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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.
 
Voir aussi : http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr/
 
2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 18:00
5 décembre à partir de 15 heures, Les internationalistes dans les guerres : 14-19 (la pièce de Jolie Môme) et la guerre d’Algérie (films: J. Asselmeyer et S.Tigharghar. Débats : Rajfus ...)

Journée « Les internationalistes et la guerre »

Programme :

 

15h-19h : Projections et débats , Internationalistes dans la guerre d'Algérie

 

  • Ils ont choisi l'Algérie, film de Jean Asselmeyer
  • Vers la réconciliation, film court de Sami Tigharghar
  • Rencontre avec Maurice Rajsfus, militant au sein des Comités contre le départ du contingent
  • ...

(P.A.F 5€)

 

organisé avec l'APCV, la médiathèque Don Quichote et Sciences Pop

 

 

"Ils ont rejoint l'Algérie", Jean Asselmeyer

"Ils ont rejoint l'Algérie", Jean Asselmeyer

19h : couscous de l'amitié entre les peuples,

 

20h30 : Internationalistes dans la guerre de 14/18,
avec le spectacle de la Compagnie Jolie Môme


« 14/19 - la Mémoire nous joue des tours »

 

Création de la Compagnie Jolie Môme

Croire en l'histoire officielle,
c'est croire des criminels sur parole.

Simone Weil

Sam, lycéenne en 2014 participe à une commémoration de 14/18.

Elle découvre par hasard que des femmes et des hommes se sont opposés à la guerre et que jamais on ne lui a parlé des internationalistes. Ni des spartakistes.
A travers un périple dans le temps, elle croisera bien des personnages historiques et fictifs… suivons-là !

Tarif pour le spectacle : 18€ ou 12€ (au choix, aucun justificatif demandé)

5 décembre à partir de 15 heures, Les internationalistes dans les guerres : 14-19 (la pièce de Jolie Môme) et la guerre d’Algérie (films: J. Asselmeyer et S.Tigharghar. Débats : Rajfus ...)
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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 11:22
sur le site lycées de banlieue

sur le site lycées de banlieue

 " Au milieu des ténèbres, je souris à la vie, comme si je connaissais la formule magique qui change le mal et la tristesse en clarté et en bonheur. Alors, je cherche une raison à cette joie, je n'en trouve pas et ne peux m'empêcher de sourire de moi-même. Je crois que la vie elle-même est l'unique secret. (...) La vie chante aussi dans le sable qui crisse sous les pas lents et sourds de la sentinelle, quand on sait l'entendre." Rosa Luxemburg

http://www.cheny.net/plus/gy04_03.html

http://www.cheny.net/plus/gy04_03.html

LECTURE ET DISCUSSION
Lecture proposée par Sabrina Lorre et Didier Hominal

 En lutte contre la guerre

Collage de témoignages en résistance et de voix révolutionnaires internationalistes.

 

La lecture sera suivie d’une discussion : Histoire, Théâtre et Politique ?

 

SAMEDI 21 NOVEMBRE 2015 - 19 h

L’HEURE DES THÉS

4, rue des Creuses
42000 Saint-Étienne
Tél. : 04 77 37 92 27
Devant le monument aux morts pacifiste de Gy L'Evêque dans l'Yonne

Devant le monument aux morts pacifiste de Gy L'Evêque dans l'Yonne

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 19:51
Karl Liebknecht, extrait d'une lettre du front à son fils, le 31 octobre 1915. "Une histoire de cette guerre sera, mon enfant, plus simple à faire que l'histoire de nombre des guerres précédentes ...". En contre-point à Rosa Luxemburg

DOSSIER LIEBKNECHT

 

A Wilhem Liebknecht, le 31 octobre 15

 

Mon très cher enfant, 

 

... Cette marche nous a conduits à travers les positions russes conquises, un labyrinthe totalement souterrain conçu avec art et confortable. Mais, bien entendu maintenant largement dévasté. Les cadavres tout autour dispersés sur la terre gelée, recroquevillés comme des vers, ou les bras tendus comme s'ils voulaient se sauver, se fondre à la terre ou au ciel. Les visages tournés vers le sol ou sur le dos, en partie déjà noirs.

 

Mon dieu, j'ai vu aussi durant ce même temps, certains de nos morts, et aidé à leur retirer leurs pauvres biens, derniers souvenirs pour leurs femmes et leurs enfants.

 

Une histoire de cette guerre sera, mon enfant, plus simple à faire que l'histoire de nombre des guerres précédentes. Car les forces qui ont poussé justement à cette guerre-ci apparaissent de manière tout à fait brutale à la surface. Réfléchis aux croisades, comme était trompeuse l'apparence religieuse et mettant en avant des buts imaginaires de civilisation, ne faisant que masquer, dans ce cas-là aussi, des tendances presque uniquement économiques. Les croisades étaient de fait de grandes guerres commerciales

 

La monstruosité en importance, moyens, buts de la guerre actuelle ne masque pas la réalité mai  plutôt la révèle, la démasque. Mais nous reparlerons de tout cela. Et de beaucoup d'autres choses.

 

Texte allemand : Gesammelte Reden und Schriften, Tome VIII., Dietz Verlag, première parution 1966, P 362 -363

Traduction Dominique Villaeys-Poirré, le 14 novembre 2015. Parution sur le blog le 15 novembre 2015

 

   ... Dieser Marsch führte uns durch die eroberten russischen Stellungen, reine unterirdische Labyrinthe, kunstvoll u. bequem ausgebaut. Zer"deppert" natürlich jetzt vielfach. Da lagen die Leichen herum, auf der eisigen Erde, gekrümmt wie Würmer oder mit ausgebreiteten Armen, als wollten sie sich an die Erde oder den Himmel schmiegen, retten. Die Gesichter nach dem Boden oder aufwärts. Schwarz schon zuweilen.

   Gott, ich sah auch manchen unserer Toten in dieser Zeit u. half, Ihnen die Habseligkeiten abnehmen, die letzten Erinnerungen für Frau u. Kinder.

   Eine Geschichte dieses Krieges wird einfacher sein, mein Kind, als die Geschichte vieler früherer Kriege. Weil die Triebkräfte gerade dieses Krieges ganz brutal an der Oberfläche liegen. Denk an, die Kreuzzüge, wie verirrend der religiös- und kulturell-phantastische Anschein, der freilich auch fast nur wirtschaftliche Tendenzen verdeckte. Die Kreuzzüge waren grosse Handelskriege.

   Die Ungeheuerlichkeit in Mass, Mitteln, Zielen des heutigen Krieges verdeckt nicht, sondern entdeckt, deckt eher auf. Darüber reden wir noch. Und über vieles andere.

 

 

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 19:19
Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Jean Rouaud - Mathurin Méheut - un livre "Eclats de 14".
Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Jean Rouaud - Mathurin Méheut - un livre "Eclats de 14".
Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Jean Rouaud - Mathurin Méheut - un livre "Eclats de 14".
Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Jean Rouaud - Mathurin Méheut - un livre "Eclats de 14".
Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Jean Rouaud - Mathurin Méheut - un livre "Eclats de 14".
Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Jean Rouaud - Mathurin Méheut - un livre "Eclats de 14".
Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Jean Rouaud - Mathurin Méheut - un livre "Eclats de 14".
Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Jean Rouaud - Mathurin Méheut - un livre "Eclats de 14".
Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Jean Rouaud - Mathurin Méheut - un livre "Eclats de 14".

" Que reste-t-il des listes de noms sur de pompeux monuments aux morts qui auront bien du mal à s'inscrire dans l'histoire de la sculpture, les livres des témoins (à ce jour aucun événement n'avait suscité une littérature aussi abondante, en quoi il faut en rendre responsable la République et son école laïque et obligatoire, qui en apprenant à lire et à écrire à la piétaille, juste avant de l'envoyer à l'abattoir, nous a valu d'entendre un autre son de cloche, quand d'ordinaire ces écrits militaires, c'était l'apanage de quelques aristocrates qui avaient des idées bien arrêtées sur la guerre et l'esprit chevaleresque, bien éloignées des réalités du front, au point que dans un souci d'éégance les mêmes, au haut commandement, avaient choisi une couleur tirée de la garance pour le pantalon et la casquette de toile, et de l'indigo pour la vareuse, un uniforme parfait pour enjoler les bonnes, dit Rimbaud, défil de prêt à porter auquel on doit le le lourd bilan des premiers mois dans les champs de blé de l'été 14, des bouts de films d'époque présentant des poilus lourdement harnachés, croisillon de sangles pour la gourde, la musette à grenades, le fusil, le masque à gar, progressant d'une démarche saccadée, laquelle, dans un film muet, prête à rire, mais là, pour peu qu'ils se retrouvent face à l'objectif, ce sontp lutôt eux qui s'essaient à un petit sourire mal rasé, destiné à remonter le moral à l'arrière, comme si après les gaietés de l'escadron ils tentaientt de nous faire croire aux joies de la tranchée ...

Editions dialogues

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 19:18

Ces mots qui disent le drame des prolétaires qui s’entretuent et la nécessité de chacun de résister, de refuser de tuer au nom du capital ...

Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Lecture des dernières lignes de la brochure de Junius de Rosa Luxemburg devant le monument aux morts pacifiste de Gy l'Evêque dans l'Yonne.

Les dernières lignes de la « brochure de Junius »

(Dont le titre exact est « La faillite de la social-démocratie », texte paru sous pseudonyme, car Rosa Luxemburg était emprisonnée)

La guerre mondiale se révèle être non seulement un crime grandiose mais aussi un suicide de la classe ouvrière européenne. Ce sont bien les soldats du socialisme, les prolétaires d’Angleterre, de France, d’Allemagne, de Russie, de Belgique, qui se massacrent les uns les autres depuis des mois sur ordre du capital, qui s’enfoncent  les uns les autres dans le cœur le fer glacial du meurtre, qui basculent ensemble dans la tombe en s’enlaçant les uns les autres d’une étreinte mortelle.

 » L’Allemagne, l’Allemagne par dessus tout! Vive la démocratie! Vive le tsar et le panslavisme! Dix mille toiles de tentes garanties standard! Cent mille kilos de lard, d’ersatz de café, livrables immédiatement! » Les dividendes montent et les prolétaires tombent. Et avec chacun d’eux, c’est un combattant de l’avenir, un soldat de la révolution, un de ceux qui libéreront l’humanité du joug du capitalisme qui descend dans la tombe.

Cette absurdité insensée, ce cauchemar infernal et sanglant ne cesseront que lorsque les ouvriers d’Allemagne et de France, d’Angleterre et de Russie se réveilleront enfin de leur ivresse et se tendront une main fraternelle, lorsqu’ils couvriront le chœur bestial des fauteurs de guerre impérialistes et le hurlement rauque des hyènes capitalistes par l’ancien et puissant cri de guerre du Travail : Prolétaires de tous les pays, unissez-vous! »

 

Publié dans les Œuvres complètes de Rosa Luxemburg, Tome IV, Agone, 2014, P 196/197


Comme l'année dernière, mais cette fois devant le Monument aux morts de Gy l'Evêque dans l'Yonne, nous avons pu lire grâce aux organisateurs, les dernières lignes de la « brochure de Junius », rédigées il y a exactement cent ans,  dans sa cellule, par Rosa Luxemburg. Ce qui fait l'importance de ce message, c'est qu'il nous renvoie à notre propre responsabilité, à la nécessité de chacun de résister, de refuser de tuer au nom du capital. Cette lecture comme l'année passée apparaît alors comme un hommage à ceux qui ont eu le courage d’édifier ce monument (l'historique ci-dessous nous montre qu'il était nécessaire), à tous ceux qui ont combattu à l’époque la guerre, minoritaires dans toutes les composantes du mouvement ouvrier et minoritaires parmi les prolétaires de tous les pays,  et un hommage aux "fusillés pour l'exemple" dont la réhabilitation reste un combat.

(Nous remercions La libre pensée, organisatrice de cette cérémonie qui a rendu cette lecture possible, en nous laissant la parole devant le monument.)

 A propos du Monument aux morts pacifiste de Gy L'Evêque dans l'Yonne

http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=89199_3

Ce monument de facture simple et classique est constitué de plusieurs étages : un soubassement à degrés, un socle droit et un obélisque coiffé par un chapiteau.

Erigé par Bunlon, marbrier à Migé, et inauguré en 1923, ce monument est situé en face de l’église sur l’emplacement de l’ancien cimetière. Il a été reculé à l’occasion de l’élargissement de la route.

La façade présente deux sculptures en bas-relief : une croix de guerre sur le chapiteau et une palme sur le fût. Elle porte également l’inscription suivante "Aux enfants de Gy l’Evêque morts pour la France" ainsi que la liste des 21 soldats décédés pendant la Première Guerre Mondiale et celle des 4 soldats tués pendant la seconde.

Mais ce qui frappe et, pour ainsi dire, saisit, ce sont les inscriptions gravées côté sud "Guerre à la Guerre" et côté nord "Paix entre tous les peuples".
Sous la croix de guerre, une plaque réitère cette injonction. On peut y lire "Association Républicaine des Anciens Combattants - Guerre à la guerre".

Cette association fondée en 1917 par Georges Bruyère, Paul Vaillant-Couturier, Raymond Lefebvre et Henri Barbusse a pour slogan "Paix – Mémoire – Amitié entre les peuples" et pour devise "Tout faire pour unir, rien faire pour diviser". Elle milite, entre autres, pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple.

Cette plaque ne figurait pas sur le monument au moment de l’inauguration mais a été ajoutée, la même année, à la demande de l’ARAC, avec l’accord du Maire et du Conseil Municipal unanime.

A la demande du préfet, le Maire fut traduit devant le tribunal cantonal de Coulanges-la-Vineuse. Le jugement, rendu le 9 décembre 1923, le condamne à enlever la plaque dans les huit jours. Cependant, l’affaire "ayant failli atteindre la chambre des députés, le gouvernement calma le jeu." La plaque fut enlevée mais le Conseil municipal fit graver "Guerre à la Guerre" et "Paix entre tous les peuples" sur le socle. (Cette plaque fut replacée par la suite.)

Deux autres communes de l’Yonne, Chevillon et Perreux, suivirent cet exemple en faisant graver, en 1923 et 1924, ces deux maximes sur leur monument.

Renseignements et citation extraits du précieux "Répertoire des Monuments aux Morts de la Grande Guerre dans l’Yonne". (Direction et rédaction : Adrien Chaix)
Numéro du petit patrimoine : 89199-3

Sur les poursuites contre le maire pour manifestation sédittieuse

 

http://www.cheny.net/plus/gy06_07.html

Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Lecture des dernières lignes de la brochure de Junius de Rosa Luxemburg devant le monument aux morts pacifiste de Gy l'Evêque dans l'Yonne.

Informations politiques
Une interpellation

 

Charles Baron, député des Basses-Alpes, vient d'informer M. Maunoury, ministre de l'intérieur, qu'il se proposait de l'interpeller, à la rentrée des Chambres, pour lui demander "si l'inscription "Guerre à la guerre", dernière volonté des victimes de la grande guerre, est considérée par le gouvernement comme une manifestation séditieuse".
Charles Baron explique que son interpellation est motivée par une récente décision du préfet de l'Yonne qui a donné l'ordre d'enlever cette inscription sur le monument élevé par la commune de Gy-l'Evêque, en souvenir de ses enfants morts au champ d'honneur.
Charles Baron ajoute que si le gouvernement devait approuver le préfet de l'Yonne, il lui proposerait de remplacer l'inscription incriminée par cet aphorisme de Montaigne : "La guerre est le témoignage de notre imbécilité".

 

Le Populaire - 28 octobre 1923

GUERRE A LA GUERRE
est une inscription séditieuse
ose déclarer le juge de Paix

 

Coulanges-la-Vineuse, 5 décembre - Cet après-midi, devant le tribunal de simple police de Coulanges-la-Vineuse, est venu le procès intenté par le préfet de l'Yonne, à M. Manevy Eugène, maire de Gy-l'Evêque.
On connait les faits. Sur le monument aux morts de la commune de Gy-l'Eveque figure une plaque de cuivre portant cette inscription "Association Républicaine des Anciens Combattants, Guerre à la Guerre".
Le préfet de l'Yonne fit appeler M. Manevy, maire de la commune, et lui donna l'ordre de retirer la plaque. M. Manevy en référa au conseil municipal qui, à l'unanimité, se prononça pour son maintien.
La plaque subsiste donc sur le monument, en dépit de l'arrêté préfectoral. Le tribunal a décidé aujourd'hui que l'inscription devait être retirée dans les huit jours.
Il a en outre condamné M. Manevy, maire de Gy-l'Evêque, à 5 francs d'amende.
M. Manevy a protesté en termes excellents :
"J'estime que l'inscription "Guerre à la Guerre" n'est pas séditieuse. Je proteste contre le jugement qui ordonne sa disparition, car sur nombre de monuments aux morts, des municipalités catholiques ont fait apposer des croix et personne, jusqu"à'ce jour, ne leur a donné l'ordre de les retirer".

Le Populaire - 6 décembre 1923

Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Lecture des dernières lignes de la brochure de Junius de Rosa Luxemburg devant le monument aux morts pacifiste de Gy l'Evêque dans l'Yonne.
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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 10:04

DOSSIER LIEBKNECHT

Document en langue allemande

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 10:46
https://www.marxists.org/francais/press/lavague.htm

https://www.marxists.org/francais/press/lavague.htm

Ce texte est de Pierre Brizon, militant socialiste, député de l'Allier, qui a su faire le long chemin, inverse à celui de tant de socialistes de l'Internationale, menant du socialisme de guerre en août 14 au pacifisme internationaliste, en participant à Kienthal. 

Il est paru dans le numéro 55 du journal qu'il fonda début 1918, La Vague.

Ce qui fait l'intérêt de ce texte est dans un premier temps, les mots qu'il écrit après la disparition de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht. Ils sont certes très compassionnels mais ont le très grand mérite d'exister.

Dans un deuxième temps, il nous permet de réfléchir à la révolution spartakiste (ou russe), telle qu'elle a pu être perçue par des forces plus réformistes : en effet il révèle  une méconnaissance certaine de cette révolution, que Pierre Bizon  conçoit comme voulue par les responsables spartakistes. Comme de nombreux analystes, il fait l'économie des forces révolutionnaires réelles, engagées dans les rues et dans les combats et ne voit pas la responsabilité du courant réformiste dans l'échec et l'assassinat de cette révolution. De même, on retrouve dans ce texte, ces analyses fondées si souvent hier comme aujourd'hui sur une approche en partie nationaliste et empreinte de préjugés.

Avec cette vision d'une révolution téléguidée, il convient de confronter les images et témoignages de ces ouvrier(e)s et soldats massivement en lutte et sur le plan théorique le texte de Rosa Luxemburg sur la révolution de 1905 en Russie, qui décrit le processus complexe qui mène à la révolution.

On peut lire ce texte dans l'ouvrage de Pierre Roy, Pierre Brizon, Pacifiste, Député socialiste de l'Allier, Pélerin de Kienthal, paru aux Editions Créer en 2004, P. 198. Ce livre est une véritable mine d'informations pour qui s'intéresse au mouvement ouvrier et la guerre.

 

Dominique Villaeys-Poirré, le 13  novembre 2015

Pauvre Liebknecht ! Pauvre Rosa Luxemburg ! Pierre Brizon, Janvier 1919

Pauvre Liebknecht! Pauvre Rosa Luxemburg! Nobles chevaliers qu'on ne reverra plus.

Tandis que Guillaume II et tous les autres criminels sont encore vivants!

Etre tués par ceux dont on a voulu sauver la vie pendant la guerre : quelle terrible ironie!

Faut-il que la guerre ait appris le meurtre! On vous tue un homme, maintenant, comme un gibier pour un intérêt, pour une idée, pour une vengeance ...

On n'a qu'une pauvre vie. Elle est bien courte. Et on la sabote! Pauvre Rosa ... Pauvre Liebknecht ... Pendant la guerre, ils avaient combattu la politique du fer et du feu. La guerre finie, ils ont voulu  s'en servir à leur tour pour faire marcher plus vite la Révolution.

Mais l'Allemagne est lente ... Et puis, si une révolution politique dans le Gouvernement peut se faire en un tour de main, il faut du temps ... avec de la patience et du sang-froid pour faire une révolution sociale dans le travail et la propriété.

Pauvres amis au cœur sincère! dans leur ardeur, ils avaient mal calculé leur élan. Et ils sont tombés, parmi tant d'autres ...

Quel regret de ne pas les savoir encore vivants, en train de labourer profondément l'Allemagne, d'y semer les idées nouvelles et d'attendre pour la moisson victorieuse que le blé soit mûr, que les masses de moissonneurs soient là et que nulle force ne puisse entraver leur marche irrésistible.

P.B.

 La Vague , numéro 55, 16 janvier 1919

Pauvre Liebknecht ! Pauvre Rosa Luxemburg ! Pierre Brizon, Janvier 1919
http://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/article-berlin-janvier-1919-les-photos-de-willy-romer-et-le-recit-des-evenements-qui-ont-precede-l-assass-89033421.html

http://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/article-berlin-janvier-1919-les-photos-de-willy-romer-et-le-recit-des-evenements-qui-ont-precede-l-assass-89033421.html

Extrait d'un texte de Rosa Luxemburg sur la révolution russe de 1905

 

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

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Pour approfondir la réflexion, et en écho au texte de Pierre Brizon, celui de Rosa Luxemburg écrit au milieu du prcessus révolutionnaire. Lire sur  https://www.marxists.org/francais/luxembur/spartakus/rl19181203.htm . Reproduit d'après la brochure : « Supplément à "La Vérité", 1er février 1959 »

 

Les masses sont-elles mûres?

Rote Fahne, 3 décembre 1918

 

JEUDI dernier s'est tenu à Berlin, dans l'immeuble du Reichstag, une session du Conseil des Soldats. Cette session a connu un déroulement tempétueux: une clique contre-révolutionnaire, qui s'était constituée le jour précédent autour du sous-lieutenant Walz — M. le sous-lieutenant Walz a reconnu lui-même qu'il avait participé aux préparatifs de la révolution pour pouvoir transmettre des informations au quartier général — est intervenue en bon ordre, avec l'intention de porter un coup mortel à la révolution, à grand renfort de hurlements. Elle n'y a pas réussi. Après de longues scènes de charivari, l'assemblée s'est séparée sur la conclusion d'un compromis presque unanime — peut-être le seul compromettant de toute la session.

II n'y a rien de plus naturel que de voir, en temps de révolution, l'émotion et la surexcitation politiques s'exprimer de façon retentissante : même si les « têtes rouges » ne représentent pas le plus haut produit de l'éducation politique d'un peuple, ils sont encore à cent coudées au-dessus du « vieux et méritant camarade de parti » qui, les paupières mi-closes, entre, le soir du règlement de comptes, dans une bienheureuse somnolence à la lecture du rapport de gestion du secrétaire du parti.

Pour nous, nous n'avons en rien blâmé l'émotion et la passion sans frein des masses ; pas même lorsque, à la première session des conseils d'ouvriers et de soldats, au cirque Busch, cette émotion se tournait tout entière contre nous, lorsque les soldats braquaient leurs fusils sur le camarade Liebknecht; nous combattions ceux dont la sordide démagogie orientait sur une voie fausse la volonté des masses de monter à l'assaut du ciel; nous nous efforcions et nous nous efforçons de donner aux masses une claire conscience de leur situation et de leurs objectifs, mais de leur laisser tout leur enthousiasme et tout leur élan pour les tâches gigantesques qu'elles doivent accomplir. Nous nous en tenons à la formule suivant laquelle on ne peut accomplir de grandes choses sans enthousiasme.

Pour le « Vorwärts », il en va autrement. Là, un écrivaillon, assis quelque part dans un bureau de la rédaction, demande sur le ton d'honnêteté propre à tous les maquignonnages : « La main sur le cœur, croyez-vous qu'une réunion comme celle d'hier est en mesure de décider souverainement des destinées de notre peuple ? »

Après avoir, par cette question de rhétorique, prononcé sa sentence à l'endroit de cette assemblée, le « Vorwärts » ne manque pas de rappeler au souvenir plein de déférence de ses lecteurs ses vénérables remèdes de bonne femme. En premier lieu : la règle et l'ordre.

Lorsque tous les bienfaits de ces enfants bénis du ciel auront été appréciés comme il convient, la deuxième ordonnance sera délivrée : éducation politique et parlementaire.

Nous en avons trop souvent décrit les fruits réjouissants, pour la classe ouvrière, pour vouloir les dépeindre de nouveau aujourd'hui : que l'on regarde seulement les réalisations « révolutionnaires » de ce gouvernement socialiste en trois semaines de révolution, et que l'on contemple les hauts faits de M. Friedrich Ebert, cet homme « politiquement et parlementairement éduqué », dans ses négociations avec Wilson. Avec cela, on en aura assez de l'éducation politique et parlementaire.

Mais le « Vorwärts », lui, n'en a pas assez. Cette unique réunion des conseils de soldats à Berlin, qui ne satisfait pas son goût « politiquement et parlementairement éduqué », lui donne l'occasion de généraliser la question et de conclure : « Lorsque l'on a vécu des événements comme ceux d'hier, on comprend sincèrement quelle ignoble tromperie du peuple constitue le gouvernement, célébré par des insensés, des soviets russes. Nos ouvriers et nos soldats, on peut bien le dire sans aucune présomption nationaliste, sont incomparablement supérieurs aux Russes en culture générale et en éducation politique. Si le système de la « constitution des conseils » échoue chez nous, c'est la meilleure preuve que, même chez le peuple le plus cultivé et le plus intelligent, ce système ne peut fonctionner, parce qu'il est une impossibilité en soi. » Ainsi donc, « sans présomption nationaliste », deux constatations sont faites :

D'abord, que les travailleurs et les soldats allemands sont incomparablement supérieurs aux Russes en culture générale et en éducation politique.

Ensuite, que le système tout entier est une impossibilité en soi, puisque même la culture et l'intelligence du peuple le plus cultivé et le plus intelligent n'y suffisent pas. Et tout cela conduit enfin à une troisième constatation : « Seule l'Assemblée Nationale Constituante nous sauvera de tout ce tohu-bohu. »

La première constatation est tout à fait exacte : le peuple allemand, en moyenne, a fréquenté plus longtemps l'école, a mieux appris l'écriture et le calcul mental que le peuple russe ; il a, à côté de cela, bénéficié — c'est là l'un des fondements de l'« éducation politique et parlementaire » — plus longtemps que le peuple russe de l'enseignement de la religion et d'un enseignement patriotique de l'histoire, et a ensuite reçu une « éducation politico-parlementaires à l'école de la social-démocratie allemande. Cette maîtresse lui a enseigné: à baptiser guerre défensive contre une « ignominieuse attaque par surprise » la guerre mondiale de brigandage éhonté, « nos foyers » les coffres-forts menacés des capitalistes, « notre juste cause » le rapt de la Belgique et du Nord de la France, et combat pour « l'ordre et la règle » l'assassinat de nos frères prolétaires en Finlande, en Ukraine, en Livonie, en Crimée.

Tout le sens de cette révolution, c'est que les masses, en se soulevant, se sont cabrées sauvagement contre les produits de « l'éducation parlementaire et politique » de l'école comme des maîtres d'école, et déjà le « Vorwärts » est à l'oeuvre pour les ramener à l'école avec « l'Assemblée Nationale Constituante ».

Assurément, ils s'y retrouveraient tous, les Messieurs « politiquement et parlementairement éduqués », les Westarp et les Erzberger, les Stresemann et les Groeber, les Payer et les Haussmann, tous les héritiers de cet art élaboré par la bourgeoisie pendant des siècles, l'art de tromper le peuple. Et avec eux viendraient les Scheidemann et les Ebert, David et Lensch, qui ont appris en épiant les premiers comment ils se raclent la gorge et comment ils crachent. Ils se rassembleraient tous ensemble de nouveau, et continueraient d'exercer leur métier qui consiste à tromper le peuple, ce métier qu'ils ont en dernier lieu exercé avec une effroyable virtuosité pendant quatre années de guerre, et qui a pris fin sur les champs de bataille sanglants de France, et avec les premières actions de masse des ouvriers et des soldats allemands.

En portant ce coup, le « Vorwärts » se place dignement aux côtés de son maître, M. Friedrich Ebert. Celui-ci a tenté de tuer physiquement la révolution. par la faim, la main dans la main avec M. Wilson, le « Vorwàrts » essaie de l'assassiner en esprit en dressant de nouveau, devant les yeux des masses, cetableau d'airain que la bourgeoisie et chaque classe dominante ont opposé depuis des millénaires aux opprimés, et sur lequel il est écrit : « Vous n'êtes pas mûrs ; vous ne pourrez jamais le devenir, c'est une " impossibilité en soi " ; il vous faut des chefs ; nous sommes ces chefs. »

Ils en sont arrivés maintenant avec bonheur à la philosophie de l'état des réactionnaires de tous les temps et de tous les pays, et ce spectacle n'en devient pas plus agréable lorsque l'on voit le même « Vorwärts », juste 12 heures après avoir expliqué « philosophiquement » dons son article leader l'arriération spirituelle des masses pour, semble-t-il, une éternité, en appeler, dans une polémique démagogique contre un membre de l'Exécutif des conseils de Berlin, à la pudeur, à l'honneur et à la conscience, parce que celui-ci aurait dit que « les masses ne sont pas encore mûres », et lorsque l'on voit, encore un jour plus tard, le même « Vorwärts » décerner à ce même conseil des soldats un brevet de maturité, parce que celui-ci a adopté une décision qui lui convient. L'impudence, celle du « Vorwärts », n'est pas améliorée par l'hypocrisie.

Aucun prolétariat du monde, pas même le prolétariat allemand, ne peut effacer du jour au lendemain, d'un soubresaut, les traces d'un asservissement millénaire, les traces de ces chaînes que Messieurs Scheidemann et consorts lui ont assujetties. Pas plus que la constitution politique du prolétariat, sa constitution spirituelle n'atteint son niveau le plus élevé au premier jour de la révolution. C'est seulement au travers des combats de la révolution que le prolétariat accédera à une pleine maturité, dans tous les sens du terme.

Le commencement de la révolution fut le signe que ce processus de maturation commençait. Il se poursuivra rapidement, et le « Vorwärts » dispose d'un bon étalon auquel il pourra mesurer l'accession du prolétariat à la pleine maturité. Le jour où ses rédacteurs s'envoleront de leurs sièges, et avec eux Messieurs Scheidemann, Ebert, David et consorts, pour rejoindre le Hohenzollern ou Ludendorff là où ils sont, ce jour-là, la pleine maturité sera acquise.

 

« Die Rote Fahne », 3 décembre 1918

 

Pauvre Liebknecht ! Pauvre Rosa Luxemburg ! Pierre Brizon, Janvier 1919
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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 15:45

Elles ne se sont pas jetées contre les trains.

Elles nous ont laissés partir.

Elles avaient des fleurs, des baisers, des larmes -

elles sont de plus en plus petites devenues

comme si nous étions immobiles

et elles parties.

Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Laurent Grisel "On désarme. On fait la chasse aux fusils, aux pistolets ...". Extrait de "Hymne à la paix".

Nous nous demandons pourquoi nous sommes

    encore là,

 

parmi les vivants. Nos morts restent avec nous.

Ils nous regardent d'un regard brûlant.

 

Nous savons ce qu'est une colline, et y monter.

Un trou.

Nous savons ce qu'est une haie, une haine.

Une route, toute route.

Nous savons aller d'un point à un autre. Être

   immobiles, attendre.

Être assourdis. Être ensevelis

 

Deux patrouilles se croisent sans se battre.

 

Un jour nous fûmes morts et vivants assez

pour dire Cesse,

pour dire Non, on ne marche pas.

Une journée de silence, de non-marche, de fumée.

Ils attendaient que cela nous passe.

Peur peut-être.

Mais nous ne voulions tuer personne.

 

Éteints. Camarade dont la tête est partie rouler à

dix mètres. Nous nous sommes retirés,

retraités en nous-mêmes.

Nous ne sommes plus sortis de nous-mêmes jamais.

Le fou furieux qui s'y croyait

on l'a calmé

d'un coup.

 

Comment dire aux vivants que nous sommes morts -

nous ne disons rien.

Pour vivre avec elles, avec eux, pour vivre

à côté d'elles, à côté d'eux, nous sommes restés

dans leur cécité, dans leur surdité.

 

Que pouvons-nous faire pour les morts

sinon penser, se rassembler, crier : "Plus jamais ça?

Comment faire

avec les vivants

nous qui ne savons quoi leur dire -

nous qui ne savons nous y prendre

sinon faire tout comme eux?

 

On travaille. On sait aller de A à B.

 

On désarme. On fait la chasse aux fusils, aux,

   pistolets,

aux avions, aux fusées en matière plastique :

en tas, bûchers, brûlots, brûlis.

Cendres.

 

Baignons-nous dans les cendres.

Faisons des enfants.

Allons aux champs

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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 22:13
Pour comprendre 14-19, aller voir la reprise du spectacle de Jolie Môme. "Sorte d’Alice au Pays des Catastrophes, Sam suit, dans une course effrénée, Rosa. Rosa Luxemburg ..."

Nous avions vu ce spectacle cet été à Vincennes, lire notre article.  : http://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/2015/08/14-19-550-personnes-qui-attendent-pour-entrer-rosa-luxemburg-en-allegorie- Nous publions celui-ci lu sur le web, pour la reprise sur Paris

____________________________________

 

Union Sacrée (post-Charlie), bourrage de crâne et continuité des commémorations autour de la Première Guerre mondiale obligent, Jolie Môme ne pouvait pas rester l’arme au pied. Jusqu’au 20 décembre, les comédiens de la Compagnie du théâtre de la Belle Etoile de Saint-Denis proposent à nouveau au public leur grande fresque théâtrale et musicale sur la « der des ders », « 14-19, l’histoire nous joue des tours ». A ne rater sous aucun prétexte ! Paul Tanguy

 

La guerre n’est jamais aussi lointaine que lorsqu’elle est présente : Mali, Centrafrique, Syrie et ailleurs. Elle n’est jamais autant déréalisée, dans sa violence et sa barbarie, que lorsqu’elle est commémorée et célébrée. C’est le cas des moments de souvenir et des discours officiels qui ont entouré le Centenaire d’août 1914, mais également toutes les annonces d’entrée en guerre de la France, par le gouvernement « socialiste », au cours des dernières années. C’est le point de départ emprunté par La Compagnie Jolie Môme pour aborder cette question, jamais passée et toujours présente : un groupe de jeunes du Lycée Clémenceau est embarqué dans une opération « pédagogique » de commémoration de la Grande Guerre. En cours de route, les certitudes se brisent, les évidences se lézardent, la mémoire, sélective et parcellaire se reconstruit.

 

Le fil conducteur du spectacle est Sam, lointaine descendante de Jeanne Labourbe, la première communiste française, fusillée à Odessa par le contre-espionnage hexagonal alors qu’elle est à la tête d’un groupe de révolutionnaires qui cherchent à entrer en contact avec les marins de la Mer Noire qui, bientôt, vont se mutiner, aux côtés d’André Marty et Charles Tillon.

 

C’est toute la mémoire qui est invoquée par Jolie Môme dans ce spectacle. La plus évidente, à gauche, comme la plus incommode. Ceux dont le nom a été passé sous silence font leur retour sur scène, les inconnus côtoient les grands noms de l’Histoire. Ce sont les années qui courent de l’immédiat avant-guerre jusqu’aux derniers coups de feu des Spartakistes qui sont déployés devant les spectateurs, témoins de l’Histoire de ces insoumis, rebelles, pacifistes et révolutionnaires. Reconstruisant les événements, tableau après tableau, chanson après chanson, avec des moments absolument saisissants comme cadre de la pièce : du « Discours du pré », dit par un Jaurès plus vrai que nature, jusqu’aux derniers jours d’un Empire prussien finissant, à la veille de la première révolution allemande.

 

Sam bascule, comme dans un rêve, en plein cauchemar. En plein voyage dans le passé, elle est précipitée en été 1914 et se réveille dans le cabaret de Montélus, juste avant l’assassinat de Jaurès. C’est la veille de la Guerre et elle fait office de Cassandre Rouge. Alors que tous ont confiance dans les chefs, pensent qu’en cas de conflit ce sera la grève générale, elle sait comment les choses vont se dérouler. Elle prédit la guerre, mais ne sait pas que, ce qu’elle va vivre, c’est la révolution.

 

Sorte d’Alice au Pays des Catastrophes, Sam suit, dans une course effrénée, Rosa. Rosa Luxemburg, qui est de tous les théâtres du conflit, allégorie de l’opposition intransigeante à la guerre, de la défiance dans ces chefs qui ont trahi et de cette Internationale à reconstruire. Dans les tranchées, dans les usines où turbinent les tourneuses d’obus, sur le front de l’Est et jusque dans le port de Kiel, où les marins se rebellent contre le Kaiser, précipitant la fin de la guerre, Sam est de la partie.

 

Entrecoupant ces moments clefs, la pièce investit également les mécanismes profonds qui mènent à la guerre et la structurent. Elle met en scène, de façon saisissante et sur un mode burlesque, le jeu des alliances et sa mécanique implacable qui précipite l’Europe et bientôt le monde dans la guerre, les rapports entre les impérialistes, symbolisés par des allégories caricaturalement hilarantes des bouchers et des marchands de canon. Didactisant l’histoire sans jamais verser dans le récit pédagogique, tranchant dans l’analyse proposée sans jamais perdre en entrain, avec musique et drôlerie, la pièce nous mène, tambour battant, de la guerre à la révolution…

 

Il n’y a pas que la guerre, qui est un champ de bataille. L’histoire et la mémoire aussi. Jolie Môme s’y aventure avec courage et audace, baïonnette au canon. Mais qu’on se rassure. Les balles, elles, sont pour nos généraux. Qu’on se le dise.

 

http://www.revolutionpermanente.fr/14-19-Avec-Jolie-Mome-a-la-recherche-de-l-Internationale

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14/19 La mémoire nous joue des tours. Création de la Compagnie Jolie Môme à La Belle Etoile Du 31 octobre au 20 décembre 2015


Les vendredis et samedis à 20h30 ouverture des portes à 19h et Les dimanches et le 11 novembre à 16h ouverture des portes à 15h. Attention relâche les vendredis 13 novembre et les vendredis 11 et 18 décembre pour cause de dîners-spectacles Parole de Mutins . Au théâtre La Belle Etoile,14 rue Saint-Just à Saint-Denis, quartier de La Plaine M° Front Populaire (Ligne 12) Tarifs 18 et 12 euros Réservations conseillées au 01 49 98 39 20

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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 15:06
Rosa Luxemburg et la première Conférence de Zimmerwald

L'étude des réactions de Rosa Luxemburg par rapport à la première conférence de Zimmerwald s'inscrit dans celle de l'évolution de ses positions sur la tactique politique qu'elle estime nécessaire après la faillitte de la social-démocratie et de l'Internationale en 1914.

 

Lorsque se tient la première conférence de Zimmerwald début septembre 1915, Rosa Luxemburg est emprisonnée déjà depuis le 15 février.

 

Même si la communication politique n'est pas interrompue durant cette période, elle devient de plus en plus difficile.  

 

Politiquement, avant son emprisonnement, elle avait pu initier et participer à la revue L'Internationale qui était parue  en avril, donc après son arrestation, et qui était l'expression de la structuration politique et visible du courant auquel elle appartenait. Deux articles y définissaient sa position La reconstruction de l'Internationale et Perspectives et projets (Ces articles peuvent être lus dans l'ouvrage paru récemment chez Agone: La brochure de Junius, la guerre et l'Internationale). Rosa Luxemburg  y exprime clairement sa rupture avec le socialisme de guerre défendu par la majorité du parti mais n'exprime pas encore la nécessité d'une sortie de ce parti, qui reste pour elle le lieu de la possibilité de l'éducation politique des masses et éventuellement d'une évolution de certains cadres et courants.

 

Emprisonnée, elle peut encore rédiger et faire sortir en avril l'un de ses textes fondamentaux La brochure de Junius, mais ensuite les possibilités de communication semblent se tarir.

 

Pas au courant

 

Ainsi, il semble bien que Rosa Luxemburg n'ait  pas été au courant rapidement des préparatifs de Zimmerwald, comme l'indique cette phrase d'une lettre à Léo Jogiches en décembre 1915:

 

"... Je regrette par exemple beaucoup que l'on ne m'ait pas informée à temps du projet de Zimmerwald."

 

Un cirque sans queue ni tête

 

Ses réactions à la première Conférence de Zimmerwald  s'exprime dans un courrier à Clara Zetkin le 18 octobre 1915:

 

"Pour dire  la vérité, c'était plus que nécessaire en ce qui concerne "Die Gleichheit"*. La célébration débordante d'enthousiasme concernant ce cirque de Zimmerwald par exemple m'a rendue quelque peu mélancolique. On aurait pu se passer de ce qui est sorti de cet accouchement aux forceps, qui comme le disent les Français, n'a ni tête ni queue**  (c'est-à-dire qu'il n'a pas de tête) et qui a vu le jour sous l'égide du grand Ledebour, avec la certitude surtout de ne vouloir faire de mal à personne."

 

Elle y dénonce le fait que le manfeste dont a accouché la conférence s'attache à plaire à tout le monde, et qu'il n'a donc aucun impact ni intérêt. Elle y voit l'influence et les dangers du courant incarné par Ledebour.

 

Avant Zimmerwald

 

Avant Zimmerwald, Rosa Luxemburg avait exprimé la difficulté de définir une tactique dans une lettre à Franz Mehring écrite le 31 août 1915:

 

"Tout est encore instable, le grand tremblement de terre ne semble pas devoir prendre fin, et définir une stratégie, organiser la bataille sur un terrain aussi bouleversé et aussi instable est chose terriblement difficile. De fait, plus rien ne me fait peur. A l'époque, dans les tout premiers instants, le 4 août, j'ai été horrifiée, presque brisée; depuis j'ai retrouvé tout mon calme. La catastrophe a pris une telle ampleur, que les habituels critères de responsabilité et de souffrance humaine ne peuvent s'appliquer ici. Les catastrophes élémentaires ont quelque chose d'apaisant du fait même de leur ampleur et de leur caractère aveugle. Et en fin de compte, si les choses en étaient arrivées à ce point et que de fait toute la splendeur de la paix se révélait n'être rien d'autre que feu follet au-dessus du marais, alors il est mieux que tout se soit effondré. Mais, pour le moment, nous devons vivre avec les tourments et les désagréments d'une situation de transition et l'on peut vraiment dire que s'applique parfaitement à nous la phrase "Le mort saisit le vif" [ndlt: en français dans le texte]. Le lamentable spectacle, dont vous vous plaignez,  donné par le manque de décision de nos camarades n'est rien d'autre que le fruit de cette corruption généralisée qui a fait s'écrouler cette maison qui  en temps de paix brillait fièrement et de tant de feux. Où que l'on se tourne, tout n'est que branches en voie de décomposition. Selon moi, il faut que les choses continuent à se défaire et à se décomposer, afin qu'apparaisse enfin le bois sain ..."

 

Elle y décrivait l'ampleur du tremblement de terre idéologique que causait le ralliement aux unions sacrées, l'idée que malgré tout cela rendait la situation plus claire et plus conforme à la réalité. Elle y définissait la situation comme une situation de transition avec laquelle il fallait composer, confiante malgré tout dans le processus qui devait peu à peu séparer le bon grain de l'ivraie, c'est-à-dire faire apparaître les forces réellement révolutionnaires.

 

Après Zimmerwald

 

Après Zimmerwald, Rosa Luxemburg pense pouvoir  établir la tactique du groupe l'Internationale, dans un premier temps lors d'une nouvelle conférence (Conférence du groupe Internationale le 1er janvier 1916 à Berlin). Elle développe ses idées dans ce courrier à Leo Jogiches du 8 décembre 1915 :

 

"... Je regrette par exemple beaucoup que l'on ne m'ait pas informée à temps du projet de Zimmerwald. Je ne considère pas seulement les choses comme un échec, mais comme une erreur catastrophique, qui dès le départ a engagé le développement de l'opposition et de l'Internationale sur de mauvais rails. Maintenant j'apprends qu'une réunion est prévue en Allemagne; si dès le départ, l'on n'agit pas avec force et de manière conséquente, alors il vaudrait mieux vraiment que cette rencontre n'ait pas lieu. Le malheur est que nos gens pensent qu'il faut faire quelque chose aussi rapidement que possible et que, pour que ce "quelque chose" se mette en place, il ne faut pas faire peur à Pierre, Paul, Jacques. Cette politique qui consiste à mendier des miettes rend impossible tout véritable éclaircissement et toute action, et je crois que, si la nouvelle conférence doit être une continuation de ce cirque, il est indispensable de l'empêcher. Il vaudrait mieux, si cela ne va pas autrement, renoncer à tous nos "amis" plutôt que de nous laisser entraver.

Notre tactique concernant cette conférence ne devrait pas être de rassembler toute l'opposition sous un même chapeau, mais au contraire de sortir de toute cette bouillie le petit noyau dur et en mesure d'agir, et que l'on pourra regrouper autour de notre plate-forme. Il est essentiel de procéder avec la plus grande circonspection pour ce qui concerne l'organisation d'un rassemblement des forces. Car toutes les unions des forces de "gauche" conduisent selon ma longue et amère expérience à lier les mains aux quelques personnes capables d'agir.

Notabene : Je pense que notre plate-forme ne doit pas prendre la forme de ces "résolutions radicales" présentées aux Congrès transformées en une bouillie informe et adaptée au gout de chacun, du fait des menées et des soi-disantes "améliorations" de toutes sortes. Nous ne devons accepter aucune modification, affirmer que cela est à prendre ou à laisser [en français dans le texte]. Cela signife que nous devrons en rester à ce que nous avons décidé même s'il y a une majorité contre, voire unanimité. Les travailleurs suivront certainement les prises de position les plus radicales, en particulier aussi les Berlinois, qui ne sont pas satisfaits des Ledebour et Stadthagen, et de toute façon ceux qui ne sont pas décidés suivent toujours ceux qui le sont.  Prendre en compte les masses implique donc l'intransigeance face aux héros de l'opposition."

 

La leçon de Zimmerwald

 

On voit que dans ce texte, Rosa Luxemburg y indique la nécessité absolue d'une attitude conséquente sans recherche de compromis, permettant l'émergence d'un véritable noyau révolutionnaire. Pour elle, un nouveau Zimmerwald doit être combattu à tout prix, même au prix d'une rupture avec les forces soi-disant proches.

 

En ce sens, la première Conférence de Zimmerwald  peut être conçue comme le révélateur définitif pour Rosa Luxemburg de ce qu'il faut combattre et de la tactique politique à développer, un point important de rupture menant vers la rupture définitive avec le parti social-démocrate, les courants centristes et encore de fait réformistes, le chemin vers une pratique révolutionnaire qui trouvera son expression théorique avec les Principes directeurs rédigés et approuvés en mars 1916 et qui trouvera son expression politique pratique avec la révolution spartakiste.

 

Dominique Villaeys-Poirré

Article et traduction, le 15 octobre 2015

 

Sur le blog : Rosa Luxemburg et Zimmerwald:

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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009