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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.

ATTENTION. PUBLICITES IMPOSEES.
Nous avons été avertis de la présence de publicités sur le blog. Elles sont particulièrement aggressives. Cela nous est imposé sans concertation par notre hébergeur. C'est une grave remise en cause de notre travail.  Nous avons le choix entre prendre une option payante, migrer. Nous continuons à animer ce blog, l'un des seuls en langue française et même au-delà à fournir un travail scientifique régulier. Car il est fréquenté quotidiennement. Aussi, nous vous remercions de rester fidèle à ce travail. Vous pouvez utiliser un bloqueur de publicités comme adblock.  c.a.r.l.
Parallèlement, vous pouvez consulter  et si possible vous abonner à notre nouveau site où nous continuons notre travail de recherche, de publication d'inédits et où nous reprenons les articles les plus importants du blog:

20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 20:12
Rappelons au détour d'une recherche, l'existence sur le net de ce document: catalogue très complet d'une exposition sur Rosa Luxemburg. Biographie, photographies nombreuses et parfois rares.


http://rosalux-europa.info/userfiles/file/rls-ausstellung_fr.pdf
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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 18:39

 

A lire sur le blog :

Hope Bridges Adams-Lehmann dans la correspondance de Rosa Luxemburg


Diffusé sur Arte - 20h35 . Rediffusion: 15:05 - Vendredi 02/04 - Arte. sur téléobs

[Téléfilm biographique] de Martin Enlen - Origine : Allemagne - Durée : 1 heure 30 minutes -Stéréo - En 16:9

Avec : Heike Makatsch (Hope Bridges Adams), Inka Friedrich (Clara Zetkin), Martin Feifel (Carl Lehmann), Tatjana Blacher (Ellen Bridges), Monika Baumgartner (Barbara Helbing), Justus von Dohnanyi (Otto Walther), Kara McSorley (Mara), Oliver Breite (Gregor Fernbach)

Le sujet

A la fin du XIXe siècle, la première femme médecin d'Allemagne vient en aide aux patients les plus pauvres et s'insurge contre le sort réservé aux femmes.


Née en 1855 à Londres, où elle est élevée, Hope Bridges Adams s'installe avec sa mère à Leipzig. Allant à l'encontre des souhaits de sa famille, la jeune femme, brillante et impétueuse, entreprend des études de médecine. Première femme à passer son diplôme en 1880, elle doit néanmoins attendre jusqu'en 1904 pour qu'il soit reconnu. Avec son mari Otto Walther, Hope ouvre un cabinet à Francfort et met un point d'honneur à venir en aide aux patients les plus pauvres. Elle s'insurge par ailleurs contre le sort réservé aux femmes. Sa vie est sans cesse tiraillée entre son métier, son rôle d'épouse et ses responsabilités en tant que mère d'une petite fille, Mara...

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 23:37

 

comprendre repris sur le site là-bas ... dans le Tarn

Rosa, c’est Rosa Luxemburg. Assassinée avec Karl Liebknecht, lors de la révolution spartakiste. Un crime qui divise la gauche allemande comme un mur toujours debout.


1953, c’est le soulèvement des travailleurs de RDA contre le pouvoir stalinien. La répression brutale entrainera des fuites par milliers vers l’ouest. C’est pour éviter au reste des heureux citoyens de RDA de tomber dans l’enfer capitaliste que fut construit le mur.

Un reportage avec Marina Touillez et Giv Anquetil (La bas si j'y suis)

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1780

Un ajout de Christine :

Une page d'histoire !!!

http://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 18:55
comprendre-avec-rosa luxemburg.over-blog.com

La pose d'une plaque Rosa Luxemburg est d'une grande importance et son libellé "militante internationaliste" fait vivre son nom et un des axes de ce combat.

rosa-047.JPGPhotographie du blog Montmartre secret qui relate l'événement
Cela fait que l'on passe au-dessus de cette inauguration par un maire dont le courant réformiste, à l'époque fut à l'origine de l'assassinat de Rosa Luxemburg, ce courant n'a jamais reconnu sa responsabilité qui est pourtant historiquement avérée. Il serait important qu'il le fasse.

Et que l'on se concentre sur l'essentiel ce jour, la reconnaissance d'un combat, d'un engagement, d'une pensée.

Ci-dessous le discours de Catherine Vieu Charrier, adjointe de la mairie de Paris à la mémoire. Dont il faut retenir les derniers mots:
 
"A la femme, à la militante, le peuple de Paris, celui de la Révolution française, de la Commune, du Front Populaire, de la Résistance, de toutes les luttes d’aujourd’hui, ce peuple est reconnaissant à jamais."

 La pose de cette plaque est un événement considérable.

Un événement politique et un événement historique.


La pose de cette plaque est un événement considérable. Un événement politique et un événement historique.

Il est de plus tout à fait intéressant que ce soit à l’initiative des élèves du lycée Rosa Luxembourg de Berlin que cet hommage soit rendu. Que ces jeunes allemands en soient ici remerciés.


La femme que la Ville de Paris honore aujourd’hui, a eu grand destin.

Et plus le temps passe, plus ce destin ressort, au regard des soubresauts et des déroulements de notre histoire.

 

Rosa Luxemburg est née le 5 mars 1871 dans la ville polonaise, à l’époque sous occupation russe, de Zamosc où aujourd’hui une rue porte son nom, non loin de la frontière de l’Ukraine. Sa mère et son père Lina Luxemburg née Löwenstein et Eliasch Luxemburg sont ses parents étaient aisés.

Chez les Luxemburg, on parlait le polonais. Ils connaissaient le yiddish mais seul le père l’utilisait pour son travail. Rosa parlera par la suite couramment le russe, l’allemand et le français.

Rosa était la dernière de cinq enfants, trois garçons et deux filles.


Juive de naissance comme beaucoup de révolutionnaires de cette époque, Rosa refusa toute sa vie de traiter de cette question, elle vivait comme une laïque. Par contre elle fut profondément traumatisée par le nationalisme (catholique) polonais après avoir vécu un pogrom en Pologne pendant son enfance. Son opposition à tous les nationalismes et à toutes les religions sera un trait de sa personnalité. Dès 1893, elle a 22 ans, elle participe au congrès socialiste, devient membre du parti social-démocrate. En 19OO, au congrès socialiste international de Paris, elle présente un rapport contre le militarisme.


Rapidement, elle va se heurter aux pouvoirs en place et sera emprisonnée plusieurs fois, toujours pour ses activités militantes. La première fois le 26 août 19O4 à Zwickau pour deux mois. Ensuite, le 28 juin 1906 et plusieurs fois pendant la guerre. La dernière fois, elle sort le 8 novembre 1918.

Lors de son procès à Francfort en février 1914, elle transforme le tribunal, en tribune révolutionnaire contre la guerre. De prison, elle écrit plusieurs publications politiques, parfois sous un nom d’emprunt. Ces périodes de prison lui permettent d’approfondir ses thèses et de mieux les argumenter.


Pour ce qui est du féminisme, on a souvent considéré avec légèreté que cela ne l’intéressait pas. En réalité, elle ne mettait peut être pas cette question au premier rang, contrairement à sa camarade Clara Zetkin, mais elle a écrit sur le féminisme, et les féministes l’ont beaucoup revendiquée.

Rosa Luxemburg a écrit notamment un texte sur le sujet : « Droit de vote des femmes et lutte de classes » en 1912, et elle prononça, à l’occasion de la journée internationale des femmes en 1913, un discours qui fit date.


A ce moment, il faut parler du rôle du mouvement spartakiste dans le destin de Rosa.

Le nom est déjà tout un programme. Ce mouvement est né contre la guerre. Il a donné naissance à la fin 1918 au Parti Communiste d’Allemagne, le PCA/KPD.

Dans l’espoir d’établir une république des « conseils », la révolution allemande, poussée par le mouvement spartakiste, éclate. Elle sera réprimée dans le sang.

Rosa Luxemburg prend alors  toute sa place dans cette révolution, même si elle juge son déclanchement prématuré, comme elle pensait aussi prématurée la naissance du Parti Communiste à ce moment-là. Mais elle prend quand même sa place dans le combat, toute sa place et entre autre, participe à la rédaction du programme du parti communiste.


Elle intervient dans le congrès et quelques jours après, le 5 janvier 1919, elle est arrêtée et assassinée le 15 avec son camarade de combat Karl Liebnecht.

En fait, depuis le début de la guerre, une campagne haineuse s’est développée contre Rosa. Une campagne anticommuniste, antisémite, xénophobe, machiste et ordurière qui redouble à la fin de la guerre de 14/18 sous la conduite des dirigeants  Noske, Scheidemann et Hébert.

Rosa y est caricaturée comme la « juive errante », ou encore, « la salope rouge ».

Les corps francs (futures troupes nazies) aux ordres du  gouvernement, l’arrêtent sur dénonciation, l’insultent et la molestent, puis l’exécutent et la précipitent dans le Landwehrkanal, le canal qui travers Berlin. Son corps n’est retrouvé que plusieurs mois après, le 1er juin 1919.


Son assassinat marque alors à jamais une frontière entre les réformistes et les communistes internationalistes.

Ses apports théoriques sont nombreux. Quoique marxiste orthodoxe, elle se sert des concepts développés par Karl Marx pour les critiquer et fonder sa propre analyse en étudiant des aspects nouveaux du capitalisme de son temps comme le colonialisme. Elle a également théorisé l’internationalisme et a développé une critique des mouvements d’émancipation nationale, notamment pour la Pologne.

Enfin, l’apport le plus souvent signalé de Rosa Luxemburg à la théorie révolutionnaire concerne le rôle des masses et leur spontanéité dans le processus révolutionnaire.

Rosa Luxemburg a aussi, tout en soutenant la révolution bolchevique de 1917, réaffirmé avec force que « la liberté pour les seuls partisans du gouvernement, pour les seuls membres du parti, aussi nombreux soient-ils, ce n’est pas la liberté. La liberté, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement ».


Les thèses de Rosa Luxemburg correspondent de mieux en mieux à ce capitalisme international pourrissant, en crise, et qui fait des ravages à travers le monde.

Avec le recul, si la révolution allemande avait triomphé, le sort du monde n’aurait pas été le même : Il n’y aurait pas eu Hitler ni Auschwitz, et sans doute la Révolution russe n’aurait pas sombré dans la dégénérescence  qui a été celle que l’on connaît.


Il se trouve aussi que sur beaucoup de questions elle est plus que jamais d’actualité, comme lorsqu’elle parlait de l’alternative face à la crise du capitalisme en disant : « barbarie ou socialisme » ou de « réforme et révolution », ainsi que sa sensibilité précoce à l’écologie. Mais le point central de son apport et de sa singularité, c’est sa tenace position sur la fusion incontournable entre démocratie et socialisme.

 


C’est sur cette position courageuse et moderne de Rosa Luxemburg que je finirai mon propos.

A la femme, à la militante, le peuple de Paris, celui de la Révolution française, de la Commune, du Front Populaire, de la Résistance, de toutes les luttes d’aujourd’hui, ce peuple est reconnaissant à jamais.


Je vous remercie.


Publié le 9 mars 2010
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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 20:00

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Extrait de lettre de Rosa Luxemburg à Sonia Liebknecht. « J’ai l’intention de vous entraîner jusqu’en Corse »

 

Ecrites, au fond de la prison de Wroncke, alors que la guerre fait rage et mourir famille et amis. Adressées à l’épouse de Karl Liebknecht. Suivant l’expression brève d’un moment de désespoir. Ces lignes sur la Corse sont saisissantes et totalement émouvantes.


http://www.soleilcorse.com/images/famille.jpg

sur le blog soleilcorse 


Wroncke, le15 janvier 1917

 

Sonittschka, vous rappelez-vous ce que nous avons projeté de faire quand la guerre sera finie ? Aller ensemble dans le midi. Et nous irons ! Je sais que vous rêvez d’aller avec moi en  Italie, que c’est votre rêve le plus cher. Mais moi, j’ai l’intention de vous entraîner jusqu’en Corse. C’est encore mieux que l’Italie. Là-bas, on oublie l’Europe, du moins l’Europe moderne. Imaginez un vaste et grandiose paysage où le contour des montagnes et des vallées se découpe avec une extrême précision. En haut, rien que des blocs de rochers dénudés, d’un gris plein de noblesse, en bas, des oliviers, des lauriers-cerises luxuriants et des châtaigniers centenaires. Et partout le silence qui régnait  avant la création du monde avant la création du monde, pas de voix humaine, pas de cris d’oiseaux, rien qu’un ruisseau qui se glisse quelque part entre les pierres, ou le vent qui chuchote, tout là-haut, dans les failles des rochers, le vent qui gonflait la voile d’Ulysse. Et quand vous rencontrez des êtres humains, ils sont en accord avec le paysage.  Au détour du sentier surgit une caravane. Les Corses vont toujours l’un derrière l’autre, en caravane, et non pas, en groupe comme nos paysans. D’ordinaire on voit tout d’abord un chien qui gambade, puis vient à pas lents une chèvre ou un petit âne qui porte des sacs pleins de châtaignes, suit un grand mulet sur lequel une femme est assise de côté, la femme laisse pendre les jambes toutes droites et porte un enfant dans les bras. Elle se tient toute raide, svelte comme un cyprès, immobile. A côté d’elle, un homme barbu marche d’un pas tranquille et ferme. Tous deux gardent le silence. On croirait voir la Sainte Famille. A chaque pas, vous découvrez des scènes semblables. J’éprouvais chaque fois une émotion telle que j’étais sur le point de m’agenouiller malgré moi. C’est l’impression que je ressens toujours devant un spectacle d’une beauté parfaite. Là-bas, la Bible et l’Antiquité restent vivantes. Il faut que nous y allions et nous ferons comme j’ai déjà fait : nous traverserons toute l’île à pied, nous dormirons chaque nuit dans un lieu différent, nous partirons assez tôt chaque matin pour être sur la route au lever du soleil. Ce projet ne vous séduit-il pas ? Je vous servirai de guide …

 

Rosa Luxembourg, lettres de prison, éditions bélibaste, 1969, P 17/18. Traduction de Michel Aubreuil.

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 10:05

Nous ne ferons pas la fine bouche même si nous aurions préféré peut-être une date encore plus universelle tant son combat et sa personnalité étaient universels.

Nous ne ferons pas la fine bouche quand nous voyons les autres femmes honorées le même jour et l'occasion: le 1OOème anniversaire de ce jour dédié aux luttes des femmes, jour toujours aussi nécessaire dans ce monde d'oppression et d'inégalité.

Nous ne ferons pas la fine bouche car il est remarquable qu'une mairie honore ainsi le combat et les engagments de Rosa Luxemburg

Et nous invitons tous ceux qui le peuvent à participer à cet hommage


Qu’elles aient été chanteuses, peintres, militantes politiques ou écrivains, elles ont marqué l’histoire des femmes et celle de leurs droits. La municipalité vous invite à les rencontrer le temps d’une exposition, d’une table-ronde et de balades urbaines.

À l’occasion du 100ème anniversaire de la « Journée Internationale des Femmes », la Mairie du 18ème organise l’événement « Place aux femmes ! », un hommage à la mémoire de femmes remarquables dont le nom s’est inscrit sur les plaques de rues, places, squares et autres lieux de l’arrondissement.

Exposition : « Place aux femmes ! » De Suzanne Valadon à Dalida, en passant par Louise Michel, Suzanne Buisson, Yvonne Le Tac, Mistinguett ou Barbara, cette exposition présentera dix-neuf panneaux dédiés à la mémoire des « femmes illustres » du 18ème arrondissement. L’occasion de comprendre les raisons pour lesquelles elles ont laissé une trace dans l’espace public. Vernissage le 8 mars à 18h30 Exposition : Du 8 mars au 27 mars (Mairie du 18ème / Hall d’accueil) Entrée libre

Table-ronde : « Les femmes dans l’espace public » Autour de ces femmes illustres du 18ème, historiens et spécialistes de l’espace public proposeront une réflexion sur la place des femmes dans la ville. Dans le 18ème comme ailleurs, l’étude et le recensement des noms de rue donnés à des femmes soulignent leur faible présence dans l’espace public. Depuis quelques années cependant, un travail s’est engagé pour féminiser les noms des lieux publics, notamment à Paris. Intervenants Danièle Pourtaud : Adjointe au maire de Paris, chargée du Patrimoine Christine Guillemaut : De l’Observatoire de l’égalité femmes-hommes Eric Lafon : Musée de l’Histoire Vivante de Montreuil Christel Sniter : Docteur en sciences politiques. Le 8 mars à 19h30 (Mairie du 18ème / Salle des fêtes) Inscription au 01 53 41 17 82

Inauguration d’une place Cécile Brunschvicg et d’une plaque Rosa Luxemburg
La municipalité du 18ème a souhaité donner un signal fort en inaugurant, à l’occasion du 8 mars, une place Cécile Brunschvicg, première femme ministre sous Léon Blum et une plaque à la mémoire de Rosa Luxemburg, figure du socialisme révolutionnaire qui vécut dans le 18ème, lors de son exil parisien. Le 8 mars à 16h00 : Plaque Rosa Luxemburg, 21 rue Feutrier Le 8 mars à 17h30 : Place Cécile Brunschvicg, à l’angle de la rue Boinod et de la rue du Simplon

Publié le 6 mars 2010

Quelques articles sur le blog à consulter:

"Candide" de Voltaire vu par Rosa Luxemburg
L’impérialisme français en Algérie, Rosa Luxemburg, 1913. Sur le site bataille socialiste
Rosa Luxemburg à Paris. Extrait de Luise Kautsky, Mon amie Rosa Luxemburg
Rosa Luxemburg à Paris au travers de sa correspondance (son arrivée)
Rosa Luxemburg à Paris au travers de sa correspondance : le 2ème jour
Eléments bibliographiques pour suivre Rosa Luxemburg à Paris (1)
Rosa Luxemburg et l'entrée de Millerand au gouvernement
Millerand
« Leurs âmes tremblent dès que l’on prononce ce mot : l’année 1793 ! »
Sprawa Robotnisza - La Cause ouvrière. Question nationale et marxisme
“L’Armée nouvelle” de Jaurès lu par Rosa Luxemburg
Une lecture des lettres ..."Elle a donc 23 ans, et réfléchit, décide, conçoit ...".
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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 07:34

Une plaque Rosa Luxemburg va être posée à Paris 21 rue Feutrier, à l’angle de la rue Boinod et de la rue du Simplon dans le18ème arrondissement . Cela se passera ce lundi 8 mars 2010.

Rosa Luxemburg comprenait parfaitement le français.

Elle fait partie de ces rares militants réellement internationalistes, et elle savait analyser aussi bien ce qui se passait dans sa Pologne natale ou dans l'Allemagne où elle avait choisi de militer que dans les autres pays de  la IIème Internationale.

Elle est ainsi l'auteur d'une série d'articles de fond sur le réformisme en France, devenu manifeste avec l'entrée de Millerand dans un gouvernement bourgeois.

Elle sera la traductrice lors d'une intervention de Jaurès lors d'un des congrès de l'Internationale.Elle discute avec Jaurès, se sent proche de Vaillant, très présent dans la correspondance.

Sa réflexion sur l'impérialisme, le colonialisme et la guerre l'amènera régulièrement à intégrer des analyses sur le capitalisme en France.

Sa sensibilité, le caractère universel de sa personnalité lui feront parler aussi bien de la littérature française (de Voltaire à Anatole France) que de paysages, comme ce superbe texte sur la Corse.


A Paris, elle séjournera brièvement mais à un moment crucial de son action politique et pour des raisons politiques importantes: la parution du journal "La cause ouvrière" (Sprawa Robotnisza), organe du SDKPiL (Parti social-démocrate du Royaume de Pologne et de Lituanie).

Que son séjour en France soit symbolisé par une plaque permettra de laisser durablement une trace de sa présence et de son action.

Publié le 5 mars 2010
C'est une belle initiative.

Quelques articles sur le blog à consulter:

"Candide" de Voltaire vu par Rosa Luxemburg
L’impérialisme français en Algérie, Rosa Luxemburg, 1913. Sur le site bataille socialiste
Rosa Luxemburg à Paris. Extrait de Luise Kautsky, Mon amie Rosa Luxemburg
Rosa Luxemburg à Paris au travers de sa correspondance (son arrivée)
Rosa Luxemburg à Paris au travers de sa correspondance : le 2ème jour
Eléments bibliographiques pour suivre Rosa Luxemburg à Paris (1)
Rosa Luxemburg et l'entrée de Millerand au gouvernement
Millerand
« Leurs âmes tremblent dès que l’on prononce ce mot : l’année 1793 ! »
Sprawa Robotnisza - La Cause ouvrière. Question nationale et marxisme
“L’Armée nouvelle” de Jaurès lu par Rosa Luxemburg
Une lecture des lettres ..."Elle a donc 23 ans, et réfléchit, décide, conçoit ...".

Gilbert Badia et Georges Haupt

Rappelons bien entendu ici les apports essentiels de deux grands historiens auxquels il est important de rendre hommage quand on évoque Rosa Luxemburg et la IIème Internationale: Gilbert Badia, Georges Haupt.

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 01:11

Rosa Luxemburg à Paris au travers de sa correspondance (son arrivée)


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Rosa Luxemburg est arrivée le 11 mars 1894 à Paris. Elle avait pour tâche de s'occuper de la parution du journal la "Sprawa Robotnicza". Ses deux lettres écrites le jour de son arrivée à Paris sont caractéristiques de la correspondance. Adressées à son camarade et ami, Leo Jogiches, elles mêlent des éléments tout à fait personnels et les indications politiques. Elles représentent alors une source essentielle pour comprendre les mouvements auxquels elle a pu participer. On peut aussi recueillir de précieuses indications sur l'action politique de nombreux militants de l'époque, ici les militants  du mouvement ouvrier polonais.


Son arrivée


Lettre à Leo Jogiches
Paris, le 11 mars 1894

Je suis arrivée aujourd'hui à 10 heures. Je suis fatiguée, mais ça va. Les Jadzios* partent et je vais me coucher. J'ai déjà une chambre - pas mal et pas loin, au quatrième étage pour  30 F (avec service). Je me mets dès aujourd'hui au travail, dès que j'aurai fini de dormir. Je donne cette carte à Adolf pour qu'il la mette à la boîte.

Une cordiale poignée de main. J'écrirai une lettre dès aujourd'hui.


R.

* Il s'agit d'Adolf et Jadwiga Warski.

(Dans Correspondance - Tome 1 - Chez Dietz Verlag - 1982 - P 14)
Traduction lieb


Lettre à Leo Jogiches
Paris, le 11 mars 1894 - Dimanche

Mon très cher, mon aimé

Enfin, je peux t'écrire. Il est maintenant 11 heures du soir. Je viens juste de revenir de chez Adolf [Warski], et je suis dans ma petite chambre au 5 ème étage. Cette petite chambre est pas mal pour les conditions locales. Mais c'est secondaire. En fait je voulais seulement t'écrire et écrire à ton propos, mais je perds la tête tellement je suis fatiguée. Tu le verras certainement à plusieurs reprises dans cette lettre.


Mon trésor, mon aimé, mon Dyodyo! Que fais-tu maintenant? Tu es certainement couché, la lampe à côté de toi sur la petite table et tu lis ou tu prends des notes et laisse monter des volutes de fumée. Mon aimé. Quand vais-je te revoir? Cela me manque tant, que mon âme se languit! Sais- tu  mon aimé, il est bientôt minuit, mais en bas on entend tout autour bruit, cris, appels des vendeurs de journaux - comme en plein midi.


Ce que j'ai fait aujourd'hui? Rien. J'ai dormi environ trois heures. Puis, Morek [Warszawski] et un ouvrier, un Polonais, sont arrivés chez Adolf. Je n'ai donc rien pu faire. De toute façon, j'avais tant de bruit dans la tête que je n'étais capable de rien. Ah, mon très cher, si seulement je t'avais maintenant avec moi! Bon, plus tard, nous sommes allés en tramway au Bois de Boulogne et retour. J'ai vu le Trocadero, la Tour Eiffel et le Grand Opéra. Et combien de jolies femmes, il y a ici! En fait, elles sont toutes belles ou le paraissent du moins. Non, il n'est pas question que tu viennes ici! Tu restes à Zurich!


Tu me demandes comment se sont passées les retrouvailles avec Adolf et son épouse? Très bien. Nous n'avons encore parlé de rien. Mais pour ce qui doit paraître prochainement, il a prodigué ses conseils etc. Il m'a demandé, si j'allais publier sa lettre sur Kasprz[ak] et l'article sur les artisans. Il prétend, ne pas avoir écrit qu'il ne le souhaitait pas. En un mot, c'est toujours la même chose.


Maintenant, passons aux affaires. Mon trésor! Imagine qu'il manque quatre colonnes pour le numéro 4! Et je ne sais vraiment pas quoi faire. Vois-tu, malheureusement, je n'ai pas pris avec moi l'article de Julek. Mais jusqu'à ce que tu reçoives cette lettre - il faudra deux jours, pour qu'il fasse les corrections et que tu me l'envoies - encore deux jours, pour que Reiff l'imprime - un jour, cela fait au minimum 5 jours! Donc, je me décide pour ce qui suit: demain, je vais voir Reiff et vois avec lui. S'il a les caractères pour la brochure de mai sans désorganiser complètement l'impression du journal, j'attends pour le journal et je lui fais faire la brochure (deux parties). mais s'il n'en a pas, je te télégraphie pour l'article de Julek, je le vérifie moi-même et je l'intègre. Voilà, Mon cher!

Je suis épuisée et nerveuse. Je n'en peux plus.

Je t'embrasse Dziodzio,

Dziodziu, as-tu déjà demandé les articles à K[ritschewski] et G[eldfang] Surtout auprès de K[ritschewski] ! Il faut qu'il se dépèche et aussi Julek, mais il doivent être aussi brefs que possible, car je voudrais garder une colonne pour de petites notices du français.

Flora Wislicka m'a informée que dans les prochain jours, il y a aura les jugement concernant les "Anciens". Entre-temp, Bolek [Debinski] a été informé que Lopek [Bein] a été de nouveau arrêté.

Mon adresse: 7 rue du Faubourg Saint-Denis, Chambre 11.

Envoie-moi la robe marron (et le jupon) à temps, je dois me rendre le 18 mars à un banquet chez les Français.

(Dans Correspondance - Tome 1 - Chez Dietz Verlag - 1982 - P 14/P16)
Traduction lieb


Quelques indications historiques:

En 1893, Rosa Luxemburg a créé avec d'autres militants polonais un parti, la Social-démocratie du Royaume de Pologne (SDKP). Ils s'opposaient au Parti socialiste polonais (PPS) fondé en 1892. Le SDKP était antinationaliste, se battait sur des bases de classes.
L'organe du parti s'appelait La Cause ouvrière (Sprawa Robotnicza). C'est dans un premier temps pour s'occuper du journal que Rosa Luxemburg s'installa en partie à Paris entre 1894 et 1896 (elle allait faire la navette régulièrement entre la Suisse et la France et séjourna aussi à Paris pour rassembler des documents pour son doctorat).  Elle en devint le rédacteur en chef et le principal journaliste.


Dimanche 31 mai 2009 7 31 /05 /2009 20:16

Lettre "banale", lettre habituelle en fait dans la correspondance de Rosa Luxemburg. On la voit au travail avec énergie et détermination. Arrivée de la veille, elle a déjà contacté l'imprimeur, tenté de régler les mille problèmes que pose la réalisation d'un journal.

Combien de militants cependant se retrouveront dans ces notes jetées au quotidien!

2 ème jour à Paris donc: Rosa Luxemburg travaille activement à ce pour quoi elle est venue: la parution de la Sprawa Robotnicza. L'éditeur Reiff qu'elle évoque est l'un des plus importants de Paris. (On trouve encore aujourd'hui de nombreux ouvrages qu'il a imprimés). C'est donc, pour le journal de ce nouveau parti, un point important. La brochure sur le 1er mai dont elle parle dans le courrier l'est aussi. Rosa Luxemburg a écrit un article sur le 1er mai largement disponible sur le net et que l'on peut lire sur le blog.


Leo Jogiches
Paris, 12 mars 1894
Lundi, 2 heures

Mon amour, j'étais chez Reiff. Ils ne commenceront la brochure que dans deux jours. Il n'a pas été possible de négocier autre chose, car il a énormément de travail. En attendant, je vais la relire avec soin, et elle sera ensuite terminée en l'espace d'une journée. Concernant le numéro du journal, j'ai changé de décision. Cela durera trop longtemps jusqu'à ce que tu m'aies envoyé l'article de Julek [Marchlewski] et gênerait la réalisation de la brochure. Aussi, je vais lui dire de réduire de deux colonnes (il en manque quatre actuellement), le numéro sortira donc avec un quart de feuillet en moins, mais cela ne fait rien. Dans ce but, je lui demande d'enlever de l'éditorial ..

Dépêchez vous d'adresser les articles de mars et d'avril.
J'ai reçu ta lettre. Pour Brz[ezina}, c'est une affaire désagréable et je ne comprends pas du tout comment il a fait. D'autre part, je ne sais pas si tu as bien télégraphié: Sz. et non Gr.So? Alors ça va. Je vais t'écrire encore aujourd'hui. Mon amour, reste en bonne santé. Je vais me mettre maintenant aux corrections. Je modifie tout comme tu le souhaites, mon cher Dyodyo.
 
7, Faubourg S-Denis, chambre 11



Traductions à compléter et retravailler. Appel à collaboration car il existe beaucoup de documents à traduire et qui seraient d'un grand intérêt pour la connaissance de Rosa Luxemburg.

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 00:13

"J'ai lu avec beaucoup de plaisir Candide et la Comtesse Uhlfeldt. L'édition de "Candide" est si belle que je n'ai pu me résoudre à découper le livre et je l'ai lu ainsi. Comme il s'agit d'un in-folio, tout s'est bien passé. Avant la guerre, ce malicieux inventaire de toutes les misères humaines m'aurait probablement donné l'impression d'une caricature; il me paraît maintenant tout à fait réaliste ... J'ai enfin appris d'où vient l'expression: "Mais il faut cultiver notre jardin" que j'ai employée moi-même à l'occasion La comtesse Uhlfeldt a la valeur d'un document historique et complète l'oeuvre de Grimmelshausen ... Que faites-vous? Profitez-vous au moins de ce merveilleux printemps"

Cet extrait de lettre de Rosa Luxemburg adressée à Sonia Liebknecht de la prison de Breslau le 2 mai 1918 a été publié dans l'une des plus belles éditions des lettres de prison.
Celle publiée aux éditions bélibaste en 1969. Elle ne regroupe que des lettres à l'épouse de Karl Liebknecht, lui-même emprisonné. Le moment, l'interlocutrice, la situation de Rosa Luxemburg et Liebknecht donnent à ces lettres une force, une intensité, une sensibilité inouïe.

Publié le18 février 2010
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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 09:56
comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

Nous avons lu sur le net sur un site ce très intéressant historique de la journée des femmes (et non de " La" femme") comme on l'entend aujourd'hui. Ce qui sous-entendrait une sorte d'entité spécifique, qui crée une division absurde et qui gomme avant tout la dimension concrète de cette journée, à savoir identifier les formes d'oppression subies par les femmes dans la société.

Une biographie très complète de Clara Zetkin:lire

Dimanche 7 mars 2010
lescommunistes.org

La création d’une "Journée des femmes" a été proposée pour la première fois en 1910, lors de la conférence internationale des femmes socialistes, par la communiste Clara Zetkin, et s’inscrivait dans une perspective révolutionnaire.

La date n’est tout d’abord pas fixée, et ce n’est qu’à partir de 1917, avec la grève des ouvrières de Saint Pétersbourg, et l’impulsion de Lénine en 1921, que la tradition du 8 mars se met en place. Après 1945, la Journée internationale des femmes devient une tradition dans le monde entier.

C’est la journaliste allemande Clara Zetkin qui a lancé l’idée d’une Journée des femmes

Klara zetkinDirectrice de la célèbre revue Die Gleichheit (L’égalité), qu’elle a fondé en 1890, Clara Zetkin (1857-1933) organise les conférences internationales des femmes socialistes de Stuttgart (1907) et de Copenhague (1910) où elle impose son point de vue et est élue secrétaire.

C’est à Copenhague, en 1910, lors de la seconde conférence internationale des femmes socialistes, qu’elle propose d’organiser une "Journée des femmes" en vue de servir à la propagande pour le vote féminin. La conférence réunit une centaine de militantes, venues de 17 pays. Elles adoptent aussitôt cette proposition, inspirée des manifestations d’ouvrières qui se sont déroulées aux Etats-Unis en 1908 et en 1909. Le 8 mars 1914, les femmes réclament le droit de vote en Allemagne. Elles l’obtiennent le 12 novembre 1918.

Rosa LuxembourgClara Zetkin est emprisonnée en 1915 en raison de ses convictions pacifistes. En 1916, elle joue, avec Rosa Luxemburg, un rôle essentiel dans la création du parti communiste allemand. En 1920, élue au Reichstag, Clara Zetkin assiste à la montée du nazisme en Allemagne. Le 30 août 1932, à 75 ans, elle est chargée, en sa qualité de doyenne du Reichstag, de prononcer le discours d’inauguration du Parlement où dominent les chemises brunes. Elle lance un vibrant appel à lutter contre le nazisme. Ce sera sa dernière manifestation publique. En exil à Moscou, elle meurt le 20 juin 1933.

Ses convictions lui ont survécu. Elle a défendu une conception du couple au sein duquel les partenaires sont égaux en droits. Elle était favorable au divorce par consentement mutuel et pensait que les garçons, comme les filles, doivent prendre part aux soins du ménage. Mère de deux garçons, elle a vécu elle-même en union libre.

C’est Lénine qui décrète le 8 mars journée internationale des femmes

Le 8 mars 1921, Lénine institue la Journée internationale des femmes, dont il fixe la date en souvenir des ouvrières de St-Pétersbourg.

Le 23 février 1917 (du calendrier Grégorien, cette date correspondant au 8 mars dans notre calendrier Julien), à Petrograd (Saint Pétersbourg), la capitale russe de l’époque, les femmes manifestent pour réclamer du pain et le retour de leurs maris partis au front, la paix et... la République ! Les difficultés d’approvisionnement liées au froid poussent un grand nombre d’ouvriers des usines Poutilov, les plus importantes de la ville, à faire grève et à se joindre au défilé. Cette manifestation pacifique marque le début de la fin du règne du tsar Nicolas II, empêtré dans les difficultés de la Grande Guerre (1914-18) qu’il a contribué à provoquer trois ans plus tôt. Du textile, la grève s’étend rapidement et spontanément à l’ensemble du prolétariat de Pétrograd. Au cri "du pain", s’ajoutent vite ceux de "paix immédiate", "à bas l’autocratie" et "à bas le tsar". En quelques jours, la grève de masse (200 000 personnes dans les rues) se transforme en insurrection, avec le passage de la garnison à la révolution. Dans la capitale russe, les manifestations se succèdent et s’amplifient pour aboutir en cinq jours à la chute de l’empire.

Lénine donne dans la Pravda du 8 mars 1921 les explications suivantes :

La Journée internationale des ouvrières

Un des traits essentiels du bolchévisme et de la Révolution russe a été d’attirer à la politique ceux qui étaient le plus opprimés sous le capitalisme. Dans les monarchies et les républiques démocratiques bourgeoises, la majorité de la population est opprimée, trompée, pillée par les capitalistes. Cette oppression, cette tromperie, ce pillage du travail populaire sont inévitables tant que subsiste la propriété du sol, des fabriques, des usines.

L’essence du bolchévisme, du pouvoir des Soviets, consiste en ce qu’il dévoile le mensonge et l’hypocrisie de la démocratie bourgeoise, abolit la propriété privée de la terre et des usines et réunit tout le pouvoir entre les mains des masses travailleuses et exploitées. Ce sont ces masses elles-mêmes qui prennent en mains la politique, c’est-à-dire l’édification de la société nouvelle. L’oeuvre est difficile, mais il n’est pas d’autre issue à l’esclavage du salariat.

Pour entraîner les masses dans la politique, il faut y entraîner les femmes. Car, sous le régime capitaliste, la moitié du genre humain est doublement opprimée. L’ouvrière et la paysanne sont opprimées par le capital ; en outre, même dans les plus démocratiques des républiques bourgeoises, elles restent devant la loi des êtres inférieurs à l’homme ; elles sont de véritables « esclaves domestiques », car c’est à elles qu’incombe le travail mesquin, ingrat, dur, abrutissant de la cuisine et du ménage.

La révolution bolchévique a coupé les racines de l’oppression et de l’inégalité de la femme, ce que n’avait encore osé faire aucun parti, aucune révolution. De l’inégalité de la femme devant la loi, il ne reste pas trace chez nous. L’inégalité odieuse dans le mariage, le droit familial, la question des enfants a été totalement abolie par le pouvoir de Soviets.

Ce n’est là qu’un premier pas vers l’émancipation de la femme. Mais pas une seule République bourgeoise, même parmi les plus démocratiques, n’a osé le faire, et cela de crainte d’attenter au principe sacro-saint de la propriété individuelle.

Le second, (le plus important) a été la suppression de la propriété privée sur la terre et les usines. Voilà ce qui ouvre la voie à l’émancipation effective et intégrale de la femme et à son affranchissement de « l’esclavage domestique » par la substitution de la grande économie collective à l’économie domestique individuelle.

Cette émancipation est chose difficile, car il s’agit de transformer des coutumes, des mœurs enracinées depuis des siècles. Mais nous avons déjà un début, le branle est donné et nous sommes engagés dans la vole nouvelle.

Aujourd’hui, journée internationale des ouvrières, dans tous les pays du monde d’innombrables réunions d’ouvrières voteront des adresses de félicitation à la Russie des Soviets, qui a inauguré l’œuvre difficile, mais grande et féconde, de leur libération ; les leaders du mouvement féminin exhorteront à ne pas perdre courage devant la sauvage réaction bourgeoise. Plus un pays bourgeois est « libre » ou « démocratique », plus les capitalistes répriment avec cruauté le mouvement ouvrier. Nous en avons un exemple dans la République démocratique des Etats-Unis. Mais les travailleurs se réveillent. La guerre impérialiste a tiré de leur torpeur les masses laborieuses d’Amérique, d’Europe et même d’Asie.

Le monde entier est en effervescence. La libération des peuples du joug de l’impérialisme, la libération des ouvriers et des ouvrières du joug du capital progresse irrésistiblement. Elle s’accomplit, grâce à la poussée de dizaines et de centaines de millions d’ouvriers et d’ouvrières, de paysans et de paysannes. C’est pourquoi la cause de l’émancipation du travail triomphera dans le monde entier.

 

En 1977, les Nations Unies officialisent la "Journée Internationale des Femmes


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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009