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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 10:51

Une grève générale à laquelle on forge à l'avance les chaînes de la légalité ressemble à une manifestation guerrière avec des canons dont la charge a auparavant été jetée à l'eau sous les yeux de l'ennemi. Une menace "les poings dans les poches"  comme le Peuple la conseillait sérieusement aux grévistes, ne fait même pas peur à un enfant, et donc encore moins à une classe qui lutte à mort pour sa domination politique. C'est pourquoi il a suffi en 1891 et 1893 que le prolétariat belge cesse simplement et calmement de travailler pour briser la résistance des cléricaux, parce qu'ils pouvaient craindre que le calme se transforme en agitation, les grèves en révolution. C'est pourquoi, cette fois aussi, il n'y aurait sans aucun doute pas eu besoin de violence si les dirigeants n'avaient à l'avance retiré la charge des armes et transformé la marche de guerre en parade du dimanche, le tonnerre de la grève générale en coup de semonce."

Cette citation de Rosa Luxemburg se trouve dans la biographie de Paul Frölich (maspero, rosa luxemburg, P169). Elle s'inscrit dans l'analyse de Rosa Luxemburg de l'échec d'une grande grève qui avait eu lieu en Belgique en 1902. Et dans la réflexion générale du mouvement ouvrier concernant ce moyen de lutte.  Pour elle, selon Frölich, "l'erreur n'avait pas été de recourir à la grève générale, mais de se laisser dicter les formes qu'elle devait prendre par les libéraux. Les travailleurs en grève s'étaient ainsi transformés en simples figurants d'une action dont l'essentiel se déroulait au parlement ... La grève générale était par nature le premier stade de la révolution dans la rue. Mais on s'était justement empressé de lui ôter ce caractère".

Cette réflexion sur la grève générale ne nous permet-elle pas avec Rosa Luxemburg de réfléchir et de comprendre les limites par excellence des denières grèves en métropole?

L'image “http://www.seahorse-design.com/wordpress/images/grosz.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.
Georg Grosz

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 09:18

Lettre à Franz Mehring, Plauen, le 9 décembre 1911

Très honorable camarade,

Je ne puis m'empêcher de vous envoyer une pensée au milieu de ma tournée de propagande, que j'accomplis entièrement dans l'esprit de votre bel article de la Neue Zeit ("La politique du Kronprinz"). Cet article m'a fait plaisir comme à bien d'autres encore et j'ai moi-même enfourché le même cheval de bataille dans la L.[eipziger] V.[olkszeitung].

A présent, depuis le 1.XII, me voici à ma 97ème réunion - elles sont toutes bondées et témoignent du spendide esprit qui anime les masses. A chaque réunion, je critique violemment l'attitude du groupe parlementaire, je défends le point de vue de la grève de masse et du refus d'obéissance militaire et partout les masses approuvent impétueusement, presque avec des démonstrations. Cela montre bien que l'on n'écrit pas en vain des articles comme le vôtre dans la N.[eue] Z.[eit] et que les masses valent bien mieux que les crétins parlementaires qui se croient leurs dirigeants.

La semaine prochaine, j'agirai de même à Berlin, ce qui me vaudra peut-être les plus belles foudres de "l'Olympe". Cela me ravirait.

Avec mes souvenirs cordiaux ainsi qu'à votre épouse.

Votre Rosa Luxemburg


Dans vive la lutte, maspero, 1975, P 348
(L'Olympe: le comité directeur du parti)
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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 20:11

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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 17:26
comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

Emancipateur et ... colonisateur comme le montre sans le vouloir cet article. Parcours si significatif aussi d'une pensée politique réformiste.

Paul Bert, un savant engagé en politique

Au secours ! Je suis perdu !

par M.P Decormeille

Paul Bert : le conservatoire de la nature, sa maison natale devenue propriété de la ville,une statue inaugurée en 1889, un pont, une rue, un collège, un patronage laïc et une ociété portent son nom. Le promeneur ou le touriste en visite à Auxerre peuvent se demander quel fut donc cet homme auquel sa ville natale rend un hommage aussi appuyé et que la nation tout entière honorait il y a plus d'un siècle en lui réservant des
funérailles nationales ?

Un homme d'exception qui n'a pas moins apporté à la science qu' à l'édification de la République, auquel on doit à la fois de remarquables études en zoologie, de précieux travaux sur les tissus et la greffe animale (qui trouveront leur première application durant la guerre de 1870), de fécondes recherches sur la physiologie de la respiration et sur les incidences de la pression barométrique qui sont aujourd'hui encore précieuses aux plongeurs sous-marins et aux spationautes, mais également, sur le plan politique, qui a joué un rôle essentiel dans l'édification de l' Ecole publique, laïque et obligatoire. Que l'un des plus éminents biologistes français se soit doublé de l'un des hommes politiques les plus actifs du début de la IIIe république témoigne assurément d'une grande fécondité, mais faut-il parler de dualité quand ces deux carrières se fondent dans l'unité d'une vie et la fidélité à un seul et même idéal ?

Né à Auxerre le 19 octobre 1833, il y passe son enfance et fait ses études secondaires au lycée Jacques Amyot. Puis il se tourne vers des études de droit de 1853 à 1857 qui le mèneront à la licence et au doctorat en droit , non sans s'intéresser, déjà, aux sciences puisqu'il adhère dès 1855 à la jeune Société des Sciences de l' Yonne pour contribuer à un travail sur la zoologie. En 1857, il s'inscrit à la faculté de médecine, se passionne pour les sciences naturelles et fait la rencontre de l'un de ses deux grands maîtres, Claude Bernard. Licencié en sciences naturelles en 1860, il devient préparateur au cours de médecine expérimentale et soutient sa thèse de médecine sur la greffe animale en 1863. Approfondissant ce travail sur la vitalité propre des tissus animaux, il soutient un doctorat en sciences naturelles en 1866 et se trouve alors chargé de cours de zoologie et de physiologie à Bordeaux.

L'année suivante, il est chargé de cours de physiologie au Muséum national d'histoire naturelle de Paris et, en 1869, il succède à Claude Bernard (dont il était l'assistant) à la chaire de physiologie de la Sorbonne. L'année terrible de 1870, la chute de l'empire et la guerre contre la Prusse le tournent plus résolument vers la politique, non qu'il s'en soit désintéressé auparavant puisqu'il avait déjà publiquement moqué les bonapartistes (en 1857), défendu les libertés (dans un article de "La Constitution" en 1862) et lutté à partir de 1886, en tant que professeur, pour que la science triomphe de l'obscurantisme religieux et contre la tutelle de l'Eglise sur l'Université.

Mais, dans le trouble des événements de 1870, il fait la rencontre de celui qu'il considéra comme son second grand maître, Léon Gambetta. En septembre 1870, il est nommé secrétaire général de la préfecture de l'Yonne, adjoint au préfet Hippolyte Ribière. Il animera pour l'Yonne un comité de défense et d'armement.

Candidat républicain, il est élu en septembre 1871 comme conseiller général du canton d'Aillant-sur-Tholon. Il ne néglige pas pour autant sa vie scientifique puisqu'il reprend ses cours à la Sorbonne en mars 1871 et mènera désormais de front sa carrière scientifique et politique.

Ses premiers travaux concernant l'incidence des variations de la pression sur la respiration seront menés de 1871 à 1874 et ils aboutiront à la publication, en 1878, de son grand ouvrage sur la Pression barométrique. Entre temps, il est élu député de l' Yonne en juin 1872 (il le sera sans interruption jusqu'à sa mort) et s'inscrit à l'Union républicaine animée par Gambetta.

A la Chambre, comme député ou rapporteur de la commission sur l'enseignement, il va constamment oeuvrer pour la mise en place de l'instruction publique, pour la gratuité, l'obligation et la laïcité de l'enseignement primaire, pour la création d' Ecoles Normales de jeunes filles, pour l'organisation de l'enseignement supérieur.

Suite à la parution de la "Morale des Jésuites", il va aussi prendre une part importante dans la lutte anticléricale. L'année 1881 marque à la fois sa consécration en tant que savant puisqu' il sera élu à l' Académie des sciences et la reconnaissance de son rôle politique éminent puisque Gambetta le sollicite dans son "grand ministère" comme Ministre de l'Instruction publique et des cultes (4 novembre 1881 - 26 janvier 1882). Il fait paraître dans cette période de nombreux ouvrages scolaires, d'enseignement scientifique élémentaire ou d'instruction civique, de même qu'il continuera à faire publier jusqu'à sa mort des manuels d'histoire naturelle ou de géométrie.

A la mort de Gambetta, en décembre 1882, Paul Bert lui succède comme président de l'Union républicaine et il va dès lors tout spécialement militer en faveur d'une politique coloniale. Un voyage en Algérie lui permet d'affiner ses vues sur la question et, en décembre 1885, il obtient grâce à un brillant plaidoyer à la Chambre le maintien de la France au Tonkin.

En janvier 1886, il est nommé Résident général en Annam et au Tonkin et part immédiatement à Hanoï en vue d'organiser le protectorat. Il y déploie une intense activité à laquelle sa santé ne résistera pas. Il meurt en poste au Tonkin le 11 novembre 1886 et le 15 janvier 1887 des obsèques nationales lui rendent à Auxerre un solennel hommage. Il repose depuis lors au cimetière Saint Amâtre d'Auxerre à l'ombre d'un admirable monument funèbre dû au sculpteur Bartholdi, l'auteur prestigieux de la statue de la Liberté du port de New York et du non moins célèbre "Lion de Belfort".

La diversité de l'oeuvre de Paul Bert, loin de donner un sentiment de dispersion, révèle assez vite, comme vont le montrer les pages qui suivent, l'action continue d'un idéal qui n'a cessé d'animer un homme qui s'est voulu républicain et patriote parce que la science elle-même le lui dictait, et éducateur et émancipateur parce que son républicanisme lui-même l'impliquait.

Texte reproduit avec l'aimable autorisation de la Société Paul Bert à Auxerre
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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 20:10
Publié sur Bellaciao, un article du blog "Une grève générale à laquelle on forge les chaînes de la légalité" sur la grève générale donne lieu à une discussion extrêmement intéressante: nous publions ici les commentaires.

Rosa Luxemburg "Une grève générale à laquelle on forge à l’avance des chaînes ..."
23 avril 2009 - 21h00 - Posté par 86.***.233.**

En réalité c’est pas à NOUS qu’il faut le faire lire.

Le plus borné des prolétaires le sait d’instinct. Et NOUS on le sait aussi parce qu’on l’a déjà lu.

Faut le faire lire et avaler de force à ceux qui se prétendent les dirigeants du mouvement ouvrier.

Faut pas s’étonner si les travailleurs ne font plus confiance à ceux qui se disent leurs leaders.

A adresser à BT et à MGB ou OB. Ce sont EUX qui bloquent la machine.

Les autres ne comptent pas.

Tout le monde sait qui ils sont.

G.L.

Rosa Luxemburg "Une grève générale à laquelle on forge à l’avance des chaînes ..."
23 avril 2009 - 23h46 - Posté par 86.***.233.**

OB, comme les autres. Ce qui ne veut pas dire qu’il le fait volontairement. Mais qu’il n’a pas réussi à passer au-dessus de la bien-pensance bourgeoise. Et ce malgré toute ses déclarations d’intention.

Aujourd’hui, ne pas envisager la possibilité d’actions "en dehors" des règles établie par la Bourgeoisie et le Capital, et ne pas en faire état, quoi que ça puisse coûter en terme de coercition en retour, c’est "garantir" au Capital et à ses sbires qu’il n’auront jamais rien à craindre.

Et ne pas l’inscrire dans un programme c’est condamner les victimes à faire ce qu’elles font actuellement, et feront de plus en plus, agir "en dehors" des règles légales" en prenant les risques pénaux, physiques, et financiers que les dirigeants politiques ne veulent pas prendre à leur échelon.

Dans la vie, lorsqu’on est confronté à une lutte à mort avec un ennemi cruel et fourbe, se plier d’avance à ses règles pour combattre c’est avoir perdu avant d’avoir engagé la bataille.

Il y a évidemment la possibilité qu’on fasse "semblant" de s’y plier pour le feinter, mais il me semble, et à la majorité des travailleurs aussi, que ça fait longtemps qu’on "simule" sans résultats conséquents. Trop longtemps.

Je pense que les états-majors n’ont pas réellement mesuré l’importance de ce qui se passe aujourd’hui. Peut-être croient-ils qu’il s’agit réellement d’une "crise". Alors qu’il s’agit du "bond qualitatif" vers un pouvoir fasciste mondial.

Les tenants du pouvoir mondial ont réussi à transformer leur pouvoir financier en pouvoir absolu, assis sur la destruction de pans entiers de la Planète, de leurs peuples endogènes, et la démoralisation des forces progressistes.

Et ils détruisent tout ce qui ressemble à une accumulation de Capital qui ne serait pas sous leur contrôle afin que PERSONNE ne puisse faire comme eux plus tard.

Le Capitalisme n’est pas en crise, C’est lui qui le dit mais c’est pas un critère d’analyse. Et créer un "Nouveau Parti Anticapitaliste" maintenant, c’est comme si on avait inventé un "Nouveau Parti Antiféodaliste" en 1830, au moment du triomphe du Capitalisme montant. C’est sympa mais y a une guerre de retard.

Que ça soit n’importe qui qui le dise, il a tout faux. C’est pas ça que les travailleurs attendent. Parce que pour eux, ceux qui les écrasent n’ont AUCUNES limites.

Donc Rosa Luxembourg est toujours d’actualité. Décréter une limite à une action quelconque, c’est comme dire qu’on ne livrera bataille que jusqu’à telle heure et tel jour. Surtout, si l’ennemi a des moyens supérieurs, il n’a qu’à attendre tranquillement que ça finisse.

Et c’est d’ailleurs ce qu’il fait... Très bien.

G.L.


Rosa Luxemburg "Une grève générale à laquelle on forge à l’avance des chaînes ..."
24 avril 2009 - 08h29 - Posté par pilhaouer - 86.**.29.**

AMEN !

La situation a évolué depuis 1902 :

La Bourgeoisie n’est plus toute-puissante ! Ben non ! Le gouvernement du Fouquet’s est composé de garçons de café ?

L’Etat Providence ? ! Parlons-en au moment ou toutes les conquêtes sociales sont systématiquement remises en question pour un Etat Providence des entreprises et des banques.

La bourgeoisie n’est plus prête à faire tirer à balles réelles sur le peuple ? ! D’abord en 1968, elle n’allait quand même pas tuer ses enfants : on aurait perdu July, Glucksmann et quelques autres et Papon n’était pas Préfet de police, ... ... ... Monsieur oublie Charonne et les algériens jetés dans la Seine. Ah ! c’est différent ? C’est vrai, des cocos et et des terroristes .... Si la bourgeoisie ne tire pas à balles réelles c’est parce qu’elle a des moyens plus "propres" et qu’elle ne se sent pas encore menacée ! Elle préfère pour le moment laisser crever en prison pour l’exemple et incarcérer les pauvres.

« Le temps ou les prolétaires "n’avaient rien à perdre sauf leurs chaînes" et où la bourgeoisie régnait souveraine est, du moins en France, fini et bien fini. Et il ne reviendra pas. »

Il faut sortir un peu : les sans-abris, ça n’existe pas ou c’est là parce que ça le veut bien ! Les travailleurs à temps partiel incapables de s’offrir un logement, ça n’existe pas ! Les fin de droits, les sans-papiers, foutaises ! Les pauvres qui font les fins de marché ou achètent des produits périmés à d’autres pauvres, bobards ! Les restaurants du coeur, du folklore ! Les banlieues, des paradis pour une jeunesse pleine d’avenir !

Ami du XVIème, fais un gros effort : imagines : tu a 50 ans, l’usine où tu bosses depuis 15 ans ans ferme, que te restera-t-il dans un an avec des mômes et une maison qui n’est pas payée ? Non, tu ne peux pas comprendre.

Pour le dogmatisme, tu as raison ! Il serait stupide de se contenter de lire les vieux grimoires. Mais ça ne justifie nullement l’attitude des centrales syndicales tellement liées au système que ça finit par se voir.

« Les syndicats ne font que tirer les conclusions qui s’imposent  : aujourd’hui, l’immense majorité des travailleurs français n’est pas disposée à s’engager dans une insurrection prolétarienne. C’est triste, mais c’est comme ça. »

Voilà une formulation classique pour ne pas avoir à prouver : « les conclusions s’imposent  ... ... c’est triste, mais c’est comme ça », avec une petite touche de regret (pas trop) et du péremptoire (beaucoup) : « pourquoi les salaires sont trop bas, Madame Parisot ?  » « Parce que c’est comme ça ! »

« l’immense majorité des travailleurs français n’est pas disposée à s’engager dans une insurrection prolétarienne. » Ca va rassurer Minc et Villepin .

Mais on peut demander un sondage au CSA ou à l’IFOP :

Choix d’amorce possible : - La crise devrait s’atténuer à partir de la mi-2010. - La crise pourrait durer 5 ans ou plus. - le chômage devrait atteindre 15% en 2010 - le chômage devrait se stabiliser à 12% en 201O

Question : Etes-vous disposé à vous engager dans une insurrection prolétarienne ?

Réponses possibles : Oui. Non. Probablement. Peut-être. Ne sait pas.

Réalisation par téléphone sur un échantillon de 989 travailleurs de 25 à 50 ans

Rosa Luxemburg "Une grève générale à laquelle on forge à l’avance des chaînes ..."
24 avril 2009 - 08h33 - Posté par charlelem - 83.***.180.**

Réalisation par téléphone sur un échantillon de 989 travailleurs de 25 à 50 ans

J’ai bientot 52 ans et je ne suis pas totalement rincé donc je répondrais oui (surtout avec certains vieux potes).

Rosa Luxemburg "Une grève générale à laquelle on forge à l’avance des chaînes ..."
24 avril 2009 - 13h25 - Posté par ginger - 92.***.80.***
oui.triste mais oui.
Rosa Luxemburg "Une grève générale à laquelle on forge à l’avance des chaînes ..."
24 avril 2009 - 14h19 - Posté par 86.***.233.**

Et tu seras pas le seul. Avec d’autres "vieux" potes à moi... Et à nous.

De toute façon, à mon âge, on a l’avenir derrière nous. Mais on a encore la forme.

Et vu le résultat de ce qu’on a fait de ce Monde, même involontairement, ça pourra pas gêner d’aider les jeunes à trouver une voie de sortie de cette merde.

Et tout ça même si chacun de nous deux a une conception "différente" de la "Liberté de la Presse". LOL.

Nos parents l’ont fait pour nous. Y a pas de raisons de ne pas en faire autant.

G.L.

Rosa Luxemburg "Une grève générale à laquelle on forge à l’avance des chaînes ..."
24 avril 2009 - 11h56 - Posté par (k)G.B. - 88.***.43.***

Un tel sondage serait intéressant ... à mener sur un échantillon représentatif de quelques dizaines de millions de personnes.

Je suis sûr que les résultats seraient ... très instructifs.

PZ : Et refaire le même sondage 1 mois après la publication des résultats du premier, pour voir à quel point les gens, s’ils savent qu’ils sont nombreux à penser une chose, osent davantage dire qu’ils le pensent aussi !

(k)G.B.

Rosa Luxemburg "Une grève générale à laquelle on forge à l’avance des chaînes ..."
24 avril 2009 - 13h22 - Posté par Copas - 83.***.129.***

aujourd’hui, l’immense majorité des travailleurs français n’est pas disposée à s’engager dans une insurrection prolétarienne. C’est triste, mais c’est comme ça.

Mais ça ce n’est pas spécifique à aujourd’hui, les travailleurs n’ont pratiquement jamais été prêts à s’engager dans une insurrection prolétarienne , ce n’est qu’à de rares moments qu’ils peuvent l’être .

Il faut se reporter là dessus au fait que l’exploitation n’est pas seulement qu’une exploitation elle est aussi aliénation, sinon ça ne tiendrait pas 5 minutes, fusils ou pas.

Rosa Luxembourg est beaucoup plus actuelle sur certaines questions que bien des réalistes de gauche (démocratie, bureaucratie, dynamiques des luttes, etc)

Dans ce que tu dis il y a indirectement une chose importante : l’énorme accroissement de la classe ouvrière au sens large du terme, numériquement, en proportion de la population et sur la planète entière.

Et c’est effectivement ce qui rend plus compliqué la violence d’état. Mais c’est également ce qui a démultiplié et massifié les stratégies fines au niveau des médias, leurs possessions et leurs utilisations.

Toutefois, sur la question de la violence elle est toujours extrême et prête à surgir à tout moment dans nos sociétés .

Ainsi les guerres impérialistes, ou colonialistes existent toujours avec d’immenses moyens et ce ne sont plus tant des guerres contre des sociétés agraires mais également contre des sociétés n’ayant plus rien à voir avec le tiers monde d’avant (l’Irak est une société largement urbaine, comme la bande de Gaza, ou d’autres endroits). Cette violence existe toujours et est toujours là avec ses outils.

L’utilisation de cette violence contre les sociétés industrielles (outre qu’elle se pratique déjà dans le "tiers monde" urbanisé ) est préparée (aux USA, ils ont préparé des troupes prêtes à ce travail spécifique contre leur population) et peut se produire .

Ce sont les raisons et la légitimé politique qui font qu’elle ne se produit pas à hauteur de fusillades. Pour 68, si le mouvement avait été un peu plus loin, 6 ans après les massacres d’Algérie, la question aurait été posée.

Nous avons vécu une période exceptionnelle du capitalisme, en Europe et aux USA, c’est presque pas de guerres internes (à part l’ex-Yougoslavie, ce n’est pas peu, la Tchécoslovaquie, les colonels grecs, Franco, salazar, la Hongrie 56, ...), une relative immobilisation des rapports de force entre les classes, puis à partir de la moitié des années 70 une offensive ultra-libérale, un retournement net dés 83 et une dégradation des rapports de force au détriment de la classe ouvrière depuis....

Jusqu’aux secousses de ces dernières 10 années en Europe (il n’y a pas que la France) qui sont devenues de plus en plus importantes, avec enfin l’accélération de la crise capitaliste de ces dernières deux années.

Qui peut croire qu’une société soit éternelle , et sans secousses ? Aucune société n’est stable sur long terme, le capitalisme encore moins que les autres par nature .

Qui peut croire qu’il n’y a pas un risque extrême de fusillades quand des gens sont entrainés à cela ?

Alors evidemment le monde capitaliste, son contrôle, n’a aucunement intérêt à dégager une violence extrême . Effectivement tant que les travailleurs ne le met pas en cause vraiment , OU que l’issue de la crise l’exige, pas de fusillades.

La question posée par Luxembourg est d’un autre ordre, et pose la question de l’auto-limitation que se pose ou pas un mouvement social. Est-ce qu’il indique comme infranchissable la légalité largement construite au service d’une classe dominante ?

Ou pas.

La plupart des conquêtes sociales et sociétales en France se sont faites sans respecter la légalité telle qu’elle existait .

Tu peux même prendre le cadre des batailles pour la contraception, le droit d’avorter, pour les droits des homosexuels, etc, se furent d’abord des actes et des fonctionnements illégaux. Par nature.

Très souvent d’ailleurs cette illégalité fut d’ailleurs le seul outil efficace disponible. Et les lois changèrent après.

Prends le mouvement actuel de RESF, qui est un des mouvements les plus méritant, massif et prolongé qui soit, même si ça ne fait pas gros titres. C’est précisément sa marque de fabrique d’être une violation permanente de la légalité et l’accentuation de la criminalisation légale ne change rien de l’illégalité préalable de ce mouvement.

La transgression des lois n’est donc pas une question ancienne, elle est toujours actuelle.

Maintenant je suis d’accord avec toi si il s’agit de critiquer les conceptions de ceux qui agissent et pensent que dans le cadre d’une conformité à ce qu’ils pensent être la "pensée" de grands hommes (ou femmes) historiques...

Mais ça c’est le marxisme antiquaire, le trotskysme antiquaire, le léninisme antiquaire...

Ce qui ne change rien aux apports dans la compréhension des sociétés et ce qui peut être fait, par des personnages historiques.

Il y a actuellement des personnes qui apportent beaucoup par leur pouvoir de compréhension du monde moderne et leurs capacités à produire de l’action utile ,et damned, ils semblent servir à quelque chose de plus utile que DSK, Lamy, Hollande, Royal , Fabius, Aubry, etc...

Je me suis dernièrement régalé en écoutant des personnalités du LKP guadeloupéen, leurs capacités d’analyse et d’action. Domota et Lollia , très brillants et fins dans l’analyse des sociétés modernes, des évolutions des rapports de force, des partis et syndicats.

Rosa Luxemburg "Une grève générale à laquelle on forge à l’avance des chaînes ..."
24 avril 2009 - 14h09 - Posté par Doliprane - 212.***.70.***

"La citation de Luxembourg ne nous "permet pas de comprendre les limites par excellence des dernieres grèves en France", parce que les "limites" de la stratégie choisie par les confédérations syndicales se trouvent dans les équilibres sociaux d’aujourd’hui, et pas dans ceux de 1902. Les syndicats ne font que tirer les conclusions qui s’imposent : aujourd’hui, l’immense majorité des travailleurs français n’est pas disposée à s’engager dans une insurrection prolétarienne. C’est triste, mais c’est comme ça".

je ne suis plus trop d’accord avec la fin de ton intervention.

Les syndicats (réformistes) font quand même beaucoup pour ne pas construire une vraie grève générale aujourd’hui en France.

Si une insurrection prolétarienne dans les formes décrites par Rosa Luxembourg est aujourd’hui impossible -pour les raisons très justes que tu viens d’avancer - on ne peut pas préjuger de l’échec d’une grève générale dans le contexte actuel.

J’en veux pour preuve que la situation actuelle actuelle que tu décris - faite de subtils équilibres sociaux - existait déjà plus ou en moins en mai 68... en mai 36, en décembre 95 . Ce n’est pas "ou la révolution ou rien du tout", c’est un peu le sens dans lequel argumentent trop souvent les sociaux démocrates et leurs relais syndicaux pour se justifier de ne pas construire les rapports de force et les luttes qui s’imposent.

Personne de sensé à Sud, à la CNT, au NPA, à LO ...où chez les libertaires ne dit qu’une insurrection et un renversement complet de l’Etat bourgeois est possible aujourd’hui !!

C’est un peu plus subtil, oui, pour le coup !!

Il faudrait aussi se poser la question du clivage exacte entre révolutionnaires et réformistes, et où on pose le point de clivage !

Aujourd’hui certainement et avec la capacité d’analyse qu’elle possédait Rosa Luxembourg aurait su faire ses propositions sans renier son camp...

Rosa Luxemburg "Une grève générale à laquelle on forge à l’avance des chaînes ..."
24 avril 2009 - 14h31 - Posté par 86.***.233.**

Rosa Luxembourg écrivait pour un monde ou la bourgeoisie était toute puissante et prête à faire tirer la troupe sur les ouvriers à balles réélles à la moindre contestation de ses privilèges.

Un exemple typique de nombrilisme.

Tu crois réellement que la "bourgeoisie" est devenue moins agressive ?

Va donc demander aux camarades ouvriers du pétrole en Irak, ou simplement aux manifestants de Gaza et de Cisjordanie.

A moins que tu ne comptes "les travailleurs" que parmi ceux des Peuples dont les Gouvernements colonisent le reste de la Planète.

D’ailleurs on va voir bientôt aux Etats-Unis, et même ici si ça continue, si le Pouvoir en place hésitera à "tirer" sur le peuple lorsqu’il sentira que ça vacille réellement pour lui. C’est-à-dire lorsque ça sera réellement le Peuple qui tentera d’imposer ses règles démocratiques.

Aus USA ils viennent de "rapatrier" deux divisions d’Irak dans le cadre du "Homeland Security Bill" sous la direction du "Northcom".

Et en France, ça ne t’interpelles pas le rôle que pourrait être amené à jouer la Légion Etrangère ? Tu penses que pour un Légionnaire tu comptes plus qu’un Afghan ?

Y a des fois ou je me demande si c’est de la naïveté ou des tentatives d’enfumage !!!

G.L.

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 21:08
Cette video est en allemand. Elle décrit les faits concernant la mort de Rosa Luxemburg. Un moment important, l'enregistrement en 1966 d'une interview du responsable des assassinats de Liebknecht et Rosa luxemburg. Nous en préparons la traduction. Moment émouvant aussi, le rappel de l'assassinat de Leo Jogiches.


 sur http://video.google.fr
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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 20:36

Beaucoup de ceux dont on voit les drapeaux et les noms, sont loin du combat de Rosa Luxemburg. Certains sont même les continuateurs de ceux qui les ont combattus jusqu'à la mort, en combattant la révolution de 1918.
Mais ils étaient plusieurs dizaines de milliers en Allemagne.
Et, en France, rien. Rien qui rappelle leur combat en ce 90ème "anniversaire" de l'assassinat de Liebknecht et Luxemburg. Alors, pourquoi ce silence?
Manque de connaissances du côté de ceux qui luttent -
Volonté de silence du côté de ceux qui prétendent diriger les luttes? ....

Mais  peut-on avancer dans une lutte consciente, éviter les pièges de tous les réformismes, nationalismes, sans savoir, sans connaître?



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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 19:44
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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 20:45

Mercredi 12 novembre 2008
sur encyclopédie-marxiste

A la rédaction de la Voix du Nord,

Communiqué de l’Association des Amis de Joseph Tournel

 

A l’occasion du 90e anniversaire de l’armistice

Par Jacques Kmieciak


En lisant vos colonnes, je reste impressionné par le nombre de manifestations organisées dans le cadre du 90e

anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918.

Associations, écoles ou particuliers enchaînent les initiatives au nom d’un bien énigmatique

 

«devoir de mémoire » ou, pire, en hommage aux poilus tombés pour la « liberté » de la

patrie, selon l’expression employée par Dominique Dupilet, président du Conseil général…

D’un strict point de vue de la démocratie bourgeoise, je me permettrais de rappeler

au n° 1 du Département que l’Allemagne était dotée à l’époque d’un régime parlementaire,

comme la France, que les droits d’association et de grève y étaient, comme ici, reconnus, et

que le régime de protection sociale y était certainement plus performant que dans

l’Hexagone. Tout comme les conditions de travail : les travailleurs « westphaliens » d’origine

polonaise qui, après-guerre, émigrèrent de la Ruhr dans le Nord-Pas-de-Calais pouvaient en

témoigner. De quelle liberté les bellicistes français pouvaient-ils bien se prévaloir quand on

sait que la République continuait d’asservir des dizaines de peuples dans ses colonies, en

Afrique ou en Asie... ! Et qu’elle n’a jamais cessé de réprimer toute aspiration populaire à

une société plus égalitaire comme l’illustrent les massacres de la Commune de Paris ou, plus

près de chez nous, celui de Fourmies, le

er mai 1891…


 

Quant au «

devoir de mémoire » servi à toutes les sauces et à longueur de discours, il

semble étonnement vide de sens ! En quoi rappeler le

« sacrifice inutile » de ces 10 millions

de «

morts pour rien » serait un « devoir » si on occulte les véritables raisons qui ont poussé

les Etats à s’affronter ?

Comme l’affirmait Lénine, cette guerre fut «

une guerre impérialiste (c'est-à-dire une

guerre de conquête, de pillage, de brigandage), une guerre pour le partage du monde, pour

la distribution et la redistribution des colonies, des "zones d'influence" du capital financier,

etc.

».

En lisant vos colonnes, jamais je n’ai surpris de réflexions sur les origines - autres

qu’anecdotiques (l’assassinat de l’archiduc d’Autriche en Serbie ou l’invasion de la Belgique

par l’Allemagne) - de cette guerre… Son caractère d’affrontements entre puissances

impérialistes rivales soucieuses d’étendre leur hégémonie sur le monde ou de revendiquer

leur part du gâteau, est manifestement éludé par les organisateurs d’expositions ou

conférences, par choix idéologique parfois, mais plus sûrement par ignorance ; conditionnés

que nous sommes depuis 90 ans par une propagande d’Etat à caractère patriotique, au

service d’une unité nationale dont seuls, hier comme aujourd’hui, tirent profit les

possédants !

D'Afghanistan en Irak, du Rwanda en Côte d'Ivoire, «

 

le capitalisme porte en lui la

guerre, comme la nuée porte l’orage

», disait Jaurès. Il est temps d’en finir avec le

capitalisme et ses serviteurs zélés de droite comme de « gôche »…

 

par cdrm publié dans : Histoire communauté : Parlons politique
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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 09:58
Aujourd'hui sur France-Culture, sur la Fabrique de l'Histoire: La bataille de l'acier à Denain.

Beaucoup de choses à apprendre et encore plus auxquelles réfléchir face à la casse industrielle en cours!
Logique du capitalisme
Formes de lutte


A la lumière des textes de comprendre-avec-rosa-luxemburg

10.02.2009 sur zèbres en cavale

La bataille de l’acier à Denain

En décembre 1978, dans le cadre d’un plan dit de "restructuration de la sidérurgie", les Maîtres des Forges du groupe Usinor annoncent la suppression de plus de 20 000 emplois - en particulier à Longwy en Lorraine  et à  Denain dans le Nord. Aux 5000 licenciés de Denain on offrira un pré-retraite, ou de quitter leur maison, leurs amis, toute une vie,  pour aller se faire reclasser ailleurs sans aucune garantie d'emploi.

Cette décision fut  présentée comme un plan de sauvetage par le gouvernement Giscard d'Estaing et son premier Ministre de l'époque, le centriste  Raymond Barre, le chantre de la loi de l'offre et de la demande, l"homme du plan de "redéploiement industriel" - comprendre "de démantèlement"- , celui enfin qui, chaque matin, annonçait aux Français ébahis une prochaine sortie du tunnel.

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23 mars 1979, la "Marche sur Paris des sidérurgistes."

Malgré une importante mobilisation ouvrière durant l’hiver 1978-1979 l’arrêt de la production de l’acier ne sera que retardé. Sous Mitterand, le plan de Mauroy en 1982 décidera 12 000 suppressions d’emplois échelonnés jusqu’en 1986.

Depuis, avec la construction libérale de l’Europe et ses exigences économiques, la France subit des restructurations  tous azimuts  En contrepartie, le chômage ne cesse d’augmenter, les conditions de vie se dégradent.  Dans le credo "plus de compétitivité, plus de rentabilité" les gens ne sont rien.

>" La bataille de l’acier à Denain", un documentaire audio de Séverine Liatard, réalisé par Charlotte Roux. Avec les témoignages d’anciens sidérurgistes et responsables syndicaux – CGT et CFDT – de la région. (La Fin de l'acier dans l'émission la Fabrique de l'Histoire)

> "Les ouvriers de Denain et de Longwy face aux licenciements (1978-1979)", par Xavier Vigna - Vingtième siècle 2004- 4 (no 84), sur le portail  CAIRN


10:52 Ecrit par Zeck
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Published by lieb - dans capitalisme
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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009