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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.

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Nous avons été avertis de la présence de publicités sur le blog. Elles sont particulièrement aggressives. Cela nous est imposé sans concertation par notre hébergeur. C'est une grave remise en cause de notre travail.  Nous avons le choix entre prendre une option payante, migrer. Nous continuons à animer ce blog, l'un des seuls en langue française et même au-delà à fournir un travail scientifique régulier. Car il est fréquenté quotidiennement. Aussi, nous vous remercions de rester fidèle à ce travail. Vous pouvez utiliser un bloqueur de publicités comme adblock.  c.a.r.l.
Parallèlement, vous pouvez consulter  et si possible vous abonner à notre nouveau site où nous continuons notre travail de recherche, de publication d'inédits et où nous reprenons les articles les plus importants du blog:

16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 19:15


Quelques chiffres pour un arrière-plan économique au développement de l'impérialisme qui conduira à la guerre.
CarmauxCarmaux

Petite note de lecture

Les mutations de la société en période de prospérité.

Autour de 1896, retournement conjoncturel. Fin de la période de baisse des prix industriels et agricoles.
Reprise de la croissance. Progression industrielle de 60% entre 1888 et 1913. Aluminium, chimie, automobile.
Augmentation des investissements productifs. La productivité progresse de 82% dans la sidérurgie, 75% pour la chimie, 64% dans l'industrie mécanique. La population industrielle passe de 3,145 millions de personnes en 1891 à 4,725 en 1911. On assiste à une nouvelle structuration de la main d'oeuvre: ingénieurs, ouvriers spécialisés, salariés aux pièces. Après récession en France en 1907. Domination des industries motrices traditionnelles. Mais taux de croissance inférieur à celui du tertiaire. Au recensement de 1906, pourcentage de femmes en hausse. Echanges internationaux: produits internationaux de demi-luxe mais pas  bien d'équipement. Période de grand essor jusqu'en 1910.

Les nouveaux aspects de la politique coloniale

Continue à se consolider malgré les campagnes anticoloniales après 1880. Le parti colonial a gagné. Il existe un certain consensus national. Idéologie officielle: mission civilisatrice. Mais les Français ne veulent pas payer pour cette politique. Elus proches du pouvoir profitent, tels Albert Sarraut, Léon Mougeot, Justin Perchet, Paul Doumer.

La spoliation des indigènes se poursuit sur la base d'une législation spéciale et s'étend aux autres colonies.
Débat renforcé par risques de guerre entraînés par la prolongation du partage du monde. Fachoda: 1898. De 1905 à 1912, la France et l'Allemagne au Maroc.

(Voir le congrès de Stuttgart de l'Internationale socialiste.)


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11 mai 2008 7 11 /05 /mai /2008 08:17


Petite recherche sur Internet avant de reprendre la note de lecture et constatation logique : peu d'informations. Internet ne répond pas à tout et il est des révoltes tues ! Ne jamais oublier.


La crainte de l'enrôlement

L'image “http://www.ac-noumea.nc/sitevr/IMG/jpg/tirailleurs.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.
Avant leur départ pour l'Europe, tirailleurs calédoniens

En 1917, la mutinerie canaque - note de lecture (en cours)


1878, une référence, la révolte canaque et l'exécution de leur chef : Ataï.

Durant la guerre 14-18,
un Ier contingent canaque sur la Marne: 700 tués.

Un arrêté le 9 octobre prévoyant l'application de la loi du 15 mars : permettre l'accession à la citoyenneté française pour les officiers et les sous-officiers, de recevoir la médaille militaire ou la légion d'honneur.

Un deuxième contingent canaque en juin 1916: 1107 soldats. 456 tombent au front.

Dès janvier 1916, un maquis, ralliant Noel, petit chef de Tiamou.

Après une seconde campagne de recrutement, début 1917, révolte la plus meurtrière depuis 1878 (210 tués chez les Caldoches et 1200 chez les Mélanésiens).

12 février 1917, attaque de la mine de nickel de Koniambo

18 mai, attaque de la ferme Bardet, une autre ferme le 28 mai, 23 mai de la mine de Kopito

Procès des insurgés, 5 condamnations à mort en 1919 


Le bataillon du Pacifique dans la guerre

Le premier contingent des volontaires calédoniens embarque sur le « Sontay », en avril 1915. Les volontaires du bataillon de tirailleurs indigènes du deuxième contingent partent en juin 1916.

Ils sont intégrés au Bataillon Mixte du Pacifique, regroupant Calédoniens et Tahitiens. En tout, quatre contingents rejoignent la métropole de 1915 à 1917.

De 1916 à 1918, les combattants du Pacifique participent à de nombreuses batailles : à Barleux près de Soissons, au chemin des Dames, en Champagne, à la deuxième bataille de la Marne, à Vesles-et-Caumont, à Verdun. 2113 hommes étaient partis rejoindre les 177 Calédoniens mobilisés sur place en métropole : 1006 d’origine européenne et 1107 Canaques ; 456 sont tombés au champ d’honneur.

La révolte canaque de 1917

Les Canaques ont conscience de s’éloigner de plus en plus de leurs coutumes.

Le statut de l’Indigénat et les mesures de cantonnement les ont rendus méfiants. Aussi, depuis 1896, des troubles occasionnels touchent la région de Koné. En 1914, les chefs de Muéo, Témala, Hienghène et Tiwaka sont réunis par le chef Poindet Apengou et le sorcier Patéou pour un grand pilou de guerre. Finalement, le refus de certains Mélanésiens de partir pour le front et la diminution des effectifs militaires incitent ces chefs à établir le calendrier des hostilités, lors de la dernière réunion à Tiendanite, fin 1916. Le 17 février 1917, des tribus pro-françaises de Koniambo sont attaquées par Noël, le petit-chef de Tiamou. À partir de ce moment, l’insécurité règne. Les attaques de stations se multiplient à Pouembout, dans la haute Vallée d’Amoa, dans la vallée de la Tipindjé. La révolte reste circonscrite au grand rectangle Hienghène, Poindimié, Muéo, Voh. La dernière action de Noël est l’attaque, le 9 septembre, du poste militaire de Voh. Aidée de permissionnaires Calédoniens et Tahitiens, « l’expédition de pacification » se poursuit jusqu’à la mort de Noël, tué par une connaissance arabe en janvier 1918.

Académie de Nouvelle-Calédonie : http://www.ac-noumea.nc/sitevr/article.php3?id_article=110


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10 mai 2008 6 10 /05 /mai /2008 21:57
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Gilbert BADIA   11 septembre 1916 - 5 novembre 2004

Notre collègue et ami Gilbert Badia, mort à l'automne 2004 à l'âge de 88 ans, nous laisse une œuvre immense de germaniste historien de l'Allemagne contemporaine.

Il était fils d'un maçon catalan venu chercher du travail dans le Midi de la France. Après une brillante scolarité au Lycée de Béziers, il avait commencé à l'Université de Montpellier des études d'allemand. Assistant de français à Spiekeroog (une des îles frisonnes!) puis à Hambourg, il avait découvert à vingt ans l’Allemagne hitlérienne. Il témoignera plus tard de cette expérience qui l'avait profondément marqué. Son parcours personnel est celui d'un homme engagé dans les combats de son époque. Il adhère en 1938 au Parti communiste après sa rencontre avec sa future femme, une jeune institutrice communiste, et obtient en 1939 l'Agrégation d'allemand. Durant l’occupation, Gilbert Badia s’engage dans une organisation de la Résistance appelée « TA », le Travail allemand, une section de la MOI (« Main d’Œuvre Immigrée ») chargée de recueillir des informations auprès des soldats ennemis, de les démoraliser et de les inciter à la désertion. Arrêté deux fois, en janvier 1941 et en septembre 1943, il réussit à s’évader, de la prison de La Santé d’abord, puis d’un camp en Haute-Vienne. A chaque fois, il reprend ses activités de résistant à Paris. A la Libération, il devient Secrétaire général du quotidien communiste Ce Soir, dirigé par Aragon. Évincé du journal en 1950, il réintègre l'Éducation nationale. Nommé au Lycée Charlemagne à Paris, il occupera ce poste jusqu’au début des années soixante.

C'est durant cette période qu'il écrit son Histoire de l’Allemagne contemporaine, parue en 1962 et rééditée de nombreuses fois. Plusieurs générations d’étudiants germanistes se nourriront de cet ouvrage, dont le second volume surtout, qui traite des Allemagnes après la guerre, porte indéniablement la marque de son époque et de l’engagement de son auteur. En 1987, Gilbert Badia en fera paraître, avec une équipe de germanistes, une édition entièrement refondue.

Malgré cet ouvrage important, bientôt suivi par des recherches sur le mouvement spartakiste, Gilbert Badia n'avait à cette époque guère de chances d'être recruté dans une université française, du fait de son engagement politique et de ses orientations de recherche. La civilisation allemande était encore fort peu représentée dans les études germaniques, essentiellement orientées, avant 1968, vers la littérature, la langue et la philologie, et marquées par un certain passéisme. Il s'ouvrira les portes de l'enseignement supérieur, en allant apporter son aide au développement universitaire de l'Algérie indépendante, et en fondant à l’Université d'Alger la section d’allemand qu’il dirigera jusqu’en 1966.

A son retour en France, c'est dans des universités récemment créées, ouvertes à des approches contemporaines et à des objets d'études nouveaux, qu'il trouvera accueil. En 1968, après deux années passées à l’Université de Nanterre, il choisit d’enseigner au Centre Universitaire expérimental de Vincennes qui vient de s'ouvrir, la future Université de Paris 8. Il y enseignera jusqu’à la fin de sa carrière, en 1985, exerçant notamment la fonction de vice-président du Conseil scientifique. Il siègera par ailleurs comme élu du SNESup au Conseil Supérieur des Universités (l'actuel CNU), puis au CNESER.

En tant qu'enseignant il contribuera, s'inscrivant en cela dans la tradition des Charles Andler, Edmond Vermeil, Robert Minder et Pierre Grappin, à faire que l'enseignement de l'histoire et de la culture allemandes jusques et y compris au 20e siècle devienne une composante à part entière des études germaniques. Une telle remise à jour des contenus d'enseignement rejoignait les revendications du mouvement étudiant et les aspirations de nombreux collègues.

Gilbert Badia était en outre un enseignant hors pair, un directeur de recherche à la fois exigeant et solidaire envers les jeunes chercheurs, un homme direct et chaleureux, passionné par le débat d’idées. Un homme qui n'avait pas oublié ses origines et qui a fait beaucoup pour que se sentent chez eux, dans leurs études, des étudiants qui étaient loin d'être des "héritiers" au sens où l'entend Pierre Bourdieu. Un homme de conviction aussi, mais sachant écouter et se remettre en cause, quand il le fallait, sans se renier ni se plier au discours dominant.

Gilbert Badia s'est affirmé comme historien du mouvement ouvrier allemand, avec des ouvrages sur le mouvement spartakiste, sur Clara Zetkin, et surtout sur Rosa Luxemburg dont il deviendra, avec sa thèse de doctorat d’État de 900 pages et diverses publications, parfois traduites en plusieurs langues, un des meilleurs spécialistes au monde.

Il a également contribué en France au développement des études sur la République Démocratique Allemande, notamment avec la revue Connaissance de la RDA qu’il créa en 1973 à l'Université de Paris 8 et qui fut continuée par Jean Mortier jusqu'au début des années 90. Il constitua, à la Bibliothèque Universitaire de Paris 8, le premier fonds d'ouvrages consacrés à la RDA, qui, sous la direction de Jean Mortier, et élargi aux nouveaux Länder, devint une bibliothèque spécialisée, unique en France.

Gilbert Badia a aussi fait œuvre de pionnier dans la recherche sur l’exil allemand antinazi en France, en fondant en 1977 à Paris 8 la première équipe française de recherche dans ce domaine. Alors que la France avait été de 1933 à 1939 l'un des principaux pays d'accueil de ces exilés, dont certains avaient eu des liens avec des universitaires français tels que les germanistes Edmond Vermeil et Robert Minder, l'historien Pierre Renouvin ou le sociologue Célestin Bouglé, ni les germanistes, ni les historiens français ne s'étaient soucié après la guerre d'écrire l'histoire de cet exil. C'est pour combler cette lacune et mettre en lumière ce domaine-clé des relations franco-allemandes dans les années 30 que Gilbert Badia a publié avec cette équipe de germanistes trois ouvrages : Les Barbelés de l’exil, Exilés en France et Les Bannis de Hitler. Les travaux de cette équipe furent poursuivis par un nouveau groupe de recherche, franco-allemand, dirigé par Hélène Roussel et Lutz Winckler, qui s'attacha notamment à l'étude de la presse allemande d'exil.

L'affrontement entre le régime national-socialiste et l'opposition antinazie, Gilbert Badia ne l'a pas envisagé uniquement sous l'angle de l'exil, mais aussi en Allemagne même. Dès 1983, il a réexaminé à la lumière de nombreux documents d'archives la question toujours controversée des responsabilités dans l'incendie du Reichstag. Quant à son dernier ouvrage, paru en 2000, il l'a consacré à la résistance intérieure au 3e Reich: Ces Allemands qui ont affronté Hitler.

Il fut, enfin, un remarquable traducteur dans des registres très variés: pièces de théâtre de Brecht, de Martin Walser, Heinar Kipphardt, Jura Soyfer, Volker Braun, poèmes de Brecht, textes théoriques de Marx, Clara Zetkin et Rosa Luxemburg. Responsable de l’édition française de L’idéologie allemande, il traduisit aussi plusieurs autres textes de Marx, et procéda à la révision de traductions antérieures, faisant ainsi le pont entre les premières générations des traducteurs de Marx et ceux d'aujourd'hui. Il fut également le co-éditeur, avec Jean Mortier, de douze volumes de la correspondance Marx-Engels aux Éditions sociales.

On trouvera ci-après une bibliographie succincte des travaux de Gilbert Badia. Une bibliographie plus complète, qu'il faudra établir, devrait aussi mentionner ses innombrables articles de revues et comptes rendus d'ouvrages, parus dans le Mouvement social, les Annales, Allemagne d'aujourd'hui, les Cahiers d'histoire, la Revue d'Allemagne, etc..

Gilbert Badia n’était pas un homme de pouvoir, mais de partage. C’était un défricheur dont la curiosité intellectuelle est restée intacte jusqu’à la fin. Sa disparition est une grande perte pour les études sur l’Allemagne de notre temps. C'est aussi une grande perte humaine pour beaucoup de ceux qui l'ont connu.

Hélène Roussel et Jean Mortier


 Lien : www.ages-info.org/Hommages.html
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10 mai 2008 6 10 /05 /mai /2008 21:15

L'image “http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/5d/Bloody_sunday.jpg/300px-Bloody_sunday.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.Pendant la révolution de 1905
 
Pour lire le texte: Grève de masse, parti et syndicat : lire
Pour écouter ce chant composé pour le dimanche rouge où le tsar fit tirer sur les manifestants : écouter

Les lettre de cette période sont  impressionnantes, tant tout se fait dans un mouvement naturel. Ecrire, partir, participer à la révolution, se trouver emprisonnée, revenir en Allemagne et recommencer le travail inlassable contre une approche réformiste du combat.

Eléments de biographie - la correspondance de 1905 - 1906

... Parce qu'elle a un intérêt constant pour la Russie, du fait déjà que la Russie occupe une partie de la Pologne, qu'elle a un intérêt constant pour la révolution, et donc pour la révolution russe. Comment fin 1905, elle est appelée à participer au plus important journal social-démocrate, comment durant ces années, elle consacre le maximum de son temps au parti polonais, comment fin 1905, elle part pour participer à l'action révolutionnaire, son arrestation, sa libération provisoire, son séjour en Finlande où se trouvaient les principaux exilés russes organisant la lutte, dont Lénine, le retour en Allemagne, où elle se bat pour que le parti choisisse un chemin plus révolutionnaire, où elle explique ce qui se passe en Russie, les grèves, le mouvement de masse et l'action en 1907 contre la guerre ... (notes de travail - lieb - 1987)


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10 mai 2008 6 10 /05 /mai /2008 20:57
Pour consulter le blog : comprendre-avec-rosa-luxemburg


(Ce travail, qu'il a accompagné dans les années 86 - 89 et qui inspire ce blog, est dédié à Gilbert Badia, aujourd'hui disparu).


(lettre à G. Badia)

J'ai terminé d'étudier cette période et commencé à faire une synthèse, dégager les idées sur lesquelles elle se bat, montrer les combats successifs qu'elle a menés, dont aucun n'est abandonné mais vient enrichir le précédent, étudier ses positions et actions par rapport aux événements particuliers mais surtout faire apparaître l'extrême unité et cohérence, sans aucune rigidité.

Le plus évident, c'est de considérer ces textes et actions, comme je considérerais les articles et l'action d'une femme, militante révolutionnaire et journaliste contemporaine, qui prendrait position, écrirait et agirait aujourd'hui sur ce qui se passe aujourd'hui , les luttes des cheminots, la guerre Iran-Irak où les courants X et Y du parti, des partis, saisir les prises de position, les discussions avec les autres dirigeants, les événements du marxisme vraiment vivant et non comme des curiosités venant d'une autre planète politique.

Car, comme pour Lénine, rien qu'à dire son nom, il y a refus ou sacralisation. On éléve des barrières. Or se placer au niveau du "texte", c'est comprendre les discussions et événements qui l'on fait naître ....

(Notes de travail - lieb - 1987)


Peu de choses à changer à ce texte, si n'est les événements.
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Published by lieb - dans Un travail
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3 mai 2008 6 03 /05 /mai /2008 19:52

(Ce travail, qu'il a accompagné dans les années 86 - 89 et qui inspire ce blog, est dédié à Gilbert Badia, aujourd'hui disparu).

Eléments de biographie.

De nouveau quelques notes , qui concernent maintenant l'année 1904 et qui permettent un très rapide survol de l'action de Rosa Luxemburg en cette année qui la voit se consacrer à la lutte en Pologne, à une analyse de la guerre russo-japonaise
(lire). Jusqu'à son emprisonnement.

"Après une année 1903, qu'elle juge extrêmement désagréable et où beaucoup de choses affreuses se sont produites, elle consacre son action à la Pologne et surtout à l'hebdomadaire "la Gazeta Ludowa". Elle écrit un ou deux articles par semaine, essaie de développer son audience, écrit en ce sens à Julius Brühns. En février, elle se rend au BSI où elle parle sur le SDKPiL et les révolutionnaires russes en Allemagne. Elle s'intéresse à la guerre russo-japonaise, elle écrit à ce sujet dans le Czerwony Szandar. En juin, elle tient des meetings en Posnanie. En juillet, un article important sur le livre de Lénine. Avant son emprisonnement, elle passe en juillet et début août les vacances à Hessenwinckel. Du 14 au 20 août, elle est à Amsterdam. Et en septembre, puis mi-octobre, elle est en prison, travaille sur l'économie nationale. Elle sort le 15 octobre et écrit pour le Czerwony Szandar (mensuel qui a paru de 1902 à 1910)." lieb - le 3 mai 2008

(
Lire une lettre de prison envoyée à cette période)
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3 mai 2008 6 03 /05 /mai /2008 19:09

(Ce travail, qu'il a accompagné dans les années 86 - 89 et qui inspire ce blog, est dédié à Gilbert Badia, aujourd'hui disparu).

Eléments de biographie

La lecture des lettres de Rosa Luxemburg éclaire de manière concrète, précise et sensible son action politique.

Au-delà de ce que l'on a voulu seulement en retenir : ce caractère profondément humain - réel, mais que l'on met souvent en avant pour l'opposer aux autres militants  de son époque, comme si elle seule, aurait eu cette dimension humaine, et qui présente en filigrame une condamnation politique de ces autres militants - la lecture des lettres permet surtout de mieux comprendre la génèse de son action et de sa pensée et de voir comment cela s'inscrit dans le cadre d'une vie.  C'est pour nous utile et enrichissant. Ainsi ces quelques lignes, écrites au fur et à mesure de la lecture pour un travail de réflexion sur sa pensée et son action (c'était en 1988),  montre combien la correspondance peut rendre vivante l'action politique: ici la publication de l'organe du nouveau parti polonais créé en 1893 (le SDKPiL) par Rosa Luxemburg et d'autres militants, dont Léo Jogiches.

"Les premières lettres sont d'une jeune femme de 23 ans. Quelle maturité. Quel dynamisme. Elle a la responsabilité d'une revue éditée à Paris. Je m'amuse à la voir se débattre dans tous les problèmes, dont: il faut tout faire en même temps, rédiger,  revoir pour un article trop long, un article est fini, composé, il faut tout changer, il faut convaincre l'éditeur de boucler pour le lundi, puis le mercredi,  finalement il sort 10 jours plus tard, parce que les auteurs renvoient le texte. Et puis vient le moment douloureux de la douloureuse. Elle a donc 23 ans, et réfléchit, décide, conçoit ...". lieb - le 3 mai 2008
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3 mai 2008 6 03 /05 /mai /2008 15:10

Un texte de Rosa Luxemburg dans la longue, très longue série de ses analyses des guerres. Guerres qui, pas au pas, vont mener au conflit mondial. Guerres qu'elle va toujours combattre sur des bases de classe.


L'image “http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/88/Russian_soldiers_stand_over_trench_of_dead_Japanese.jpg/180px-Russian_soldiers_stand_over_trench_of_dead_Japanese.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.


Dans la tempête


La fête de Mai de cette année tire un relief particulier de cette circonstance qu'elle est célébrée au milieu du bruit de la guerre. Par là, son caractère de démonstration en faveur de la paix du monde prend naturellement le dessus cette année. Mais plus que jamais, en présence de la guerre, la démonstration spécifique prolétarienne doit aussi être l'expression de cette idée, que la réalisation de la paix universelle ne peut être conçue que liée à la réalisation de notre but final socialiste.

Si la guerre russo-japonaise a démontré quelque chose, c'est toute la vanité des spéculations de ces socialistes « humanitaires », qui prétendent fonder la paix du monde sur le système d'équilibre de la Double et de la Triple alliance. Ces panégyristes des alliances militaires ne pouvaient assez exprimer leur enchantement de la période de trente ans de paix dans l'Europe centrale et, se basant sur ce fait, proclamaient déjà tout naturellement « la paix en marche » et « l'humanité dans la paix ». Le tonnerre des canons de Port-Arthur, qui a fait trembler convulsivement les Bourses européennes, rappelle à l'intelligible voix à ces idéologues socialistes de la société bourgeoise que, dans leurs fantaisies sur la paix européenne, ils n'avaient négligé qu'un seul facteur : la politique coloniale moderne, qui a, dès à présent, dépassé le stade des conflits européens locaux en les transportant sur le Grand Océan. La guerre russo-japonaise donne, à présente, à chacun conscience que même la guerre et la paix de l'Europe, ses destinées, ne sont plus décidées entre les quatre murs du concert européen, mais au dehors, dans la gigantesque Maelström de la politique mondiale et coloniale.

Et c'est en cela que réside la grande signification de la guerre actuelle pour la démocratie-socialiste, même abstraction faite de son effet immédiat : l'effondrement de l'absolutisme russe. Cette guerre ramène les regards du prolétariat international sur les grandes connexités politiques et économiques du monde et dissipe violemment dans nos rangs le particularisme, la mesquinerie dans les idées, qui se forment dans toute période de calme politique.

La guerre arrache complètement tous les voiles dont le monde bourgeois, ce monde de fétichisme économique, politique et social, nous enveloppe constamment.

La guerre détruit l'apparence qui fait croire à l'évolution sociale pacifique, à l'omnipotence et à l'intangibilité de la légalité bourgeoise, à l'exclusivisme national, à la stabilité des conditions politiques, à la direction consciente de la politique par ces « hommes d'Etat » ou des partis, à la portée capable d'ébranler le monde des chamailleries dans les Parlements bourgeois, au parlementarisme, comme centre prétendu de l'existence sociale.

La guerre déchaîne, en même temps que les puissances réactionnaires du monde capitaliste, les forces génératrices de révolution sociale qui fermentent en leurs profondeurs.

Eh bien, nous célébrons, cette fois, la fête de Mai sous âpre brise, l'allure fortement précipitée des événements dans le monde.

Rosa Luxemburg

Parti démocrate-socialiste de Pologne et de Lituanie

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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 12:38
Pour consulter le blog:comprendre-avec-rosa-luxemburg

1898, Rosa Luxemburg arrive en Allemagne et intègre très vite le SPD. Et aussi rapidement entame un combat qui sera le sien tout au long de sa vie : un combat sur des bases de classe.
Cela l'avait amenée à créer le Parti social-démocrate polonais pour inscrire ce combat dans une perspective non nationale, mais communiste. Cela l'entraîne dans un combat de mots, d'articles, de réunions, ou au sein de la deuxième Internationale contre la tendance réformiste de Bernstein. Et concrètement dans une lutte contre les idées d'un membre du parti Max Schippel sur le militarisme.
Relire le texte suivant, c'est voir comment elle argumente sur des bases de classe aussi bien sur des problèmes de fond que sur des points pratiques.


Et cela peut nous aider à comprendre aujourd'hui la nécessité de ne pas céder aux sirènes du réformisme d'où qu'il vienne. A rester sur des bases de classe alors que les questions nationales et religieuses prennent le pas et que l'on voit des soutiens étranges au nom de la solidarité.



Liberté de la critique et de la science

Rosa Luxemburg. Sept. 1899.

Dans le conflit avec l'opportunisme, il y va de l'existence même de la social-démocratie. « Une telle tactique (celle de l'opportunisme), disait Bebel à Erfurt, signifierait pour notre Parti exactement la même chose que si l'on brisait l'épine dorsale à un organisme vivant tout en lui demandant d'accomplir le même effort qu'auparavant. Je ne tolérerai pas qu'on brise la colonne vertébrale de la social-démocratie, qu'on remplace son principe: la lutte de classe contre les classes possédantes et contre le Pouvoir d'État, par une tactique boiteuse et par la poursuite exclusive de buts soi-disant pratiques. »

Rien ne devrait sembler plus justifié que cette résistance et cette contre-attaque en réponse aux prétentions de l'opportunisme. Cependant, ces der­niers temps, on a tenté de différentes manières de contester au Parti le droit de recourir à cette légitime défense et l'on voudrait même présenter comme une inconvenance tout règlement de comptes avec l'oppor­tunisme. Et cela avant tout au nom  de la liberté de la critique. On voudrait nous persuader qu'il faut accorder à chacun la liberté de critiquer le programme et la tactique de notre parti ; même nous devrions être reconnaissants à ceux qui, par leur critique, apportent un souffle de renouveau dans la vie du Parti.

Cette antienne, par laquelle on s'efforce maintenant de défendre Berns­tein, nous l'avons déjà entendue il y a neuf ans.

« Où est donc la liberté d'opinion dont vous aimez tant parler ?», s'écriait Georges Vollmar au congrès d'Erfurt, en se voyant combattu par Bebel.- L'indépendance de la pensée est pour nous de la plus haute importance. Or, elle ne sera possible que si, abstraction faite de toute calomnie. de tout mensonge, de toute injure, nous accueillons avec gratitude et sans distinction de tendance, les opinions exprimées par des gens qui peuvent se tromper, mais qui n'ont en vue que le salut de notre Parti. Je ne parle pas pour moi, mais d'une façon générale : c'est avec joie qu'on devrait accueillir des idées nouvelles puisqu'elles rafraîchis­sent un peu le répertoire suranné, routinier de notre propagande. »

Il n'existe sains doute pas d'autre parti pour lequel la critique libre et inlassable de ses propres défauts soit, autant que pour la social-démocratie, une condition d'existence. Comme nous devons progresser au fur et à mesure de  l'évolution sociale, la modification continuelle de nos méthodes de lutte et, par, conséquent, la critique incessante de notre patrimoine théorique, sont les conditions de notre croissance. Il va cependant de soi que l'autocritique dans notre Parti n'atteint son but de servir le progrès, et nous ne saurions trop nous en féliciter, que si elle se meut dans la direction de notre lutte. Toute critique contribuant à rendre plus vigoureuse et consciente notre lutte de classe pour la réalisation de notre but final mérite notre gratitude. Mais une critique tendant à faire rétrograder notre mouvement, à lui faire abandonner la lutte de classe et le but final, une telle critique, loin d'être un facteur de progrès, ne serait qu'un ferment de décomposition.

Que dirions-nous si on nous proposait de « rafraîchir notre répertoire vieilli » par un brin d'agitation antisémite ? Ce n'est pas par des expressions de reconnaissance, mais par des « hola ! » indignés que nos camarades accueil­­le­raient semblable « variation ». Mais le militarisme que prône Schippel [1] est-il en contradiction moins flagrante avec notre programme que l'antisémitisme?

Si nous accueillons avec une égale bienveillance toute « critique », aussi bien celle qui nous fait avancer vers notre but que celle qui nous en éloigne, nous ne serions pas un parti de combat, mais une association de bavards, qui. après s'être embarqués avec beaucoup de fracas pour une randonnée gran­diose, découvrirait qu'elle n'a pas d'itinéraire précis et qu'au fond elle pourrait aborder n'importe où, et même céder au sage « conseil » de renoncer à l'aventure.

Voici de quoi il s'agit. Si grand que soit notre besoin d'autocritique et si larges que soient les limites que nous lui traçons, il doit cependant exister un minimum de principes constituant notre essence et notre existence même, le fondement de notre coopération en tant que, membres d'un parti. Dans nos propres rangs, la « liberté de critique » ne peut pas s’appliquer à ces prin­cipes, peu nombreux et très généraux, justement parce qu'ils sont la condition préalable de toute activité dans le Parti, et par conséquent aussi de toute critique exercée à l'endroit de cette activité. Nous n'avons pas à nous boucher les oreilles lorsque ces principes mêmes sont critiqués par quelqu'un qui se trouve en dehors de notre Parti. Mais aussi longtemps que nous les consi­dérons comme le fondement de notre existence en tant que parti, nous devons y demeurer attachés et ne pas les laisser ébranler par nos membres. À ce sujet, nous ne pouvons accorder qu'une liberté : celle d’appartenir ou de ne pas appartenir à notre Parti.

Nous ne contraignons personne. à marcher dans nos rangs, mais si quelqu'un le fait volontairement, force nous est de supposer qu'il a accepté nos principes.

Autrement, si nous remettions chaque jour en question les fondements de notre programme et de notre tactique, on ne verrait pas pourquoi les anar­chistes, les « nationaux-sociaux » (du pasteur Naumann), les partisans de la « réforme morale » ne seraient pas admis dans le Parti au nom de la « libre critique », puisqu'il n'y aurait alors plus rien de solide, d'intangible, de délimité dans notre constitution. Il est vrai que nous cesserions alors d'être un parti politique distinct des autres partis par des principes déterminés.

Ainsi la liberté de la critique trouve ses limites pratiques dans notre essence même en tant que parti politique. Ce qui constitue le plus propre de nous-mêmes : la lutte de classe, ne saurait être l'objet d'une « libre critique » dans le Parti. Nous ne pouvons nous suicider au nom de la « liberté de la critique ». Mais l'opportunisme, comme a dit justement Bebel, tend à briser notre épine, dorsale ; donc à nous détruire en tant que parti de la lutte de classe.

Enfin, la suprême manœuvre des partisans de Bernstein consiste à présen­ter les problèmes soumis à la discussion comme si « scientifiques », compli­qués et difficiles, que si le commun des camarades s'avisait de les-juger, voire de les trancher, il ferait preuve d'une présomption inouïe. Mais les desseins qui se cachent sous cette spécieuse évocation de la « pauvreté d'esprit » sont tellement transparents qu'il n'est pas nécessaire d'être « savant » pour en découvrir la trame.

Un congrès socialiste n'a pas à délibérer sur des problèmes de science et de théorie pures, mais sur une série de questions purement pratiques concer­nant les principes et la tactique du Parti.

Le congrès à venir devra aborder la question du militarisme et de la milice  [2]. Il faudrait vraiment une forte dose d'impudence pour dire aux ouvriers que, dans la discussion de cette question, il s'agit des « recherches scientifiques » du camarade Schippel sur le militarisme.

S'il se trouvait dans le Parti des naïfs pour accepter cette manière d'envi­sager les choses, nous ne pourrions que dire : pauvre Stegmuller ! (Député social-démocrate à la Diète de Bade, Stegmuller avait voté des fonds pour la construction d'Églises et fut condamné par le Parti.) Il serait donc encore aujourd'hui parmi nous, tranquille et honoré, s'il avait eu l'idée d'appuyer ses agissements par un savant article dans les Sozialistische Monatshefte ? Car qui oserait prendre ombrage d'une « dissertation scientifique sur l'utilité de l'architecture religieuse ? »

Effectivement, la campagne de Schippel contre notre revendication de la milice ne peut pas plus être traitée d'un point de vue scientifique que les votes de Stegmuller. Dans son article (sur « Frédéric Engels et le système de la milice » dans la Neue Zeit, année 1898-99, nos 19 et 20), Schippel a essayé simplement de nous démontrer que la milice populaire, dont l'institu­tion a été de tous temps un des points les plus importants de notre programme politi­que, est irréalisable du point de vue technique, indésirable pour des raisons politiques, onéreuse économiquement, tandis que le militarisme actuel est aussi indispensable que salutaire au bien-être de la nation. C'est un désaveu brutal de toute l'action parlementaire et même de toute l'agitation du Parti, qui, jusqu'à présent, s'est concentrée sur la lutte contre le militarisme. Si, sous le prétexte de là liberté (le la science, on contestait au Parti le droit de se prononcer sur une telle attaque contre ses principes fondamentaux, ce serait l'abus le 'plus éhonté qu'on ait jamais fait du nom de la « science » pour « bourrer les crânes ».

Tout aussi pratiques, et non « scientifiques », sont les questions figurant au. point 5. de l'ordre du jour du prochain congrès et qui concernent la tactique du Parti.

Il faut espérer qu'on ne présentera pas comme une question scientifique, inaccessible au jugement des délégués, la tactique pratiquée au cours des élections à la, Diète de Bavière. Dans l'œuvre de Bernstein aussi, il y a deux parties : l'une, théorique, où Bernstein expose son opinion critique sur la théo­rie de la valeur, les crises, la conception matérialiste de l'histoire ; et l'autre, pratique, où il traite des syndicats, des coopératives, de la politique coloniale et de l'attitude envers l'État actuel ainsi qu'envers les partis bourgeois.

La première partie n'est évidemment pas de, la compétence du congrès du Parti ; nul n'a jamais songé à faire voter le congrès sur la théorie de la valeur ou sur celle des crises. Mais la seconde partie, les manifestations pratiques de la théorie de Bernstein, développées en paroles et en actes par Vollmar, Schippel, Heine, etc., cette seconde partie doit être l'objet d'un vote du congrès. La masse du Parti a le droit et le devoir de décider de la tactique que le Parti doit suivre à l'égard de l'État et de la bourgeoisie. Celui qui lui contesterait ce droit prétendrait par là-même lui assigner le rôle humiliant d'un troupeau inconscient.

De temps à autre, il arrive dans notre Parti que des militants de la base, peu connus, sont sévèrement tancés, voire exclus du Parti, pour des man­quements dont ils ne se sont rendus coupables qu'en raison de leur édu­cation insuffisante. Des manquements bien plus graves, commis par des camarades éminents, devraient-ils demeurer impunis parce que ces camara­des savent les assaisonner d'une sauce « théorique » ? S'il en était ainsi, ne dirait-on pas que, dans notre Parti aussi, les gros larrons font pendre les petits ?

La liberté de la critique et le caractère sacré des « recherches scientifiques » doivent rester intangibles. Mais précisément, puisque la critique du groupe Bernstein a eu tout le temps et toute latitude de s'exercer jusqu'au point où son vrai caractère et ses tendances ne sont plus un mystère pour personne, l'heure a sonné pour le Parti, en tant que corps politique, de prendre position devant les résultats de cette critique et de déclarer : cette critique est une théorie d'enlisement, pour laquelle il n'y a pas de place dans nos rangs.


Notes

[1] Max Schippel (né en 1853), un des théoriciens du « révisionnisme » dans les Sozialistische Monathefte, soutint au congrès de Hambourg (1897) la thèse que le système militaire prussien était préférable à celui de la « milice » Inscrite dans le programme du Parti.

[2] Il s'agissait du congrès annuel du Parti social-démocrate allemand qui allait se tenir à Hanovre, en octobre 1899, et à l'ordre du jour duquel figurait (point 6) la question du militaire et de la substitution d'une milice populaire à l'armée permanente.

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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 10:36
Pour consulter le blog: comprendre-avec-rosa-luxemburg


Une présentation du parti social-démocrate allemand de l'époque

La social-démocratie allemande fut le premier parti socialiste constitué après la débâcle de la I
re Internationale. Ce fut aussi le plus puissant, le parti modèle que bien d’autres cherchèrent à imiter. Mais le système politique allemand, constitutionnel, mais non parlementaire, limita son influence et son action.

 

Le 28 septembre 1863 fut créée par Ferdinand Lassalle l’Association générale allemande des travailleurs, parti politique indépendant, luttant pour le suffrage universel, mais aussi nationaliste et favorable à l’intervention de l’État. La même année, sur des bases tout à fait différentes, était créée par Wilhelm Liebknecht et August Bebel l’Union des associations de travailleurs allemands, qui se transforma en 1869 en Parti social-démocrate des travailleurs allemands, au congrès d’Eisenach. La fusion entre les deux organisations s’effectue en 1875 au congrès de Gotha, sur un programme finalement très lassalien et que Marx critiqua fortement. Mais, aux élections de 1877, le parti obtint douze députés dont sept pour la Saxe.

Après 1877, le parti se heurta à la politique bismarckienne et aux lois d’exception votées en 1878 et reconduites jusqu’en 1889. La répression, assez violente, ne put venir à bout de la vitalité du parti qui, dès 1880, mit sur pied une organisation clandestine et tint ses congrès à l’étranger. Les progrès électoraux du parti n’en furent pas ralentis, et, en 1890, la social-démocratie rassemblait 1 427 000 électeurs sur les noms de ses candidats.
À la suite de la chute de Bismarck, Guillaume II abolit les lois d’exception (1890). De cette épreuve le socialisme allemand sortit durci et radicalisé. Le marxisme y pénétra plus profondément. Au congrès d’Erfurt (1891), un nouveau programme fut rédigé par Karl Kautsky, un des meilleurs connaisseurs de la pensée de Marx, programme orthodoxe doctrinalement, mais laissant place à l’action réformiste.

Dès cette même année 1891, le parti est divisé par la «crise révisionniste» qui le marqua si profondément au moins jusqu’en 1914. G. von Vollmar, député au Landtag de Munich, s’était prononcé pour l’abandon de l’opposition systématique au régime et pour une politique qui assurerait aux socialistes l’appui des petits paysans de l’Allemagne du Sud. Mais c’est Eduard Bernstein, que de longs séjours en Angleterre avaient mis en étroite relation avec les fabiens, qui s’en fit le théoricien en critiquant les positions de Marx sur de nombreux points: importance des facteurs moraux dans la formation de la conscience des peuples, rejet du concept de plus-value, refus de croire à une évolution catastrophique de l’économie et du devenir social, affirmation de l’atténuation de la lutte des classes, confiance en la démocratie et rejet de la doctrine de la dictature du prolétariat.

Ces théories eurent un certain succès à l’intérieur comme à l’extérieur du parti. En 1899, au congrès de Hanovre, elles furent durement critiquées par Kautsky et condamnées, condamnations renouvelées à Lübeck (1901) et à Brême (1903) où l’éclatement fut évité de justesse. Cependant, la majorité se refusa toujours à exclure Bernstein et ses amis. On a pu dire que la social-démocratie était devenue kautskyste, c’est-à-dire qu’elle avait conservé des apparences révolutionnaires tout en pratiquant l’opportunisme.
En fait, le révisionnisme pénètre dans la social-démocratie à la fois à cause de la lourdeur de son administration (une machine de quelque quatre mille fonctionnaires), du rôle important joué par les conseillers municipaux et les députés des Landtage, des liaisons étroites qui s’établissent entre le parti, les syndicats, les coopératives. Syndicats et parti sont parfaitement d’accord pour rejeter, au congrès de Mannheim (1906), la théorie de la grève générale révolutionnaire.

En matière internationale, la social-démocratie n’a guère de doctrine. De l’héritage de Marx elle a conservé la «russophobie». Pour le reste, le parti est divisé. Bernstein ne décourage pas l’expansion coloniale. À partir de 1907, c’est la droite qui l’a sans cesse emporté dans les congrès, malgré les sérieuses mises en garde de la gauche (Rosa Luxemburg et surtout R. Hilferding, puis Georg Ledebour et Hugo Haase). À Chemnitz (1912) et à Iéna (1913), toute idée de grève révolutionnaire pour maintenir la paix est écartée. C’est le moment où les socialistes français (dont Victor Adler) s’inquiètent du «chauvinisme» de leurs camarades d’outre-Rhin.

La social-démocratie, malgré ses tensions internes, n’en est pas moins une très grande force et, d’assez loin, le premier groupement socialiste européen. En 1912, elle obtient cent dix députés et 35 p. 100 des voix, ce qui fait d’elle le plus puissant des partis politiques allemands.
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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009