnole au large de Manille par l’Amiral Dewey a coûté un demi-million de dollars, celle de la flotte de Cevera de même, tandis que les pertes de l’Espagne en bâtiments au large de Santiago devraient se chiffrer aux alentours des 16,5 millions de dollars.

 

De plus, 125 OOO hommes ont été appelés sous les drapeaux dès le début de la guerre entraînant le quintuplement du budget des armées.

 

En tout, les dépenses de l’Union pour son armée et sa flotte durant toute la guerre ont atteint 1 25O OOO dollars par jour, alors qu’elles se montent à 25O OOO en temps de paix..

 

Le crédit de 2O millions de dollars approuvé en mars par le Congrès a donc été très rapidement épuisé et les crédits se sont succédés si bien que la somme allouée se monte au total à 361 788 dollars. Quand il s’est agi de voter ces crédits, le Congrès patriotique, où l’influence discrète du trust de l’industrie sucrière joue un grand rôle, l’a fait avec toujours le plus grand enthousiasme. Mais il fallait bien aussi que ces crédits soient couverts par des liquidités. Et qui allait payer, si ce n’est  la grande masse du peuple des Etats-Unis.

 

Le prélèvement des fonds patriotiques pour les besoins de la guerre fut organisé de deux façons. D’abord grâce à ce moyen efficace que constituent pour tout gouvernement capitaliste, les impôts indirects. Dès la déclaration de guerre, l’impôt sur la bière fut doublé, ce qui permit de récolter une somme totale de 3O millions de dollars. Les taxes supplémentaires sur le tabac rapportèrent 6 millions de dollars, le nouvel impôt sur le thé 10 millions et l’augmentation de la taxe d’affranchissement 92. En tout, les ressources provenant des impôts indirects s’élevèrent à 15O millions de dollars supplémentaires. Cependant il fallait en trouver encore 200 millions et le gouvernement des Etats-Unis eut recours à l’émission d’un emprunt national à 5% sur 2O ans. Mais cet emprunt devait aussi permettre de prendre l’argent des gens modestes, c’est pourquoi l’on organisa cette opération avec un luxe inhabituel à grands renforts de coups de cymbales et de roulements de tambours.

 

La circulaire annonçant cet emprunt patriotique fut adressée à toutes les banques, à tous les bureaux de poste et aux 24 OOO journaux. Et « le petit gibier » s’y laissa prendre. Plus de la moitié de l’emprunt, soit 1O millions de dollars fut couvert par la souscription de coupures inférieures à 500 dollars et le nombre total de souscripteurs atteignit le chiffre record de 32O OOO , tandis que par exemple le précédent emprunt émis sous Cleveland n’en avait rassemblé que 5O 7OO. Cette fois-ci, les économies des petits épargnants affluèrent, attirées par tout ce vacarme patriotique, elles sortirent de tous les recoins et des bas de laine les plus cachés pour aller remplir les caisses du ministère de la Marine et de la Guerre. Ce sont directement les classes laborieuses et la petite-bourgoisie qui payèrent l’addition de leur propre poche.

 

Mais ne considérer le prix d’une guerre qu’à partir des fonds dépensés pour sa conduite reviendrait à voir les événements historiques à travers le petit bout de la lorgnette d’un petit boutiquier. La véritable addition à payer pour la victoire sur l’Espagne, l’Union va devoir la régler maintenant et elle dépassera la première.

 

Avec l’annexion des Philippines, les Etats-Unis ont cessé d’être une puissance uniquement européenne pour devenir une puissance mondiale. Au principe défensif de la doctrine Monroe succède une politique mondiale offensive, une politique d’annexion de territoires se trouvant sur des continents étrangers. Mais cela signifie un bouleversement fondamental de l’ensemble de la politique étrangère de l’Union. Alors qu’elle avait jusqu’à présent à défendre simplement ses intérêts américains, elle a maintenant des intérêts en Asie, en Chine, en Australie et elle est entraînée dans des conflits politiques avec l’Angleterre, la Russie, l’Allemagne, elle est impliquée dans tous les grands problèmes mondiaux et soumise au risque de nouvelles guerres. L’ère du développement interne et de la paix est terminée et une nouvelle page s’ouvre sur laquelle l’histoire pourra inscrire les événements les plus inattendus et les plus étranges.

 

Dès maintenant, l’Union nord-américaine doit procéder à une réorganisation de fond de son armée pour défendre les nouveaux territoires qu’elle a acquis. Jusqu’à présent, elle disposait d’une armée modeste (30 OOO hommes dont 12 OOO pour l’infanterie, 6OOO pour la cavalerie, 4OOO pour l’artillerie, 8OOO fonctionnaires et 6O batteries) et d’une flotte d’importance secondaire (81 bâtiments représentant un tonnage de 230 OOO tonnes, 18 amiraux, 12 OOO matelots et 75O mousses.)

 

Il lui faut à présent procéder à une augmentation énorme de son armée de terre et de sa flotte. A Cuba et à Porto Rico, il lui faudra entretenir au minimum 40 à 50 OOO hommes et au moins autant aux Philippines. En bref, l’Union devra certainement augmenter les effectifs de son armée permanente pour les porter à 15O OOO voire 2OO OOO hommes. Cependant, une telle armée ne pourra pas être constituée sur la base du système actuellement en vigueur aux Etats-Unis. Aussi passera-t-on probablement au système européen du service militaire et de l’armée permanente dans les délais les plus brefs ; ainsi l’Union pourra-t-elle fêter solennellement son entrée dans le véritable système militariste.

 

De même la flotte américaine ne pourra pas en rester à ses modestes dimensions actuelles. Les Etats-Unis doivent s’imposer maintenant aussi bien sur l’Océan Atlantique que sur l’Océan Pacifique. Ils se voient donc contraints de rivaliser avec les puissances européennes et surtout avec l’Angleterre et devront donc très bientôt constituer une flotte de tout premier rang. En même temps que la politique mondiale, entrent aussi aux Etats-Unis ses jumeaux inséparables : le militarisme et les intérêts maritimes. L’avenir des Etats-Unis va donc aussi se jouer « sur mer » et les eaux profondes des océans lointains paraissent bien troubles.

 

Non seulement l’organisation militaire mais aussi la vie économique et la vie intérieure vont être profondément modifiées par les conséquences de cette guerre. Soit les nouveaux territoires ne seront pas intégrés comme pays membres de l’Union avec les mêmes droits et alors les Etats-Unis qui étaient édifiés sur une base démocratique se transformeront en Etat tyran. Et l’on peut avoir une petite idée de la façon dont cette domination va s’exercer en se rappelant les premières années qui ont suivi la Guerre de Sécession où les Etats du Sud étaient gouvernés par ceux du Nord et soumis à un régime sans scrupule de pilleurs (carpet-badgeur). Il n’est pas nécessaire de montrer plus avant les effets que peut avoir la domination sur des territoires étrangers, même exercée de manière plus humaine, même dans un pays démocratique, ni comment les fondements de la démocratie sont progressivement remis en question laissant place à la corruption politique.

 

Soit les territoires seront intégrés à l’Union et au Congrès en tant qu’Etat avec les mêmes droits  que les autres. Mais on peut se demander quelles conséquences cet afflux d’un courant si profondément différent aura sur la vie politique américaine ; seuls les Dieux peuvent répondre à cette question. La question peut aussi être aisément formulée comme le fit Carlile (l’ancien secrétaire au Trésor de Cleveland) dans le magazine Harper : « La question n’est pas de savoir ce que nous ferons des Philippins, mais ce que les Philippins feront de nous ».

 

Dans ce dernier cas surgit une autre question importante. Si les habitants des Philippines, sont considérés comme des citoyens ayant les mêmes droits, leur immigration vers les Etats-Unis ne pourra être interdite du fait même de la Constitution des Etats-Unis  Mais apparaît alors le fantôme menaçant du « péril jaune », la concurrence des Malais des Philippines et des Chinois qui y sont en grand nombre. Pour prévenir ce danger, une voie médiane est proposée : faire des pays annexés un protectorat ou quelque chose de semblable afin de pouvoir traiter au moins ces territoires comme des pays étrangers. Mais il est clair qu’il s’agirait alors d’un compromis et qu’il ne s’agirait que d’une phase de transition, qui se développera ensuite, soit vers une domination pleine et entière, soit vers une pleine et entière égalité des droits.

 

Mais on peut s’attendre encore dès maintenant à d’autres conséquences économiques et politiques suite à cette victoire. Du fait de leur entrée dans cette ère nouvelle de la grande politique navale, les Etats-Unis ressentent le besoin d’une liaison rapide entre les deux océans où ils ont des intérêts. La guerre avec l’Espagne a montré le caractère insupportable du détour forcé que constitue le contournement du continent américain. Aussi l’on s’achemine de plus en plus vers le creusement du Canal du Nicaragua. D’où l’intérêt de l’Union du Nord  pour l’Amérique centrale et le désir d’y prendre pied. En Angleterre, on a compris cela et l’on voit ce qui va se passer avec une résignation forcée. « Il est absurde et de plus très dangereux », écrit le journal anglais l’Economiste, « de vouloir se battre contre les faits, et c’est un fait que si les Etats-Unis veulent établir leur domination sur les côtes de l’Amérique centrale, leur situation géographique leur rendra cette domination possible. » La victoire sur l’Espagne entraîne donc des bouleversements pour l’Union, non seulement pour ce qui concerne sa position par rapport à la politique mondiale mais encore en Amérique même. D’autres effets encore inconnus pour l’instant devraient se faire sentir.

 

Ainsi, l’Union nord-américaine doit-elle faire face à une situation tout à fait nouvelle dans les domaines militaire, politique et économique, suite à sa guerre victorieuse. Et si l’on considère l’avenir, totalement imprévisible pour ce qui concerne l’Union, on est tenté de s’écrier pour résumer le prix de cette victoire : vae victori ! (Malheur aux vainqueurs !).

 

Ces bouleversements actuels des conditions d’existence des Etats-Unis ne tombent pas du ciel. Le saut politique vers la guerre a été précédé par de lents et imperceptibles changements économiques. La révolution ayant lieu dans les conditions politiques exacerbées est le fruit d’une évolution capitaliste progressant doucement durant la première décennie. Les Etats-Unis sont devenus un Etat industriel exportateur.

 

« Nos exportations » déclare Monsieur Gage, le secrétaire d’Etat au Trésor dans son rapport trisannuel, « se sont montées à 246 297 OOO livres sterling et nos importations à seulement 123 210 OOO livres ». Pour la première fois de notre histoire », constate-t-il avec fierté, « nos exportations de produits manufacturés ont dépassé nos importations ». C’est ce rapide essor économique qui a produit l’enthousiasme pour la guerre d’annexion menée contre l’Espagne, de même qu’il a permis de rassembler les fonds pour en assumer le coût. La bourgeoisie américaine comprend très bien elle aussi la dialectique de son histoire.

 

« La volonté de nous imposer sur le marché mondial », écrit le journal new-yorkais « Banker’s Magazine » a développé depuis longtemps le désir d’une « strong foreign policy » (d’une politique extérieure forte). L’Union devait devenir « a world power » (une puissance mondiale).

 

Si l’explosion sur le Maine pouvait donc être le fruit d’un hasard, la guerre avec l’Espagne, elle, ne l’était pas. Et la politique mondiale l’est encore moins.

 

Nous, qui avec Goethe trouvons « que toute ce qui existe est digne de disparaître » et qui considérons avec intérêt l’état des choses actuel, nous ne pouvons qu’être satisfaits  du cours des événements.

 

L’histoire a donné un fort coup d’éperon à son poulain et celui-ci a fait un prodigieux bond en avant. Mais pour ce qui nous concerne, nous préférons toujours un galop vif et joyeux à un trot endormi. Nous n’en arriverons que plus rapidement au but.

 

Mais comme il apparaît comique, face à ces gigantesques bouleversements qui ont lieu dans l’autre hémisphère et qui ont provoqué un ouragan politique impressionnant, le raisonnement de ceux qui, en s’appuyant sur une décennie de statistiques dans le monde, affirment que l’ordre capitaliste est maintenant établi pour un temps indéfini et que cet ordre reposerait sur une base inébranlable. Ils font penser à cette grenouille qui considérant le calme régnant dans son étang boueux, explique que la terre s’est arrêtée de tourner parce qu’elle ne voit aucun souffle de vent agiter la surface verte de cet étang. Mais les événements historiques concernent un bien plus vaste morceau de terre que ce que l’on peut voir en se plaçant dans la perspective (digne de cette grenouille) de la politique « réaliste ».

 

Traduction Dominique Villaeys-Poirré. 1988 - sur le blog 02.04.2014

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 16:58

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Petite erreur, l'article est parti trop vite, sans présentation ni correction. Cela sera fait dès que possible.

 

On voit déjà dans cette liste les principaux centres d'intérêts de Rosa Luxemburg, La politique douanière - le protectionnisme - la politique commerciale - les trusts - les rivalités entre grands Etats, la discussion autour des crédits pour la marine, toute une réflexion qui aboutit à son discours essentiel devant l'Internationale comme rapporteur de la commission sur le militarisme.


A lire sur le blog


Rosa Luxemburg, 1898 -1900

Décembre 1900 dans la correspondance de Rosa Luxemburg

1898 - 1900 ou comment Rosa Luxemburg prend sa place dans la social-démocratie allemande


Texte inédit en français sur le net de Rosa Luxemburg - Intervention au Congrès de l'Internationale 1900

Rosa Luxemburg. Texte inédit en français:compte rendu du discours qu'elle a prononcé comme rapporteur des commissions sur le militarisme et la politique coloniale au Congrès de l'Internationale

Texte inédit sur le net. IIème Internationale. Interventions de Rosa Luxemburg au congrès de Hanovre - octobre 1899 (1)

Rosa Luxemburg. "Une idée germe dans ma tête ...". Génèse des interventions au Congrès de l'Internationale en 1900 à Paris.

 

Rosa Luxemburg. Interventions au Congrès de Mayence sur les événements en Chine. Septembre 1900. Inédit en français.

Rosa Luxemburg et les événements en Chine. Interventions au Congrès de Mayence, inédit en français

"Jaurès. Pour la paix". Article du 12 août 1900 sur les événements de Chine

Article du 12 août 1900 sur les événements de Chine. Eléments pour une approche comparée des analyses de Rosa Luxemburg et Jaurès (1) Jaurès -


Le prix d'une victoire! Texte inédit en français de Rosa Luxemburg sur la guerre hispano-américaine, analyse remarquable de l'entrée des Etats-Unis sur la scène impérialiste

 

 

Leipziger Volkszeitung

 

Le deuxième printemps social-réformiste - 16 janvier 1900.

En réponse à une déclaration de Guillaume II sur le "caractère éphémère" de la social-démocratie.

Tout ou à moitié - 20 janvier 1900.

Sur un conflit entre le parti national-libéral et les conservateurs

La politique commerciale - 22 janvier 1900.

     Sur le protectionnisme

Un résultat de la politique mondiale - 25 janvier 1900.

Sur la défaite anglaise contre les Boers

Le parti du Centre et les crédits pour la marine - 29 janvier 1900 

Les péchés de Bismarck - 5 février 1900. 

Critiques des partis de droite sur le fait que l'on ait tant attendu pour développer une marine de guerre

Une économie de trusts en Amérique du Nord - 6 février 1900

Peter Lowrow - 9 février 1900.

  Hommage

Les Agrariens et la politique douanière - 17 février 1900

Partage du butin - 29 mars 1900. 

La loi sur le commerce de la viande

Nouveau territoire - 3 avril 1900.

Meetings en Posnanie

Intérêts agrariens et politique douanière - 23, 24, 25 avril 1900

Le transfert d'un journal polonais

A propos du transfert de la Gazeta Robotnicza en Haute-Silésie

Evolution des prix - 9 mai 1900

La montée du prolétariat en Angleterre - 16, 18, 22 mai 1900

L'essor de l'Hakatisme - 29 juin 1900


 

La neue Zeit

 

Retour sur Adam Smith

Bilan de l'obstruction

La "science allemande" derrière les travailleurs

 

Vorwärts

  Le socialisme en Pologne russe - Vorwärts - 24 août 1900

Le socialisme en Pologne russe -  24 août 1900

 

La Neue Zeit

  

Le congrès des associations bourgeoises de protection des travailleurs et la social-démocratie - août 1900

 

 

 Le Congrès de Mayence du 17 au 21 septembre 1900

. Motivation de la résolution 70

. Discours sur la question polonaise

. Remarque personnelle sur le débat de la Pologne

. Discours sur l'action du parti contre la guerre en Chine

. Discours sur la nécessité d'un renforcement du mouvement de protestation contre la guerre de Chine

. Résolution 93 (amendement sur la politique des transports et du commerce de Richard Calwer)

 

Le Congrès de l'Internationale socialiste de Paris du 23 au 27 septembre 1900

. Discours sur la paix mondiale, le militarisme et l'armée de  métier

 

 

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 23:21

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Son arrivée à Berlin, le 18 mai 1898, inaugure la seconde période de son activité. La décision capitale de s'installer en Allemagne, "de mener une existence aussi aventureuse", lui est dictée avant tout par les exigences du socialisme polonais qui reste son champ d'action privilégié. Pour la jeune social-démocratie polonaise, l'Allemagne est un terrain d'implantation primordial, l'un des pays occupants, elle concentre trois millions d'ouvriers polonais. Deux autres mobiles à sa décision: le SPD est la grande puissance de l'Internationale; l'Allemagne est pour elle l'épicentre de la future révolution, l'arêne de la confrontation de classe décisive avec le capital. En outre, Rosa Luxemburg pense y étancher sa "soif inassouvie de culture et de savoir" et pouvoir s'y consacrer au "travail scientifique et théorique ".

 

Le SPD disposant d'une faible audience parmi les intellectuels et à court de cadres propagandistes, offre aux militants, aux intellectuels marxistes d'Europe de l'Est un champ d'activité inégalable. Or Rosa  Luxemburg est particulièrement bien placée. Devenue cioyenne allemande (par un mariage blanc), excellente plume, elle est déjà connue dans les cercles de militants en Allemagne lorsqu'elle s'y installe grâce à ses polémiques avec Wilhelm Liebknecht et Kautsky dans la presse social-démocrate allemande.

 

A moment où elle arive à Berlin, le SPD traverse un malaise profond que la presse bourgeoise qualifie de "crise du marxisme". Bebel appelle à la fermeté: "Le manque de clarté dans le parti, la poussée vers la droite des opportunistes, la position internationale du parti exigent que soit mis un terme aux demi-mesures. La lutte doit être menée suaviter in modo,fortiter in re". Or les dangereuses "défaillances politiques" et philosophiques de la social-démocratie allemande" provoquées par le révisionnisme de Berstein se perpétuent. Personne dans le SPD pour relever le défi. "Accablé par le pronunciamento" de son ami Bernstein, Kautsky le théoricien consacré du parti, reste silencieux. Ce seront les marxistes russes, Parvus sur le plan théorique, Plekhanov sur le plan philosophique, qui ouvriront le feu contre Bernstein. Rosa Luxemburg intervient sans tarder dans la foulée de Parvus et impose le débat au SPD. La série d'articles qu'elle publie dans le Leipziger Volkszeitung - qui constitue la première partie de sa célèbre brochure intitulée Réforme sociale ou révoluion? - la mettra en vedette. Cinq mois après son arrivée, au Congrès de Stuttgart, Rosa Luxemburg est déjà au centre des attaques. Tous les projecteurs sont braqués sur la nouvelle venue. Ainsi s'ouvre une période riche mais complexe de l'activité de Rosa Luxemburg, sujette à la diversité des interprétations. Ainsi, son biographe Nettl parle de "carrière" qu'elle venait faire à Berlin. et qu'elle entame par sa participation brillante et bruyante lors de la crise révisionnistes. Or Nettl part d'un postulat erroné et opère avec des catégories étrangères à la mentalité de Rosa Luxemburg et des militants socialistes de l'époque. Son éclairage est tributaire de l'impression qui se dégage de sa source majeure: la correspondance avec Jogiches qui révèle autant par sa franchise qu'elle travestit à cause de la complexité de leurs rapports. Or pour comprendre les motivations, les mobiles de Rosa Luxemburg, il faut tenir compte de l'attitude, de l'ambition, des croyances, de la "physionomie mentale" de cette jeune génération marxiste originaire d'Europe de l'Est dont elle est l'un des représentants les plus éminents. Leurs convictions passionnées allant  jusqu'au fanatisme font de la joute avec les révisionnistes, non pas une occasion à saisir pour se faire remarquer et se tailler une réputation, mais un devoir impérieux, une mission à accomplir. Pour Rosa Luxemburg, il ne s'agit pas dans la controverse avec Bernstein et ses partisans de divergences sur la tactique, sur les moyens, ni de pureté de la théorie, mais de l'existence même de la social-démocratie...

 

P 16 à 18, Editions françois Maspero, Vive la lutte! 1976

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 10:29

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Rosa Luxemburg 1898-1900 


Rosa Luxemburg, à son arrivée en Allemagne, prend rapidement sa place, et fait paraître sous pseudonyme une chronique. Ce sont des articles modestes qu'elle rédige à partir essentiellement de lectures en bibliothèque (comme elle le décrit dans sa correspondance).

 

Alors qu'au même moment paraît un de ses textes fondamentaux "Réforme ou révolution?", ces articles qui sont publiés dans l'un des principaux journaux de la social-démocratie "Die sächsische Arbeiterzeitung", sont intéressants dans la mesure où ils constituent un témoignage de la pensée de Rosa Luxemburg en formation. Ils s'inscrivent dans ce qui sera sa continuité, une logique d'analyse marxiste du capitalisme.

 

C'est ce qui nous a incités à commencer à les mettre en ligne. Il font partie de notre travail sur la période 1898-1900 dont nous espérons qu'un jour il verra le jour sous forme éditoriale!

 

c.a.r.l. 25.12.2012

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 11:09

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Une chronique de Rosa Luxemburg signée ego.


L'un des articles de cette chronique pose la question de la politique coloniale. Dans cet article, Rosa Luxemburg entend remettre en cause les arguments des militaristes de l'époque qui prônaient le développement d'une armée et d'une marine forte en prétendant que cela était nécessaire pour le développement économique de l'Allemagne. Elle démontre que cela est inexact en montrant que le marché se développe de lui-même et n'a pas besoin du militarisme. En cela, elle initie son analyse de l'impérialisme.


 "Les exportations allemandes se développent d’elles-mêmes et n’ont pas besoin du militarisme. Ce qu’apporte cette aventureuse politique mondiale au peuple allemand, ce n’est pas l’essor commercial et industriel mais seulement d’énormes sacrifices matériels et humains."

 

Reprise, c.a.r.l. le 25.12.2012


A quoi sert la politique coloniale?

11 décembre 1898

Rosa Luxemburg, chronique de la Sächsische Arbeiterzeitung

 

Les rapports annuels des consulats allemands et autres pour l’Asie et l’Amérique centrale montrent que la part de l’Allemagne dans le commerce vers ces deux parties du monde a augmenté de façon surprenante ces dernières années. Ainsi, le consul allemand de Vladivostok (Port russe sur l’Océan pacifique) indique par exemple qu’alors, qu’il y a quelques années encore, l’on ne rencontrait aucun bâtiment allemand dans ces eaux, on a vu en 1897 sur 244 navires marchands ayant accosté dans ce port, 84 bâtiments allemands contre seulement 56 navires russes, 45 japonais, 22 anglais. Les bâtiments allemands assurent une liaison régulière pour le transport de marchandises entre les ports russes et japonais ou chinois. Sur le trafic total des marchandises importées et exportées à Vladivostok, les 2/3 environ ont été assurés par des navires allemands.


En Chine, de même, comme l’indiquait récemment le Bremer-Weser-Zeitung, une ligne commerciale bihebdomadaire est assurée pour la première fois par des bâtiments allemands de la compagnie Rickmers de Brème, entre Shanghai et Han-K’eou, c’est le nom de ce port sur le fleuve Gyang-Tse. L’inauguration de la ligne Rickmers-Gyang-Tse (c’est le nom qu’elle portera) devrait avoir lieu en juin 1899. Le trafic de marchandises entre les deux villes suscitées est très important et cette liaison jouera un grand rôle dans le commerce chinois.


D’autre part, les exportations directes de marchandises allemandes vers l’Asie orientale augmentent elles aussi directement. Dans ce domaine, le port de Han-K’eou prend la première place et va bientôt devenir avec la liaison ferroviaire entre Pékin et Canton, le centre commercial le plus important de Chine. Le trafic de Han-K’eou remonte le fleuve mais il est ensuite empêché par les rapides. Alors que jusqu’à présent, tout le commerce de Han-K’eou était monopolisé par les Anglais, le consul nord-américain indique qu’il est maintenant presque entièrement dominé par les Allemands. Le commerce entre Han-K’eou et l’Allemagne a déjà atteint en 1896 45 millions de mark.


Le consul anglais de Rio de Janeiro (capitale du Brésil) relève le même succès de l’industrie allemande. Ici aussi, il y a peu, les Anglais étaient les maîtres de la situation. « Maintenant », écrit le consul « les Allemands concurrencent dans chaque branche, si fortement les Anglais qu’il est pratiquement impossible de nommer quelque branche que ce soit où ces derniers auraient rapporté un succès face à leurs rivaux.


Au Chili aussi, les exportations allemandes comme le rapporte le dernier numéro du journal anglais l’Économiste, les exportations allemandes ont presque doublé depuis 1887 et devraient bientôt dépasser les exportations anglaises, qui de leur côté n’ont augmenté dans le même temps que d’un tiers.


Que l’on compare maintenant les informations concernant le commerce allemand en Asie et en Amérique avec les misérables résultats du commerce avec l’Afrique sous domination allemande et la question se pose alors. Pourquoi l’Allemagne a-t-elle tant besoin en fait d’une politique coloniale ? Car ce sont justement les pays dont la conquête et l’occupation ont coûté au peuple tant d’argent, qui ont une importance pratiquement nulle pour ce qui concerne le commerce et l’industrie allemands, raisons pour lesquelles on aurait soi-disant entrepris cette conquête. D’autre part, l’industrie allemande s’implante dans les contrées les plus lointaines dans le cadre de la libre-concurrence avec les autres pays. En Chine aussi, elle s’est implantée bien longtemps avant que ne s’abatte sur le pays la poigne de fer de l’Allemagne et de façon tout à fait indépendante de la conquête de Kia Tchéou. 



Aussi quand « l’Economiste allemand », alors qu’il décrit les tâches économiques de la nouvelle session parlementaire, parle des exportations de l’Allemagne en disant qu’elles sont négligées, encore dans les limbes, et cherche par là à justifier la nécessité pour ce pays de développer une armée de terre et un marine puissante, une politique mondiale ambitieuse, les faits réels s’opposent complètement à ces affirmations. Les exportations allemandes se développent d’elles-mêmes et n’ont pas besoin du militarisme. Ce qu’apporte cette aventureuse politique mondiale au peuple allemand, ce n’est pas l’essor commercial et industriel mais seulement d’énormes sacrifices matériels et humains.


Sources :

— Titre original : « Wozu die Kolonialpolitik ? », de la rubrique « Wirtschaftliche und sozialpolitische Rundschau », publiée dans la Sächsische Arbeiter-Zeitung du 11 décembre 1898.

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 00:01

(Ce travail, qu'il a accompagné dans les années 86 - 89 et qui inspire ce blog, est dédié à Gilbert Badia, aujourd'hui disparu)
.
Article publié le 8 mai 2008. Repris dans le cadre du regroupement des articles 1898 - 1900

"Rosa Luxemburg, un combat communiste contre militarisme, nationalisme et réformisme politique"

1898 - 1900

Durant toute cette période, Rosa Luxemburg mène de fait une information sur l'impérialisme sans que cela n'apparaisse dans la correspondance comme un projet formulé: les articles signés ego et la réflexion menée dans "Réforme sociale ou révolution?", initient cet intérêt. De même que sa sensibilité aux problèmes du militarisme. Au moment de la guerre en Chine, son intérêt prend une forme pratique: la volonté d'organiser une action au-delà des articles.

Bien que les articles relèvent de manière générale de l'opportunité, documentation trouvée dans la presse, le plan en trois points qu'elle s'était fixé pour sa chronique - phénomènes purement économiques, progrès technique et politique sociale - a pu lui permettre de structurer son intérêt.

En fait, elle va dans trois directions : la formation du marché mondial et de la politique mondiale, la politique coloniale, la course aux armements et les guerres auxquelles il faut ajouter le progrès technique.

Et cela recouvre l'ensemble du développement capitaliste.

Les faits qu'elle décrit vont de fait dans le même sens et rejoignent, l'image qu'elle donnait d'un développement vers la guerre, à savoir le rétrecissement progressif de l'espace à conquérir par le capital, qui fait que peu les différentes puissances se retrouvent comme elle le dit "poitrine contre poitrine" donc dans une situation d'affrontement.

Que ce soit le développement du marché mondial presque achevé et dont elle donne dans une de ses chroniques sur la politique en Chine une image et un raccourci saisissant.

Révolte des Boxers
Que ce soit la politique coloniale qui rapproche dangereusement en Afrique du Nord en particulier les grands puissances.
Que ce soit le progrès technique lui aussi, qui rapproche ces grandes puissances  sur mer (les progrès de la navigation, les grands canaux) et sur terre (les chemins de fer dans les colonies).
c.a.r.l. - le 8 mai 2008.

"La limitation des armements n'est pas dans la ligne du développement du capitalisme international, ne pourrait venir que de la stagnation du capitalisme ... La politique mondiale, sur mer et sur terre, en temps de paix comme en temps de guerre, n'est rien d'autre que la méthode spécifiquement capitaliste utilisée pour développer les antagonismes mondiaux et les résoudre.
"La révolution prolétaire comme seul et premier acte de la paix mondiale"
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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 23:59

 

Le blog va s'attacher à plusieurs aspects de la vie et de la pensée de Rosa Luxemburg: question nationale, lutte contre la guerre, description du processus impérialiste, conscience politique et éducation.

Mais il est une période plus attachante peut-être que toutes,
c'est celle de l'arrivée en Allemagne, de l'adhésion au parti social-démocrate allemand, de la position si rapidement forte qu'elle y prendra, de ses premiers combats. 1898 - 1899. C'est l'objet d'un premier axe d'information et de réflexion de ce blog.

 

5 mars 1870 ou 1871   : Naissance à Zamosc

 

1889 :  Exil à Zurich             

 

1898/1899 :                    

 

Mai 1898 : arrivée à Berlin

Elle adhère à la social-démocratie allemande
Rédactrice en chef du Sächsischer Arbeiterzeitung
Congrès de Stuttgart
Polémique contre Bernstein
: Réforme ou révolution


Paru sur le blog le 4 décembre 2007

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 16:27

 

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Conclusion d'un artice publé dans la Revue des Deux Mondes en 1898 sous le titre Le problème chinois!

 

Le mouvement d'échanges du Céleste Empire avec l'extérieur restera toujours limité et très inférieur à ce qu'il devrait être, tant que les étrangers ne pourront pénétrer dans le pays même et diriger l'exploitation de ses ressources. Aussi est-ce bien cela et non plus à un simple négoce que les Européens prétendent aujourd"hui. Mais ici c'est une tâche toute nouvelle qu'on entreprend. Tant qu'il ne s'agissait que d'ouvrir quelques nouveaux ports, le gouvernement se laissait aisément pesuader. Pour amener à permettre l'introduction de l'outillage et des capitaux européens, des méthodes industrielles européennes dans ce pays même, il n'a fallu pas moins que le sentiment de sa complète impuissance à résister. Mais "l'homme malade" de Pékin pourra-t-il supporter les remèdes violens qu'on lui administre aujourd'hui? Ne risque-t-il pas de le tuer plutôt que de le guérir, et, ce faisant, ne répondraient-ils pas plus exactement aux secrets désirs de certains de ses médecins, qui se préparent déjà à s'en disputer l'héritage.

 

Pierre Leroy-Beaulieu

 

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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 17:41

comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

 

Rosa Luxemburg a, à plusieurs reprises, analysé la situation politique qui se jouait en France comme Jaurès de son côté a réagi régulièrement sur des événements se passant en Allemagne. Tous deux ont été amenés aussi à prendre position sur des événéments internationaux. Il peut être intéressant, de confronter leurs articles, écrits souvent au plus près de l'événement mais s'inscrivant toujours dans une analyse plus globale. Ainsi, Rosa Luxemburg a-t-elle consacré plusieurs articles à l'Affaire Dreyfus et aux conséquences sur la situation politique en France. Et dans l'extrait d'article suivant, elle perçoit bien ce qui se joue: non une nouvelle restauration royaliste mais bien un affrontement avec les forces réactionnaires que sont le militarisme et le clergé, forces de soutien au capitalisme.

 

Les articles de Jaurès dans la Dépêche viennent d'être publiés intégralement eaux Editions Privat, cela permet donc cette confontation entre les articles de l'une et de l'autre.

  200px-Henri Brisson


La chute du cabinet Brisson et plus précisément l'ordre du jour de la Chambre, qui l'a fait trébucher, ont montré clairement  et de manière indubitable autour de quoi tourne la vie publique en France actuellement: c'est le combat du pouvoir bourgeois, c'est-à-dire, de la République contre le pouvoir militaire.. Ce phénomène, le combat entre la république bourgeoise et sa propre armée, le rôle énorme que joue l'armée ces derniers temps en France, peuvent surprendre au premier abord. Mais, ce serait faux de considérer la campagne actuelle de l'état-major contre la République directement comme un complot monarchiste. Le royalisme cherche bien entendu à utiliser la crise pour lui-même et il peut au bénéfice d'une évolution favorable des choses, prendre sa place et même dans certaines conditions, remporter la victoire. Mais ce n'est pas le royalisme qui joue le rôle central dans la crise actuelle mais bien l'armée, le pouvoir militaire, qui mène un combat désespéré contre la République. Il s'agit de l'existence, des intérêts propres des plus hauts responsables de l'armée et le royalisme apparaît comme lleu allié naturel dans son combat contre le pouvoir civil de la République ...

 

Rosa Luxemburg

Article dans la Sächsische Arbeiterzeitung

29 octobre 1898

 

Il ne faut pasaccueillir à la légère  les bruits de coup d'Etat, mais il faut bien se garder aussi de fermer les yeux aux manoeuvres de la réaction militaire et cléricale. Il se peut que dans les rumeurs répandues il y ait quelque exagération et que la conjuration de grands chefs n'aient pas eu toute la précision que quelques journaux lui ont donnée. Mais comme notre ami Brousse le rappelait dans un article récent qui a fait sensation, l'histoire démontre que toujours des rumeurs inquiétantes et vagues précédèrent les coups de violence du pouvoir militaire ... Il ne paraît pas probable que la faction jésuitique et militaire ait songé , pour le début à un prétendant. Préparer correctement une restauration monarchique eût été trop compromettant ...

 

Jaurès

Dans la Dépêche

le 19 octobre 1898

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27 juin 2008 5 27 /06 /juin /2008 21:50

Pour consulter le blog : comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

"Je crois que la cause réside en ce que les gens oublient pour la plupart quand ils écrivent de puiser au fond d'eux mêmes et de ressentir toute l'importance et tout la vérité de la chose écrite. Je crois que chaque fois, chaque jour, pour chaque article, on doit revivre la chose, la re-sentir et on trouve alors des mots neufs, qui vont droit au coeur pour exprimer ce qu'on connaît depuis longtemps."


Un choix de lettres avait été publié chez Maspero en 1975 sous le titre "vive la lutte". A ce projet dirigé par Georges Haupt, participait Georges Badia. Pour l'année 1898 et l'arrivée à Berlin, on trouve un bonne dizaines de lettres. Elles sont adressées en particulier à Martine et Roberl Seidel. Voici celle du 23 juin. à Robert Seidel. (Ce livre est à se procurer absolument!)

Cher ami,

Quelle misère! J'éprouve le besoin de bavarder avec vous et je n'ai plus la moindre feuille de papier à lettre. Vous devrez vous contenter de celui-ci.

La soirée est avancée, je suis assise dans mon fauteuil (à bascule) à mon bureau sur lequel se trouve une lampe avec un grand abat-jour rouge fabriqué par mes soins et je lis Börne. La porte du balcon en face de moi est ouverte et un souffle d'air frais pénètre à l'intérieur - un éclair aveuglant de temps en temps et l'orage commence (que dieu me pardonne cette mauvais prose poétique !...). Comme on se sent bien parfois dans la solitude! ... Rendez-vous compte: pas un seul ami dans la grande ville de Berlin aux deux millions et demi d'habitants. Pour l'instant, cette idée me procure un tel plaisir que j'en souris béatement. je ne sais pas si je suis faite d'un mauvais bois qui s'imprègne trop facilement de l'atmosphère ambiante mais je ne peux rester un seul jour dans la foule sans que mon propre niveau intellectuel ne baisse au moins d'un cran. Et cela ne dépend pas tellement de la sorte de gens que je fréquente; c'est la fréquentation elle-même, le contact avec le monde extérieur qui émousse et estompe les angles et les lignes brisées de mon moi - momentanément bien sûr. Un seul jour de solitude me suffit pour me retrouver, mais j'éprouve toujours le sentiment amer du remords, celui d'avoir perdu un morceau de moi-même, de m'être abaissée. En de tels moments, j'ai toujours envie de me retrancher totalement du monde extérieur derrière une barrière de planches. Un garçon passe dans la rue et siffle une rengaine - cette manifestation perçante d'autrui qui s'impose brutalement à mes oreilles et fait incursion dans ma tranquillité suffit à m'offenser. Vous vous étonnez peut-être de ce que je lise le vieux Börne; je n'ai pas encore rencontré un seul Allemand qui le lise encore. Pourtant, l'effet qu'il produit sur moi est toujours aussi fort et il éveille en moi des pensées nouvelles et des sensations vives. Savez-vous ce qui me tracasse? Je suis mécontente de l'art et la manière qu'on a d'écrire les articles la plupart du temps dans le parti. Tout est si conventionnel, si rigide, si stéréotypé. La résonance des mots d'un Börne semble à présent venir d'un autre monde. Je sais, le monde a changé et à d'autres temps, d'autres chansons. Mais justement des "chansons", la plupart de nos gribouillis ne sont pas des chansons, mais un bourdonnement incolore et sourd comme le bruit de la roue d'une machine. Je crois que la cause réside en ce que les gens oublient pour la plupart quand ils écrivent de puiser au fond d'eux mêmes et de ressentir toute l'importance et tout la vérité de la chose écrite. Je crois que chaque fois, chaque jour, pour chaque article, on doit revivre la chose, la re-sentir et on trouve alors des mots neufs, qui vont droit au coeur pour exprimer ce qu'on connaît depuis longtemps. Mais on s'habitue tant et si bien à une vérité qu'on débite comme une patenôtre les choses les plus profondes et les plus sublimes. J'ai décidé de ne jamais oublier de m'enthousiasmer pour la chose écrite et de puiser en moi-même lorsque j'écrirai. C'est pourquoi je lis de temps en temps le vieux Börne. Il me rappelle fidèlement mon serment.

Pauvre Fred! J'ai toujours eu beaucoup de sympathie pour les gens qui ne savent pas organiser leur vie pratique, gagner de l'argent, etc. (peut-être, parce que, moi-même, je n'y comprends goutte). Je les soupçonne d'avoir quelque chose de l'artiste, ou du moins, de l'homme très bon. Pour vous, c'est bien sûr une mince consolation, je le comprends. J'attends quelques lignes de Mathilde. Est-elle encore à Gugi? Encore un mot me concernant: je ne peux souffrir Berlin ni la Prusse et ne pourrai jamais les souffrir.
Une cordiale poignée de main.

Votre Ruscha

Ludwig Börne
Ludwig Börne (ca. 1835)
Ludwig Börne 1786 - 1837. Journaliste et critique littéraire et de théâtre. Il est comparé à Jean Paul. Son écriture est pleine d'humour et de vie.
(C'est ce qui visiblement a séduit rosa Luxemburg et peut-être inspiré si l'on suit la lettre publiée ici).
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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009