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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.
 
Voir aussi : http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr/
 
28 septembre 2022 3 28 /09 /septembre /2022 17:05
R. Luxemburg et la République (1). Le temps des semailles : "C'est précisément parce que l’on s’est si bien prémunis en Allemagne des dangers des illusions républicaines petites-bourgeoises ... que nous pouvons aujourd'hui accorder sereinement et plus largement ..., au principe suprême de notre programme politique, la place qui lui revient.

Citations :

"Suivant le bon vieux principe de toute véritable tactique de combat, selon lequel un fort coup de boutoir constitue la meilleure des défenses, nous devons répondre aux provocations de plus en plus insolentes de la réaction dominante en renversant les rôles dans notre campagne et en passant à une attaque déterminée sur toute la ligne. Mais cela peut se faire de la manière la plus visible, la plus claire, pour tout dire la plus lapidaire, si nous exprimons clairement dans la campagne cette revendication politique qui constitue le premier point de notre programme politique: la revendication de la République. Jusqu’à présent, le mot d’ordre d’instauration de la république n’a joué qu’un rôle mineur dans notre agitation. Ceci pour de bonnes raison, à savoir que notre parti voulait préserver la classe ouvrière allemande des illusions bourgeoises ou plus exactement petites-bourgeoises républicaines qui ont été si désastreuses pour l’histoire du socialisme français par exemple et qui subsistent encore aujourd’hui. En Allemagne, la lutte prolétaire fut, dès le début, dirigée de façon conséquente et résolue, non pas contre telle ou telle forme ou telle dérive de l’État de classe en particulier, mais contre l’Etat de classe en tant que tel; elle ne s’est pas fragmentée en antimilitarisme, antimonarchisme et autres « ismes » petits-bourgeois mais a toujours pris la forme de l’anticapitalisme, ennemi mortel de l’ordre existant sous toutes ses formes que ce soit sous le couvert monarchiste ou républicain. Quarante ans de ce travail d’information approfondi ont également permis d’ancrer la conviction auprès des prolétaires éclairés d’Allemagne que la meilleure république bourgeoise n’est pas moins un État de classe et un bastion de l’exploitation capitaliste que la monarchie actuelle, et que seule l’abolition du système salarial et de la domination de classe sous toutes ses formes, et non pas la forme extérieure de la « domination du peuple » dans la République bourgeoise peut modifier substantiellement la situation du prolétariat.

C'est précisément parce que l’on s’est si bien prémunis en Allemagne des dangers des illusions républicaines petites-bourgeoises en Allemagne par le travail de quarante ans de la social-démocratie, que nous pouvons aujourd'hui accorder sereinement et plus largement dans notre agitation, au principe suprême de notre programme politique, la place qui lui revient de droit. En soulignant le caractère républicain de la social-démocratie, nous gagnons avant tout une occasion supplémentaire d'illustrer de manière tangible et populaire notre opposition de principe, en tant que parti de classe du prolétariat, au camp unifié de tous les partis bourgeois. L’effroyable déclin du libéralisme bourgeois en Allemagne s'exprime entre autres de manière particulièrement drastique dans le byzantinisme qu’il témoigne face à la monarchie et pour lequel la bourgeoisie libérale bat encore la classe conservatrice des Junkers de quelques longueurs."

 

Zeit der Aussaat

Le temps des semailles

[Paru dans la Breslauer „Volkswacht" le 25. mars 1910, Gesammelte Werke Tome 4, 1928, P. 519-522]

 

Cet article a une histoire : Kautsky en avait refusé la publication dans la Neue Zeit, il ne jugeait pas conforme la revendication d'instauration de la République. La discussion va se développer au long de l'année 1910 et donnera lieu à plusieurs articles essentiels dans l'action de Rosa Luxemburg. La revendication de la république sociale (socialiste) trouvera sa réalisation le 9 novembre 1918 lors de sa proclamation par la voix de Karl Liebknecht.

 

Depuis des décennies peut-être, nous n’avons pas connu en Allemagne, tout particulièrement en Prusse, de situation aussi favorable à la diffusion des enseignements sociaux-démocrates que celle que nous connaissons actuellement. Dans les couches les plus larges de la population laborieuse, le ressentiment après les élections hottentotes était encore perceptible, quand intervint le pillage organisé par les classes dirigeantes contre le prolétariat, la paysannerie et la petite bourgeoisie, quand la soi-disant «réforme financière»,  a semé la plus profonde des révoltes au sein de la masse de ceux qui se trouvaient ainsi volés et saignés à blanc. Et les effets de cette farce odieuse contre le bien-être matériel des travailleurs ne s’étaient pas encore manifestés dans toute leur ampleur que suivait la comédie cynique de la «réforme électorale» prussienne, comme un brutal coup de poing porté au visage du peuple laborieux. Mais lorsque la social-démocratie a fait descendre dans la rue les masses indignées des exploités et des déshérités pour protester bruyamment contre l’outrage, des sabres de police ont étincelé dans les airs, des coups de sabre se sont abattus sur le dos des manifestants, des soldats ont été consignés (prêts à intervenir) dans des casernes et les canons chargés en embuscade.

 

Ainsi, nos adversaires nous ont mille fois préparé le terrain, ébranlé les esprits, forcé les indifférents à la rancœur, les indolents à la réflexion. C'est à nous qu'il revient maintenant de semer dans le sol à pleines mains les graines des Lumières. Les brutalités policières, les fantaisies parlementaires des partis réactionnaires sont la prochaine occasion qui nous assurera de l'attention et l'approbation des masses les plus larges. Mais pour nous, elles ne peuvent être qu'une occasion de mettre à nu les racines profondes de ces phénomènes, de prêcher la lutte des classes dans toute son ampleur et toute sa portée historique. Et aujourd'hui, la doctrine de la lutte des classes n'a pas besoin d'être ressortie des livres comme une terne théorie, elle marche aujourd'hui dans la rue en Allemagne, elle crie haut et fort sa vérité aux oreilles de chacun. Si le libéralisme bourgeois a perdu il y a peu tout crédit par la politique des blocs, le parti du centre lui s'est empressé, dans le grand sabbat des sorcières de la réaction, de ruiner les derniers vestiges de sa réputation de parti populaire par sa position dans la question du droit de vote en Prusse. Sous la direction de la classe conservatrice des Junkers, avec le concours actif et passif et la complicité de tous les partis bourgeois, et les fantaisies d'un gouvernement dégradé au rôle de cireur de bottes des Junkers, l'État bourgeois de classe apparaît aujourd'hui dans toute son horreur, mis à nu, nu, livré à la répulsion et à la haine des masses laborieuses. Il nous suffit de montrer le contexte, les causes et les effets, pour faire surgir dans des millions de cerveaux la claire conscience de la lutte des classes.

Le droit de vote universel, égal et direct pour tous les adultes, sans distinction de sexe, est le prochain objectif qui nous assure le soutien enthousiaste des couches les plus larges à l’heure actuelle. Mais cet objectif n’est pas le seul que nous ayons à prêcher maintenant. En proclamant le mot d’ordre de l'instauration d’un système électoral véritablement démocratique en réponse à l’infâme bavardage du gouvernement et des partis bourgeois en matière de réforme électorale, nous restons – si nous considérons l’ensemble de la situation politique – sur la défensive. Suivant le bon vieux principe de toute véritable tactique de combat, selon lequel un fort coup de boutoir constitue la meilleure des défenses, nous devons répondre aux provocations de plus en plus insolentes de la réaction dominante en renversant les rôles dans notre campagne et en passant à une attaque déterminée sur toute la ligne. Mais cela peut se faire de la manière la plus visible, la plus claire, pour tout dire la plus lapidaire, si nous exprimons clairement dans la campagne cette revendication politique qui constitue le premier point de notre programme politique: la revendication de la République. Jusqu’à présent, le mot d’ordre d’instauration de la république n’a joué qu’un rôle mineur dans notre agitation. Ceci pour de bonnes raison, à savoir que notre parti voulait préserver la classe ouvrière allemande des illusions bourgeoises ou plus exactement petites-bourgeoises républicaines qui ont été si désastreuses pour l’histoire du socialisme français par exemple et qui subsistent encore aujourd’hui. En Allemagne, la lutte prolétaire fut, dès le début, dirigée de façon conséquente et résolue, non pas contre telle ou telle forme ou telle dérive de l’État de classe en particulier, mais contre l’Etat de classe en tant que tel; elle ne s’est pas fragmentée en antimilitarisme, antimonarchisme et autres « ismes » petits-bourgeois mais a toujours pris la forme de l’anticapitalisme, ennemi mortel de l’ordre existant sous toutes ses formes que ce soit sous le couvert monarchiste ou républicain. Quarante ans de ce travail d’information approfondi ont également permis d’ancrer la conviction auprès des prolétaires éclairés d’Allemagne que la meilleure république bourgeoise n’est pas moins un État de classe et un bastion de l’exploitation capitaliste que la monarchie actuelle, et que seule l’abolition du système salarial et de la domination de classe sous toutes ses formes, et non pas la forme extérieure de la « domination du peuple » dans la République bourgeoise peut modifier substantiellement la situation du prolétariat.

C'est précisément parce que l’on s’est si bien prémunis des dangers des illusions républicaines  petites-bourgeoises en Allemagne par le travail de quarante ans de la social-démocratie, que nous pouvons aujourd'hui accorder sereinement et plus largement, dans notre agitation, au principe suprême de notre programme politique, la place qui lui revient de droit. En soulignant le caractère républicain de la social-démocratie, nous gagnons avant tout une occasion supplémentaire d'illustrer de manière tangible et populaire notre opposition de principe, en tant que parti de classe du prolétariat, au camp unifié de tous les partis bourgeois. L’effroyable déclin du libéralisme bourgeois en Allemagne s'exprime entre autres de manière particulièrement drastique dans le byzantinisme qu’il témoigne face à la monarchie et pour lequel la bourgeoisie libérale bat encore la classe conservatrice des Junkers de quelques longueurs.

Mais cela ne suffit pas. L’ensemble de la situation de la politique intérieure et extérieure de l'Allemagne au cours des dernières années désigne la monarchie comme le foyer ou du moins la pointe émergée la plus visible de la réaction dominante. La monarchie semi-absolutiste, et son régime personnel, constitue sans aucun doute depuis un quart de siècle, et chaque année davantage, le fondement du militarisme, l’élément moteur de la politique navale, l'esprit qui dirige les aventures politiques mondiales, tout comme elle constitue un sanctuaire pour la domination des Junkers en Prusse et le bastion de la suprématie de la réaction prussienne au sein de l'Empire, elle est enfin pour ainsi dire l'ennemi personnel juré de la classe ouvrière et de la social-démocratie. Le mot d'ordre de la République représente donc aujourd'hui en Allemagne infiniment plus que l'expression d'un beau rêve d’un « Etat populaire" démocratique, ou d'un dogmatisme politique flottant dans les nuages, c'est un cri de guerre pratique contre le militarisme, le marinisme, la politique coloniale, la politique mondiale, la domination des junkers, la prussisation de l'Allemagne, il est seulement une conséquence et le concentré drastique de notre lutte quotidienne contre tous ces phénomènes partiels de la réaction dominante. Mais surtout, les événements récents vont dans le même sens : ce sont les menaces de coup d'Etat absolutiste des Junker au Reichstag et les attaques impudentes du chancelier contre le droit de vote au Reichstag au Landtag de Prusse, ainsi que l’utilisation de la "parole royale", dans les questions du droit de vote prussien, par le projet de réforme de Bethmann.

Les exigences de la démocratie politique, de l’égalité des droits, sont aujourd’hui par nature au centre de notre lutte et reçoivent un écho retentissant dans le cœur de millions de personnes. Mais les meilleures réformes démocratiques ne sont que de petites étapes de la grande marche prolétarienne du prolétariat vers la conquête du pouvoir politique, vers la réalisation du socialisme. Il faut donc redoubler d’effort pour promouvoir les enseignements du socialisme. Les foules énormes de mécontents, d’exploités et d’esclaves qui se précipitent dans nos réunions, dans nos manifestations, doivent entendre sortir de notre bouche de notre bouche non seulement des paroles de critique dénonçant la réaction qui prévaut en Allemagne prussienne, mais aussi des paroles de l’Évangile socialiste, principes d’un nouveau monde social. Des combattants contre Bethmann Hollweg et le Bloc bleu et noir doivent devenir des combattants de l’ordre social socialiste.

La suite, la victoire ou la défaite, le succès immédiat de la campagne actuelle ne peuvent être calculés et déterminés à l’avance par personne. Mais quelle que soit la tournure que prendront les choses, la cause du prolétariat sortira victorieuse de la campagne, si nous avons réussi à utiliser cette période ardente de lutte , non seulement pour ébranler et encourager à l'action, mais aussi pour éclairer les masses, non seulement pour élargir considérablement l’armée de nos partisans, mais aussi pour approfondir et consolider leur conscience socialiste. Jetons à pleines mains les graines du socialisme dans le sol labouré, et la moisson sera la nôtre, malgré tout!

 

Zeit der Aussaat

"In Deutschland wurde der proletarische Kampf von Anfang an konsequent und entschlossen nicht gegen diese oder jene Formen und Auswüchse des Klassenstaates im Einzelnen, sondern gegen den Klassenstaat als solchen gerichtet, er zersplitterte nicht im Antimilitarismus, Antimonarchismus und anderen kleinbürgerlichen „Ismen", sondern gestaltete sich stets zum Antikapitalismus, zum Todfeind der bestehenden Ordnung in allen ihren Auswüchsen und Formen, ob unter monarchistischem oder republikanischem Deckmantel ..."

"Doch nicht genug. Die ganze Lage der inneren wie der äußeren Politik Deutschlands in den letzten Jahren weist auf die Monarchie, als den Brennpunkt oder zum mindesten die äußere sichtbare Spitze der herrschenden Reaktion, hin. Die halbabsolutistische Monarchie mit dem persönlichen Regiment bildet zweifellos seit einem Vierteljahrhundert, und mit jedem Jahre mehr, den Stützpunkt des Militarismus, die treibende Kraft der Flottenpolitik, den leitenden Geist der weltpolitischen Abenteuer, wie sie den Hort des Junkertums in Preußen und das Bollwerk der Vorherrschaft der politischen Rückständigkeit Preußens im ganzen Reiche bildet, sie ist endlich sozusagen der persönliche geschworene Feind der Arbeiterklasse und der Sozialdemokratie. Die Losung der Republik ist also in Deutschland heute unendlich mehr als der Ausdruck eines schönen Traums vom demokratischen „Volksstaat", oder eines in den Wolken schwebenden politischen Doktrinarismus, sie ist ein praktischer Kriegsruf gegen Militarismus, Marinismus, Kolonialpolitik, Weltpolitik, Junkervorherrschaft, Verpreußung Deutschlands, sie ist nur eine Konsequenz und drastische Zusammenfassung unseres täglichen Kampfes gegen alle diese Teilerscheinungen der herrschenden Reaktion. Insbesondere aber weisen nach derselben Richtung gerade die Vorgänge der jüngsten Zeit: es sind dies die absolutistischen Staatsstreichdrohungen des Junkertums im Reichstag und die frechen Attacken des Reichskanzlers gegen das Reichstagswahlrecht im preußischen Landtag, sowie die Einlösung des „königlichen Wortes" in Fragen des preußischen Wahlrechtes durch die Bethmannsche Reformvorlage.

L'articleZeit der Aussaat[Erschienen in der Breslauer „Volkswacht" am 25. März 1910. Nach Gesammelte Werke Band 4, 1928, S. 519-522]

Seit Jahrzehnten vielleicht haben wir keine Situation in Deutschland, speziell in Preußen, gehabt, die für die Verbreitung der sozialdemokratischen Lehren so günstig gewesen wäre, wie die gegenwärtige. Noch wirkte in den breitesten Schichten der arbeitenden Bevölkerung der Groll nach den Hottentottenwahlen nach, als der Raubzug der herrschenden Klassen gegen das Proletariat, das Bauerntum und Kleinbürgertum, als die sogenannte „Finanzreform" die Masse der Geplünderten und Weißgebluteten aufs tiefste empört hat. Und noch waren die Wirkungen dieses frechen Streiches gegen das materielle Wohl der Arbeitenden nicht entfernt in ihrer ganzen Tragweite zum Ausdruck gekommen, als darauf die zynische Komödie der preußischen „Wahlrechtsreform" wie ein derber Faustschlag ins Gesicht des arbeitenden Volkes folgte. Als aber die Sozialdemokratie die empörten Massen der Ausgebeuteten und Entrechteten auf die Straße geführt hatte, um gegen den Frevel laut zu protestieren, da blitzten Polizeisäbel in der Luft auf, da sausten Säbelhiebe auf die Rücken der Demonstrierenden nieder, da wurden Soldaten in Kasernen konsigniert (bereitgehalten) und Kanonen im Hinterhalt geladen.

So haben die Gegner für uns den Boden tausendfach vorbereitet, die Geister aufgerüttelt, die Gleichgültigen zum Groll, die Trägen zum Nachdenken gezwungen. An uns liegt es, jetzt die Saat der Aufklärung in den Boden mit vollen Händen zu streuen. Die Brutalitäten der Polizei, die parlamentarischen Frivolitäten der Reaktionsparteien sind der nächste Anlass, der uns die Aufmerksamkeit und die Zustimmung der breitesten Massen sichert. Für uns können sie aber nur ein Anlass sein, um die tieferliegenden Wurzeln dieser Erscheinungen bloßzulegen, um den Klassenkampf in seinem ganzen Umfang und seiner ganzen historischen Tragweite zu predigen. Und heute braucht die Lehre vom Klassenkampf nicht als graue Theorie aus Büchern hervorgeholt zu werden, sie geht heute in Deutschland auf der Straße einher, sie ruft laut und gellend ihre Wahrheit jedermann in die Ohren. Hat sich der bürgerliche Liberalismus erst vor kurzem in der Blockpolitik ruiniert, so beeilte sich, wie im tollen Hexensabbat der Reaktion, die Partei des Zentrums, in der preußischen Wahlrechtsfrage den letzten Rest ihres Rufs als Volkspartei zu ruinieren. Unter der Führung des konservativen Junkertums, unter aktiver und passiver Mitwirkung und Mitschuld aller bürgerlichen Parteien, unter den Fittichen einer Regierung, die zum Stiefelputzer des Junkertums degradiert ist, erscheint heute der bürgerliche Klassenstaat in seiner ganzen abschreckenden Gestalt, bloßgestellt, nackt, dem Abscheu und dem Hass der arbeitenden Massen preisgegeben. Wir brauchen nur die Zusammenhänge, die Ursachen und Wirkungen aufzuzeigen, um die klare Erkenntnis des Klassenkampfes in Millionen von Hirnen auflodern zu lassen.

Das allgemeine, gleiche, direkte Wahlrecht für alle Erwachsenen, ohne Unterschied des Geschlechts, ist das nächste Ziel, das uns die begeisterte Zustimmung der breitesten Schichten im gegenwärtigen Moment sichert. Aber dieses Ziel ist nicht das einzige, das wir jetzt predigen müssen. Indem wir in Beantwortung der infamen Wahlreformstümperei der Regierung und der bürgerlichen Parteien die Losung eines wahrhaft demokratischen Wahlsystems proklamieren, befinden wir uns immer noch – die politische Situation im ganzen genommen – in der Defensive. Gemäß dem alten guten Grundsatz jeder wirklichen Kampftaktik, dass ein kräftiger Hieb die beste Verteidigung ist, müssen wir die immer frecheren Provokationen der herrschenden Reaktion damit beantworten, dass wir in unserer Agitation den Spieß umdrehen und auf der ganzen Linie zum scharfen Angriff übergehen. Dies kann aber am sichtbarsten, deutlichsten, sozusagen in lapidarster Form geschehen, wenn wir diejenige politische Forderung klar in der Agitation vertreten, die den ersten Punkt unseres politischen Programms ausmacht: die Forderung der Republik. In unserer Agitation hat bisher die republikanische Parole eine geringe Rolle gespielt. Dies hat seine guten Gründe darin gehabt, dass unsere Partei die deutsche Arbeiterklasse vor jenen bürgerlich- oder richtiger kleinbürgerlich-republikanischen Illusionen bewahren wollte, die zum Beispiel für die Geschichte des französischen Sozialismus so verhängnisvoll waren und bis heute noch geblieben sind. In Deutschland wurde der proletarische Kampf von Anfang an konsequent und entschlossen nicht gegen diese oder jene Formen und Auswüchse des Klassenstaates im Einzelnen, sondern gegen den Klassenstaat als solchen gerichtet, er zersplitterte nicht im Antimilitarismus, Antimonarchismus und anderen kleinbürgerlichen „Ismen", sondern gestaltete sich stets zum Antikapitalismus, zum Todfeind der bestehenden Ordnung in allen ihren Auswüchsen und Formen, ob unter monarchistischem oder republikanischem Deckmantel. Durch vierzig Jahre dieser gründlichen Aufklärungsarbeit ist es dann auch gelungen, die Überzeugung zum ehernen Besitz der aufgeklärten Proletarier in Deutschland zu machen, dass die beste bürgerliche Republik nicht weniger ein Klassenstaat und Bollwerk der kapitalistischen Ausbeutung ist, wie eine heutige Monarchie, und dass nur die Abschaffung des Lohnsystems und der Klassenherrschaft in jeglicher Gestalt, nicht aber der äußere Schein der „Volksherrschaft" in der bürgerlichen Republik die Lage des Proletariats wesentlich zu verändern vermag.

Allein, gerade weil in Deutschland den Gefahren republikanisch-kleinbürgerlicher Illusionen durch die vierzigjährige Arbeit der Sozialdemokratie so gründlich vorgebeugt worden ist, können wir heute ruhig dem obersten Grundsatz unseres politischen Programms in unserer Agitation mehr von dem Platz einräumen, der ihm von Rechts wegen gebührt. Durch die Hervorhebung des republikanischen Charakters der Sozialdemokratie gewinnen wir vor allem eine Gelegenheit mehr, unsere prinzipielle Gegnerschaft als einer Klassenpartei des Proletariats zu dem vereinigten Lager sämtlicher bürgerlichen Parteien in greifbarer, populärer Weise zu illustrieren. Der erschreckende Niedergang des bürgerlichen Liberalismus in Deutschland äußert sich ja unter anderem besonders drastisch in dem Byzantinismus vor der Monarchie, in dem das liberale Bürgertum noch das konservative Junkertum um einige Nasenlängen schlägt.

Doch nicht genug. Die ganze Lage der inneren wie der äußeren Politik Deutschlands in den letzten Jahren weist auf die Monarchie, als den Brennpunkt oder zum mindesten die äußere sichtbare Spitze der herrschenden Reaktion, hin. Die halbabsolutistische Monarchie mit dem persönlichen Regiment bildet zweifellos seit einem Vierteljahrhundert, und mit jedem Jahre mehr, den Stützpunkt des Militarismus, die treibende Kraft der Flottenpolitik, den leitenden Geist der weltpolitischen Abenteuer, wie sie den Hort des Junkertums in Preußen und das Bollwerk der Vorherrschaft der politischen Rückständigkeit Preußens im ganzen Reiche bildet, sie ist endlich sozusagen der persönliche geschworene Feind der Arbeiterklasse und der Sozialdemokratie. Die Losung der Republik ist also in Deutschland heute unendlich mehr als der Ausdruck eines schönen Traums vom demokratischen „Volksstaat", oder eines in den Wolken schwebenden politischen Doktrinarismus, sie ist ein praktischer Kriegsruf gegen Militarismus, Marinismus, Kolonialpolitik, Weltpolitik, Junkervorherrschaft, Verpreußung Deutschlands, sie ist nur eine Konsequenz und drastische Zusammenfassung unseres täglichen Kampfes gegen alle diese Teilerscheinungen der herrschenden Reaktion. Insbesondere aber weisen nach derselben Richtung gerade die Vorgänge der jüngsten Zeit: es sind dies die absolutistischen Staatsstreichdrohungen des Junkertums im Reichstag und die frechen Attacken des Reichskanzlers gegen das Reichstagswahlrecht im preußischen Landtag, sowie die Einlösung des „königlichen Wortes" in Fragen des preußischen Wahlrechtes durch die Bethmannsche Reformvorlage.

Die Forderungen der politischen Demokratie, der Gleichberechtigung, stehen heute naturgemäß im Vordergrunde unseres Kampfes und wecken ein lautes Echo in den Herzen von Millionen. Die besten demokratischen Reformen sind aber nur kleine Etappen auf dem großen proletarischen Marsch des Proletariats zur Eroberung der politischen Macht, zur Verwirklichung des Sozialismus. Für die sozialistischen Lehren muss denn auch jetzt mit verdoppelter Kraft geworben werden. Die gewaltigen Scharen der Unzufriedenen, der Ausgebeuteten und Geknechteten, die jetzt in unsere Versammlungen, zu unseren Demonstrationen eilen, sollen aus unserem Munde nicht bloß Worte der geißelnden Kritik gegen die in Preußen-Deutschland herrschende Reaktion, sondern auch Worte des sozialistischen Evangeliums, Grundsätze einer neuen, sozialen Welt erfahren. Aus Kämpfern gegen Bethmann Hollweg und den schwarzblauen Block sollen überzeugte Kämpfer für die sozialistische Gesellschaftsordnung geworben werden.

Der weitere Verlauf, der Sieg oder die Niederlage, der unmittelbare Erfolg der gegenwärtigen Kampagne können im voraus von niemandem berechnet und bestimmt werden. Doch mögen die Dinge eine Wendung nehmen, welche sie wollen, die Sache des Proletariats wird aus der Kampagne als Siegerin hervorgehen, wenn es uns gelungen ist, die jetzige Zeit des heißen Ringens nicht bloß zur Aufrüttelung und Aufpeitschung, sondern auch zur Aufklärung der Massen, nicht bloß zur mächtigen Erweiterung der Armee unserer Anhänger, sondern auch zur Vertiefung und Befestigung ihres sozialistischen Bewusstseins auszunutzen. Werfen wir jetzt in den aufgefurchten Boden mit vollen Händen die Saat des Sozialismus, dann wird die Ernte unser werden – trotz alledem!

 

Traduction DVP, septembre 2022, merci pour toute amélioration de la traduction.

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8 septembre 2022 4 08 /09 /septembre /2022 21:28
Rosa Luxemburg et la Commune. "... cette République, régime officiel de la bourgeoisie qui seule pouvait trouver le courage et le cynisme d’appliquer une politique d’une telle brutalité où l’on retrouve  la lâcheté et la furie meurtrière des vainqueurs de la Commune."Notations sur l'Algérie dans les textes économiques

Citations

"La bourgeoisie, touchée au point sensible de ses intérêts de classe, flairait un lien obscur entre les vieilles traditions communistes qui, dans les pays coloniaux, opposaient la résistance tenace à la recherche du profit et aux progrès d'une “européanisation” des indigènes, et le nouvel évangile apporté par l'impétuosité révolutionnaire des masses prolétariennes" R. Luxemburg

« La propriété commune primitive des Arabes devait à tout prix être détruite, comme forme qui entretient dans les esprits les tendances communistes. " R. Luxemburg

"... cette République, régime officiel de la bourgeoisie qui seule pouvait trouver le courage et le cynisme d’appliquer une politique d’une telle brutalité où l’on retrouve  la lâcheté et la furie meurtrière des vainqueurs de la Commune." R. Luxemburg

Rosa Luxemburg et la Commune. "... cette République, régime officiel de la bourgeoisie qui seule pouvait trouver le courage et le cynisme d’appliquer une politique d’une telle brutalité où l’on retrouve  la lâcheté et la furie meurtrière des vainqueurs de la Commune."Notations sur l'Algérie dans les textes économiques

Dans mon travail sur Rosa Luxemburg et la Commune à paraître prochainement, je consacre cette analyse aux notations de Rosa Luxemburg sur l'après-Commune, la "République" et la loi de 1873 en Algérie. Merci de citer cette source si vous souhaitez reprendre ce travail. Dominique Villaeys-Poirré. Rosa Luxemburg et la Commune. Une histoire de révolution.  https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2022/09/rosa-luxemburg-et-la-commune.extraits-sur-l-algerie-dans-les-textes-economiques.html

 

Rosa Luxemburg est anti-impérialiste, donc anticolonialiste. Dès ses tout premiers textes, elle dénonce les poussées coloniales, comme dans la chronique qu’elle signe « ego », en 1898/1899, où elle traite aussi bien de la prise de Cuba par les Etats-Unis en pleine expansion que de la guerre des Boers ... Au Congrès du parti social-démocrate, dès 1898, elle attaque le dépeçage de la Chine et l’indifférence du parti social-démocrate à cet égard. L’analyse du colonialisme fait aussi partie intégrante de ses textes économiques. Les extraits cités, de l’Introduction à l’économie politique, l’Accumulation du capital, de ses notes de prison concernant l’Algérie en témoignent.

 

C’est la référence à la Commune qui conduit spécifiquement à ces textes. Car, juste après l'assassinat de celle-ci - ce n’est pas un hasard – l’acte colonial le plus significatif est pris par ce nouveau pouvoir qui se prétend "République" : le vote de la loi Warnier le 26 juillet 1873.  Il s'inscrit dans la logique coloniale impérialiste d’appropriation des terres et de destruction des sociétés colonisées, poursuivant en cela « l’œuvre » de dépossession coloniale des populations, initiée depuis plusieurs décennies sous les régimes précédents. Les citations se rapportent à cette loi.

 

Dans l’Accumulation du capital, elle constitue un exemple majeur de ce que Rosa Luxemburg nomme dans le point 2, la destruction du communisme primitif. Elle développe deux points d’analyse :

D’ordre économique. Cette loi s’inscrit dans l’évolution du capitalisme à l’ère impérialiste et correspond à la nécessité pour celui-ci de combattre et faire disparaître le communisme primitif, et d’imposer de fait les deux éléments constitutifs du capitalisme : la propriété privée et la prolétarisation. Elle note « L’unique et réel but de la loi de 1873 en fait : prolétarisation des Arabes »

D’ordre politique : le fantôme de la Commune hante la troisième République. Rosa Luxemburg établit un lien tout à fait intéressant entre la Commune et les formes communistes de la propriété, comme ferments de la conscience et de la révolte : « la propriété commune primitive des Arabes devait à tout prix être détruite, comme forme qui entretient dans les esprits les tendances communistes ”. Elle montre dans une image prégnante la compréhension diffuse que la bourgeoisie pressent du danger représenté par ces formes de société, la proximité entre l’européanisation des populations originelles et l’essor de la classe ouvrière dans les pays occidentaux : « La bourgeoisie, touchée au point sensible de ses intérêts de classe, flairait un lien obscur entre les vieilles traditions communistes qui, dans les pays coloniaux, opposaient la résistance tenace à la recherche du profit et aux progrès d'une “ européanisation ” des indigènes, et le nouvel évangile apporté par l'impétuosité révolutionnaire des masses prolétariennes dans les vieux pays capitalistes".

 

Et comme dans Martinique, elle dénonce cette République, régime officiel de la bourgeoisie qui seule pouvait trouver le courage et le cynisme d’appliquer une politique d’une telle brutalité où l’on retrouve  la lâcheté et la furie meurtrière des vainqueurs de la Commune.

Rosa Luxemburg et la Commune. "... cette République, régime officiel de la bourgeoisie qui seule pouvait trouver le courage et le cynisme d’appliquer une politique d’une telle brutalité où l’on retrouve  la lâcheté et la furie meurtrière des vainqueurs de la Commune."Notations sur l'Algérie dans les textes économiquesRosa Luxemburg et la Commune. "... cette République, régime officiel de la bourgeoisie qui seule pouvait trouver le courage et le cynisme d’appliquer une politique d’une telle brutalité où l’on retrouve  la lâcheté et la furie meurtrière des vainqueurs de la Commune."Notations sur l'Algérie dans les textes économiques
 

« Un lien obscur … » 

Notations sur l’Algérie dans les textes économiques de Rosa Luxemburg.


Introduction à l’économie politique – Chapitre II., La société communiste primitive, 1907

 

Le livre de Morgan sur la Société primitive a constitué pour ainsi dire une introduction après-coup au Manifeste Communiste de Marx et Engels. Les conditions étaient réunies pour forcer la science bourgeoise à réagir. En l'espace de deux à trois décennies après le milieu du siècle, la notion de communisme primitif s'était de toutes parts introduite dans la science. Tant qu'il ne s'agissait que d'honorables “ antiquités du droit germanique ”, de “ particularités des tribus slaves ”, de l'État Inca du Pérou, exhumé par les historiens, etc., ces découvertes gardaient le caractère de curiosités scientifiques inoffensives, sans portée actuelle, sans liaison directe avec les intérêts et les combats quotidiens de la société bourgeoise. A tel point que des conservateurs endurcis ou des politiciens libéraux modérés comme Ludwig von Maurer et Sir Henry Maine pouvaient s'acquérir les plus grands mérites en faisant de telles découvertes. Bientôt pourtant cette liaison avec l'actualité allait s'opérer, dans deux directions à la fois. Déjà, nous l'avons vu, la politique coloniale avait amené un heurt entre les intérêts matériels tangibles du monde bourgeois et les conditions de vie du communisme primitif. Plus le régime capitaliste imposait sa toute-puissance en Europe occidentale depuis le milieu du XIX° siècle, après les tempêtes de la révolution de 1848, et plus ce heurt devenait brutal. En même temps, et précisément depuis la révolution de 1848, un autre ennemi jouait un rôle de plus en plus grand à l'intérieur de la société bourgeoise : le mouvement ouvrier révolutionnaire. Depuis les journées de juin 1848 à Paris, le “ spectre rouge ” ne disparaît plus de la scène publique, et ressurgit en 1871 dans l'embrasement aveuglant des luttes de la Commune, au grand effroi de la bourgeoisie française et internationale. Or à la lumière de ces luttes de classes brutales, la plus récente découverte de la recherche scientifique - le communisme primitif - révélait son aspect dangereux. La bourgeoisie, touchée au point sensible de ses intérêts de classe, flairait un lien obscur entre les vieilles traditions communistes qui, dans les pays coloniaux, opposaient la résistance tenace à la recherche du profit et aux progrès d'une “ européanisation ” des indigènes, et le nouvel évangile apporté par l'impétuosité révolutionnaire des masses prolétariennes dans les vieux pays capitalistes.

 

Lorsqu'en 1873, à l'Assemblée nationale française, on régla le sort des malheureux Arabes d'Algérie par une loi instaurant de force la propriété privée, on ne cessa de répéter, dans cette assemblée où vibrait encore la lâcheté et la furie meurtrière des vainqueurs de la Commune, que la propriété commune primitive des Arabes devait à tout prix être détruite, “ comme forme qui entretient dans les esprits les tendances communistes ”.

 


Notes sur la politique coloniale et l’impérialisme, à propos de la loi de 1873 en Algérie

15

En 1873, les Français possédaient en A[lgérie] 120 000 ha, appartenant à la Compagnie Algérienne et la Compagnie de Sétif , que les autochtones travaillaient comme fermiers de manière traditionnelle, pour les autres propriétaires français, la moitie de même ne cultivait pas eux-mêmes. L’introduction de l’économie intensive était totalement impossible  du jour au lendemain dans de telles conditions.

L’unique et réel raison but de la l[oi] de 1873 en fait : prolétarisation des Arabes - « pour affaiblir leur résistance et enrichir les spéculateurs franç.. La loi entraine directement la distribution immédiate de la propriété privée dans l’ensemble des 700 ?, supprime le droit de préemption du ?, déclare comme appartenant au domaine tout territoire continu non cultivé

Arguments de la loi de 1873

le fantôme de la Commune 1871, la nécessité de faire disparaitre toute trace de propriété collective comme ferment de futures théories  révolutionnaires.

En résumé ; destruction du communisme ? , rempart … ?

 


L'accumulation du capital, 1913. III La lutte contre l'économie naturelle . 27 Les conditions historiques de l'accumulation

 

Après la conquête de l'Algérie, les Français firent grand bruit autour de leur œuvre de civilisation. On sait que l'Algérie, qui s'était délivrée au début du XVIII° siècle du joug turc, était devenue un repaire de pirates infestant la Méditerranée et se livrant au trafic d'esclaves chrétiens. L'Espagne et l'Union Nord-Américaine, qui elles-mêmes à l'époque pouvaient se glorifier de hauts faits dans le domaine du trafic d'esclaves, déclarèrent une guerre sans merci aux infamies des Musulmans. La Révolution française prêcha également une croisade contre l'anarchie algérienne. La France avait donc entrepris la conquête de l'Algérie en proclamant les mots d'ordre de la lutte contre l'esclavage et de l'instauration de la civilisation. La pratique allait bientôt montrer ce qui se cachait derrière ces phrases. On sait qu'au cours des qua­rante années écoulées depuis la conquête de l'Algérie, aucun État européen n'a changé aussi souvent de régime politique que la France. A la Restauration avait succédé la révolution de Juillet et la royauté bourgeoise, celle-ci fut chassée par la révolution de Février qui fut suivie de la seconde République, du second Empire, enfin de la débâcle de 1870 et de la troisième République. La noblesse, la haute finance, la petite bourgeoisie, les larges couches de la moyenne bourgeoisie se cédaient successivement le pouvoir politique. Mais la politique française en Algérie demeura immuable à travers ces vicissitudes, elle resta orientée du début à la fin vers le même but : au bord du désert africain elle découvrait le centre d'intérêt de tous les bouleversements politiques en France au XIX° siècle : la domination de la bourgeoisie capitaliste et de sa forme de propriété.

Le 30 juin 1873, le député Humbert, rapporteur de la Commission pour le règlement de la propriété agricole en Algérie, déclara à une séance de la Chambre: "Le projet de loi que nous proposons à votre étude n'est rien d'autre que le couronnement de l'édifice dont le fondement a été posé par une série de décrets, de lois et de sénatus-consultes, qui tous ensemble et chacun en particulier poursuivent le même but : l'établissement de la propriété privée chez les arabes".

La destruction et le partage systématiques et conscients de la propriété collective: tels étaient le but et le pôle d'orientation de la politique coloniale française pendant un demi-siècle, quels que fussent les orages qui secouèrent la vie politique intérieure. On servait en ceci un double intérêt clairement reconnu.

Il fallait détruire la propriété collective surtout pour abattre la puissance des familles arabes comme organisations sociales, et briser ainsi la résistance opiniâtre contre la domination française. Cette résistance se manifestait, malgré la supériorité de la puissance militaire française, par de constantes insurrections de tribus, ce qui entraînait un état de guerre permanent dans la colonie . …

 

Le partage des terres n'alla cependant pas plus loin. Malgré les généraux de brigade, les mœurs des Arabes offraient des résistances insurmontables au partage ultérieur des terres familiales. Le but de la politique française : l'établissement de la propriété privée et la transmission de cette propriété aux Français, avait donc encore une fois échoué dans l'ensemble.

 

Seule la Troisième République, régime officiel de la bourgeoisie, a trouvé le courage et le cynisme d’aller droit au but et d’attaquer le problème de front, sans s’embarrasser de démarches préliminaires. En 1873, l’Assemblée élabora une loi, dont le but avoué était le partage immédiat des terres des 700 tribus arabes en parcelles individuelles, l’introduction de la propriété privée par la force. Le prétexte de cette loi était la situation désespérée qui régnait dans la colonie. Il avait fallu autrefois la grande famine indienne de 1866 pour éclairer l’opinion publique en Angleterre sur les beaux résultats de la politique coloniale anglaise et provoquer l’institution d’une commission parlementaire chargée d’enquêter sur la situation désastreuse de l’Inde. De même, à la fin des années 1860, l’Europe fut alarmée par les cris de détresse de l’Algérie, où quarante ans de domination française se traduisaient par la famine collective et par un taux de mortalité extraordinairement élevé parmi les Arabes. On réunit une commission chargée d’étudier les causes et l’effet des lois nouvelles sur la population arabe ; l’enquête aboutit à la conclusion unanime que la seule mesure susceptible de sauver les Arabes était l’instauration de la propriété privée. En effet, la propriété privée seule permettrait à chaque Arabe de vendre et d’hypothéquer son terrain et le sauverait ainsi de la ruine. On déclara ainsi que le seul moyen de soulager la misère des Arabes qui s’étaient endettés parce que les Français leur avaient volé leurs terres et les avaient soumis à un lourd système d’impôts, était de les livrer aux mains des usuriers. Cette farce fut exposée à la Chambre avec le plus grand sérieux et les dignes membres de l’Assemblée l’accueillirent avec non moins de gravité. Les vainqueurs de la Commune de Paris triomphaient sans pudeur. …

 

Mais les faits parlaient un autre langage. Ils démontraient que les spéculateurs français se servaient de la propriété privée, instaurée par eux en Algérie, à de tout autres fins qu’à une culture plus intensive et à une meilleure exploitation du sol. En 1873, sur les 400 000 hectares de terres appartenant aux Français, 120 000 hectares étaient aux mains de compagnies capitalistes, la Compagnie Algérienne et la Compagnie de Sétif ; celles-ci, loin de cultiver elles-mêmes les terres, les affermaient aux indigènes, qui les cultivaient selon les méthodes traditionnelles. Un quart des propriétaires français restants se désintéressaient également de l’agriculture. Il était impossible de susciter artificiellement des investissements de capitaux et des méthodes intensives de culture, comme il est impossible de créer des conditions capitalistes à partir de rien. C’étaient là des rêves nés de l’imagination avide des spéculateurs français et de la confusion doctrinale de leurs idéologues, les économistes classiques. Abstraction faite des prétextes et des ornements par lesquels on voulait justifier la loi de 1873, il s’agissait simplement du désir non dissimulé de dépouiller les Arabes de leur terre, qui était la base de leur existence. Malgré toute la pauvreté de l’argumentation et l’hypocrisie manifeste de sa justification, la loi qui devait ruiner la population algérienne et anéantir sa prospérité matérielle fut votée à la quasi-unanimité le 26 juillet 1873. …

 


Cours d’économie politique - Livre  2 du Capital - notes de Rosi Wolfstein 1912/1913.

 

1871-1873, essor extraordinaire de l’industrie dans toute l’Europe. Cela vint de la fin de la guerre française. De la défaite de la Commune de Paris. Après sa répression s’installa un sentiment d’apaisement, de joie de vivre, de sentiment d’exister. Spécialement pour l’Allemagne, il faut tenir compte des réparations que la France avait à payer, 14 Mlds, le remboursement de la dette, de ce fait la libération d’une masse de capitaux cherchant à s’investir, de ce fait l’aspiration à de nouvelles créations d’entreprise, d’autre part liberté du commerce, homogénéisation des lois bourgeoises, de la politique douanière etc. Tout cela trouva son achèvement avec l'unification politique de 1870.

 


Deux traductions sont en cours de révision. Merci pour toute amélioration. Les notations sur la Commune dans les textes sont dans des polices et  formats différents.

 

Introduction à l’économie politique – Chapitre II.2. Gesammelte Werke, Dietz Verlag 1982, Tome 5, P 613. Œuvres complètes, smolny&agone, P 206-207

Notice sur la politique coloniale et l’impérialisme, à propos de la loi de 1873 en Algérie Gesammelte Werke, Dietz Verlag 1982, Tome 7/1, P193.  Traduction : DVP en cours                                             

L'accumulation du capital. III : Les conditions historiques de l'accumulation 1 - 27 : La lutte contre l'économie naturelle. 1913. Gesammelte Werke, Dietz Verlag 1982, Tome 5, P. 327- 333. Œuvres complètes, smolny&agone, P 393-399

Notes de Rosi Wolfstein Gesammelte Werke, Dietz Verlag 1982, Tome 7/1, P.530-531.Traduction : DVP en cours

 

Voir sur mes bllogs : https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/search/alg%C3%A9rie/ /  http://comprendreavecrosaluxemburgdocumentsetdossiers.over-blog.com/search/alg%C3%A9rie/

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3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 10:36
Clara Zetkin et Rosa Luxemburg, deux femmes socialistes poursuivies par le Kaiser,  parmi les quatre socialistes appelés à répondre de l'accusation de propagande en faveur de la paix.

Le courant pour la paix au sein de la social-démocratie et des syndicats a été poursuivi violemment par le régime impérial, Emprisonnements, envois sur le front étaient sa réponse. Ce fut le cas parmi des milliers d'ouvriers et de militants de Karl Liebknecht, Franz Mehring, Leo Jogiches et de Rosa Luxemburg et Clara Zetkin.

On trouve sur le net, cet article paru le 22 juillet 1915 dans le New York Times : https://s1.nyt.com/timesmachine/pages/1/1915/07/22/100335019_360W.png?quality=75&auto=webp&disable=upscale

Câble spécial au NEW YORK TIMES.

TWO SOCIALIST WOMEN PROSECUTED BY KAISER; Clara Zetkin and Rosa Luxemburg Among Four to Answer for Peace Propaganda.

(DEUX FEMMES SOCIALISTES POURSUIVIES PAR KAISER ; Clara Zetkin et Rosa Luxemburg parmi les quatre socialistes appelés à répondre de l'accusation de propagande en faveur de la paix.)

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13 août 2022 6 13 /08 /août /2022 10:49
"Femmes prolétaires, soyez prêtes !" - Clara Zetkin, le 5 août 1914

Nous sommes le 5 août 1914. Clara Zetkin lance cet appel aux femmes prolétaires dans le journal qu'elle anime, L'Egalité (Die Gleichheit).

L'Allemagne a commencé la guerre le 31 juillet, déclare la guerre à la Russie le 1er. Clara Zetkin subit une perquisition policière dès le lendemain. Elle va mener tout au long de cette guerre avec son courant politique un combat plus que courageux. Elle fait en effet partie des rares personnalités au sein de la social-démocratie allemande qui s'élèvent dès le premier jour contre le conflit. Elle se hâte de protéger le travail en préparation pour La Conférence des femmes qui était prévue, c'est l'objet d'une lettre à Alexandra Kollontaï rédigée dès le 2 août 1914 Elle est la seule à répondre au télégramme de Rosa Luxemburg et Liebknecht aux responsables sociaux-démocrates. Et le 5 août elle écrit ce très beau texte. Il faut le lire en gardant en tête la situation dans tous les pays, les unions sacrées partout proclamées. Elle mène ce combat tout au long du conflit. Pour cela, elle sera démise par la social-démocratie majoritaire de ses fonctions au sein du journal qu'elle a pratiquement créé et qu'elle a animé pendant plus de vingt ans, Die Gleichheit . Elle sera aussi emprisonnée par le pouvoir impérial comme Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, Leo Jogiches, Franz Mehring et tant de militants et responsables de ce courant. Et tant de prolétaires contre la guerre (emprisonnéEs ou envoyés au front). La traduction a été assurée par mes soins mais je me réjouirais de toute amélioration de la traduction. Faire connaître les textes de ce courant de pensée et d'action, très peu traduits en français, disponibles sur le net, apparaît pour moi depuis plus de vingt ans comme une urgence toujours renouvelée ...

"Femmes prolétaires, soyez prêtes !"

Article qu'elle fait paraître le 5 août 1914 dans le journal "Die Gleichheit"

"La force avec laquelle les masses prolétariennes s'opposeront à la furie de la guerre mondiale sera une bataille gagnée dans leur lutte de libération. L'énergie et la passion révolutionnaires de leur engagement les exposeront à des persécutions, les mettront en danger et leur imposeront des sacrifices. Qu’importe ? Il y a des moments dans la vie de chacun et dans la vie des peuples où l'on ne gagne tout que si l'on engage tout. Un tel moment est là. Femmes prolétaires, soyez prêtes !"

Cette chose terrible qui fait trembler les peuples d'Europe est devenue réalité. La guerre va broyer corps humains, habitations et champs. L'Autriche a pris comme prétexte l'attentat insensé de jeunes Serbes de vingt ans contre l'héritier du trône pour perpétrer un attentat criminel contre la souveraineté, l'indépendance du peuple serbe et, en fin de compte, contre la paix en Europe. Elle veut profiter du moment où la Serbie peut difficilement compter sur une aide du tsarisme russe. Les grèves de masse héroïques du prolétariat montrent une fois de plus que la Russie a la révolution chevillée au corps. La France ne peut guère se permettre de laisser se développer en cet instant les plans de guerre et de conquête du despotisme russe. Les discussions au Sénat ont révélé de graves lacunes dans l'armée, et la réintroduction du service de trois ans a créé un relâchement de la structure militaire et une insatisfaction latente. L'Angleterre est tellement prise par la situation en Ulster et par d'autres tâches qu'elle ne semble pas éprouver un grand désir de prendre part aux atrocités et aux crimes d'une guerre mondiale. C’est pourquoi l'impérialisme autrichien pense pouvoir commettre contre la Serbie une violation du droit international sans que la Triple Entente ne lui tombe dessus. En réduisant la Serbie, il pense pouvoir faire obstacle à la poussée du tsarisme vers la mer Méditerranée.

Les femmes prolétaires savent bien que l'extension de la domination du régime de bourreaux du tsarisme russe signifierait le pire des esclavages pour les peuples. Mais elles sont aussi parfaitement conscientes du fait que l'impérialisme austro-hongrois ne protège pas le droit et la liberté des peuples. Il ne fait que lutter pour les intérêts de la dynastie réactionnaire des Habsbourg, pour la soif d'or et de pouvoir des grands propriétaires terriens et des grands capitalistes dépourvus de tout sentiment et de conscience. La monarchie austro-hongroise piétine chez elle le droit des nationalités et, de manière encore plus éhontée, le droit des masses laborieuses exploitées. Malgré la crise qui fait rage, elle a renchéri pour ces masses depuis des années le coût des produits répondant à leurs besoins vitaux, elle a empêché par des brutalités et la ruse leur lutte contre l'exploitation et la misère. Maintenant, elle couronne son œuvre en obligeant les fils des travailleurs à assassiner et à être assassinés. Elle n'est pas la championne de la prospérité et de la liberté des peuples. Sa guerre ne doit à tout jamais devenir un massacre des peuples.

En Allemagne, les fauteurs de guerre et les bellicistes, avides de profits et de lauriers, cherchent à tromper le peuple sur cette vérité simple. Ils inventent la fable que la guerre autrichienne s’opposerait en fin de compte à la barbarie menaçante de la Russie, qu’elle serait une croisade germanique contre le "slavisme progressant avec arrogance". Ils hurlent sans vergogne au devoir de préserver la "fidélité allemande aux Nibelungen". Ils veulent que l'Allemagne, en tant que puissance de la Triple Alliance, fasse sienne la guerre autrichienne et dilapide ce trésor qu’est le sang du peuple.

L’ignominie que représentent de tels agissements est aussi énorme que le crime de l'impérialisme autrichien. Elle a pour but d’allumer un incendie mondial dans lequel les peuples d'Europe se massacreraient les uns les autres, tandis qu'une poignée de puissants et de très riches engrangerait les bénéfices en souriant. Il ne faut pas que cela arrive jamais. Les prolétaires d'Allemagne - hommes et femmes - doivent prouver par l'action qu'ils sont conscients, qu'ils sont mûrs pour la liberté. Leur volonté de paix, unie à la volonté de paix du peuple travailleur des autres pays, notamment de la France, constitue la seule garantie pour que la guerre des Habsbourg cléricaux ne devienne pas un massacre européen généralisé. Certes, le gouvernement de l'Empire allemand assure qu'il a fait et qu’il fait tout pour que la guerre reste localisée. Mais le peuple a appris que les langues des gouvernants sont aussi fourchues que les langues des serpents. Il connaît aussi la maladresse des artisans de la diplomatie de l'Empire allemand. Et en particulier, il ne se trompe pas sur une chose : La vie politique mondiale est tellement tortueuse et confuse qu'un hasard peut anéantir toutes les bonnes volontés et désirs des gouvernements. C'est un hasard qui décide si le fil ténu, auquel est suspendue l'épée de la guerre mondiale qui menace les peuples, se rompt.

Les possédants et dirigeants jurent eux aussi solennellement qu’ils haïssent la barbarie horrible de la guerre. Oui, eux aussi trembleraient devant ses horreurs infernales. Et pourtant, ils s'emploient sans relâche à préparer la guerre et à attiser la guerre. Il suffit d'entendre comment la presse libérale de gauche, au nom de toutes sortes de raisons culturelles, incite l'Allemagne à prendre position pour l'Autriche par l'épée et à provoquer ainsi fatalement la Russie et la France à entrer dans un combat sanglant. Et pourtant, les pages de cette presse sont encore humides des larmes d'émotion qu'elle a versées sur les psaumes de paix de la Conférence commune des parlementaires franco-allemands à Berne. Avec quelle impudence, les pieux hommes et journaux chrétiens qui chaque jour répètent le commandement de leur Très-Haut dans le ciel - tu ne tueras point – appellent à l'effroyable effusion de sang et massacre. Tous les masques que porte le vampire capitalisme, qui se nourrit du sang et de la moelle des masses populaires, tombent. Comment pourrait-il en être autrement ? Personne ne peut vraiment combattre le massacre des peuples de manière conséquente comme combat fratricide, s'il trouve normal que le capitalisme, année après année, massacre sur ses autels des centaines de milliers de camarades, pour le profit...

Seul le prolétariat opposera sa large poitrine au malheur imminent de la guerre mondiale. Les horreurs de cette guerre seraient déjà déchaînées si l'un des massacreurs les plus impitoyables, le tsarisme, n'était entravé par les grèves politiques de masse du prolétariat russe pour se jeter sur le champ de bataille tant désiré. La lutte révolutionnaire de nos frères et sœurs russes a maintenu, jusqu'à présent, la paix mondiale en ces jours fatidiques. Ne soyons pas plus pusillanimes et plus faibles qu'eux. Leur combat glorieux, sans qu’ils bénéficient de l'arme de droits politiques garantis, sous la menace des geôles, de l'exil et de la mort, nous montre par l'action ce dont est capable une classe ouvrière déterminée, audacieuse et prête à se sacrifier.

Ne perdons pas une minute. La guerre est à notre porte. Repoussons-la dans la nuit, avant que ses fureur et tremblements ne troublent les derniers restes de bon sens et de sentiment d'humanité des masses non éclairées. Sortons des fabriques et des ateliers, des masures et des mansardes pour une protestation de masse. Ne laissons aux dirigeants et aux propriétaires aucun doute sur la profondeur de notre détermination à tout donner jusqu'au dernier souffle pour la paix.

Les masses exploitées sont assez fortes pour porter sur leurs épaules la construction de l'ensemble de l'ordre actuel. Elles sont habituées à se priver, alors que les richesses créées par elles sont dilapidées par l'oisiveté. Elles voient jour après jour en face la mort pour un maigre gagne-pain. Et elles devraient se montrer trop faibles, reculer devant l'indigence, craindre les dangers et la mort, quand appelle la lutte pour la paix et la liberté ? Devraient-elles laisser le champ libre à un militarisme qui vient d'être révélé aux yeux du public le plus large comme le bourreau brutal de leurs fils et de leurs frères ? Le formidable appel à la paix des masses laborieuses doit faire taire dans les rues le hurlement au meurtre patriotique. Et là où deux ou trois hommes et femmes exploités sont réunis, l'horreur de la guerre, la volonté de paix doit être présente parmi eux.

La fraternité entre les peuples n'est pas une vaine invention pour la classe ouvrière, la paix mondiale n'est pas un joli mot. Il y a derrière une réalité tangible : la ferme solidarité des exploités et des opprimés de toutes les nations. Elle ne doit pas laisser les prolétaires pointer le fusil meurtrier contre d'autres prolétaires. Elle doit insuffler aux masses la détermination d'utiliser dans la guerre contre la guerre toutes les armes à sa disposition. La force avec laquelle les masses prolétariennes s'opposeront à la furie de la guerre mondiale sera une bataille gagnée dans leur lutte de libération. L'énergie et la passion révolutionnaires de leur engagement les exposeront à des persécutions, les mettront en danger et leur imposeront des sacrifices. Qu’importe ? Il y a des moments dans la vie de chacun et dans la vie des peuples où l'on ne gagne tout que si l'on s'engage totalement. Un tel moment est là. Femmes prolétaires, soyez prêtes !

En juillet 1917, Clara Zetkin est démise de ses fonctions par la social-démocratie majoritaire! Son éditorial "In eigener Sache".

En juillet 1917, Clara Zetkin est démise de ses fonctions par la social-démocratie majoritaire! Son éditorial "In eigener Sache".

Texte en allemand

Proletarische Frauen, seid bereit! Die Gleichheit, Zeitschrift für die Interessen der Arbeiterinnen, Stuttgart, 5. August 1914.

Das Furchtbare, vor dem die Völker Europas zittern, ist Ereignis geworden. Der Krieg soll Menschenleiber, Wohnstätten und Felder zerstampfen. Österreich hat das sinnlose Attentat zwanzigjähriger serbischer Burschen gegen den Thronfolger zum Vorwand genommen für ein verbrecherisches Attentat gegen das Hoheitsrecht, die Selbständigkeit des serbischen Volkes und letzten Endes gegen den Frieden von Europa. Es will die Zeit nutzen, da Serbien schwerlich auf Hilfe vom russischen Zarismus hoffen kann. Die heldenhaften Massenstreiks des Proletariats zeigen erneut, daß Rußland die Revolution im Leibe hat. Frankreich kann den Kriegs- und Eroberungsplänen des russischen Despotismus in diesem Augenblick kaum Unterstützung angedeihen lassen. Verhandlungen im Senat haben schwere Mängel im Heerwesen gezeigt, und die Wiedereinführung der dreijährigen Dienstzeit hat das militärische Gefüge gelockert und gäfende Unzufriedenheit geschaffen. England ist durch die Sachlage in Ulster und andere Aufgaben derart in Anspruch genommen, daß es kein großes Gelüste zu verspüren scheint, an den Greueln und Verbrechen eines Weltkrieges teilzuhaben. So rechnet der österreichische Imperialismus damit, daß er den Bruch des Völkerrechts gegen Serbien verüben kann, ohne daß ihm der Dreiverband in den Arm fällt. Mit Serbiens Niederwerfung glaubt er dem Drängen des Zarismus nach dem Mittelländischen Meer den Weg zu verlegen. Die proletarischen Frauen wissen, daß die Herrschaftsausdehnung des russischen Henkerzarismus die schlimmste Sklaverei für die Völker bedeuten würde. Sie sind sich aber auch vollständig im klaren darüber, daß der österreichischungarische Imperialismus nicht das Recht und die Freiheit der Völker schützt. Er kämpft lediglich für die Interessen der reaktionären Habsburger Dynastie, für den Gold- und Machthunger der fühl- und gewissenlosen Großgrundbesitzer und Großkapitalisten. Die österreichisch-ungarische Monarchie zertritt im eigenen Hause das Recht der Nationalitäten und noch schamloser das Recht der ausgebeuteten werktätigen Massen. Trotz der wütenden Krise hat sie diesen Massen seit Jahren den nackten Lebensbedarf verteuert, hat sie mit Brutalitäten und Kniffen im Kampfe gegen Ausbeutung und Elend gehindert. Nun krönt sie ihr Werk, indem sie die Söhne der Werktätigen zwingt, zu morden und sich morden zu lassen. Sie steht nicht als Vorkämpferin für die Wohlfahrt und Freiheit der Völker auf dem Plan. Ihr Krieg darf nun und nimmer ein Morden der Völker werden. In Deutschland suchen die profit- und lorbeerlüsternen Kriegshetzer und Kriegstreiber das Volk über diese schlichte Wahrheit zu täuschen. Sie fabeln davon, daß der Krieg Österreichs letzten Endes der drohenden Barbarei Rußlands gelte, ein germanischer Kreüzzug gegen das „übermütig vorwärtsdringende Slawentum“ sei. In gewissenloser Weise brüllen sie von der Pflicht, die „deutsche Nibelungentreue“ zu wahren. Sie wollen, daß Deutschland als Dreibundmacht Österreichs Krieg zu dem seinen mache und das Blut wie den Schatz des Volkes vergeude. Der Frevel solchen Treibens ist so riesengroß wie das Verbrechen des österreichischen Imperialismus. Er will einen Weltbrand entzünden? in dem die Völker Europas sich gegenseitig abschlachten würden, während ein Händchen voll Mächtiger und Sehrreicher schmunzelnd den Vorteil einstriche. Das darf nun und nimmer geschehen. Die Proletarier Deutschlands – Männer und Frauen – müssen durch die Tat beweisen, daß sie erwacht, daß sie reif für die Freiheit sind. Ihr Friedenswille, vereint mit dem Friedenswillen des arbeitenden Volkes der anderen Länder, namentlich Frankreichs, ist die einzige Bürgschaft dafür, daß der Krieg der klerikalen Habsburger nicht zum allgemeinen europäischen Völkermord wird. Wohl versichert die Regierung des Deutschen Reiches, daß sie alles getan habe und tue, damit der Krieg lokalisiert bleibe. Aber das Volk hat erfahren, daß die Zungen der Regierungsmänner gespalten wie Schlangenzungen sind. Es kennt auch die Ungeschicklichkeit der diplomatischen Handwerker des Deutschen Reiches. Und namentlich täuscht es sich nicht über das eine: Das weltpolitische Leben ist so verschlungen und verwirrt, daß ein Zufall alles gute Wünschen und Wollen der Regierungen zuschanden machen kann. Ein Zufall entscheidet, ob der dünne Faden reißt, an dem das Schwert des Weltkrieges hängt, das den Völkern droht. Auch die Besitzenden und Machthabenden schwören feierlich, die entsetzliche Barbarei des Krieges zu hassen. Ja, auch sie zittern vor seinen Höllenschrecknissen. Und doch sind sie unablässig daran, den Krieg vorzubereiten und den Krieg zu schüren. Man höre nur, wie die linksliberale Presse im Namen aller möglichen Kulturgüter Deutschland anreizt, für Österreich mit dem Schwert einzutreten und damit unfehlbar Rußland und Frankreich zum blutigen Ringen herauszufordern. Und doch sind die Seiten dieser Presse noch feucht von den Tränen der Rührung, die sie über die Friedenspsalmen der Verständigungskonferenz deutsch-französischer Parlamentarier zu Bern [1] vergossen hat. Wie schamlos schreien nach scheußlichem Blutvergießen und Massenmord fromme christliche Blätter und Menschen, die täglich das Gebot ihres Allerhöchsten im Himmel herunterplärren Du sollst nicht töten. Alle Masken fallen, die der Vampir Kapitalismus trägt, der sich vom Blut und Lebensmark der Volksmassen nährt. Wie könnte es anders sein? Den Völkermord kann niemand als Brudermord wirklich konsequent bekämpfen, der es in Ordnung findet, daß der Kapitalismus auf seinen Altären jahraus, jahrein Hunderttausende der Volksgenossen dem Profit schlachtet. Nur das Proletariat wird seine breite Brust dem nahen Unheil des Weltkrieges entgegenstemmen. Schon würden die Schrecken dieses Krieges entfesselt sein, wenn nicht einer der skrupellosesten Völkermörder, der Zarismus, durch die politischen Massenstreiks des russischen Proletariats gehindert wäre, sich auf das langersehnte Schlachtfeld zu stürzen. Das revolutionäre Ringen unserer russischen Brüder und Schwestern hat in diesen schicksalsschweren Tagen bis jetzt den Weltfrieden erhalten. Seien wir nicht kleinmütiger und schwächer als sie. Ihr ruhmreicher Kampf ohne die Waffe gesicherter politischer Rechte, angesichts von Kerkern, Verbannung und Tod zeigt uns durch die Tat, was eine entschlossene, kühne und opferbereite Arbeiterklasse vermag. Verlieren wir keine Minute Zeit. Der Krieg steht vor dem Tor. Treiben wir ihn in die Nacht zurück, ehe sein Toben und Rütteln den letzten Rest der Sinne und des Menschlichkeitsempfindens unaufgeklärter Massen verwirrt. Heraus aus Fabriken und Werkstätten, aus Hütten und Dachwohnungen zum Massenprotest. Lassen wir den Herrschenden und Besitzenden keinen Zweifel an dem Ernst unserer Entschlossenheit, alles bis zum letzten Hauch für den Frieden dranzugeben. Die ausgebeuteten Massen sind stark genug, auf ihren Schultern den Bau der ganzen heutigen Ordnung zu tragen. Sie sind es gewöhnt zu entbehren, während der von ihnen geschaffene Reichtum vom Müßiggang verpraßt wird. Sie blicken tagtäglich um eines kargen Verdienstes willen dem Tode ins Angesicht. Und sie sollten sich zu schwach erweisen, vor dem Darben zurückschrecken, Gefahren und Tod scheuen, wenn der Kampf für Frieden und Freiheit ruft? Sie sollten einem Militarismus freie Bahn lassen, der soeben vor der breitesten Öffentlichkeit als der brutale Scherge ihrer Söhne und Brüder gestäupt worden ist? [2] Das gewaltige Friedensgebot der arbeitenden Massen muß in den Straßen das mordspatriotische Geschrei zum Schweigen bringen. Und wo zwei oder drei ausgebeutete Männer und Frauen versammelt sind, da muß der Abscheu gegen den Krieg, der Wille zum Frieden unter ihnen sein. Die Brüderlichkeit zwischen den Völkern ist für die Arbeiterklasse kein leerer Wahn, der Weltfrieden kein schönes Wort. Eine greifbare Tatsache steht dahinter: die feste Solidarität der Ausgebeuteten und Unterdrückten aller Nationen. Sie darf es nicht dazu kommen lassen, daß Proletarier gegen Proletarier das Mordgewehr erheben. Sie muß den Massen die Entschlossenheit einflößen, im Krieg gegen den Krieg alle Waffen zu nützen, die es führen kann. Die Wucht, mit der die proletarischen Massen sich der Weltkriegsfurie entgegenstellen, wird eine gewonnene Schlacht in ihrem Befreiungskampfe sein. Die revolutionäre Energie und Leidenschaft ihres Auftretens wird sie Verfolgungen preisgeben, wird ihnen Gefahren bringen und Opfer auferlegen. Was tut es? Es gibt Augenblicke im Leben des einzelnen und der Völker, wo man nur alles gewinnt, wenn man alles einsetzt. Ein solcher Augenblick ist da. Proletarische Frauen, seid bereit!

1. Interparlamentarische Konferenz zu Bern – auf Einladung von Mitgliedern der Schweizer Nationalversammlung einberufene deutscher und französischer parlamentarier am 11. und 12. Mai 1913. der weitaus größte Teil der deutschen Konferenzteilnehmer gehörte der sozialdemokratischen Reichstagsfraktion an. Auch August Bebel und Karl Liebknecht nahmen an der Konferenz teil. sie fand statt, wie der Vorwärts vom 11. Mai 1913 schrieb, um „den Kriegstreibereien und der unerträglichen Steigerung der Rüstungslasten in Deutschland und Frankreich entgegenzuarbeiten“.

2. Gemeint ist die Auseinandersetzung Rosa Luxemburgs mit der deutschen Militärkamarilla in zahlreichen Artikeln und Versammlungen in der ersten Hälfte des Jahres 1914.

 

J'ai d'abord fait paraître cet article sur mediapart. Précédents articles.
 
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30 juillet 2022 6 30 /07 /juillet /2022 16:20
"Vous me volez la terre, mais pas le ciel". Poème de Karl Liebknecht. De la geôle,1916.

Ce poème, lu ici en espagnol, a été écrit en décembre 1916. Karl Liebknecht avait été arrêté après la manifestation organisée par son courant politique, en pleine guerre , en plein Berlin pour le 1er mai 1916. Il sera condamné à quatre années de prison et libéré par la révolution en octobre 1918. Lors de l'écriture de ce poème, il venait d'être transféré de Berlin à la prison de Luckau.

"Vous me volez la terre, mais pas le ciel". Poème de Karl Liebknecht. De la geôle,1916.

Vous me volez la terre, mais pas le ciel,

Il n'en reste qu'une mince bande où mes yeux

Peuvent s'accrocher :

A travers les mailles de la grille,

Entre les barreaux de fer,

Sous l'étau des murs pesants ...

Mais c'est assez

De voir le bleu divin, resplendissant, du ciel

D'où descend la lumière

Qui s'obscurcit en approchant

Et d'où parfois aussi

Tombe en dansant un bruissement léger

d'oiseaux ...

C'est assez qu'une vive corneille noire et bavarde,

Amie fidèle des jours de prison,

Me fasse voir un être au libre vol

Et qu'un nuage voyageur m'offre sa changeante

image,

Ce n'est qu'une toute petite bande de ciel ;

La nuit dernière,

La plus claire étoile a brillé dans ce bout de

ciel

La plus claire étoile du firmament a paru

Et ses rayons ont jailli des extrémités de

l'espace céleste

Plus clairs, plus brûlants

Avec un plus jeune éclat dans le trou de ma cellule

Que pour vous autres dehors ;

Elle jetait ici sa petite tache de lumière.

Vous me volez la terre, mais pas le ciel ...

Il n'y en a qu'une mince bande maigre

A travers les mailles de la grille,

Entre les barreaux de fer ...

Elle rend les sens de ce corps,

soulevé par une âme libre,

Plus libres que vous ne le fûtes jamais,

Vous qui aviez cru,

Sous les chaînes

De cette prison m'anéantir.

 

Source : Karl Liebknecht. Lettres du front et de la geôle (1916 - 1918). Fac-similé de l'édition originale réalisé pour Les Editions du Sandre, Bibliothèque rouge). Edition originale Librairie de l'Humanité, 1924. Traductions Francis Treat et P. Vaillant-Couturier.

Prison de Luckau

Prison de Luckau

Dans sa première lettre de Luckau à son épouse Sonia, il écrit le 11 décembre :

Aimée,

... Mon transfert s'est fait très discrètement ... Je suis très bien. Ne vous inquiétez pas pour moi. Cellule ample avec un poêle de faïence; grande fenêtre que je peux ouvrir moi-même, table, cuvette et même assiette et couteau, fourchette et cuiller. Une seule chose est pénible - 11 à 13 heures de lit. Mais je m'y ferai à tel point, tu verras, qu'en 1920 tu auras lieu de t'en réjouir! Je suis affecté à la fabrication de chaussures, mais je travaille dans ma cellule. Pendant quinze jours, le travail productif n'est pas obligatoire. La prochaine quinzaine, je devrai fournir un tiers, la suivante deux tiers; Puis, après 6 semaines d'apprentissage, je devrai arriver à la production entière.

Pour l'heure, je suis un embryon d'apprenti cordonnier. Dans les moments libres - (le dimanche et aussi pendant la pause, les jours ouvrables) -  on peut lire et écrire. La bibliothèque de la maison paraît avoir de bonnes choses, naturellement rien que des classiques ... Il est à croire que bientôt je pourrai puiser dans ma propre bibliothèque, mais naturellement par petites quantités. De même, je pourrai me servir d'un peu de papier pour écrire. peut-être m'en enverras-tu bientôt comme tu le faisais déjà pendant l'instruction.

La cour où l'on se promène est très grande. De l'autre côté des murs, on voit des arbres, et d'autres choses agréables - parmi lesquelles une église gothique en briques, point du tout négligeable, avec une nef gigantesque. dans la cour un poirier, et une ébauche de jardins (légumes et fleurs, primevères et pensées). Naturellement nous nous promenons en rang.

Vous ne pouvez m'écrire et je ne puis vous écrire qu'une fois tous les trois mois, sauf affaires de famille urgentes. Seuls les femmes, enfants, frères et sœurs, peuvent écrire. Même règlement pour les visites J'espère bientôt avoir de bonnes nouvelles de toi et des enfants. En tout cas, pas de soucis pour moi. Sur les 1460 jours, déjà 38 de passés, c'est-à-dire à peu près la racine de 1460 ...

Je dois terminer. Je t'embrasse et te serre contre moi mon cœur. Mille baisers aux enfants J'espère qu'ils seront sages, affectueux et appliqués, et qu'ils n'auront pas trop de chagrin à cause de moi.

Beaucoup d'amitiés à tous les parents et amis.

Ton Karl.

...

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30 juillet 2022 6 30 /07 /juillet /2022 14:35
Discovering imperialism, Social Democracy to World War 1. Découvrir l'impérialisme, La social-démocratie et la Première guerre mondiale. 54 textes, entre autres de Rosa Luxemburg, Julian Marchlewski, Franz Mehring ...

 

54 textes - 24 pages de références bibliographiques

Les textes :

Discovering Imperialism. Découvrir l'impérialisme, La social-démocratie et la Première guerre mondiale

1. Modern English Imperialism – Max Beer – novembre 1897

2. The United Staates in 1898 – Max Beer – 31 décembre 1898

3. The United States in 1899 – Max Beer – 19 novembre 1899

4. Anglo-Saxon Imperialism – Paul Louis – mars 1899

5. Imperialism in England and the United States – Paul Louis – septembre-décembre 1900

6. The War in South Africa – Karl Kautsky – novembre 1899

7. Germany, England and World Policy – 8 et 10 mai 1900

8. Trade-Agreements ans Imperialist Expansion Policy – Heinrich Cunow – mai 1900

9. American Expansionist Policy in East Asia – Heinrich Cunom – juin-juillet 1902

10. Social-Democracy and Imperialism – Edouard Bernstein – mai 1900

11. The South-African War abd the Decadence of English Liberalism – Theodor Rothstein – Juillet 1901

12. Reflections on England’s Decline – Max Beer – mars 1901

13. Social Imperialim – Max Beer -  8 novembre 1901

14. Party Projects in England – Max Beer – Janvier 1902

15. Imperialist Policy – Max Beer – décembre 1902

16. Imperialist Literature – Max Beer – décembre 1906

17. An Essay on Imperialism – Paul Louis – avril 1904

18. English Imperialism – Julian B. Marchlewski (Karski) – 4 octobre 1904

19 A Victory of Imperialism - Julian B. Marchlewski (Karski) – 10 novembre 1904

20. On Britsh Imperialism - Otto Bauer - Janvier 1907

21. Before the Hottentot Elections - Parvus (Alexander Helphand) - Janvier 1907

22. Colonies and Capitalism in the Twentieth Century - Parvus (Alexander Helphand) - Juin 1907

23. German Imperialism and Domestic Politics' - Rudolf Hilferding - - octobre 1907

24. Austria and Imperialism - Otto Bauer - octobre 1908

25. National and International Wiewpoints on foreign Policy - Otto Bauer - septembre 1909

26. Imperialism and Socialism in England - Otto Bauer - janvier 1910

27. Finance Capital - Otto Bauer - juin 1910

28. Rudolf Jilferding's Finance Capital : A Study of the Latest Phase of Capitalisme Development- Julian B. Marchlewski (Karski) - 27 août 1910

29. Peace Utopias - Rosa Luxemburg - 6-8 mai 1911

30 Morocco - Rosa Luxemburg - août 1911

31. Petty-Bourgeois or Proletarian World Policy - Rosa Luxemburg - 19 août 1911

32. World Politics, World War and Social-Democray - Karl Kautsky - août 1911

33. Our Broadheet on Morocco - Rosa Luxemburg - 26 aoùut 1911

34. The Party Congress and Foreign Policy - Rudolf Hilferding - septembre 1911

35. Imperialism or socialism - Julian B. Marchlewski (Karski) - 1912

36. German Imperialisme and the Working Class- Karl Radek - mars 1912

37. Our struggle against Imperialism - Karl radel - mai 1912

38. Militia and Disarmament - Paul Lensch - août 1912

39. Imperialism and Arms-Limitation - Gustav Eckstein - septembre 1912

40. Ways and means in the struggl against Imperialism - Karl radek - 14 septembre 1912

41. Social Democracy and Foreign Policy - Paul Lensch - 19 décembre 1912

42. SPD Party Congress at Chemnitz, Debate and resolutions on Imperialism - Hugo Haase and ... - 15 -21 septembre 1912

43. Review of Rosa Luxemburg : The accumulation of Capital, A contribution to the Economic Explanation of Imperialism - Anton Pannekoek - Janvier 1913

44. Rosa Luxemburg's The Accumulation of Capital, A critique - Gustav Eckstein - 16 février 1913

45. The Accumulation of Capital - Otto Bauer - 1913

46. Review of Rosa Luxemburg : The accumulation of Capital, A contribution to the Economic Explanation of Imperialism - Franz Mehring - 1914

47. Imperialism - Karl Hautsky - septembre 1914

48. The Collapse of the International - Anton Pannekoek - 20-2 octobre 1914

49. National State, Imperialist State and Confederation - Karl Kautsky - février 1915

50 Pertspectives and Projekts - Rosa Luxemburg - 1915

51. The Driving Forces of Imperialism - karl radek - mars 1915

52. The nation and the Economy - Leon Trotsky - juillet 1915

53. The prehistory of the World War - Anton Pannekoek - 1915

54. Imperialism and The Tasks of the Proletariat - Anton Pannekoek - janvier 1916

Appendice : Rosa Luxemburg and the Accumulation of Capital

Références

Discovering imperialism, Social Democracy to World War 1. Découvrir l'impérialisme, La social-démocratie et la Première guerre mondiale. 54 textes, entre autres de Rosa Luxemburg, Julian Marchlewski, Franz Mehring ...

Accessible sur https://brill.com/view/title/18644

Social Democracy to World War I

Volume Editors: Richard B. Day and Daniel Gaido

 

The theory of imperialism is usually associated with some of the ‘big names’ in the history of European Marxism, such as Lenin, Rosa Luxemburg, Rudolf Hilferding and Nikolai Bukharin, alongside whom the English Progressive John Hobson is usually mentioned. However, little is known about the development of Marxist theory on this subject besides the books of these figures. This volume assembles for the first time the main documents of the international debate on imperialism that took place in the Second International during the period 1898–1916. It assesses the contributions of the individual participants to the developing theory of imperialism, placing them in the context of contemporary political debates. See Less

Copyright Year: 2012

 

E-Book (PDF)Availability :Published

ISBN :978-90-04-21082-0

Publication date : 25 Nov 2011

 

Hardback

Availability : Published

ISBN :978-90-04-20156-9

Publication dat e: 25 Nov 2011

 

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18 juillet 2022 1 18 /07 /juillet /2022 12:59
Arrestation dAlois Fulneczek

Arrestation dAlois Fulneczek

 

Meurtres en Rhénanie


Alois Fulneczek


Le 19 février 1919, le mineur Aloys Fulneczek de Bottrop, Fulenbrocjstr. 24, s'était rendu en tant que délégué du KPD avec des délégués des autres partis auprès du commandant des troupes engagées, le capitaine Lichtschlag, dans le cadr de négociations. Sur le chemin du retour, il fut arrêté par les troupes, maltraité, envoyé à la prison du tribunal de Bottrop, où il fut abattu par derrière dans sa cellule par le soldat des troupes gouvernementales Heuer, en présence d'un deuxième soldat. Heuer a été accusé d'homicide devant le tribunal militaire, mais a été acquitté sur le témoignage de son compagnon, car il aurait agi en état de légitime défense.
L'armée a été condamnée en première instance au versement de dommages et intérêts.

Der Bergmann Aloys Fulneczek in Bottrop, Fulenbrocjstr. 24 war am 19. Februar 1919 als Delegierter der KPD mit Delegierten der anderen Parteien zum Kommandanten der einrückenden Truppen des Hauptmann Lichtschlag zwecks Verhandlungen gegangen. Auf dem Rückwege wurde er von den Truppen festgehalten, misshandelt, ins Gerichtsgefängnis in Bottrop eingeliefert und dort in der Zelle von dem Regierungssoldaten Heuer in Gegenwart eines zweiten Soldaten von hinten erschossen. Heuer wurde wegen Totschlags vor dem Militârgericht angeklagt, aber auf die Aussage seines begliters hin freigesprochen, weil er angeblich in Notwehr gehandelt.

 

Moritz Steinicke

Moritz Steinicke de Gelsenkirchen , Reichstr. 15, a été arrêté sans mandat dans la nuit du 20 au 21 février 1919 par deux policiers, deux soldats et un civil, puis abattu par le chef de la section, Blumberg, et un policier devant le n° 51 de la Wilhelmstrasse , "alors qu'il tentait de fuir". Steinicke était membre de l'U.S.P.D., il n'y avait rien contre lui. La procédure a été abandonnée parce que Blumberg "avait fait usage de son arme pour empêcher la tentative de fuite et avait donc agi conformément aux instructions générales qui lui avaient été données". (Référence 7 a. J. 585/19 du parquet de Essen).

Moritz Steinicke aus Gelsenkirchen , Reichstr. 15, wurde in der Nacht vom 20. zum 21. Februar 1919 von zwei Schutzleuten, zwei Soldaten und einem Zivilisten ohne Haftbefehl verhaftet und von dem Führer der Abteilung, Blumberg und einem Polizisten vor dem Hause Wilhelmstr. Nr. 51 ,,auf der Flucht“ erschossen. Steinicke war Mitglied der U.S.P.D., es lag nichts gegen ihn vor. Das Verfahren wurde eingestellt, weil Blumberg ,,zur Verhinderung des Fluchtversuches von seiner Waffe Gebrauch gemacht und also gemäß der ihm erteilten allgemeinen Instruktion gehandelt habe“. (Aktenzeichen 7 a. J. 585/19 der Staatsanwaltschaft  Essen.)

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12 juillet 2022 2 12 /07 /juillet /2022 11:39
Aloys Fulneczk, arrêté au retour de négociations et assassiné dans sa cellule le 19 février 1919

Aloys Fulneczk, arrêté au retour de négociations et assassiné dans sa cellule le 19 février 1919

Victimes, ils meurent, fusillés sans procès, pour tentative de fuite, leurs agresseurs en légitime défense ... Les auteurs sont des militaires des corps francs et de l'armée. Les auteurs ne sont pas inquiétés, acquittés faute de preuves, condamnés à des peines insignifiantes. Ils rejoindront en général le nazisme dont certains deviendront des dignitaires. Le pouvoir politique social-démocrate majoritaire de l'époque est responsable, en organisant le maintien ou l'émergence des forces militaires réactionnaires, en laissant faire l'impunité, en développant une propagande où le terme de spartakiste est utilisé contre tous et comme synonyme de terrorisme, et en fin de compte par l'intermédiaire de Gustav Noske en donnant un appui légal à ces agissements.

Emil Cumbel en faisant ce travail a donné un nom à chacune de ces victimes, et une histoire en dévoilant les faits concrets qui ont accompagné leur mort. Il a de ce fait aussi éclairé le contexte de la mort de Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, Leo Jogiches.

D.V.P. juillet 2022

Les meurtres politiques - date, nom(s) des victimes, cause de la mort, nom(s) et peines des responsables et exécutants
Lfd. Nr. Datum
Name des Getöteten
Art der Tötung
Name des Verantwortlichen
Schicksal
Name des Ausführenden
Schicksal
1 11. I. 19
W. Fernbach, W. Heise, W. Möller, K. Grubusch, E. Kluge, A. Schöttler, Wackermann
willkürl. Erschießung
Major Franz v. Stephani
keine Anklage
Weber, Seltzer
keine Anklage
8 15. I. 19
Dr. K. Liebknecht
»auf der Flucht«
H. v. Pflugk-Hartung
freigesprochen
Hr. v. Pflugk-Hartung, Stiege, Lippmann, Ritgen, Schulze, Friedrich
freigesprochen, Krull 3 Mon. G., Bracht 500 M. Geldstrafe
9 15. I. 19
Dr. Rosa Luxemburg
»gelyncht«
Oberl. Vogel
Vogel entkom.
Oberltn. Vogel, Jäg. Runge
Runge 2 J. Gef. 2 Wochen Haft
10 17. I. 19
R. Jordan, H. Merx, v. Lojewski, Milkert
»auf der Flucht«
Sasse
kein Verfahren
2 Trainsoldaten
kein Verfahren
14 19. II. 19
Fulneczek
angebl. Notwehr
unbekannt
unbekannt
Heuer
freigesprochen
15 21. II. 19
M. Steinicke
»auf der Flucht«
unbekannt
unbekannt
Blumberg
Verf. eingest.
16 21. II. 19
Kurt Eisner
willkürl. Erschießung

Graf Arco Valley
lebensl. Fest.
17 7. III. 19
Adolf Riga
willkürl. Erschießung
unbekannt
keine Anklage
unbekannt
keine Anklage
18 8. III. 19
Abr. Melichowitz u. ein Matrose; Peters
im Gef. gelyncht
unbekannt
keine Anklage
Arth. Schneider, Ad. Arndt
je 1 Jahr 6 Monate Zuchthaus
21 10. III. 19
Leo Jogisches, Dorrenbach
»auf der Flucht«
Wachtmstr. E. Tamschik
Z. Ltn. beförd.
unbekannt
keine Anklage
23 10. III. 19
H. Galuska, K. Friedrich, O. Werner
»auf der Flucht«
unbekannt
keine Anklage
unbekannt
keine Anklage
26 11. III. 19
Richard Borchard
angebl. Standrecht
unbekannt
keine Anklage
unbekannt
keine Anklage
27 11. III. 19
Bonczyk, Brandt, Biertümpel, Bursian, Dehn, Deubert, Ferbitz, R. Göppe, Handwohl, Harder, A. Hintze, Hinze, Jakubowsky, O. Kanneberg, Kuhle, Kutzner, Lewitz, H. Lietzau, Maszterlerz, Mörbe, Pobantz, Rösner, Schulz, Ulbrich, Weber, Zieske, Zühlsdorf
willkürl. Erschießung
Oberst Reinhard, Hptm. v. Kessel
Reinhardt nicht angeklagt, v. Kessel freigesprochen
Offizierstellv. Penther, Ltn. Marloh
Marloh 3 Mon. Fest. u. 30 M. Geldstr., Penther z. Ltn. befördert
55 12. III. 19
Sloveck, E. Dahle, K. Becker
willkürl. Erschießung
unbekannt
kein Verfahren
Vizew. Marcus
freigesprochen
58 12. III. 19
P. u. A. Daenschel
angebl. Standrecht
Lt. S. Winter
Verfahr. eingestellt
unbekannt
keine Anklage
60 12. III. 19
Otto Hauschild
angebl. Standrecht
unbekannt
kein Verfahren
unbekannt
kein Verfahren
61 12. III. 19
Alfred Musick
»auf der Flucht«
Oberl. Wecke
kein Verfahren
Vizew. Marcus
kein Verfahren
62 12. III. 19
Piontek
willkürl. Erschießung
unbekannt
kein Verfahren
Ritter u. Wendler
Ritter 3 J. Gef., Wendler freigsp.
63 12. III. 19
Joh. Müller
angebl. Standrecht
Leutnant Baum
freigesprochen
Alex. Köhler
kein Verfahren
64 13. III. 19
Wilh. Bilski
angebl. Standrecht
Leutnant Baum
Verf. eingest.
unbekannt
keine Anklage
65 13. III. 19
Paul Biedermann, Hans Gottschalk
willkürl. Erschießung
unbekannt
kein Verfahren
unbekannt
kein Verfahren
67 13. III. 19
Berthold Peters
angebl. Standrecht
Hauptmann Poll
kein Verfahren
unbekannt
kein Verfahren
68 13. III. 19
Georg Fillbrandt, Paul Szillinski
»auf der Flucht«
unbekannt
kein Verfahren
unbekannt
kein Verfahren
70 13. III. 19
Abrahamsohn, Wallmann
angebl. Standrecht
unbekannt, kein Verfahren
Rtm. v. Oertzen, Verfahr. schw.
Lt. Czekalla, kein Verfahren
Lt. Czekalla, Verf. schwebt
72 30. IV. 19
1 Zivilist
»tödlich verungl.« (Namen in der Tabelle Seite 43)
Gen. v. Oven, kein Verfahren
(v. Gagern 200 M.)
—, kein Verfahren
Diegele 5 Woch. Gefängnis
73 1. V. 19
36 Zivilisten
»tödlich verungl.« (Namen in der Tabelle Seite 43)
Gen. v. Oven, kein Verfahren
(v. Gagern 200 M.)
—, kein Verfahren
Diegele 5 Woch. Gefängnis
109 2. V. 19
103 Zivilisten
»tödlich verungl.« (Namen in der Tabelle Seite 43)
Gen. v. Oven, kein Verfahren
(v. Gagern 200 M.)
—, kein Verfahren
Diegele 5 Woch. Gefängnis
212 3. V. 19
16 Zivilisten
»tödlich verungl.« (Namen in der Tabelle Seite 43)
Gen. v. Oven, kein Verfahren
(v. Gagern 200 M.)
—, kein Verfahren
Diegele 5 Woch. Gefängnis
228 4. V. 19
7 Zivilisten
»tödlich verungl.« (Namen in der Tabelle Seite 43)
Gen. v. Oven, kein Verfahren
(v. Gagern 200 M.)
—, kein Verfahren
Diegele 5 Woch. Gefängnis
235 6. V. 19
21 kath. Gesellen
»tödlich verungl.«(Namen in der Tabelle Seite 43)
Hptm. v. Sutterheim, Verf. eingest.
Offizierstell. Paul Priebe, Verf. eingest.
Jakob Müller, Makowski
je 14 Jahre Zuchthaus, Grabasch, Latosi 1 J. Gef., 10 J. Zhs.
256 21. III. 20
A. Futran, W. Dürre, Fritz Kegel, K. Wienecke, K. Gratzke
angeblich Standrecht
Kapt. Bebbel
keine Unters.
Ltn. Kubich
keine Unters.
261 13. III. 20
Schottländer
gelyncht
Oberl. Schmitz
Unters. erfolgl.
unbekannt
Unters. erfolgl.
262 13. III. 20
Demmig, Schramm, Boronow, Romane
willk. Tötung
Lt. Kaufmann
kein Verfahren
unbekannt
kein Verfahren
266 15. III. 20
Hoffmann, Böhm, Herkenrath
»auf der Flucht«
Obtlt. Müller
kein Verfahren
unbekannt
kein Verfahren
269 17. III. 20
Wittke, Steinfurth
angebl. Standrecht
Baron v. Brandenstein
Verf. eingestellt
Freikorps Roßbach
Verf. eingestellt
271 18. III. 20
Slomski
angebl. Standrecht
Rittergutsbes. Bachmann
Verf. eingestellt
Freikorps Roßbach
Verf. eingestellt
272 18. III. 20
Puffpoff
gelyncht
Rittm. Obernitz
kein Verfahren
unbekannt
kein Verfahren
273 18. III. 20
Gräbler
angebl. Standrecht
Rittm. Obernitz
Verf. schwebt
unbekannt
Verf. schwebt
274 18. III. 20
Dunn, Schlieker, Berg, Köhler, Gerber
angebl. Notwehr
Stefan und Peter v. Lefort
Verf. schwebt
unbekannt
keine Anklage
279 19. III. 20
H. Litzendorf
»auf der Flucht«
Ltn. Simon (?)
Verf. eingest.
Bender
Verf. eingest.
280 19. III. 20
Seidel
in Notwehr
Ltn. Meinecke
keine Unters.
unbekannt
keine Unters.
281 20. III. 20
Paul Jahnke
willkürl. Erschießung
Ltn. Thormann
freigesprochen
Harlinghausen
Verf. eingest.
282 25. III. 20
Hornschuh, Hartmann, Döll, Patz, 3 Füldner, 2 Soldau, Wedel, Rössiger, 2 Schröter, Rosenstock
»auf der Flucht«
Ltn. Göbel
freigesprochen
Engelbrecht, Jahn, Kraus, Herhaber, Schüler, Nebelmann, Blume, Völker, Voß, Lange
freigesprochen
296 24. III. 20
Tierarzt Neubert
»auf der Flucht«
unbekannt
Verf. schwebt
unbekannt
Verf. schwebt
297 24. III. 20
Weigelt
angebl. Notwehr

Ltn. Schütz, freigesprochen
Ltn. Jansen, keine Anklage
298 1. IV. 20
Hülsbusch
angebl. Standrecht
Hachmeyer
kein Verfahren
unbekannt
kein Verfahren
299 1. IV. 20
A. Barth, E. Dann, K. Edelmann, L. Frankenberger, Fr. Glässer, J. Hasenstab, G. Helbing, F. Hurzera, Th. Ignasiak, Fr. Joppe, R. Krimm, R. Riesbeck, G. Rottenbücher, Meis
willkürl. Erschießung
unbekannt
Verf. eingestellt
unbekannt
Verf. eingestellt
314 3. IV. 20
Jos. Soyka
angeblich. Standrecht
Kap.-Ltn. Meyerhofer
kein Verfahren
unbekannt
kein Verfahren
315 5. IV. 20
Paul Graf, Paul Langer
»auf der Flucht«
unbekannt
Verf. schwebt
Wachtm. Mehl, Friedrich
Verf. schwebt
317 6. IV. 20
Rogowski
angebl. Standrecht
Lt. Linsemaier
Verf. schwebt
Block
Verf. schwebt
318 6. IV. 20
Joh. Schürmann, Eug. Kläs
angebl. Standrecht
Ltn. Sinnesheimer
kein Verfahren
unbekannt
kein Verfahren
320 6. IV. 20
Fr. Lichtenauer, »a. d. Flucht«
Herm. Rießner, angebl. Notw.
Ltn. Goeke
Verf. eingest.
unbekannt
kein Verfahren
322 9. IV. 20
Herm. Witschel, Rösner
willkürl. Erschießung
unbekannt
kein Verfahren
unbekannt
kein Verfahren
324 8. IV. 20
Fr. Sieck
»auf der Flucht«
unbekannt
Verf. eingest.
unbekannt
Verf. eingest.
325 17. IV. 20
Max Maurer
»auf der Flucht«
unbekannt
kein Verfahren
Gaul, Grupat, Fuchs
kein Verfahren
326 25. IV. 20
Br. Borucki
willkürl. Erschießung
unbekannt
kein Verfahren
unbekannt
kein Verfahren
327 17. V. 20
Rich. Peledun, Jos. Mainka
»auf der Flucht«
unbekannt
kein Verfahren
Grimm, Eversberg
kein Verfahren
329
Käthe Pintsch
willkürl. Erschießung
Ltn. Horst Kohl
kein Verfahren
unbekannt
kein Verfahren
330 22. V. 20
Hans Paasche
»auf der Flucht«
Oberl. Koppe
Verf. eingest.
Schütze, Diekmann
Verf. eingest.
331 6. X. 20
Marie Sandmeier
willkürl. Erdroßlung
unbekannt
Verf. schwebt
Lt. H. Schweighart
Verf. schwebt
332 28. XII. 20
Paul Hoffmann
»auf der Flucht«
Maj. v. Plüskow
Verf. eingest.
unbekannt
Verf. eingest.
333 4. III. 21
Hans Hartung
willkürl. Erschießung
unbekannt
Verf. schwebt
Rittm. Beurer, Oberl. Berger
Verf. schwebt
334 26. III. 21
Paul Müller
»a. d. Flucht«
unbekannt
Verf. schwebt
unbekannt
Verf. schwebt
335 27. III. 21
Herzau, Thielecke, Pawlack, Weiner, Dietrich
unbekannt
Verf. schwebt
unbekannt
Verf. schwebt
340 28. III. 21
Peter, Straube, Deutsch, Müller, Poblentz, Trautmann, Lederer, Isecke, Zillmann
angebl. Standrecht
unbekannt
Verf. schwebt
unbekannt
Verf. schwebt
349 31.III. 21
Mosenhauer
»a. d. Flucht«

Unterof. R. Böhm
freigesprochen
350 30. III. 21
Wilh. Sült
»a. d. Flucht«
unbekannt
kein Verfahren
Janicke
Verf. schwebt
351 10. VI. 21
Karl Garels
willkürl. Erschießung
Lt. Schweighart?
Unters. schwebt
unbekannt
Unters. schwebt
352 13. VI. 21
Buchholz
angebl. Selbstmord
Hptm. Stennes?
kein Verfahren
Erren (?), Meyer (?)
freigesprochen
353 26. VIII. 21
M. Erzberger
willkürl. Erschießung
unbekannt
Unters. schwebt
H. Schulz, H. Tillessen
Unters. schwebt
354 24. VI. 22
W. Rathenau
willkürl. Erschießung
unbekannt
kein Verfahren
E. W. Techow, Kern u. Fischer, Günther, Gerd Techow, Brand, Niedrig, v. Salomon, Ilsemann, Schütt, Diestel, Tillessen, Plaas
Kern gefallen, Fischer Selbstm., W. Techow 15 J. Zth., G. Techow 4 J. 1 Mon. Gef., Günther 8 J.Zth., Niedrig, v. Salomon je 5 J. Zth., Ilsemann, Schütt, Diestel je 2 Mon. Gef., Tillessen 3 J. Gef., Plaas 2 J. G.

 

 

L'enterrement de Rosa Luxemburg

L'enterrement de Rosa Luxemburg

L'un des objectifs de Emil Gumbel est, en dehors du recensement des meurtres, de montrer la collaboration de la justice. En effet, pour la même période, il recense 22 morts de droite, en représailles ou fusillés sans procès. Ces actes donneront lieu à 10 exécutions, 3 condamnations à perpétuité et 248 années de prison. En comparaison, les 354 morts de gauches entraîneront en tout et pour tout  une condamnation à la prison à perpétuité et 90 années de prison. La plupart des auteurs de ces meurtres seront en effet acquittés ou condamnés à des peines symboliques faute de preuve. Le plus connu de ces auteurs et le plus symbolique de cette collusion est "Pabst" pour les assassinats de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht.

       
       
Les 354 assassinats répertoriés par Emil Gumbel! Ils témoignent du contexte dans lequel il faut comprendre ceux de R. Luxemburg, K. Liebknecht, Leo Jogiches.
 

Dans le commentaire suivant et en conclusion de son tableau, Emil Gumbel cite 82 morts qu'il n'a pas intégrés et donne les raisons.

On peut cependant ainsi garder en mémoire d'autres vicimes et d'autres événements qui donnent toute la mesure de la violence extrême exercée contre le mouvement révolutionnaire.

NICHT AUFGENOMMENE TÖTUNGEN [82]

Wie bereits in der Einleitung hervorgehoben, macht die vorliegende Sammlung keinen Anspruch auf Vollständigkeit. Zunächst habe ich natürlich alle Körperverletzungen weggelassen, die nicht tödlich ausgingen, wie z. B. den Ueberfall auf von Gerlach, Dr. Magnus Hirschfeld, die Attentate auf den Abgeordneten Auer, auf Scheidemann, Harden usw., bei denen der Mordversuch offenkundig war.

Ferner habe ich in die Sammlung nicht aufgenommen:

1. Die Opfer von Demonstrationen, Straßenkämpfen und von Lynchungen durch eine erregte Menge, wie sie vielfach z. B. während der Märzunruhen in Berlin, während des Kapp-Putsches und im Rheinland vorgekommen sind. Während des Kapp-Putsches wurden Hunderte von Arbeitern durch die meuternden Truppen und auch manche Soldaten durch Arbeiter erschossen. So fiel z. B. Hauptmann Bertold im Straßenkampf gegen die Arbeiter von Harburg. Von anderen Opfern von Unruhen seien kurz erwähnt: die 20 in Königshütte am 2. Januar 1919 erschossenen streikenden Arbeiter, die 5 durch die Garde-Kav.-Schützendivision in der Weinmeisterstraße im Februar 1919 Erschossenen, die 34 in der Köpenicker Straße in Berlin im März 1919 erschossenen Kommunisten, die 5 Reichswehrsoldaten, die durch die Baltikumer in Soest im Juni 1920 erschossen wurden. Zuletzt die 2 durch die auf Borkum stationierte Küstenwehr am 31. Dezember 1920 Erschossenen. Von der linken Seite stehen dem u. a. eine Reihe von Lynchungen gegenüber, die durch eine erregte Menge vorgenommen wurden, z. B. der Fall des sächsischen Kriegsministers Neuring und des Oberstleutnants v. Klüber in Halle, die Fälle am Wasserturm in Essen, am Rathaus in Schöneberg usw.

2. Alle Fälle, wo die erschießende Partei behauptet, daß sie von der Menge angegriffen wurde, gleichgültig, ob dies nachweisbar ist oder nicht. Daher habe ich nicht behandelt: die Erschießung von 17 Arbeitslosen in Breslau am 13. Februar 1919, die Erschießung des Arbeiters Hermann Mark in der Müllerstraße in Berlin am 3. Oktober 1919, die Erschießung eines Kriegsbeschädigten in Spandau am 12. Dezember 1919, die Erschießungen von 42 Demonstranten vor dem Reichstag am 13. Januar 1920, die Erschießung des Arbeiters Jusselbeck bei einer Versammlung in Oberhausen am 16. Februar 1920.

3. Alle Ermordungen, denen keine deutschen innerpolitischen Motive zugrunde liegen, also alle Erschießungen in Oberschlesien, ferner die Ermordung des französischen Sergeanten Mannheim, die Ermordung eines polnischen Kommunisten Körner (Rozenblum) durch einen anderen Polen in der Petersburgerstraße in Berlin, und von verschiedenen Türken durch Armenier. Endlich alle Fälle, wo es sich wahrscheinlich um einen persönlichen Racheakt handelte, [83] wie die Ermordung des Abgeordneten Haase durch Voß und die Ermordung des Studenten Kahn in Baden-Baden.

4. Alle Fälle, wo die Erschießung auf Grund eines kriegsgerichtlichen Urteils erfolgte, weil hierbei meistens wenigstens das formale Recht gewahrt blieb. Daher ist die Erschießung von Leviné nicht aufgenommen. Dagegen habe ich die Erschießungen in Köpenick gebracht, da es sich hier meines Erachtens um Justizmorde handelt. Natürlich habe ich auch diejenigen Fälle erwähnt, wo »standrechtliche Erschießungen« durch meuternde Truppen auf Grund der Verordnungen Kapps vorgenommen wurden.

5. Alle Fälle, in denen es mir nicht gelungen ist, genügend Material zu bekommen. Hierunter fällt die Erschießung eines Sanitäters Hans Müller in der Neuenburger Straße in Berlin am 11. Januar 1919, die Erschießung von Pieser in Spandau am 11. Januar 1919, des Kommunisten Meseberg in Halle am 24. März 1919, die Erschießung des Arbeiters Pludra im März 1919 in Halle a. S. durch den Freiwilligen Hans Haneling auf Befehl des Oberleutnants Kornalewski (Feld-Art.-Reg. 45) und des Führers der 2. Streifkompagnie des Freikorps Halle Huberti alias Roth, ungefähr 50 willkürliche Erschießungen während der Märzunruhen in Berlin, z. B. die des Soldaten Neese am 12. März 1919, die Erschießung des Willi Bressert in Kottbus am 2. August 1919, die Erschießung des Kommunisten Hammer in Remscheid im September 1919, die Erschießung des 20 jährigen August Kluwig durch den Vizefeldwebel Moeßmann (6. Kompagnie des Freikorps Schütz) bei Hamborn im März 1920, die Erschießung des 19 jährigen Wilhelm Bölke in Adlershof am 19. März 1920, die Erschießung der Arbeiter Paul Reinke und Emil Dagner am 22. März 1920 auf Befehl des Major Kloß durch den Leutnant Schefler in Wesel, die Ermordung von Arbeitern durch Reichswehrsoldaten in Schallenberg und Tunzenhausen im März 1920, die Erschießung eines Arbeiters in Parin bei Grevesmühlen am 20. März 1920 auf Befehl des Wirtschafters des Gutes Oberhof, eine Reihe von Ermordungen von Bürgern bei Halle im März 1920, nämlich des Bergrats Dr. Vogelsang in Eisleben am 16. März, des Bürgermeisters von Osterfeld, des Rittergutsbesitzers Barth in Poserna, des Pastors Niehus in Burg Liebenau am 20. März, des Landesjägers Herr in Teutschenthal, des Schriftstellers Schott in Langenberg-Reuß, des Freiherrn von Knigge in Endorf, die Ermordung des Bürgermeisters Jaeckel in Osterfeld durch Kommunisten, die Erschießung des bolschewistischen Kuriers Paul de Mott am 5. April 1920 im Gefängnis Wesel durch den ihn bewachenden Gefreiten Getischorek »auf der Flucht« und die Ermordung des Arbeiters Karl Schluck am 15. April 1920 in Altenbochum durch Angehörige des Freikorps Epp; ferner die Erschießung des Arbeiters Otto Haase am 9. Juni 1921 in Berlin.

Selbst nach dieser scharfen Auswahl sind noch die geschilderten Fälle übrig geblieben.

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12 juillet 2022 2 12 /07 /juillet /2022 10:34
11 janvier 1919, les négociateurs du Vorwärts abattus, quatre jours avant Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht. Le travail extraordinaire d'Emil Gumbel

Je vous propose de suivre aujourd'hui le premier des meurtres politiques des premières années de la république de Weimar, relaté par une extraordinaire personnalité, Emil Gumbel. Il se passe quatre jours avant ceux de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht : 7 négociateurs envoyés par les occupants du Vorwärts, sortis sans armes et identifiables comme tels, sont emmenés dans une caserne berlinoise ... et abattus sans autre forme de procès.

Nous devons le récit suivant à un travail extra-ordinaire, au sens propre du terme, réalisé au jour le jour par un  mathématicien qui deviendra plus tard un économiste renommé, après avoir difficilement échappé aux nazis (La loi Gumbel sur l'économie des extrêmes, vous connaissez?)

Emil Gumbel a répertorié les meurtres politiques des quatre premières années de la république de Weimar, dirigée alors par la social-démocratie majoritaire. Son travail est en ceci unique qu'il suit pour chaque assassinat la même trame : nom de la victime, thèse officielle, confrontation avec les éléments du dossier, sort des assassins.

Tout est écrit de manière lisse, concentrée, précise et étayée. Un documentaire récent permet de visionner les archives d'Emile Gumbel

La mémoire de plus de 330 militants politique de gauche est ainsi incroyablement conservée et sauvegardée. Leur assassinat serait passé souvent totalement inaperçu. Il les nomme, les sauvant ainsi de l'oubli.

Gumbel a attesté de 330 assassinats de militants de gauche contre 22 de droite. Les peines moyennes ont eté pour les auteurs des seconds de 4 mois et pour les auteurs des autres de quinze années (deux peines de mort.

La plupart ont été commis par des corps francs ou des forces armées que le pouvoir n'a pas poursuivis, au contraire. Le titre du documentaire fait référence aux nazis, mais le fait est que les meurtres ont été commis sous Noske, ministre de l'Intérieur des sociaux-démocrates majoritaires. Il est encore des vérités difficiles à regarder en face!

 

Le livre date de ... 1925

 

Le documentaire : https://archive.org/details/Gumbel_Ein-Mathematiker-kaempft-gegen-die-Nazis_junger-dokumentarfilm_SWR_2019

Gumbel est au centre de la photographie

Gumbel est au centre de la photographie

Emil Julius Gumbel, Quatre années de meurtres  politiques,

Verlag Das Wundernhorn, p 9 et 10

Traduction Dominique Villaeys-Poirré, juin 2022. Merci pour toute amélioration de la traduction.

 

Les négociateurs du Vorwärts

En janvier 1919, les ouvriers révolutionnaires s'étaient emparés du bâtiment du Vorwärts. Les troupes gouvernementales assiégèrent le bâtiment. Le 11 janvier au matin, les occupants du Vorwärts envoyèrent en tant que négociateurs, identifiables  par des signes distinctifs  et bien sûr non armés, les personnes suivantes :

Le rédacteur Fernbach, Walter Heise, Werner Möller, Karl Grubusch, Erich Klude, Arthur Schötler, Wackermann.

Fernbach ne faisait pas partie des occupants. Il n'était entré dans le bâtiment que l'après-midi du 10, pour rendre visite à quelqu'un, et n'avait pas pu ressortir du fait du cordon de sécurité. Les sept négociateurs furent emmenés à la caserne des Dragons, 6 rue Belle-Alliance, et fusillés à 10 heures du matin. D'après le rapport du colonel V. Carnap au père de Fernbach fusillé, ils furent lynchés par des soldats qui s'étaient introduits dans le bâtiment, bien qu'ils fussent sans armes, et sans que v. Carnap et le major Franz v. Sephani, également présent, ne puissent faire quoi que ce soit. Le major v. Stephani, en revanche, a écrit à Mme Fernbach :

"Fernbach s'est trouvé parmi les partisans de Spartacus qui ont été pris dans les locaux du Vorwärts les armes à la main et sur lesquels on trouva des balles dumdum. Ils ont donc perdu la vie pendant le combat et ils ont été fusillés".

Ces affirmations non plus ne correspondent pas aux faits. Lors du procès Ledebour, le comte Westart, qui dirigeait le siège et qui a été entendu comme témoin le 23 mai 1919, a expressément déclaré que les sept hommes étaient identifiables en tant que négociateurs, qu'ils n'avaient pas été pris les armes à la main et qu'ils n'avaient bien sûr pas non plus de balles dum-dum. Le major von Stephani a lui-même retiré ses affirmations plus tard devant le premier tribunal de la « Division de la Garde » (déclaration du secrétaire de la cour martiale Hieholzer).

Suivant les déclarations concordantes, que l’on peut lire dans les actes du tribunal, du soldat Wihelm Helms, du soldat Georg Schickram, qui a assisté à l'ensemble de la fusillade, du caporal sanitaire Hans Stettin et du soldat Willi Köhn, et enfin des propres déclarations de v. Stephani devant la commission d'enquête de l'Assemblée du Land de Prusse du 3 juin 1919 (voir le rapport officiel, pages 48 et 49), on peut établir comme suit le véritable déroulement des faits, c’est-à-dire que Stephani avait lui-même donné l'ordre de fusiller. Il s'est appuyé sur un prétendu ordre du gouvernement, qui a toutefois été démenti par celui-ci (Témoignage du conseiller de la cour martiale Hierholzer devant le tribunal de la 1ère « Division de la Garde », brigade 3 de la Reichswehr, Postdam). Même les noms de deux des soldats qui ont procédé à l’exécution, le sergent Otto Weber, Feldkolonne 40, Staffelstab 10, Hanovre, et le caporal Erich Selzer, régiment d'infanterie 21 à Rudolstadt, sont connus. Les chaussures et les couvre-chefs des sept morts ont été dérobés (témoignage de Fernbach senior). Le corps de Möllers présentait deux coups de baïonnette (témoignage de Mme Möller). En outre, la moitié gauche de son visage avait été arrachée.

Comme l’indique une déclaration de Fernbach senior du 29 janvier 1919, le ministère public déclare que l'affaire est close. Le 26 mars 1919, le père de Fernbach dépose alors une plainte pénale contre Stephani pour meurtre. Ce n'est que le 31 mars 1920 que le tribunal de la « Garde-Kav.-Div ». à Postdam l'informa que le procès contre Stephani pour abus de pouvoir aurait lieu prochainement. Mais cela n'a pas eu lieu. Suite à la suppression de la juridiction militaire, les dossiers furent transmis au Parquet de Berlin le 10 octobre 1920. Le conseiller du procureur du Tribunal de grande instance II, le Dr Ortmann, refusa d'émettre un mandat d'arrêt contre von Stephani. Stephani continua à être utilisé par les autorités militaires et il a participé aux combats autour de Munich (séance de la commission d'enquête du Tribunal régional II du 6 mai 1919).

Le 14 juillet 1921, le tribunal régional II, sign. Hartmann Siemens, Dr. Fränkel, a mis hors de cause les accusés v. Stephani, Weber et Seltzer "pour le motif de manque de preuves". La plainte civile de Fernbach contre v. Stephani a été rejetée le 20 décembre 1920. En mars 1922, la demande de celui-ci de dommages et intérêts contre le ministre de la Guerre a été reconnue comme justifiée sur le fond par le tribunal de grande instance I. Pour les plaintes de cinq autres survivants, le fisc exige la preuve de l'identité.

 

(Je suis en possession d'une copie des déclarations et des dossiers).

 

Remarques du blog :

Les phrases en italiques sont le fait du blog. Les dénominations des différents grades et instances ont été reprises d'une traduction automatiique et doivent être retravaillées.

 

11 janvier 1919, les négociateurs du Vorwärts abattus, quatre jours avant Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht. Le travail extraordinaire d'Emil Gumbel

Texte original en allemand :

 Die Vorwärtsparlamentäre

 

Im Januar 1919 hatten revolutionäre Arbeiter sich des Vorwärtsgebäude bemächtigt. Die Regierungstruppen belagerten das Haus. Die Vorwärtsbesatzung schickte am 11. Januar frühmorgens als Parlamentäre, durch entsprehende Abzeichen kenntlich und natürlich unbewaffnet, folgende Leute :

 

   Redakteur Fernbach, Walter Heise, Werner Möller, Karl Grubusch, Erich Klude, Arthur Schötler, Wackermann

 

Fernbach gehörte nicht zur Besatzung. Er war erst am Nachmittag des 10. in das Gebäude gegangen, um jemand zu besuchen, und konnte wegen der Absperrung nicht mehr heraus. Die sieben Parlementäre wurden in die Dragonkaserne in der Belle-Alliancestr. 6 abgeführt und morgens 10 Uhr erschossen. Nach der Meldung des Obers. V. Carnap an den Vater des erschossenen Fernbach wurden sie von eingedrungenen Soldaten gelyncht, obwohl sie waffenlos waren, ohne dass v. Carnap und der gleichfalls anwesende Major Franz v. Sephani irgend etwas machen konnten. Major v. Stephani dagegen schrieb an an Frau Fernbach : “Fernbach hat sich mit unter den Spartakus-Anhängern befunden, die mit der Waffe in der Hand aus dem Vorwärts herausgeholt wurden und bei denen Dumdumgeschosse vorgefunden wurden. Sie hatten demgemäss während der Kampfhandlung ihr Leben verwirkt und Ter tod hat durch Erschiessund stattgefunden.”

 

Auch diese Behauptungen entprechen nicht den Tatsachen. Im Ledebourprozess hat Graf Westart, der die Belagerung leitete, am 23. Mai 1919 als Zeuge vernommen, ausdrücklich erklärt, dass die sieben als Parlamentäre kenntlich waren, nicht mit der Waffe in der Hand ergriffen wurden und natürlich auch keine Dumdumgeschosse gehabt hatten. Auch Major von Stephani hat seine Behauptungen selbst später vor dem ersten Gardedivisiongericht zurückgezogen (Erklärung des Kriegsgerichtsretes Hieholzer).  Der wirkliche Vorgang war nach übereinstimmenden, bei den Gerichtsakten befindlichen Aussagen des Soldaten Wihelm Helms, des Soldaten Georg Schickram, der der ganzen Erschiessung beiwohnte, des Sanitätsgefreiten Hans Stettin und des Soldaten Willi Köhn, schliesslich den eigenen Aussagen v. Stephanis im Untersuchungsausschuss der preuss. Landesversammlung vom 3. Juni 1919 (vgl. Den amtlichen Bericht, Seite 48 und 49), dass Stephani selbst den Befehl zur Erschiessung gegeben hat. Er berief sich dabei auf einen angeblichen Regierungsbefehl, der jedoch von der Regierung dementiert wurde (Aussage des Kriegsgerichtsrats Hierholzer vor dem Gericht der 1. Garde-Division, Reichswehrbrigade 3, Postdam). Sogar die Namen von zwei der exekutierenden Soldaten, Wachtmeister Otto Weber, Feldkolonne 40, Staffelstab 10, Hannover, und Gefreiter Erich Selzer, Infanterieregiment 21 in Rudolstadt sind bekannt. Den sieben Toten waren die Schuhen und Kopfbedeckungen gestohlen (Bekundungen von Fernbach senior). Die Leiche des Möllers wies (Bekundung der Frau Möller) zwei Bajonettstiche auf. Ausserdem war ihm die linke Gesichtshälfte eingeschlagen. Auf eine Angabe von Fernbach senior vom 29. Januar 1919 erklärt die Staatsanwaltschaft, die Angelegenheit sei erledigt. Fernbachs Vater stellte am 26. März 1919 Strafantrag gegen Stephani wegen Mordes. Erst am 31. März 1920 teilte ihm das Gericht der Garde-Kav.-Div. in Postdam mit, dass das Verfahren gegen Stephani wegen Überschreitung der Dienstgewalt demnächst stattfinden werde. Dies geschah aber nicht. Infolge der Aufhebung der Militärgerichtsbarkeit kamen die Akten am 10. Oktober 1920 an die Staatsanwaltschaft Berlin. Der Staatsanwaltsrat vom Landgericht II., Dr. Ortmann, lehnte den Erlass eines Haftbefehls gegen von Stephani ab. Stephani wurde sogar weiter im Dienst verwendet und war bei den Kämpfen um München dabei (Sitzung des Untersuchungsaussschusses der Landesgericht II vom 6. Mai 1919). Am 14. Juli 1921 hat das Landgericht II, gez. Hartmann Siemens, Dr. Fränkel, die Beschuldigungten v. Stephani, Weber und Seltzer “aus dem tatsächlichen Grunde mangelnden Beweises ausser Verfolgung gesetzt”. Die Privatklage Fernbachs gegen v. Stephani wurde am 20. Dezember 1920 abgewiesen. Im März 1922 wurde sein Anspruch auf Schadenersatz gegen den den Kriegsminister vom Landgericht I. dem Grunde nach als berechtigt anerkannt. Bei den Klagen von fünf andern Hinterbliebenen verlangt der Fiskus den Identitätsnachweis. (Abschriften der Aussagen und Akten sind in meinem Besitz.)

 

Texte retrancrit pour le net par mes soins. Le deuxième texte est consacré aux assassinats de Rosa Luxemburg et karl Liebknecht.  L'ensemble de l'ouvrage est un témoignage inestimable. Il a été heureusement réédité par la maison d'édition Das Wunderhorn.

 

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12 juillet 2022 2 12 /07 /juillet /2022 10:00
Lettre de Rosa Luxemburg à Clara Zetkin mars 1910 - Parti social-démocrate et syndicat contre toute mobilisation sur la grève de masse et la république.

Source : rosa luxemburg, vive la lutte !, maspéro , p 318 - 321

Citations :

 

"Certes, je lui en veux de m’avoir privée de deux ans de taule, mais j’espère que d’autres occasions se présenteront et je qu’il est bien plus facile de s’exposer soi-même que d’exposer les autre. J’ai d’ailleurs la ferme conviction qu’on nous mettra un jour  « en taule » toutes les deux. Ne crois-tu pas ? D’avance ça me réjouit à un point … !"

 

"Autre chose à présent : la manifestation d’hier a été très confuse, pas coordonnée et sans orientation nette, mais au total elle a eu un bon effet et elle constitue un pas en avant. Dans doute, dès qu’elles aperçoivent les chevaux des policiers et qu’elles voient les sabres au clair, les masses s'enfuient sans réfléchir (nous trois, avec ton fils et le petit Rosenfeld nous sommes chaque fois restés sur place, sans bouger, d’un pouce et les flics naturellement n’ont pas osé nous toucher), mais tout s’apprend y compris ne pas s'enfuir. En tout cas, dans les masses, l’envie de manifester et la colère contre la police ont augmenté et désormais on manifestera certainement, que la direction en lance ou n’en lance pas le mot d’ordre."

 

" Autre nouvelle : j’ai écrit un article dur sur la grève de masse et la République. Je l’ai d’abord proposé au Vorw. . Qui l’a refusé en prétextant que la direction du parti et le Comité directeur ont fait obligation à la direction du journal de ne rien publier sur la grève de masse ... Mais voilà qu’hier matin, Carolus m’explique qu’il est allé trouver August pour lui demander son avis. Et August lui a appris que la conférence qui vient de réunir Comité directeur et secrétaires de district a émis le vœu que l’on n’aborde absolument pas le thème de la grève de masse ! Carolus est naturellement d’accord car (sur ce point, il se borne à répéter ce que dit August) la situation n’est actuellement pas du tout mûr pour une g. m., par contre, l’an prochain, quand nous aurons remporté une éclatante victoire électorale, alors … Alors quoi ? "

 

"D’une autre source, j’ai appris ceci ; ces fameux pour parlers entre Comité directeur et Comm. Générale ont abouti au refus de la C.G. Mais voilà ce qui est caractéristique : la C.G. déclare qu’elle ne prendra pas la responsabilité d’une g.m. ; la grève de masse, les masses n’ont qu’à la faire ; si elle a lieu, la C.G n’y fera pas obstacle. Voilà à quoi servent organisation et dirigeants ! Aux masses de faire le travail et, en même temps on va jusqu’à interdire toute discussion dans la presse !"

En route pour la manifestation sur le système électoral - avril 1910

En route pour la manifestation sur le système électoral - avril 1910

Ma très chère petite Clara,

 

Avant toute chose, grand, grand merci pour les magnifiques cadeaux (encore que je sois sincèrement fâchée que tu songes à fêter pareille bagatelle et que je passe un savon chaque fois à Kostia pour le le même motif.)

 

Combien je souhaitais avoir les œuvres de Mistral, je te l’ai dit moi-même ; mais je n’avais pas moins envie de Keller que finalement je ne puis ignorer plus longtemps. Le jour même de mon anniversaire, j’ai lu Spiegel, das Kätzchen, et ça m’a beaucoup amusée.

 

Ta lettre a été aussi, pour moi, un beau cadeau : j’ai simplement regretté que tu prennes tellement au tragique cette histoire d’éditorial ; moi, j’ai traité ça par-dessus la jambe et j’en ai ri. Mais comme il a paru, l’article fait son effet et je suis terriblement désolée que le pauvre poète se soit donné tant de soucis et de désagrément à cause de moi.

 

Certes, je lui en veux de m’avoir privée de deux ans de taule, mais j’espère que d’autres occasions se présenteront et je sais qu’il est bien plus facile de s’exposer soi-même que d’exposer les autres. J’ai d’ailleurs la ferme conviction qu’on nous mettra un jour  « en taule » toutes les deux. Ne crois-tu pas ? D’avance ça me réjouit à un point … !

 

Autre chose à présent : la manifestation d’hier a été très confuse, pas coordonnée et sans orientation nette, mais au total elle a eu un bon effet et elle constitue un pas en avant. Dans doute, dès qu’elles aperçoivent les chevaux des policiers et qu’elles voient les sabres au clair, les masses s'enfuient sans réfléchir (nous trois, avec ton fils et le petit Rosenfeld nous sommes chaque fois restés sur place, sans bouger, d’un pouce et les flics naturellement n’ont pas osé nous toucher), mais tout s’apprend y compris ne pas s'enfuir. En tout cas, dans les masses, l’envie de manifester et la colère contre la police ont augmenté et désormais on manifestera certainement, que la direction en lance ou n’en lance pas le mot d’ordre.

 

Autre nouvelle : j’ai écrit un article dur sur la grève de masse et la République. Je l’ai d’abord proposé au Vorw. . Qui l’a refusé en prétextant que la direction du parti et le Comité directeur ont fait obligation à la direction du journal de ne rien publier sur la grève de masse ; en même temps, on me fit savoir confidentiellement que le Comité directeur était justement en pourparlers avec la Commission générale au sujet de la grève de masse.

 

Je donnai alors l’article à la Neue Zeit. Mais mon Karl fut pris d’une terrible frousse et me supplia de biffer surtout le passage concernant la république ; il s’agissait là, dit-il, d’un thème d’agitation tout à fait nouveau, je n’avais pas le droit d’exposer le parti à des périls incommensurables, etc. Comme je n’avais pas le choix et que l’idée de la grève de masse me paraissait  dans la pratique, plus importante, j’ai cédé et supprimé le passage sur la république. L’article était déjà à l’impression, assorti de cette note de la rédaction : « Nous proposons à la discussion ( !) de nos lecteurs les points de vue développés ci-dessus ».

 

Mais voilà qu’hier matin, Carolus m’explique qu’il est allé trouver August pour lui demander son avis. Et August lui a appris que la conférence qui vient de réunir Comité directeur et secrétaires de district a émis le vœu que l’on n’aborde absolument pas le thème de la grève de masse ! Carolus est naturellement d’accord car (sur ce point, il se borne à répéter ce que dit August) la situation n’est actuellement pas du tout mûr pour une g. m., par contre, l’an prochain, quand nous aurons remporté une éclatante victoire électorale, alors … Alors quoi ? Lui-même ne le sait pas, mais il s’abrite derrière des formules du genre : : alors nous aurons une situation toute différente », etc.

 

Bref, il n’ose pas publier l’article et lui-même est opposé à toute discussion sur la grève de masse.

 

D’une autre source, j’ai appris ceci ; ces fameux pour parlers entre Comité directeur et Comm. Générale ont abouti au refus de la C.G. Mais voilà ce qui est caractéristique : la C.G. déclare qu’elle ne prendra pas la responsabilité d’une g.m. ; la grève de masse, les masses n’ont qu’à la faire ; si elle a lieu, la C.G n’y fera pas obstacle. Voilà à quoi servent organisation et dirigeants ! Aux masses de faire le travail et, en même temps on va jusqu’à interdire toute discussion dans la presse !

 

Assez pour aujourd’hui ; je t’écris à la hâte. Ton manuscrit, je ne l’ai plus, mais je vais le demander tout de suite à Düwell par téléphone s’il l’a encore. Et où donc, espères-tu à présent faire paraître une brochure comme celle-là.

Ta Rosa

J’ai encore oublié quelque chose : le 5, Faisst est venu me voir et pendant deux heures, il a joué et chanté, c’était magnifique ! Une vraie délectation qui a fait de mon modeste anniversaire une véritable fête.

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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009