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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 17:51

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Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier international - Collection Jean Maitron - L'Allemagne. Sous la direction de Jacques Droz - Les Editions ouvrières 1990 - P 322.

 

"Née le 5 mars 1871 à Zamosc (Pologne russe). Assassinée le 15 janvier 1919 à Berlin. Leader social-démocrate de gauche.

 

De toute la social-démocratie allemande du XXème siècle, Rosa Luxemburg, en dépit de son origine (juive polonaise), est aujourd'hui la figure la plus connue, la plus vivante aussi. Tandis que les Liebknecht (Wilhem et Karl), les Bebel ou les Ebert semblent appartenir à une époque et un monde révolus, Rosa Luxemburg pourrait être notre contemporaine. Cela tient à la fois aux problèmes qu'elle a soulevés et abordés (le nationalisme, le rapport entre les réformes et la révolution), mais aussi et peut-être plus encore à l'exemple qu'elle a donné: celui d'une militante, d'une révolutionnaire prête à mourir pour ses idées et en même temps sensible à toutes les souffrances, ouverte à toutes les joies, à tous les arts (littérature, peinture, musique). Journaliste et oratrice brillante, elle a prolongé les analyses de Marx sur le plan théorique. Contre Eduard Bernstein d'abord, contre Karl Kautsky ensuite, elle se battait pour un socialisme fidèle à la doctrine de Marx qui se proposait, non d'amender le système et la société capitaliste, mais de les remplacer par un système et une société différents: socialistes.

 

Animatrice du mouvement spatakiste, elle hésitait à rompre organisationnellement avec le Parti social-démocrate jusqu'au moment (31 décembre 1918) où toute cohabitation au sein de l'USPD lui paraissait impossible; elle participa à la fondation du Parti communiste allemand. Si elle critiqua (dans un texte posthume: La Révolution russe) certaines mesures de Lénine et Trotsky, Rosa Luxemburg ne cela pas son admiration pour les bolcheviks, et c'est mal connaître son oeuvre et ses idées que de vouloir faire d'elle l'adversaire de Lénine.

 

Cependant Rosa Luxemburg eut, peut-être plus que Lénine, le respect de "quiconque pense autrement" qu'elle. Dans une lettre écrite pendant la guerre, de sa prison de Wronke, elle écrivit à Mathilde Wurm : "Tâche donc de demeurer un être humain. C'est vraiment là l'essentiel. Et ça veut dire: être solide, lucide et gaie, oui gaie malgré tout et le reste."

 

Rosa Luxemburg naquit dans une famille juive aisée. C'est là que, de 1877 à 1887, elle fréquenta le lycée de jeunes filles. A seize ans (1887), elle faisait partie d'un groupe de socialistes révolutionnaires (Proletariat). Menacée d'arrestation, elle émigra en Suisse (1889) où elle entreprit des études (sciences naturelles, mathématiques, puis sciences politiques et économie) à l'Université de Zurich. C'est à Zurich qu'elle fit la connaissance de Leo Jogiches dont elle devint la compagne. Avec lui, Marchlewski et Warski, elle édita la première publication socialiste polonaise, la Sprawa Robotnicza (La cause ouvrière, 1893) et fonda le Parti social-démocrate de Pologne et de Lituanie (SDKPiL). En tant que déléguée de ce parti, elle participa jusqu'en 1912 à tous les congrès de la IIème Internationale. En 1893-1894, elle séjourna à Paris.

 

En 1896, elle rentre en relation avec le rédacteur en chef de Die Neue Zeit, Karl Kautsky, et publia dans cette revue plusieurs articles sur la Pologne. L'année suivante, elle soutint sa thèse de doctorat sur le développement industriel de la Pologne et, après avoir acquis la nationalité prussienne par un mariage blanc avec Gustav Lübeck, elle s'établit à Berlin où elle adhéra au SPD (1898). A partir de cette date, sans cesser de contribuer aux activités du SDKPiL, Rosa Luxemburg consacra la majeure partie de son temps à militer au sein de la social-démocratie allemande".

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 16:49

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Guesdiste en 14, et donc nationaliste et soutien à la guerre, antibolchévique convaincu, Compère Morel de dérive en dérive devint vichyste dès 40.

 

Ces évolutions fatales nous en apprennent beaucoup sur le rapport entre nationalisme et social-démocratie, même s'il faut rester prudent sur l'interprétation  de vies politiques et ne pas lire les écrits précoces à la lumière d'une évolution aussi dramatique qu'intolérable.


Cependant, cela nous enseigne que la vigilance et la nécessité de rester, strictement, sur des positions de classe et internationalistes apparaissent aujourd'hui plus importantes que jamais.


Le dictionnaire du socialisme de Compère Morel, publié en 1924 reste une mine d'informations sur le mouvement ouvrier. Voici comment il y présente Rosa Luxemburg:

 

"Militante socialiste allemande, née en Pologne, qu'elle dut quitter à l'âge de 16 ans, inculpée d'avoir participé à un complot contre le tsar. Réfugiée à Zurich, elle y obtint ses grades de docteur en droit et en philosophie.Participa à tous les Congrès Nationaux Allemands et Internationaux, où elle représentait et défendait les idées de la fraction la plus avancée de la Social-Démocratie allemande. Propagandiste éprouvée, elle ne cessait de faire des réunions tout en publiant de nombreuses brochures et de nombreux ouvrages socialistes: La Grève des Masses; L'Accumulation du Capital; La Réforme sociale et la Révoluion, etc. Ayant participé au mouvement pacifiste, en Allemagne, au cours de la guerre de 1914-1918, - Elle publia, avec Clara Zetkin et Mehring des lettres révolutionnaires sous le pseudonyme de "Spartacus", - elle fut arrêtée, puis libérée par la Révolution. Arrêtée à nouveau au cours des événements révolutionnaires, elle fut assassinée, dans la soirée du 15 janvier 1919, en sortant de l'Eden Hotel, où les autorités militaires se tenaient, par la même brute qui avait tué Liebknecht: le soldat Runge. Mise dans une auto, un sous-officier lui tira un coup de revolver dans la tête pour l'achever. Berlin socialiste lui fit des obsèques splendides."

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 21:39

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Cette lettre fait suite à celle du 5 mars, déjà publiée sur le blog (voir ci-après) et très connue, concernant la publication d'un article "Nouveaux courants dans le mouvement socialiste polonais en Allemagne et en Autriche" dans la Neue Zeit.

Elle s'inscrit dans le combat que mène Rosa Luxemburg contre le courant nationaliste au sein du mouvement ouvrier en Pologne représenté par le Parti socialiste polonais. Ce premier article et les lettres qui s'y rapportent sont d'une grande importance pour comprendre l'approche de la question nationale de Rosa Luxemburg.


Zurich, 30 mars 1896

A Karl Kautsky

 

Monsieur le rédacteur en chef,

 

J'ai reçu hier votre estimée du 28 courant, mais j'attends encore le manuscrit que vous avez l'intention d'expédier avec la lettre et qui, jusqu"à présent n'est pas encore arrivé. Tout en le regrettant beaucoup, je suis disposée comme vous l'exigez à réduire la longueur de l'article. Mais il n'est pas possible d'obtenir cette réduction par de simples coupures. L'article forme un tout et il me faut en quelque sorte combler le vide qui résultera nécessairement de la suppression des 2 et 3ème parties, ne serait-ce que pour éviter que le lecteur s'étonne de me voir discuter la question de savoir si est réalisable ou non un programme dont je n'aurai pas mentionné les attendus. Or la possibilité de le réaliser est en étroit rapport avec la méthode qui a présidé à son établissement. C'est pourquoi d'ailleurs j'ai traité si brièvement la question de sa possibilité, parce que je croyais que, pour un marxiste, la façon dont on fonde un programme implique déjà pour une moitié la réponse à la première question. Il faudra sans doute deux ou trois jours pour établir dans l'article cette cohérence interne. Je vous laisse le soin, Monsieur le rédacteur en chef, de procéder aux autres coupures que vous jugerez nécessaires, parce que je ne sais pas ce qui, dans tel ou tel cas, vous paraît intéressant ou non. A vrai dire au départ, je n'avais pas escompté plus de vingt et une pages de la Neue Zeit, car en comparant une page imprimée de la revue à mon écriture, il me semblait que mon article n'exigerait pas davantage de place.

 

Quant à vos remarques sur la partie polémique de mon article, je me permets d'indiquer pour ma défense que ce qui suscite l'impression de polémique, ce n'est pas tant ma critique dans la 2 et 3ème partie que la reproduction du point de vue critiqué, par suite de la naïveté de l'argumentation. Par ailleurs, ma polémique n'a certes rien de personnel: elle vise exclusivement des opinions. Mais quand je critique une orientation politique, je me crois tenue de partir d'abord de l'argumentation de l'adversaire, sans quoi ma critique serait nécessairement incomplète. En outre l'opinion dont je traite dans les 2 et 3ème parties est effectivement partagée par tous les représentants de la tendance social-patriotique et elle s'est exprimée dans la presse allemande et française (voir Handbuch des Sozialismus, le Socialiste) sans soulever la moindre critique.

 

Pour le mouvement polonais spécialement, l'importance de cet article réside dans la critique de cette argumentation actuellement si répandue: en le publiant, la Neue Zeit ferait apparaître toute la faiblesse de cette position.

 

Enfin, surtout dans l'intérêt de la discussion qui pourrait s'engager, je voulais d'entrée de jeu expédier la partie de l'argumentation qui présente moins d'importance pour le grand public allemand, afin de concentrer la discussion exclusivement sur les aspects plus sérieux de la question traitée.

 

Malgré tout, j'attends mon manuscrit pour procéder aux réductions nécessaires: je n'en possède pas en effet d'autre exemplaire complet.

 

Veuillez agréer l'assurance de ma considération distinguée.

 

Rosa Luxemburg

Universitätsstr.77
(Vive la lutte - P46/47 - Maspero - Sous la direction de Georhes Haupt)



La lettre du 5 mars

Cette lettre adressée à Kautsky, rédacteur en chef de la Neue Zeit, fait partie des actions que Rosa Luxemburg a entamée contre la tendance nationaliste au sein du mouvement ouvrier polonais. Elle lui demande la publication d'un article dans le journal qu'il anime et qui est l'un des plus importants du parti social-démocrate allemand (voir article sur le blog).

Lettre à Karl Kautsky
Zurich, le 5 mars 1896

Monsieur le rédacteur en chef,

Par le même courrier, je vous envoie un assez long article sur les courants nationalistes dans le mouvement socialiste polonais. Le sujet - j'espère que vous le constaterez à la lecture de l'article - est tout à fait d'actualité. Le changement d'orientation politique des socialistes polonais d'allemagne et d'Autriche, préparé de longue main, peut avoir, à mon avis, une autre conséquence immédiate: à l'exemple de ce qui s'est déjà passé en Allemagne, le parti de Galicie se séparerait de la social-démocratie autrichienne. Ce changement d'orientation a déjà entraîné une résolution du peuple galicien, à propos de la célébration du premier mai, qui est très importante sur le plan pratique. Et son importance déborde et de loin le cadre du mouvement polonais lui-même, même si on laisse de côté l'intérêt immédiat que le mouvement polonais présente pour les camarades allemands. En effet, tout le mouvement nationaliste parmi les socialistes polonais tente de se donner des apparences marxistes, en invoquant surtout les sympathies dont il jouirait auprès de la social-démocratie allemande et il veut d'autre part gagner les sympathies des socialistes d'Europe occidentale grâce à une feuille qu'il édite spécialement à leur intention: Le Bulletin du parti soc(ialiste) pol(onais).


Mais traiter ce problème semble tout particulièrement indiqué si l'on considère que les représentants de la tendance nationaliste- socialiste se proposent - comme ils l'écrivent eux-mêmes dans l'organe allemaniste - Le Parti ouvrier - de soumettre au Congrès international de Londres une résolution qui sanctionnerait comme une rendication politique du prolétariat la restauration d'un Etat polonais, ce qui préparerait l'inclusion de cette revendication dans le programme pratique des partis polonais.


Si vous décidez de faire paraître mon article, son importance pratique sera d'autant plus grande qu'il sera publié plus vite, compte tenu de la proximité du Congrès de la social-démocratie autrichienne qui doit traiter de la question du premier mai et d'autres problèmes abordés dans cet article.

Veuillez agréer l'assurance de ma considération distinguée.

Rosa Luxemburg


L'allemand étant pour moi une langue étrangère, il se pourrait qu'une expression pas tout à fait correcte se fût glissé dans mon article. Aussi je me permets de vous prier très courtoisement de bien vouloir, le cas échéant, corriger mon article à cet égard

Mon adresse: Mademoiselle Luxemburg ...

(Vive la lutte - P44/45 - Maspero - Sous la direction de Georhes Haupt)


 

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 20:49

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Qu'il ait été nécessaire de faire paraître une nouvelle édition polonaise du Manifeste du Parti communiste, permet de faire maintes conclusions.

 

D'abord, il faut constater que le Manifeste est devenu, ces derniers temps, une sorte d'illustration du progrès de la grande industrie sur le continent européen. A mesure que celle-ci évolue dans un pays donné, les ouvriers de ce pays ont de plus en plus tendance à voir clair dans leur situation, en tant que classe ouvrière, par rapport aux classes possédantes; le mouvement socialiste prend de l'extension parmi eux et le Manifeste devient l'objet d'une demande accrue. Ainsi, d'après le nombre d'exemplaires diffusés dans la langue du pays, il est possible de déterminer avec  assez de précision non seulement l'état du mouvement ouvrier, mais aussi le degré d'évolution de la grande industrie dans ce pays.

 

La nouvelle édition polonaise du Manifeste est donc une preuve du progrès décisif de l'industrie de la Pologne.     Que ce progrès ait effectivement eu lieu durant les dix années qui se sont écoulées depuis que la dernière édition a vu     le jour, nul doute ne saurait subsister. Le Royaume de Pologne, la Pologne du Congrès [ce nom désignait la partie de la Pologne qui, sous le titre officiel de Royaume de Pologne, passa à la Russie par décision du Congrès de Vienne     (1814-1815). (N.D.L.R)], s'est transformé en une vaste région industrielle de l'empire de Russie. Tandis que la grande industrie russe est dispersée dans maints endroits, une partie tout près du golfe de Finlande, une autre dans la région     centrale (Moscou, Vladimir), la troisième sur les côtes de la mer Noire et de la mer d'Azov, etc., l'industrie polonaise se trouve concentrée sur une étendue relativement faible et éprouve aussi bien les avantages que les inconvénients de cette concentration. Ces avantages furent reconnus par les fabricants concurrents de Russie lorsque, malgré leur désir ardent de russifier tous les Polonais, ils réclamèrent l'institution de droits protecteurs contre la Pologne. Quant aux inconvénients—pour les fabricants polonais comme pour le gouvernement russe—, ils se traduisent par une rapide diffusion des idées socialistes parmi les ouvriers polonais et par une demande accrue pour le Manifeste.

 

Cependant, cette évolution rapide de l'industrie polonaise qui a pris le pas sur l'industrie russe, offre à son tour une nouvelle preuve de la vitalité tenace du peuple polonais et constitue une caution nouvelle de son futur rétablissement national. Or, le rétablissement d'une Pologne autonome puissante, nous concerne nous tous et pas seulement les Polonais. Une coopération internationale de bonne foi entre les peuples d'Europe n'est possible que si chacun de ces peuples reste le maître absolu dans sa propre maison. La révolution de 1848, au cours de laquelle les combattants prolétariens ont dû, sous le drapeau du prolétariat, exécuter en fin de compte la besogne de la bourgeoisie, a réalisé du même coup, par le truchement de ses commis—Louis Bonaparte et Bismarck[Bismarck, Otto (1815-1898), homme d'Etat et diplomate prussien Dans la politique intérieure et extérieure qu'il pratiquait, il se     guida sur les intérêts des hobereaux et de la grande bourgeoisie. Grâce à des guerres d'agression et à une série de démarches diplomatiques heureuses, il réussit, en 1871, l'unification de l'Allemagne sous l'égide de la Prusse. De 1871 à 1890, il fut le chancelier de l'Empire allemand. /"La révolution de 1848, comme nombre de celles qui la précédèrent, a connu d'étranges destins. Les mêmes gens qui l'écrasèrent, sont devenus, selon le mot de Marx, ses exécuteurs testamentaires. Louis-Napoléon fut contraint de créer une Italie unie et indépendante, Bismarck fut contraint de faire en Allemagne une révolution à sa manière et de rendre à la Hongrie une certaine indépendance..." (Engels, La situation de la classe laborieuse en Angleterre. Préface à l'édition allemande de 1892.) (N.R.)]— l'indépendance de l'Italie, de l'Allemagne, de la Hongrie. Pour ce qui est de la Pologne qui depuis 1792 avait fait pour la révolution plus que ces trois pays pris ensemble, à l'heure où, en 1863, elle succombait sous la poussée des forces russes[Allusion à l'insurrection nationale qui commença en janvier 1863 dans les terres polonaises faisant partie de l'Empire russe et qui fut sauvagement réprimée par les troupes du tsar. Les gouvernements des puissances de l'Europe occidentale—en qui les chefs de cette insurrection, gens de tendances conservatrices avaient placé leurs espoirs—, se bornèrent à des démarches diplomatiques et trahirent en fait les insurgés. N.D.L.R)], dix fois supérieures aux siennes propres, elle fut abandonnée à elle-même. La noblesse a été impuissante à défendre et à reconquérir l'indépendance de la Pologne; la bourgeoisie se désintéresse actuellement, pour ne pas dire plus, de cette indépendance. Néanmoins, pour la     coopération harmonieuse des nations européennes, elle s'impose impérieusement. Seul peut conquérir cette indépendance le jeune prolétariat polonais, qui en est même le garant le plus sûr. Car pour les ouvriers du reste de l'Europe cette indépendance est aussi nécessaire que pour les ouvriers polonais eux-mêmes.

 

                                                                     Friedrich Engels

                                                                Londres, 10 février 1892

 

 

 

http://www.marxists.org/francais/engels/works/1892/02/fe18920210.htm

 


Vous pouvez consulter en permanence le dossier sur le blog:

Rosa luxemburg et la Pologne - la question nationale

Le SDKPiL


                Sprawa robotnisza - La cause ouvrière : lire
Articles dans la presse social-démocrate allemande


                  Lettre 1898 - Contre les courants nationalistes dans le parti socialiste polonais : lire
Meetings en Haute-Silésie 1899


             Meetings en Haute-Silésie, lettre du 30.12.1899 : lire
Rosa luxemburg et la question nationale


             L'Etat-nation (1908) : lire
             L'Etat-nation et le prolétariat (suite) :
lire

                 Social-démocratie et luttes nationales en Turquie - Notre lecture : lire            

             Rosa Luxemburg et la Société des Nations : lire
Réfléxion actuelles sur la question nationale


                Le droit à l'autodétermination au Québec: lire

                Refuser de particper au débat sur l'identité nationale est une nécessité: lire

Contre-point historique


                Préface au Manifeste de Engels, 1892 : lire

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 16:27

 

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Conclusion d'un artice publé dans la Revue des Deux Mondes en 1898 sous le titre Le problème chinois!

 

Le mouvement d'échanges du Céleste Empire avec l'extérieur restera toujours limité et très inférieur à ce qu'il devrait être, tant que les étrangers ne pourront pénétrer dans le pays même et diriger l'exploitation de ses ressources. Aussi est-ce bien cela et non plus à un simple négoce que les Européens prétendent aujourd"hui. Mais ici c'est une tâche toute nouvelle qu'on entreprend. Tant qu'il ne s'agissait que d'ouvrir quelques nouveaux ports, le gouvernement se laissait aisément pesuader. Pour amener à permettre l'introduction de l'outillage et des capitaux européens, des méthodes industrielles européennes dans ce pays même, il n'a fallu pas moins que le sentiment de sa complète impuissance à résister. Mais "l'homme malade" de Pékin pourra-t-il supporter les remèdes violens qu'on lui administre aujourd'hui? Ne risque-t-il pas de le tuer plutôt que de le guérir, et, ce faisant, ne répondraient-ils pas plus exactement aux secrets désirs de certains de ses médecins, qui se préparent déjà à s'en disputer l'héritage.

 

Pierre Leroy-Beaulieu

 

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Published by lieb - dans 1898 1900
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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 18:19

 

Fonds Documentaire Smolny
Mise à jour : 1er mai 2011

26 avril 2011 par collectif

 

Avertissement

La plupart des volumes appartiennent au fonds propre du collectif, d’autres titres sont mis à disposition par des membres de l’association. Ces volumes sont consultables au « Bocal », 43 rue Bayard, 31 000 Toulouse.


Ce catalogue est encore incomplet. Il référence essentiellement les ouvrages de langue allemande qui sont en général manquants dans les réseaux des bibliothèques publiques ou universitaires.


Dans le cadre de recherches ou de travaux de plus longue durée, il est possible d’emprunter la plupart d’entre eux ou de demander une copie numérique.


Catalogue

Périodiques
Historical Materialism Book Series (Brill & HayMarket)
Œuvres par auteur
Sur les éditions Marx - Engels
Autres publications en langue allemande
Internationale Rosa-Luxemburg-Gesellschaft
Mouvement ouvrier allemand
Geschichte des Kommunismus und Linkssozialismus
Originaux des congrès du SPD
Originaux des congrès de l’USPD
Études historiques toutes langues
Dons, envois éditeurs ou services de presse
Remerciements


Périodiques

— 1. Agone, revue d’Histoire - Politique - Sociologie ; n° 34, Domestiquer les masses ; n° 35/36, Les Guerres de Karl Kraus ; tous les numéros depuis le n° 43 (2010).

— 2. Bilan & Perspectives, bulletin du BIPR/TCI en France, n° 9 (déc. 2008 - janv. 2009).

— 3. La Brèche, Lausanne, complet depuis le n° 3 (janvier 2009) jusqu’au n° 6/7 (juin 2010).

— 4. Cahiers du CERMTRI, trimestriel ; n° 66 : Documents sur le programme du Parti ouvrier français (1882) et celui de la social-démocratie allemande (1891) (sept. 1992) ; n° 68 : Documents sur l’association Internationale des Travailleurs (mars 1993) ; n° 91 : Révolution allemande 1918/1919 (déc. 1998) ; et tous les numéros depuis n° 118 jusqu’au n° 140 (mars 2011) ; manquent : n° 124, 125, 129, 130.

— 5. Cahiers du mouvement ouvrier, édités par le CERMTRI ; collection complète, 48 numéros parus (1998-2011).

— 6. Contretemps, revue de critique communiste ; n° 7 (3ème trim. 2010) ; n° 8 (4ème trim. 2010).

— 7. Controverses, parution du Forum pour la Gauche Communiste Internationaliste ; collection complète, 4 numéros parus (2009-2011).

— 8. Critique Sociale, n° 4 - Spécial Rosa Luxemburg (janvier 2009) ; n° 11 (août 2010) ; n° 12 (octobre 2010) ; numéros thématiques : Articles sur Marx (novembre 2010) ; Rosa Luxemburg (janvier 2011) ; Paul Fröclich - Parcours militant du biographe de Rosa Luxemburg (2011).

— 9. Gavroche, Revue d’histoire populaire, n° 160 (oct.-déc. 2009).

— 10. Historical Materialism, BRILL, 5 numéros : n° 16#4 (2008), n° 17#1, n° 17#2, n° 17#3 (2009), n° 18#1 (2010).

— 11. J’étais, Je suis, Je serai, « Aspect transcendantal du marxisme », courrier théorique gratuit, Ed. P. Leclerc, collection complète depuis le n° 3 (hiver 2008) jusqu’au n° 12 (printemps 2010).

— 12. Perspective Internationaliste, parution du groupe du même nom : n° 1 (janvier 1986) ; n° 8 (automne 1987) ; n° 10 (printemps 1988) ; n° 11 (été 1988) ; n° 13 (printemps 1989) ; n° 15 (automne 1989) ; n° 17 (été 1990) ; n° 27 (été 1994) à 39 (hiver 2001-2002) ; n° 42 (printemps 2004) et 43 (hiver 2004-2005) ; n° 45 (mai 2006) à 51-52 (hiver 2008-2009).

— 13. Présence Marxiste, parution de Robert Camoin, tous les numéros depuis le n° 45-46-47 (avril 2006) jusqu’au n° 84 (sept. 2010) ; manquent : n° 58, 69, 72.

— 14. Programme Communiste, revue théorique du Parti Communiste International, (presque) complet de Octobre 1970 à Mars 2003.

— 15. Revue Internationale, trimestriel publié par le Courant Communiste International ; collection complète, 154 numéros parus (1975-2011).


Historical Materialism Book Series (Brill & HayMarket)

— 16. The Gramscian Moment, Peter D. Thomas, 2009.

— 17. Witnesses to Permanent Revolution : The Documentary Record, Edited and translated by Richard B. Day and Daniel Gaido, 2009, 684 p.

— 18. Following Marx : Method, Critique and Crisis, Michael A. Lebowitz, 2009.

— 19. Western Marxism and the Soviet Union, Marcel van der Linden, 2007.

— 20. Pavel V. Maksakovsky : The Capitalist Cycle, Translated with introduction and commentary by Richard B. Day, 2004 ;


Œuvres par auteur

— 21. BEBEL August, Ausgewählte Reden und Schriften, München, K. G. Saur, 1995-1996, 10 tomes en 15 vols.

 

— 22. LIEBKNECHT Karl, Gesammelte Reden und Schriften, Berlin, Dietz Verlag, 9 vols. - vol. 1 : 2nde édition, 1983 ; vol. 2 : 2nde édition, 1985 ; vol. 3 : 1ère édition, 1960 ; vol. 4 : 1ère édition, 1961 ; vol. 5 : 2nde édition, 1977 ; vol. 6 : 2nde édition, 1974 ; vol. 7 : 3ème édition, 1985 ; vol. 8 : 4ème édition, 1982 ; vol. 9 : 4ème édition, 1982.

 

— 23. LUXEMBURG Rosa, Ausgewählte Reden und Schriften, Berlin, Dietz Verlag, 1951, 2 vols.

— 24. LUXEMBURG Rosa, Gesammelte Werke - Band III : Gegen den Reformismus, Herausgegeben von Clara Zetkin und Adolf Warski, eingeleitet und bearbeitet von Paul Frölich, Berlin SW61, Vereinigung Internationaler Verlags-Anstalten, 1925 ; in-8, 540 S.

— 25. LUXEMBURG Rosa, Gesammelte Werke - Band IV : Gewerkschaftskampf und Massenstreik, Herausgegeben von Clara Zetkin und Adolf Warski, eingeleitet und bearbeitet von Paul Frölich, Berlin SW61, Vereinigung Internationaler Verlags-Anstalten, 1928 ; in-8, 702 S.

— 26. LUXEMBURG Rosa, Gesammelte Werke - Band VI : Die Akkumulation des Kapitals, Berlin SW61, Vereinigung Internationaler Verlags-Anstalten, 1923 ; in-8, 494 S.

— 27. LUXEMBURG Rosa, Gesammelte Werke, Berlin, Dietz Verlag, 6 vols. - vol. 1-1 : 5ème édition, 1982 ; vol. 1-2. : 6ème édition, 1988 ; vol. 2 : 3ème édition, 1981 ; vols. 3 et 4 : 5ème édition, 1990 ; vol. 5 : 4ème édition, 1990.

— 28. LUXEMBURG Rosa, Gesammelte Briefe, Berlin, Dietz Verlag, 6 vols. - vol. 1 : 3ème édition, 1989 ; vol. 2 : 3ème édition, 1999 ; vols. 3 : 2ème édition, 1984 ; vol. 4 : 3ème édition, 2001 ; vols. 5 : 2ème édition, 1987 ; vols. 6 : 1ère édition, 1993.

— 29. LUXEMBURG Rosa, Koalitionspolitik oder Klassenkampf ?, Einleitung von Paul Frölich, Sonderdruck aus Rosa Luemburg « Gesammelte Werke » Band 3, Berlin SW61, Vereinigung Internationaler Verlags-Anstalten, 1922 ; in-8, 104 S.

— 30. LUXEMBURG Rosa, Politische Schriften, Frankfurt, Europaïsche Verlag & Wien, Europa Verlag, 3 vols., Herausgegeben und einleitet von Ossip K. Flechtheim ; Band 1 : 4. Auflage (1970), 232 S. ; Band 2 : 3. Auflage (1969), 212 S. ; 2. Auflage (1970), 160 S.

— 31. LUXEMBURG Rosa, Reden, Mit Einleitung von Paul Frölich, « Redner der Revolution », Band XI, Berlin, Neuer Deutscher Verlag, 1928 ; in-12, 128 S.

— 32. MARX Karl & ENGELS Friedrich, Collected Works, London, Lawrence & Wishart, 1979, 1980 (11-14), New York, International Publishers, 1985 (15), 1980 (16), 1981 (17), 1982 (18), 1984 (19) ; vol. 11 : August 1851 - March 1853 ; vol. 12 : March 1853 - February 1854 ; vol. 13 : February 1854 - February 1855 ; vol. 14 : February 1855 - April 1856 ; vol. 15 : May 1856 - September 1858 ; vol. 16 : August 1858 - February 1860 ; vol. 17 : October 1859 - December 1860 ; vol. 18 : articles 1857-1862 ; vol. 19 : January 1861 - June 1864.

— 33. MARX Karl & ENGELS Friedrich, Werke, Berlin, Dietz Verlag, 1968-1970, 39 vols. ; Verzeichnis, I & II, Berlin, Dietz Verlag, 1968 & 1979, 2 vols. ; Ergänzungsband, Berlin, Dietz Verlag, 1967 & 1968, 2 vols.

 

— 34. MEHRING Franz, Gesammelte Schriften, Berlin, Dietz Verlag, 1960-1966, 15 vo

ls.

— 35. PIECK Wilheim, Gesammelte Reden und Schriften, Berlin, Dietz Verlag, 3 vols. - vol. 1 : August 1904 bis Januar 1919, 1ère édition, 1959 ; vol. 2 : Januar 1920 bis April 1925, 1ère édition, 1959 ; vol. 3 : Mai 1925 bis Januar 1927, 1ère édition, 1961.

 

— 36. ROLAND-HOLST Henriette, Rosa Luxemburg - Ihr Leben und Werken, Zürich, Jean-Christophe Verlag, 1937 ; in-12, 224 S.

 

— 37. WARSKI Adolf, Rosa Luxemburgs Stellung zu den taktischen Problemen der Revolution, Hamburg, Verlag der Kommunistischen Internationale, 1922 ; in-8, 40 S.


— 38. ZETKIN Clara, Ausgewählte Reden und Schriften, Berlin, Dietz Verlag, 3 vols. - vol. 1 : 1889-1917 ; vol. 2 : 1918-1923 ; vol. 3 : 1924-1933.


Sur les éditions Marx - Engels

— 39. Marx-Engels Jahrbuch, n° 1-11 - Herausgegeben vom Institut für Marxismus-Leninismus, Dietz Verlag, Berlin, 1978-1989.

— 40. Marx-Engels Jahrbuch, 2004, 2007, 2008 & 2009 - Herausgegeben von der Internationalen Marx-Engels Stiftung, Amsterdam, Akademie Verlag, Berlin.


Autres publications en langue allemande

— 41. Die Internationale - Eine Monatsschrift für Praxis und Theorie des Marxismus, 1915 - Originalgetreuen Reproduktion, Dietz Verlag, Berlin, 1965.

— 42. Die Neue Zeit, Revue des geistigen und öffentlichen Lebens, Unter händiger Mitarbeiterschaft von A. Bebel, E. Bernstein, Fr. Engels, P Lafargue, W. Liebknecht, M. Schippel, F. A. Sorge, u. U. redigirt von Karl Kautsky. Neunter Jahrgang. 1890-91, Zweiter Band. Stuttgart. Verlag von J. H. W. Dietz ; in-8, 16,5 x 23,8 cm, 844 S.


Internationale Rosa-Luxemburg-Gesellschaft

— 43. Rosa Luxemburg im internationalen Diskurs, Narihiko Ito, Annelies Laschitza, Ottokar Luban (Hrsg.), Berlin, Karl Dietz Verlag, 2002 ;Internationale Rosa-Luxemburg-Gesellschaft in Chicago, Tampere, Berlin und Zürich (1998-2000), 304 S.

— 44. China Entdeck Rosa Luxemburg, Narihiko Ito, Theodor Bergmann, Stefan Hochstadt, Ottokar Luban (Hrsg.), Berlin, Karl Dietz Verlag, 2007 ; Internationale Rosa-Luxemburg-Gesellschaft in Guangzhou am 21./22. November 2004, 160 S.

— 45. Rosa Luxemburg. Ökonomische und historisch-politische Aspekte Ihres Werkes, Narihiko Ito, Annelies Laschitza, Ottokar Luban (Hrsg.), Berlin, Karl Dietz Verlag, 2010 ; Internationale Rosa-Luxemburg-Gesellschaft in Tokio, April 2007 und Berlin, Januar 2009, 240 S.


Mouvement ouvrier allemand

— 46. Der Bund der Kommunisten. Dokumente und Materialien, Berlin, Dietz Verlag, 1970, 1980 & 1982, Institut für Marxismus-Leninismus beim ZK der SED & Institut für Marxismus-Leninismus beim ZK der KPdSU ; Band 1 : 1836-1849, 1196 S. ; Band 2 : 1849-1851, 786 S. ; Band 3 : 1851-1852, 656 S.

— 47. Deutsche Kommunisten über der Partei. Artikel und Reden - 1918 bis 1939, Berlin, Dietz Verlag, 1980, Institut für Marxismus-Leninismus beim ZK der SED, 324 S.

— 48. Die Gründung der KPD. Protokoll und Materialien des Gründungsparteitages der Kommunisten Partei Deutschlands 1918/1919. Mit einer Einführung zur angeblichen Erstveröffentlichung durch die SED, Herausgegeben und eingeleitet von Hermann WEBER, Berlin, Dietz Verlag, 1993, 358 S.

— 49. Geschichte der internationalen Arbeiterbewegung in Daten, Berlin, Dietz Verlag, 1986, Institut für Marxismus-Leninismus beim ZK der SED, 868 S.


Geschichte des Kommunismus und Linkssozialismus

— 50. HEDELER Wladislaw & KINNER Klaus (Hrsg.), « Die Wache ist müde » Neue Sichten auf die russische Revolution 1917 und ihre Wirkungen, Berlin, Karl Dietz Verlag, 2008 ; GKL Band VI, 416 S.

— 51. HOFFROGGE Ralf, Richard Müller. Der Mann hinter der Novemberrevolution, Berlin, Karl Dietz Verlag, 2008 ; GKL Band VII, 240 S.


Originaux des congrès du SPD

— 52. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Halle a. S. vom 12. bis 18. Oktober 1890, Berlin, 1890, Verlag der Expedition des “Berliner Volksblatt” (Th. Glocke) ; in-12, 14 x 20 cm, 320 S. - Gebunden mit Erfurt 1891.

— 53. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Erfurt vom 14. bis 20. Oktober 1891, Berlin, 1891, Verlag der Expedition des “Vorwärts” Berliner Volksblatt (Th. Glocke) ; in-12, 14 x 20 cm, 368 S. - Gebunden mit Halle 1890.

— 54. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Erfurt vom 14. bis 20. Oktober 1891, Berlin, 1891, Verlag der Expedition des “Vorwärts” Berliner Volksblatt (Th. Glocke) ; in-12, 13,5 x 20 cm, 368 S.

— 55. Bericht des Partei-Vorstandes an der Parteitag zu Erfurt 1891, Verlag der Expedition des “Vorwärts” Berliner Volksblatt (Th. Glocke). Druck von Max Bading, Berlin SW., Beuthstr. 2 ; in-12, 13,4 x 18,4 cm, 16 S.

— 56. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Berlin vom 14. bis 21. November 1892, Berlin, 1892, Verlag der Expedition des “Vorwärts” Berliner Volksblatt (Th. Glocke) ; in-12, 13,5 x 19,5 cm, 304 S. - Gebunden mit Köln 1893.

— 57. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Köln vom 22. bis 28. Oktober 1893, Berlin, 1893, Verlag der Expedition des “Vorwärts” Berliner Volksblatt (Th. Glocke) ; in-12, 13,5 x 19,5 cm, 288 S. - Gebunden mit Berlin 1892.

— 58. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Köln vom 22. bis 28. Oktober 1893, Berlin, 1893, Verlag der Expedition des “Vorwärts” Berliner Volksblatt (Th. Glocke) ; in-12, 12,7 x 19,1 cm, 288 S.

— 59. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Frankfurt a. M. vom 21. bis 27. Oktober 1894, Berlin, 1894, Verlag der Expedition des “Vorwärts” (Th. Glocke) ; in-8, 14,7 x 22 cm, 192 S.

— 60. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Breslau vom 6. bis 12. Oktober 1895, Berlin, 1895, Verlag der Expedition des “Vorwärts” (Th. Glocke) ; in-8, 15 x 22,5 cm, 224 S.

— 61. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Gotha vom 11. bis 16. Oktober 1896, Berlin, 1896, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts (Th. Glocke in Berlin) ; in-8, 14,8 x 22 cm, 192 S.

— 62. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Hamburg vom 3. bis 9. Oktober 1897, Berlin, 1897, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts (Th. Glocke in Berlin) ; in-8, 15 x 21,3 cm, 232 S.

— 63. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Stuttgart vom 3. bis 8. Oktober 1898, Berlin, 1898, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts (Th. Glocke in Berlin) ; in-8, 15,2 x 22 cm, 240 S.

— 64. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Hannover vom 9. bis 14. Oktober 1899, Berlin, 1899, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts (Th. Glocke in Berlin) ; in-8, 15,2 x 22,4 cm, 304 S. - Gebunden mit Mainz 1900 & Lübeck 1901.

— 65. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Mainz vom 17. bis 21. September 1900. Mit einem Nachtrag : Bericht über die Frauenkonferenz am 16. und 17. September in Mainz, Berlin, 1900, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts (Th. Glocke in Berlin) ; in-8, 15,4 x 22,2 cm, 264 S.

— 66. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Mainz vom 17. bis 21. September 1900. Mit einem Nachtrag : Bericht über die Frauenkonferenz am 16. und 17. September in Mainz, Berlin, 1900, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts (Th. Glocke in Berlin) ; in-8, 15,2 x 22,4 cm, 264 S. - Gebunden mit Hannover 1899 & Lübeck 1901.

— 67. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Lübeck vom 22. bis 28. September 1901, Berlin, 1901, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts (Th. Glocke in Berlin) ; in-8, 15,2 x 22,4 cm, 320 S.

— 68. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Lübeck vom 22. bis 28. September 1901, Berlin, 1901, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts (Th. Glocke in Berlin) ; in-8, 15,2 x 22,4 cm, 320 S. - Gebunden mit Hannover 1899 & Mainz 1900.

— 69. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu München vom 14. bis 20. September 1902. Mit einem Anhang : Bericht über die 2. Frauenkonferenz am 13. und 14. September 1902 in München, Berlin, 1902, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts (Th. Glocke in Berlin) ; in-8, 14,8 x 22 cm, 312 S.

— 70. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu München vom 14. bis 20. September 1902. Mit einem Anhang : Bericht über die 2. Frauenkonferenz am 13. und 14. September 1902 in München, Berlin, 1902, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts (Th. Glocke in Berlin) ; in-8, 15 x 22 cm, 312 S. - Gebunden mit Dresden 1903.

— 71. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Dresden vom 13. bis 20. September 1903, Berlin, 1903, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts (Th. Glocke in Berlin) ; in-8, 15 x 22 cm, 448 S. - Gebunden mit München 1902.

— 72. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Bremen vom 18. bis 24. September 1904, Berlin, 1904, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts, Lindenstr. 69 (Ernst Preczang) ; in-8, 14,8 x 22 cm, 384 S.

— 73. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Bremen vom 18. bis 24. September 1904, Berlin, 1904, Verlag : Expedition der Buchhandlung Vorwärts, Lindenstr. 69 (Ernst Preczang) ; in-8, 15 x 22 cm, 384 S. - Gebunden mit Jena 1905.

— 74. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Jena vom 17. bis 23. September 1905, Berlin, 1905, Verlag : Buchhandlung Vorwärts, Berlin SW. 68, Lindenstraße 69 (Ernst Preczang, Berlin-Rahnsdorf) ; in-8, 15 x 22 cm, 384 S. - Gebunden mit Bremen 1904.

— 75. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Jena vom 17. bis 23. September 1905, Berlin, 1905, Verlag : Buchhandlung Vorwärts, Berlin SW. 68, Lindenstraße 69 (Ernst Preczang, Berlin-Rahnsdorf) ; in-8, 15,3 x 23 cm, 384 S.

— 76. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Mannheim vom 23. bis 29. September 1906 sowie Bericht über die 4. Frauenkonferenz am 22. und 23. September 1906 in Mannheim, Berlin, 1906, Verlag : Buchhandlung Vorwärts, Berlin SW. 68 (Hans Weber, Berlin) ; in-8, 15,5 x 23 cm, 488 S.

— 77. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Essen vom 15. bis 21. September 1907, Berlin, 1907, Verlag : Buchhandlung Vorwärts, Berlin SW. 68 (Hans Weber, Berlin) ; in-8, 15,5 x 23 cm, 416 S.

— 78. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Nürnberg vom 13. bis 19. September 1908 sowie Bericht über die 5. Frauenkonferenz am 11. und 12. September 1908 in Nürnberg, Berlin, 1908, Verlag : Buchhandlung Vorwärts, Berlin SW. 68 (Hans Weber, Berlin) ; in-8, 15,5 x 23 cm, 568 S.

— 79. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten zu Leipzig vom 12. bis 18. September 1909, Berlin, 1909, Verlag : Buchhandlung Vorwärts, Berlin SW. 68, Lindenstraße 69 (Hans Weber, Berlin) ; in-8, 16 x 23,5 cm, 536 S.

— 80. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten in Magdeburg vom 18. bis 24. September 1910, Berlin, 1910, Verlag : Buchhandlung Vorwärts, Berlin SW. 68, Lindenstraße 69 (Hans Weber, Berlin) ; in-8, 16 x 23,5 cm, 508 S.

— 81. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten in Magdeburg vom 18. bis 24. September 1910, Berlin, 1910, Verlag : Buchhandlung Vorwärts, Berlin SW. 68, Lindenstraße 69 (Hans Weber, Berlin) ; in-8, 15,’4x 22,6 cm, 508 S.

— 82. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten in Jena vom 10. bis 16. September 1911 sowie Bericht über die 6. Frauenkonferenz am 8. und 9. September 1911 in Jena, Berlin, 1911, Verlag : Buchhandlung Vorwärts Paul Singer G.m.b.H. (Hans Weber, Berlin) ; in-8, 16,5 x 24 cm, 496 S.

— 83. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten in Chemnitz vom 15. bis 21. September 1912, Berlin, 1912, Verlag : Buchhandlung Vorwärts Paul Singer G.m.b.H. (Hans Weber, Berlin) ; in-8, 16,2 x 23,4 cm, 560 S.

— 84. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten in Jena vom 14. bis 20. September 1913, Berlin, 1913, Verlag : Buchhandlung Vorwärts Paul Singer G.m.b.H. (Hans Weber, Berlin) ; in-8, 17 x 24 cm, 592 S.

— 85. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands. Abgehalten in Würburg vom 14. bis 20. Oktober 1917. Anhang I : Bericht des Parteivorstandes an den Parteitag zu Würzburg 1915. Anhang II : Bericht über die Tätigkeit der sozialdemokratischen Reichstagsfraktion, Berlin, 1917, Verlag : Buchhandlung Vorwärts Paul Singer G.m.b.H. ; in-8, 15,5 x 22,6 cm, 496-48-96 S.

— 86. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands abgehalten in Kassel vom 10. bis 16. Oktober 1920 - Bericht über die Frauenkonferenz abgehalten in Kassel am 9. und 10. Oktober 1920 . Anhang : Bericht des Parteivorstandes über das Geschäftsjahr 1919 - Bericht der Reichstagsfraktion - Bericht der Fraktion der Nationalversammlung, Berlin, 1920, Verlag : Buchhandlung Vorwärts, Berlin SW., Lindenstraße 3 ; in-8, 15,5 x 21,4 cm, 420-116 S.

— 87. Protokoll über die Verhandlungen des Parteitages der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands abgehalten in Görlitz vom 18. bis 24. September 1921 - Reichsfrauentag der Sozialdemokratischen Partei Deutschlands am 17. und 18. September 1921 in Görlitz, Berlin, 1921, J.H.W. Dietz Nachfolger / Stuttgart, Buchhandlung Vorwärts / Berlin ; in-8, 15,4 x 22,7 cm, 412-80 S.

— 88. Sozialdemokratischer Parteitag 1925 in Heidelberg - Protokoll mit dem Bericht der Frauenkonferenz. Der Parteitag tagte vom 13. bis 18. September 1925 in Heidelberg. In der Stadthalle. Die Frauenkonferenz am 19. September 1925 ebendort, J.H.W. Dietz Nachf., Berlin, 1925 ; in-8, 14,8 x 22,2 cm, 376 S.

— 89. Sozialdemokratischer Parteitag 1927 in Kiel - Protokoll mit dem Bericht der Frauenkonferenz. Der Parteitag tagte vom 22. bis 27. Mai 1927 im Gewerkschaftshaus zu Kiel. Die Frauenkonferenz vom 27. bis 29. Mai 1927 ebendort, J.H.W. Dietz Nachfolger, Berlin, 1927 ; in-8, 15,4 x 21,8 cm, 376 S.

— 90. Protokoll - Sozialdemokratischer Parteitag Magdeburg 1920 vom 26. bis 31. Mai in der Stadthalle, J.H.W. Dietz Nachfolger, Berlin, 1929 ; in-8, 15,6 x 22,4 cm, 312 S.


Originaux des congrès de l’USPD

— 91. Unabhängige Sozialdemokratische Partei - Protokoll über die Verhandlungen des außerordentlichen Parteitages in Halle. Vom 12. bis 17. Oktober 1920, Verlagsgenossenschaft “Freiheit” e.G.m.b.H., Berlin C2 ; in-8, 14,6 x 22,5 cm, 312 S.


Études historiques toutes langues

— 92. DATH Dietmar, Rosa Luxemburg - Leben, Werk, Wirkung, Berlin, Suhrkamp BasisBiographie, 2010 ; in-12, 158 S.

— 93. GREBING Helga, Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung, 9. Auflage, München, Deutscher Taschenbuch Verlag, 1979 ; in-12, 320 S.

— 94. HERVÉ Florence, Clara Zetkin oder : Dort kämpfen, wo das Leben ist, 2. Auflage, Berlin, Karl Dietz Verlag, 2008 ; in-12, 148 S.

— 95. KOWALSKI Ronald, Kommunist : A Weekly Journal of Economic, Political and Social Opinion. The Organ of the Moscow Regional Bureau of the Russian Communist Party (Bolshevik). Nos. 1-4 (1918), Millwood - New York, Kraus International Publications, 1990 ; in-8, 284 pp.

— 96. LASCHITZA Annelies, Die Liebknechts - Karl und Sophie, Politik und Familie, Berlin, Aufbau, 2009 ; in-12, 512 S.

— 97. LASCHITZA Annelies, Rosa Luxemburg - Im Lebensrausch, trotz alledem, 3. Auflage, Berlin, Aufbau, 2009 ; in-12, 688 S.

— 98. RAGONA Gianfranco, Maximilien Rubel (1905-1996) - Etica, Marxologia E Critica Del Marxismo, Milano, Francoangeli, 2003 ; in-8, 256 pp.

— 99. RÜCKERT Otto, Geschichte der Arbeiterbewegung im Reichstagswahlkreis Karl Liebknechts 1971-1917, Drei Bände, Postdam, Veröffentlichungen des Bezirksheimatmuseums Postdam, Heft 8, 1965 ; Teil 1, 120 S. ; Teil 2, 120 S. ; Teil 3 : 168 S.

— 100. SCHÜTRUMPF Jörn, Jenny Marx oder : Die Suche nach dem aufrechten Gang, Berlin, Karl Dietz Verlag, 2008 ; in-12, 142 S.

— 101. WOHLGEMUTH Heinz, Karl Liebknecht. Eine Biographie, Parteihochschule « Karl Marx » beim SK der SED, Berlin, Dietz Verlag, 1975, 534 S.


Dons, envois éditeurs ou services de presse

Sauf mention contraire en fin de référence, les envois sont du fait de l’auteur ou de l’éditeur.

— 102. BAZIN Jean, Des Clous dans la Joconde - L’Anthropologie autrement, Avant-propos d’Alban Bensa et Vincent Descombres, Toulouse, Anacharsis - collection « Essais », 2008 ; in-8, 608 p.

— 103. BENSA Alban, La Fin de l’exotisme - Essais d’anthropologie critique, Toulouse, Anacharsis - collection « Essais », 2006 ; in-8, 368 p.

— 104. CARASSO Jean-Gabriel, Nos enfants ont-ils droit à l’art et à la culture - Manifeste pour une politique de l’éducation artistique et culturelle, Toulouse, Éditions de l’Attribut, 2008 ; in-12, 124 pp.

— 105. COLLECTIF, Comprendre le présent, changer l’avenir, collection « bibliothèque jeunes », Montreuil-sous-Bois, Éditions Science Marxiste, 2019 ; in-12, 156 pp.

— 106. COLLECTIF, Plateforme de la gauche - Projet de thèses présenté par un groupe de « gauchistes » (bordiguistes) à l’occasion du Ve Congrès du Parti communiste français, Paris, Imprimerie spéciale de la Librairie du Travail, 1926 ; in-12, 56 pp. - Donation : SM.

— 107. DON LÉVINE Isaac, Lénine, traduit de l’anglais par H. Altiar, Paris, Librairie Plon, 1924 ; in-12, 180 pp - Donation : JLR.

— 108. ENGELS Friedrich, La situation de la classe ouvrière en Angleterre, précédé de « La vision historique de la transformation sociale » par Arrigo Cervetto, collection « bibliothèque jeunes », Montreuil-sous-Bois, Éditions Science Marxiste, 2011 ; in-12, 442 pp.

— 109. FABIAN Johannes, Les Temps & les Autres - Comment l’anthropologie construit son objet, traduit de l’anglais par Estelle Henry-Bossoney et Bernard Müller, avant-propos d’Alban Bensa, Toulouse, Anacharsis - collection « Essais », 2006 ; in-8, 318 p.

— 110. GLASER Georg K., Secret et violence - Chronique des années rouge et brun (1920-1945), traduit de l’allemand par Anacharsis Toulon, préface d’André Prudhommeaux « Un Allemand à la recherche de l’espoir perdu », Marseille, Agone, 2005 ; in-8, 576 pp.

— 111. HURSTEL Jean, Une nouvelle utopie culturelle en marche ? Essai sur une autre vision de l’action culturelle en Europe, Toulouse, Éditions de l’Attribut, 2009 ; in-12, 140 pp.

— 112. JANOVER Louis, Visite au musée des arts derniers ou Comment surréalistes et situationnistes sont entrés dans l’histoire et s’ils en sortiront, Arles, Les Éditions de la Nuit, 2008 ; in-12, 88 p.

— 113. JUNG Franz, Le chemin vers le bas - Considérations d’un révolutionnaire allemand sur une grande époque (1900-1950), traduit de l’allemand par Pierre Gallissaires, deuxième édition revue et augmentée, Marseille, Agone, 2007 ; in-8, 560 pp.

— 114. KROPOTKINE Pierre, Aux jeunes gens, Toulouse, Éditions « Espoir », 1969 ; in-12, 22 pp. - Donation : LP.

— 115. LASSALLE Ferdinand, Qu’est-ce qu’une constitution ? suivi de : La constitution de la République française du 4 novembre 1848 par Karl Marx, préface de Louis Janover, Arles, Sulliver, 1999 ; in-12, 92 pp. - Donation : LJ.

— 116. LE GLATIN Marc, Internet : un séisme dans la culture ?, Toulouse, Éditions de l’Attribut, 2007 ; in-12, 174 pp.

— 117. LÉNINE, Ce que sont les « Amis du peuple » & Le contenu économique du populisme, précédé de « La théorie de la politique de Lénine » par Arrigo Cervetto, collection « bibliothèque jeunes », Montreuil-sous-Bois, Éditions Science Marxiste, 2010 ; in-12, 170 pp.

— 118. MARX Karl, Critique de l’économie politique, collection « bibliothèque jeunes », Montreuil-sous-Bois, Éditions Science Marxiste, 2009 ; in-12, 276 pp.

— 119. MARX Karl, Les luttes de classe en France 1848-1850 & Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, précédé de « La science de la Révolution » par Arrigo Cervetto, collection « bibliothèque jeunes », Montreuil-sous-Bois, Éditions Science Marxiste, 2010 ; in-12, 304 pp.

— 120. MARX Karl, Travail salarié et capital & Salaire, prix et profit, collection « bibliothèque jeunes », Montreuil-sous-Bois, Éditions Science Marxiste, 2009 ; in-12, 136 pp.

— 121. MONTANDON George, Deux ans chez Koltchak et chez les Bolchéviques, cinquième édition, Paris, Librairie Félix Alcan, 1923 ; in-8, 320 pp - Donation : JLR.

— 122. POIRIER Nicolas, L’ontologie politique de Castoriadis - Création et institution, Paris, Payot, collection « Critique de la politique », 2011 ; in-8, 494 pp.

— 123. ROCHE Jean-Louis, Dans quel « État » est la Révolution ? Réponse au citoyen Berthier, Paris, Les Éditions du Pavé, 2008 ; in-8, 354 pp.


Remerciements

Contributeurs au Fonds Smolny par ordre alphabétique.

Miguel Abensour - Agone (Éditions) - Anacharsis (Éditions) - Attribut (Éditions) - La Brèche - Brill (Éditions) - Julien Chuzeville / Critique Sociale - Historical Materialism - Louis Janover (LJ) - Patrice Leclerc - Jean-Jacques Marie (CERMTRI) - Stive Modica (SM) - Librairie La Parolière, 13 rue Peyrolières, Toulouse - Payot Rivages (Éditions) - Perspective Internationaliste - Jean-Louis Roche / Éditions du Pavé (JLR) - Science Marxiste (Éditions)

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 16:44

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C'était en 1915 ...

 

La même année, Winston Churchill, déclarait à la presse de Londres : 

 

« Depuis l'époque du groupe Spartakus,  de Karl Marx, Trotsky, Rosa Luxemburg et Emma Goldman, cette conspiration mondiale a été soutenue dans sa croissance. Cette conspiration a joué un rôle reconnaissable défini dans la tragédie de la Révolution française. Elle a été le moteur de chaque mouvement subversif au XIXème siècle. Et maintenant enfin, cette bande de personnalités extraordinaires des enfers, des grandes villes de l’Europe et de l’Amérique, ont saisi le peuple russe par les cheveux de leur tête et sont devenues les maîtres incontestés de cet énorme empire ».

 

 

lu sur http://infoguerilla.fr/?p=4968


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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 16:08

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"Et on se demande un moment s'il vaut la peine de vivre". Dernier article de Jaurès dans la Dépêche, à la veille de son assassinat 

 

Aurons-nous la guerre universelle? Aurons-nous la paix?

 

Le derner article de Jaurès, on le lit, se perd dans cet entremêlat de politique impérialiste, qui caractérise les derniers jours de "paix"; mais on y trouve à la veille de sa mort et à l'orée du conflit mondial, ce cri angoissé "Et on se demande un moment s'il vaut la peine de vivre" et cet espoir d'une "Europe moins sauvage" qui ne peuvent que toucher tous ceux qui ne peuvent que s'interroger sur ce qu'aurait été un monde après ce premier août 14 avec Jaurès ...

 


L'oscillation au bord de l'abîme

 

Jaurès - La Dépêche - 30 juillet 1914

L'Intégrale des articles publiés dans la Dépêche - Editions Privat - P 882

 

Aurons-nous la guerre universelle? Aurons-nous la paix? Les nouvelles obscures succèdent aux nouvelles obscures comme de sombres nuées dans un ciel chargé d'orage; des éclaircies d'une heure se produisent, et la confiance un moment ranimée défaille de nouveau sous quelque télégramme menaçant ou ambigu. Aussi, je me garderai bien de risquer aujourd'hui un pronostic, rassuré ou inquiet, qui pourrait être démenti tout à l'heure. Précisément, le groupe socialiste vient d'envoyer une délégation au ministère des affaires étrangères. Quand nous avons traversé, pour nous y rendre, les couloirs de la Chambre et la salle des Pas-Perdus des journalistes, nous étions enveloppés des plus effrayantes rumeurs. On disait que, le matin même, l'ambassadeur d'Allemagne avait fait une démarche comminatoire. Le fait était faux, mais peu à peu les nerfs se tendent.

 

Quelle misère pour la race humaine! Quelle honte pour la civilisation! Devant la formidable menace qui plane sur l'Europe, j'éprouve deux impressions contraires. C'est d'abord une certaine stupeur et une révolte voisine du désespoir. Quoi! C'est à cela  qu'aboutit le mouvement humain! c'est à cette barbarie que se retournent dix-huit siècles de christianisme, le magnifique idéalisme du droit révolutionnaire, cent années de démocratie! Les peuples se sentent soudain dans une atmosphère de foudre, et il semble qu'il suffit de la maladresse d'un diplomate, du caprice d'un souverain, de la folie d'orgueil d'une caste militaire et cléricale au bord du Danube pour que des millions et des millions d'hommes soient appelés à se détruire. Et on se demande un moment s'il vaut la peine de vivre, et si l'homme n'est pas un être prédestiné à la souffrance, étant aussi incapable de se résigner à sa nature animale que de s'en affranchir.

 

Et puis, je constate malgré tout les forces bonnes, les forces d'avenir qui s'opposent au déchaînement de la barbarie. Quoi qu'il advienne, ces forces de paix et de civilisation grandiront dans l'épreuve. Si elles réussissent à prévenir la crise suprême, les nations leur sauront gré de les avoir sauvées du péril le plus pressant. Si, malgré tout, l'orage éclate, il sera si effroyable qu'après un accès de fureur, de douleur, les hommes auront le sentiment qu'ils ne peuvent échapper à la destruction totale qu'en assurant la vie des peuples sur des bases nouvelles, sur la démocratie, la justice, la concorde et l'arbitrage.

 

Nous assistons au choc du monde germanique et du monde slave. C'est le duel le plus vain: Car aucune de ces deux grandes forces ne pourra supprimer ou même refouler l'autre. Il faudra bien, après des saturnales de violences, qu'elles s'accomodent l'une à l'autre et qu'elles trouvent leur équilibre. Pourquoi ne pas le chercher dès maintenant? La démarche de l'Autriche-Hongrie a été si brutale, si odieuse, qu'elle a fait oublier tout le reste et que la responsabilité des Habsbourgs a apparu seule en pleine lumière. L'Europe a oublié les dix ans de compétition, d'intrigues, d'abus de la force, de mauvaise foi internationale qui ont grossi l'abcès. Elle a oublié le Maroc, la Tripolitaine, les horreurs balkaniques, les imprudences de la Serbie. Elle a oublié même que l'annexion de la Bosnie-Herzégovine, qui est à l'origine du conflit actuel, a été préparée par l'accord de l'Autriche-Hongrie et de la Sainte-Russie slave par l'entrevue à Buchlau de M. d'Aerenthal et de M. Isvolsky, lequel pour avoir été plus tard une dupe, ne fut pas moins à ce moment un complice. 

 

Oui, l'Europe a oublié un instant  tout cela, et il était juste qu'elle l'oubliât tant il y avait dans la note comminatoire de l'Autriche de brutalité, d'indécence, d'inhumanité. La lourdeur germanique s'y est aggravée de jésuitisme, d'indécence et d'inhumanité, de l'esprit implacable et rancuneux des cléricaux de Vienne. Peut-être l'Autriche-Hongrie s'apercevra-t-elle qu'elle joue un jeu redoutable. Faire violence à la Serbie, c'est se préparer de graves difficultés, c'est exaspérer les populations slaves de l'Empire; c'est aggraver le travail de dislocation qui se propage dans la monarchie austro-hongroise. Si l'Allemagne a la prétention d'exiger de la France qu'elle agisse sur la Russie pour que celle-ci s'abstienne de toute action, elle commet une très grave erreur; car la France n'acceptera pas une pression indiscrète et elle pourra toujours répondre à l'Allemagne: Oui si de votre côté vous vous vous engagez à agir sur l'Autriche. Mais il est vrai qu'il est de l'intérêt de la Russie de ne pas précipiter son action. Elle permettra ainsi à la médiation anglaise de s'exercer, à la conscience des peuples de s'affirmer. Elle obligera le germanisme impérialiste à assumer seul la responsabilité du trouble jeté sur l'Europe. Si la France, librement, donne ce conseil à la Russie, elle aura servi à la fois la Russie et la paix.

 

Partout le socialisme élève la voix, pour affirmer la commune volonté de paix du prolétariat européen. Même s'il ne réussit pas d'emblée à briser le concert belliqueux, il l'affaiblira et réparera les éléments d'une Europe nouvelle, un peu moins sauvage.

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 09:45

comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

 

Les éditions Privat ont publié l'intégrale des articles de Jaurès parus dans la Dépêche. Cela constitue un fonds important et disponible pour chacun. Le blog s'attachant en particulier à comprendre la marche vers le premier conflit mondial et ses racines dans l'évolution économique et politique du capitalisme de la fin du XIXème siècle, nous proposons cet article en contre-point à ceux publiés à la même époque par Rosa Luxemburg. Il montre en particulier la course à la suprématie des pays occidentaux. La situation de l'Angleterre de l'époque ne rappelle-t-elle pas quelque peu celle des Etats-Unis et des pays occidentaux aujourd'hui, et  ne peut-elle nous donner des éléments de compréhension de cet interventionnisme militaire qui marque si profondément cette année 2011.

 

"De là, dans les classes dirigeantes et dans le peuple même d'Angleterre, une sorte de panique industrielle. Cette énorme usine, habituée à produire pour une partie du monde, se sentait menacée dans sa primauté et peut-être dans son existence même."

Jaurès 1893

Articles de Rosa Luxemburg :

"A quoi sert la politique coloniale?"

Texte inédit de Rosa Luxemburg : La construction de canaux en Amérique du Nord (1)

Rosa Luxemburg - article inédit en français - Le développement économique des Etats-Unis


Editions Privat - Jaurès, l'intégrale des articles de 1887 à 1914 publiés dans  La Dépêche. 2009. P 465

 

J'ai eu l'occasion, à propos du meeting  international de Londres, d'étudier un peu sur place l'opinion anglaise. Je n'ai pas la prétention ridicule d'avoir, en une rapide enquête, saisi les nuances de l'esprit public. Mais, je me suis entretenu avec des hommes politiques, journalistes, membres du Parlement, anciens ministres, appartenant  à tous les partis. Et tous, qu'ils fussent socialistes, radicaux, libéraux ou conservateurs, paraissaient avoir le même désir sincère de paix, et j'ose dire la même sympathie pour la France. Je sais bien que les ouvriers anglais qui acclamaient  au meeting de Londres la France et les ouvriers français, sont préparés par leur éducation socialiste à une cordiale entente avec notre pays. Mais une pareille manifestation n'aurait pu se produire, elle aurait soulevé au moins des protestations, si elle n'avait pas répondu à la tendance générale de l'esprit public. Je suis convaincu qu'il dépend des gouvernants parfois, par une politique ferme mais mesurée et sage, de rétablir entre la France et l'Angleterre d'excellents rapports.

 

Depuis quelques années, l'Angleterre souffrait d'une sorte de dépression industrielle et morale. La concurrence de l'Allemagne, des Etats-Unis, de la Russie, du Japon même grandissait tous les jours. La production de la houille, de la fonte montait rapidement en Amérique et en Allemagne. Les exportations anglaises, au contraire de 1898 à 1898, avaient baissé de près d'un milliard. De là, dans les classes dirigeantes et dans le peuple même d'Angleterre, une sorte de panique industrielle. Cette énorme usine, habituée à produire pour une partie du monde, se sentait menacée dans sa primauté et peut-être dans son existence même.


En même temps, l'Angleterre subissait des échecs politiques et presque des affronts qui lui étaient très sensibles. Le président Cleveland, à propos du Venezuela, lui avait tenu un langage brutal. L'empereur d'Allemagne, à propos de la criminelle équipée de Jameson, envoya au président du Transvaal un télégramme presque offensant pour les Anglais. La Russie poussait son chemin de fer asiatique jusqu'en Mandchourie: elle refoulait l'influence anglaise, s'emparait, par des révolutions de palais, de la direction politique à Pékin et menaçait ainsi l'expansion économique des Anglais en Chine. Enfin, chez nous, M. Méline et M. Hanoteaux, dans la plus sournoise et la plus incohérente politique, méditaient un rapprochement avec l'empereur allemand, et tentaient de dériver, contre les Anglais les ressentiments de la France mutilée. Mais, en même temps qu'ils préparaient ainsi d'inévitables conflits avec l'Angleterre, ils négligeaient d'accroître nos forces navales.

 

Devant cette hostilité presque universelle, l'Angleterre, avec une énergie qui doit servir d'exemple à tous les grands peuples, a préparé son relèvement. Elle a poussé au plus haut degré sa force navale et soudain, sûre d'elle-même, elle a parlé un langage auquel depuis plusieurs années le monde n'était plus habitué. Elle a ainsi remporté, dans la vallée du Nil, et tout récemment en Chine, des avantages marqués. Mais, si je ne me trompe pas, elle n'en est point grisée. Elle comprend qu'elle est toujours dans une situation difficile et qu'elle doit éviter tout ce qui grouperait contre elle les hostilités et les défiances. Son exportation se relève; son activité industrielle est très grande. Mais elle a le sentiment que la croissance des autres peuples industriels lui enlève définitivement le monopole du marché du monde et qu'elle doit consentir partout à des transactions. Le chef du gouvernement, lord Salisbury est évidemment l'homme de la paix. Il a évité depuis cinq ans tout ce qui pouvait porter les difficultés au point aigu de la guerre. Un des hommes les plus illustres du part libéral et un des plus pratiques me disait en souriant : "Dans mes prières, si j'en faisais, je demanderais longue vie pour lord Salisbury."

 

C'est à nos hommes d'Etat de profiter de cet état des esprits et des choses pour établir entre les deux pays un régime de confiance et de cordialité. Le conflit ou même la mésentente de deux grands peuples libres est un malheur pour l'humanité. La France peut traiter sans aigreur. Elle a dû, à la suite d'une tentative étourdie consentir une retraite qui a été douloureuse à l'amour-propre de quelques chauvins. Mais, si elle jette un coup d'oeil d'ensemble sur ses conquêtes coloniales depuis 1870, si elle se rappelle Madagascar, le Tonkin, la Tunisie, le Niger, le Congo, elle verra qu'elle est le peuple qui depuis trente ans a le plus développé son domaine. De plus, sa situation économique semble aussi s'améliorer. L'acitivité de ses mines, de ses usines métallurgiques est en ce moment très grande. Et son horizon politique s'éclaircit. L'oeuvre de mensonge et de honte, bâtie par les états-majors cléricaux, s'écroule, et la réaction en sera écrasée. La République, la démocratie sortiront plus fortes de cette épreuve. Avant que le monde nous rende visite en 1900, nous aurons balayé les ordures qui souillaient notre maison. L'air et la lumière vont rentrer à pleines fenêtres dans cette noble maison de France, sur laquelle flotta d'abord le drapeau de la Révolution. Et les travailleurs du monde entier, réjouis par ce lumineux réveil de la France et profitant de la paix partout affermie, organiseront sur de fortes bases le socialisme international.


Deux notes:

. A la fin de l'article, Jaurès fait référence à l'Affaire Dreyfus .

. Cet article d'autre part témoigne bien de "l'indifférence" face à la colonisation , comme si elle allait de soi, si caractéristique de l'époque, jusque dans le mouvement ouvrier, socialiste.

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Published by lieb - dans capitalisme
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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 17:44

SUFFRAGE FEMININ ET LUTTE DES CLASSES
ROSA LUXEMBURG, 1912

 

http://www.solidarites.ch/journal/docs/rosa.pdf

Dans ce texte, écrit juste après le triomphe électoral de la social-démocratie allemande, en janvier 1912, Rosa Luxemburg présente la lutte pour le suffrage féminin comme  partie intégrante de la lutte pour l’émancipation de tous les travailleurs -euses.

 
«Pourquoi n’y a-t-il pas d’organisation pour les femmes travailleuses en Allemagne? Pourquoi entendons-nous si peu parler du mouvement des femmes travailleuses?» C’est par ces questions qu’Emma Ihrer, l’une des fondatrices du mouvement des femmes prolétariennes d’Allemagne, introduisait son essai de 1898: «Les femmes travailleuses dans la lutte des classes». A peine quatorze ans se sont écoulés depuis, qui ont vu une grande expansion du mouvement des femmes prolétariennes. Plus de cent cinquante mille femmes sont organisées dans des syndicats et sont parmi les contingents les plus actifs des luttes économiques du prolétariat. Plusieurs milliers de femmes politiquement organisées ont rallié la bannière du prolétariat: le journal des femmes sociales-démocrates [Die Gleichheit (L’Egalité), édité par Clara Zetkin], compte plus de cent mille abonné-e-s; le suffrage féminin est l’un des points vitaux du programme de la social-démocratie.
 

 

Pourquoi le suffrage féminin est un objectif essentiel?


De tels faits pourraient précisément nous inciter à sous-estimer l’importance de la lutte pour le suffrage féminin. Nous pourrions penser: même sans l’égalité des droits politiques des femmes, nous avons réalisé d’énormes progrès dans l’éducation et l’organisation des femmes

.
Ainsi, le suffrage féminin n’est pas une nécessité urgente. Mais si nous pensions cela, nous serions dans l’erreur. Durant ces quinze dernières années, l’éveil politique et syndical des masses du prolétariat féminin a été magnifique. Mais cela n’a été possible, que parce que les femmes travailleuses ont pris un intérêt vivant dans les combats politiques et parlementaires de leur classe, en dépit du fait qu’elles étaient privées de leurs droits. Jusqu’ici, les femmes travailleuses ont été soutenues par le suffrage masculin, auquel elles ont bien sûr pris part, certes indirectement seulement. Les larges masses des hommes et des femmes de la classe ouvrière considèrent déjà les campagnes électorales comme des causes communes. Dans tous les meetings électoraux sociaux-démocrates, les femmes constituent une large fraction des participants, parfois la majorité. Elles sont toujours intéressées et passionnément concernées.

 
Dans tous les districts où existe une organisation social-démocrate sérieuse, les femmes soutiennent la campagne. Et ce sont les femmes qui font un travail inestimable en distribuant des tracts et en gagnant des abonnements à la presse social-démocrate, cette arme si importante de ces campagnes.


L’Etat capitaliste n’a pas été en mesure d’empêcher les femmes de porter ces charges et ces efforts de la vie politique. Pas à pas, l’Etat a été en effet forcé de leur allouer et de leur garantir cette possibilité en leur accordant les droits syndicaux et de réunion. Seul le dernier des droits politiques est dénié aux femmes: le droit de voter, de décider directement des représentant-e-s du peuple dans les domaines législatif et exécutif, de devenir un membre élude tels corps. Mais ici, comme dans tous les autres domaines de la vie sociale, le mot d’ordre est: «ne pas laisser les choses progresser!» Mais les choses ont commencé à avancer. L’Etat actuel a reculé devant les femmes du prolétariat lorsqu’il les a admises dans les réunion publiques, dans les associations politiques. Et l’Etat n’a pas concédé cela volontairement, mais par nécessité, sous la pression irrésistible de la classe ouvrière montante. Ce n’est pas moins la poussée passionnée des femmes prolétaires elles- mêmes, qui a forcé l’Etat policier germano-prussien à (…) ouvrir grandes les portes des organisations politiques aux femmes.

 
Ceci a réellement mis la machine en mouvement. Les progrès irrésistibles de la lutte des classes prolétarienne ont jeté les droits des femmes travailleuses dans le tourbillon de la vie politique. Utilisant leurs droits syndicaux et de réunion, les femmes prolétariennes ont pris une part très active dans la vie parlementaire et dans les campagnes électorales. C’est seulement la conséquence inévitable, le résultat logique du mouvement, qui fait
qu’aujourd’hui, des millions de femmes prolétaires crient avec défiance et pleine d’assurance en elles-mêmes: gagnons le suffrage

 

Abattre la monarchie et arracher le suffrage féminin


Il était une fois, dans l’ère idyllique de l’absolutisme d’avant-1848, une classe ouvrière qu n’était pas réputée «assez mûre» pour exercer les droits politiques. Cela ne peut pas être dit des femmes travailleuses d’aujourd’hui, parce qu’elles ont démontré leur maturité politique.

 
Tout le monde sait que sans elles, sans l’aide enthousiaste des femmes prolétariennes, le part social-démocrate n’aurait pas remporté la victoire glorieuse du 12 janvier [1912], en obtenant 4,25 millions de voix. Dans tous les cas, la classe ouvrière a toujours dû prouver sa maturité pour la liberté politique par un soulèvement révolutionnaire de masse victorieux. C’est seulement lorsque le Droit Divin sur le trône et les meilleurs et les plus nobles des hommes de la nation ont senti le poing calleux du prolétariat sur leurs faces et son genou sur leurs poitrines, qu’ils ont fait confiance dans la «maturité» politique du peuple, et cela, ils l’ont réalisé à la vitesse de la lumière. Aujourd’hui, c’est au tour des femmes du prolétariat de rendre l’Etat capitaliste conscient de leur maturité. Cela est le fait d’un mouvement de masse constant et puissant, qui doit user de tous les moyens de lutte et de pression du prolétariat.

 
Le suffrage féminin, c’est le but. Mais le mouvement de masse qui pourra l’obtenir n’est pas que l’affaire des femmes, mais une préoccupation de classe commune des femmes et des hommes du prolétariat. Le manque actuel de droits pour les femmes en Allemagne n’es t qu’un maillon de la chaîne qui entrave la vie du peuple. Et il est intimement lié à cet autre pilier de la réaction: la monarchie. Dans ce pays avancé, hautement industrialisé, qu’es tl’Allemagne du 20e siècle, au temps de l’électricité et de l’aviation, l’absence de droits politiques pour les femmes est autant une séquelle réactionnaire du passé mort, que l’est le règne de Droit Divin sur le trône. Les deux phénomènes: le pouvoir politique dirigeant comme instrument du ciel et les femmes, cloîtrées au foyer, non concernées par les tempêtes de la vie publique, par la politique et la lutte des classes – les deux phénomènes plongent leurs racines dans les circonstances obsolètes du passé, de l’époque du servage à la campagne et des guildes dans les villes. En ces temps- là, ils étaient justifiables et nécessaires. Mais autant la monarchie, que l’absence de droits pour les femmes, ont été déracinées par le développement du capitalisme moderne et sont devenues des caricatures ridicules. Elles se perpétuent dans notre société moderne, non pas parce que les gens ont négligé de les abolir, non pas à cause de la persistance et de l’inertie des circonstances. Non ils existent encore parce que les deux – la monarchie et les femmes sans droits – sont devenues de puissants outils au service d’intérêts hostiles à ceux du peuple. Les pires défenseurs et les plus brutaux de l’exploitation et de l’asservissement du prolétariat sont retranchés derrière le trône et l’autel, comme derrière l’asservissement politique des femmes. La monarchie et le manque de droits des femmes sont devenus les plus importants instruments de la classe capitaliste régnante.


Femmes prolétaires et femmes bourgeoises

 
En vérité, notre Etat est intéressé à priver de vote les femmes travailleuses et elles seules. l l craint à juste titre qu’elles n’en viennent à menacer les institutions traditionne lles du pouvoir de classe, par exemple le militarisme (duquel aucune femme travailleuse consciente ne peut s’empêcher d’être une ennemie mortelle), la monarchie, le vol systématique que représentent les droits et taxes sur l’alimentation, etc. Le suffrage féminin est une horreur et une abomination pour l’Etat capitaliste actuel, parce que derrière lui se tiennent des millions de femmes qui renforceraient l’ennemi de l’intérieur, c’est-à-dire la social-démocratie révolutionnaire. S’il n’était question que du vote des femmes bourgeoises, l’Etat capitaliste ne pourrait en attendre rien d’autre qu’un soutien effectif à la réaction. Nombre de ces femmes bourgeoises qui agissent comme des lionnes dans la lutte contre les «prérogatives masculines» marcheraient comme des brebis dociles dans le camp de la réaction conservatrice et cléricale si elles avaient le droit de vote. En fait, elles seraient certainement bien plus réactionnaires que la fraction masculine de leur classe

.
A part quelques-unes d’entre elles, qui exercent une activité ou une profession, les femmes de la bourgeoisie ne participent pas à la production sociale. Elles ne sont rien d’autre que des coconsommatrices de la plus-value que leurs hommes extorquent au prolétariat. Elles sont les parasites des parasites du corps social. Et les co-consommateurs sont généralement plus frénétiques et cruels pour défendre leurs «droits» à une vie parasitaire, que l’agent direct du pouvoir et de l’exploitation de classe. L’histoire de toutes les grandes luttes révo lutionnaire confirme cela de façon effrayante. Prenez la grande Révolution Française. Après la chute des Jacobins, lorsque Robespierre fut conduit enchaîné sur son lieu d’exécution, les putains dénudées d’une bourgeoisie ivre de victoire, dansaient de joie, sans vergogne, autour du héros déchu de la Révolution. Et en 1871, à Paris, lorsque la Commune héroïque des travailleurseuses a été défaite par les mitrailleuses, les femmes bourgeoises déchaînées ont dépassé en bestialité leurs hommes dans leur revanche sanglante contre le prolétariat vaincu. Les femmes des classes détentrices de la propriété défendront toujours fanatiquement l’exploitation e t l’asservissement du peuple travailleur, duquel elles reçoivent indirectement les moyens de leur existence socia lement inutile.

 

Des femmes actives et conscientes


Economiquement et socialement, les femmes des classes exploiteuses ne sont pas un segment indépendant de la population. Leur unique fonction sociale, c’est d’être les instruments de la reproduction naturelle des classes dominantes. A l’opposé, les femmes du prolétariat sont économiquement indépendantes. Elles sont productives pour la société, comme les hommes.


Par cela, je n’ai pas en vue leur investissement dans l’éducation des enfants ou leur travail domestique, par lesquels elles aident les hommes à subvenir aux besoins de leur famille avec des salaires insuffisants. Ce type de travail n’est pas productif, au sens de l’économie capitaliste actuelle, quelle que soit l’ampleur des sacrifices et de l’énergie consentis, de même que les milliers de petits efforts cumulés. Ce n’est que l’affaire privée du travailleur, son bonheur et sa bénédiction, qui pour cela n’existe pas aux yeux de la société actuelle. Aussi longtemps que le capitalisme et le salariat dominent, le seul type de travail considéré comme productif est celui qui génère de la plus- value, du profit capitaliste. De ce point de vue, la danseuse de music-hall, dont les jambes suintent le profit dans les poches de son employeur est une travailleuse productive, tandis que toutes les peines des femmes et des mères prolétariennes entre les quatre murs de leurs foyers sont considérées comme improductives.


Cela paraît brutal et absurde, mais reflète exactement la brutalité et l’absurdité de notre économie capitaliste actuelle. Le fait de voir cette cruelle réalité clairement et distinctement voilà la première tâche des femmes du prolétariat.


En effet, précisément de ce point de vue, la revendication des femmes prolétariennes de droits politiques égaux est ancrée dans une base économique ferme. Aujourd’hui, des millions d e femmes travailleuses créent du profit capitaliste, tout comme les hommes – dans les usines les ateliers, les fermes, le bâtiment, les bureaux, les magasins. Elles sont pour cela productives dans la société actuelle, dans le strict sens scientifique du terme. Chaque jour élargit le champ d’exploitation des femmes par le capitalisme. Chaque nouveau progrès de l’industrie ou de la technologie crée de nouvelles places pour les femmes dans le processus du profit capitaliste. Ainsi, chaque jour et chaque pas en avant du progrès industriel ajoutent une nouvelle pierre aux fondations solides des droits politiques égaux pour les femmes. L’éducation des femmes et leur intelligence sont devenues nécessaires à la machine économique elle-même. La femme
étroitement recluse dans le «cercle familial» patriarcal répond aussi peu aux attentes du commerce et de l’industrie, qu’à ceux de la politique. C’est vrai, l’Etat capitaliste a négligé son devoir, même dans ce domaine. Jusqu’ici, ce sont les syndicats et les organisations sociales-démocrates qui ont fait le plus pour éveiller l’esprit et le sens moral des femmes.


Cela fait des décennies déjà, que les sociaux-démocrates sont réputés être les travailleurs les plus capables et intelligents d’Allemagne. De la même façon, les syndicats et la socialdémocratie ont arraché les femmes à leur existence étroite et bornée, ainsi qu’à l’abrutissement misérable et étriqué de la tenue du ménage. La lutte de classe prolétarienne a élargi leurs horizons, rendu leur esprit plus flexible, développé leur pensée; elle leur a montré de grandes perspectives, dignes de leurs efforts. Le socialisme a suscité la renaissance mentale de la masse des femmes prolétariennes – en faisant d’elles aussi, sans aucun doute, des travailleuses productives et compétentes pour le capital.

 

Sentiment d’injustice et changement social


Au vu de tout cela, le fait que les femmes prolétariennes sont privées de droits politiques est une vile injustice, ceci d’autant plus qu’il s’agit maintenant d’un demi mensonge. Après tout, une masse de femmes prennent activement part à la vie politique. Pour autant, la socialdémocratie ne recourt pas à l’argument de l’«injustice». C’est la différence essentielle entre nous et le socialisme antérieur, sentimental et utopique.

 

Nous ne dépendons pas de la justice de la classe dominante, mais seulement de la force révolutionnaire de la classe ouvrière et du cours du développement social qui prépare les bases de son pouvoir. Ainsi, l’injustice en ellemême n’est certainement pas un argument de nature à renverser les institutions réactionnaires.


En revanche, si un sentiment d’injustice se développe dans de larges secteurs de la société – relève Friedrich Engels, le co-fondateur du socialisme scientifique – voilà un indice sûr que les bases économiques de la société ont changé considérablement, que les conditions actuelles entrent en conflit avec la marche du développement. Le formidable mouvement actuel de millions de femmes prolétariennes, qui considèrent leur privation de droits politiques comme une injustice criante, est un tel signe infaillible, un signe que les bases sociales du système dominant sont pourries et que ses jours sont comptés.


Il y a cent ans, le français Charles Fourrier, l’un des premiers grands prophètes des idéaux socialistes, a écrit ces mots mémorables: dans chaque société, le degré d’émancipation des femmes est la mesure naturelle de l’émancipation générale. Ceci est parfaitement vrai pour la société actuelle. La lutte de masse en cours pour les droits politiques des femmes est seulement l’une des expressions et une partie de la lutte générale du prolétariat pour sa libération. En cela réside sa force et son avenir. Grâce au prolétariat féminin, le suffrage universel, égal et direct des femmes, ferait avancer considérablement et intensifierait la lutte des classes du prolétariat. C’est la raison pour laquelle la société bourgeoise déteste et craint le suffrage féminin. Et c’est pourquoi nous le défendons et nous l’obtiendrons. En luttant pour le suffrage féminin, nous rapprocherons aussi l’heure où la société actuelle tombera en ruines sous les coups de marteau du prolétariat révolutionnaire.


Rosa LUXEMBURG*

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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009