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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 18:19

 

Fonds Documentaire Smolny
Mise à jour : 1er mai 2011

26 avril 2011 par collectif

 

Avertissement

La plupart des volumes appartiennent au fonds propre du collectif, d’autres titres sont mis à disposition par des membres de l’association. Ces volumes sont consultables au « Bocal », 43 rue Bayard, 31 000 Toulouse.


Ce catalogue est encore incomplet. Il référence essentiellement les ouvrages de langue allemande qui sont en général manquants dans les réseaux des bibliothèques publiques ou universitaires.


Dans le cadre de recherches ou de travaux de plus longue durée, il est possible d’emprunter la plupart d’entre eux ou de demander une copie numérique.


Catalogue

Périodiques
Historical Materialism Book Series (Brill & HayMarket)
Œuvres par auteur
Sur les éditions Marx - Engels
Autres publications en langue allemande
Internationale Rosa-Luxemburg-Gesellschaft
Mouvement ouvrier allemand
Geschichte des Kommunismus und Linkssozialismus
Originaux des congrès du SPD
Originaux des congrès de l’USPD
Études historiques toutes langues
Dons, envois éditeurs ou services de presse
Remerciements


Périodiques

— 1. Agone, revue d’Histoire - Politique - Sociologie ; n° 34, Domestiquer les masses ; n° 35/36, Les Guerres de Karl Kraus ; tous les numéros depuis le n° 43 (2010).

— 2. Bilan & Perspectives, bulletin du BIPR/TCI en France, n° 9 (déc. 2008 - janv. 2009).

— 3. La Brèche, Lausanne, complet depuis le n° 3 (janvier 2009) jusqu’au n° 6/7 (juin 2010).

— 4. Cahiers du CERMTRI, trimestriel ; n° 66 : Documents sur le programme du Parti ouvrier français (1882) et celui de la social-démocratie allemande (1891) (sept. 1992) ; n° 68 : Documents sur l’association Internationale des Travailleurs (mars 1993) ; n° 91 : Révolution allemande 1918/1919 (déc. 1998) ; et tous les numéros depuis n° 118 jusqu’au n° 140 (mars 2011) ; manquent : n° 124, 125, 129, 130.

— 5. Cahiers du mouvement ouvrier, édités par le CERMTRI ; collection complète, 48 numéros parus (1998-2011).

— 6. Contretemps, revue de critique communiste ; n° 7 (3ème trim. 2010) ; n° 8 (4ème trim. 2010).

— 7. Controverses, parution du Forum pour la Gauche Communiste Internationaliste ; collection complète, 4 numéros parus (2009-2011).

— 8. Critique Sociale, n° 4 - Spécial Rosa Luxemburg (janvier 2009) ; n° 11 (août 2010) ; n° 12 (octobre 2010) ; numéros thématiques : Articles sur Marx (novembre 2010) ; Rosa Luxemburg (janvier 2011) ; Paul Fröclich - Parcours militant du biographe de Rosa Luxemburg (2011).

— 9. Gavroche, Revue d’histoire populaire, n° 160 (oct.-déc. 2009).

— 10. Historical Materialism, BRILL, 5 numéros : n° 16#4 (2008), n° 17#1, n° 17#2, n° 17#3 (2009), n° 18#1 (2010).

— 11. J’étais, Je suis, Je serai, « Aspect transcendantal du marxisme », courrier théorique gratuit, Ed. P. Leclerc, collection complète depuis le n° 3 (hiver 2008) jusqu’au n° 12 (printemps 2010).

— 12. Perspective Internationaliste, parution du groupe du même nom : n° 1 (janvier 1986) ; n° 8 (automne 1987) ; n° 10 (printemps 1988) ; n° 11 (été 1988) ; n° 13 (printemps 1989) ; n° 15 (automne 1989) ; n° 17 (été 1990) ; n° 27 (été 1994) à 39 (hiver 2001-2002) ; n° 42 (printemps 2004) et 43 (hiver 2004-2005) ; n° 45 (mai 2006) à 51-52 (hiver 2008-2009).

— 13. Présence Marxiste, parution de Robert Camoin, tous les numéros depuis le n° 45-46-47 (avril 2006) jusqu’au n° 84 (sept. 2010) ; manquent : n° 58, 69, 72.

— 14. Programme Communiste, revue théorique du Parti Communiste International, (presque) complet de Octobre 1970 à Mars 2003.

— 15. Revue Internationale, trimestriel publié par le Courant Communiste International ; collection complète, 154 numéros parus (1975-2011).


Historical Materialism Book Series (Brill & HayMarket)

— 16. The Gramscian Moment, Peter D. Thomas, 2009.

— 17. Witnesses to Permanent Revolution : The Documentary Record, Edited and translated by Richard B. Day and Daniel Gaido, 2009, 684 p.

— 18. Following Marx : Method, Critique and Crisis, Michael A. Lebowitz, 2009.

— 19. Western Marxism and the Soviet Union, Marcel van der Linden, 2007.

— 20. Pavel V. Maksakovsky : The Capitalist Cycle, Translated with introduction and commentary by Richard B. Day, 2004 ;


Œuvres par auteur

— 21. BEBEL August, Ausgewählte Reden und Schriften, München, K. G. Saur, 1995-1996, 10 tomes en 15 vols.

 

— 22. LIEBKNECHT Karl, Gesammelte Reden und Schriften, Berlin, Dietz Verlag, 9 vols. - vol. 1 : 2nde édition, 1983 ; vol. 2 : 2nde édition, 1985 ; vol. 3 : 1ère édition, 1960 ; vol. 4 : 1ère édition, 1961 ; vol. 5 : 2nde édition, 1977 ; vol. 6 : 2nde édition, 1974 ; vol. 7 : 3ème édition, 1985 ; vol. 8 : 4ème édition, 1982 ; vol. 9 : 4ème édition, 1982.

 

— 23. LUXEMBURG Rosa, Ausgewählte Reden und Schriften, Berlin, Dietz Verlag, 1951, 2 vols.

— 24. LUXEMBURG Rosa, Gesammelte Werke - Band III : Gegen den Reformismus, Herausgegeben von Clara Zetkin und Adolf Warski, eingeleitet und bearbeitet von Paul Frölich, Berlin SW61, Vereinigung Internationaler Verlags-Anstalten, 1925 ; in-8, 540 S.

— 25. LUXEMBURG Rosa, Gesammelte Werke - Band IV : Gewerkschaftskampf und Massenstreik, Herausgegeben von Clara Zetkin und Adolf Warski, eingeleitet und bearbeitet von Paul Frölich, Berlin SW61, Vereinigung Internationaler Verlags-Anstalten, 1928 ; in-8, 702 S.

— 26. LUXEMBURG Rosa, Gesammelte Werke - Band VI : Die Akkumulation des Kapitals, Berlin SW61, Vereinigung Internationaler Verlags-Anstalten, 1923 ; in-8, 494 S.

— 27. LUXEMBURG Rosa, Gesammelte Werke, Berlin, Dietz Verlag, 6 vols. - vol. 1-1 : 5ème édition, 1982 ; vol. 1-2. : 6ème édition, 1988 ; vol. 2 : 3ème édition, 1981 ; vols. 3 et 4 : 5ème édition, 1990 ; vol. 5 : 4ème édition, 1990.

— 28. LUXEMBURG Rosa, Gesammelte Briefe, Berlin, Dietz Verlag, 6 vols. - vol. 1 : 3ème édition, 1989 ; vol. 2 : 3ème édition, 1999 ; vols. 3 : 2ème édition, 1984 ; vol. 4 : 3ème édition, 2001 ; vols. 5 : 2ème édition, 1987 ; vols. 6 : 1ère édition, 1993.

— 29. LUXEMBURG Rosa, Koalitionspolitik oder Klassenkampf ?, Einleitung von Paul Frölich, Sonderdruck aus Rosa Luemburg « Gesammelte Werke » Band 3, Berlin SW61, Vereinigung Internationaler Verlags-Anstalten, 1922 ; in-8, 104 S.

— 30. LUXEMBURG Rosa, Politische Schriften, Frankfurt, Europaïsche Verlag & Wien, Europa Verlag, 3 vols., Herausgegeben und einleitet von Ossip K. Flechtheim ; Band 1 : 4. Auflage (1970), 232 S. ; Band 2 : 3. Auflage (1969), 212 S. ; 2. Auflage (1970), 160 S.

— 31. LUXEMBURG Rosa, Reden, Mit Einleitung von Paul Frölich, « Redner der Revolution », Band XI, Berlin, Neuer Deutscher Verlag, 1928 ; in-12, 128 S.

— 32. MARX Karl & ENGELS Friedrich, Collected Works, London, Lawrence & Wishart, 1979, 1980 (11-14), New York, International Publishers, 1985 (15), 1980 (16), 1981 (17), 1982 (18), 1984 (19) ; vol. 11 : August 1851 - March 1853 ; vol. 12 : March 1853 - February 1854 ; vol. 13 : February 1854 - February 1855 ; vol. 14 : February 1855 - April 1856 ; vol. 15 : May 1856 - September 1858 ; vol. 16 : August 1858 - February 1860 ; vol. 17 : October 1859 - December 1860 ; vol. 18 : articles 1857-1862 ; vol. 19 : January 1861 - June 1864.

— 33. MARX Karl & ENGELS Friedrich, Werke, Berlin, Dietz Verlag, 1968-1970, 39 vols. ; Verzeichnis, I & II, Berlin, Dietz Verlag, 1968 & 1979, 2 vols. ; Ergänzungsband, Berlin, Dietz Verlag, 1967 & 1968, 2 vols.

 

— 34. MEHRING Franz, Gesammelte Schriften, Berlin, Dietz Verlag, 1960-1966, 15 vo

ls.

— 35. PIECK Wilheim, Gesammelte Reden und Schriften, Berlin, Dietz Verlag, 3 vols. - vol. 1 : August 1904 bis Januar 1919, 1ère édition, 1959 ; vol. 2 : Januar 1920 bis April 1925, 1ère édition, 1959 ; vol. 3 : Mai 1925 bis Januar 1927, 1ère édition, 1961.

 

— 36. ROLAND-HOLST Henriette, Rosa Luxemburg - Ihr Leben und Werken, Zürich, Jean-Christophe Verlag, 1937 ; in-12, 224 S.

 

— 37. WARSKI Adolf, Rosa Luxemburgs Stellung zu den taktischen Problemen der Revolution, Hamburg, Verlag der Kommunistischen Internationale, 1922 ; in-8, 40 S.


— 38. ZETKIN Clara, Ausgewählte Reden und Schriften, Berlin, Dietz Verlag, 3 vols. - vol. 1 : 1889-1917 ; vol. 2 : 1918-1923 ; vol. 3 : 1924-1933.


Sur les éditions Marx - Engels

— 39. Marx-Engels Jahrbuch, n° 1-11 - Herausgegeben vom Institut für Marxismus-Leninismus, Dietz Verlag, Berlin, 1978-1989.

— 40. Marx-Engels Jahrbuch, 2004, 2007, 2008 & 2009 - Herausgegeben von der Internationalen Marx-Engels Stiftung, Amsterdam, Akademie Verlag, Berlin.


Autres publications en langue allemande

— 41. Die Internationale - Eine Monatsschrift für Praxis und Theorie des Marxismus, 1915 - Originalgetreuen Reproduktion, Dietz Verlag, Berlin, 1965.

— 42. Die Neue Zeit, Revue des geistigen und öffentlichen Lebens, Unter händiger Mitarbeiterschaft von A. Bebel, E. Bernstein, Fr. Engels, P Lafargue, W. Liebknecht, M. Schippel, F. A. Sorge, u. U. redigirt von Karl Kautsky. Neunter Jahrgang. 1890-91, Zweiter Band. Stuttgart. Verlag von J. H. W. Dietz ; in-8, 16,5 x 23,8 cm, 844 S.


Internationale Rosa-Luxemburg-Gesellschaft

— 43. Rosa Luxemburg im internationalen Diskurs, Narihiko Ito, Annelies Laschitza, Ottokar Luban (Hrsg.), Berlin, Karl Dietz Verlag, 2002 ;Internationale Rosa-Luxemburg-Gesellschaft in Chicago, Tampere, Berlin und Zürich (1998-2000), 304 S.

— 44. China Entdeck Rosa Luxemburg, Narihiko Ito, Theodor Bergmann, Stefan Hochstadt, Ottokar Luban (Hrsg.), Berlin, Karl Dietz Verlag, 2007 ; Internationale Rosa-Luxemburg-Gesellschaft in Guangzhou am 21./22. November 2004, 160 S.

— 45. Rosa Luxemburg. Ökonomische und historisch-politische Aspekte Ihres Werkes, Narihiko Ito, Annelies Laschitza, Ottokar Luban (Hrsg.), Berlin, Karl Dietz Verlag, 2010 ; Internationale Rosa-Luxemburg-Gesellschaft in Tokio, April 2007 und Berlin, Januar 2009, 240 S.


Mouvement ouvrier allemand

— 46. Der Bund der Kommunisten. Dokumente und Materialien, Berlin, Dietz Verlag, 1970, 1980 & 1982, Institut für Marxismus-Leninismus beim ZK der SED & Institut für Marxismus-Leninismus beim ZK der KPdSU ; Band 1 : 1836-1849, 1196 S. ; Band 2 : 1849-1851, 786 S. ; Band 3 : 1851-1852, 656 S.

— 47. Deutsche Kommunisten über der Partei. Artikel und Reden - 1918 bis 1939, Berlin, Dietz Verlag, 1980, Institut für Marxismus-Leninismus beim ZK der SED, 324 S.

— 48. Die Gründung der KPD. Protokoll und Materialien des Gründungsparteitages der Kommunisten Partei Deutschlands 1918/1919. Mit einer Einführung zur angeblichen Erstveröffentlichung durch die SED, Herausgegeben und eingeleitet von Hermann WEBER, Berlin, Dietz Verlag, 1993, 358 S.

— 49. Geschichte der internationalen Arbeiterbewegung in Daten, Berlin, Dietz Verlag, 1986, Institut für Marxismus-Leninismus beim ZK der SED, 868 S.


Geschichte des Kommunismus und Linkssozialismus

— 50. HEDELER Wladislaw & KINNER Klaus (Hrsg.), « Die Wache ist müde » Neue Sichten auf die russische Revolution 1917 und ihre Wirkungen, Berlin, Karl Dietz Verlag, 2008 ; GKL Band VI, 416 S.

— 51. HOFFROGGE Ralf, Richard Müller. Der Mann hinter der Novemberrevolution, Berlin, Karl Dietz Verlag, 2008 ; GKL Band VII, 240 S.


Originaux des congrès du SPD

— 52. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Halle a. S. vom 12. bis 18. Oktober 1890, Berlin, 1890, Verlag der Expedition des “Berliner Volksblatt” (Th. Glocke) ; in-12, 14 x 20 cm, 320 S. - Gebunden mit Erfurt 1891.

— 53. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Erfurt vom 14. bis 20. Oktober 1891, Berlin, 1891, Verlag der Expedition des “Vorwärts” Berliner Volksblatt (Th. Glocke) ; in-12, 14 x 20 cm, 368 S. - Gebunden mit Halle 1890.

— 54. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Erfurt vom 14. bis 20. Oktober 1891, Berlin, 1891, Verlag der Expedition des “Vorwärts” Berliner Volksblatt (Th. Glocke) ; in-12, 13,5 x 20 cm, 368 S.

— 55. Bericht des Partei-Vorstandes an der Parteitag zu Erfurt 1891, Verlag der Expedition des “Vorwärts” Berliner Volksblatt (Th. Glocke). Druck von Max Bading, Berlin SW., Beuthstr. 2 ; in-12, 13,4 x 18,4 cm, 16 S.

— 56. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Berlin vom 14. bis 21. November 1892, Berlin, 1892, Verlag der Expedition des “Vorwärts” Berliner Volksblatt (Th. Glocke) ; in-12, 13,5 x 19,5 cm, 304 S. - Gebunden mit Köln 1893.

— 57. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Köln vom 22. bis 28. Oktober 1893, Berlin, 1893, Verlag der Expedition des “Vorwärts” Berliner Volksblatt (Th. Glocke) ; in-12, 13,5 x 19,5 cm, 288 S. - Gebunden mit Berlin 1892.

— 58. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Köln vom 22. bis 28. Oktober 1893, Berlin, 1893, Verlag der Expedition des “Vorwärts” Berliner Volksblatt (Th. Glocke) ; in-12, 12,7 x 19,1 cm, 288 S.

— 59. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Frankfurt a. M. vom 21. bis 27. Oktober 1894, Berlin, 1894, Verlag der Expedition des “Vorwärts” (Th. Glocke) ; in-8, 14,7 x 22 cm, 192 S.

— 60. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Breslau vom 6. bis 12. Oktober 1895, Berlin, 1895, Verlag der Expedition des “Vorwärts” (Th. Glocke) ; in-8, 15 x 22,5 cm, 224 S.

— 61. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Gotha vom 11. bis 16. Oktober 1896, Berlin, 1896, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts (Th. Glocke in Berlin) ; in-8, 14,8 x 22 cm, 192 S.

— 62. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Hamburg vom 3. bis 9. Oktober 1897, Berlin, 1897, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts (Th. Glocke in Berlin) ; in-8, 15 x 21,3 cm, 232 S.

— 63. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Stuttgart vom 3. bis 8. Oktober 1898, Berlin, 1898, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts (Th. Glocke in Berlin) ; in-8, 15,2 x 22 cm, 240 S.

— 64. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Hannover vom 9. bis 14. Oktober 1899, Berlin, 1899, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts (Th. Glocke in Berlin) ; in-8, 15,2 x 22,4 cm, 304 S. - Gebunden mit Mainz 1900 & Lübeck 1901.

— 65. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Mainz vom 17. bis 21. September 1900. Mit einem Nachtrag : Bericht über die Frauenkonferenz am 16. und 17. September in Mainz, Berlin, 1900, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts (Th. Glocke in Berlin) ; in-8, 15,4 x 22,2 cm, 264 S.

— 66. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Mainz vom 17. bis 21. September 1900. Mit einem Nachtrag : Bericht über die Frauenkonferenz am 16. und 17. September in Mainz, Berlin, 1900, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts (Th. Glocke in Berlin) ; in-8, 15,2 x 22,4 cm, 264 S. - Gebunden mit Hannover 1899 & Lübeck 1901.

— 67. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Lübeck vom 22. bis 28. September 1901, Berlin, 1901, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts (Th. Glocke in Berlin) ; in-8, 15,2 x 22,4 cm, 320 S.

— 68. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Lübeck vom 22. bis 28. September 1901, Berlin, 1901, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts (Th. Glocke in Berlin) ; in-8, 15,2 x 22,4 cm, 320 S. - Gebunden mit Hannover 1899 & Mainz 1900.

— 69. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu München vom 14. bis 20. September 1902. Mit einem Anhang : Bericht über die 2. Frauenkonferenz am 13. und 14. September 1902 in München, Berlin, 1902, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts (Th. Glocke in Berlin) ; in-8, 14,8 x 22 cm, 312 S.

— 70. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu München vom 14. bis 20. September 1902. Mit einem Anhang : Bericht über die 2. Frauenkonferenz am 13. und 14. September 1902 in München, Berlin, 1902, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts (Th. Glocke in Berlin) ; in-8, 15 x 22 cm, 312 S. - Gebunden mit Dresden 1903.

— 71. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Dresden vom 13. bis 20. September 1903, Berlin, 1903, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts (Th. Glocke in Berlin) ; in-8, 15 x 22 cm, 448 S. - Gebunden mit München 1902.

— 72. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Bremen vom 18. bis 24. September 1904, Berlin, 1904, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts, Lindenstr. 69 (Ernst Preczang) ; in-8, 14,8 x 22 cm, 384 S.

— 73. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Bremen vom 18. bis 24. September 1904, Berlin, 1904, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts, Lindenstr. 69 (Ernst Preczang) ; in-8, 15 x 22 cm, 384 S. - Gebunden mit Jena 1905.

— 74. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Jena vom 17. bis 23. September 1905, Berlin, 1905, Verlag : Buchhandlung Vorwärts, Berlin SW. 68, Lindenstraße 69 (Ernst Preczang, Berlin-Rahnsdorf) ; in-8, 15 x 22 cm, 384 S. - Gebunden mit Bremen 1904.

— 75. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Jena vom 17. bis 23. September 1905, Berlin, 1905, Verlag : Buchhandlung Vorwärts, Berlin SW. 68, Lindenstraße 69 (Ernst Preczang, Berlin-Rahnsdorf) ; in-8, 15,3 x 23 cm, 384 S.

— 76. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Mannheim vom 23. bis 29. September 1906 sowie Bericht über die 4. Frauenkonferenz am 22. und 23. September 1906 in Mannheim, Berlin, 1906, Verlag : Buchhandlung Vorwärts, Berlin SW. 68 (Hans Weber, Berlin) ; in-8, 15,5 x 23 cm, 488 S.

— 77. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Essen vom 15. bis 21. September 1907, Berlin, 1907, Verlag : Buchhandlung Vorwärts, Berlin SW. 68 (Hans Weber, Berlin) ; in-8, 15,5 x 23 cm, 416 S.

— 78. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Nürnberg vom 13. bis 19. September 1908 sowie Bericht über die 5. Frauenkonferenz am 11. und 12. September 1908 in Nürnberg, Berlin, 1908, Verlag : Buchhandlung Vorwärts, Berlin SW. 68 (Hans Weber, Berlin) ; in-8, 15,5 x 23 cm, 568 S.

— 79. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Leipzig vom 12. bis 18. September 1909, Berlin, 1909, Verlag : Buchhandlung Vorwärts, Berlin SW. 68, Lindenstraße 69 (Hans Weber, Berlin) ; in-8, 16 x 23,5 cm, 536 S.

— 80. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten in Magdeburg vom 18. bis 24. September 1910, Berlin, 1910, Verlag : Buchhandlung Vorwärts, Berlin SW. 68, Lindenstraße 69 (Hans Weber, Berlin) ; in-8, 16 x 23,5 cm, 508 S.

— 81. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten in Magdeburg vom 18. bis 24. September 1910, Berlin, 1910, Verlag : Buchhandlung Vorwärts, Berlin SW. 68, Lindenstraße 69 (Hans Weber, Berlin) ; in-8, 15,’4x 22,6 cm, 508 S.

— 82. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten in Jena vom 10. bis 16. September 1911 sowie Bericht über die 6. Frauenkonferenz am 8. und 9. September 1911 in Jena, Berlin, 1911, Verlag : Buchhandlung Vorwärts Paul Singer G.m.b.H. (Hans Weber, Berlin) ; in-8, 16,5 x 24 cm, 496 S.

— 83. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten in Chemnitz vom 15. bis 21. September 1912, Berlin, 1912, Verlag : Buchhandlung Vorwärts Paul Singer G.m.b.H. (Hans Weber, Berlin) ; in-8, 16,2 x 23,4 cm, 560 S.

— 84. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten in Jena vom 14. bis 20. September 1913, Berlin, 1913, Verlag : Buchhandlung Vorwärts Paul Singer G.m.b.H. (Hans Weber, Berlin) ; in-8, 17 x 24 cm, 592 S.

— 85. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten in Würburg vom 14. bis 20. Oktober 1917. Anhang I : Bericht des Parteivorstandes an den Parteitag zu Würzburg 1915. Anhang II : Bericht über die Tätigkeit der sozialdemokratischen Reichstagsfraktion, Berlin, 1917, Verlag : Buchhandlung Vorwärts Paul Singer G.m.b.H. ; in-8, 15,5 x 22,6 cm, 496-48-96 S.

— 86. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands abgehalten in Kassel vom 10. bis 16. Oktober 1920 - Bericht über die Frauenkonferenz abgehalten in Kassel am 9. und 10. Oktober 1920 . Anhang : Bericht des Parteivorstandes über das Geschäftsjahr 1919 - Bericht der Reichstagsfraktion - Bericht der Fraktion der Nationalversammlung, Berlin, 1920, Verlag : Buchhandlung Vorwärts, Berlin SW., Lindenstraße 3 ; in-8, 15,5 x 21,4 cm, 420-116 S.

— 87. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands abgehalten in Görlitz vom 18. bis 24. September 1921 - Reichsfrauentag der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands am 17. und 18. September 1921 in Görlitz, Berlin, 1921, J.H.W. Dietz Nachfolger / Stuttgart, Buchhandlung Vorwärts / Berlin ; in-8, 15,4 x 22,7 cm, 412-80 S.

— 88. Sozialdemokratischer Parteitag 1925 in Heidelberg - Protokoll mit dem Bericht der Frauenkonferenz. Der Parteitag tagte vom 13. bis 18. September 1925 in Heidelberg. In der Stadthalle. Die Frauenkonferenz am 19. September 1925 ebendort, J.H.W. Dietz Nachf., Berlin, 1925 ; in-8, 14,8 x 22,2 cm, 376 S.

— 89. Sozialdemokratischer Parteitag 1927 in Kiel - Protokoll mit dem Bericht der Frauenkonferenz. Der Parteitag tagte vom 22. bis 27. Mai 1927 im Gewerkschaftshaus zu Kiel. Die Frauenkonferenz vom 27. bis 29. Mai 1927 ebendort, J.H.W. Dietz Nachfolger, Berlin, 1927 ; in-8, 15,4 x 21,8 cm, 376 S.

— 90. Protokoll - Sozialdemokratischer Parteitag Magdeburg 1920 vom 26. bis 31. Mai in der Stadthalle, J.H.W. Dietz Nachfolger, Berlin, 1929 ; in-8, 15,6 x 22,4 cm, 312 S.


Originaux des congrès de l’USPD

— 91. Unabhängige Sozialdemokratische Partei - Protokoll über die Verhandlungen des außerordentlichen Parteitages in Halle. Vom 12. bis 17. Oktober 1920, Verlagsgenossenschaft “Freiheit” e.G.m.b.H., Berlin C2 ; in-8, 14,6 x 22,5 cm, 312 S.


Études historiques toutes langues

— 92. DATH Dietmar, Rosa Luxemburg - Leben, Werk, Wirkung, Berlin, Suhrkamp BasisBiographie, 2010 ; in-12, 158 S.

— 93. GREBING Helga, Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung, 9. Auflage, München, Deutscher Taschenbuch Verlag, 1979 ; in-12, 320 S.

— 94. HERVÉ Florence, Clara Zetkin oder : Dort kämpfen, wo das Leben ist, 2. Auflage, Berlin, Karl Dietz Verlag, 2008 ; in-12, 148 S.

— 95. KOWALSKI Ronald, Kommunist : A Weekly Journal of Economic, Political and Social Opinion. The Organ of the Moscow Regional Bureau of the Russian Communist Party (Bolshevik). Nos. 1-4 (1918), Millwood - New York, Kraus International Publications, 1990 ; in-8, 284 pp.

— 96. LASCHITZA Annelies, Die Liebknechts - Karl und Sophie, Politik und Familie, Berlin, Aufbau, 2009 ; in-12, 512 S.

— 97. LASCHITZA Annelies, Rosa Luxemburg - Im Lebensrausch, trotz alledem, 3. Auflage, Berlin, Aufbau, 2009 ; in-12, 688 S.

— 98. RAGONA Gianfranco, Maximilien Rubel (1905-1996) - Etica, Marxologia E Critica Del Marxismo, Milano, Francoangeli, 2003 ; in-8, 256 pp.

— 99. RÜCKERT Otto, Geschichte der Arbeiterbewegung im Reichstagswahlkreis Karl Liebknechts 1971-1917, Drei Bände, Postdam, Veröffentlichungen des Bezirksheimatmuseums Postdam, Heft 8, 1965 ; Teil 1, 120 S. ; Teil 2, 120 S. ; Teil 3 : 168 S.

— 100. SCHÜTRUMPF Jörn, Jenny Marx oder : Die Suche nach dem aufrechten Gang, Berlin, Karl Dietz Verlag, 2008 ; in-12, 142 S.

— 101. WOHLGEMUTH Heinz, Karl Liebknecht. Eine Biographie, Parteihochschule « Karl Marx » beim SK der SED, Berlin, Dietz Verlag, 1975, 534 S.


Dons, envois éditeurs ou services de presse

Sauf mention contraire en fin de référence, les envois sont du fait de l’auteur ou de l’éditeur.

— 102. BAZIN Jean, Des Clous dans la Joconde - L’Anthropologie autrement, Avant-propos d’Alban Bensa et Vincent Descombres, Toulouse, Anacharsis - collection « Essais », 2008 ; in-8, 608 p.

— 103. BENSA Alban, La Fin de l’exotisme - Essais d’anthropologie critique, Toulouse, Anacharsis - collection « Essais », 2006 ; in-8, 368 p.

— 104. CARASSO Jean-Gabriel, Nos enfants ont-ils droit à l’art et à la culture - Manifeste pour une politique de l’éducation artistique et culturelle, Toulouse, Éditions de l’Attribut, 2008 ; in-12, 124 pp.

— 105. COLLECTIF, Comprendre le présent, changer l’avenir, collection « bibliothèque jeunes », Montreuil-sous-Bois, Éditions Science Marxiste, 2019 ; in-12, 156 pp.

— 106. COLLECTIF, Plateforme de la gauche - Projet de thèses présenté par un groupe de « gauchistes » (bordiguistes) à l’occasion du Ve Congrès du Parti communiste français, Paris, Imprimerie spéciale de la Librairie du Travail, 1926 ; in-12, 56 pp. - Donation : SM.

— 107. DON LÉVINE Isaac, Lénine, traduit de l’anglais par H. Altiar, Paris, Librairie Plon, 1924 ; in-12, 180 pp - Donation : JLR.

— 108. ENGELS Friedrich, La situation de la classe ouvrière en Angleterre, précédé de « La vision historique de la transformation sociale » par Arrigo Cervetto, collection « bibliothèque jeunes », Montreuil-sous-Bois, Éditions Science Marxiste, 2011 ; in-12, 442 pp.

— 109. FABIAN Johannes, Les Temps & les Autres - Comment l’anthropologie construit son objet, traduit de l’anglais par Estelle Henry-Bossoney et Bernard Müller, avant-propos d’Alban Bensa, Toulouse, Anacharsis - collection « Essais », 2006 ; in-8, 318 p.

— 110. GLASER Georg K., Secret et violence - Chronique des années rouge et brun (1920-1945), traduit de l’allemand par Anacharsis Toulon, préface d’André Prudhommeaux « Un Allemand à la recherche de l’espoir perdu », Marseille, Agone, 2005 ; in-8, 576 pp.

— 111. HURSTEL Jean, Une nouvelle utopie culturelle en marche ? Essai sur une autre vision de l’action culturelle en Europe, Toulouse, Éditions de l’Attribut, 2009 ; in-12, 140 pp.

— 112. JANOVER Louis, Visite au musée des arts derniers ou Comment surréalistes et situationnistes sont entrés dans l’histoire et s’ils en sortiront, Arles, Les Éditions de la Nuit, 2008 ; in-12, 88 p.

— 113. JUNG Franz, Le chemin vers le bas - Considérations d’un révolutionnaire allemand sur une grande époque (1900-1950), traduit de l’allemand par Pierre Gallissaires, deuxième édition revue et augmentée, Marseille, Agone, 2007 ; in-8, 560 pp.

— 114. KROPOTKINE Pierre, Aux jeunes gens, Toulouse, Éditions « Espoir », 1969 ; in-12, 22 pp. - Donation : LP.

— 115. LASSALLE Ferdinand, Qu’est-ce qu’une constitution ? suivi de : La constitution de la République française du 4 novembre 1848 par Karl Marx, préface de Louis Janover, Arles, Sulliver, 1999 ; in-12, 92 pp. - Donation : LJ.

— 116. LE GLATIN Marc, Internet : un séisme dans la culture ?, Toulouse, Éditions de l’Attribut, 2007 ; in-12, 174 pp.

— 117. LÉNINE, Ce que sont les « Amis du peuple » & Le contenu économique du populisme, précédé de « La théorie de la politique de Lénine » par Arrigo Cervetto, collection « bibliothèque jeunes », Montreuil-sous-Bois, Éditions Science Marxiste, 2010 ; in-12, 170 pp.

— 118. MARX Karl, Critique de l’économie politique, collection « bibliothèque jeunes », Montreuil-sous-Bois, Éditions Science Marxiste, 2009 ; in-12, 276 pp.

— 119. MARX Karl, Les luttes de classe en France 1848-1850 & Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, précédé de « La science de la Révolution » par Arrigo Cervetto, collection « bibliothèque jeunes », Montreuil-sous-Bois, Éditions Science Marxiste, 2010 ; in-12, 304 pp.

— 120. MARX Karl, Travail salarié et capital & Salaire, prix et profit, collection « bibliothèque jeunes », Montreuil-sous-Bois, Éditions Science Marxiste, 2009 ; in-12, 136 pp.

— 121. MONTANDON George, Deux ans chez Koltchak et chez les Bolchéviques, cinquième édition, Paris, Librairie Félix Alcan, 1923 ; in-8, 320 pp - Donation : JLR.

— 122. POIRIER Nicolas, L’ontologie politique de Castoriadis - Création et institution, Paris, Payot, collection « Critique de la politique », 2011 ; in-8, 494 pp.

— 123. ROCHE Jean-Louis, Dans quel « État » est la Révolution ? Réponse au citoyen Berthier, Paris, Les Éditions du Pavé, 2008 ; in-8, 354 pp.


Remerciements

Contributeurs au Fonds Smolny par ordre alphabétique.

Miguel Abensour - Agone (Éditions) - Anacharsis (Éditions) - Attribut (Éditions) - La Brèche - Brill (Éditions) - Julien Chuzeville / Critique Sociale - Historical Materialism - Louis Janover (LJ) - Patrice Leclerc - Jean-Jacques Marie (CERMTRI) - Stive Modica (SM) - Librairie La Parolière, 13 rue Peyrolières, Toulouse - Payot Rivages (Éditions) - Perspective Internationaliste - Jean-Louis Roche / Éditions du Pavé (JLR) - Science Marxiste (Éditions)

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 16:44

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C'était en 1915 ...

 

La même année, Winston Churchill, déclarait à la presse de Londres : 

 

« Depuis l'époque du groupe Spartakus,  de Karl Marx, Trotsky, Rosa Luxemburg et Emma Goldman, cette conspiration mondiale a été soutenue dans sa croissance. Cette conspiration a joué un rôle reconnaissable défini dans la tragédie de la Révolution française. Elle a été le moteur de chaque mouvement subversif au XIXème siècle. Et maintenant enfin, cette bande de personnalités extraordinaires des enfers, des grandes villes de l’Europe et de l’Amérique, ont saisi le peuple russe par les cheveux de leur tête et sont devenues les maîtres incontestés de cet énorme empire ».

 

 

lu sur http://infoguerilla.fr/?p=4968


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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 16:08

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"Et on se demande un moment s'il vaut la peine de vivre". Dernier article de Jaurès dans la Dépêche, à la veille de son assassinat 

 

Aurons-nous la guerre universelle? Aurons-nous la paix?

 

Le derner article de Jaurès, on le lit, se perd dans cet entremêlat de politique impérialiste, qui caractérise les derniers jours de "paix"; mais on y trouve à la veille de sa mort et à l'orée du conflit mondial, ce cri angoissé "Et on se demande un moment s'il vaut la peine de vivre" et cet espoir d'une "Europe moins sauvage" qui ne peuvent que toucher tous ceux qui ne peuvent que s'interroger sur ce qu'aurait été un monde après ce premier août 14 avec Jaurès ...

 


L'oscillation au bord de l'abîme

 

Jaurès - La Dépêche - 30 juillet 1914

L'Intégrale des articles publiés dans la Dépêche - Editions Privat - P 882

 

Aurons-nous la guerre universelle? Aurons-nous la paix? Les nouvelles obscures succèdent aux nouvelles obscures comme de sombres nuées dans un ciel chargé d'orage; des éclaircies d'une heure se produisent, et la confiance un moment ranimée défaille de nouveau sous quelque télégramme menaçant ou ambigu. Aussi, je me garderai bien de risquer aujourd'hui un pronostic, rassuré ou inquiet, qui pourrait être démenti tout à l'heure. Précisément, le groupe socialiste vient d'envoyer une délégation au ministère des affaires étrangères. Quand nous avons traversé, pour nous y rendre, les couloirs de la Chambre et la salle des Pas-Perdus des journalistes, nous étions enveloppés des plus effrayantes rumeurs. On disait que, le matin même, l'ambassadeur d'Allemagne avait fait une démarche comminatoire. Le fait était faux, mais peu à peu les nerfs se tendent.

 

Quelle misère pour la race humaine! Quelle honte pour la civilisation! Devant la formidable menace qui plane sur l'Europe, j'éprouve deux impressions contraires. C'est d'abord une certaine stupeur et une révolte voisine du désespoir. Quoi! C'est à cela  qu'aboutit le mouvement humain! c'est à cette barbarie que se retournent dix-huit siècles de christianisme, le magnifique idéalisme du droit révolutionnaire, cent années de démocratie! Les peuples se sentent soudain dans une atmosphère de foudre, et il semble qu'il suffit de la maladresse d'un diplomate, du caprice d'un souverain, de la folie d'orgueil d'une caste militaire et cléricale au bord du Danube pour que des millions et des millions d'hommes soient appelés à se détruire. Et on se demande un moment s'il vaut la peine de vivre, et si l'homme n'est pas un être prédestiné à la souffrance, étant aussi incapable de se résigner à sa nature animale que de s'en affranchir.

 

Et puis, je constate malgré tout les forces bonnes, les forces d'avenir qui s'opposent au déchaînement de la barbarie. Quoi qu'il advienne, ces forces de paix et de civilisation grandiront dans l'épreuve. Si elles réussissent à prévenir la crise suprême, les nations leur sauront gré de les avoir sauvées du péril le plus pressant. Si, malgré tout, l'orage éclate, il sera si effroyable qu'après un accès de fureur, de douleur, les hommes auront le sentiment qu'ils ne peuvent échapper à la destruction totale qu'en assurant la vie des peuples sur des bases nouvelles, sur la démocratie, la justice, la concorde et l'arbitrage.

 

Nous assistons au choc du monde germanique et du monde slave. C'est le duel le plus vain: Car aucune de ces deux grandes forces ne pourra supprimer ou même refouler l'autre. Il faudra bien, après des saturnales de violences, qu'elles s'accomodent l'une à l'autre et qu'elles trouvent leur équilibre. Pourquoi ne pas le chercher dès maintenant? La démarche de l'Autriche-Hongrie a été si brutale, si odieuse, qu'elle a fait oublier tout le reste et que la responsabilité des Habsbourgs a apparu seule en pleine lumière. L'Europe a oublié les dix ans de compétition, d'intrigues, d'abus de la force, de mauvaise foi internationale qui ont grossi l'abcès. Elle a oublié le Maroc, la Tripolitaine, les horreurs balkaniques, les imprudences de la Serbie. Elle a oublié même que l'annexion de la Bosnie-Herzégovine, qui est à l'origine du conflit actuel, a été préparée par l'accord de l'Autriche-Hongrie et de la Sainte-Russie slave par l'entrevue à Buchlau de M. d'Aerenthal et de M. Isvolsky, lequel pour avoir été plus tard une dupe, ne fut pas moins à ce moment un complice. 

 

Oui, l'Europe a oublié un instant  tout cela, et il était juste qu'elle l'oubliât tant il y avait dans la note comminatoire de l'Autriche de brutalité, d'indécence, d'inhumanité. La lourdeur germanique s'y est aggravée de jésuitisme, d'indécence et d'inhumanité, de l'esprit implacable et rancuneux des cléricaux de Vienne. Peut-être l'Autriche-Hongrie s'apercevra-t-elle qu'elle joue un jeu redoutable. Faire violence à la Serbie, c'est se préparer de graves difficultés, c'est exaspérer les populations slaves de l'Empire; c'est aggraver le travail de dislocation qui se propage dans la monarchie austro-hongroise. Si l'Allemagne a la prétention d'exiger de la France qu'elle agisse sur la Russie pour que celle-ci s'abstienne de toute action, elle commet une très grave erreur; car la France n'acceptera pas une pression indiscrète et elle pourra toujours répondre à l'Allemagne: Oui si de votre côté vous vous vous engagez à agir sur l'Autriche. Mais il est vrai qu'il est de l'intérêt de la Russie de ne pas précipiter son action. Elle permettra ainsi à la médiation anglaise de s'exercer, à la conscience des peuples de s'affirmer. Elle obligera le germanisme impérialiste à assumer seul la responsabilité du trouble jeté sur l'Europe. Si la France, librement, donne ce conseil à la Russie, elle aura servi à la fois la Russie et la paix.

 

Partout le socialisme élève la voix, pour affirmer la commune volonté de paix du prolétariat européen. Même s'il ne réussit pas d'emblée à briser le concert belliqueux, il l'affaiblira et réparera les éléments d'une Europe nouvelle, un peu moins sauvage.

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 09:45

comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

 

Les éditions Privat ont publié l'intégrale des articles de Jaurès parus dans la Dépêche. Cela constitue un fonds important et disponible pour chacun. Le blog s'attachant en particulier à comprendre la marche vers le premier conflit mondial et ses racines dans l'évolution économique et politique du capitalisme de la fin du XIXème siècle, nous proposons cet article en contre-point à ceux publiés à la même époque par Rosa Luxemburg. Il montre en particulier la course à la suprématie des pays occidentaux. La situation de l'Angleterre de l'époque ne rappelle-t-elle pas quelque peu celle des Etats-Unis et des pays occidentaux aujourd'hui, et  ne peut-elle nous donner des éléments de compréhension de cet interventionnisme militaire qui marque si profondément cette année 2011.

 

"De là, dans les classes dirigeantes et dans le peuple même d'Angleterre, une sorte de panique industrielle. Cette énorme usine, habituée à produire pour une partie du monde, se sentait menacée dans sa primauté et peut-être dans son existence même."

Jaurès 1893

Articles de Rosa Luxemburg :

"A quoi sert la politique coloniale?"

Texte inédit de Rosa Luxemburg : La construction de canaux en Amérique du Nord (1)

Rosa Luxemburg - article inédit en français - Le développement économique des Etats-Unis


Editions Privat - Jaurès, l'intégrale des articles de 1887 à 1914 publiés dans  La Dépêche. 2009. P 465

 

J'ai eu l'occasion, à propos du meeting  international de Londres, d'étudier un peu sur place l'opinion anglaise. Je n'ai pas la prétention ridicule d'avoir, en une rapide enquête, saisi les nuances de l'esprit public. Mais, je me suis entretenu avec des hommes politiques, journalistes, membres du Parlement, anciens ministres, appartenant  à tous les partis. Et tous, qu'ils fussent socialistes, radicaux, libéraux ou conservateurs, paraissaient avoir le même désir sincère de paix, et j'ose dire la même sympathie pour la France. Je sais bien que les ouvriers anglais qui acclamaient  au meeting de Londres la France et les ouvriers français, sont préparés par leur éducation socialiste à une cordiale entente avec notre pays. Mais une pareille manifestation n'aurait pu se produire, elle aurait soulevé au moins des protestations, si elle n'avait pas répondu à la tendance générale de l'esprit public. Je suis convaincu qu'il dépend des gouvernants parfois, par une politique ferme mais mesurée et sage, de rétablir entre la France et l'Angleterre d'excellents rapports.

 

Depuis quelques années, l'Angleterre souffrait d'une sorte de dépression industrielle et morale. La concurrence de l'Allemagne, des Etats-Unis, de la Russie, du Japon même grandissait tous les jours. La production de la houille, de la fonte montait rapidement en Amérique et en Allemagne. Les exportations anglaises, au contraire de 1898 à 1898, avaient baissé de près d'un milliard. De là, dans les classes dirigeantes et dans le peuple même d'Angleterre, une sorte de panique industrielle. Cette énorme usine, habituée à produire pour une partie du monde, se sentait menacée dans sa primauté et peut-être dans son existence même.


En même temps, l'Angleterre subissait des échecs politiques et presque des affronts qui lui étaient très sensibles. Le président Cleveland, à propos du Venezuela, lui avait tenu un langage brutal. L'empereur d'Allemagne, à propos de la criminelle équipée de Jameson, envoya au président du Transvaal un télégramme presque offensant pour les Anglais. La Russie poussait son chemin de fer asiatique jusqu'en Mandchourie: elle refoulait l'influence anglaise, s'emparait, par des révolutions de palais, de la direction politique à Pékin et menaçait ainsi l'expansion économique des Anglais en Chine. Enfin, chez nous, M. Méline et M. Hanoteaux, dans la plus sournoise et la plus incohérente politique, méditaient un rapprochement avec l'empereur allemand, et tentaient de dériver, contre les Anglais les ressentiments de la France mutilée. Mais, en même temps qu'ils préparaient ainsi d'inévitables conflits avec l'Angleterre, ils négligeaient d'accroître nos forces navales.

 

Devant cette hostilité presque universelle, l'Angleterre, avec une énergie qui doit servir d'exemple à tous les grands peuples, a préparé son relèvement. Elle a poussé au plus haut degré sa force navale et soudain, sûre d'elle-même, elle a parlé un langage auquel depuis plusieurs années le monde n'était plus habitué. Elle a ainsi remporté, dans la vallée du Nil, et tout récemment en Chine, des avantages marqués. Mais, si je ne me trompe pas, elle n'en est point grisée. Elle comprend qu'elle est toujours dans une situation difficile et qu'elle doit éviter tout ce qui grouperait contre elle les hostilités et les défiances. Son exportation se relève; son activité industrielle est très grande. Mais elle a le sentiment que la croissance des autres peuples industriels lui enlève définitivement le monopole du marché du monde et qu'elle doit consentir partout à des transactions. Le chef du gouvernement, lord Salisbury est évidemment l'homme de la paix. Il a évité depuis cinq ans tout ce qui pouvait porter les difficultés au point aigu de la guerre. Un des hommes les plus illustres du part libéral et un des plus pratiques me disait en souriant : "Dans mes prières, si j'en faisais, je demanderais longue vie pour lord Salisbury."

 

C'est à nos hommes d'Etat de profiter de cet état des esprits et des choses pour établir entre les deux pays un régime de confiance et de cordialité. Le conflit ou même la mésentente de deux grands peuples libres est un malheur pour l'humanité. La France peut traiter sans aigreur. Elle a dû, à la suite d'une tentative étourdie consentir une retraite qui a été douloureuse à l'amour-propre de quelques chauvins. Mais, si elle jette un coup d'oeil d'ensemble sur ses conquêtes coloniales depuis 1870, si elle se rappelle Madagascar, le Tonkin, la Tunisie, le Niger, le Congo, elle verra qu'elle est le peuple qui depuis trente ans a le plus développé son domaine. De plus, sa situation économique semble aussi s'améliorer. L'acitivité de ses mines, de ses usines métallurgiques est en ce moment très grande. Et son horizon politique s'éclaircit. L'oeuvre de mensonge et de honte, bâtie par les états-majors cléricaux, s'écroule, et la réaction en sera écrasée. La République, la démocratie sortiront plus fortes de cette épreuve. Avant que le monde nous rende visite en 1900, nous aurons balayé les ordures qui souillaient notre maison. L'air et la lumière vont rentrer à pleines fenêtres dans cette noble maison de France, sur laquelle flotta d'abord le drapeau de la Révolution. Et les travailleurs du monde entier, réjouis par ce lumineux réveil de la France et profitant de la paix partout affermie, organiseront sur de fortes bases le socialisme international.


Deux notes:

. A la fin de l'article, Jaurès fait référence à l'Affaire Dreyfus .

. Cet article d'autre part témoigne bien de "l'indifférence" face à la colonisation , comme si elle allait de soi, si caractéristique de l'époque, jusque dans le mouvement ouvrier, socialiste.

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 17:44

SUFFRAGE FEMININ ET LUTTE DES CLASSES
ROSA LUXEMBURG, 1912

 

http://www.solidarites.ch/journal/docs/rosa.pdf

Dans ce texte, écrit juste après le triomphe électoral de la social-démocratie allemande, en janvier 1912, Rosa Luxemburg présente la lutte pour le suffrage féminin comme  partie intégrante de la lutte pour l’émancipation de tous les travailleurs -euses.

 
«Pourquoi n’y a-t-il pas d’organisation pour les femmes travailleuses en Allemagne? Pourquoi entendons-nous si peu parler du mouvement des femmes travailleuses?» C’est par ces questions qu’Emma Ihrer, l’une des fondatrices du mouvement des femmes prolétariennes d’Allemagne, introduisait son essai de 1898: «Les femmes travailleuses dans la lutte des classes». A peine quatorze ans se sont écoulés depuis, qui ont vu une grande expansion du mouvement des femmes prolétariennes. Plus de cent cinquante mille femmes sont organisées dans des syndicats et sont parmi les contingents les plus actifs des luttes économiques du prolétariat. Plusieurs milliers de femmes politiquement organisées ont rallié la bannière du prolétariat: le journal des femmes sociales-démocrates [Die Gleichheit (L’Egalité), édité par Clara Zetkin], compte plus de cent mille abonné-e-s; le suffrage féminin est l’un des points vitaux du programme de la social-démocratie.
 

 

Pourquoi le suffrage féminin est un objectif essentiel?


De tels faits pourraient précisément nous inciter à sous-estimer l’importance de la lutte pour le suffrage féminin. Nous pourrions penser: même sans l’égalité des droits politiques des femmes, nous avons réalisé d’énormes progrès dans l’éducation et l’organisation des femmes

.
Ainsi, le suffrage féminin n’est pas une nécessité urgente. Mais si nous pensions cela, nous serions dans l’erreur. Durant ces quinze dernières années, l’éveil politique et syndical des masses du prolétariat féminin a été magnifique. Mais cela n’a été possible, que parce que les femmes travailleuses ont pris un intérêt vivant dans les combats politiques et parlementaires de leur classe, en dépit du fait qu’elles étaient privées de leurs droits. Jusqu’ici, les femmes travailleuses ont été soutenues par le suffrage masculin, auquel elles ont bien sûr pris part, certes indirectement seulement. Les larges masses des hommes et des femmes de la classe ouvrière considèrent déjà les campagnes électorales comme des causes communes. Dans tous les meetings électoraux sociaux-démocrates, les femmes constituent une large fraction des participants, parfois la majorité. Elles sont toujours intéressées et passionnément concernées.

 
Dans tous les districts où existe une organisation social-démocrate sérieuse, les femmes soutiennent la campagne. Et ce sont les femmes qui font un travail inestimable en distribuant des tracts et en gagnant des abonnements à la presse social-démocrate, cette arme si importante de ces campagnes.


L’Etat capitaliste n’a pas été en mesure d’empêcher les femmes de porter ces charges et ces efforts de la vie politique. Pas à pas, l’Etat a été en effet forcé de leur allouer et de leur garantir cette possibilité en leur accordant les droits syndicaux et de réunion. Seul le dernier des droits politiques est dénié aux femmes: le droit de voter, de décider directement des représentant-e-s du peuple dans les domaines législatif et exécutif, de devenir un membre élude tels corps. Mais ici, comme dans tous les autres domaines de la vie sociale, le mot d’ordre est: «ne pas laisser les choses progresser!» Mais les choses ont commencé à avancer. L’Etat actuel a reculé devant les femmes du prolétariat lorsqu’il les a admises dans les réunion publiques, dans les associations politiques. Et l’Etat n’a pas concédé cela volontairement, mais par nécessité, sous la pression irrésistible de la classe ouvrière montante. Ce n’est pas moins la poussée passionnée des femmes prolétaires elles- mêmes, qui a forcé l’Etat policier germano-prussien à (…) ouvrir grandes les portes des organisations politiques aux femmes.

 
Ceci a réellement mis la machine en mouvement. Les progrès irrésistibles de la lutte des classes prolétarienne ont jeté les droits des femmes travailleuses dans le tourbillon de la vie politique. Utilisant leurs droits syndicaux et de réunion, les femmes prolétariennes ont pris une part très active dans la vie parlementaire et dans les campagnes électorales. C’est seulement la conséquence inévitable, le résultat logique du mouvement, qui fait
qu’aujourd’hui, des millions de femmes prolétaires crient avec défiance et pleine d’assurance en elles-mêmes: gagnons le suffrage

 

Abattre la monarchie et arracher le suffrage féminin


Il était une fois, dans l’ère idyllique de l’absolutisme d’avant-1848, une classe ouvrière qu n’était pas réputée «assez mûre» pour exercer les droits politiques. Cela ne peut pas être dit des femmes travailleuses d’aujourd’hui, parce qu’elles ont démontré leur maturité politique.

 
Tout le monde sait que sans elles, sans l’aide enthousiaste des femmes prolétariennes, le part social-démocrate n’aurait pas remporté la victoire glorieuse du 12 janvier [1912], en obtenant 4,25 millions de voix. Dans tous les cas, la classe ouvrière a toujours dû prouver sa maturité pour la liberté politique par un soulèvement révolutionnaire de masse victorieux. C’est seulement lorsque le Droit Divin sur le trône et les meilleurs et les plus nobles des hommes de la nation ont senti le poing calleux du prolétariat sur leurs faces et son genou sur leurs poitrines, qu’ils ont fait confiance dans la «maturité» politique du peuple, et cela, ils l’ont réalisé à la vitesse de la lumière. Aujourd’hui, c’est au tour des femmes du prolétariat de rendre l’Etat capitaliste conscient de leur maturité. Cela est le fait d’un mouvement de masse constant et puissant, qui doit user de tous les moyens de lutte et de pression du prolétariat.

 
Le suffrage féminin, c’est le but. Mais le mouvement de masse qui pourra l’obtenir n’est pas que l’affaire des femmes, mais une préoccupation de classe commune des femmes et des hommes du prolétariat. Le manque actuel de droits pour les femmes en Allemagne n’es t qu’un maillon de la chaîne qui entrave la vie du peuple. Et il est intimement lié à cet autre pilier de la réaction: la monarchie. Dans ce pays avancé, hautement industrialisé, qu’es tl’Allemagne du 20e siècle, au temps de l’électricité et de l’aviation, l’absence de droits politiques pour les femmes est autant une séquelle réactionnaire du passé mort, que l’est le règne de Droit Divin sur le trône. Les deux phénomènes: le pouvoir politique dirigeant comme instrument du ciel et les femmes, cloîtrées au foyer, non concernées par les tempêtes de la vie publique, par la politique et la lutte des classes – les deux phénomènes plongent leurs racines dans les circonstances obsolètes du passé, de l’époque du servage à la campagne et des guildes dans les villes. En ces temps- là, ils étaient justifiables et nécessaires. Mais autant la monarchie, que l’absence de droits pour les femmes, ont été déracinées par le développement du capitalisme moderne et sont devenues des caricatures ridicules. Elles se perpétuent dans notre société moderne, non pas parce que les gens ont négligé de les abolir, non pas à cause de la persistance et de l’inertie des circonstances. Non ils existent encore parce que les deux – la monarchie et les femmes sans droits – sont devenues de puissants outils au service d’intérêts hostiles à ceux du peuple. Les pires défenseurs et les plus brutaux de l’exploitation et de l’asservissement du prolétariat sont retranchés derrière le trône et l’autel, comme derrière l’asservissement politique des femmes. La monarchie et le manque de droits des femmes sont devenus les plus importants instruments de la classe capitaliste régnante.


Femmes prolétaires et femmes bourgeoises

 
En vérité, notre Etat est intéressé à priver de vote les femmes travailleuses et elles seules. l l craint à juste titre qu’elles n’en viennent à menacer les institutions traditionne lles du pouvoir de classe, par exemple le militarisme (duquel aucune femme travailleuse consciente ne peut s’empêcher d’être une ennemie mortelle), la monarchie, le vol systématique que représentent les droits et taxes sur l’alimentation, etc. Le suffrage féminin est une horreur et une abomination pour l’Etat capitaliste actuel, parce que derrière lui se tiennent des millions de femmes qui renforceraient l’ennemi de l’intérieur, c’est-à-dire la social-démocratie révolutionnaire. S’il n’était question que du vote des femmes bourgeoises, l’Etat capitaliste ne pourrait en attendre rien d’autre qu’un soutien effectif à la réaction. Nombre de ces femmes bourgeoises qui agissent comme des lionnes dans la lutte contre les «prérogatives masculines» marcheraient comme des brebis dociles dans le camp de la réaction conservatrice et cléricale si elles avaient le droit de vote. En fait, elles seraient certainement bien plus réactionnaires que la fraction masculine de leur classe

.
A part quelques-unes d’entre elles, qui exercent une activité ou une profession, les femmes de la bourgeoisie ne participent pas à la production sociale. Elles ne sont rien d’autre que des coconsommatrices de la plus-value que leurs hommes extorquent au prolétariat. Elles sont les parasites des parasites du corps social. Et les co-consommateurs sont généralement plus frénétiques et cruels pour défendre leurs «droits» à une vie parasitaire, que l’agent direct du pouvoir et de l’exploitation de classe. L’histoire de toutes les grandes luttes révo lutionnaire confirme cela de façon effrayante. Prenez la grande Révolution Française. Après la chute des Jacobins, lorsque Robespierre fut conduit enchaîné sur son lieu d’exécution, les putains dénudées d’une bourgeoisie ivre de victoire, dansaient de joie, sans vergogne, autour du héros déchu de la Révolution. Et en 1871, à Paris, lorsque la Commune héroïque des travailleurseuses a été défaite par les mitrailleuses, les femmes bourgeoises déchaînées ont dépassé en bestialité leurs hommes dans leur revanche sanglante contre le prolétariat vaincu. Les femmes des classes détentrices de la propriété défendront toujours fanatiquement l’exploitation e t l’asservissement du peuple travailleur, duquel elles reçoivent indirectement les moyens de leur existence socia lement inutile.

 

Des femmes actives et conscientes


Economiquement et socialement, les femmes des classes exploiteuses ne sont pas un segment indépendant de la population. Leur unique fonction sociale, c’est d’être les instruments de la reproduction naturelle des classes dominantes. A l’opposé, les femmes du prolétariat sont économiquement indépendantes. Elles sont productives pour la société, comme les hommes.


Par cela, je n’ai pas en vue leur investissement dans l’éducation des enfants ou leur travail domestique, par lesquels elles aident les hommes à subvenir aux besoins de leur famille avec des salaires insuffisants. Ce type de travail n’est pas productif, au sens de l’économie capitaliste actuelle, quelle que soit l’ampleur des sacrifices et de l’énergie consentis, de même que les milliers de petits efforts cumulés. Ce n’est que l’affaire privée du travailleur, son bonheur et sa bénédiction, qui pour cela n’existe pas aux yeux de la société actuelle. Aussi longtemps que le capitalisme et le salariat dominent, le seul type de travail considéré comme productif est celui qui génère de la plus- value, du profit capitaliste. De ce point de vue, la danseuse de music-hall, dont les jambes suintent le profit dans les poches de son employeur est une travailleuse productive, tandis que toutes les peines des femmes et des mères prolétariennes entre les quatre murs de leurs foyers sont considérées comme improductives.


Cela paraît brutal et absurde, mais reflète exactement la brutalité et l’absurdité de notre économie capitaliste actuelle. Le fait de voir cette cruelle réalité clairement et distinctement voilà la première tâche des femmes du prolétariat.


En effet, précisément de ce point de vue, la revendication des femmes prolétariennes de droits politiques égaux est ancrée dans une base économique ferme. Aujourd’hui, des millions d e femmes travailleuses créent du profit capitaliste, tout comme les hommes – dans les usines les ateliers, les fermes, le bâtiment, les bureaux, les magasins. Elles sont pour cela productives dans la société actuelle, dans le strict sens scientifique du terme. Chaque jour élargit le champ d’exploitation des femmes par le capitalisme. Chaque nouveau progrès de l’industrie ou de la technologie crée de nouvelles places pour les femmes dans le processus du profit capitaliste. Ainsi, chaque jour et chaque pas en avant du progrès industriel ajoutent une nouvelle pierre aux fondations solides des droits politiques égaux pour les femmes. L’éducation des femmes et leur intelligence sont devenues nécessaires à la machine économique elle-même. La femme
étroitement recluse dans le «cercle familial» patriarcal répond aussi peu aux attentes du commerce et de l’industrie, qu’à ceux de la politique. C’est vrai, l’Etat capitaliste a négligé son devoir, même dans ce domaine. Jusqu’ici, ce sont les syndicats et les organisations sociales-démocrates qui ont fait le plus pour éveiller l’esprit et le sens moral des femmes.


Cela fait des décennies déjà, que les sociaux-démocrates sont réputés être les travailleurs les plus capables et intelligents d’Allemagne. De la même façon, les syndicats et la socialdémocratie ont arraché les femmes à leur existence étroite et bornée, ainsi qu’à l’abrutissement misérable et étriqué de la tenue du ménage. La lutte de classe prolétarienne a élargi leurs horizons, rendu leur esprit plus flexible, développé leur pensée; elle leur a montré de grandes perspectives, dignes de leurs efforts. Le socialisme a suscité la renaissance mentale de la masse des femmes prolétariennes – en faisant d’elles aussi, sans aucun doute, des travailleuses productives et compétentes pour le capital.

 

Sentiment d’injustice et changement social


Au vu de tout cela, le fait que les femmes prolétariennes sont privées de droits politiques est une vile injustice, ceci d’autant plus qu’il s’agit maintenant d’un demi mensonge. Après tout, une masse de femmes prennent activement part à la vie politique. Pour autant, la socialdémocratie ne recourt pas à l’argument de l’«injustice». C’est la différence essentielle entre nous et le socialisme antérieur, sentimental et utopique.

 

Nous ne dépendons pas de la justice de la classe dominante, mais seulement de la force révolutionnaire de la classe ouvrière et du cours du développement social qui prépare les bases de son pouvoir. Ainsi, l’injustice en ellemême n’est certainement pas un argument de nature à renverser les institutions réactionnaires.


En revanche, si un sentiment d’injustice se développe dans de larges secteurs de la société – relève Friedrich Engels, le co-fondateur du socialisme scientifique – voilà un indice sûr que les bases économiques de la société ont changé considérablement, que les conditions actuelles entrent en conflit avec la marche du développement. Le formidable mouvement actuel de millions de femmes prolétariennes, qui considèrent leur privation de droits politiques comme une injustice criante, est un tel signe infaillible, un signe que les bases sociales du système dominant sont pourries et que ses jours sont comptés.


Il y a cent ans, le français Charles Fourrier, l’un des premiers grands prophètes des idéaux socialistes, a écrit ces mots mémorables: dans chaque société, le degré d’émancipation des femmes est la mesure naturelle de l’émancipation générale. Ceci est parfaitement vrai pour la société actuelle. La lutte de masse en cours pour les droits politiques des femmes est seulement l’une des expressions et une partie de la lutte générale du prolétariat pour sa libération. En cela réside sa force et son avenir. Grâce au prolétariat féminin, le suffrage universel, égal et direct des femmes, ferait avancer considérablement et intensifierait la lutte des classes du prolétariat. C’est la raison pour laquelle la société bourgeoise déteste et craint le suffrage féminin. Et c’est pourquoi nous le défendons et nous l’obtiendrons. En luttant pour le suffrage féminin, nous rapprocherons aussi l’heure où la société actuelle tombera en ruines sous les coups de marteau du prolétariat révolutionnaire.


Rosa LUXEMBURG*

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 16:53

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" ... Nous disons : à peu près. Car si l'on ne pouvait s'entendre touchant la meilleure solution à adopter, il est un point sur lequel tout le monde se trouvait d'accord: la nécessité de soustraire les jeunes gens du contingent à l'obligation d'aller servir dans nos possessions d'outre-mer. Et en effet, s'il est naturel d'imposer à tous les citoyens valides l'obligation de défendre le territoire national en cas de guerre, il peut sembler excessif de contraindre un certain nombre d'entre eux à accomplir leur service du temps de paix dans les colonies, dont le climat est réputé malsain pour les Européens. Tous les projets quels qu'ils fussent, contenaient une disposition en vertu de laquelle l'armée coloniale ne devait être recrutée qu'à l'aide d'engagemens volontaires et de réengagemens, sollicités les uns et les autres, par des primes en argent et des hautes-payes. On détacha donc cette disposition et l'on en fit une loi à part, la loi du 30 juillet 1893, loi d'attente qui visait l'armée coloniale, - dont l'organisation restait à déterminer par une loi ultérieure, - mais qui était applicable immédiatement aux troupes de la marine...."

 

" ... Si la solution cherchée se fait attendre depuis si longtemps, c'est qu'on s'est engagé dans une mauvaise voie et qu'en réalité on ne s'est pas étudié jusqu'ici à constituer une véritable armée coloniale. Les mesures proposées ne sont que des expédiens ... Enfin, les auteurs des projets sont hantés par la vision des luttes suprêmes qui, un jour ou l'autre, ensanglanteront la frontière; dans leur pensée, l'armée à créer a sa place réservée dans ces combats.

 

Ces deux extraits proviennent d'un texte paru dans la Revue des deux mondes en ...  avril 1898 publié par un colonel Charles Corbin bien explicite tant sur le rôle de l'armée coloniale que sur les perspectives de guerre "continentale", ces "luttes suprêmes qui ensanganteront" en effet une partie du monde et feront de 1914 à 1918 mourir des millions de personnes.

 

Ce texte éclaire bien cette marche impérialiste vers la guerre décrite article après article par Rosa Luxemburg et en particulier dans les textes du tournant du siècle.

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 13:05

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Gilbert Badia et Georges Haupt ont joué un rôle important pour nous et pour ce glissement régulier qui a amené à cette fréquentation quasi-quotidienne de la pensée et de l'action de Rosa Luxemburg.

 

Plusieurs ouvrages de Georges Haupt publiés sont à citer, "La deuxième Internationale 1889 - 1914" ou "l'Internationale et la question d'Orient" ou encore "le congrès manqué" paru chez Maspéro en 1965 et qui porte comme sous-titre "l'internationale à la veille de la première guerre mondiale".

 

L'ouvrage présente un réel intérêt historique - même s'il peut susciter des questions, des interrogations parfois - car il décrit les positions et l'action de la deuxième Internationale face à la marche vers la guerre.

 

On peut y suivre ainsi la génèse des différentes décisions jusqu'à ce congrès manqué qui aurait dû avoir lieu à Paris et qui fut annulé ... pour cause de guerre.

 

Dans l'ouvrage, on trouve mentionnée à plusieurs reprises Rosa Luxemburg, ce qui enrichit notre connaissance de son action au sein de cette institution. Nous reprenons les passages ici, en recommandant à nos visiteurs de ne pas hésiter à se procurer les ouvrages de ce remarquable historien très tôt disparu.

 


Extraits sur Rosa Luxemburg du "congrès manqué" de Georges Haupt 

Ière partie

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Avant-propos - P. 11 

 

Une seule citation dans l'avant-propos avec laquelle on peut être en désaccord ou qui devrait pour le moins être étayée  par des exemples et citations:

 

Tout  en accablant comme Lénine les dirigeants opportunistes et réformistes, la gauche allemande faisait porter son analyse également sur le comportement des masses. Pour Rosa Luxemburg, août 1914 signifiait la fin d'une illusion: les socialistes - disait-elle en substance - avaient surestimé l'emprise des idées nationalistes sur les masses ouvrières. Pour elle, la guerre mettait en lumière la vivacité et la ténacité d'un phénomène négligé par l'Intenationale: le sentiment nationaliste.

 

L'élaboration d'une politique socialiste internationale - P 23

 

Dans ce passage, G. Haupt présente une de ses thèses, la lutte d'influence entre les social-démocraties allemande et française. Là-encore et à la lumière de l'histoire et des ralliemets dans les deux pays ou des positions face aux colonialismes, on peut peut-être se dire que la part est faite très belle aux socialistes français, mais dans cet extrait, il souligne l'implication de Rosa Luxemburg lors de la crise marocaine :

 

La question du danger de guerre et de l'inscrire parmi les objectifs primordiaux  de l'Internationale, fut dictée en premier lieu par une vision d'ensemble profondément humaniste et allant dans le sens de l'histoire. Mais à l'arrière-plan, nous trouvons en même temps un autre facteur important: la lutte du socialisme français pour le leader-ship de l'Internationale contre la prépondérance allemande. Dans son violent réquisitoire au Congrès International d'Amsterdam, Jaurès développa clairement ses griefs devant un auditoire à la fois consterné et ravi:  "En ce moment, ce qui pèse sur l'Europe et sur le monde ... c'est l'impuissance politique de la social-démocratie allemande ..."


Le conflit sur le problème général de la paix, trouva des champs d'application plus précis en 1905 - 1906 lors de la crise marocaine : l'attentisme de la direction du P.S.D. - vivement critiqué par les antimilitaristes comme K. Liebknecht, Rosa Luxemburg qui se tenaient à la gauche du Parti - contrastait singulièrement avec la fébrilité et l'angoisse des socialistes français.

 

L'élaboration d'une politique socialiste internationale - P 26 :  la motion au congrès de Stuttgart

 

Les débats au sein de la commission chargée d'élaborer une résolution commune mirent en évidence la multiplicité des positions. Quatre projets furent présentés dont les plus importants étaient celui de Bebel, et celui de Vaillant et Jaurès qui cherchait à définir les moyens concrets de lutter contre la guerre en proposant la grève générale. Ce dernier point provoqua une violente contre-attaque des délégués allemands, farouchement hostiles à la grève générale, jugée incompatible avec la tactique socialiste. Dans l'impossibilité d'arriver à un accord, une sous-commission fut nommée pour élaborer un compromis. La résistance et l'hostilité à la proposition Jaurès-Vaillant, permirent à Rosa Luxemburg, Lénine et Martov, de faire passer dans la sous-commission leur amendement qui précisait:

 

"au cas où la guerre éclaterait néanmoins, ils [les socialistes] ont le devoir de s'entremettre pour la faire promptement et d'utiliser de toutes leurs forces la crise économique et politique créée par la guerre pour agiter les couches populaires les plus profondes et précipiter la chute de la domination capitaliste."

 

En acceptant la résolution qui contenait cet amendement de la gauche, le centre et la droite ne furent-ils pas conscients de sa portée? Cette question reste encore en suspens. Il nous semble que la majorité des délégués au Congrès accordait peu d'importance à cette motion en considérant qu'elle concernait un avenir jugé hypothétique et qu'elle ne les engageait en rien dans l'immédiat. Pour eux, la menace de révolution était un argument efficace pour effrayer la bourgeoisie, et non pas un objectif stratégique à poursuivre. D'ailleurs, la résolution très radicale dans ses termes ne reflétait ni les débats, ni l'état d'esprit de la majorité des délégués. Elle laissait notamment dans l'ombre les interventions qui distinguaient les guerres défensives des guerres impérialistes et  qui se prononçaient à la fois en faveur de la défense nationale et de la lutte des classes. Comme on ne parvenait pas à adopter une position claire sur cette question, et comme on la jugeait purement théorique et sans importance pour la lutte socialiste  immédiate, "le Congrès n'attendait la solution de cette contradiction que de la victoire de la casse ouvrière dans les principaux pays européens". (Max Beer)

 

Le compromis satisfaisait tout le monde; chaque tendance et chaque protagoniste pouvaient considérer la délibération de Stuttgart comme sa victoire.

 

 

Désaccords franco-allemands au B.S.I. - P 34 - 35 :  la crise marocaine de 1911

 

L'oscillation, la lenteur de réaction et d'action du P.S.D. allemand, furent l'objet d'une violente critique de la part de la gauche luxemburgiste, qui jugeait que le comité Directeur n'était pas à la hauteur de sa tâche contre l'impérialisme. Le 24 juillet 1911, Rosa Luxemburg publia dans la Leipziger Volkszeitung la correspondance échangée entre Molkenbuhr et Huysmans et critiqua sévèrement la direction pour son attentisme. Le débat sur le comportement du P.S.D. pendant la crise marocaine se poursuivit au Congrès annuel de Iéna où la gauche présenta deux motions blâmant l'attitude du Comité Directeur. Dans leurs réquisitoires sévères, Ledebour et Clara Zetkin laissaient entendre que par son refus d'agir en juillet, le parti allemand avait déçu l'Internationale. Vivement atteinte par ces critiques, la direction réagit de manière brutale, Bebel y défendit intégralement la ligne de conduite adoptée ...

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 09:46

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La participation à la révolution de 1905 de Rosa Luxemburg est un élément politique et biographique essentiel que le blog a déjà abordé. Elle est le témoignage par l'action que les mots de son grand texte "Réforme sociale ou révolution" ne sont pas pour elle que des mots. On peut trouver sur le net cet article de Parvus qui donne l'éclairage d'un autre militant.

 

Helphand_Parvus.jpg


Parvus sur le blog

Note sur parvus article - 25/06/08 - Note sur parvus - Sur le site smolny (voir liens) helphand Alexander Israel, né

Rosa luxemburg - questions d'organisation de la social-démocratie russe - 1904   article - 18/05/08 - de la lutte socialiste. On se refuse par exemple à examiner la question, posée par parvus, des changements de tactique à envisager au cas de l'abrogation du suffrage universel en…http://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/ext/http://classiques.chez-alice.fr/rosa/rosa8.html#1


La révolution russe de 1905, Parvus

mercredi 6 mai 2009, par Robert Paris http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1122

Parvus 9 janvier 1905

 

Le Dimanche Sanglant du 9/22 janvier ouvre une ère nouvelle dans le destin historique de la Russie. Elle est entrée dans la période révolutionnaire de son développement. On assiste à la destruction de l’ordre ancien, et, rapidement de nouvelles formations politiques se mettent en place. Il y a peu, la propagande des idées de la révolution attendait les faits et semblait donc utopique ; maintenant les faits révolutionnent les esprits. Dans le même temps l’élaboration de la tactique révolutionnaire n’arrive pas à suivre le développement révolutionnaire. La révolution pousse en avant la réflexion politique. En l’espace de quelques journées révolutionnaires, l’opinion publique a accompli une critique fondamentale du pouvoir gouvernemental et a éclairci ses rapports avec lui ; plus que cela n’aurait pu être fait en des années de développement, même sous un régime parlementaire. L’idée des réformes d’en haut est rejetée, entraînant avec elle la foi dans la mission populaire du tsar. Ensuite, rapidement, l’opinion publique s’est défaite de l’idée d’une monarchie constitutionnelle ; et l’idée d’un gouvernement provisoire révolutionnaire et d’une république démocratique, qui semblait auparavant utopique, a acquis un caractère de réalité politique.

 

La révolution imprime son sceau sur tous les courants d’opinion politiques et sécrète ainsi le ferment unifiant l’opposition. Les différences de partis se dissimulent momentanément derrière les tâches révolutionnaires communes. En même temps, la révolution pousse en avant l’idéologie du libéralisme jusqu’à ses dernières extrémités politiques. Les partis libéraux semblent par eux-mêmes plus radicaux qu’ils ne le sont en fait ; ils promettent plus et s’assignent même des tâches plus importantes qu’ils ne peuvent accomplir vus les appuis sociaux dont ils bénéficient. La révolution déplace tous les partis d’opposition vers la gauche, les rapproche les uns des autres et l’idée révolutionnaire les unit.

 

La révolution rend le changement politique plus clair mais brouille les partis politiques. Cette loi historique n’a pas manqué d’apparaître également à l’époque révolutionnaire actuelle en Russie où quelques particularités du développement politique du pays la favorisent d’ailleurs.

 

En Russie, la claire répartition des forces politiques n’a pas eu lieu et ne pouvait avoir lieu. C’est justement une des tâches historiques du parlementarisme que de mener à terme cette classification des forces politiques de la société et de les opposer les unes aux autres selon leurs intérêts économiques particuliers. Sous la formule politique du gouvernement populaire, le parlementarisme attire toutes les couches de la société à la lutte pour le pouvoir politique. Dans cette lutte, légalisée et régulée, les rapports politiques mutuels des classes se définissent en même temps que se comptabilise leur force. En Russie, jusqu’à présent, les orientations politiques (à l’exception de la lutte de classe du prolétariat et de la social-démocratie dont nous parlerons plus tard) se sont développées dans les régions éthérées de l’idéologie et commencent juste à chercher un lien avec le peuple ou la "société" dans le sens étroit de ce mot, c’est à dire avec la bourgeoisie. Emportées ici ou là par le souffle de la politique, ces masses brumeuses, informes, volatiles éclatent en morceaux ou se condensent à nouveau tout aussi facilement. Leur politique du moment peut se trouver dans la contradiction la plus aiguë avec leur développement politique (lequel se définit par la couche sociale sur laquelle ils s’appuient essentiellement). Ainsi, par exemple, le zemstvo russe, principal appui du libéralisme en Russie en ce moment, annonce pour la Russie parlementaire un parti agraire avec des tendances conservatrices affirmées. L’absolutisme ne donnant pas de solution à la lutte des agrariens contre le capital industriel, il a fait des uns et des autres ses ennemis.

 

L’impossibilité de donner une expression politique à la lutte de la Russie agraire contre le capitalisme en plein développement, a, entre autres, accentué la critique littéraire du capitalisme industriel. Néanmoins, vue la division sociale des campagnes, sous l’influence du développement culturel de l’Europe Occidentale, et enfin selon la loi immanente du développement de n’importe quelle critique révolutionnaire, cette critique littéraire a pris un caractère démocratique. In fine, n’étant pas arrivée au socialisme ouvrier qui se développe en dehors de Russie, elle s’est réalisée dans l’enseignement tolstoïen. Celui-ci, qui ne trouve pas d’union culturelle hors du capitalisme, nie la culture en général, c’est à dire transforme son propre fiasco idéaliste en principe historique. Cette fantasmagorie littéraire, mélange en des couleurs bizarres, parfois, vives, le réflexe artistique de la vie aux illusions des visionnaires, l’élan vivant vers le développement au romantisme d’une antiquité morte. Ces idées se sont fourvoyées avec l’idéologie politique et ont d’autant plus masqué les soubassements de classe des intérêts politiques. Cette confusion de la critique littéraire et de la politique s’est répandue dans tous les partis (à l’exception tout de même de la social-démocratie) sous la forme d’un populisme dans lequel prédomine la critique littéraire par rapport à l’orientation politique plus radicale.


On le sait, le radicalisme politique en Europe Occidentale s’appuyait d’abord sur la petite bourgeoisie. Il s’agissait des artisans et plus généralement de toute cette partie de la bourgeoisie qui a été emportée par le développement industriel et en même temps écartée de la classe capitaliste. Il faut se souvenir qu’en Europe Occidentale, ce sont les artisans qui ont créé les villes, que les villes sous leur direction politique ont atteint un épanouissement significatif, et que les maîtres ont posé leur empreinte sur quelques siècles de la culture européenne. Il est vrai qu’au moment de l’introduction du régime parlementaire, la puissance des maîtres était depuis longtemps fanée. Mais le fait même de l’existence de villes nombreuses où prédomine la classe moyenne (prédominance disputée par le prolétariat en développement) avait une signification politique. Dans la mesure où ces forces sociales se dissolvaient dans les contradictions du capitalisme, une tâche s’offrait aux partis démocratiques : ou rejoindre les ouvriers et devenir socialistes, ou rejoindre la bourgeoisie capitaliste et devenir réactionnaires. En Russie, pendant la période précapitaliste, les villes se développaient plus à la chinoise qu’à l’européenne. C’était des centres administratifs, ayant un caractère purement bureaucratique sans la moindre signification politique ; et sous le rapport économique, des foires marchandes pour les propriétaires et les paysans environnants. Leur développement était encore insignifiant quand il fut suspendu par le processus capitaliste qui commença à créer des grandes villes sur son modèle, c’est à dire des villes manufacturières et des centres du commerce mondial. En définitive, nous avons en Russie une bourgeoisie capitaliste mais pas de bourgeoisie intermédiaire comme celle dont est née et sur laquelle s’est maintenue la démocratie politique en Europe Occidentale. Les couches moyennes de la bourgeoisie capitaliste en Russie, comme dans toute l’Europe, se composent des "professions libérales", médecins, avocats, littérateurs etc., de couches sociales situées hors des rapports de production, mais aussi du personnel technique et commercial de l’industrie et du négoce capitalistes ainsi que des branches qui s’associent à elles, comme les sociétés d’assurance, les banques etc. Ces éléments disparates ne peuvent avoir de programme de classe propre car leurs sympathies et antipathies oscillent entre le révolutionnarisme prolétarien et le conservatisme capitaliste. En Russie, il faut leur adjoindre les « raznotchintsy » [déclassés], déchets des ordres et classes de la Russie d’avant la Réforme, que le processus de développement capitaliste n’a pas encore eu le temps d’absorber.

 

En Russie, il faut fonder le radicalisme politique sur cette population urbaine qui n’est pas passée par l’école historique du moyen-âge ouest-européen, qui est sans relation économique, sans tradition héritée du passé, et sans idéal pour l’avenir. Il n’est pas étonnant que ce radicalisme recherche encore d’autres bases. D’un côté, il rejoint la paysannerie. Là s’exprime toujours plus le caractère littéraire du populisme russe qui remplace un programme politique de classe par l’apologie du travail et de l’indigence. De l’autre côté, le radicalisme politique essaie de s’appuyer sur les ouvriers d’usine.

 

Dans de telles conditions, la révolution russe accomplit son travail de rapprochement et d’union de courants opposés. La force de la révolution avant le changement de régime repose dans cette union d’éléments de nature différente. Avec le renversement du gouvernement contre lequel était dirigée la lutte générale, la divergence et l’opposition d’intérêts des courants politiques maintenus ensemble par la révolution apparaissent au grand jour ; l’armée de la révolution se désorganise et se sépare en divisions adversaires les unes des autres. Tel fut jusqu’à présent le destin historique de toutes les révolutions dans les sociétés de classe ; et il ne peut y avoir d’autres révolutions politiques.


Nous savons que cette lutte interne était déjà si forte pendant la révolution de 1848 qu’elle avait totalement paralysé la force politique de la révolution et avait rendu possible la réaction et la contre-révolution qui se sont terminées en France avec le massacre des ouvriers par la bourgeoisie, alors que ladite bourgeoisie venait de mener la lutte révolutionnaire au côté de ces mêmes ouvriers.

 

En Russie, après le renversement de l’autocratie, la bourgeoisie capitaliste ne se séparera pas moins vite du prolétariat qu’en 48 en Europe Occidentale, mais le processus de bouleversement révolutionnaire se prolongera. C’est dû à la complexité des tâches politiques que la révolution doit résoudre, car il s’agit non seulement d’un changement de régime politique mais avant tout de la création d’une organisation étatique embrassant toute la vie compliquée d’un pays industriel contemporain, afin de remplacer le système fiscal et policier vers lequel l’autocratie a uniquement tendu. Outre cela, c’est déterminé par la confusion des rapports agraires en Russie, par l’élaboration incomplète et l’absence de liens sociaux des courants politiques non-prolétariens du pays.


Dans ces conditions objectives de développement de la révolution en Russie, quelles sont les tâches du parti social-démocrate ? La social-démocratie ne doit pas avoir seulement en vue le renversement de l’autocratie, point de départ de la révolution, mais tout son développement ultérieur.


Elle ne peut faire coïncider sa tactique à un seul moment politique, elle doit se préparer à un développement révolutionnaire prolongé.


Elle doit préparer la force politique capable non seulement de renverser l’autocratie mais également de prendre la tête du développement révolutionnaire.


Cette force, dans les mains de la social-démocratie, ne peut être que le prolétariat, organisé comme une classe spéciale.


Conduisant le prolétariat au centre et à la tête du mouvement révolutionnaire de tout le peuple et de toute la société, la social-démocratie doit le préparer en même temps à la guerre civile qui suivra le renversement de l’autocratie, à la défection des libéralismes agraire et bourgeois, à la trahison des radicaux et démocrates politiques.


La classe ouvrière doit encore savoir que la révolution et la chute de l’autocratie ne se recouvrent nullement et que, pour mener à bien le bouleversement révolutionnaire, il faut au début se battre contre l’autocratie et ensuite, contre la bourgeoisie.


Plus important encore que la conscience qu’a le prolétariat de sa spécificité politique, il y a l’autonomie de son organisation, sa séparation réelle d’avec toutes les autres tendances politiques. On nous parle de la nécessité de concentrer en une seule toutes les forces révolutionnaires du pays, mais il nous importe plus de faire en sorte que l’énergie révolutionnaire du prolétariat ne soit pas morcelée.


En conséquence, l’isolement organisationnel et politique du prolétariat est indispensable non seulement dans l’intérêt de la lutte de classe (qui ne s’arrête jamais, ni avant, ni pendant, ni après la révolution), mais aussi dans l’intérêt du bouleversement révolutionnaire lui-même. Malgré tout, cela ne doit pas signifier que le prolétariat doive être étranger à la politique, et doive ignorer la lutte politique des autres partis.

 

Il est nécessaire de prendre la situation politique dans toute sa complexité et non de la simplifier pour faciliter la décision des questions tactiques. Il est facile de dire : "avec les libéraux" ou "contre les libéraux" ! C’est très simple, mais en même temps très unilatéral et, pour cette raison, c’est une solution trompeuse à la question. Il faut se servir de tous les courants révolutionnaires et oppositionnels, mais il faut en même temps préserver sa capacité d’action politique autonome. Pour faire simple, en cas de lutte commune avec des alliés d’occasion, on peut suivre les points suivants :

 

1) Ne pas mélanger les organisations. Marcher séparément, mais frapper ensemble. 2) Ne pas renoncer à ses propres revendications politiques. 3) Ne pas cacher les divergences d’intérêt. 4) Suivre son allié comme on file un ennemi. 5) Se soucier plus d’utiliser la situation créée par la lutte que de préserver un allié.


Et donc, avant tout, organiser les cadres révolutionnaires du prolétariat. Utiliser cette force pour larguer le ballast politique de la révolution. J’entends par là l’influence de ces couches sociales et partis politiques qui, allant avec le prolétariat jusqu’au renversement de l’autocratie, réfréneront, affaibliront et déformeront le bouleversement politique par leur manque de constance et de décision, après le renversement de leur ennemi principal. Pousser en avant toutes les tendances de la démocratie politique et du radicalisme.


Faire avancer les démocrates signifie les critiquer. Seulement, il y a des esprits bizarres qui pensent qu’il faudrait les attirer par des paroles caressantes, comme un petit chien de compagnie avec du sucre. Les démocrates sont toujours prêts à s’arrêter à mi-chemin ; si nous commençons à les féliciter pour ce bout de chemin qu’ils ont fait, alors ils s’arrêteront.


La critique des mots est insuffisante, il faut une pression politique. Et cela nous ramène une fois encore au parti révolutionnaire du prolétariat.


La lutte de classe du prolétariat russe s’est clairement définie déjà sous l’absolutisme. Le faible développement de la production artisanale, qui gênait le développement de la démocratie petite-bourgeoise, rendait service à la conscience de classe du prolétariat. Celui-ci était d’emblée concentré dans les usines. La propriété économique s’est présentée tout de suite à lui dans sa forme la plus contemporaine, celle du capitaliste étranger à la production. Idem concernant le pouvoir d’Etat, dans sa forme la plus concentrée : l’autocratie s’appuyant exclusivement sur la force armée. A tout cela, la social-démocratie ajouta l’expérience historique de l’Occident.


Le prolétariat russe a montré qu’il n’était pas passé par ces trois écoles en vain. Il est parti d’un pas sûr sur le chemin de la politique révolutionnaire autonome. Il a fait la révolution russe, il a réuni autour de lui le peuple et la société ; mais il n’a pas dissout ses propres intérêts de classe dans le mouvement révolutionnaire général, il a présenté le programme politique de la démocratie ouvrière. Il réclame la liberté politique dans l’intérêt de sa lutte de classe, il revendique une législation ouvrière de pair avec les droits civils.

 

Notre tâche est maintenant de faire de la journée de 8 heures, au même titre que le droit de regard parlementaire sur le budget, une revendication de base de la révolution.


Mais nous ne devons pas seulement donner un caractère prolétarien au programme politique de la révolution, nous ne devons en aucun cas rester en arrière du cours révolutionnaire des événements.


Si nous voulons isoler le prolétariat révolutionnaire des autres courants politiques, alors nous devons apprendre à être idéologiquement à la tête du mouvement révolutionnaire, être plus révolutionnaires que tous. Si nous prenons du retard sur le développement révolutionnaire, alors le prolétariat, justement en raison de son caractère révolutionnaire, ne sera pas attaché à nos organisations et se dispersera dans le processus spontané de la révolution. Une tactique de l’initiative révolutionnaire est nécessaire. Le premier acte de la Grande Révolution Russe est terminé. Il a posé le prolétariat au centre de la politique et à réuni autour de lui toutes les couches libérales et démocratiques de la société. C’est un double processus de consolidation révolutionnaire du prolétariat et de concentration autour de lui de toutes les forces d’opposition du pays. Si le gouvernement ne fait pas de concessions, ce processus révolutionnaire continuera de progresser. Le prolétariat gagnera toujours plus en union et en conscience. Notre tâche est d’utiliser cela pour l’organiser de façon révolutionnaire. La société libérale saura-t-elle suivre ce développement ou s’effraiera-t-elle de la force révolutionnaire croissante du prolétariat ? Je laisse cela en suspens. Selon toutes vraisemblances, elle oscillera de l’un à l’autre : avec ses peurs de la révolution, elle se tournera vers le gouvernement ; et elle se gardera des coups du pouvoir avec les révolutionnaires. Les éléments démocratiques resteront avec les ouvriers. Mais nous avons déjà remarqué qu’en Russie ces éléments sont très faibles. Les paysans seront entraînés en masses croissantes dans le mouvement. Mais ils sont seulement capables d’accroître l’anarchie politique dans le pays et ainsi d’affaiblir le gouvernement ; ils ne peuvent constituer une armée révolutionnaire ordonnée. C’est pourquoi, avec le développement de la révolution, une part toujours croissante du travail politique retombe à la charge du prolétariat. En même temps sa conscience politique s’élargit et son énergie politique grandit.


Le prolétariat russe a maintenant déjà développé une force révolutionnaire qui surpasse tout ce qui a été fait par d’autres peuples en des temps de soulèvement révolutionnaire. Il n’y eut jamais d’exemple où le peuple se soit levé dans tout un pays en de telles masses. Les peuples allemand et français ont conquis leur liberté avec beaucoup moins de victimes. La résistance du régime tsariste est sans conteste plus forte grâce à la puissance militaire dont il dispose ; mais cette opposition doit accroître d’autant plus l’énergie révolutionnaire du prolétariat. Quand le prolétariat russe aura enfin renversé l’autocratie, il sera une armée trempée par la lutte révolutionnaire, dotée d’un fort esprit de décision, toujours prête à soutenir par la force ses revendications politiques.

Déjà, en 48, le prolétariat français avait imposé des hommes à lui dans le gouvernement provisoire. Le gouvernement révolutionnaire ne pouvait exister sans le soutien des ouvriers ; c’est pourquoi il leur joua la comédie de la sollicitude étatique.


Les ouvriers russes, qui ont déjà ajouté leurs revendications prolétariennes au programme politique de la révolution, seront bien plus forts au moment du changement de régime et, en tout cas, ne montreront pas moins de conscience de classe que les ouvriers français en 48 ; ils nommeront sans aucun doute leurs hommes au gouvernement révolutionnaire. La social-démocratie sera devant un dilemme : ou bien prendre sur elle la responsabilité du gouvernement provisoire, ou bien rester sur le côté, à l’écart du mouvement ouvrier. Quand bien même la social-démocratie s’interdirait toute participation, les ouvriers considéreront ce gouvernement comme le leur. L’ayant créé par la lutte révolutionnaire et restant la principale force révolutionnaire du pays, ils s’assureront mieux de lui qu’ils ne le feraient par des bulletins de vote.


Seuls les ouvriers peuvent accomplir le bouleversement révolutionnaire en Russie. Le gouvernement révolutionnaire provisoire en Russie sera un gouvernement de démocratie ouvrière. Si la social-démocratie est à la tête du mouvement révolutionnaire du prolétariat russe, alors ce gouvernement sera social-démocrate. Si la social-démocratie reste à l’écart du prolétariat par son initiative révolutionnaire, alors elle se transformera en secte négligeable.


Un gouvernement provisoire social-démocrate ne pourra pas accomplir en Russie une révolution socialiste, mais le processus même de liquidation de l’autocratie et d’établissement d’une république démocratique lui donnera une bonne base pour le travail politique.


Nous tous qui nous battons en Europe Occidentale contre la participation au gouvernement bourgeois de représentants isolés de la social-démocratie, nous n’avons pas argumenté notre position en disant qu’un ministre social-démocrate ne doit s’occuper de rien excepté de la révolution. Non. Nous avons démontré que, restant en minorité au gouvernement et sans soutien politique suffisant dans le pays, il ne pourra rien faire et servira uniquement le gouvernement capitaliste pour couvrir le bruit de nos critiques.


La situation d’un gouvernement provisoire social-démocrate sera tout à fait différente. Ce sera un gouvernement homogène avec une majorité social-démocrate, créé dans une période révolutionnaire, quand la puissance gouvernementale est très grande. Il aura derrière lui l’armée révolutionnaire des ouvriers qui auront accompli une révolution politique, libérant ainsi une énergie sans exemple dans l’histoire. Et ce gouvernement aura devant lui des tâches politiques unissant tout le peuple russe dans la lutte révolutionnaire. Un gouvernement provisoire social-démocrate pourra évidemment accomplir ce travail bien plus radicalement que n’importe quel autre.


Si le régime tsariste cède bientôt la place, cela ne résoudra pas ipso facto les difficultés politiques ; cela rendra même la situation encore plus confuse. Le processus de reconstruction politique de la Russie, qui demande du temps même en période révolutionnaire, s’allongera encore si le gouvernement au pouvoir pose à chaque pas de nouveaux obstacles devant le développement progressiste ; dans le même temps, le processus de préparation des partis politiques, arrêté par la révolution, reprendra avec plus de force. Mais, avant que ces derniers tirent des limbes une idéologie politique selon leurs intérêts de classe, avant qu’ils parviennent à une intelligence claire de leurs interactions politiques et de leurs relations avec un gouvernement qui, lui-même, tanguera de gauche et de droite, le pays sera plongé dans des troubles ininterrompus. Et ce d’autant plus qu’il faudra se battre pour l’extension des droits politiques, les droits du parlement en particulier. Ce sera une longue période d’agitation politique dans laquelle le facteur dernier et décisif, bien que pas toujours évident, sera la force. Force militaire du côté du gouvernement, révolutionnaire du côté du peuple. En conséquence, le prolétariat aura un rôle politique actif à jouer en cette occasion. S’il conserve son indépendance politique, il pourra alors enregistrer des succès significatifs.


Dès aujourd’hui, on a commencé de deux côtés à courtiser les ouvriers. Le régime tsariste promet un élargissement de la législation ouvrière tandis que la presse libérale ou semi-libérale remplit ses colonnes d’articles sur les besoins des ouvriers, sur le mouvement ouvrier et le socialisme. L’une et l’autre attitude sont caractéristiques de la peur et du respect du régime et de la bourgeoisie devant l’énergie révolutionnaire du prolétariat.


La tactique de la social-démocratie dans cette situation doit consister à élargir les conflits politiques, et à essayer de les utiliser pour changer le cours des événements, renverser le régime et ainsi ouvrir un boulevard au développement révolutionnaire.


Quelle que soit l’évolution politique ultérieure, nous devons de toute façon nous soucier de faire bande à part dans le concert politique. Tant que la révolution efface les divergences politiques, il est d’autant plus important de présenter comment la tactique politique des partis a évolué jusqu’à la journée historique du 9 janvier. Grâce à la brochure du camarade Trotsky, on voit comment les libéraux et les démocrates ont mené leur lutte politique de façon molle et indécise, de pair avec une pression sur le régime pour mener des réformes d’en haut. Ils ne reconnaissaient pas d’autres possibilités, ne voyaient pas d’autres perspectives. Et quand le régime refusa fermement de prendre en compte leurs exhortations, requêtes et prétentions, coupés du peuple, ils s’avérèrent isolés dans un coin. Ils étaient sans force, incapables, semblait-il, d’opposer quoi que ce soit au régime réactionnaire. On voit d’un autre côté comment s’est développée la lutte politique des ouvriers russes, s’étendant toujours et gagnant en énergie révolutionnaire. La brochure fut écrite avant le 9 janvier. Mais elle rend compte du développement de la lutte révolutionnaire du prolétariat russe, si bien que les événements qui ont suivi ne nous étonnent plus, même si leur ampleur nous frappe. En ayant fait la révolution, le prolétariat a libéré les libéraux et les démocrates de leur situation sans issue. Maintenant, en collant aux ouvriers, ils trouvent une nouvelle méthode de lutte ainsi que de nouveaux moyens. C’est l’assaut révolutionnaire du prolétariat qui, seul, a rendu révolutionnaires d’autres couches sociales.


Le prolétariat russe a commencé la révolution. Sur lui seul repose son développement et son succès.

 

Janvier 1905

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 21:06

comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

Compte-rendu de lecture : "La crise de la social-démocratie" de Rosa LUXEMBURG

vendredi 8 avril 2011 sur le site table rase

 

« "La Crise de la Social-Démocratie" est de la dynamite de l’esprit qui fait sauter l’ordre bourgeois. »

 

C’est en ces termes que Clara Zetkin parle du livre que Rosa Luxemburg a écrit depuis sa cellule de la prison des femmes de Berlin en avril 1915, et qui est d’abord paru sous le titre de "La Brochure de Junius".

 

En Aout 1914, le Parti Social-Démocrate Allemand, LE modèle du parti de la classe ouvrière en Europe, vote les crédits pour la guerre, capitulant devant la bourgeoisie impérialiste allemande.

 

Rosa Luxemburg expose ici les raisons d’une telle capitulation, et livre une analyse politique et économique de la situation qui couvait en Europe depuis dès années, jusqu’à aboutir au massacre de milliers d’ouvriers transformés en soldats au profits des grandes puissances impérialistes.

 

Elle dénonce la responsabilité des dirigeants sociaux-démocrates allemands, coupables de s’être transformés en ennemis de classe, mais dirige bien son attaque principale contre l’ennemi n° 1 : le capitalisme et l’impérialisme.

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 20:36

comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

 

Une citation qui nous est adressée aujourd'hui et qui n'est pas sans résonnance avec ce qui se passe aujourd'hui! Quand les puissances impérialistes dont la France prétendent servir les droits de l'Homme en allant faire la guerre ...
Comme souvent, comprendre avec Rosa Luxemburg! Rosa Luxemburg qui fait partie de ceux qui sont allés le plus loin et de la manière la plus conséquente dans la pensée et dans l'action contre la guerre, et qui peut donc nous permettre de réfléchir aux conflits impérialistes d'aujourd'hui.

"La guerre mondiale ne sert ni la défense nationale ni les intérêts économiques ou politiques des masses populaires quelles qu'elles soient, c'est uniquement un produit de rivalités impérialistes entre les classes capitalistes de différents pays pour la suprématie mondiale et pour le monopole de l'exploitation et de l'oppression des régions qui ne sont pas encore soumises au Capital. A l'époque de cet impérialisme déchaîné il ne peut plus y avoir de guerres nationales. Les intérêts nationaux ne sont qu'une mystification qui a pour but de mettre les masses populaires laborieuses au service de leur ennemi mortel : l'impérialisme". 

(Rosa Luxemburg, Brochure de Junius, 1915)

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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009