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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.
 
Voir aussi : http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr/
 
26 novembre 2021 5 26 /11 /novembre /2021 17:21
Karl Liebknecht et l'impérialisme au Maroc - 1911 "Pour nous, le mot d’ordre de fait est « La lutte sur terre ! » et non « la paix sur terre ! "

Citations

"Lorsque nous disons “Paix sur la terre!”, nous l’entendons de manière différente que ces curés qui ont l’habitude de prêcher cela de manière hypocrite du haut de leur chaire. Nous ne sommes pas un parti de la paix dans le sens  où nous souhaiterions que l’humanité toute entière, dans l’état actuel des choses, soit composée exclusivement de gentilles petites sœurs, assises ensemble, buvant du café et mangeant des gâteaux. Nous savons bien au contraire qu’il n’y a pas de salut à notre époque en dehors de la lutte.  Pour nous, le mot d’ordre de fait est « La lutte sur terre ! » et non « la paix sur terre ! » Mais la lutte que nous voulons mener, elle doit être et elle est un combat pour le bien de tous ; c’est le combat pour la libération de l’humanité des chaînes de l’exploitation capitaliste et des entraves de l’oppression politique."

 

"Nous, sociaux-démocrates, savons que notre politique intérieure et extérieure est dictée par les conditions économiques et que ce sont elles qui déterminent le destin des peuples."

 

"Le capitalisme n’a pas exploité les formidables avancées techniques du monde moderne pour créer de l’espace pour tous, pas pour le bien commun, mais pour son propre intérêt et seulement pour créer de nouvelles sources de profits. En conséquence, de larges masses vivent encore  dans le besoin et la misère malgré les immenses richesses que le capitalisme amasse."

 

Karl Liebknecht a consacré plusieurs discours ou articles à l'agression impérialiste coloniale au Maroc.

 

15 juillet 1911 : Une guerre mondiale pour le Maroc Ein Weltkrieg um Marokko?

16 juillet : Les peuples sont les garants de la paix mondiale Die Völker, die Arbeiter sind Hüter des Weltfriedens

 

12 août 1911 : Marokko-Hundtagspolitik Marokko-Hundstagspolitik

13 août 1911 : Le Maroc et la classe ouvrière, discours à Göppingen Marokko und die Arbeiterklasse

3 septembre 1911 : Le socialisme, c'est la paix. Manifestation des travailleurs berlinois pour la paix „Der Sozialismus ist der Friede"

Mi-septembre 1911 : au Congrès du Parti social-démocrate d'Allemagne à Iéna :

. Contre la politique au Maroc des impérialistes allemands (12) Gegen die Marokkopolitik der deutschen Imperialisten

. La jeunesse en mouvement malgré tout (12) ... und die proletarische Jugend bewegt sich doch!"

26 septembre 1911 : A propos du Congrès de Iéna Über den Parteitag in Jena

14 septembre 1911: Pour des actions des masses contre la guerre Für Massenaktionen gegen den Krieg

 

 

Le jardin de la brasserie Dinkelacker

Le jardin de la brasserie Dinkelacker

 Une guerre impérialiste pour le Maroc?

"A la politique mondiale du capitalisme, le prolétariat oppose la politique mondiale du prolétariat mondial."

 

Discours tenu à Stuttgart le 7 juillet 1911, compte-rendu dans la Schwäbische Tagewacht (Stuttgart) et la Freie Volkszeitung (Göppingen), le 17 juillet 1911)

La traduction de ce texte est en cours de finalisation. En voici une première version. Dominique Villaeys-Poirré , le 20 novembre 2021

 

Lorsque le Dr. Karl Liebknecht, accueilli par des applaudissements enthousiastes, monta à la tribune placée au centre de la salle adjacente au jardin, la grande salle était bondée et la foule était dense dans le jardin de la brasserie Dinkelacker. Estimer à 6000 le nombre de participants ne devrait pas être excessif.

 

L’orateur a déclaré:

Si nous considérons notre politique étrangère officielle de ces dernières années, on a l’impression de se retrouver à la foire et l’on entend de tous côtés résonner chants, flutes et violons célébrant la paix, mais à certains moments la grosse caisse intervient et il apparaît que tous ces bruits en faveur de la paix n’étaient rien d’autre qu’un léger clapotis de surface. Nous, sociaux-démocrates, savons que notre politique intérieure et extérieure est dictée par les conditions économiques et que ce sont elles qui déterminent le destin des peuples. (Très juste !). L’affaire du Maroc n’est pas non plus une nouveauté pour nous sociaux-démocrates. En1906, la France et l’Allemagne se sont trouvées tout au bord de la guerre à cause du Maroc. C’était alors le ministre Delcassé – disait-on - qui avait menacé la paix mondiale par sa politique provocante. De longs efforts permirent d’éliminer ce point de discorde. Mais peu de temps s’écoula avant que de nouveau l’Afrique joue un rôle dans la politique extérieure en Allemagne. Depuis longtemps, la France menait une politique de pacification au Maroc. Nous avons pu remarquer que la diplomatie allemande s’est comportée autrefois avec calme face à cela, et lorsque l’Espagne intervint dans le conflit autour du Maroc, cette intervention fut condamnée par la diplomatie allemande. Mais à notre grande surprise, nous avons appris qu’une canonnière était apparue tout à fait soudainement devant le port d’Agadir et que l’Allemagne aussi voulait une part du gâteau marocain. La France et l’Espagne étaient des brigands aussi longtemps qu’elles étaient seules en cause pour le partage du gâteau, depuis que l’Allemagne essaie aussi, cela devient un devoir national, une politique mondiale nationale, dont dépendraient le bonheur et la prospérité du grand peuple allemand.

 

Il est intéressant d’étudier comment a été préparée cette action en Allemagne. On trouve toujours des raisons relevant du droit international. Elles tombent comme des fruits murs. Nous avons appris que l’Allemagne avait d’énormes intérêts matériels en Allemagne. Nous avons appris que les frères Mannesmann et quelques autres entrepreneurs capitalistes voulaient voir leurs intérêts représentés par la diplomatie allemande. Nous entendons parler de propriétaires fonciers, au profit desquels un navire de guerre a été mobilisé et l’incendie propagé au sein de la paix entre les peuples. Il ne s’agit pas d’une attaque fortuite et tout à fait soudaine. Notre capitalisme allemand appelle à corps et à cris des profits, des marchés, une Weltpolitik, l’expansion et là où il y a la moindre opportunité de s’emparer d’un butin, on trouve à l’œuvre des capitalistes allemands, tout comme les capitalistes des autres pays. Le capitalisme moderne ne peut pas se retrouver dans le mot du poète « il y a de la place pour tous sur la terre ». Le capitalisme n’a pas exploité les formidables avancées techniques du monde moderne pour créer de l’espace pour tous, pas pour le bien commun, mais pour son propre intérêt et seulement pour créer de nouvelles sources de profits. En conséquence, de larges masses vivent encore  dans le besoin et la misère malgré les immenses richesses que le capitalisme amasse. (Très juste !) Poussés par leurs classes capitalistes, les différents États se heurtent les uns contre les autres. De toutes parts, nous voyons dans le domaine de la Weltpolitik se développer la lutte pour une part du butin, au profit d’une mince couche de la société qui en tire ses profits. Il est donc compréhensible que  le prolétariat », ait été depuis toujours  un adversaire de la Weltpolitik internationale. La social-démocratie ne défend pas une politique de clocher mesquine ni une limitation absolue à l’espace intérieur étroit compris entre  barrières frontalières. Mais la politique mondiale capitaliste n’est pas menée pour le bien de l’ensemble de l’humanité, c’est une politique de classe ayant pour but de créer de plus en plus de possibilités d’exploitation par la classe capitaliste qui exploite déjà le peuple jusqu’au sang. A la politique mondiale du capitalisme, le prolétariat oppose la politique mondiale du prolétariat mondial. (Vifs applaudissements)

 

L’attitude de l’Allemagne est aussi d’un autre point de vue étrange. Lorsqu’il s’est agi de se partager le gâteau chinois, l’Allemagne était intervenue alors que la session du Reichstag avait expiré. Tous les appels au gouvernement de rappeler le Reichstag restèrent vains. Le financement fut validé a posteriori par les partis bourgeois, malgré la triste issue de la politique chinoise.  Les lauriers décernés à l’avance au comte Waldersee (forte hilarité) n’ont pas donné de fruits ; « Le partage du gâteau » n’a pas abouti. Au contraire, la vie s’est développée en Chine. Kiautcheou, le petit morceau du gâteau, qui est en possession de l’Allemagne, s’est avéré fort « maigre », si bien que personne ne se réjouit de sa possession, et que la question se pose de plus en plus sérieusement si ce ne serait pas mieux de le rendre. Le Reichstag s’étant séparé, la diplomatie a pu continuer  son action néfaste au mépris de la volonté du peuple tout entier.

 

C’est ce qui s’est passé aussi lors de la dernière affaire. Le gouvernement a attendu pour intervenir que le Reichstag et l’Assemblée des représentants de Prusse aient fini de siéger.  Comme pour la politique chinoise, des dépassements significatifs du budget seront aussi la conséquence des dernières mesures. Mais comme nous le lisons dans la presse bourgeoise, le gouvernement n’a pas à redouter d’opposition à ses dangereux agissements. Le seul parti à protester est la social-démocratie.

 

Mais un parlement siégeait encore lorsque fut inaugurée la dernière initiative du gouvernement impérial, un parlement dans un des États fédéraux qui se vante d’avoir une constitution plus libre que d’autres parties de l’Allemagne : l’État fédéral du Wurtemberg, dont on dit qu’il ne doit pas être jugé de la même façon que la Prusse ou les autres États fédéraux « semi-sauvages ». Toute l’Allemagne avait les yeux rivés sur le Landtag du Wurtemberg alors que la motion du parti social-démocrate devait être discutée. Qu’est-ce qu’exigeait cette motion ? Il s’agissait du bien et du sang du peuple allemand. Celui-ci a le droit de savoir ce qui va advenir de lui. Qui pourrait affirmer sérieusement que ces événements graves ne concerneraient pas le peuple ? Nous sommes devenus adultes. Nous ne nous laissons pas imposer de telles politiques (longs et vifs applaudissements !). Voyons ce qui se passe en France. Là-bas, le parlement a le droit de débattre. Là-bas, le gouvernement à dû s’expliquer. Même en Hongrie, un État semi-asiatique, le gouvernement a dû expliquer et subir les questions du soi-disant parlement hongrois. Et qu’avons-nous vécu au parlement wurtembergeois ? Une comédie des plus lamentables, une invraisemblable insulte faite au peuple. Le gouvernement s’est retranché avec un sourire narquois derrière le règlement qui permet de répondre à une interpellation que s’il le souhaite et fait du droit d’interpellation une farce (cris). Les partis bourgeois ont été suffisamment insolents pour ricaner lors de la prise de parole des sociaux-démocrates. S’étaient bien trompés ceux qui pensaient que l’on pouvait cacher par une feuille de vigne la honte de l’absolutisme, que l’on pouvait étendre un peu de baume venu du sud sur les blessures de la politique extérieure allemande. Au lieu de voir  la douleur apaisée, la blessure a été rouverte et  toute la dérision de nos constitutions allemandes est apparue de la façon la plus claire qui soit.  Celui qui pense que l’on peut à partir du Sud combattre la réaction en Prusse allemande, se trompe. Chez nous, dans le nord, nous devons combattre contre les Junker et la réaction, chez vous, au sud, vous qui savez que votre cause est la nôtre, vous devrez nous aider dans le combat pour le droit de vote, qui est le combat politique le plus important que la classe ouvrière doit mener.

 

Lors de la dernière affaire, nous voyons de nouveau, se répéter encore et encore le même jeu. Tant que nous ne mettrons pas ces messieurs à genoux, tant que nous ne leur fermerons pas les yeux, nous ne pourrons attendre d’amélioration de la situation (applaudissements enthousiastes). Les derniers événements montrent une petite dose de bonapartisme. Jamais, notre régime de junkers prussien ne s’est aussi radicalement ridiculisé que ces derniers jours, lorsque l’assemblée des représentants de Prusse fut chassée comme un troupeau de moutons, et que deux sociaux-démocrates ont pu la domestiquer à tel point qu’elle en perdit et la vue et l’ouïe. La lutte sur le droit de vote recommença a éveiller l’intérêt du peuple. Il s’agissait donc de détourner l’attention du peuple, de faire résonner les tambours, d’enfouir  toute velléité de libération dans un océan de chauvinisme et de patriotisme. A la recherche depuis des mois d’un slogan unificateur contre la social-démocratie pour les prochaines élections, la demande de quelques feuilles des junkers et des capitalistes  de susciter des différends en politique extérieure pour créer un enthousiasme national pour les prochaines élections était bienvenue.. Les différences actuelles suscitées par l’affaire marocaine ne sont rien d’autre que la tentative de pouvoir tondre plus facilement le peuple.  Le gouvernement s’est cependant trompé dans cette affaire. Le Delcassé de 1911 est Mr Kiderlen-Wächter. Il a par cette manœuvre maladroit dressé tout le monde civilisé contre l’Allemagne. La France, la Russie, l’Angleterre, l’Espagne sont contre l’Allemagne. L’Italie a déjà fait son petit tour dans lors des négociations d’Algésiras et elle continuera à danser. Et même la fidélité si vantée des « Niebelungen » dont, en 1906, avait témoigné l’Autriche-Hongrie pour le gouvernement allemand, a disparu aujourd’hui, si bien que l’Allemagne se retrouve dans un « splendide » isolement. Nous nous retrouvons face à un monde d’ennemis, que nous devons au cliquetis des sabres de M. Kiderlen-Wächter.

 

L’orateur a ensuite évoqué en quelques mots l’attitude adoptée par le gouvernement impérial face aux limitations des armements proposées par d’autres Etats. Les déclarations de Bethmann Hollweg émises à cette occasion  ont lancé dans le monde un détonateur dangereux. Et maintenant, nous voyons le philosophe Bethmann Hollweg se draper dans la pose du démocrate. Ce même Bethmann Hollweg a donné à l’Alsace-Lorraine un système électoral démocratique, alors qu’il avait prétendu lors des débats sur le projet de loi électorale en Prusse, que le droit de vote universel, égal et direct conduirait au nivellement. Lorsque l’on prétend maintenant que la social-démocratie aurait poursuivi une politique de gouvernement, ceci est une expression inexacte. (Vifs applaudissements. Très juste !). D’où vient chez Bethmann Hollweg ce besoin de démocratisation de l’Alsace-Lorraine ? D’où vient cette décision d’ôter l’aiguille plantée dans le corps alsacien-lorrain. Bethmann Hollweg sait bien, qu’il serait bien plus difficile de mener une action contre la France avec une Alsace-Lorraine hostile plutôt que réconciliée. Il existe une forte présomption que l’attitude  du chancelier n’a d’autre but que de faciliter la continuation de l’expansion de la politique mondiale d’agression contre la France du gouvernement allemand.

 

Nous arrivons à la conclusion que le gouvernement allemande a joué un jeu léger avec les intérêts du peuple allemand, en essayant brusquement de poser son poing ganté d’acier sur le Maroc. (Vifs applaudissements). Mais nous sommes persuadés et le disons à nouveau, le Maroc ne vaut pas le sacrifice d’un seul ouvrier allemand (Vifs applaudissements). Nous ne participerons pas à cette politique du gouvernement allemand. (Applaudissements) Nous voulons mettre en jeu notre pouvoir, pour empêcher le gouvernement d’avancer sur la voie empruntée. Nous savons que nous sommes  d’accord en cela avec les autres partis sociaux-démocrates des autres pays. Nos camarades en France  n’ont pas hésité un instant à dénoncer la politique française d’expansion et de rapine, car il  ne s’agit de rien d’autre qu’une politique internationale d’expansion et de rapine. Nous avons un ennemi commun, c’est le capitalisme, la réaction capitaliste qui pèse tout particulièrement et si fortement sur l’Allemagne. Vaincre le capitalisme international est notre devoir le plus élevé. Mais il ne peut être vaincu que par le prolétariat international, qui face à l’exploitation internationale, voit que son ennemi ne connaît pas les frontières. (Exact !) Nous ne faisons qu’un avec nos frères travailleurs français, nous ne laisserons pas diviser (Vifs applaudissements) Nous voulons être un peuple unique de frères et ne jamais nous diviser dans quelque détresse et quelque danger que ce soit.

 

Le camarade Westmeyer, président de la réunion, prit la parole après que l’orateur a terminé son discours, pour expliquer que le gouvernement wurtembergeois n’ayant pas jugé utile de répondre à l’interpellation de la fraction social-démocrate du Landtag et refusé de donner une réponse au peuple, les 6000 présents aujourd’hui diront au gouvernement ce qu’ils pensent d’une telle politique. Nous ne voulons pas de massacre, nous tendons aussi une main fraternelle à nos frères de l’autre côté de la frontière. Nous voulons donner  notre sang et nos biens  pour maintenir notre civilisation mais nous ne voulons pas sacrifier notre corps pour des Mannesmann&Co. Il lit alors la résolution suivante :

« Les 6000 personnes réunies salle Dinkelacker le 15 juillet proteste avec force contre l’ingérence de l’Allemagne au Maroc, aventure coloniale légère et dangereuse, de nature à détériorer les relations entre l’Allemagne et la France, d’augmenter le poids de l’exploitation et de l’oppression des travailleurs et provoquer les horreurs d’une guerre mondiale. Elles condamnent avec la plus grande fermeté cette entreprise aventureuse, aussi parce qu’elle a été entreprise sans consultation et accord du côté du Reichstag, en  éliminant le Parlement et constitue de ce fait une fuite en avant du régime personnel. Les personnes rassemblées élèvent de ce fait la plus vive des protestations contre le mépris avec lequel a été répondu à l’interpellation du groupe social-démocrate du Landtag du Wurtemberg, de même que contre l’attitude des partis bourgeois, qui se sont rendus complices de nouveau du gouvernement et ont ainsi réduit l’importance de la représentation populaire. Les personnes rassemblées indiquent en accord avec les prolétaires conscients d’Allemagne et de France que pas un homme, pas un sou ne doit être donné pour cette aventure marocaine. Elles expriment leur conviction qu’il est du devoir de la classe ouvrière des deux pays de s’opposer avec tous les moyens à leur disposition à une guerre fratricide. 

L’assemblée considère l’intermède marocain au Maroc comme un fruit de la politique coloniale capitaliste. Derrière le mot d’ordre de la grande Allemagne, celle-ci cherche à prolonger l’existence de l’ordre capitaliste menacé par les antagonismes économiques et sociaux en élargissant à l’échelle internationale la sphère de l’exploitation et de l’oppression. Les bénéficiaires de cette politique coloniale sont de petites cliques d’exploiteurs, ceux qui en supportent la charge les larges masses exploitées. Elle est très consciente que la politique mondiale, caractérisée par le meurtre et le pillage veut de plus détourner l’attention des masses laborieuses de la politique nationaliste hostile au peuple et de ses conséquence inévitables, le militarisme et le marinisme, de même que le régime personnel. Les personnes rassemblées indiquent qu’elles maudissent de la manière la plus énergique et fondamentalement cette politique. Et lui opposent les exigences d’une grande politique de réforme et d’une démocratie  conséquente, qui n’est défendue en Allemagne que par la social-démocratie, et dont l’élément central est actuellement en Prusse la conquête du droit de vote universel, égal, secret et direct de tous les citoyens majeurs sans différence de sexe. »

L’imposante assemblée  a été alors close. Et les participants se séparèrent en entonnant une Marseillaise ouvrière.

Karl Liebknecht et l'impérialisme au Maroc - 1911 "Pour nous, le mot d’ordre de fait est « La lutte sur terre ! » et non « la paix sur terre ! "

Le Maroc et la classe ouvrière

 

Discours tenu à Göppingen le 13 août 1911. (Compte-rendu de presse. La traduction est en cours, ici le début du discours de Karl Liebknecht. Dominique Villaeys-Poirré, le 23 novembre 2021

 

La manifestation en faveur de la paix d’hier s’est transformée en une manifestation d’une ampleur et d’une détermination jamais vue à Göppingen. Des vagues et des vagues de participants ont afflué à partir de 13 heures dans le Schockenseegarten et sur les pelouses. Les travailleurs de Göppingen n’étaient pas les seuls à être apparus en masse, des travailleuses et travailleurs étaient venus en masse des vallées et collines environnantes. La foule -  hommes et femmes – occupait le jardin jusqu’au lac, elle se tenait au coude à coude malgré le soleil de plomb impitoyable régnant sur la pelouse non ombragée. La foule était estimée à environ 5000 personnes. Mais le prolétariat n’était pas seul à la manifestation. Le parquet manifestait lui aussi, pas en la personne du procureur général, contre lequel le « Reichspost » s’était déchaîné, mais un auxiliaire de police et un quelconque agent de la police secrète assuraient cette fois la « surveillance » de la réunion.

 

A deux heures vingt, le Président ouvrit le meeting. Vous savez tous, a-t-il expliqué qu’un vent de tempête guerrière souffle actuellement sur toutes les villes et les districts. Nous nous sommes réunis aujourd’hui pour protester énergiquement contre la guerre, les massacres, contre l’impérialisme.

Nous savons, que cette année on entend dire du haut des chaires de l’ensemble du monde civilisé les mots : "Nous voulons faire régner la paix sur terre !" Et c’est pourquoi nous protestons aujourd’hui de toutes nos forces contre les machinations de notre gouvernement et contre la classe dominante, à l’origine de l’incitation à la guerre. (Applaudissements)

Le président a ensuite donné la parole au Dr Karl Liebknecht, qui, à son arrivée, a été accueilli par des tonnerres d’applaudissements, sur le thème :

 

Le Maroc et la classe ouvrière.

 

Lorsque nous parlons de la “Paix sur la terre!”, nous l’entendons de manière différente que ces curés qui ont l’habitude de prêcher cela de manière hypocrite du haut de leur chaire. Nous ne sommes pas un parti de la paix dans le sens  où nous souhaiterions que l’humanité toute entière, dans l’état actuel des choses, soit composée exclusivement de gentilles petites sœurs, assises ensemble, buvant du café et mangeant des gâteaux. Nous savons bien au contraire qu’il n’y a pas de salut à notre époque en dehors de la lutte.  Pour nous, le mot d’ordre de fait est « La lutte sur terre ! » et non « la paix sur terre ! » Mais la lutte que nous voulons mener, elle doit être et elle est un combat pour le bien de tous ; c’est le combat pour la libération de l’humanité des chaînes de l’exploitation capitaliste et des entraves de l’oppression politique.

 

Ce combat n’est mené que par notre parti et il est mené vers différentes directions. Nous luttons dans les différentes occasions contre les divers excès de l’ordre social actuel. L’un d’eux est la politique coloniale, l’impérialisme qui marque notre époque. Cet impérialisme qui est certainement l’un des traits les plus caractéristiques et les plus importants de notre époque.

Ce n’est pas par l’effet du hasard, ce n’est pas du fait de la volonté de quelque individu insouciant et borné, que la société actuelle a été entraînée par le maelstrom du militarisme, vers le maelstrom de l’impérialisme et du marinisme et que la politique mondiale est devenue aujourd’hui le mot d’ordre de la politique de tous nos États capitalistes. C’est un effet du caractère capitaliste de notre ordre social.

 

Le capitalisme a ceci de particulier – et c’est ce qui caractérise sa nature – qu’il place les moyens d’acquérir des biens, dans les mains de quelques individus appartenant à une classe réduite de la société, qui se sont emparés ainsi du pouvoir sur le grandes masses de la population, que c’est de ce fait entre les mains de ces individus que vont le produit principal et les profits né de tout le travail accompli sur terre, et que ces petits cercles accumulent des richesses qui dépassent ce que l’être humain a pu imaginer. Tous les fantasmes des Mille et une nuits ne sont rien comparés aux richesses fabuleuses qui se trouvent dans les mains des rois, empereurs et tsars de la classe capitalistes. A ces richesses d’une part s’oppose de l’autre la misère noire des grandes masses de la population. 

 

Mais de par sa nature, le capitalisme n’est pas en mesure de distribuer le surplus de richesses qu’il produit à ceux qui dans le propre pays en ont le plus besoin, à ceux qui ont faim et soif et qui n’ont pas de quoi couvrir leur nudité, le capitalisme est avide de profits et ne peut rien offrir tant qu’il reste capitalisme, et parce qu’ils ne veut rien donner, il laisse les pauvres de son pays, qui ne peuvent pas payer, mourir de faim et de soif et aller dans leur nudité, et il utilise les biens excédentaires, qu’il s’est appropriés, hors de ses frontières, pour rechercher de l’autre côté des frontières les opportunités de faire de nouveaux profits et d’entasser des richesses de plus en plus haut – jusqu’à ce que finalement les différentes couches capitalistes des différents États se heurtent les unes aux autres et n’aient plus d’espace entre eux sur terre, si bien qu’ils en viennent à se couper mutuellement l’herbe sous les pieds. Ils se battent alors pour de nouveaux territoires pour leurs débouchés, pour des territoires particulièrement fertiles et dotés en ressources naturelles. Ils combattent brutalement les peuples primitifs. La vie et le moteur de la vie du capitalisme, c’est le profit. Écoutez comme partout à notre époque résonne l’appel au butin, l’appel vers les possessions coloniales. L’Allemagne est entrée dans le cercle des États coloniaux, et après que dans les différents coins du monde et aux confins de la terre déjà, des conflits ont éclaté entre les différentes puissances occidentales impérialiste, après que nous en avons terminé avec l’aventure chinoise, et après que des conflits particulièrement violents se sont produits en Afrique, maintenant, et depuis de longues années, se retrouve au centre de ces conflits africains, le Maroc, un pays qui, au sens colonial, est l’un des plus prometteurs que l’Afrique possède.

Il n’est donc pas étonnant que les différents Etats capitaliste aient leurs yeux justement rivés sur le Maroc ...

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25 novembre 2021 4 25 /11 /novembre /2021 11:45
LE POINT DU JOUR, 58 rue Gay-Lussac, 75005 Paris - Tel: 06 41 59 71 72 - Mail: librairie-lpj@wanadoo.fr

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Karl Liebknecht

(écrits en français)

Internationale communiste des jeunes, Liebknecht, Lénine, Trotsky. Contre le militarisme bourgeois ! Contre le pacifisme ! Pour l’armement du prolétariat !, Librairie de l’Avant-garde, Cahier de propagande n° 2, 1921, 40 p.

[Le texte original de l’article de Liebknecht est paru dans Jugend Internationale, n° 1 et 2, 1915.]

Karl Liebknecht, Lettres du front et de la geôle : 1916-1918, préf. Franz Pfemfert, trad. Francis Treat et Paul Vaillant-Couturier, notice par Georges Cogniot sur le procès intenté à l’auteur en 1916, Librairie de l’Humanité, 1924, XXXVI-206 p. Nouv. éd. (reprod. en fac-similé), Éd. du Sandre, coll. Bibliothèque rouge, 2007, XXXVI-203 p.

Spartacus et la commune de Berlin, 1918-1919, Le congrès de Spartacus, Discours sur le programme, Testaments politiques de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht, textes réunis, trad. et présent. André et Dori Prudhommeaux, Spartacus, coll. Cahiers mensuels, 1949, 127 p. [Nouv. éd. en 1972 et 1977.]

Karl Liebknecht, Militarisme, guerre, révolution, choix de textes et présent. Claudie Weill, trad. de l’allemand Marcel Ollivier, F. Maspero, coll. Bibliothèque socialiste, 1970, 271 p.

Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, "À bas la guerre ! À bas le gouvernement !", trad. de l’allemand Cécile Denis, Éd. de l’Épervier, coll. Les Grands combats de la liberté, 2011, 94 p.

Lénine, Karl Liebknecht, Rosa Luxemburg et al., L’ennemi principal est dans notre pays : l’opposition à la guerre impérialiste, 1914-1916, choix de textes et présent. Rémi Adam, Les Bons caractères, coll. Classiques, 2014, 258 p.

 

Sur internet :

« D’où viendra la paix ? », Le Socialisme, 2 novembre 1912 [lettre du 19 octobre 1912 à J. Guesde, à lire sur https://www.marxists.org/francais/liebknec/1912/11/liebknecht_19121102.htm]

Discours à Condé-sur-l’Escaut le 12 juillet 1914 [à lire sur http://www.critique-sociale.info/975/discours-de-karl-liebknecht-le-12-juillet-1914-a-conde-sur-lescaut/]

Déclaration au Reichstag contre le vote des crédits de guerre [déclaration du 2 décembre 1914, extrait des annexes de l’ouvrage Le mouvement ouvrier pendant la guerre : de l’union sacrée à Zimmerwald d’Alfred Rosmer, Librairie du travail, 1936, p. 510-511, à lire sur https://www.marxists.org/francais/liebknec/1914/dec/02a.htm]

Lettre à la Conférence de Zimmerwald [extrait des annexes de l’ouvrage Le mouvement ouvrier pendant la guerre : de l’union sacrée à Zimmerwald d’Alfred Rosmer, Librairie du travail, 1936, p. 552-553, à lire sur https://www.marxists.org/francais/liebknec/1915/zimmerw.htm]

L’ennemi principal est dans notre pays [tract de mai 1915, à lire sur https://www.marxists.org/francais/liebknec/1915/liebknecht_19150500.htm]

« Malgré tout », Die Rote Fahne, 15 janvier 1919 [le dernier article de Karl Liebknecht, à lire sur https://www.marxists.org/francais/liebknec/1919/01//liebknecht_19190115.htm]

 

Filmographie :

Günter Reisch (réalisateur), Karl Liebknecht. Partie I : Solange Leben in mir ist. Partie II : Trotz alledem !, RDA, 1965 et 1972, 114 et 125 mn.

 

 

 

 

 

Bibliographie établie par la librairie Le point du jour (Paris)

Librairie LE POINT DU JOUR,

58 rue Gay-Lussac, 75005 Paris -

Tel: 06 41 59 71 72 -

Mail: librairie-lpj@wanadoo.fr

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23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 17:11
Les textes de Karl Liebknecht en français (2) sur comprendre-avec-rosa-luxemburg

Textes de Karl Liebknecht sur comprendre-avec-rosa-luxemburg par ordre chronologique

 

21.09.1899 Communisme et droit des femmes (inédit en français)

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2021/10/le-premier-discours-connu-de-karl-liebknecht-le-communisme-et-les-droits-des-femmes-dans-l-histoire-du-developpement-de-l-humanite.i

 

1900 Discours sur la politique mondiale (inédit en français)

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2021/08/pour-le-150e-anniversaire-de-la-naissance-de-karl-liebknecht-un-2eme-inedit-sur-le-net-en-francais-discours-sur-la-politique-mondial

 

11 octobre 1900 Discours « la croisade des Huns » (inédit en français)

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2021/08/pour-le-150e-anniversaire-de-la-naissance-de-karl-liebknecht-un-inedit-sur-le-net-en-francais-compte-rendu-d-un-de-ses-premiers-disc

 

20.09.1904 Pour la grève de masse, discours au Congrès de Brême (Transcrit de maspero pour le net))

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2021/10/karl-liebknecht-pour-la-greve-de-masse.discours-au-congres-de-breme-1904.html

 

22.09.1905 La grève de masse, le moyen spécifique de lutte du prolétariat (inédit en français)

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2021/11/karl-liebknecht-1905.la-greve-de-masse-le-moyen-specifique-de-lutte-du-proletariat.html

 

12.12.1905 La grève politique de masse, une nouvelle arme du prolétariat (inédit en français)

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2021/11/karl-liebknecht-12.12.1905.la-greve-politique-de-masses-une-nouvelle-arme-du-proletariat.html

 

1907 Extraits de « Militarisme et antimilitarisme »

Le prolétariat et la guerre

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2021/10/1907.karl-liebknecht-extrait-de-la-brochure-militarisme-et-antimilitarisme.le-proletariat-et-la-guerre.html

Lutte de classe contre le militarisme

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2021/08/militarisme-et-antimilitarisme-un-combat-et-un-ecrit-majeur.une-semaine-avec-karl-liebknect-pour-le-150e-anniversaire-de-sa-naissanc

 

1907 Au congrès du SPD, sur le colonialisme (inédit en français)

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2020/12/1907.liebknecht-et-pourquoi-devrions-nous-accoler-ce-terme-politique-coloniale-abject-et-sanglant-au-mot-sacre-de-social-democratie

 

1910  L’action de Karl Liebknecht au Conseil municipal de Berlin et aux Congrès de Magdebourg et Copenhague (Liste établie en français  pour le blog)

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2021/11/1910.de-son-action-comme-elu-au-conseil-municipal-de-berlin-a-ses-interventions-aux-congres-de-copenhague-et-de-magdebourg.html

 

Octobre 1912 « D’où viendra la paix ?»

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2021/10/1912.d-ou-viendra-la-paix-un-des-textes-les-plus-connus-de-karl-liebknecht.le-capitalisme-est-la-guerre.html

 

18 avril 1913 Karl Liebknecht contre Krupp (inédit en français)

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2021/09/karl-liebknecht-contre-krupp.le-courage-du-depute-liebknecht.html

 

Juillet 1914 Discours de Condé sur l’Escault

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2021/08/karl-liebknecht-a-conde-sur-l-escaut.une-semaine-avec-karl-liebknecht-pour-le-150e-anniverssaire-de-sa-naissance.html

 

1914 Contre les emprunts de guerre

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2021/08/un-depute-arrache-ses-notes-a-l-orateur-et-les-jette-a-terre-le-courage-du-depute-liebknecht-debats-sur-les-emprunts-de-guerre-avril

 

2 décembre 1914 Refus du renouvellement des crédits de guerre

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2020/03/refus-du-vote-des-credits-de-guerre.declaration-de-karl-liebknecht-au-reichstag-le-2-decembre-1914.html

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/article-declaration-de-karl-liebknecht-au-reichstag-je-refuse-les-credits-militaires-demandes-61119825.html

 

9 mars 1915 Discours au Reichstag sur l’arrestation de Rosa Luxemburg

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2016/05/discours-de-karl-liebknecht-le-9-mars-1915-apres-l-arrestation-de-rosa-luxemburg.html

 

 

Avril à octobre  1915 Des lettres du front

 

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2021/09/karl-liebknecht-je-ne-puis-souffrir-l-heure-du-midi-une-aurore-un-couchant-que-telle-soit-ma-journee.lettres-du-front-et-8

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2021/09/karl-liebknecht-je-ne-tirerai-pas.lettre-du-front-et-de-la-geole.lettres-du-front-2eme-partie.html

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2021/09/karl-liebknecht.lettre-du-front-et-de-la-geole-3e-partie.t-puis-ce-fut-le-travail-du-cimetiere.en-pleine-nuit-noire-les-etoiles-disp

 

2 septembre 1915 Pour Zimmerwald

 

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2015/09/karl-liebknecht-le-2-septembre-2015-lettre-adressee-pour-la-la-conference-de-zimmerwald-en-contre-point-a-rosa-luxemburg.html

 

 

28 avril 1916 Liebknecht agressé au Reichstag lors de son discours sur les emprunts de guerre

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2021/08/un-depute-arrache-ses-notes-a-l-orateur-et-les-jette-a-terre-le-courage-du-depute-liebknecht-debats-sur-les-emprunts-de-guerre-avril

 

9 novembre 1918. Karl Liebknecht proclame la libre République socialiste d’Allemagne

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2021/11/karl-liebknecht-proclame-la-republique-socialiste-libre-d-allemagne-9-novembre-1918.chaque-mot-est-important-l-adjectif-libre-la-men

 

15 janvier 1919 Son dernier article

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2019/01/le-dernier-texte-de-karl-liebknecht-trotz-alledem-15.januar-1919.html

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2021/08/pour-le-150e-anniversaire-de-sa-naissance-le-13-aout-1871-en-hommage-a-son-action-sur-le-blog-une-semaine-avec-karl-liebknecht.html

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22 novembre 2021 1 22 /11 /novembre /2021 10:46
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19 novembre 2021 5 19 /11 /novembre /2021 11:12

Pour avoir accès aux textes en allemand de Karl Liebknecht, un site est incontournable : Sozialistische Klassiker. Ci-dessous l'accès par dates.

Les textes de Karl Liebknecht (en allemand) sur le site Sozialistische Klassiker.

Karl Liebknecht

chronologisch

 
1900 1902 1903 1904 1905 1906 1907 1908 1909 1910 1911 1912 1913 1914 1915 1916 1917 1918 1919
Les textes de Karl Liebknecht (en allemand) sur le site Sozialistische Klassiker.
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16 novembre 2021 2 16 /11 /novembre /2021 15:33
1910. De son action comme élu à la Chambre des représentants de Prusse à ses interventions aux Congrès de Copenhague et de Magdebourg.

L'année 1910 est marquée pour Karl Liebknecht par ses interventions nombreuses au Parlement de Prusse où il a été élu alors qu'il effectuait encore une peine de 18 mois de prison suite à la publication de son écrit "Militarisme et antimilitarisme". Et le Congrès du parti social-démocrate de Magdebourg.

Ses interventions concernent essentiellement, les budgets,  la justice de classe, la police et le militarisme, l'endoctrinement de la jeunesse, la culture, les droits économiques des plus faibles, le système électoral, tous thèmes qui parcourent toute son action.

 

07.02.1910. Contre la justice de classe prussienne (Discours à la Chambre des représentants de Prusse à propos du budget de la justice).

12.02.1910. En avant ! Éditorial du Märkische Volksstimme.             

21.02.1910. Contre l’utilisation par les employeurs de l'attestation de travail (Discours à la Chambre des représentants de Prusse)                         

23.02.1910. Police et armée – Dernières armes de la politique intérieure prussienne (Discours à la Chambre des représentants de Prusse à propos du budget du ministère de l’Intérieur)

23.02.1910. La réaction prussienne et la volonté du peuple (Compte rendu d’un discours à Nowawes)                         

Nowawes

Nowawes

26 et 28.02.1910. L’action de la police en Prusse (Discours à la Chambre des représentants de Prusse à propos du budget du ministère de l’Intérieur)                                                                                 

14 et 16.03.1910. Le combat contre le système électoral à trois classes (Discours à la Chambre des représentants de Prusse à propos de la deuxième et troisième lecture du projet de loi sur le système électoral)    

Les 21, 22, 23 avril 1910. Contre l’éducation militaire et monarchiste de la jeunesse (Discours à la Chambre des représentants de Prusse à propos du budget de la culture)                                                      

25.04.1910. Pour la liberté de la science (Discours à la Chambre des représentants de Prusse à propos du budget de la culture)                

28.04.1910. Art et science pour le peuple (Discours à la Chambre des représentants de Prusse à propos du budget de la culture)              

05.05.1910. Contre l'arbitraire policier en Prusse (Discours à la Chambre des représentants de Prusse sur le budget du Ministère de l’Intérieur)     

20.05.1910 – 10.08.1910 - 24.08.1910. Le dimanche sanglant de Halle (Comptes rendus des procès contre des manifestants pour le droit électoral à Halle)                                                                

24.05.1910. La loi sur la presse – une loi contre-révolutionnaire (Discours à la Chambre des représentants de Prusse justifiant la requête social-démocrate )                                                                   

24.05 et 02.06.1910. Pour la suppression du paragraphe sur le vagabondage (Concernant  la motion du parti social-démocrate)                                                                                                            

02 .06.1910. Mêmes frères – mêmes habits (Requête personnelle contre la tolérance de la présence d’agents  et policiers tsaristes en Allemagne)        

04.06.1910. Pour une prison sur des bases sociales – contre la concurrence du  travail pénitentiaire (Discours à la Chambre des représentants de Prusse à propos d’une requête du Parti conservateur)  

06.06.1910. Pour une liberté d'action politique des fonctionnaires prussiens (Discours à la Chambre des représentants de Prusse à propos d’une requête du Fortschriftliche Volkspartei concernant la nouvelle réglementation légale du droit des fonctionnaires)  

06.06.1910.  Contre l'arbitraire de l’administration prussienne (Discours en relation avec la requête social-démocrate)   

13.06.1910. Pour la liberté politique des étudiants  (A propos d'une requête du Fortschriftliche Volkspartei)

14.06.1910. L'ordonnance qui réglemente le travail des domestiques et ouvriers agricoles doit être abrogée (Discours à la Chambre des représentants de Prusse à propos de plusieurs pétitions concernant les lois sur le travail domestique)                                                            

https://st.museum-digital.de/index.php?t=objekt&oges=38139

https://st.museum-digital.de/index.php?t=objekt&oges=38139

15.06.1910. Contre l'application de la loi sur les associations du Reich en Prusse (Discours à la Chambre des représentants de Prusse, sur une motion social-démocrate pour l'abrogation du paragraphe sur les langues et la facilitation du droit de réunion)                                                                                               

 

29.06.1910. La jurisprudence prussienne et les restaurateurs (Compte rendu du discours prononcé lors de la 5eme journée de l’Association des restaurateurs et débitants de boissons indépendants à Berlin)                          

14.08.1910. Avant le Congrès de Magdebourg (Discours électoral de la circonscription Postdam-Spandau-Osthavelland)                                               

4/5.09.1910. Deuxième conférence internationale des organisations de jeunesse, Copenhague           

            . Le militarisme

                        . Extrait d’un article sur le déroulement

                        . Thèses

Du 18 au 24 septembre 1910. Congrès de Magdebourg

           .  Pour l’unité et la cohésion du parti

            . Contre la réaction tsariste et borussienne

23.09.1910 Combat pour le système électoral et la grève de masse                                                   

14.10.1910 et 02.12.1910. Karl Liebknecht aux USA                                                               

1910. De son action comme élu à la Chambre des représentants de Prusse à ses interventions aux Congrès de Copenhague et de Magdebourg.

15.12.1910. Quelques remarques sur le voyage aux Etats-Unis                  

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5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 14:03
La description se trouve dans le Vösissche Zeitung du 10 novembre 1918 disponible sur le net

La description se trouve dans le Vösissche Zeitung du 10 novembre 1918 disponible sur le net

Le 9 novembre 1918, Karl Liebknecht proclame La libre République d'Allemagne. Chaque mot est important, l'adjectif libre, la mention d'Allemagne et non allemande (comme sera créé le 31 décembre le parti communiste d'Allemagne et non allemand). C'est important la notion de liberté comme est importante la mention d'Allemagne et non allemande pour l'Internationaliste qu'était Karl Liebknecht. C'est une des plus belles proclamations de la République.

A titre d'information et pour comparer, la déclaration de Scheidemann qui proclame lui la république allemande et le fait en toute hâte deux heures avant Karl Liebknecht et son courant.

Karl LIEBKNECHT proclame la République socialiste libre d’Allemagne (novembre 1918)

 

« Camarades, voici l’aube de notre liberté. Jamais un Hohenzollern* ne mettra plus le pied ici. Ce sont les esprits de millions de personnes qui ont donné leur vie pour la cause sacrée du prolétariat. Avec les crânes brisés, baignant dans leur sang, ces victimes de la tyrannie ont titubé, suivies par les esprits de millions de femmes et d’enfants morts de chagrin et de misère pour la cause du prolétariat. Après eux sont venus les millions de victimes de cette guerre mondiale. Aujourd’hui, une multitude immense de prolétaires impassibles se tient sur la même place, rendant hommage à cette nouvelle liberté. Camarades, je proclame la République socialiste allemande libre qui réunira tous les Allemands dans laquelle il n’y aura plus de bourgeoisie, ni de chefs, ni de serviteurs ; dans laquelle tout travailleur recevra un salaire juste pour son travail. Le règne du capitalisme qui a transformé le continent européen en un marais de sang est brisé. […] Mais si le vieux monde est abattu, nous ne devons pas croire que notre tâche est achevée. Nous devons concentrer toutes nos forces pour construire le gouvernement des ouvriers et des soldats, et pour instaurer un nouvel ordre étatique du prolétariat, un ordre de paix, de bonheur et de liberté pour tous nos frères allemands et pour nos frères du monde entier. Nous leur tendons la main et les appelons à achever la révolution mondiale. Que ceux d’entre vous qui veulent voir réalisées la République socialiste libre d’Allemagne et la révolution mondiale lèvent la main en guise de serment. (Toutes les mains se lèvent et des cris fusent : vive la République !) […] »

Karl LIEBKNECHT, Gesammelte Reden und Schriften (Recueil de textes et discours), Dietz Verlag, 1971.

http://devemyhg.lycee-darchicourt.net/karl-liebknecht-proclame-la-republique-socialiste-libre-dallemagne-novembre-1918/

 

 

La déclaration est réfléchie et construite. Elle s'appuie sur ses réflexions tout au long de la guerre et depuis le début de la révolution.

Ce même 9 novembre, il avait été pressenti pour participer au gouvernement par les sociaux-démocrates majoritaires. Refusant d'abord, il avait ensuite accepté jusqu'à la signature de l'armistice mais aux conditions suivantes :

1. L'Allemagne doit être une république socialiste

2. Le pouvoir exécutif, législatif, juridictionnel doit être exclusivement confié aux représentants élus de l'ensemble de la population des travailleurs et des soldats

3. Exclusiondu  de tous les membres bourgeois du gouvernement

4. La participation des sociaux-démocrates indépendants vaut pour trois jours pour permettre un gouvernement en mesure de conclure un armistice

5. Les ministres n'ont qu'une fonction d'aide technique aux différents cabinets en charge des décisions

6. Egalité des droits des deux dirigeants du cabinet

Ces conditions ont été rejetées. Ce qui conduisit Karl Liebknecht à la proclamation de la république socialiste sur ces bases.

Karl LIEBKNECHT, Gesammelte Reden und Schriften (Recueil de textes et discours), Dietz Verlag, 1971. P. 593

La déclaration de Philip Scheidemann

 

La déclaration du responsable des sociaux-démocrates majoritaires a une histoire complexe et significative, tant concernant le contenu que la photographie et le son.

La véritable photographie de la proclamation par ScheidemannLa véritable photographie de la proclamation par Scheidemann

La véritable photographie de la proclamation par Scheidemann

La déclaration de Scheidemann qui est largement diffusée est en fait celle qui figure dans son livre rédigé en 1928. Il existe un compte-rendu sténographié qui peut être considéré comme authentique.

 

Le compte-rendu sténographique :

"Le peuple allemand a vaincu sur toute la ligne. L'ancien ordre putréfié a disparu; le militarisme est vaincu! Les Hohenzollern ont abdiqué! Vive la République. Une deuxième partie indique que Ebert est devenu chancelier

 

 

 

La déclaration réécrite par Philip Scheidemann en 1928

 

«Ouvriers et soldats! Les quatre années de guerre ont été horribles, horribles les sacrifices que le peuple a dû faire en biens et en sang; la malheureuse guerre est finie. Le meurtre est terminé.

Les conséquences de la guerre, les besoins et les souffrances nous accableront pendant de nombreuses années. La défaite que nous nous sommes efforcés d'éviter, en toutes circonstances, s'est abattue sur nous. Nos suggestions concernant une entente ont été sabotées, nous avons personnellement été ridiculisés et ignorés. Les ennemis de la classe ouvrière, les vrais ennemis intérieurs qui sont responsables de l'effondrement de l'Allemagne, ils sont devenus silencieux et invisibles. C'étaient les guerriers de la maison, qui ont maintenu leurs revendications de conquête jusqu'à hier, aussi obstinés qu'ils ont combattu la lutte contre toute réforme de la constitution et surtout du déplorable système électoral prussien.

Ces ennemis du peuple sont finis pour toujours. Le Kaiser a abdiqué. Lui et ses amis ont disparu. le peuple les a tous conquis, dans tous les domaines. Le prince Max von Baden a confié à Ebert le poste de chancelier du Reich. Notre ami formera un nouveau gouvernement composé de travailleurs de tous les partis socialistes.

La proclamation rejouée

La proclamation rejouée

Il en est de même pour les photographies. la photographie d'origine a été prise par un amateur, très petite et floue. Une autre photo est plus souvent utilisée, mais reconstitue la proclamation 10 ans après.

 

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1 novembre 2021 1 01 /11 /novembre /2021 21:16

C'est le troisième document consacré à la grève de masse dans cette première période de ses engagements par Karl Liebknecht. Il s'agit du compte-rendu d'un discours tenu à Leipzig aux lendemains du Congrès de Iéna qui vit la grève de masse devenir un des sujets majeurs des discussions et interventions. Dans ce texte, Liebknecht s'inscrit dans la discussion sur les liens parti/syndicats après qu'au congrès syndical de Cologne le réformisme syndical a pris des formes extrêmes. Il fait référence aussi aux grandes manifestations ouvrières de 1905 répondant aux tentatives d'atteinte au droit de vote au parlement de Saxe.

Leipziger Volkszeitung, 12.12.1905, Page 2

Leipziger Volkszeitung, 12.12.1905, Page 2

La grève politique – une nouvelle arme du prolétariat, Compte-rendu d’un discours tenu à Leipzig le 12 décembre 1905

Traduction Dominique Villaeys-Poirré, 02.11.2021. Merci pour toute amélioration de la traduction

 

Ce qui a déclenché les vifs débats sur la relation entre parti et syndicats, est l’état d’esprit qui s’est développé depuis quelques temps dans les syndicats, et qui doit être considéré comme inquiétant pour les syndicats eux-mêmes. C’est un état d’esprit qui témoigne de la conception la plus étroite de la politique, une conception qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez et contre lequel le camarade von Elm a mis en garde. Lors du Congrès syndical de Cologne, on a pu voir des phénomènes très regrettables. On y a tenu des discours tellement superficiels sur les questions économiques et politiques, comme ceux sur le 1e mai et sur la grève de masse politique, qu’ils ont suscité de toute part l’étonnement. L’expression du calme dont on aurait besoin les syndicats est aussi très préoccupante.

Ce qui est réjouissant, c’est que la masse des travailleurs organisés dans les syndicats a désavoué ses dirigeants et s’est déclaré clairement contre une telle conception du mouvement syndical. Nous devons nous demander comment de telles conceptions ont bien pu naître, et ce chez des gens dont l’esprit par rapport au parti est irréprochable. Cela vient du fait que les syndicats ne s’appuient plus que sur la quantité et non sur la qualité de leurs membres. Que l’on nous laisse rassembler encore des millions d’adhérents et nous ferons ce que vous définissez déjà comme les tâches des syndicats. – Mais on oublie par là que la force des syndicats ne dépend pas tant de la quantité mais de la qualité des membres. Les structures de soutien sont présentées aussi à de nombreuses reprises comme la raison qui explique la disparition du caractère de lutte de classes des syndicats. Selon l’avis de l’orateur, ceci est une erreur. En ce qui concerne les structures de soutien, il ne s’agit pas de savoir si elles doivent exister mais seulement ce qu’elles  doivent être et dans quelle mesure.

On a aussi vu dans le bureaucratisme qui s’est développé si fortement ces derniers temps au sein du mouvement syndical, une raison pour l’affaiblissement du caractère de lutte de classe du syndicat. Tous ces phénomènes ne doivent en aucun cas être considérés avec scepticisme. En Allemagne, nous ne devons pas nous soucier d’un possible recul du combat de classe ; La justice allemande se charge déjà de l’empêcher. La politique impériale poursuivie aujourd’hui, non seulement ne mène pas à l’apaisement de la lutte des classes, mais bien au contraire la rend de toutes les manières plus aigue.

Chaque jour, la “jurisprudence” enseigne clairement au prolétariat qu’il est inférieur en droit aux autres classes de la population.

Cependant, jamais une situation politique n’avait été aussi favorable à l’éveil du prolétariat à la lutte des classes qu’aujourd’hui.

L’ensemble du prolétariat est mobilisé. Les vagues de la révolution russe, du mouvement pour le droit électoral en Autriche s’étendent aussi vers l’Allemagne.

Ce qui va intensifier principalement en Allemagne la lutte des classes, ce sont les nouvelles charges inouïes que l’on va faire peser sur le peuple pour satisfaire les exigences navales.

A tout cela viennent s’ajouter ensuite les décisions judiciaires dans les affaires de grève. Si déjà chaque pauvre hère, qui se retrouve sur le banc des accusés, se dit : tu n’as pas à espérer de mansuétude, alors  pour les fauteurs de grève, la justice se présente réellement encore plus mal. Lors des grèves importantes, les accusations et procès pleuvent, parmi eux, des accusations d’atteinte à la paix civile, qui ne laissent plus aucun répit aux travailleurs. Ce qui relève pour les étudiants révoltés et les techniciens de bêtises grossières, relève pour les grévistes des paragraphes de loi sur la menace de la paix civile et se conclut par des dizaines d’années de peines de prison.  

Vous savez ce qu’il en est en Saxe. Ce que l’esprit policier étroit et mesquin de la réaction saxonne a tenté pour nuire aux travailleurs comme  le vol des droits électoraux et autres freins imposés à leur action, trouve maintenant son expression  comme le fruit d’un puissant mouvement populaire. Si la voie n’est pas dégagée, l’anneau dans lequel le peuple a été enserré, doit être brisé

C’est déjà une honte de claquer la porte du parlement au nez d’une classe ouvrière culturellement si avancée comme l’est la classe ouvrière saxonne. Mais c’est une impudence encore plus grande que de penser que les travailleurs vont l’accepter sur le long terme.

La tâche commune des syndicats et du parti est d’éduquer les travailleurs à devenir des combattants de classe conscients et de mener ensemble de telles actions, ce à quoi chacune des partie est intéressée ; cela rend le mouvement lui-même invincible. Les classes dirigeantes pourront bien dire alors qu’elles ont encore le pouvoir, et qu’elles peuvent inverser la roue de l’histoire mondiale en soumettant la classe ouvrière par la coercition ; elles ne réussiront pas, et bien au contraire, elles rapprocheront par cela d’autant plus vite leur chute.

Avec la grève de masse politique, le prolétariat s’est approprié une nouvelle arme dans son arsenal qu’il utilisera le moment venu. Est-ce qu’il faut utiliser la grève de masse pour la conquête du droit de vote en Saxe, impossible de le dire pour le moment. Je crains cependant que le temps n’est plus éloigné où le prolétariat exigera avec insistance les droits qu’on lui a volés, l’heure décisive alors ne tardera pas. Il ne sera plus alors question de séparation entre parti et syndicats. Le but commun, l’ennemi commun les unira. Alors, en Saxe, en Prusse, dans toute l’Allemagne, la dernière petite heure de l’oppression et de la servitude sonnera. (Applaudissements vis et soutenus)

 

Source :

 

[Leipziger Volkszeitung, Nr. 287 du 12. Dezember 1905. Karl Liebknecht, Gesammelte Reden und Schriften, tome 1, P. 162-165] https://sites.google.com/site/sozialistischeklassiker2punkt0/liebknecht/1905/karl-liebknecht-der-politische-massenstreik---eine-neue-waffe-des-proletariats.

 

Eléments bibliograhiques (en cours) :

 

Wahlrechtskämpfe in Sachsen nach 1896 : https://retallack.faculty.history.utoronto.ca/Retallack_Wahlrechtskaempfe_DH80_2004.pdf

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31 octobre 2021 7 31 /10 /octobre /2021 19:46
Karl Liebknecht, 22.09.1905. La grève de masse – le moyen de lutte spécifique du prolétariat

La révolution éclate en Russie. Elle commence par des grandes grèves décidées par le prolétariat. En Allemagne aussi, la grève s'étend, en particulier dans la Ruhr. Cela enflamme la discussion sur la grève de masse au sein du parti social-démocrate d'Allemagne. Rosa Luxemburg intervient dans le débat, et aussi Karl Liebknecht. Leur proximité apparaît dès cette époque bien qu'ils ne lutteront ensemble qu'après août 1914. Une résolution présentée par Bebel est acceptée. Ce texte est le deuxième consacré à la grève de masse. Il est inédit en français

Au Congrès de Iéna. Liebknecht est au dernier rang à droite.

Au Congrès de Iéna. Liebknecht est au dernier rang à droite.

1905 La grève de masse – le moyen de lutte spécifique du prolétariat  - Intervention au Congrès de Iéna dans la discussion sur la grève de masse.

 

Protocole du Congrès du Parti social-démocrate d’Allemagne. Iéna du 17 au 23 septembre 1905, Berlin 1905, P. 326 et suivantes. Reproduit dans les "Discours et écrits", tome 1, P 159-161 - Intervention lors de la discussion sur le thème de la grève de masse politique.

Traduction, Dominique Vilillaeys-Poirré, 2 novembre 2021. Merci pour toute amélioration de la traduction.

 

Les élections de 1903 ont dans une certaine mesure précipité vers  la mort le parlementarisme formel. La social-démocratie, dont l’organisation et les campagnes d’agitation en Allemagne se sont depuis toujours essentiellement liées au  parlementarisme et aux élections législatives, a de plus en plus dû se rendre à l’évidence que l’espoir, existant malgré tout dans de larges cercles, d’obtenir des résultats significatifs par les succès électoraux, était trompeur. On constate que malgré les succès électoraux importants, tout est resté comme avant. C’est ainsi que s’explique le changement d’atmosphère, que l’on soit devenu plus sensible aux actions extraparlementaires, comme le 1er mai, que l’on recherche de nouveaux moyens d’action extraparlementaires et que la grève générale trouve de plus en plus de partisans. Bien sûr la révolution russe y a aussi contribué et éveillé à nouveau la compréhension face à l’évolution catastrophique de la situation.

 

Il est complètement inexact de dire que faire la différence entre grève générale et grève de masse serait spécieuse. La première veut se substituer au combat parlementaire, la seconde en premier lieu le rendre possible en lui donnant un fondement solide, mais de plus constituer un moyen de lutte extraparlementaire indépendant pour protéger et gagner des droits essentiels. C’est là une différence fondamentale.

 

Legien dit que nous devrions dans certaines circonstances d’ailleurs remettre nos armes à l’épaule. Mais nous n’avons pas ces armes ; cependant le prolétariat lui a  ses bras et le pouvoir de les utiliser ou de les croiser. Que la grève de masse soit synonyme de révolution n’est pas vrai dans toutes les circonstances, moins encore lorsqu’il s’agit de la défense des droits.

 

Les camarades Heine et Schmidt ont fait valoir un grand nombre de réticences d’ordre pratique. Mais Legien nous a expliqué : oui c’est vrai, en soi, la grève de masse est certainement possible. Cela devrait faire douter de Schmidt. Les syndicats se rangeront certainement plus, dans ce cadre, derrière Legien que derrière Schmidt. Si la grève est un moyen de lutte approprié pour les combats économiques, il devrait être utilisable dans certains contextes pour des buts politiques. Ce que le prolétariat peut mettre en œuvre pour 5 Pfennig de salaire, il doit pouvoir le faire pour ce qui lui est le plus sacré, ses droits fondamentaux ! Après que la révolution sous la forme de "jacqueries" a disparu, la grève de masse s’est développée organiquement à partir de la position et de la fonction du prolétariat dans l’ordre économique capitaliste, comme le moyen de lutte prolétaire spécifique dans presque tous les domaines de la lutte des classes. C’est la réalisation politique  du pouvoir économique de la classe ouvrière.

 

Certes, comme le souligne Schmidt, nous verrons lors de la grève politique beaucoup de renégats ; mais des milliers de prolétaires qui sont aujourd'hui éloignés de la lutte de classe nous rejoindront avec enthousiasme et volonté de sacrifice ; la lutte pour des buts élevés les emportera.

 

Heine demande : « Gagnerons-nous?” Il n’y a certes jamais eu de police d’assurance pour les révolutions. Il faudrait d’abord l’inventer. Certes ! Le sang du peuple nous est précieux, mais les idéaux et les droits politiques du peuple ne nous sont pas moins précieux, et nous ne voulons pas nous les laisser voler sans résistance. La responsabilité de l'inaction  s'oppose à la responsabilité d'agir. Le droit engendre la tendance au formalisme et rend plus difficiles la pensée et le sentiment révolutionnaires. C’est ainsi que je m’explique des nombreuses réticences de Heine. (Le temps de parole s’est écoulé)

 

 

 

Karl Liebknecht, 22.09.1905. La grève de masse – le moyen de lutte spécifique du prolétariat
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31 octobre 2021 7 31 /10 /octobre /2021 10:22
Karl Liebknecht, 20.09.1904 - Pour la grève de masse. Discours au Congrès de Brême. "Cette question est la plus actuelle de notre politique présente et future. Ne l'écartez pas avec des sourires. Concevez-en toute l'importance, et notre parti sera armé!"

CITATIONS

 

"On nous dit : "si nous pouvons faire la grève générale, c'est que nous n'en avons plus besoin". C'est inexact: nous pouvons y être poussés par des questions politiques actuelles. "

 

"A quel moment nous devons décider de la grève générale et sous quelle forme, nous n'en parlons pas. Il est exact qu'on ne peut prévoir toutes les éventualités; nous devons faire confiance aux masses, à leur sens de la lutte de classe pour trouver, le cas échéant, la juste voie à suivre : qu'on se rappelle l'intéressant exposé de la camarade Luxemburg sur la tactique suivie dans le mouvement ouvrier russe. Mais nous devons cependant discuter des moyens que nous connaissons aujourd'hui comme valables."

 

"Le cas peut se produire, où il nous faudra manifester notre force, dont nous faisons maintenant un usage exclusivement formel. Et nous y parviendrons sous la forme la plus percutante au moyen d'une grève de masse."

 

"Nous ne désirons pour le moment qu'une discussion, et par là une certaine manifestation de sympathie en faveur de l'idée. Toujours en vedette (3), être toujours à son poste, quoi qu'il puisse arriver, c'est là le premier devoir et l'intérêt vital du parti. Il faut s'opposer à cette hostilité dangereuse à l'idée de la grève de masse. Cette question est la plus actuelle de notre politique présente et future. Ne l'écartez pas avec des sourires. Concevez-en toute l'importance, et notre parti sera armé!"

 

LE TEXTE

Transcrit de "militarisme, guerre, révolution", choix de textes de claudie weill, traduction de marcel ollivier,  aux éditions maspero P. 203 - 204

 

On nous dit : "si nous pouvons faire la grève générale, c'est que nous n'en avons plus besoin". C'est inexact: nous pouvons y être poussés par des questions politiques actuelles. Certes, l'idée de réduire la société bourgeoise à la famine par la grève générale est ridicule. Pour moi, il s'agit de la grève politique de masse, qui, dans certaines circonstances seulement, peut prendre la forme de la grève générale proprement dite. Mais avec des calculs tels que celui qui consiste à dire que les ouvriers consommeraient plus vite leurs maigres réserves que les possédants les leurs, plus abondantes, et que pour cette raison, la grève de masse n'a aucune chance de réussir, on ne peut non non plus résoudre le problème de la grève générale proprement dite. Trop d'autres facteurs parlent en faveur des grévistes. Je citerai les fameuses grèves de la faim en Russie, qui reposent sur l'idée d'exercer, en mettant sa propre vie en jeu, une pression sur le gouvernement. Ces grèves sont la preuve qu'on peut faire impression à l'aide d'impondérables, de la peur du scandale, etc. On dit que nous ne devons pas discuter de la grève de masse pour ne pas dévoiler nos plans à nos adversaires. Nous n'en avons nullement l'intention. A quel moment nous devons décider de la grève générale et sous quelle forme, nous n'en parlons pas. Il est exact qu'on ne peut prévoir toutes les éventualités; nous devons faire confiance aux masses, à leur sens de la lutte de classe pour trouver, le cas échéant, la juste voie à suivre : qu'on se rappelle l'intéressant exposé de la camarade Luxemburg sur la tactique suivie dans le mouvement ouvrier russe. Mais nous devons cependant discuter des moyens que nous connaissons aujourd'hui comme valables. La Saxe n'est-elle pas un épouvantail pour le parti?(1). On dit que nous avons conservé le droit de vote au Reichstag. Mais si on nous l'enlève aussi? Alors nous devons aller dans les communes. Mais si on nous  en interdit l'accès? Alors restent les syndicats. Mais si on nous enlève le droit de coalition? Que ferons-nous alors? Il n'est pas vrai que nous puissions en toutes circonstances éviter une épreuve de force. Le cas peut se produire, où il nous faudra manifester notre force, dont nous faisons maintenant un usage exclusivement formel. Et nous y parviendrons sous la forme la plus percutante au moyen d'une grève de masse. C'est l'idée dont le parti doit se pénétrer. Il existe en fait un certain danger pour le parti : se rouiller en ce qui concerne les moyens de lutte. Nous sommes gâtés en Allemagne, malgré les lois d'exception contre les socialistes parce que là non plus on ne nous a pas enlevé le droit de vote. Mais cela peut arriver, et nous devons y être préparés. Cela signifie - pensez au rapport de Pfannkuch - qu'il ne faut pas évoquer le diable (2) . Mais le diable cependant est là, bien vivant; ce serait de notre part une politique de l'autruche de vouloir le nier. Et, camarades, comment pourrons-nous conquérir le monde, si nous ne sommes même pas capables de défendre les quelques droits fondamentaux que nous possédons déjà, de tenir nos positions actuelles? C'est pourquoi il est nécessaire de discuter de la grève de masse. Nous ne prétendons pas vous recommander de l'accepter purement et simplement comme un nouveau moyen de lutte. Nous ne désirons pour le moment qu'une discussion, et par là une certaine manifestation de sympathie en faveur de l'idée. Toujours en vedette (3), être toujours à son poste, quoi qu'il puisse arriver, c'est là le premier devoir et l'intérêt vital du parti. Il faut s'opposer à cette hostilité dangereuse à l'idée de la grève de masse. Cette question est la plus actuelle de notre politique présente et future. Ne l'écartez pas avec des sourires. Concevez-en toute l'importance, et notre parti sera armé!

(1) Le vote à trois degrés avait été introduit en Saxe en 1896, ce qui excluait la social-démocratie du Landtag.

(2) Citation du rappport du Comité directeur du S.P.D.  présenté au congrès de Brême par Pfannkuch

(3) En français dans le texte

Textes de 1904/1905

Sur la Russie :

Der Königsbergerprozess

Es lebe die russische Freiheit

 

Au congrès de Brême

Die Jugend im Kampf gegen den Militarismus

Für den politischen Massenstreik

Solidarität mit der russischen Genossen

Für die Demokratisierung der Kaufmanngerichte

 

Grèves et grève générale

Der Kampf im Ruhrrevier und die Revolution in Deutschland, 12.02.1905, discours

Der Massenstreik, das spezifistische proletarische Kampfmittel, Congrès de Iéna 22.09.1905

Der politische Massenstreik - eine neue Waffe des Proletariats, Discours à Leipzig

Bergarbeiterleben in der Mark, 4.04.1906, article

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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009