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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 20:42

Pour accéder à cet article : Lettres de Rosa Luxemburg à Henriette Roland-Horst van der Schalk

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Sur comprendre avec Rosa Luxemburg 2, nous avons publié les courriers entre les deux militantes, toutes deux  ayant joué un rôle important dans leurs partis (en Hollande pour Henriette Roland-Horst van der Schalk) et au sein de l'Internationale. On trouve, en particulier dans le tome 6 de la Correspondance chez Dietz Verlag, plusieurs courriers essentiels. En effet, certains s’inscrivent dans la discussion sur la grève de masse (et viennent en contre-point à l’un de ses textes fondamentaux) et un autre – très connu – montre l’importance pour Rosa Luxemburg de s’inscrire au sein d’une organisation d’un mouvement ouvrier, aussi critique que puisse être l'action de celui-ci.

Certains de ces courriers sont inédits en français.

 

Sur la grève de masse : courrier du 2 octobre 1905

Au contraire, cela me réjouirait car – pour le dire ouvertement – le reproche que je pourrais faire à ton ouvrage, sinon remarquable en tous points, était que tu développes l’idée de grève de masse de manière beaucoup trop formelle comme un moyen d’action défensif et que tu mettais trop l’accent sur l’aspect organisation et discipline et trop peu sur le processus historique de des contradictions de classe au sein duquel la grève de masse apparaît comme phénomène fondamental.

 

Sur le parti : courrier d'août 1911

Mais maintenant que tu veux sortir du parti, j’aimerais de toutes mes forces t’en empêcher. Tu ne veux pas adhérer, à ce que j’ai entendu, au SDP. Je ne peux pas juger si c’est bien ou pas. C’est bon, tu ne veux pas et tu ne peux pas adhérer au SDP. Mais alors ta sortie du SDAP, signifierait ta sortie du mouvement social-démocrate ! Cela, tu ne le dois pas, aucun d’entre nous ne le doit ! Nous ne devons pas nous couper de l’organisation, des contacts avec les masses. Le pire des partis des travailleurs est toujours mieux qu’aucun. Et les temps peuvent changer. Dans quelques années, une période de bouleversement peut en Hollande ou dans toute l’Europe balayer l’opportunisme. Mais on ne peut pas attendre cela hors du parti, on doit continuer le combat – aussi stérile qu’il puisse paraître – jusqu’au bout. Tu es finie, morte pour le mouvement politique, si tu restes sur le côté. Ne fais pas cela. Tu as aussi des devoirs sur le plan international. Reste dans les rangs, c’est notre devoir, nous somme tous des soldats. Je te préviens de faire attention à ne pas prendre une mauvaise décision.

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 21:46

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  Tardi

 

"Et on se demande un moment s'il vaut la peine de vivre". Dernier article de Jaurès dans la Dépêche, à la veille de son assassinat 

 

Le dernier article de Jaurès, on le lit, se perd dans cet entremêlat de politique impérialiste, qui caractérise les derniers jours de "paix"; mais on y trouve à la veille de sa mort et à l'orée du conflit mondial, ce cri angoissé "Et on se demande un moment s'il vaut la peine de vivre" et cet espoir d'une "Europe moins sauvage" qui ne peuvent que toucher tous ceux qui ne peuvent que s'interroger sur ce qu'aurait été un monde après ce premier août 14 avec Jaurès ...

 

c.a.r.l.

 


L'oscillation au bord de l'abîme

 

Jaurès - La Dépêche - 30 juillet 1914

L'Intégrale des articles publiés dans la Dépêche - Editions Privat - P 882

 

Aurons-nous la guerre universelle? Aurons-nous la paix? Les nouvelles obscures succèdent aux nouvelles obscures comme de sombres nuées dans un ciel chargé d'orage; des éclaircies d'une heure se produisent, et la confiance un moment ranimée défaille de nouveau sous quelque télégramme menaçant ou ambigu. Aussi, je me garderai bien de risquer aujourd'hui un pronostic, rassuré ou inquiet, qui pourrait être démenti tout à l'heure. Précisément, le groupe socialiste vient d'envoyer une délégation au ministère des affaires étrangères. Quand nous avons traversé, pour nous y rendre, les couloirs de la Chambre et la salle des Pas-Perdus des journalistes, nous étions enveloppés des plus effrayantes rumeurs. On disait que, le matin même, l'ambassadeur d'Allemagne avait fait une démarche comminatoire. Le fait était faux, mais peu à peu les nerfs se tendent.

 

Quelle misère pour la race humaine! Quelle honte pour la civilisation! Devant la formidable menace qui plane sur l'Europe, j'éprouve deux impressions contraires. C'est d'abord une certaine stupeur et une révolte voisine du désespoir. Quoi! C'est à cela  qu'aboutit le mouvement humain! c'est à cette barbarie que se retournent dix-huit siècles de christianisme, le magnifique idéalisme du droit révolutionnaire, cent années de démocratie! Les peuples se sentent soudain dans une atmosphère de foudre, et il semble qu'il suffit de la maladresse d'un diplomate, du caprice d'un souverain, de la folie d'orgueil d'une caste militaire et cléricale au bord du Danube pour que des millions et des millions d'hommes soient appelés à se détruire. Et on se demande un moment s'il vaut la peine de vivre, et si l'homme n'est pas un être prédestiné à la souffrance, étant aussi incapable de se résigner à sa nature animale que de s'en affranchir.

 

Et puis, je constate malgré tout les forces bonnes, les forces d'avenir qui s'opposent au déchaînement de la barbarie. Quoi qu'il advienne, ces forces de paix et de civilisation grandiront dans l'épreuve. Si elles réussissent à prévenir la crise suprême, les nations leur sauront gré de les avoir sauvées du péril le plus pressant. Si, malgré tout, l'orage éclate, il sera si effroyable qu'après un accès de fureur, de douleur, les hommes auront le sentiment qu'ils ne peuvent échapper à la destruction totale qu'en assurant la vie des peuples sur des bases nouvelles, sur la démocratie, la justice, la concorde et l'arbitrage.

 

Nous assistons au choc du monde germanique et du monde slave. C'est le duel le plus vain: Car aucune de ces deux grandes forces ne pourra supprimer ou même refouler l'autre. Il faudra bien, après des saturnales de violences, qu'elles s'accomodent l'une à l'autre et qu'elles trouvent leur équilibre. Pourquoi ne pas le chercher dès maintenant? La démarche de l'Autriche-Hongrie a été si brutale, si odieuse, qu'elle a fait oublier tout le reste et que la responsabilité des Habsbourgs a apparu seule en pleine lumière. L'Europe a oublié les dix ans de compétition, d'intrigues, d'abus de la force, de mauvaise foi internationale qui ont grossi l'abcès. Elle a oublié le Maroc, la Tripolitaine, les horreurs balkaniques, les imprudences de la Serbie. Elle a oublié même que l'annexion de la Bosnie-Herzégovine, qui est à l'origine du conflit actuel, a été préparée par l'accord de l'Autriche-Hongrie et de la Sainte-Russie slave par l'entrevue à Buchlau de M. d'Aerenthal et de M. Isvolsky, lequel pour avoir été plus tard une dupe, ne fut pas moins à ce moment un complice. 

 

Oui, l'Europe a oublié un instant  tout cela, et il était juste qu'elle l'oubliât tant il y avait dans la note comminatoire de l'Autriche de brutalité, d'indécence, d'inhumanité. La lourdeur germanique s'y est aggravée de jésuitisme, d'indécence et d'inhumanité, de l'esprit implacable et rancuneux des cléricaux de Vienne. Peut-être l'Autriche-Hongrie s'apercevra-t-elle qu'elle joue un jeu redoutable. Faire violence à la Serbie, c'est se préparer de graves difficultés, c'est exaspérer les populations slaves de l'Empire; c'est aggraver le travail de dislocation qui se propage dans la monarchie austro-hongroise. Si l'Allemagne a la prétention d'exiger de la France qu'elle agisse sur la Russie pour que celle-ci s'abstienne de toute action, elle commet une très grave erreur; car la France n'acceptera pas une pression indiscrète et elle pourra toujours répondre à l'Allemagne: Oui si de votre côté vous vous vous engagez à agir sur l'Autriche. Mais il est vrai qu'il est de l'intérêt de la Russie de ne pas précipiter son action. Elle permettra ainsi à la médiation anglaise de s'exercer, à la conscience des peuples de s'affirmer. Elle obligera le germanisme impérialiste à assumer seul la responsabilité du trouble jeté sur l'Europe. Si la France, librement, donne ce conseil à la Russie, elle aura servi à la fois la Russie et la paix.

 

Partout le socialisme élève la voix, pour affirmer la commune volonté de paix du prolétariat européen. Même s'il ne réussit pas d'emblée à briser le concert belliqueux, il l'affaiblira et réparera les éléments d'une Europe nouvelle, un peu moins sauvage.

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 22:10

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Bebel.jpg

 

J'affirme de plus que même si je n'étais pas en accord avec la camarade L[uxemburg] sur un thème traité par elle, je jugerais cependant utile qu'elle expose ses vues sur celui-ci, car c'est une femme pleine d'esprit et d'une grande intelligence et qui en toutes circonstances donne amplement matière à réflexion.


De même que je me dois de dire que je ne connais personne dans le parti qui la dépasse pour la  pureté de sa pensée et son esprit de sacrifice.

 

(Ich erkläre grade heraus, daß wenn ich mit der Genossin L[uxemburg] über ein Thema ganz und gar nicht einverstanden wäre, ich dennoch einen Vortrag von ihr für nützlich hielt, weil sie als eine sehr gescheite und geistreiche Frau unter allen Umständen reichen Stoff zu Anregungen giebt.

Wie ich den überhaupt erklären muß, daß ich in der ganzen Partei niemand kenne, der ihr an Reinheit der Gesinnung und Opfermut über wäre).

 


En recherche de documents sur la grève de masse, je découvre cette lettre de Bebel sur le site collectif.smolny. Bebel y témoigne de ce qui fait que le parti social-démocrate était bien différent malgré tout quand il en était le dirigeant.  C'est un hommage à Rosa Luxemburg à la fois tout à fait spontané puisque d'ordre privé mais aussi tout à fait politique et essentiel puisqu'il s'oppose à ce que son nom puisse être utilisé contre elle dans une discussion politique, pourtant d'importance.


On peut suivre les relations entre Bebel et Rosa Luxemburg dans la correspondance de cette dernière de son arrivée en Allemagne en 1898 à la mort de Bebel. Cette relation montrera toujours la qualité que l'on relève dans cette lettre.


C'est ce parti qui assassinera celle dont il montre l'intelligence et le courage dans cette lettre.

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 22:01

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source: http://www.kontextwochenzeitung.de/zeitgeschehen/158/krieg-dem-kriege-2123.html



Krieg dem Kriege. von Wilhelm Reschl.

Datum: 09.04.2014 

 

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Im Sommer 1914 wagten es nur wenige, gegen die allgemeine Kriegsbegeisterung im Deutschen Reich anzukämpfen. Eine Hochburg der Kriegsgegner war Stuttgart, und dort die linken Sozialdemokraten. Als Sprachrohr fungierte die SPD-Parteizeitung "Schwäbische Tagwacht."


Am Abend des 28. Juli 1914 veranstaltet die Stuttgarter SPD die machtvollsten Kundgebungen ihrer Geschichte. In den drei großen Brauereisälen der Stadt protestieren Tausende von Sozialdemokraten, meist Arbeiter, gegen den drohenden Krieg. Allein bei Dinkelacker drängen sich 4000 Teilnehmer; volles Haus auch bei Wulle und Schwabenbräu. Noch fließt nur das Bier in Strömen, noch ist der Krieg nicht erklärt, noch können die Führer der Stuttgarter Sozialdemokraten frei reden. Ihr Vorsitzender Friedrich Westmeyer: "Wir wagen es, uns dem verbrecherischen Kriegstaumel entgegenzustemmen. Wir nehmen den Kampf auf gegen Unrecht und Gewalt, gegen Dummheit und Niedertracht, und der ist wahrlich schwerer und ehrenvoller, als Leichen aufhäufen."


Drei Tage zuvor hat die Landesversammlung in Esslingen einen Antrag der Stuttgarter Delegierten Clara Zetkin einstimmig angenommen. Sein Titel: "Das Proletariat fordert den Frieden." In ganz Württemberg sammeln sich Arbeiter zu Protestaktionen und Demonstrationen gegen den drohenden "Weltbrand". Im Flugblatt der Landes-SPD dazu heißt es: "Sollen nun die Arbeitsmänner des deutschen Reichs (...) sich opfern zur Befriedigung der frivolen Profitgelüste einer Handvoll deutscher Kriegsinteressenten? Nimmermehr darf das geschehen!"


Die Kriegsfrage eint Rechte und Linke der württembergischen SPD zum ersten Mal seit Jahren. Für wenige Tage tritt der erbitterte Konflikt zwischen den unversöhnlichen Lagern in den Hintergrund. Der Streit zwischen Reformisten und radikalen Sozialisten beschäftigt sogar die Parteiführung in Berlin. Während die Reformisten sich als "königlich württembergische Sozialdemokratie" geben, wollen die Radikalen durch Massenaktionen den Sieg des Proletariats herbeiführen. Die Rechten sind hier einfach rechter und die Linken einfach linker als anderswo. Nach der Rede des Kaisers schwenkt die SPD auf Kriegskurs um. Wilhelms Kernsätze: "Mitten im Frieden überfällt uns der Feind" und vor allem "Ich kenne keine Parteien mehr, ich kenne nur noch Deutsche" treffen wohl den Nerv der Partei – aber vor allem der Gewerkschaftsführer. Beim Verteidigungskrieg kann man das Vaterland nicht im Stich lassen, will man nicht als "vaterlandslose Gesellen" gelten.

Stuttgart, Hochburg der sozialdemokratischen Kriegsgegner

Vergessen sind die Treueschwüre der Internationalen Sozialistenkongresse, etwa in Stuttgart 1907; dort hatten sich die sozialistischen Parteien Europas verpflichtet, "alles aufzubieten, den Ausbruch des Krieges zu verhindern." Am 4. August stimmt die Reichstagsfraktion der SPD geschlossen für die Kriegskredite – selbst der Linke Karl Liebknecht. Zum radikalen Kurswechsel der Partei werden gewissermaßen SPD-eigene Kriegsziele nachgeliefert: Die "russische Dampfwalze" soll gestoppt, "Frauen und Kinder müssen vor marodierenden Kosaken" geschützt werden und – geradezu pikant – "die russischen Genossen sollen durch den deutschen Sieg von der Knute des Zaren befreit werden". Das hat ja dann auch geklappt, aber ganz und gar nicht im Sinne der SPD.

 

Die Linken in Württemberg wollen keinen "Burgfrieden" mit den Monarchen und kämpfen weiter gegen den Krieg. Stuttgart wird im ganzen Reich bekannt als Hochburg der sozialdemokratischen Kriegsgegner. Ihr Wortführer ist der lokale SPD-Vorsitzende Friedrich Westmeyer. Der Sohn einer Arbeiterfamilie aus Osnabrück hat Schornsteinfeger gelernt, den Beruf aber nur wenige Jahre ausgeübt. Bereits mit 25 Jahren arbeitet er als Journalist für Parteizeitungen. So kommt er 1905 – auf Empfehlung seines späteren Widersachers Wilhelm Keil – zur "Schwäbischen Tagwacht" nach Stuttgart. Hier hat die auch schon damals berühmte Clara Zetkin eine Art marxistischen Zirkel etabliert, zu dem schon bald auch Friedrich Westmeyer gehört.


Wohnungsfragen, Organisation der Arbeiterjugend, Frauenbildung macht er zu seinen Schwerpunkten; er gilt als "geistiger Vater der Waldheimidee." Spottlustig, eloquent und ehrgeizig schildern Zeitgenossen den Zugereisten. Für die zahlreichen Biedermänner in der heimischen SPD war der Niedersachse vermutlich nur ein reingeschmeckter Kotzbrocken. Nach fünf Jahren wird der linke Redakteur vom rechten Landesvorstand entlassen. Doch sein Einfluss in der Stuttgarter SPD ist stetig gewachsen. 1911 gelingt es, eine "Presskommission" zu etablieren, die soll die Tagwacht, Organ der Sozialdemokraten in Württemberg, überwachen, aber auch in Personalfragen entscheiden. Vorsitzende wird Clara Zetkin, Mitglied Friedrich Westmeyer. So übernehmen die Linken die Macht bei der "Tagwacht".

Durchhalten mit journalistischer Guerillataktik

Die Redaktion wird stramm links besetzt: Arthur Crispien, Jacob Walcher und Edwin Hoernle stehen den Reformisten ablehnend bis feindlich gegenüber. 1912 wird Westmeyer in den württembergischen Landtag gewählt. Die SPD-Fraktion ist eine Hochburg der Rechtssozialdemokraten. Ihr Sprecher, der Ludwigsburger Abgeordnete Wilhelm Keil, auch ein Zugezogener, schwärmt geradezu für König Wilhelm.


Nach dem Kriegsausbruch haben weder König noch Landtag was zu melden. Im Deutschen Reich herrscht das Militär. Die Pressezensur wird wesentlich verschärft. Auch sonst verfügen die Militärbehörden über vielfältige Möglichkeiten, Kriegsgegner mundtot zu machen. Die Redaktion der "Schwäbischen Tagwacht" verhält sich schlau, vermeidet den offenen Konflikt, versucht eine Art journalistischer Guerillataktik durchzuhalten; doch ist klar lesbar: Die Redakteure verachten den "Burgfrieden, verabscheuen den Krieg".

 

Sie lehnen es ab, "chauvinistische Artikel" abzudrucken und "über Nacht wie Keil und der Landesvorstand ihre Gesinnung zu wechseln." Und überhaupt: Sie seien nach wie vor Sozialdemokraten und als solche gemäß den Parteitagsbeschlüssen gegen den Krieg. Innerparteilich geht es deftig zur Sache: "Lump", "Gesinnungsschwein", "Polizeispitzel". Zum Repertoire der Rechten gehören noch "Schreihals" und "Krakeeler".


Der SPD-Landesvorstand kocht vor Wut, der Vorsitzende Friedrich Fischer und seine Getreuen wollen endlich ihren "sozialpatriotischen" Kurs bei der Parteizeitung durchsetzen. Anfang November kommt es zum "Gewaltstreich": Der Königsfreund Wilhelm Keil wird zum Chefredakteur ernannt – ohne die "Presskommission" zu fragen.


Die Empörung in den linken Ortsvereinen, besonders in Stuttgart, aber auch in den Industriestädten Göppingen und Esslingen, ist groß. Die Parteiführung muss aus Berlin anreisen, um den Streit zu schlichten. Vergebens. Selbst Otto Braun und Friedrich Ebert können den statutenwidrigen Handstreich des Landesvorstands nicht rückgängig machen. So kommt es bereits Ende 1914 in Württemberg faktisch zur Spaltung der Partei. Jahre vor der Trennung von linken und rechten Sozialdemokraten, von USPD und SPD, im Reich. Der Kriegsgegner Friedrich Westmeyer gibt nun eine eigene Zeitung heraus: "Der Sozialdemokrat". Im Juni 1915 wird er aus der SPD-Fraktion im württembergischen Landtag ausgeschlossen.

Zur Strafe an die Front geschickt

Die" Gruppe Westmeyer" wird von der Polizei und den Militärbehörden schikaniert, wo es nur geht: Versammlungsverbote, Vorladungen, Verhaftungen. Im Frühjahr 1917 bekommen viele linke Sozialisten Stellungsbefehle. Der Kriegsgegner Johann Friedrich Westmeyer aus Stuttgart stirbt am 14. November 1917 im Alter von 44 Jahren in einem Westfrontlazarett in Rethel bei Reims an der Ruhr. Nach seinem Tod schreibt Rosa Luxemburg aus dem Breslauer Gefängnis an Clara Zetkin nach Stuttgart: "Westmeyer ist ein großer Verlust. Ich dachte immer, er würde noch in großen Zeiten eine Rolle spielen." Etwas verspätet meldet selbst die "New York Times" seinen Tod: "German Anti-War Socialist was sent to the Front as Punishment."


Westmeyer ist heute völlig vergessen. Während Hindenburg und andere Militärführer immer noch auf Straßenschildern zu finden sind, während es sein Gegenspieler in Stuttgart immerhin noch zu einem "Wilhelm-Keil-Weg" gebracht hat, ist der Kriegsgegner nahezu unbekannt. Keine Straße, kein Platz, kein Weg, weder Staffel noch Stäffele; nicht einmal eines der Waldheime ist nach Friedrich Westmeyer benannt, obwohl er doch deren Erfinder war. Da bleibt noch etwas gutzumachen. Der 100. Jahrestag seines – vergeblichen – Kampfes wäre ein gute Gelegenheit dafür.

http://www.kontextwochenzeitung.de/fileadmin/content/kontext_wochenzeitung/dateien/158/Friedrich_westmeyer__1873-1917_.jpg

 

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 22:46

On connaît Liebknecht, on connaît Rosa Luxemburg. On connaît moins Leo Jogiches. En ce mois de mars, nous reprenons l'un de nos articles rédigé en mémoire de cet immense  militant qui partagea tous les combats de R. Luxemburg, enquêta sur sa mort et fut lui-même assassiné par les mêmes forces le 10 mars 1919 sous le triste et traditionnel prétexte de délit de fuite. c.a.r.l. 10 mars 2014

 


Le 10 mars 1919, Leo Jogiches était abattu par un officier de police (Tamschick) à l'intérieur de la prison de Moabit sous le prétexte de "tentative de fuite".



Leo Jogiches est un nom trop peu présent dans nos mémoires! Pourtant inséparable de celui de Rosa Luxemburg et donc du combat politique du mouvement ouvrier de la fin du XIXème siècle et du début du XXème.


Lire la correspondance de Rosa Luxemburg entre 1893 et 1898, c'est suivre tout d'abord leurs vies mêlées. De leur vie en Suisse et en France jusqu'au départ de Rosa Luxemburg vers l'Allemagne. C'est suivre avec amusement une relation que nous pourrions dire à la Sartre et Beauvoir même si cette relation est tout autre, mais c'est bien une relation marquée par la réflexion et l'action politique qui se déroule au long des lignes. C'est voir Rosa Luxemburg très jeune qui suit déjà des études brillantes et prépare un doctorat prétendre faire de Jogiches son alter ego dans ce domaine. Et c'est voir Leo Jogiches se dérober à une recherche qui ne l'enthousiasme pas, lui qui se vit plutôt dans l'organisation et l'action. Ce que soulignera bien plus tard Clara Zetkin dans un hommage qu'elle lui rend. C'est surtout voir dès cette époque leurs échanges et leur action sur une base de réflexion commune, marxiste.


Leo Jogiches, comme Rosa Luxemburg est de ces jeunes vivant sous domination russe qui très tôt se sont politisés et engagés. On le voit suivre un chemin qui sera celui de nombre de ces jeunes qu'ils soient Russes, Lituaniens  ou Polonais : il rejoint un groupe proche de Narodnaja Volja d'inspiration plutôt populiste avant d'évoluer vers un conception marxiste.


Arrêté deux fois en 1888 et 1889, il fuit vers Genève puis Zurich. C'est aussi un parcours obligé d''innombrables militants qui fuient la prison, le bannissement, l'armée, et dont fait partie Rosa Luxemburg. Ils se rencontreront donc à Zurich fin 90 ou début 91.


Comme Rosa Luxemburg, il se rapprochera d'abord de Plekhanov, pour finalement s'en éloigner et créer avec elle sur des bases de classe le SDKPiL (Parti social-démocrate du Royaume de Pologne et de Lituanie) en opposition aux socialistes nationalistes du PPS (Parti socialiste polonais). Une grande partie de la vie de Jogiches sera consacré au combat au sein du mouvement ouvrier polonais.


En 1905, il participe à la révolution russe. Arrêté, condamné à huit ans de travaux forcés, il s'évade.

En 1914: "Dès les premiers jours de la guerre et de l'état de siège, Jogiches mit en place les premiers éléments de l'organisation qui allait devenir le groupe Internationale puis Spartakus." (Maitron - Allemagne P 263).


."Après le double assassinat de Liebknecht et Rosa Luxemburg, il mena clandestinement l'enquête et fit en quelques semaines la lumière sur l'affaire, retrouvant notamment une photo des assassins en train de festoyer. Ce fut probablement la raison pour laquelle, le jour même de son arrestation le 10 mars 1919, il fut abattu par l'officier de police Tamschik à l'intérieur de la prison de Moabit, sous le prétexte d'une "tentative de fuite". (Maitron - Allemagne P 263).

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 23:17

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Nous publiions il y a maintenant plus de quatre ans, la lettre de Rosa Luxemburg rédigée à l'annonce de la mort de Brandel Geck, fils d'amis très proches. Il est de ces innombrables jeunes victimes du premier conflit mondial, jeune socialiste opposé au conflit et que l'absence de mot d'ordre de refus de la mobilisation a précipité vers la mort. A l'occasion d'une visite sur le blog, nous avons découvert cette information si significative. Blandel Geck assistant à la destruction de Saint Quentin a tenté de sauver des œuvres d'art. Celles-ci ont été retrouvées plus de 80 ans après et restituées. Rosa Luxemburg disait à son propos dans la lettre ci-dessous: J’attendais tant de lui, infiniment, pour le parti et pour l’humanité. Elle n'a certainement rien su de ce geste de ce jeune militant, mais il prouve bien combien elle avait raison dans les espoirs qu'elle mettait en lui.


 

Lire à ce propos:

 

Préserver l'art de l'ennemi : 

 

La présentation de Brandel Geck dans cet ouvrage est inexacte. Elle montre comme l'ouvrage suivant l'approximation de ce type de recherches! La correspondance de Rosa Luxemburg avec les parents de ce jeune militant nous permet heureusement d'avoir une image bien différente de celle véhiculée ici!

 

http://www.peterlang.com/PDF/Buecher/Intro/21332_Intro.pdf


De même, dans ce document, on trouve la phrase suivante qui montre  que l'auteur n'a même pas fait l'effort de présenter "ce soldat allemand" et ce qui motivait profondément sa démarche, les guillemets semant même la suspicion sur celle-ci.

 

"Elle est ravivée de temps à autres par des événements ponctuels tels que la restitution, en 1998, à la ville de Saint-Quentin (Aisne) d’objets culturels « sauvés » par un soldat allemand en 1917"


Voir Denis Desbleds, « Les amitiés particulières de Karlsruhe et Saint-Quentin », in La Voix de l’Aisne, 12 novembre 1998, p. 2208, Damien Becquart, « 11 novembre : il faut sauver les archives du soldat Brandel Geck », in L’Union, 13 novembre 1998

 

Notre article du 21 mars 2009. Lettre de Rosa Luxemburg à A. et M. Geck après la mort au front de leur fils


Le ralliement des partis de l'Internationale à la guerre a eu les conséquences politiques dont nous parlons régulièrement sur ce blog, afin qu'aujourd'hui aussi, nous soyons attentifs à ne pas confondre les belles paroles et la réalité, que nous puissions distinguer réformisme et démarche révolutionnaire, il y a eu surtout cet invraisemblable coût en vies humaines. Et cela est d'autant plus manifeste quand ce sont des militants qui ont dû partir et ont trouvé la mort. Ici une lettre de Rosa Luxemburg. C'est presque la fin du conflit (lettre du 18 novembre 1918) et c'est la mort du fils de camarades et amis proches. Le texte se trouve sur le site Collectif SMOLNY (29 novembre 2008 par eric). Dans cette même lettre, on trouve cette phrase terriblement prémonitoire sur le sort qui l'attendait: "La seule chose qui me console est la pensée amère qu’à mon tour peut-être je serai expédiée dans l’autre monde par une balle de la contre-révolution qui est partout à l’affût."

À Adolf et Marie Geck. Berlin, hôtel Moltke.


Mes chers et bien-aimés amis, proches de mon cœur,


À l’instant je reçois de Breslau l’affreuse enveloppe noire [1]. Ma main et mon cœur tremblaient déjà lorsque j’ai reconnu l’écriture et le cachet de la poste, et pourtant j’espérais encore que cette chose terrible n’était pas vraie. Je n’arrive pas à comprendre et les larmes m’empêchent d’écrire. Tout ce que vous éprouvez intérieurement, je le sais, je le ressens, nous savons tous mesurer l’horreur du coup. J’attendais tant de lui, infiniment, pour le parti et pour l’humanité. On a envie de grincer des dents. Je voudrais vous être de quelque secours et pourtant il n’y a ni secours ni consolation possibles. Mes bien chers amis, ne vous laissez pas écraser par le chagrin, ne laissez pas cet affreux événement masquer le soleil qui brille toujours dans votre maison. Nous sommes tous soumis au destin aveugle ; la seule chose qui me console est la pensée amère qu’à mon tour peut-être je serai expédiée dans l’autre monde par une balle de la contre-révolution qui est partout à l’affût. Mais, aussi longtemps que je vivrai, je resterai liée à vous par l’affection la plus ardente, la plus fidèle et la plus intime, et je tiens à partager avec vous chaque souffrance et chaque chagrin. Mille pensées.


Votre Rosa L.

 

Mes condoléances les plus affectueuses et mes pensées les meilleures.

Votre K. Liebknecht.


Source :

— LUXEMBURG Rosa, J’étais, je suis, je serai ! Correspondance 1914-1919, Textes réunis, traduits et annotés sous la direction de Georges Haupt par Gilbert Badia, Irène Petit, Claudie Weill, Paris, Éditions François Maspero, Bibliothèque Socialiste n°34, Paris, 1977, pp. 360-361 ;

[1 ] Annonçant que le fils des Geck, Brandel, venait d’être tué au front dans les derniers combats dans l’est de la France.

Publié le 30 novembre 2008

 

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 20:22

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Traduction  de notre article:Leo Jogiches, un combat commun avec Rosa Luxemburg. Son assassinat le 10 mars 1919

Il suo assassinio il 10 marzo 1919
 

Conosciamo Liebknecht, conosciamo Rosa Luxemburg. Conosciamo meno Leo Jogiches. Desideriamo far conoscere con questo breve articolo questo militante che condivise tutte le lotte di Rosa Luxemburg e fu assassinato durante la rivoluzione spartchista.


Leo Jogiches è un nome troppo poco presente nelle nostre memorie! Eppure inseparabile da quello di Rosa Luxemburg e dunque di lotta politica del movimento operaio della fine del XIX secolo e dell'inizio del XX.
Leggere la corrispondenza di Rosa Luxemburg tra il 1893 e il 1898, è seguire innanzitutto le loro vite intrecciate. Dalla loro vita in Svizzera e in Francia sino alla partenza di Rosa Luxemburg per la Germania. È seguire con divertimento una relazione che potremmo dire alla Sartre e Beauvoir anche se questa relazione è diversa, ma è una relazione segnata dalla riflessione e l'azione politica che si svolge nel corso delle righe. È vedere Rosa Luxemburg molto giovane che segue già degli studi brillanti e prepara un dottorato che pretende di fare di Jogiches il suo alter ego in questo campo. Ed è vedere Leo Jogiches impegnarsi in una ricerca che non lo entusiasma, lui che vive piuttosto nell'organizzazione e l'azione. La qual cosa sottolineerà molto più tardi Clara Zetkin in un omaggio a lui. È soprattutto vedere sin da quest'epoca i loro scambi e la loro azione su un abase di riflessione comune, marxista.
Leo Jogiches, come Rosa Luxemburg è di quei giovani che vivono sotto il dominio russo che molto presto si sono politicizzati e impegnati. Lo vediamo seguire un percorso che sarà quello di numerosi di questi giovani siano essi Russi, Lituani o Polacchi: raggiunge un gruppo vicino alla Narodnaja Volja di ispirazione piuttosto populista prima di evolversi verso una concezione marxista.
Arrestato due volte nel 1888 e 1889, fugge verso Ginevra poi Zurigo. È anche un percorso obbligato per numerosi militanti che fuggono la prigione, il confino, l'esercito, e di cui fa parte Rosa Luxemburg. Si incontrano dunque a Zurigo a fine del 1890 o inizio 1891.
Come Rosa Luxemburg, si avvicina dapprima a Plekhanov, per infine allontanarsene e creare con lei su basi classiste il SDKPiL (Partito social-democratico del Regno di Polonia e di Lituania) in opposizione ai socialisti nazionalisti del PPS (Partito socialista polacco). Una grande parte della vita di Jogiches sarà dedicata alla lotta all'interno del movimento operaio polacco.

 

Nel 1905, partecipa alla rivoluzione russa. Arrestato, condannato a otto anni di lavori forzati, evade.

Nel 1914 sin dai primi giorni della guerra e dello stato d'assedio, Jogiches allestisce i suoi primi elementi dell'organizzazione che sarebbe divantato il gruppo Internazionale poi Spartakus.

Dopo il doppio assassinio di Liebknecht e Rosa Luxemburg, conduse clandestinamente l'inchiesta e fece in poche settimane luce sul caso, ritrovando soprattutto una fotografia degli assassini mentre stavano festeggiando. Fuprobabilmente il motivo per il quale, il giorno stesso del suo arresto il 10 marzo 1919, fu abbattuto dall'ufficiale di polizia Tamschik all'interno della prigione di Moabit, con il pretesto di un tentativo di fuga.

 

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 22:51

 

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 22:21

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L’histoire de la social-démocratie allemande de 1863 à 1891

Auteur : Franz Mehring
traduit de l’allemand par Dominique Petitjean et Monique Tesseyre
Collection : Histoire
768 pages
ISBN : 9782915727340
Date d'édition : 04/2013

Prix public TTC : 35,00 €

Présentation

Cet ouvrage n’avait jamais été traduit en français. Cette édition la rend enfin accessible, ce qui est d’autant plus important que très peu d’écrits sont disponibles en France sur la riche histoire de ce grand parti ouvrier socialiste, qui allait devenir, avant la première guerre mondiale, le plus important propagateur des idéaux de transformation sociale.

Le présent volume est consacré à la naissance du mouvement socialiste, à son développement, à sa transformation en parti de masse, pendant la période 1863-1891 que l’on appelle l’ère Bismarck. Face aux entraves du gouvernement et de nombre d’industriels par l’intimidation, le licenciement, la calomnie, et même les lois d’exception, les militants socialistes empruntèrent différentes voies: la propagande bien sûr, l’agitation politique et le travail parlementaire, puisque malgré l’interdiction, les socialistes conservaient le droit de se présenter aux élections ; le parti existait également au travers de ses syndicats, de ses coopératives, de ses caisses de secours, de ses associations culturelles et sportives. Les décennies 1870 et 1880 furent donc celles d’un fort développement du mouvement socialiste malgré la répression, dans le cadre d’un pays en plein essor économique, avec une classe ouvrière de plus en plus nombreuse.

En 1890, une importante radicalisation ouvrière, une montée socialiste aux élections et l’éviction du chancelier Bismarck vinrent se conjuguer pour provoqueret la fin des lois d’exception. Le parti revenu à la légalité put alors se donner un nouveau nom : SPD, Parti social-démocrate d’Allemagne.

 


Franz Mehring sur le blog:

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ml

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article - 03/07/11 - les masses seraient porteuses et qui serait différente de la démocratie socialisante-libérale. franz mehring, dans une lettre du 3 juin 1918 adressée aux bolcheviks, l’avoue : « Le plus…

Bibliographie de rosa luxemburg: ouvrages disponibles.

article - 19/01/10 - inclus dans : ENGELS Friedrich, Pour comprendre "Le capital", suivi de deux études de franz mehring et Rosa Luxemburg sur "Le capital", Bureau d’éditions, 1936, 126 p. Le même,…

Au soir du 4 août … (le vote des crédits militaires en 1914 par les sociaux-démocrates allemands…

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 22:33

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Julian Marchlewski a été un proche de ces deux  militants, que nous avons suivi régulièrement dans la correspondance de Rosa Luxemburg. Ce texte est d'une grande précision sur de nombreux points, en particulier sur le combat au sein du SDKPiL. Ce sont des souvenirs politiques réellement personnels. C'est pourquoi, nous reprenons ce texte du site MIA. Il a plus d'authenticité que bien d'autres témoignages...

 


A la mémoire de Rosa Luxemburg et de Leo Tyszka (Jogiches)

 

Souvenirs personnels

Julian Marchlewski

Numéro 3 du Bulletin communiste (deuxième année), 20 janvier 1921, dans la rubrique « Héros et martyrs du communisme ».


En consacrant cet article à la mémoire des camarades Luxemburg et Jogiches, je ne rapproche pas leurs noms pour la seule raison qu'ils ont eu le même sort et qu'ils sont morts tous les deux, en martyrs, de la main des mercenaires exaspérés des traîtres au socialisme allemand, mais surtout parce que ces deux remarquables militants étaient étroitement liés par une amitié de trente ans et par un travail idéologique commun.


Rosa Luxemburg naquit en 1870 dans la petite ville polonaise de Zamość, d'une famille juive naguère assez riche mais appauvrie. Vers 1880, sa famille vint s'installer à Varsovie et Rosa entra au gymnase. Elle avait conservé de sa vie de famille les meilleurs souvenirs. Sa mère était instruite. Elle aimait à lire avec ses enfants les œuvres de poètes polonais et allemands et l'impressionnable Rosa, passionnée de poésie, se mit sous l'influence de ses lectures, à écrire elle-même des vers. Elle aima surtout Mickiewicz : par la suite, au cours de son activité littéraire, rares seront ses articles où l'on ne trouvera pas une citation de Mickiewicz. La famille était souvent dans la gêne et il lui arrivait même d'engager sa literie chez l'usurier pour en obtenir quelques roubles ; mais cette misère ne provoquait pas, comme, d'habitude, le découragement et l'aigreur. Je me souviens que Rosa Luxemburg racontait comment elle alluma un jour la lampe avec un bout de papier qui n'était autre chose que le dernier argent que son père venait de se procurer avec peine ; le vieillard ne la punit pas mais, la première émotion passée, la consola en plaisantant sur la cherté de ses allumettes. Cette atmosphère de bonne humeur concourut certainement au développement intellectuel de la future militante.


Ces capacités étaient grandes et se firent remarquer dès l'école. Rosa acheva brillamment ses études de gymnase et si elle ne reçut pas la médaille d'or c'est que la directrice suspectait déjà ses « dispositions politiques ».


Soupçons fondés : notre élève du gymnase appartenant à un groupe socialiste où on lisait des brochures éditées par le parti du « Prolétariat »1 et où l'on rêvait de propagande et d'action parmi les ouvriers. Les gendarmes veillaient et bientôt, en 1888, « la conspiratrice » de 18 ans dut fuir à l'étranger. Sa fuite fut organisée par un des plus habiles conspirateurs du Parti de ce temps-là, le camarade Kasprzak2, pendu depuis.


Rosa Luxemburg arriva à Zurich. Elle vécut là dans, la famille d'un émigré allemand, le docteur Karl Lübeck, publiciste social-démocrate. Il avait épousé une Allemande et Rosa, dans cette maison, se sentait chez elle. Lübeck était un homme d'une grande intelligence, possédant d'immenses connaissances, mais gravement atteint de paralysie. Les meilleures relations s'établirent entre lui et la jeune étudiante ; elle écrivait sous sa dictée les articles au moyen desquels le malade gagnait son pain. Elle passait ensuite de longues heures en causerie avec lui ; il dirigeait ses études. Nul doute que la camarade Luxemburg n'ait été, dans les premières années de sa vie d'étudiante, très redevable à cet homme de valeur.


En 1891, Rosa Luxemburg fit la connaissance du camarade Jogiches. Je n'ai pas de renseignements sur les années de jeunesse de ce dernier et je crois que même les camarades qui ont travaillé pendant de longues années avec lui n'en ont pas non plus. Ce qui s'explique par la répugnance de Jogiches à parler de lui-même : il n'initiait personne à ses affaires personnelles. Peut-être des amis lui ayant été plus proches nous raconteront-ils, un jour, l'enfance et la jeunesse de ce lutteur.


Je dirai pourtant ce que j'ai pu en apprendre. Leo-Samoïlovitch Jogiches était né à Vilnius en 1867, d'une riche famille juive. De bonne heure, il prit part au mouvement révolutionnaire, et fut arrêté en 1888 par la gendarmerie de Vilnius pour « propagande active contre les autorités, parmi les ouvriers ». On le condamna à 4 mois de prison et on le laissa sous surveillance spéciale. En 1890, il passa à l'étranger pour ne pas faire de service militaire. En Suisse, il entra en relations avec Plekhanov, mais se sépara bientôt de lui. A cette époque, dans les milieux social-démocrates russes, régnaient des mœurs assez antipathiques. En Russie, le mouvement naissait seulement : parmi les émigrés Plekhanov régnait selon son bon plaisir. Celui qui ne s'accordait pas personnellement avec lui était mis au banc et se voyait dénier la qualité de social-démocrate. Le camarade Jogiches n'était pas un souple et ne voulut pas se soumettre à ce régime. D'autres émigrants se groupèrent avec lui et décidèrent bientôt d'agir indépendamment. La question la plus importante était celle de la librairie révolutionnaire. La jeunesse émigrée et les milieux ouvriers en Russie avaient le plus grand besoin de littérature. Jogiches disposait d'assez grandes ressources et, ayant réuni quelques collaborateurs (Kritchevski3, Riazanov, Parvus), il se mit à éditer la « Bibliothèque social-démocrate ». Ses qualités d'organisateur se révélèrent tout de suite. Il n'écrivait pas lui-même, mais il était un rédacteur modèle, exact jusqu'au pédantisme. Les petits livres de sa Bibliothèque étaient magnifiquement édités et le transport en était aussi bien assuré.


Parallèlement à son travail d'édition, Jogiches voulut combler les lacunes de ses connaissances. Ses capacités intellectuelles étaient supérieures. Il s'orientait rapidement dans les questions les plus difficiles ; il avait une mémoire et une érudition remarquables.


Chose singulière : le camarade Grosovsky (tel était alors son pseudonyme) donnait aux publicistes du parti d'excellents conseils ; intéressé par quelques questions, il pouvait, pour son étude, dresser le plan le plus exact et le plus réussi ; mais écrire, même s'il s'agissait d'un article de journal, lui était difficile. Il le reconnaissait, et la nécessité absolue seule pouvait l'obliger à prendre la plume.


Ayant fait la connaissance de Rosa Luxemburg, Jogiches s'intéressa aux questions du socialisme polonais, qui la préoccupaient alors. Il étudia le polonais, et si bien, qu'il put plus tard s'acharner à bannir des articles des camarades polonais les expressions russes ; et bientôt il renonça à toute activité dans le mouvement russe, consacrant toutes ses forces au mouvement social-démocrate polonais.


Les questions du socialisme polonais étaient alors extrêmement complexes et intéressantes. Le mouvement révolutionnaire socialiste représenté par le Parti du Prolétariat, à la tête duquel se trouvaient Ludwik Waryński et Kunicki4 traversait vers 1880 une crise difficile. Le parti, consacrait toutes ses forces au terrorisme et n'était pas en état d'organiser les masses ouvrières que le développement extraordinairement rapide du capitalisme en Pologne poussait d'instinct aux luttes purement économiques. Une Union Ouvrière se fonda à Varsovie, s'efforçant de diriger le mouvement gréviste et faisant aussi, selon ses moyens, une propagande marxiste. Cependant, le Parti du Prolétariat se divisait sous l'influence des courants nationalistes dominant alors toute l'Europe. Les groupes d'émigrants placés à la tête du Parti, interprétant d'une façon erronée les principes du mouvement des masses ouvrière, se laissèrent pénétrer par l'idée d'accorder le socialisme avec le patriotisme. La Pologne, — affirmaient les publicistes de cette tendance, — a dépassé par son développement économique la Russie sous le joug politique de laquelle elle se trouve et c'est pourquoi le but du prolétariat polonais doit être la libération de son pays, la création d'un Etat polonais indépendant, afin de se frayer un chemin vers le socialisme.


Cette tendance aboutit à la fondation du Parti socialiste polonais (P. P. S.).


En Pologne, cette tendance était combattue par l'Union Ouvrière et, dans l'émigration, principalement à Zurich, un groupe de jeunes s'efforça de lui opposer un programme marxiste dans son ensemble. A ce groupe appartenait te camarade Wesołowski5, lâchement assassiné depuis par les gendarmes polonais. Des étudiants en faisaient partie qui, par la suite, ont quitté les rangs des militants de la révolution, mais se sont fait connaître autrement (c'est le cas entre autres de l'un des plus remarquables poètes de la Pologne contemporaine, W. Berent6). Mais il devait appartenir à Rosa Luxemburg de créer le fondement théorique du marxisme polonais et du mouvement social-démocrate, son collaborateur le plus actif, le plus dévoué dans ce travail fut le camarade Joguiches-Grosovsky.


Les thèses fondamentales de cette tendance étaient celles-ci : le capitalisme se développe dans la Pologne asservie dans un étroit accord avec le capitalisme russe, allemand et autrichien ; les liens les plus étroits se créent nécessairement entre la bourgeoisie des provinces polonaises et celle de ces États ; la lutte des classes devient plus âpre en Pologne et rend impossible l'insurrection contre le joug national. La tâche du prolétariat polonais c'est de lutter, de concert avec les ouvriers russes, allemands et autrichiens, contre l'ordre capitaliste ; cette lutte politique et économique doit être conduite en tenant compte des conditions de la vie politique dans chaque Etat, ce qui rend nécessaires des relations étroites avec les Partis socialistes russe, allemand et autrichien. L'autonomie du Parti polonais, qui lui permet de défendre les intérêts de la culture du prolétariat polonais, doit être naturellement sauvegardée. Seule la révolution commune, en détruisant l'ordre capitaliste, entraînera la libération de tous les peuples, donc du peuple polonais ; tant que règne l'ordre capitaliste, la création d'un Etat polonais indépendant n'est pas possible. La tâche des prolétaires polonais, ce n'est donc pas de lutter pour une Pologne capitaliste indépendante, mais pour la destruction des Etats capitalistes en général. Tout ceci nous paraît aujourd'hui indiscutable, mais il fallut alors un énorme travail pour ouvrir un chemin à ces idées.


Rosa Luxemburg prouva de suite un remarquable talent de publiciste et les dons d'un brillant théoricien. Nous reconnûmes volontiers en elle notre guide doctrinal. Le camarade Jogiches était son auxiliaire le plus actif bien que seuls ses plus proches amis l'avaient su.


La nouvelle tendance eut bientôt à soutenir son premier combat sur une large arène. A l'automne de 1891, la gendarmerie du tsar détruisit l'Union Ouvrière dont presque tous les leaders furent arrêtés. La manifestation du 1er mai, en 1892, revêtit néanmoins des proportions grandioses, montrant que le mouvement des masses ouvrières était devenu en Pologne un fait capital de la vie sociale.


En 1893, il devint possible de renouveler et d'élargir notre activité révolutionnaire dans la région. Le camarade Wesołowski était alors l'un des meilleurs organisateurs. Les ouvriers de l'Union et ceux qui restaient du Parti du Prolétariat adhérèrent au nouveau groupe et nous adoptâmes le nom de Parti Social-Démocrate de l'empire polonais. Cette appellation paraîtra étrange à beaucoup (quel accouplement de mots : socialiste et empire !). Elle fut choisie dans un but défini. Nous voulions exprimer ainsi que, selon nos doctrines, nous étendions notre organisation sur un territoire donné et précisément sur cette partie de la Pologne où le prolétariat doit lutter la main dans la main avec le prolétariat de toute la Russie. Justement, cette année-là, un Congrès Socialiste International se réunissait à Zurich. Nous résolûmes de nous y affirmer devant le prolétariat du monde entier. Les ouvriers de Varsovie m'envoyèrent un mandat de délégué. Les groupes de l'étranger en donnèrent à Rosa Luxemburg et au camarade Warszawski. Les meneurs du P. P. S. menaient contre nous une furieuse campagne dans laquelle ils eurent recours aux moyens les plus honteux, accusant effrontément le camarade Warszawski d'être « un agent russe ». Comme il y avait parmi eux des hommes entretenant depuis longtemps d'excellentes relations avec les chefs de l'Internationale : Engels, Wilhem Liebknecht et d'autres, il leur fut facile de nous représenter comme un petit groupe d'intrigants rompant l'unité du socialisme polonais. Malgré le brillant discours de Rosa Luxemburg réfutant ce mensonge le Congrès résolut de ne valider ni son mandat ni celui du camarade Warszawski. Plekhanov joua dans cette affaire un bien piètre rôle ; il connaissait les affaires polonaises et il eût suffi d'un mot de lui qui jouissait dans l'Internationale d'une si grande popularité pour anéantir toute cette intrigue. Mais il préféra se taire et reconnut plus tard qu'il lui sembla fâcheux de « devoir aller à l'encontre de l'opinion du vieil Engels ». Malheureusement, ces choses devaient par la suite arriver assez souvent dans la Seconde Internationale où les affaires se décidaient fréquemment selon les sympathies et les antipathies des chefs jouissant d'une certaine popularité. Nous subîmes un échec, mais on s'intéressa dans l'Internationale aux questions du socialisme polonais et l'occasion se présenta à nous d'exposer ces questions dans la presse française et allemande. Cette tâche aussi fut surtout dévolue à Rosa Luxemburg.


L'étude des questions du mouvement ouvrier polonais avançait et le mouvement se fortifiait. Rosa Luxemburg suivait à ce moment les cours de l'Université. En 1897, elle présenta pour son doctorat une brillante dissertation sur le développement de la production en Pologne. Elle se distinguait non seulement par des connaissances solides, mais par une dialectique brillante qu'elle faisait valoir dans ses fréquentes discussions avec le professeur d'Economie politique, Julius Wolf, adversaire résolu du marxisme. Nous préparions tout simplement ces discussions : j'amenais tout doucement l'honorable professeur sur ce sujet glissant, puis, disposant de toutes les armes du marxisme, nous lui prouvions qu'il n'y comprenait pas un traître mot. Nous devons rendre cette justice à l'Université de Zurich que malgré notre propagande elle ne s'opposa aucunement à notre obtention du doctorat.


En 1897, Rosa Luxemburg ayant terminé ses études universitaires, résolut de passer en Allemagne. Pour avoir la possibilité de militer, elle se maria fictivement avec l'un des fils du docteur Lübeck et devint de cette façon allemande. Elle travailla parmi les ouvriers polonais en Posnanie et en Silésie, collaborant en même temps aux journaux allemands et à l'organe scientifique du parti Die Neue Zeit. Je m'étais rendu en Allemagne un an auparavant et je collaborais à Dresde à cet organe dont Parvus était le rédacteur. Mais, en 1898, nous fûmes tous deux expulsés de Saxe. Rosa Luxemburg nommée rédacteur du journal de Dresde ne put s'y accorder et commença bientôt à collaborer au Leipziger Volkszeitung, dont le rédacteur était alors le meilleur journaliste allemand, Schönlank7. Apres sa mort, Rosa Luxemburg seule rédigea un moment ce journal.


C'était le moment où commençait la crise du mouvement ouvrier allemand : Bernstein entrait en lice et le « révisionnisme » se répandait. Rosa Luxemburg se jeta dans la polémique et ses remarquables articles précisèrent nos lignes de tactique. Bientôt les questions de tactique devinrent actuelles dans toute l'Europe. La question de la participation des socialistes au gouvernement bourgeois (ce qu'on appelait le millerandisme) se posa et d'une façon générale ce fut le commencement d'une âpre lutte entre les courants révolutionnaire et réformiste. Le talent dialectique et polémique de Rosa Luxemburg s'y manifesta dans toute sa force : elle devint bientôt l'un des champions les plus en vue de la tendance révolutionnaire. Le Parti Social-Démocrate polonais la nomma membre du Bureau International, et depuis ce jour elle ne cessa de combattre pour les idées révolutionnaires sur la plus large arène. Ici encore, Jogiches était son inséparable collaborateur. Les proches amis de Rosa savent qu'elle ne donnait à composer aucun de ses articles de polémique ou de programme sans qu'il l'ait relu. Cependant, nos deux camarades ne cessaient pas de s'intéresser au mouvement polonais. Le logement de Rosa Luxemburg, à Friedenau (faubourg de Berlin) était le centre vers lequel se dirigeaient les camarades venant de Varsovie pour demander conseil ; c'est là aussi que venait Jogiches dans les mains duquel se trouvaient tous les fils reliant le Parti du pays avec les camarades travaillant pour lui dans l'émigration.


Ainsi passèrent, dans une constante lutte pour les idées révolutionnaires, les années de 1897 à 1905. Dans cette lutte, Rosa Luxemburg rendit au prolétariat d'inappréciables services en ne reculant pas d'un pas de la ligne de conduite du marxisme révolutionnaire. Un fait caractérise sa personnalité : c'est que malgré ses façons impitoyables et sa dureté parfois excessive dans la polémique, ses plus grands adversaires (parmi lesquels figurèrent quelquefois Jean Jaurès et Bebel) la respectaient et même l'aimaient. Elle était alors liée par une amitié étroite avec Karl Kautsky sur lequel elle avait une grande influence et qu'elle stimulait à aller de l'avant quand se manifestaient ses velléités opportunistes.


La Révolution Russe (1905 à 1906) éclata et le prolétariat polonais constitua dans cette lutte à mort une bonne avant-garde. Jogiches s'empressa de se rendre à Varsovie. Rosa voulut absolument le suivre. C'est en vain que nous lui déclarâmes qu'elle devait rester à Berlin où nous avions besoin de son travail scientifique qu'elle pourrait difficilement continuer dans son pays. Malgré notre opposition catégorique elle débarqua, un beau matin, à Varsovie nantie d'un passeport allemand. Tyszka — c'est le pseudonyme que Jogiches avait alors adapté — fut mécontent, mais il dut se résigner. Rosa Luxemburg déclara formellement qu'elle ne quitterait pas son poste et se mit à travailler avec notre journal.


Pas pour longtemps, hélas ! Quelques semaines plus tard, elle tombait entre les mains de la police qui n'avait pas eu de difficulté à établir son identité. Par bonheur, à cette époque, la désorganisation de la police commençait déjà. Par la menace de venger cruellement Rosa et par la corruption nous la fîmes libérer sous cautionnement après quoi les camarades la renvoyèrent à l'étranger : elle protesta, mais cette fois nous fûmes inébranlables.


Tyszka avait été arrêté en même temps qu'elle. Son travail avait été magnifique. Notre journal était grâce à lui admirablement organisé. Il avait soumis la rédaction clandestine installée au centre de la ville au régime le plus sévère. Il n'écrivait généralement pas lui-même. Mais tout article (et presque toutes les notes) était écrit d'après ses instructions, « pour que notre numéro, disait-il, soit d'une seule pièce » ; pas une ligne n'était envoyée à la composition sans avoir été attentivement relue par lui, il tenait ses collaborateurs dans une main de fer, n'admettant ni fatigue ni « disposition d'esprit particulière ». — « Il faut travailler, voilà tout ! » Et, le voyant, infatigable, du matin à la nuit, tous se soumettaient à sa remarquable organisation du travail. Mais il ne se bornait pais à tenir ainsi sa collaboration littéraire, il ne lâchait pas non plus les typographes et les collaborateurs techniques. A Dieu ne plaise qu'une notule fût composée dans un caractère autre que celui qui était indiqué sur la copie ! A Dieu ne plaise qu'un numéro ne fût pas composé selon toutes les règles de l'art typographique ! Une expédition inexacte était un crime impardonnable. Il arrivait à de malheureux collaborateurs d'encourir des reproches pour quelque 5 numéros qui un mois auparavant étaient arrivés quelque part en retard8. Tyszka se rappelait tout et veillait à tout et pourtant il avait, outre son travail de rédaction, un très grand travail d'organisation. Il connaissait par le menu le travail du Parti et se préoccupait continuellement de tout. Mais ce travail minutieux ne diminuait pas sa largeur de vues et il se distinguait dans toutes les questions théoriques par sa réserve et par sa prévoyance. On l'arrêta, en février 1916, avec Rosa Luxemburg. Identifié, jugé, il fut condamné à 8 ans de travaux forcés. Mais en février 1907 les camarades réussirent à organiser son évasion. Cette entreprise fut menée à bien par le camarade Ganetsky9 : un gardien fut acheté, on procura à Tyszka un costume et on l'emmena. Je me souviens qu'il vint tout droit de la prison à la rédaction, où il dut rester plusieurs jours avant d'avoir trouvé un logement plus sûr. Les affaires de la rédaction étaient déjà moins bonnes. Presque tous les rédacteurs étaient emprisonnés. Il était de plus en plus difficile de faire marcher la typographie et notre journal avait perdu son élégance. Tyszka commença par s'en faire apporter une collection complète ; il la parcourut avec effroi ; Que de coquilles ! J'indiquai que le correcteur devait travailler tantôt sous sa machine, tantôt dans la cave. Mais il ne fut pas convaincu : « il faut pour la correction une tête et des mains, et tant qu'on a une tête sur les épaules et un crayon dans les mains on peut travailler n'importe où ! » Et de fait Tyszka pouvait travailler ainsi. Puis il se mit au travail et dans la nuit rédigea une série d'instructions qui lui parurent utiles pour améliorer nos affaires. Ayant réussi à passer la frontière sans encombre, — et je me souviens qu'un officier révolutionnaire le conduisit en voiture jusqu'à la frontière, — Tyszka ne resta pas un instant inactif et prit la direction du groupe étranger qui retrouvait son ancienne importance pendant que la contre-révolution triomphait en Pologne et en Russie. Je rencontrai de nouveau Tyszka à l'étranger au congrès du Parti social-démocrate russe, à Londres, pendant l'été de 1907. Nous luttions contre les mencheviks et Tyszka qui, pendant toutes ces années était resté en contact avec les camarades russes était tout naturellement le guide du groupe polonais. Il était au courant de toutes les affaires russes dans leurs moindres détails et il prit la part la plus active au travail compliqué qu'il fallut faire à ce congrès où des questions « délicates » s'embrouillaient prodigieusement10. Dans ces cas il se révélait « diplomate » défendant pourtant ses positions avec ténacité et de fait sa « diplomatie » n'abandonnait jamais rien de la tactique strictement révolutionnaire. Les mencheviks et les bundistes le voyaient naturellement d'un fort mauvais œil. Il nous arrivait aussi, il est vrai, de nous quereller avec les camarades bolcheviks avec lesquels nous n'étions pas d'accord sur des questions d'organisation. Mais grâce à la retenue de Tyszka, les relations entre les bolcheviks et le groupe polonais restèrent toujours satisfaisantes.


Dès 1907, Rosa Luxemburg se plongea dans les affaires allemandes. On approchait de cette période fatale pendant laquelle l'aspect extérieur du Parti fut excellent tandis qu'en réalité la gangrène le rongeait profondément. La tendance radicale semblait avoir vaincu. Les Congrès adoptaient des résolutions très radicales. Mais ceux qui savaient voir voyaient que ce radicalisme était pire que tout opportunisme. L'arrivisme se développait dans le Parti, la bureaucratie atteignait des proportions excessives. On avait la lettre radicale sans esprit révolutionnaire. Il était très difficile de lutter contre cet état de choses, qui devait enfin amener à la catastrophe morale du 4 août 1914. Parmi les chefs influents, le vieux Bebel n'avait plus son ancienne intuition révolutionnaire et Karl Kautsky, n'ayant jamais été en contact avec la vie du Parti, s'enfermait toujours plus dans un dogmatisme livresque. Les hommes nouveaux dans les rangs des radicaux, les Scheidemann, les Ebert, les Haase n'avaient jamais été révolutionnaires au fond de leur âme et ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez ; les autres n'étaient que de vulgaires arrivistes. Rien d'étonnant à ce que dans cette atmosphère les meneurs aient réussi à représenter Rosa Luxemburg et ses partisans, qui ne cessaient de sonner le tocsin, comme des « critiques chagrins », ne troublant la paix du Parti que « par amour des disputes ». Kautsky céda enfin à cette tendance et son attitude, en 1912, amena la rupture d'une amitié datant de longues années. Cet érudit de bibliothèque eut enfin le courage de traiter Rosa Luxemburg et ses amis d' « anarchistes-syndicalistes ».


Malgré ce travail énervant, Rosa trouvait encore du temps pour des travaux scientifiques fondamentaux. On l'avait désignée pour enseigner à l'école marxiste du Parti l'économie politique et, non seulement elle se révéla un pédagogue modèle, mais encore préparant très consciencieusement ses leçons, elle écrivit un remarquable cours d'économie marxiste, qui, par malheur, n'a pas été imprimé (et il faut craindre que les bandits de Noske, qui, aux jours tragiques de janvier, ont violé le domicile de Rosa Luxemburg, aient détruit ce manuscrit, en même temps que beaucoup d'autres). A cette époque, un autre travail important de Rosa fut édité : L'Accumulation du Capital.


C'était aussi le moment de son activité de propagande la plus intense. Les calomnies des chefs du Parti contre Rosa Luxemburg n'eurent pas d'effet sur les masses. Dans toutes les villes, même dans le centre du révisionnisme, les ouvriers aimaient à entendre « notre Rosa » et son talent si entraînant d'orateur agissait même sur ceux que l'opportunisme avait contaminés. Je me souviens qu'un camarade (de Mannheim, je crois) racontait l'étonnant effet d'un discours de Rosa Luxemburg : les ouvriers déclarant à leurs chefs habituels qu'ils voyaient maintenant combien ils avaient été trompés et exigeant que Rosa Luxemburg fût invitée à faire une série de conférences et de causeries-discussions sur tes questions intéressant le Parti. Ces cas étaient fréquents.

En 1913, Rosa Luxemburg prononça, à Francfort-sur-le-Main, un discours antimilitariste pour lequel elle fut poursuivie et condamnée à un an de prison. Mais, pendant les délais d'appel à une instance supérieure, elle prononça, à Berlin, un nouveau discours, dans lequel elle disait entre autres que dans les casernes de l'Allemagne les soldats étaient chaque jour odieusement brutalisés et brimés. Elle fut de nouveau poursuivie. La défense se chargea de prouver la véracité de ses assertions et invita des témoins à se faire connaître par les journaux du Parti. En juin 1914, quelques semaines avant la guerre mondiale, le procès s'ouvrit, plusieurs centaines de témoins se présentèrent à l'audience dès le premier jour, prêts à déposer sur les horreurs de la vie de caserne et le défenseur déclara que sa liste comptait plusieurs milliers de noms. Le gouvernement s'effraya, le procès fut remis, — et l'on n'en reparla plus.


A cette époque, le camarade Tyszka travaillait dans les partis polonais et russes. On avait commencé à éditer à Varsovie un journal hebdomadaire légal, mais comme tous les écrivains du Parti devaient émigrer, la rédaction était à Berlin et Tyszka, naturellement, en avait la charge. Il habitait alors à l'hôtel, à Steglitz, faubourg de Berlin, et Franz Mehring, qui connaissait à fond l'histoire de la Prusse, découvrit que cet hôtel avait été jadis le palais du général Wrangel, qui réprima la révolution de 1848. Chaque fois qu'il voyait Tyszka, le vieillard affirmait que Wrangel devait se retourner dans son cercueil à la seule idée qu'un révolutionnaire comme Tyszka habitait maintenant son logis. Notre rédaction siégeait dans une petite chambre de cet hôtel. Tyszka y introduisait de nouveau son régime sévère tançant vertement les coupables si le travail n'était pas parfait. Le fait est qu'on ne pouvait diriger de Berlin la rédaction d'un journal de Varsovie qu'au prix d'une exactitude exemplaire et que sous ce rapport notre confrérie littéraire n'était bonne à rien. Cependant, l'énergie de Tyszka faisait marcher l'affaire, bien que notre journal, régulièrement suspendu, dût continuellement changer de nom pour ressusciter ; il vécut près d'un an changeant, je crois, sept fois de nom.


Tyszka dut travailler dans le Parti russe, ayant été désigné par le Parti polonais qui s'était fédéré avec les organisations russes, en qualité de membre du Comité Central. Comme il était dans son travail ponctuel jusqu'à l'exagération, croyant indispensable d'informer de tout ce qui concernait les intérêts généraux la direction du Parti polonais, qui se réunissait périodiquement à Berlin, il dut tenir toute une série de notes et de livres, cela seul et dans les conditions les plus pénibles : il vivait avec un passeport étranger. La police pouvait à chaque instant tomber chez lui et c'est pourquoi son « bureau » était installé dans les appartements de certains camarades allemands chez qui les papiers étaient déposés, tandis que d'autres adresses d'Allemands servaient pour la correspondance. Nous fîmes un jour le calcul que Tyszka avait affaire de cette façon dans une douzaine d'appartements. Il ne renonçait pas à ce système pour des raisons d'ordre conspiratif ; de la sorte, les matériaux étaient si dispersés que même en découvrant un appartement la police n'y trouverait qu'une petite partie de documents dont elle ne pourrait tirer aucun avantage. Je lui demandai un jour : « Mais, qu'arrivera-t-il si vous tombez brusquement malade ? Personne ne se retrouvera dans ce travail ! ». Il me répondit simplement : « Il ne m'est pas permis d'être malade ». Le fait est que seule une capacité de travail déconcertante et une santé de fer permettaient à Tyszka d'accomplir le travail énorme dont il se chargeait.


La guerre éclata. Dès le premier jour, Rosa Luxemburg commença sa propagande contre la guerre. Elle comptait grouper pour un travail commun un groupe choisi de camarades allemands. Et d'abord elle pensa qu'il était nécessaire de publier un manifeste signé au moins d'un petit nombre de noms populaires parmi les ouvriers. Tyszka dit tout de suite qu'il n'en résulterait rien.


Pourtant, avec Rosa, nous tentâmes l'essai. Mais sept personnes seulement, répondant à son invitation, se réunirent chez elle pour examiner la question ; de ce nombre, il n'y avait que deux militants connus, Mehring et Lentsch. Ce dernier promit de signer, mais se déroba ensuite. Le manifeste n'eût été signé que de Rosa Luxemburg, de Clara Zetkin et de Franz Mehring, ce qui était naturellement inadmissible ; il fallut y renoncer. Le lecteur non initié aux choses d'Allemagne se demandera peut-être : Et Liebknecht ? Malheureusement Liebknecht hésitait encore et ce n'est que quelques mois plus tard qu'il se décida à combattre la guerre.


Il fallut se résoudre à l'activité clandestine. Fort peu de camarades y étaient préparés. Le petit groupe qui se mit au travail était composé des camarades Luxemburg, Tyszka, Mehring, des époux Duncker11, d'Ernst Meyer, de Wilhelm Pieck, de Lange12 et de moi. Je crois bien que c'est tout. Mathilde Jacob13 et la camarade Ezerskaya14 nous donnaient un concours technique matériel. Notre situation n'était pas brillante, nous n'avions ni argent, ni organisation de parti et, en outre, les militants allemands n'avaient aucune notion de propagande clandestine. Pourtant tout marcha. Tyszka et Meyer se chargèrent d'organiser une typographie. Pieck, Eberlein et Lange, à l'aide de leurs relations, donnèrent le moyen de répandre les publications, mais Tyszka dut bientôt assumer la direction de ces deux parties de l'entreprise. Nous pûmes ainsi éditer une série de manifestes contre la guerre. Nous décidâmes en outre de commencer à éditer un journal légal, l'Internationale, mais il fut supprimé dès son premier numéro.


En février 1915, la condamnation de Rosa Luxemburg fut confirmée en dernière instance ; on l'emprisonna pour un an. Elle réussit pourtant à écrire et à nous faire passer — principalement avec le concours de l'active et infiniment dévouée Mathilde Jacob — des feuilles volantes et une brochure intitulée La Crise de la Social-Démocratie.


Elle insistait pour que la brochure fût éditée sous son nom, mais nous savions qu'en pareil cas elle eût été menacée de travaux forcés et nous refusâmes. La brochure fut signée du pseudonyme de Junius.


Sa détention terminée, Rosa revint parmi nous. Liebknecht, maintenant, était aussi avec nous, et le travail s'était considérablement, élargi. Mais, en juin 1916, Rosa Luxemburg était de nouveau emprisonnée, « par mesure administrative ». Je me trouvais alors dans un camp de concentration, mais je sais qu'alors aussi Rosa Luxemburg collaborait aux feuilles volantes qui paraissaient sous le titre de Lettres de Spartacus ; je sais que l'impression et la diffusion de ces feuilles furent merveilleusement organisés grâce surtout à l'invincible énergie de Jogiches. Sa grande expérience de l'activité clandestine ne permettait pas aux autorités allemandes de l'arrêter, bien qu'il dût, par suite de l'arrestation ou de l'envoi au front de presque tous les militants éprouvés du groupe Spartacus, travailler dans un cercle assez large et visiter des réunions nombreuses. La police savait seulement qu'un mystérieux étranger était à la tête du groupe. On réussit pourtant à l'arrêter au printemps de 1918. Les efforts du camarade Joffe pour obtenir sa libération n'eurent pas de succès. Jogiches étant considéré comme citoyen suisse (de fait, il avait, en 1896, acquis, dans l'un des cantons, les droits de citoyen et avait récemment vécu à Berlin avec son véritable passeport suisse).


Je ne devais plus rencontrer Rosa Luxemburg. J'arrivai de Moscou à Berlin, trois jours après la catastrophe. Mais les récits de combattants de la bataille révolutionnaire m'ont confirmé ce dont je n'ai pas douté : avec Karl Liebknecht, elle a été le guide intellectuel du mouvement spartakiste, et Jogiches n'a pas cessé d'être son compagnon inséparable. Je le trouvai, lui, au travail. Il avait été arrêté pendant l'insurrection de janvier, mais il avait réussi à recouvrer la liberté et s'était aussitôt remis au travail. Il fallait concentrer les forces dispersées, reformer le Comité Central des Communistes-Spartakistes, reconstituer l'organisation.


Jogiches fut à la hauteur de sa tâche. Grâce à son énergie, le travail du Parti recommença aussitôt après la catastrophe. Son mauvais destin l'atteignit en mars : arrêté pendant l'insurrection communiste, il fut lâchement assassiné en prison.


Je ne puis, à l'heure actuelle, donner un aperçu de l'activité scientifique et politique de Rosa Luxemburg. Il faudrait, pour cela, tout un travail historique et critique, d'autant plus grand que son activité féconda le mouvement révolutionnaire polonais et allemand pendant une période assez longue, et se fit sentir en outre dans le mouvement international, les principaux efforts de notre inoubliable camarade ayant été consacrés depuis 1887 à la lutte contre l'opportunisme considéré comme un fait international.


Mais je prends la liberté d'attirer l'attention du lecteur sur ce que, dans son dernier travail théorique et tactique, — sa brochure sur la crise de la social-démocratie, — notre inoubliable camarade nous a laissé de précieuses indications pour le travail futur. Je veux parler des « thèses » énoncées à la fin de cette brochure et concernant l'Internationale. Cette brochure, comme je l'ai indiqué, a été écrite en 1916 en prison. Connaissant à fond la 2e Internationale, Rosa Luxemburg y prédit clairement, nettement, l'inéluctabilité de sa chute et montre la nécessité de recréer l'Internationale sur de nouvelles bases. Bien des choses ont changé depuis : La Révolution et la dictature du prolétariat en Russie, puis en Hongrie, ont créé une nouvelle situation. Mais, dans son ensemble, la pensée de la camarade Luxemburg reste exacte. Plus précisément, elle se pose cette question ; Que doit être la nouvelle Internationale ? Et elle y répond.

La lutte de classe à l'intérieur des États bourgeois contre les classes dirigeantes, et la solidarité internationale des prolétaires de tous les pays sont les deux règles de conduite indispensables que la classe ouvrière doit appliquer dans sa lutte de libération historique. Il n'y a pas de socialisme en dehors de la solidarité internationale du prolétariat, le prolétariat socialiste ne peut renoncer à la lutte de classe et à la solidarité internationale, ni en temps de paix, ni en temps de guerre : cela équivaudrait à un suicide.
Le centre de gravité de l'organisation de classe du prolétariat réside dans l'Internationale. L'Internationale décide en temps de paix de la tactique des sections nationales au sujet du militarisme, de la politique coloniale, de la politique commerciale, des fêtes de mai, et de plus elle décide de la tactique à adopter en temps de guerre.

Nous sommes encore loin de l'organisation d'une telle Internationale. Mais, travaillant dans ce sens, nous accomplissons les dernières volontés de l'inoubliable martyre de notre cause.

 

I. MARCHLEVSKY (KARSKY).

 


 

 

Notes de la MIA

 

1 Le nom du parti fut d'abord Parti Social-Révolutionnaire International « Prolétariat » (Międzynarodowa Socjalno-Rewolucyjna Partia "Proletariat") entre 1882 et 1886, puis deux autres formations conservèrent l'appelation « Prolétariat » jusqu'en 1909.

2 Marcin Kasprzak (1860–1905).

3 Boris Kritchevski (1866-1919).

4 Stanisław Kunicki (1861-1886).

5 Bronisław Wesołowski (1870-1919).

 6Wacław Berent (1878-1940).

7 Bruno Schönlank (1859-1901).

8 Sic.

9 Yakov Ganetsky (1879-1937).

10 Allusion au débat sur les « expropriations » - attaques de banques à main armée menées par des groupes bolcheviks afin de financer l'organisation qui causèrent de vives dissensions.

11 Käte (1871-1953) et Hermann (1874-1960).

12 Paul Lange (1880-1951).

13 Mathilde Jacob (1873-1942 ?), secrétaire et amie de Rosa Luxemburg.

14 Fanny Ezerskaya.

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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009