« J’espère que vous ne perdrez pas votre père avant d’avoir pris votre envol. » Ce souhait de Karl Liebknecht, exprimé dans une lettre du 15 septembre 1915 adressée à son fils Robert, alors âgé de 12 ans, ne s’est pas réalisé.
Robert Liebknecht, sensible et doué pour les arts, eut beaucoup de mal à surmonter cette journée d’horreur de janvier 1919, lorsque son père et Rosa Luxemburg furent assassinés. Aujourd’hui encore, notre interlocuteur est profondément ému lorsque l’on évoque les événements de l’époque. Plus tard encore, le peintre ne fut pas épargné par les coups du sort : exil et camp d’internement, il perdit à plusieurs reprises la quasi-totalité de son œuvre. Mais à chaque fois, Robert Liebknecht, qui vit à Paris depuis des décennies, a trouvé la force de prendre un nouveau départ.
L’œuvre de Liebknecht est un témoignage de ce siècle. Contrairement aux nombreux revirements de sa vie ultérieure, sa création a toutefois suivi une ligne définie très tôt, largement inspirée par Courbet, Daumier et Liebermann.
L'interview a été réalisée par Holger Becker et Volker Külow en 1992 à Paris. Robert Liebknecht est décédé en 1994 à Paris, son épouse Herta est décédée en 2000. Tous deux ont été inhumés au Cimetière des socialistes de Berlin. Cette interview a notamment été publiée dans :- Holger Becker, Volker Külow : Zeugen der Zeitgeschichte, Berlin 1994. Et - Sebastian Haffner, Stephan Hermlin, Kurt Tucholsky et al. : « Zwecklegenden », Berlin, 1996.
Monsieur Liebknecht, vous avez perdu votre père très tôt, et une grande partie de l’œuvre de votre vie a été détruite par la guerre et plusieurs exils. Dans le catalogue de votre dernière exposition (1), on trouve, dans une lettre, sans doute la clé de ce courage inébranlable qui vous a permis de prendre sans cesse un nouveau départ : « On vit et on doit essayer de toujours regarder vers l’avant », écriviez-vous en 1947 à votre ami Herbert Tucholski (2) : « Il ne faut pas regarder en arrière, dans cet abîme psychique de blessures qui ne cicatrisent jamais. Dans mon travail, j’ai toujours essayé de trouver le pont qui enjambe cet abîme. Pendant longtemps, mon travail a été mon seul point d’ancrage et j’ai réussi à me stabiliser au point d’aboutir, dans ma création, à un résultat objectif – et de continuer à y parvenir –, et non pas seulement à un apport subjectif. Sinon, on essaie, comme Münchhausen, de se tirer soi-même par les cheveux. » La réponse à votre activité artistique très intense jusqu’à un âge avancé se trouve-t-elle également dans cette direction?
Là encore, vous trouverez la réponse dans le catalogue, où je dis à un moment donné : « Ma peinture n’a pas pour vocation de m’aider sur le moment, mais elle doit aider les autres, elle doit apporter beauté et harmonie, un peu comme la musique. C’était peut-être dès le début l’idée fondamentale de ma peinture, mais aujourd’hui, elle revêt assurément une importance primordiale. »
l est bien sûr naturel, dans un entretien avec vous, de commencer par vous poser des questions sur les semaines mouvementées de la Révolution de novembre, que vous avez vécues à l’âge de 15 ans.
Avant d’entrer dans les détails, je voudrais brièvement décrire la situation politique de l’époque. À l’automne 1918, la guerre était perdue sur le plan militaire pour l’Allemagne, les Alliés ayant percé le front des Balkans. Pendant les quatre années de guerre, le pouvoir politique en Allemagne était resté presque exclusivement entre les mains du haut commandement militaire, qui refusait toutefois d’assumer sa défaite et cherchait un gouvernement civil pour signer un armistice. La « légende du coup de poignard dans le dos » était un moyen supplémentaire utilisé par l’armée pour tenter de se décharger de toute responsabilité. Face à cela, la Ligue Spartakus tentait désespérément, avec ses moyens limités, d’agir et de sensibiliser l’opinion publique.
De quels événements vous souvenez-vous particulièrement bien parmi ceux qui ont précédé le déclenchement de la révolution ?
Je me souviens particulièrement bien d’un épisode où, le 23 octobre 1918, mon père fut libéré de la prison de Luckau et où ma mère, accompagnée d’Ernst Meyer et de moi-même, est allée le chercher là-bas. Ensemble, nous nous sommes rendus à Berlin, où des dizaines de milliers de personnes s’étaient rassemblées à la gare d’Anhalter Bahnhof pour l’accueillir. Mon père m’a remis la valise qui contenait toutes les notes qu’il avait rédigées en prison et que j’ai confiée, dans la cohue, au porteur de bagages le plus proche. Emporté hors de la gare, je me suis rendu compte que je n’avais plus la valise. Comme piqué par une tarentule, je me suis précipité en arrière, et heureusement, le porteur m’a tout de suite reconnu et m’a rendu ma valise. En rentrant chez moi, au 75 de la Bismarckstraße à Steglitz, avec ma valise, je suis tombé sur une délégation soviétique qui était également venue pour la réception de mon père. J’ai été particulièrement impressionné par Boukharine, âgé de 15 ans, qui faisait partie de la délégation. Je lui ai montré l’une de mes premières peintures à l’huile, une esquisse d’une orchidée. Il y a manifesté un intérêt qui m’a surpris. De la conversation qui a suivi, je me souviens surtout de son conseil : nous devrions avant tout nous intéresser à Cézanne. Ce n’est que des années plus tard que j’ai saisi toute la portée de cette idée.
IVous avez déjà évoqué la situation politique à l’automne 1918 ; à cette époque, votre père s’est imposé comme un avertisseur infatigable face à la menace de la contre-révolution.
On trouve dans les réflexions politiques de mon père à la fin de l’année 1918 la phrase suivante : « Si cette guerre ne se termine pas par un bouleversement de l’appareil de pouvoir militaro-administratif, une nouvelle vague de guerres éclatera sous peu » ; cette crainte a d’ailleurs également été exprimée dans ses mémoires par l’ambassadeur américain en Allemagne de l’époque, Gerard, après son retour aux États-Unis. La direction de la Ligue spartakiste n’avait en effet aucune idée des questions militaires. Rosa Luxemburg était très sceptique face aux efforts visant à gagner de l’influence dans ces milieux, et Clara Zetkin a sans doute perçu, du point de vue de Stuttgart, de la manière la plus claire et la plus lucide la position isolée de la Ligue spartakiste. À l’époque, l’organisation militaire était confiée à Wilhelm Pieck. Les forces armées de la Ligue spartakiste étaient toutefois infiltrées par les services secrets de l’armée. De tels agents ont fait leur apparition lors des procès que mon oncle Theodor (3) a dû mener par la suite. Sur toutes les dernières photos de mon père, par exemple, on voit un jeune soldat collé à lui, la casquette de travers : c’était lui aussi un de ces agents.
Selon vous, comment les dirigeants de la Ligue spartakiste percevaient-ils la conjoncture internationale pour la révolution allemande, en particulier la situation en Russie ?
En ce qui concerne les perspectives de la Révolution russe, tous se montraient très pessimistes quant à sa capacité à perdurer sans une véritable révolution en Allemagne. Mon père savait que si la révolution ne triomphait pas en Allemagne, elle n’aboutirait pas non plus en Russie et entraînerait des conséquences terribles ; il avait déjà, en quelque sorte, pressenti à l’époque l’émergence de personnages tels qu’Hitler et Staline.
Bien sûr, la situation en Russie était à l’époque bien plus favorable à la gauche, car elle apportait au moins la paix, ainsi qu’un peu de terre et de pain, tandis qu’en Allemagne, les spartakistes étaient calomniés comme des instigateurs de guerre civile et des fauteurs de troubles. La classe dirigeante s’y montrait très habile, tout comme elle l’a été dans la préparation à long terme de la « légende du coup de poignard dans le dos » ; ce n’est pas un hasard si seuls des civils allemands étaient présents lors de la signature de l’armistice.
Je suis d’ailleurs fermement convaincu que les militaires au pouvoir à l’époque, tels que le général Groener, le supérieur hiérarchique du capitaine Waldemar Pabst – qui fut plus tard tenu pour responsable de l’assassinat –, avaient déjà ourdi un complot meurtrier dès la libération de mon père de la prison. Le 9 novembre 1918, il devait être transporté par avion à Compiègne pour la conclusion de l’armistice signé deux jours plus tard, peut-être pour l’assassiner dès le retour, ou du moins pour le discréditer aux yeux des soldats en le faisant passer pour un capitulant. Bien sûr,
Bien sûr, mon père n’a pas donné suite. Matthias Erzberger (4), qui a finalement signé l’accord, a lui aussi été assassiné par la suite, comme on le sait. On trouve des preuves de mon affirmation dans un article du *Tagesanzeiger*, publié à Zurich, dans lequel une série de documents concernant Pabst, qui a vécu en Suisse de 1943 à 1955, ont été analysés pour la première fois (5). Ce n’est que lorsqu’il a admis, dans sa demande d’asile, avoir organisé « conformément à son devoir » l’assassinat de Rosa Luxemburg et de mon père qu’on lui a accordé l’asile. Le récit de Pabst après la victoire immédiate des nazis est à cet égard extrêmement révélateur (6). Il passe sous silence le rôle réel des services secrets de l’armée et couvre les officiers meurtriers qui, avec l’aide de Canaris, sont restés impunis lors du premier procès.
Tout cela n’était donc pas encore prévisible le 9 novembre ?
Non, bien sûr que non, bien au contraire. Je voudrais raconter à ce sujet un épisode qui est resté largement méconnu jusqu’à aujourd’hui. Le soir du 9 novembre, de nombreux officiers fidèles à l’empereur, pour la plupart très jeunes, combattaient encore et tiraient depuis des bâtiments sur des ouvriers révolutionnaires. Après leur arrestation, ils devaient être fusillés. Leurs familles, complètement désemparées, sont venues voir mon père et l’ont supplié d’intervenir, et c’est grâce à son engagement sans faille qu’il a empêché ces exécutions. On sait bien comment on l’a remercié pour cela.
Qu’avez-vous vécu juste avant l’assassinat de votre père ?
Dès les premiers jours de janvier, il régnait déjà une véritable atmosphère de pogrom à l’encontre de mon père. Nous étions entourés d’informateurs et de petits voyous. Partout où nous rendions visite à des amis ou à des connaissances, des rafles et des perquisitions avaient lieu par la suite. Ma mère et moi avons été arrêtées le dimanche 12 janvier 1919 par des officiers qui nous ont fait pression pour que nous révélions où se trouvait mon père. Sur le chemin menant au quartier général de l’armée, nous avons également été transportées un bout de chemin en tramway ; certaines personnes qui nous reconnaissaient frappaient contre les vitres ou les crachaient dessus ; c’était une haine effrayante, qui n’était plus très loin du lynchage. D’un côté, les officiers nous menaçaient ; de l’autre, ils nous promettaient, sur leur honneur d’officier, qu’il n’arriverait rien à mon père si nous révélions où il se trouvait – ce que, d’ailleurs, nous ignorions bien sûr nous-mêmes. La nuit du meurtre, du 14 au 15 janvier, j’avais dormi chez Julius Goldstein (7), une famille amie. Tard dans la soirée, j’avais encore traversé le pont du Tiergarten et entendu des coups de feu dans les environs. Je suis presque certaine qu’il s’agissait des coups de feu mortels qui ont atteint mon père.
Quels souvenirs gardez-vous encore de Rosa Luxemburg et de votre père au cours des dernières semaines précédant leur assassinat ?
Le deuxième jour du congrès fondateur du KPD, j’ai été témoin de la manière dont mon père et Rosa Luxemburg ont plaidé à plusieurs reprises en faveur d’une participation aux élections à l’Assemblée nationale mais ils ont été mis en minorité ; on a du mal à comprendre pourquoi ils n’ont pas démissionné. J’ai vu Rosa Luxemburg pour la dernière fois lors de la fête du Nouvel An chez un ami médecin, à la Lützowplatz ; il y avait une vingtaine de personnes, l’ambiance était déjà assez morose. J’ai revu mon père peu de temps après, endormi d’épuisement sur une table de billard.
Savez-vous quelque chose au sujet de la rencontre entre votre père et le chef de la République des conseils de Bavière, Kurt Eisner, qui fut lui aussi assassiné par la suite ?
Je me souviens d’une visite d’Eisner à Berlin, au cours de laquelle il s’était entretenu avec mon père au sujet de documents qu’il venait de publier sur la responsabilité de l’Allemagne dans la guerre ; il s’agissait des rapports du ministre bavarois à Vienne, le comte Lerchenfeld. Mon père a déclaré textuellement : « Je savais bien que j’avais raison dans mes accusations, mais je n’aurais jamais pensé pouvoir voir les preuves noir sur blanc. C’est presque encore pire que ce que je craignais à l’époque », a poursuivi mon père.
Pour faire un nouveau bond dans le passé, vous souvenez-vous également des semaines qui ont précédé le rejet des crédits de guerre par votre père, le 2 décembre 1914 ?
Comme on le sait, le 4 août, mon père s’était encore plié à la discipline de groupe, qui était alors presque sacrée. Mais son voyage début septembre dans la zone de guerre belge, où il découvrit toute l’horreur de la guerre et eut de nombreux entretiens avec des camarades belges de premier plan, joua sans aucun doute un rôle important dans son changement d’opinion.
Après son célèbre « Non ! », Karl Liebknecht s’est retrouvé largement isolé, n’est-ce pas ?
Outre la *Leipziger Volkszeitung*, qui avait un léger penchant pour l’USPD et manifestait une certaine sympathie pour la gauche allemande, mon père n’a été soutenu pendant la guerre que par l’initiative de Franz Pfemfert (8), qui fut d’ailleurs le premier à publier des documents tirés de son héritage ; Pfemfert fit également imprimer clandestinement en 1916 la célèbre brochure « Junius » de Rosa Luxemburg.
La revue était considérée comme une publication artistique plutôt que politique, et n’était donc pas interdite. Les dessins de nombreux artistes de renom y ont été publiés pour la première fois, notamment ceux d’Egon Schiele, d’Otto Freundlich et de Conrad Felixmüller.
Outre votre mère – ce qui nous ramène à l’art –, de nombreux artistes amis de la famille ont également contribué à votre parcours, parmi lesquels Käthe Kollwitz semble avoir joué le rôle le plus marquant. Dans son journal intime, on trouve la note suivante, datée du 27 janvier 1919, après une visite que vous lui aviez rendue et au cours de laquelle vous lui aviez montré quelques carnets de croquis : « Le garçon est très doué. D’un tempérament immense, d’une fougue à la Liebknecht, ses dessins… Il donne une impression de nervosité, un peu tourmentée. »
Je rendais souvent visite à Käthe Kollwitz, et elle m’a toujours encouragé, s’est toujours montrée très aimable et me montrait parfois ses propres œuvres. Malheureusement, tous mes carnets de croquis de cette époque ont été entièrement brûlés. Ils contenaient des dessins de nombreux hommes politiques que je connaissais, mais aussi du poète Rilke, qui était un ami de ma mère. Parmi ceux-ci, il y avait notamment de nombreux croquis réalisés à l’occasion du 70e anniversaire de Franz Mehring, fin février 1916. Certains socialistes russes, en particulier, avaient alors volontiers emporté mes premiers dessins de Mehring.
J’ai vu Käthe Kollwitz pour la dernière fois avec ma femme en février ou mars 1933 chez Otto Nagel ; elle travaillait justement à une sculpture destinée à la tombe de son mari, tombé au début de la Grande Guerre.
Pour en revenir à l’année 1919, Käthe Kollwitz avait été profondément bouleversée par le meurtre de mon père ; on trouve dans son journal, à la date du 25 janvier 1919, la note suivante : « Des fleurs rouges disposées autour du front criblé de balles, le visage fier, la bouche légèrement entrouverte et déformée par la douleur. Une expression quelque peu étonnée sur le visage. Les mains croisées sur les genoux, quelques fleurs rouges sur la chemise blanche. Il y avait encore plusieurs personnes que je ne connaissais pas. Je suis rentrée chez moi avec les croquis et j’ai essayé de réaliser un dessin plus abouti. » Comme elle l’a laissé entendre dans son journal, elle a d’abord réalisé une multitude de dessins. Plus tard, elle s’est lancée dans une lithographie, mais celle-ci ne lui a pas donné satisfaction non plus. Après une gravure à l’eau-forte, c’est dans une gravure sur bois qu’elle a trouvé l’expression définitive de ce thème.
Vous avez peint votre père par la suite, n’est-ce pas ?
J’ai peint ce portrait en 1930 dans l’atelier de Heinrich Vogeler à Britz, à l’initiative d’une maison d’édition d’art moscovite qui m’y avait incitée deux ans auparavant lors d’un voyage en Union soviétique. J’ai peint de mémoire et d’après des photos un tableau qui servait moins à l’héroïsation qu’au souvenir personnel. Le tableau est d’ailleurs exposé à l’exposition de Wedding, prêté par l’Institut berlinois d’histoire du mouvement ouvrier (9).
Outre l’œuvre célèbre de Käthe Kollwitz – j’ai oublié de le mentionner tout à l’heure –, Lovis Corinth souhaitait lui aussi peindre un portrait de mon père ; il a donc tenté à plusieurs reprises de contacter la rédaction de se rendre au « Rote Fahne », mais cela n’a pas été possible ; plus tard, il a réalisé une lithographie d’après le masque mortuaire, qui n’a malheureusement été réalisé qu’après l’autopsie.
Il ne reste absolument rien de vos toutes premières tentatives datant de la Première Guerre mondiale ?
Malheureusement non. Mais ce ne sont pas seulement mes carnets de croquis qui ont disparu ; pire encore, toute la bibliothèque de mon père, qui se trouvait dans le bureau de mon oncle Theodor, dans la Chausseestraße, a été détruite lors d’une nuit de bombardements. Dans les années 1920, ma mère a dû emménager dans un appartement plus petit, et la bibliothèque a été transférée au cabinet d’avocats, où il y avait plus de place, tout comme d’ailleurs la collection de cadeaux offerte à mon grand-père Wilhelm Liebknecht à l’occasion de son 70e anniversaire en 1896.
Avez-vous d’ailleurs bénéficié d’un soutien financier pendant vos années d’études difficiles, au début de ce qu’on appelle les « années folles » ?
Mes études ont été financées principalement par mes oncles ; j’ai également perçu une minuscule pension du parti, qu’Eduard Fuchs m’avait obtenue, ce qui, au total, suffisait tout juste.
Eduard Fuchs faisait-il également partie du cercle d’amis de la famille ?
Notre famille n’était pas directement liée d’amitié avec Eduard Fuchs, l’auteur de la célèbre histoire des mœurs et de la culture, qui avait à peu près le même âge que mon père ; il a habité plus tard dans une villa à Zehlendorf, et je lui ai rendu visite là-bas une fois. C’est d’ailleurs grâce à lui que Mies van der Rohe a obtenu, au milieu des années 1920, la commande du monument dédié aux victimes assassinées de janvier, que les nazis ont détruit par la suite. L’esthétique dominante au sein de la classe ouvrière était en effet, à l’époque, encore en partie très marquée par le conservatisme. Les cadeaux pour mon grand-père, déjà mentionnés, arboraient souvent des feuilles de chêne et des épées ; une chope de bière de ce type en faisait également partie. Dans les années 70 et 80, non seulement en Allemagne, mais aussi ailleurs, régnait un style artistique déplorable, un mauvais goût qui dominait tout et dont les répercussions se firent sentir longtemps. Bien des années plus tard encore, on trouvait les plus magnifiques tableaux des impressionnistes dans les cadres les plus hideux.
vos études ?
Il n’est certainement possible de répondre à cette question que de manière très fragmentaire et sans aucune prétention à l’exhaustivité. C'est en 1921 que j'ai définitivement décidé de me lancer dans une carrière d'artiste, après avoir étudié la médecine pendant un semestre à Berlin, où j'ai notamment assisté à des cours magistraux dispensés par Max Planck. Mes deux candidatures aux académies des beaux-arts de Berlin et de Vienne ont été rejetées ; après avoir fréquenté la célèbre école de peinture berlinoise d’Arthur Lewin-Funcke, où Lovis Corinth avait enseigné et où Heinrich Zille avait régulièrement dessiné des nus au début du siècle, je me suis inscrit à l’Académie des beaux-arts de Dresde au début du semestre d’été 1923. C’est là que, après une brève recherche, j’ai trouvé en Max Feldbauer et Robert Sterl des sources d’inspiration et des professeurs déterminants. C’est surtout l’intérêt de Sterl pour les thèmes sociaux, mais aussi sa proximité avec la nature et la musique, ainsi que sa capacité à saisir les objets et la lumière par des esquisses colorées, qui m’ont attiré et m’ont profondément marqué à cette époque. Au cours de mes deux dernières années à Dresde, j’ai réalisé de nombreux paysages, mais aussi de plus en plus d’œuvres consacrées à la ville et aux gens, dont de nombreux portraits, pour la plupart d’amis et de connaissances.
ous me donnez ainsi l’occasion de revenir directement à votre œuvre. Quelles influences vous ont le plus marqué pendant vos études ?
Il n’est certainement possible de répondre à cette question que de manière très fragmentaire et sans aucune prétention à l’exhaustivité. C'est en 1921 que j'ai définitivement décidé de me lancer dans une carrière d'artiste, après avoir étudié la médecine pendant un semestre à Berlin, où j'ai notamment assisté à des cours magistraux dispensés par Max Planck. Mes deux candidatures aux académies des beaux-arts de Berlin et de Vienne ont été rejetées ; après avoir fréquenté la célèbre école de peinture berlinoise d’Arthur Lewin-Funcke, où Lovis Corinth avait enseigné et où Heinrich Zille avait régulièrement dessiné des nus au début du siècle, je me suis inscrit à l’Académie des beaux-arts de Dresde au début du semestre d’été 1923. C’est là que, après une brève recherche, j’ai trouvé en Max Feldbauer et Robert Sterl des sources d’inspiration et des professeurs déterminants. C’est surtout l’intérêt de Sterl pour les thèmes sociaux, mais aussi sa proximité avec la nature et la musique, ainsi que sa capacité à saisir les objets et la lumière par des esquisses colorées, qui m’ont attiré et m’ont profondément marqué à cette époque. Au cours de mes deux dernières années à Dresde, j’ai réalisé de nombreux paysages, mais aussi de plus en plus d’œuvres consacrées à la ville et aux gens, dont de nombreux portraits, pour la plupart d’amis et de connaissances.
La ville en général, et Paris en particulier, occupent-elles une place centrale dans votre œuvre ?
Dans les rues de Paris et les paysages de banlieue, j’ai rapidement trouvé un prolongement des thèmes que j’avais abordés à Berlin.
Vous avez donc très tôt reçu des impulsions venues de France ?
Suivant le conseil de Käthe Kollwitz « Paris, rien que Paris ! », je me suis rendu en France dès 1926, alors que j’étais encore étudiant à Dresde, pour étudier les collections des principaux musées français j’étudiai les collections de la capitale française et passai l’hiver à Cagnes-sur-Mer, où Renoir avait réalisé ses dernières œuvres. Malheureusement, il ne reste de ce séjour qu’un autoportrait ; toutes les autres œuvres ont été détruites pendant la guerre, y compris celles acquises par le musée de Dresde.
VVos intérêts artistiques variés s’accompagnaient-ils également d’un penchant pour la bibliophilie ?
Souvent au grand dam de ma femme, notre appartement était toujours rempli de livres, en plus des tableaux. Toujours à la recherche d’objets de collection, j’ai d’ailleurs fait une découverte très réjouissante en 1965. Dans une maison d’édition zurichoise, j’ai alors découvert une caisse d’origine inconnue, qu’un anonyme y avait mise en sécurité trente ans auparavant. Elle contenait les plaques de gravure des Grundig (10), disparues depuis longtemps. Vous pouvez imaginer à quel point Lea Grundig était heureuse de cette découverte.
Outre ce qui a été dit jusqu’à présent, avez-vous d’autres maximes qui guident votre travail ?
Je voudrais répondre par une anecdote. Max Liebermann m’a dit un jour, quand j’étais jeune, à propos d’une de mes œuvres : « C’est bon aux trois quarts ! » Depuis, j’essaie de travailler sur le quart manquant.
VVos intérêts artistiques variés s’accompagnaient-ils également d’un penchant pour la bibliophilie ?
Souvent au grand dam de ma femme, notre appartement était toujours rempli de livres, en plus des tableaux. Toujours à la recherche d’objets de collection, j’ai d’ailleurs fait une découverte très réjouissante en 1965. Dans une maison d’édition zurichoise, j’ai alors découvert une caisse d’origine inconnue, qu’un anonyme y avait mise en sécurité trente ans auparavant. Elle contenait les plaques de gravure des Grundig (10), disparues depuis longtemps. Vous pouvez imaginer à quel point Lea Grundig était heureuse de cette découverte.
Outre ce qui a été dit jusqu’à présent, avez-vous d’autres maximes qui guident votre travail ?
Je voudrais répondre par une anecdote. Max Liebermann m’a dit un jour, quand j’étais jeune, à propos d’une de mes œuvres : « C’est bon aux trois quarts ! » Depuis, j’essaie de travailler sur le quart manquant.
Vous s’inscrivez dans une grande tradition familiale ?
Je ne souhaite pas m’étendre sur ce sujet. Comme mon grand-père et mon père, je suis moi aussi socialiste, et je crois aujourd’hui que l’humanité est plus que jamais confrontée au choix entre le socialisme et la barbarie.
Pour finir, permettez-moi de vous poser une question un peu plus personnelle. Depuis combien de temps êtes-vous marié à votre femme, Herta ?
Ma femme a calculé récemment que nous étions mariés depuis 64 ans. Je ne sais pas si c'est exact ; avec les femmes, il faut toujours se méfier des dates.
(1) Robert Liebknecht : Ölbilder, Grafiken und Texte zu Leben und Werk. Hrsg. von Michael Janiizki. Gießen 1991, 1991. – Nous tenons par la présente à remercier très chaleureusement Michael Janitzki pour son aide précieuse dans la réalisation de cet entretien.
(2) Herbert Tucholski (1896 – 1984), graphiste, ami de Robert Liebknecht depuis les années 1920, mentor en graphisme à partir de 1957 aux Ateliers centraux de l’Institut des arts plastiques de Berlin, auteur de nombreux textes autobiographiques sur ses rencontres avec d’autres artistes.
(3) Theodor Liebknecht (1870 – 1948), frère aîné de Karl Liebknecht, avocat ; membre de l’USPD, membre fondateur du SAP en 1931.
(4) Matthias Erzberger (1875 – 1921), homme politique allemand du centre ; milita dès 1917 en faveur de réformes internes
; il signa l'armistice de Compiègne le 11 novembre 1918 ; ministre des Finances de l'Empire et vice-chancelier en 1919-1920, constamment attaqué en tant qu'« homme politique de compromis », il fut assassiné le 26 août 1921 par des membres de l'« Organisation Consul », un groupe d'extrême droite.
(5) Voir Hansjürg Zumstein : Waldemar Pabst. L’homme aux excuses toutes prêtes. Dans : Das Magazin. Supplément hebdomadaire du Tagesanzeiger de Zurich. N° 12 des 23 et 24 mars 1990. p. 41-48.
(6) Voir Waldemar Pabst : Spartakus. Dans : Révolutions de l’histoire mondiale. Deux millénaires de révolutions et de guerres civiles, édité par Wulf Bley. Munich, 1933. p. 750-762.
(7) Julius Goldstein (1901 – 1981), frère de Herta, l’épouse de Robert Liebknecht ; après son émigration, il fut musicien, pédagogue et chef d’orchestre aux États-Unis.
(8) Franz Pfemfert (1879 – 1954), écrivain et éditeur ; après s’être très tôt intéressé aux idées socialistes et anarchistes, il a publié, de 1911 à 1932, la revue politico-littéraire *Die Aktion*, qui, sous sa direction, est devenue un forum pour la génération expressionniste.
(9) C’est dans la salle Walter-Rathenau du Kunstamt de Wedding qu’a eu lieu, du 25 février au 28 mars 1992, la plus grande exposition jamais organisée à ce jour consacrée aux peintures, dessins et gravures de Liebknecht.
(10) Hans Grundig (1901 – 1958), peintre et graphiste, étudiant à l’Académie des Beaux-Arts de Dresde dans les années 1920, tout comme Robert Liebknecht, frappé d’interdiction d’exercer en 1933, emprisonné pendant onze ans dans un camp de concentration, puis recteur de l’École supérieure des Beaux-Arts de Dresde à partir de 1947.
Lea Grundig (1906 – 1977), peintre et graphiste, épouse de Hans Grundig, a également étudié à Dresde dans les années 1920 ; membre de l'ASSO en 1930, elle a été professeure à l'École supérieure des beaux-arts de Dresde à partir de 1950
Texte originel “Sozialismus oder Barbarei” Im Gespräch mit dem Maler Robert Liebknecht
“Ich hoffe. Ihr werdet Euren Vater nicht verlieren, bevor Ihr flügge seid.” Dieser Wunsch Karl Liebknechts, geäußert in einem Brief vom 15. September 1915 an seinen damals 12jährigen Sohn Robert und dessen
sich nicht. Nur schwer überwand der sensible und künstlerisch begabte Robert Liebknecht den Schreckenstag im Januar 1919, als sein Vater und Rosa Luxemburg ermordet wurden. Noch heute spürt der Gesprächspartner die tiefe Bewegung, wenn das seinerzeitige Geschehen zur Sprache kommt. Auch später blieben dem Maler harte Schicksalsschläge nicht erspart: Exil und Intemierungslager, mehrmals verlor er fast das gesamte Werk. Immer wieder aber fand Robert Liebknecht, der seit Jahrzehnten in Paris lebt, die Kraft zum Neuanfang.
Liebknechts Werk ist ein Zeugnis des Jahrhunderts. Im Unterschied zu den zahlreichen Wendungen des späteren Lebens folgte sein Schaffen allerdings einer schon früh bestimmten Linie, die maßgeblich von Courbet, Daumier und Liebermann gewiesen wurde.
Herr Liebknecht, Sie haben sehr früh Ihren Vater verloren, große Teile Ihres Lebenswerkes sind durch Krieg und mehrmalige Vertreibung zerstört worden. Im Katalog zu Ihrer jüngsten Ausstellung (1) findet man in einem Brief wohl den Schlüssel für den ungebrochenen Mut zum wiederholten Neuanfang: “Man lebt und muß versuchen, stets vorwärts zu sehen”, schrieben Sie 1947 an Ihren Freund Herbert Tucholski (2): “Man darf nicht zuriickblicken, in diesen seelischen Abgrund von nie verheilenden Wunden. Ich versuchte in meiner Arbeit immer die Brücke über diesen Abgrund zu finden. Lange war mir meine Arbeit der einzige Halt und es gelang mir, mich so zu stabilisieren, daß ich in meinem Schaffen auch zu einem objektiven Ergebnis kam und weiterhin komme, nicht nur zur subjektiven Ergänzung. Sonst versucht man ja wie Münchhausen, sich an seinen eigenen Haaren herauszureißen. ”
Liegt in dieser Richtung auch die Antwort für Ihr sehr aktives künstlerisches Schaffen bis ins hohe Alter?
Auch hier können Sie die Antwort im Katalog finden, wo ich an einer Stelle sage: Meine Malerei soll nicht die Aufgabe haben, mir im Augenblick zu helfen, sondern sie soll den anderen helfen, soll Schönheit und Harmonie geben, etwa wie die Musik. Dies war vielleicht von Anfang an die Grundidee meiner Malerei, heute hat sie jedoch gewiß vorrangige Bedeutung.
Es liegt natürlich nahe, in einem Gespräch mit Ihnen zuerst Fragen nach den ereignisreichen Wochen der Novemberrevolution, die Sie als I5jähriger erlebten, zu stellen.
Bevor Sie konkret werden, möchte ich die damalige politische Situation kurz skizzieren. Im Herbst 1918 war der Krieg militärisch für Deutschland verloren, da die Alliierten die Balkanfront durchbrochen hatten. Die politische Macht in Deutschland lag während der vier Kriegsjahre fast ausschließlich in den Händen der obersten militärischen Führung, die nun aber nicht zu ihrer Niederlage stehen wollte und für die Unterzeichnung eines Waffenstillstandes eine zivile Regierung suchte. Die “Dolchstoßlegende” war ein weiteres Mittel, mit der das Militär versuchte, die Verantwortung abzuschieben. Dagegen versuchte der Spartakusbund mit seinen begrenzten Mitteln verzweifelt zu wirken und aufzuklären.
An welche Erlebnisse können Sie sich aus den Tagen vor Ausbruch der Revolution besonders gut erinnern?
Besonders deutlich steht vor mir eine Episode, als mein Vater am 23. Oktober 1918 aus dem Zuchthaus in Luckau entlassen wurde und meine Mutter zusammen mit Ernst Meyer und mir ihn dort abholten. Gemeinsam fuhren wir nach Berlin, wo am Anhalter Bahnhof sich Zehntausende zum Empfang versammelt hatten. Mein Vater übergab mir den Koffer, der sämtliche im Gefängnis angefertigten Aufzeichnungen enthielt und den ich im Trubel dem nächststehenden Gepäckträger übergab. Aus dem Bahnhof herausgewirbelt merkte ich, daß ich den Koffer nicht mehr besaß. Wie von der Tarantel gestochen, rannte ich zurück, und zum Glück erkannte mich der Gepäckträger sofort wieder, und ich erhielt den Koffer zurück. Als ich mit dem Koffer zu Hause in der Bismarckstraße 75 in Steglitz ankam, stieß ich auf eine sowjetische Delegation, die auch zum Empfang meines Vaters gekommen war. Besonders beeindruckte mich, den 15jährigen, Bucharin, der Mitglied der Delegation war. Ich zeigte ihm eines meiner ersten Ölbilder, eine Skizze einer Orchidee. Er zeigte dafür ein mich überraschendes Interesse. Aus der weiteren Unterhaltung ist mir sein Rat in Erinnerung geblieben, daß wir uns vor allem mit Cezanne beschäftigen sollten. Die ganze Tragweite dieses Gedankens ist mir erst Jahre später aufgegangen.
Sie haben bereits auf die politische Konstellation im Herbst 1918 verwiesen; Ihr Vater trat in dieser Zeit als rastloser Warner vor dem Angriff der Konterrevolution in Erscheinung.
In den politischen Gedanken meines Vaters Ende 1918 findet sich der Satz: Wenn dieser Krieg nicht mit einer Umwälzung des militärisch-administrativen Machtapparates endet, wird in kurzer Zeit eine neue Welle von Kriegen ausbrechen; diese Befürchtung äußerte in seinen Memoiren übrigens auch der damalige USA-Gesandte in Deutschland, Gerard, nach seiner Rückkehr nach Amerika. Die Führung des Spartakusbundes hatte ja keine Ahnung von militärischen Belangen. Rosa Luxemburg war Bemühungen, in diesen Kreisen Einfluß zu gewinnen, gegenüber sehr skeptisch, und Clara Zetkin hat wohl aus der Stuttgarter Sicht am klarsten und nüchternsten die isolierte Stellung des Spartakusbundes gesehen. Mit der militärischen Organisation war damals Wilhelm Pieck betraut. Die bewaffneten Kräfte des Spartakusbundes waren allerdings vom Geheimdienst des Militärs durchsetzt. In Prozessen, die mein Onkel Theodor (3) später zu führen hatte, tauchten solche Agenten auf. Auf allen letzten Fotos meines Vaters klebt beispielsweise ein junger Soldat mit schief aufgesetzter Mütze an ihm, das war auch ein solcher Agent.
Wie betrachteten die Führer des Spartakusbundes aus Ihrer Sicht die internationale Konstellation für die deutsche Revolution, speziell die Lage in Rußland?
Was die Perspektiven der Russischen Revolution angeht, äußerten sich alle sehr hoffnungslos, daß sie sich ohne eine wirkliche Revolution in Deutschland würde halten können. Mein Vater wußte, wenn in Deutschland die Revolution nicht siegt, wird sie auch in Rußland keinen Erfolg haben und etwas ganz Schreckliches nach sich ziehen; Gestalten wie Hitler und Stalin hatte er damals bereits im gewissen Sinne vorausgeahnt.
Natürlich war die Situation in Rußland für die Linke seinerzeit viel günstiger, denn sie brachte zumindest Frieden und auch etwas Land und Brot, während in Deutschland die Spartakusleute als Bürgerkriegshetzer und Unruhestifter verleumdet wurden. Darin war die herrschende Klasse sehr geschickt, genauso wie bei der langfristigen Vorbereitung der “Dolchstoßlegende”; es ist kein Zufall, daß bei der Unterzeichnung des Waffenstillstandes nur deutsche Zivilisten anwesend waren.
Ich bin im übrigen der sicheren Überzeugung, daß die damals herrschenden Militärs wie General Groener, der Vorgesetzte des später für die Ermordung verantwortlichen Hauptmanns Waldemar Pabst, bereits gleich nach der Freilassung meines Vaters aus dem Zuchthaus ein Mordkomplott geschmiedet hatten. Am 9. November 1918 sollte er per Flugzeug zur Abschließung des zwei Tage später unterzeichneten Waffenstillstandes nach Compiègne geflogen werden, möglicherweise um ihn bereits auf dem Rückweg umzubringen, zumindest aber, um ihn vor den Augen der Soldaten als Kapitulant zu diskreditieren. Natürlich ging mein Vater nicht darauf ein. Matthias Erzberger (4), der das Abkommen schließlich unterzeichnete, wurde ja bekanntlich später auch ermordet. Beweise für meine Behauptung finden sich in einem Artikel des in Zürich erscheinenden Tagesanzeigers, in dem erstmals eine Reihe von Pabst betreffenden Dokumenten, der von 1943 bis 1955 in der Schweiz lebte, ausgewertet wurden(5). Erst als er in seinem Asylantrag zugab, “pflichtgemäß” den Mord an Rosa Luxemburg und meinem Vater organisiert zu haben, wurde ihm Asyl gewährt. Die Schilderung von Pabst nach dem unmittelbaren Sieg der Nazis ist dahingehend außerordentlich aufschlußreich(6). Er verschweigt die wirkliche Rolle des Armeegeheimdienstes und deckt die Mörder-Offiziere, die mit Hilfe von Canaris während des ersten Prozesses ungestraft davonkamen.
Das war ja am 9. November alles noch nicht abzusehen?
Nein natürlich nicht, ganz im Gegenteil. Ich möchte dazu eine Episode schildern, die bis heute weitgehend unbekannt geblieben ist. Am 9. November abends kämpften noch zahlreiche kaisertreue, zumeist sehr junge Offiziere und schossen aus Gebäuden auf revolutionäre Arbeiter. Nach ihrer Festnahme sollten sie erschossen werden. Ihre Familien kamen völlig aufgelöst zu meinem Vater und baten eindringlich um seinen Einspruch, und er hat mit viel Einsatz diese Exekutionen verhindert. Wie ihm das gedankt wurde, ist ja hinlänglich bekannt.
Was erlebten Sie unmittelbar vor der Ermordung Ihres Vaters?
In den ersten Januartagen herrschte schon eine regelrechte Pogromstimmung gegen meinen Vater. Um uns wimmelte es von Spitzeln und Achtgroschenjungs. Überall wo wir Freunde und Bekannte besuchten, fanden hinterher Razzien und Hausdurchsuchungen statt. Meine Mutter und ich wurden am Sonntag, dem 12. Januar 1919 von Offizieren verhaftet und unter Druck gesetzt, den Aufenthaltsort meines Vaters zu verraten. Auf dem Weg zum Armeequartier wurden wir auch ein Stück mit der Straßenbahn transportiert, einzelne Leute, die uns erkannten, trommelten gegen die Scheiben oder bespuckten sie, es war ein beängstigender Haß, dem zur Lynchjustiz nicht mehr viel fehlte. Die Offiziere drohten einerseits und versprachen andererseits unter Offizierseid, daß meinem Vater nichts passieren würde, wenn wir seinen Aufenthaltsort verraten würden, den wir im übrigen natürlich selbst nicht wußten. In der Mordnacht vom 14. auf den 15. Januar hatte ich bei Julius Goldstein (7) geschlafen, einer befreundeten Familie. Spät am Abend war ich noch über die Brücke am Tiergarten gelaufen und hatte in der Nähe Schüsse gehört. Ich bin mir ziemlich sicher, daß es die Todesschüsse waren, die meinen Vater trafen.
Welche Erinnerungen haben Sie noch an Rosa Luxemburg und Ihren Vater aus den letzten Wochen vor deren Ermordung?
Am zweiten Tag des Gründungsparteitages der KPD war ich Zeuge, wie mein Vater und auch Rosa Luxemburg wiederholt für eine Beteiligung an den Wahlen zur Nationalversammlung eintraten, aber dabei überstimmt wurden; daß sie nicht zurücktraten, ist schwer verständlich. Rosa Luxemburg traf ich das letzte Mal zur Neujahrsfeier bei einem befreundeten Arzt am Lützowplatz; etwa 20 Leute waren anwesend, die Stimmung war schon recht gedrückt. Meinen Vater habe ich noch einmal kurze Zeit später gesehen, vor Erschöpfung schlafend auf einem Billardtisch.
Wissen Sie etwas über das Zusammentreffen Ihres Vaters mit dem Führer der Bayrischen Räterepublik, dem ebenfalls später ermordeten Kurt Eisner?
Ich kann mich an einen Besuch Eisners in Berlin erinnern, bei dem er sich mit meinem Vater über kurz zuvor von ihm veröffentlichte Dokumente zur deutschen Kriegsschuld unterhielt; es ging um die Berichte des bayrischen Gesandten in Wien, Graf Lerchenfeld. Mein Vater sagte wörtlich: “Ich habe ja gewußt, daß ich mit meinen Anklagen recht hatte, aber nie hätte ich gedacht, daß ich die Beweise schwarz auf weiß würde sehen können. Es ist ja fast alles noch schlimmer, als ich seinerzeit befürchtet hatte”, so mein Vater weiter.
Können Sie sich, um einen noch weiteren Sprung in die Vergangenheit zu wagen, auch noch an die Wochen vor der Ablehnung der Kriegskredite durch Ihren Vater am 2. Dezember 1914 erinnern?
Am 4. August hatte mein Vater sich bekanntlich noch der damals fast heiligen Fraktionsdisziplin gebeugt. Eine wichtige Rolle in seinem Umdenkungsprozeß spielte dann aber zweifellos seine Reise Anfang September ins belgische Kriegsgebiet, wo er das ganze Grauen des Krieges kennenlernte und viele Gespräche mit führenden belgischen Genossen hatte.
Nach seinem berühmten “Nein!” war ja Karl Liebknecht weitgehend isoliert?
Neben der Leipziger Volkszeitung, die leicht USPD-mäßig angehaucht war und einige Sympathie für die deutsche Linke signalisierte, wurde mein Vater während des Krieges nur durch Franz Pfemferts (8) Aktion unterstützt, die später auch als erste Material aus seinem Nachlaß veröffentlichte; Pfemfert ließ auch 1916 Rosa Luxemburgs berühmte Junius-Broschüre illegal drucken. Die Aktion galt als künstlerisches, weniger als politisches Blatt, und war daher nicht verboten. Zeichnungen vieler bedeutender Künstler wurden in der Zeitschrift erstmals veröffentlicht, darunter Egon Schiele, Otto Freundlich und Conrad Felixmüller.
Neben Ihrer Mutter, damit möchten wir wieder auf die Kunst zurückkommen, hatten auch zahlreiche mit der Familie befreundete Künstler Anteil an ihrem Werdegang, darunter am stärksten offensichtlich Käthe Kollwitz. In ihrem Tagebuch befindet sich am 27. Januar 1919 nach einem Besuch von Ihnen, bei dem Sie einige Skizzenbücher zeigten, folgende Eintragung: “Der Junge ist sehr begabt. Von ungeheurem Temperament, Liebknechtschem Ungestüm, sind seine Zeichnungen… Er macht einen nervösen, etwas gepeinigten Eindruck.”
Käthe Kollwitz besuchte ich öfter, und sie hat mich immer ermutigt, war stets sehr nett und zeigte mitunter auch eigene Arbeiten. Leider sind alle meine Skizzenbücher aus dieser Zeit restlos verbrannt. In ihnen waren Zeichnungen von vielen mir bekannten Politikern, aber auch von dem Dichter Rilke, der mit meiner Mutter befreundet war. Darunter waren besonders viele Skizzen anläßlich des 70. Geburtstages von Franz Mehring Ende Februar 1916. Insbesondere einige russische Sozialisten haben meine ersten Zeichnungen von Mehring damals gern mitgenommen.
Käthe Kollwitz sah ich mit meiner Frau im Februar oder März 1933 bei Otto Nagel das letzte Mal, sie arbeitete gerade an einer Plastik für das Grab ihres Anfang des Weltkrieges gefallenen Sohnes Peter; leider verlor sie auch noch ihren gleichnamigen Enkel dann später im Zweiten Weltkrieg.
Käthe Kollwitz war über den Mord, um wieder auf das Jahr 1919 zu kommen, an meinem Vater zutiefst erschüttert, in ihrem Tagebuch findet sich am 25. Januar 1919 folgende Eintragung: “Um die zerschossene Stirn rote Blumen gelegt, das Gesicht stolz, der Mund etwas geöffnet und schmerzhaft verzogen. Ein etwas verwunderter Ausdruck im Gesicht. Die Hände im Schoß übereinandergelegt, ein paar rote Blumen auf dem weißen Hemd. Es waren noch mehrere mir fremde Leute da. Ich ging mit den Zeichnungen nach Haus und versuchte eine bessere zusammenfassende Zeichnung zu machen.” Wie sie im Tagebuch angedeutet hat, fertigte sie zunächst eine Fülle von Zeichnungen an. Später begann sie einen Steindruck, aber auch der befriedigte sie nicht. Nach einer Radierung fand sie in einem Holzschnitt die endgültige Formulierung dieses Themas.
Sie haben ihren Vater später ja gemalt?
Ich malte dieses Portrait 1930 im Atelier von Heinrich Vogeler in Britz, auf Anregung eines Moskauer Kunstverlages, der mich zwei Jahre zuvor während einer Sowjetunionreise dazu anregte. Ich malte aus dem Gedächtnis und nach Fotos ein Bild, das weniger der Heroisierung diente, als der persönlichen Erinnerung. Das Bild ist übrigens in der Weddinger Ausstellung als Leihgabe des Berliner Instituts für die Geschichte der Arbeiterbewegung zu sehen (9).
Neben Käthe Kollwitz’ bekannter Arbeit, das vergaß ich vorhin zu erwähnen, wollte auch Lovis Corinth ein Portrait meines Vaters malen; er versuchte deshalb einige Male die Redaktion der Roten Fahne zu besuchen, aber es hat nicht geklappt; später machte er nach der Totenmaske, die leider erst nach der Obduktion angefertigt wurde, eine Lithographie.
Von Ihren frühesten Versuchen aus der Zeit des Ersten Weltkrieges ist absolut nichts mehr überliefert?
Leider nein. Aber nicht nur meine Skizzenbücher, sondern, was viel schlimmer ist, auch die gesamte Bibliothek meines Vaters, die im Büro meines Onkels Theodor in der Chausseestraße stand, fiel einer Bombennacht zum Opfer. Meine Mutter mußte in den 20er Jahren in eine kleinere Wohnung ziehen, und die Bibliothek ging dorthin in das Rechtsanwaltsbüro, wo mehr Platz war, wie übrigens auch die Geschenksammlung zum 70. Geburtstag meines Großvaters Wilhelm Liebknecht aus dem Jahre 1896.
Erhielten Sie eigentlich materielle Unterstützung in den schweren Studienjahren Anfang der sogenannten goldenen Zwanziger?
Mein Studium wurde hauptsächlich durch meine Onkel mitfinanziert, daneben erhielt ich eine winzige Parteirente, die Eduard Fuchs vermittelt hatte, es langte insgesamt gerade so.
Eduard Fuchs gehörte auch zum Freundeskreis der Familie?
Mit Eduard Fuchs, dem mit meinem Vater etwa gleichaltrigen Verfasser der bekannten Sitten- und Kulturgeschichte, war unsere Familie nicht direkt befreundet, er wohnte später in einer Villa in Zehlendorf, und ich besuchte ihn dort einmal. Er vermittelte übrigens auch, daß Mies van der Rohe Mitte der zwanziger Jahre den Auftrag für das Denkmal der ermordeten Januaropfer erhielt, das die Nazis später zerstörten. Die vorherrschende Ästhetik in der Arbeiterklasse war ja zum Teil damals noch sehr konservativ geprägt. Die bereits erwähnten Geschenke für meinen Großvater trugen oft Eichenlaub und Schwerter, ein derartiger Bierseidel zählte ebenfalls dazu. In den 70er und 80er Jahren herrschte nicht nur in Deutschland ein schlimmer Kunststil, ein schlechter Geschmack, der alles bestimmte und lange nachwirkte. Noch viele Jahre später fand man die herrlichsten Bilder der Impressionisten in den schrecklichsten Rahmen.
Sie geben damit das Stichwort, nochmals zu Ihrem Schaffen unmittelbar überzuleiten. Welche Einflüsse wirkten während des Studiums auf Sie am stärksten?
Diese Frage läßt sich gewiß nur ganz bruchstückhaft beantworten und ohne jeden Anspruch auf Vollständigkeit. 1921 fiel endgültig die Entscheidung zur Künstlerlaufbahn, nachdem ich vorher noch ein Semester Medizin in Berlin studiert hatte und dabei u. a. auch Vorlesungen bei Max Planck hörte. Zwei Bewerbungen an der Berliner und Wiener Kunstakademie wurden abgelehnt; nach dem Besuch der renommierten Berliner Malschule von Arthur Lewin-Funcke, in der Lovis Corinth gelehrt und Heinrich Zille zu Anfang des Jahrhunderts regelmäßig Akt gezeichnet hatte, wurde ich zu Beginn des Sommersemesters 1923 an der Dresdner Kunstakademie immatrikuliert. Hier fand ich nach kurzem Suchen in Max Feldbauer und Robert Sterl entscheidende Anreger und Lehrer. Vor allem Sterls Interesse an sozialen Themen, aber auch seine Nähe zur Natur und Musik, die Fähigkeit zum skizzenhaft-koloristischen Erfassen von Gegenstand und Licht zogen mich an und prägten mich stark in jener Zeit. In den letzten beiden Dresdner Jahren enstanden viele Landschaften, aber auch immer mehr Arbeiten über Stadt und Menschen, darunter zahlreiche Portraits, zumeist von Freunden und Bekannten.
Die Stadt im allgemeinen, Paris im besonderen, nehmen in Ihrem Werk einen zentralen Platz ein?
In den Pariser Straßen und Vorstadtlandschaften fand ich schnell eine Fortsetzung meiner in Berlin gefundenen Themen.
Sie erhielten ja schon frühzeitig Anstöße aus Frankreich?
Dem Rat von Käthe Kollwitz “Paris, nur Paris!” folgend, reiste ich bereits während meines Studiums in Dresden 1926 nach Frankreich, studierte die Sammlungen der französischen Hauptstadt und verbrachte den Winter in Cagnes-sur-Mer, wo Renoir sein Alterswerk geschaffen hatte. Leider ist von diesem Aufenthalt nur ein Selbstbildnis übriggeblieben, alle anderen. Werke wurden im Krieg vernichtet, auch die vom Dresdner Museum angekauften.
Zu Ihren vielseitigen künstlerischen Interessen hatten sich auch stets bibliophile Neigungen gesellt?
Oft zum Ärger meiner Frau, war unsere Wohnung neben Bildern auch stets mit Büchern vollgestopft. Immer auf der Suche nach Sammelnswertem gelang mir übrigens 1965 ein sehr erfreulicher Fund. In einem Zürcher Verlag entdeckte ich damals eine Kiste unbekannter Herkunft, die ein Anonymus dreißig Jahre zuvor dort in Sicherheit gebracht hatte. In ihr befanden sich die lange vermißten Radierplatten der Grundigs (10). Sie können sich vorstellen, wie glücklich Lea Grundig über diese Entdeckung war.
Haben Sie neben dem bisher Gesagten eigentlich noch weitere Maximen für Ihr Schaffen?
Ich möchte mit einer Anekdote antworten. Max Liebermann hat mal in jungen Jahren zu mir über eines meiner Werke gesagt: “Das ist zu drei Vierteln gut!” Seitdem versuche ich, an dem fehlenden Viertel zu arbeiten.
Sie stehen in einer großen Familientradition?
Dazu möchte ich eigentlich nicht viele Worte machen. Wie mein Großvater und Vater bin auch ich Sozialist, und ich glaube heute, daß die Menschheit mehr denn je vor der Alternative Sozialismus oder Barbarei steht.
Gestatten Sie zum Schluß noch eine etwas private Frage. Wie lange sind Sie eigentlich mit Ihrer Frau Herta verheiratet?
Meine Frau hat neulich ausgerechnet, daß wir seit 64 Jahren verheiratet sind. Ich weiß nicht, ob das stimmt, bei Frauen muß man mit Daten immer sehr vorsichtig sein.
Das Interview führten Holger Becker und Volker Külow 1992 in Paris. Robert Liebknecht vestarb 1994 in Paris, seine Frau Herta starb im Jahr 2000. Beide sind in der BerlinerGedenkstätte der Sozialisten beigesetzt worden.
Das Interview wurde u.a. veröffentlicht in:
- Holger Becker, Volker Külow: Zeugen der Zeitgeschichte, Berlin 1994.
- Sebastin Haffner, Stephan Hermlin, Kurt Tucholsky u.a.: Zwecklegenden, Berlin 1996.
(1) Robert Liebknecht: Ölbilder, Grafiken und Texte zu Leben und Werk. Hrsg. von Michael Janiizki. Gießen 1991. – Wir möchten uns auf diesem Wege ganz herzlich bei Michael Janitzki für seine bereitwillige Unterstützung des Interviews bedanken.
(2) Herbert Tucholski (1896 – 1984), Grafiker, seit den zwanziger Jahren mil Robert Liebknecht befreundet, ab 1957 Mentor für Grafik an den Zentralen Werkstätten des Instituts für Bildende Kunst Berlin, Verfasser zahlreicher autobiographischer Texte über seine Begegnungen mit anderen Künstlern.
(3) Theodor Liebknecht (1870 – 1948), älterer Bruder von Karl Liebknecht, Rechtsanwalt; Mitglied der USPD, 1931 Gründungsmitglied der SAP.
(4) Matthias Erzberger (1875 – 1921), deutscher Zentruinspolitiker; trat seit 1917 für innere Reformen und Versländigungsfriedcn ein; unterzeichnete am 11. November 1918 den Waffenstillstand von Compiègne; 1919/1920 Reichsfinanzminisier und Vizekanzler, als “Erfüllungspolitiker” ständig attackiert, wurde er am 26. August 1921 von Angehörigen der rechtsgerichteten “Organisation Consul” ermordet.
(5) Siehe Hansjürg Zumstein: Waldemar Pabst. Mann der flinken Ausrede. In: Das Magazin. Wochenbeilage des Zürcher Tagesanzeigers. Nr. 12 vom 23./24.März 1990. S. 41-48.
(6) Siehe Waldemar Pabst: Spartakus. In: Revolutionen der Weltgeschichte. Zwei Jahrtausende Revolutionen und Bürgerkriege, Hrsg. von Wulf Bley. München 1933. S. 750-762.
(7) Julius Goldstein (1901 – 1981), Bruder von Robert Liebknechts Frau Herta; nach seiner Auswanderung Musiker, Pädagoge und Dirigent in den USA.
(8) Franz Pfemfert (1879 – 1954) Schriftsteller und Verleger, nach frühzeitigem Kontakt mit sozialistischen und anarchistischen Ideen gab er von 1911 bis 1932 die politisch-literarische Zeitschrift Die Aktion heraus, die unter seiner Leitung zu einem Forum der expressionistischen Generation wurde.
(9) Im Walter-Rathenau-Saal des Kunstamtes Wedding fand vom 25. Februar bis 28. März 1992 die bis dahin umfassendste Werkpräsentation Liebknechtscher Bilder, Zeichnungen und Grafiken statt.
(10) Hans Grundig (1901 – 1958), Maler und Grafiker, wie Robert Liebknecht in den zwanziger Jahren Student an der Kunstakademie in Dresden, 1933 mit Berufsverbot belegt, elf Jahre im KZ eingesperrt, seit 1947 Rektor der Hochschule für Bildende Künste Dresden.
Lea Grundig (1906 – 1977), Malerin und Grafikerin, Frau von Hans Grundig, studierte ebenfalls in den zwanzigerJahren in Dresden, 1930 Mitglied der ASSO, seit 1950 Professorin an der Hochschule für Bildende Künste Dresden.