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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.
 
Voir aussi : http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr/
 
31 janvier 2019 4 31 /01 /janvier /2019 11:27

http://histmove.ouvaton.org/pag/chr/pag_009/fr/chro_1919_01_b.htm

 

1919 (10‑31 janvier)

 

10 janvier

 

À Berlin, une délégation de la Fabrique Ludwig Loewe composée de membres SPD, USPD et KPD se rend au Vorwärts. À la question concernant une éventuelle libération des locaux, les occupants répondent négativement[1].

 

 

À Dresde (Sachsen) une manifestation se déroule devant le bâtiment du Dresdener Volkszeitung[2]. Elle subit des tirs, il y a 15 morts. La responsabilité de l'affrontement incombe notamment à Gustav Neuring (SPD), permanent syndical et président du conseil de soldats de Dresde.

 

 

À Brême (Bremen) le KPD et l'USPD organisent une manifestation au cours de laquelle est déclarée l'élimination des institutions parlementaires locales (Senat, Bürgerschaft, Deputationen) et l'instauration de la République socialiste de Brême (cf. ci-dessous)[3]. Les délégués SPD sont exclus du conseil d'ouvriers. Un Conseil des mandatés du peuple est constitué, composé de cinq membres de l'USPD et quatre du KPD. Il élit un conseil exécutif chargé de contrôler le Conseil des mandatés du peuple. Des commissaires du peuple placés sous l'autorité du Conseil des mandatés du peuple. et du conseil exécutif sont désignés assumant la responsabilité de neuf domaines techniques [Fachbereiche].

 

 

À Stuttgart (Württemberg), P. Hahn avec ses compagnies de sécurité met fin aux actions antigouvernementales[4]. Les ministres Ulrich Fischer et Artur Crispien, tous les deux USPD, sont exclus du gouvernement pour s'être montrés favorables au mouvement oppositionnel.

 

 

À Düsseldorf (Nordrhein Westfalen), les rebelles antigouvernementaux déclarent le maire Albert Oehler comme déposé et désignent Carl Schmidtchen pour ce poste[5]. Des affrontements se produisent entre les rebelles et des forces du SPD. Il y a 13 morts.

 

 

 

À Essen (Nordrhein Westfalen), le conseil d'ouvriers et de soldats composé de membres du SPD, de l'USPD et du KPD, occupe les locaux de l'Association de mines (Zechenverband) (union des employeurs des mines de la Ruhr) et du Syndicat du charbon de Rheinland-Westfalen (Rheinisch-Westfälischen Kohlensyndikat), patronal[6]. Il décrète un contrôle général des salaires et des prix et exige des directeurs d'entreprise et des travailleurs la poursuite de la production. Il désigne un juriste appartenant au SPD, Ernst Ruben, comme commissaire du peuple pour la préparation de la socialisation des mines.

 

 

Communiqué du Conseil des commissaires du peuple de Brême proclamant la République des Conseils, 10 janvier 1919 (extraits)[7]

 

Habitants de Bremen!

La décision a été prise! Afin de ne pas être emporté par l'effondrement suicidaire de l'ordre économique capitaliste, le peuple travailleur de Bremen, le prolétariat révolutionnaire, a pris son destin dans sa propre main.

Sur Bremen est instaurée la loi martiale!

L'ensemble du pouvoir économique et politique est dans les mains du gouvernement populaire prolétarien.

Bremen est une république socialiste autonome!

Le Senat a été destitué!

Tous les citoyens et officiers possédant des armes doivent déposer leurs armes d'ici à dimanche 11 janvier 1919, 5 heures de l'après-midi, à la nouvelle mairie. Après cette échéance, les personnes possédant illégalement des armes sont soumises à la loi martiale! Tous les insignes de rang doivent être ôtés immédiatement. Le vol et les pillages sont des crimes contre la communauté socialiste! Des personnes pris sur le fait en commettant de tels crimes seront fusillés sur le champ! Toute tentative contrerévolutionnaire sera considérée comme haute trahison et puni par exécution immédiate. [...]

[Citation dans l'original .]

 

 

Télégrammes diffusés par le Conseil des commissaires du peuple de Brême, 10 janvier 1919[8]

 

1.

À tous les conseils d'ouvriers et de soldats d'Allemagne!

Le prolétariat de Bremen, indigné par le régiment sanguinaire du gouvernement Ebert, allié aux exploiteurs, a tiré, aujourd'hui 10 janvier 1919, une ligne de séparation vis-à-vis de toute communauté avec la terreur sanguinaire de la bourgeoisie, laquelle se manifeste à Berlin dans la lutte contre le prolétariat. Le prolétariat de Bremen a posé son destin dans les mains d'un propre gouvernement populaire prolétarien. Le prolétariat de Bremen demande au conseil d'ouvriers et de soldats sur place de le rejoindre dans la lutte contre le régime sanguinaire de la bourgeoisie.

2.

À nos combattants pour le socialisme à Berlin.

Que nos camarades de classe, qui se trouvent engagés dans une lutte inouïe contre le régiment sanguinaire Ebert-Hindenburg, reçoivent notre salut fraternel et la déclaration de sympathie des camarades de classe révolutionnaires de Bremen. Le prolétariat de Bremen a aujourd'hui le 10 janvier 1919, posé son destin dans les mains de son propre gouvernement populaire prolétarien et est prêt, pour son avenir, côte à côte avec les camarades de classe berlinois, de verser son sang dans la lutte contre tous les exploiteurs.

[Citations dans l'original .]

 

 

Appel du Kommunist (Brême) en soutien aux travailleurs berlinois et pour l'instauration de la République des conseils, 10 janvier 1919 (extraits)[9]

 

Participez à la lutte!

Travailleuses et travailleurs!

À Berlin a éclaté la lutte hautement acharnée pour le pouvoir entre la bourgeoisie et le prolétariat.

 [...] Voulez-vous assister en spectateur oisif à la lutte du prolétariat révolutionnaire berlinois contre le gouvernement sanguinaire Ebert-Scheidemann? Ne voulez-vous pas, vous aussi engager cette lutte à la même heure, avec la même force, avec la même ardeur? Voulez-vous, pendant que le gouvernement social-patriotique assassine vos frères à Berlin, négocier pacifiquement dans les conseils avec ses représentants autour de la même table? [...]

À l'heure actuelle, vous ne pouvez pas rester passifs Vous devez entrer en lutte, vous devez vous ranger aux côtés des masses travailleuses berlinoises. [...]

Il s'agit de faire aboutir, à travers une puissante manifestation de masse, les revendications suivantes:

1   Démission totale et immédiate du Senat.

2. Mise en place immédiate de commissariats du peuple.

3. Retrait immédiat des socialistes majoritaires du conseil d'ouvriers. (À leur place les communistes et les indépendants, dans leurs assemblées de membres, éliront au conseil d'ouvriers 30 représentants chacun.)

4. Retrait de tous les éléments bourgeois (y compris des socialistes gouvernementaux) du conseil de soldats.

[Citation dans l'original .]

 

 

11 janvier

 

À Berlin, des troupes pro-gouvernementales investissent les locaux du Vorwärts. Des occupants qui tentent de négocier avec les attaquants sont exécutés, parmi eux Wolfgang Fernbach, ami de Rosa Luxemburg[10].

 

 

À Hambourg, le SPD organise une manifestation "Contre la terreur anarchiste, pour la liberté, pour le Parti social-démocrate et la révolution" ["Gegen anarchistischen Terror, für Freiheit, für die Sozialdemokratische Partei und die Revolution"][11]. Il obtient l'organisation d'élections pour renouveler la composition du conseil d'ouvriers.

 

 

 

À Dresde (Sachsen), le conseil d'ouvriers et de soldats de Grand-Dresde décrète l'interdiction de rassemblements communistes et d'attroupements[12]. Otto Rühle est arrêté. L'USPD organise une manifestation de protestation.

 

 

 

Le mouvement de grève dans la Ruhr inclut plus de 80 000 travailleurs[13].

À Essen (Nordrhein Westfalen), le conseil d'ouvriers et de soldats composé de membres du SPD, de l'USPD et du KPD, avait décidé le 9 janvier de proclamer la socialisation des mines de la Ruhr et de nommer Ernst Ruben (SPD) commissaire du peuple [Volkskommissar] en vue de la mise en pratique[14]. Le 11 janvier, le conseil occupe les locaux de l'Association de mines (Zechenverband) (union des employeurs des mines de la Ruhr) et du Syndicat du charbon de Rheinland-Westfalen (Rheinisch-Westfälischen Kohlensyndikat), patronal. Il décrète un contrôle général des salaires et des prix et exige des directeurs d'entreprise et des travailleurs la poursuite de la production. Sous l'influence du SPD, cette action et les mesures adoptées sont utilisées comme argument pour amener les travailleurs à renoncer à la grève. Un tract est diffusé en ce sens (cf. ci-dessous): Néanmoins le mouvement se maintient.

Pour la Ligue Spartakus, le tract porte les signatures d'Arthur Hammer, Oskar Triebel et Arthur König. En ce qui concerne Triebel, cf. .

 

 

 

À Cuxhaven (Niedersachsen) le conseil d'ouvriers et de soldats proclame la République socialiste de Cuxhaven [Sozialistische Republik Cuxhaven][15]. Confronté à la menace d'une intervention armée de la part du gouvernement de Berlin, cette tentative sera abandonnée le 16.

 

 

Décret du commandant suprême Gustav Noske, 11 janvier 1919[16]

 

Travailleurs! Soldats! Citoyens!

Aujourd'hui à une heure 3000 hommes avec artillerie lourde et mitrailleuses ont marché à travers Berlin et Charlottenburg. Le gouvernement a montré par leur intermédiaire qu'il dispose du pouvoir d'imposer votre volonté, qui lui demande la fin des brigandages et des effusions de sang. Aussi espère-t-elle encore que sa ferme détermination servira de dissuasion devant la terreur, que les spartakistes n'engagent pas le combat pour les bâtiments volés mais qu'ils évacuent les scènes de leurs infamies. Si au dernier moment cet espoir en vue de la raison s'avère illusoire, alors le gouvernement de même que vous est à bout de patience. Vous devriez les chasser si se montre ne serait-ce qu'un jour de temporisation. À l'est des bandes spartakistes, en voiture et en pointant le révolver, pillent les rues, une maison après l'autre, pendant que les hommes de la garde de sécurité d'Eichhorn font les sentinelles. Le dernier masque feignant qu'il s'agisse d'un mouvement politique, est tombé. Vol et pillage s'avère être l'ultime et unique objectif des émeutiers.

Travailleurs!

Le gouvernement du Reich m'a chargé de la direction des soldats républicains. Ainsi un travailleur est placé à la tête du pouvoir de la république socialiste. Vous me connaissez, moi et mon passé dans le parti. Je me porte caution pour qu'il n'y ait pas d'effusion de sang inutile. Je veux nettoyer, pas détruire! Avec la jeune armée républicaine, je veux vous apporter la liberté et la paix. L'unité de la classe ouvrière doit faire face à Spartakus, si la démocratie et le socialisme ne doivent pas périr.

[Citation dans l'original .]

 

 

Tract du conseil d'ouvriers et de soldats d'Essen, 11 janvier 1919[17]

 

Victoire du socialisme!

Aujourd'hui le syndicat du charbon [Kohlensyndikat]* et l'Association de mines [Zechenverband] ont été occupés par nos commissaires du peuple. Par là a été accompli le premier pas vers la socialisation. La centrale de l'exploitation capitaliste et la citadelle du pouvoir des seigneurs des mines sont, par là, passées aux mains du peuple. Puisque, en outre, les revendications de l'organisation syndicale ont été accordées, les motifs de la grève sont devenus caducs. Sur cette base la conférence des comités de grève et hommes de confiance de l'ensemble des mines d'Essen a décidé, hier, à une grande majorité, la reprise du travail. Mineurs, le premier pas sur la voie vers l'état futur a ainsi été accompli. Nous poursuivrons résolument dans cette voie. Aidez-nous par la discipline et la compréhension socialiste. Reprenez le travail en bloc!

[Citation dans l'original .]

* Il s'agit du Rheinisch-Westfälisches Kohlen-Syndikat, une association patronale fondée en 1893 par 98 mines de la Ruhr. C'est un cartel par lequel est assurée de façon centralisée l'intervention des membres sur le marché du charbon.

 

 

12 janvier

 

À Berlin, les derniers combats ont lieu. Au total, on compte plus d'une centaine de morts à l'issue des affrontements depuis le 5 janvier. L'état de siège est instauré à Berlin.

 

 

En Bavière, les 12 janvier et 2 février ont lieu des élections au parlement régional [Landtag] [18].

Bayerische Volkspartei

66

Sozialdemokratische Partei Bayerns
(Pfalz: Sozialdemokratische Partei)

61

Deutsche Volkspartei
(Pfalz: Deutsche Demokratische Partei)

25

Bayerischer Bauernbund

16

Nationalliberale Partei in Bayern
und Bayerische Mittelpartei
(Pfalz: Deutsche Volkspartei der Pfalz)

9

Unabhängige sozialdemokratische Partei

3

Total

180

 

 

 

 

13 janvier

 

À Berlin, les "hommes de confiance" déclarent l'arrêt de la grève générale[19].

 

 

À Essen (Nordrhein Westfalen) se tient une conférence de tous les conseils d'ouvriers et de soldats de la région industrielle de la Rhénanie-Westphalie[20]. À la conférence participent des représentants du gouvernement et de tous les syndicats. En accord avec eux la conférence décide à l'unanimité la socialisation immédiate des mines. E. Ruben est confirmé comme commissaire du peuple et à ses côtés est placée une “commission des neuf” [“Neunerkommission”] composée de trois représentants respectivement, du SPD, USPD et KPD. Il est décidé d'établir une structure de conseils basée sur des Conseils de mine [Zechenräte] élus dans tous les puits de la région et chapeautés par un Conseil central de mines [Zentralzechenrat]. Ces conseils auraient un droit de contrôle concernant les salaires, les volumes de production et la situation financière de l'entreprise.

Le lendemain le gouvernement décrète la procédure électorale, qui doit arriver à son terme à l'échéance du 1er décembre, mais elle conçoit les organismes à élire selon le modèle des comités prévus par le décret du 23 décembre 1918 sur les conventions collectives, les comités de travailleurs et d'employés et la conciliation relative aux litiges du travail. Il nomme trois plénipotentiaires chargés de la question de la socialisation [Sozialisierungskommissare]: Otto Hue dirigeant syndical de l'Ancienne fédération (Alter Verband), Albert Vögler comme représentant des entrepreneurs et Arnold-Otto Röhrig comme représentant du gouvernement.

Le 15 janvier, le conseil d'ouvriers et de soldats d'Essen publiera un appel exposant les décisions prises et appelant à l'arrêt de la grève (cf. ci-dessous). Pour ce qui est du KPD, la direction locale désapprouvera le fait que des membres du parti aient signé ce texte, comme d'ailleurs le tract diffusé le 11 janvier[21].

 

 

 

À Brême (Bremen), le conseil d'ouvriers et de soldats décide, avec 101 voix contre 88, de laisser se dérouler les élections à l'assemblée nationale constituante[22]. Le KPD vote contre.

 

 

Appel conseil d'ouvriers et de soldats Essen, 15 janvier 1919 (extraits)[23]

 

La conférence des conseils d'ouvriers et de soldats qui le 13 janvier à Essen s'est tenue avec la participation de représentants de toutes les organisations syndicales des travailleurs des mines, a décidé de prendre en main la socialisation immédiate des mines de charbon. Dans ces brèves paroles réside un fait d'importance énorme. Pa là la révolution, de politique, est devenue révolution sociale, économique. Socialisation, c'est un mot dont tout un chacun ne s'imagine peut-être pas la signification. Il signifie qu'il doit être mis fin à l'exploitation du travailleur par l'entrepreneur, que les grandes entreprises doivent être enlevées au capitaliste et devenir propriété du peuple. [...]

Il faut que dans leur propre intérêt les travailleurs fassent preuve de discipline et de solidarité, même quand dans la première période après la débâcle énorme de la guerre la situation ne se développe de façon aussi brillante que nous tous le souhaiterions. Désormais nous avons la certitude que nous ne travaillons plus pour le capitaliste, mais pour nous et pour l'ensemble du peuple, et qu'après examen consciencieux de la situation par les mandataires des travailleurs eux-mêmes bénéficieront effectivement de toute amélioration possible en pratique de leur sort. Notre peuple tout entier se trouve dans la situation du petit homme d'affaire qui revient de la guerre et doit établir de zéro son affaire. Notre pays se trouve placé devant un énorme tas de décombres économique, et seulement le travail sérieux et l'autodiscipline consciencieuse peuvent lui permettre de sortir de la misère. Ainsi nous nous adressons à vous avec la demande de mettre fin partout à la grève. La revendication la plus grande et importante a été obtenue: les mines sont devenues propriété du peuple. Il s'agit maintenant de consolider l'acquis, afin qu'à chacun parmi les travailleurs reviennent les fruits de la socialisation. Cette socialisation ne peut réussir que si la vie économique poursuit son cours. Celui qui aujourd'hui encore, alors que la socialisation a eu lieu, fait encore grève, se nuit à lui-même et à ses collègues de travail. Il nous empêche d'agir au moment où nous voulons définitivement en finir avec le capitalisme, il soutient le capitalisme et nuit au socialisme. Travailleur, ouvrez l'oeil! Au capitalisme ne reste plus qu'un seul espoir, à savoir que l'oeuvre de la socialisation s'écroule sous l'effet de votre désunion. Il enverra parmi vous des agents soudoyés chargés de vous amener à penser que la socialisation ne vous bénéficie pas, qui vous soufflent des revendications inconsidérées et vous incite à déclencher des grèves sauvages. Regardez les gens qui maintenant encore après la socialisation appellent à la grève! Ils ne peuvent vouloir votre bien. Toutes vos organisations, les syndicats libres, les organisations syndicalistes et les syndicats chrétiens, les syndicats Hirsch-Duncker et les polonais, tous sont après la déclaration de leurs représentants à la conférence d'Essen pour la socialisation et contre la grève. Tous les partis socialistes, le Parti social-démocrate majoritaire, les Indépendants et la Ligue Spartakus vous appellent à reprendre le travail. Celui qui maintenant encore appelle à la grève est soit un esprit confus dangereux ou un agent soudoyé du capitalisme. Prenez garde face à ces gens et rejetez-les vigoureusement. Ne vous laissez pas terroriser par une minorité non éclairée, par des jeunes manquant de maturité, des esprits confus et des valets du capital! Soyez conscient du fait que vous êtes des hommes qui savent ce qu'ils veulent! Défendez vous-mêmes votre liberté socialiste nouvellement acquise! Là où le besoin se présente, les conseils d'ouvriers et de soldats vous accorderont protection et aide. Nous ne voulons pas de militarisme, vos propres gardes populaires sont suffisamment fortes pour défendre le socialisme.

[Citation dans l'original .]

 

 

14 janvier

 

À Brême (Bremen), des affrontements se produisent en rapport avec la question de l'armement des ouvriers[24]. Des matelots arrêtent le commandant de la ville Bernhard Ecks (KPD) ainsi qu'un membre du conseil de soldats et un mandaté du peuple. Devant le AG Weser éclatent des échanges de tirs entre matelots et travailleurs, il y a des morts. Des négociations entre les partis aboutissent à un compromis. Ecks est révoqué.

 

 

À Berlin, G. Noske adresse un appel aux habitants (cf. ci-dessous).

 

 

En Haute-Silésie, l'état de siège est étendu aux territoires de Kattowitz (Katowice, aujourd'hui en Pologne) et de Tarnowitz (Tarnowskie Góry, aujourd'hui en Pologne)[25]. Des grèves de mineurs se déroulent à Rybnik (aujourd'hui en Pologne) et Dubensko (Dębieńsko Stare, aujourd'hui partie de Czerwionka-Leszczyny, en Pologne).

 

 

Appel de Gustav Noske, 14 janvier 1919[26]

 

Aux habitants de Berlin!

À l'occupation effectuée hier, du quartier de Moabit, succède aujourd'hui à grande échelle l'entrée de masses de troupes considérables dans la ville. Toutes les banlieues à l'ouest sont également occupées ou protégées par des gardes civiles et populaires.

Travailleurs, soldats, citoyens! Les divisions que je dirige ne sont pas des instruments de la contrerévolution, ne servent pas à l'oppression, mais apporteront la libération de la pression terroriste inouïe sous laquelle la masse de la population de Berlin devait souffrir. Je veux assurer impérativement la sécurité de la personne et de la propriété, la liberté de la presse et l'exercice sans entrave du droit citoyen suprême, l'élection à l'assemblée nationale.

Il faut prévenir par la force des armes, des nouveaux actes de violence de la part des gens de Spartakus et d'éléments criminels. J'appelle la population de Berlin à appuyer les troupes au mieux des forces et de se plier aux instructions des dirigeants militaires.

Pour cela est requis:

1. La remise des armes ordonnée par le conseil des mandatés du peuple sera effectuée par les troupes et gardes entrant à Berlin respectivement déjà présentes sur place en liaison avec la police. Pour cela auront lieu des perquisitions de maisons et d'habitations.

2. Tout attroupement dans la rue est interdit. Il faut impérativement suivre les instructions des postes et patrouilles de rue en vue du dégagement des espaces traversés par ces postes et des rues empruntées par des unités de troupes entières.

[...]

[Citation dans l'original .]

 

 

15 janvier

 

À Berlin, les troupes du Commandement général [Generalkommando] du général Walther von Lüttwitz occupent les quartiers du Sud et de l'Ouest de la ville, en restant pour l'instant en dehors des quartiers ouvriers du Nord[27].

Devant l'occupation de Berlin par les troupes gouvernementales, Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg s'étaient réfugiés dans un appartement de la ville, mais suite à une dénonciation ils sont appréhendés par la garde civile [Einwohnerwehr], et avec eux Wilhelm Pieck[28]. Ce dernier réussit à s'échapper. Liebknecht et Luxemburg sont livrés aux soldats de la Division de tirailleurs de cavalerie de garde commandée par le capitaine Waldemar Pabst. Ils sont assassinés[29].

Sont également arrêtés durant ces journées les membres du KPD Leo Jogiches, Käte Duncker, Paul Levi[30].

 

 

Quelques semaines plus tard G. Noske adressera à Waldemar Pabst, qui entretemps a quitté l'armée, un télégramme de félicitations pour son mariage[31]:

À son soutien fidèle et la jeune épouse de celui-ci adresse les félicitations les plus cordiales le ministre de la Reichswehr Noske ainsi que le Chef de l'état-major v. Gilsa.

[Citation dans l'original .]

 

 

 

À Brême et Bremerhaven (Bremen), les 15 et 16, les employés de tramway mènent un mouvement de grève[32].

 

 

Garde-Kavallerie-Schützen-Division (Division de tirailleurs de cavalerie de garde)

 

Formellement, la Division de tirailleurs de cavalerie de garde est placée sous les ordres du lieutenant général Heinrich von Hofmann, mais en raison de l'état de santé de celui-ci, le commandement est exercé de fait par Pabst qui est premier officier d'état-major.

Waldemar Pabst participera en mars 1920 au putsch Lüttwitz-Kapp (cf. ), puis s'enfuira en Hongrie[33]. À partir de 1927 il participera à l'organisation des Gardes patriotiques [Heimwehren] en Autriche, plus tard à nouveau en Allemagne. De 1931 à 1940 il est directeur de la Rheinmetall Borsig AG et chef de la division défense et armement [Wehr- und Waffenabteilung] de cette société. En 1943 il passera en Suisse, en 1955 il reviendra en Allemagne.

 

 

 

Mi-janvier

 

La Centrale du KPD publie un Appel: "Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg assassinés!". (Cf. le texte .)

 

 

16 janvier

 

En Haute-Silésie, l'état de siège est étendu au territoire de Rybnik (aujourd'hui en Pologne)[34].

 

 

17 janvier

 

À Dresde (Sachsen), suite aux affrontements survenus dans la ville le 10 janvier, les mandatés du peuple USPD de Saxe (Hermann Fleißner, Friedrich Geyer[35] et Richard Lipinski) démissionnent de leurs postes[36]. La direction du gouvernement est attribuée à Georg Gradnauer. Le président du conseil de soldats de Dresde, Gustav Neuring (SPD) est chargé des affaires militaires.

 

 

En Haute-Silésie, des grèves se déroulent dans 44 mines[37].

 

 

19 janvier

 

Dans les différentes régions de l'Allemagne, se tiennent les élections à l'assemblée nationale constituante.

 

 

À Brême (Bremen), les communistes ne participent pas aux élections à l'assemblée constituante. Au niveau local le SPD obtient 42 %, l'USPD 18,2 %[38].

Le Conseil des mandatés du peuple, contre l'avis du KPD, décide d'organiser des élections à une assemblée parlementaire au niveau local de Brême le 9 mars[39]. La veille les banques avaient refusé d'accorder des crédits en absence d'une représentation parlementaire élue.

 

 

 

À Hambourg, aux élections à l'assemblée constituante locale, le SPD obtient 51,3 %[40].

 

 

 

Le Ministre de la guerre Walther Reinhardt publie les dispositions d'application relativement aux “points de Hambourg” adoptés en décembre 1918 par le Congrès national des Conseils d'ouvriers et de soldats[41]. (Sur les “points de Hambourg”, cf. .) Il s'agit de trois décrets, dont le principal fixe une "règlementation provisoire du pouvoir de commandement et la position des conseils de soldats de l'armée de paix [Friedensheer]" (cf. ci-dessous.). Le commandement suprême sur l'armée de paix est conféré au conseil des mandatés du peuple, mais le ministre de la guerre de Prusse est chargé de l'exercice de ce pouvoir, ce qui confirme le double statut attribué à cette fonction, tel qu'il avait été introduit en novembre 1918 (cf. ). Il est précisé que les dispositions s'appliquent uniquement à l'armée dite “Heimatheer” ou “Friedensheer”. Par là on entend les formations de l'ancienne armée en cours de démobilisation et qui ainsi de toute façon n'allait plus jouer de rôle dans l'avenir. Les troupes subordonnées au commandement suprême de l'armée (Oberste Heeresleitung, OHL), à savoir celles des fronts de l'Est et du Sud-Est ainsi que les corps-francs nouvellement formés, ne sont nullement concernées par les dispositions.

 

 

Se tiennent les élections à l'Assemblée nationale constituante.

Sozialdemokratische Partei

165

Christliche Volkspartei

91

Deutsche demokratische Partei

75

Deutschnationale Volkspartei

44

Unabhängige sozialdemokratische Partei

22

Deutsche Volkspartei

19

Bayerischer Bauernbund

4

Deutsch-hannoversche Partei

1

Schleswig-holsteinische Bauern-
und Landarbeiter-Demokratie

1

Braunschweigischer Landeswahlverband

1

Total

421

 

 

 

Règlementation provisoire du pouvoir de commandement et position des conseils de soldats dans l'armée de paix [Friedensheer], 19 janvier 1919 (extraits)[42]

 

 

Règlementation provisoire du pouvoir de commandement et position des conseils de soldats dans l'armée de paix [Friedensheer]

1. Le pouvoir de commandement suprême est détenu par le conseil de mandatés du peuple, élu par le conseil central de la république socialiste allemande.

2. Le conseil des mandatés du peuple, pour autant qu'il ne donne pas des ordres directs, délègue l'exercice du pouvoir de commandement au ministre de la guerre prussien. [...]

3. Pour sa conduite de commandement, le ministre de la guerre est responsable devant le conseil des mandatés du peuple. Tous les offices militaires de Prusse et ceux communs au niveau du Reich sont subordonnés au ministre de la guerre. Tous les membres de l'armée du contingent prussien (y compris les conseils de soldats) doivent se plier aux décisions et instructions du ministre de la guerre, qui doivent être contresignées par le sous-secrétaire d'état. [...]

4. Pour les unités supérieures [...] les chefs exercent le pouvoir de commandement. Pour leur activité, ils sont responsables devant le gouvernement du Reich  et leurs supérieurs directs.

5. Pour les régiments, bataillons autonomes et formations de même niveau, des conseils de soldats doivent être élus. Ils contrôlent l'activité des chefs dans le sens que ceux-ci n'abusent pas de leur pouvoir de service pour des actions contre le gouvernement en place. Pour édicter des instructions générales, d'application permanente, qui concerne l'assistance à la troupe, ainsi que des questions sociales et économiques, les permissions, les questions de discipline, les conseils de soldat participent et signent comme coresponsables. Les ordres purement militaires, qui concernent l'instruction, conduite et utilisation des troupes, émanent des chefs seuls, ils ne nécessitent pas de contresignature d'un conseil de soldats. [...]

9. L'attribution des postes revient au ministère de la guerre. [...]

[Citation dans l'original .]

 

 

 

20 janvier

 

À Brême (Bremen) les banques exigent comme condition pour l'octroi de crédits, le rétablissement de la commission de finances (la Finanzdeputation, les Deputationen étant une institution spécifique propre aux systèmes administratifs de Brême et de Hambourg) et la fin de l'état de siège ainsi que de la censure préalable[43]. Quelques communistes conduisent des groupes de travailleurs pour saisir des armes dans les dépôts des casernes et occuper des bâtiments publics et des banques, et tentent d'organiser une grève générale pour le lendemain (cf. ci-dessous). L'action n'aboutit à rien. L'initiateur, Karl Jörn, quitte Brême et se rend à Wilhelmshaven.

 

 

 

À Braunschweig, est organisée une grève générale en réaction à l'assassinat de K. Liebknecht et R. Luxemburg. Elle dure jusqu'au 22. L'état de siège est instauré[44].

 

 

 

À Hambourg, suite au résultat des élections à l'assemblée nationale, Heinrich Laufenberg est remplacé par Karl Hense (SPD) comme président du conseil d'ouvriers et soldats[45].

 

 

21 janvier

 

À Brême (Bremen), le KPD annonce qu'il cesse sa participation au Conseil des mandatés du peuple[46]. L'USPD déclare que dans ces conditions il n'assumera plus la responsabilité gouvernementale. Le KPD annule sa décision.

Le conseil d'ouvriers et de soldats approuve la décision prise par le Conseil des mandatés du peuple, le 18, d'organiser des élections[47]. Il abolit la censure préalable[48].

 

 

Le Conseil central d'ouvriers et de Soldats pour la Haute-Silésie, dont le président est Otto Hörsing (SPD), fait placarder largement un texte qui reprend la teneur du décret édicté le 31 décembre 1918 par le gouvernement du district d'Oppeln (aujourd'hui Opole en Pologne) au sujet de la répression contre les mouvements séparatistes[49]:

Attention! Haute trahison! Qui entreprend d'arracher par la force la Haute-Silésie du Reich allemand et de l'intégrer dans un état étranger ou de la rendre autonome, et quiconque prépare une telle opération, commet une haute trahison.

[Citation dans l'original .]

(Cf. 7 janvier 1919.)

 

 

Appel publié dans Der Kommunist, journal du KPD à Brême, 21 janvier 1919 (extraits)[50]

 

Appel à la grève générale!

Le prolétariat révolutionnaire est poussé d'un combat à un autre. Il s'agit de mettre un terme aux menées éhontées du capitalisme et de ces stipendiés, aux instigateurs des crimes crapuleux, les Ebert-Scheidemann-Landsberg-Noske. [...] Le prolétariat révolutionnaire dans le Reich se trouve devant la conquête du pouvoir.

Demain mardi il veut passer en revue ses forces disponibles. [...] Tous, hors de vos entreprises!

[Citation dans l'original .]

 

 

22 janvier

 

Le mouvement de grève en cours depuis le 8 janvier dans les mines de la Ruhr décline progressivement[51].

 

 

25 janvier

 

À Brême (Bremen), G. Noske annonce à A. Henke (USPD), co-président du Conseil des mandatés du peuple, que le gouvernement s'apprête à intervenir à Brême[52]. Il donne ordre au commandant suprême le Général Walther von Lüttwitz de rétablir l'ordre à Brême[53].

 

 

26 janvier

 

En Prusse se tiennent les élections à l'Assemblée constituante régionale.

Sozialdemokratische Partei

145

Zentrums- (Christliche Volks-) Partei

93

Deutsche Demokratische Partei

65

Deutschnationale Volkspartei

48

Unabhängige Sozialdemokratische Partei

24

Deutsche Volkspartei

23

Deutsch-Hannoversche Partei

2

Schleswig-Holsteinische Bauern-
und Landarbeiter-Demokratie

1

Total

401

 

 

 

27 janvier

 

Le colonel [Oberst] Wilhelm Gerstenberg est chargé de mettre en oeuvre une opération militaire contre Brême (Bremen)[54]. La division qu'il commande comprend notamment la 3e Brigade du Corps de tirailleurs de terre ainsi que la Brigade de Marine I[55].

 

 

À Wilhelmshaven-Rüstringen, un groupe de communistes autour de K. Jörn occupe des lieux publics, notamment la caserne[56]. Dans la nuit au 28, des unités militaires attaquent la caserne et obligent les occupants à quitter les lieux. Il y a 8 morts. Le conseil d'ouvriers et de soldats prend ses distances vis-à-vis de l'action, se place explicitement du côté du gouvernement de Berlin et instaure l'état de siège.

 

 

 

29 janvier

 

Les troupes de W. Gerstenberg arrivent à Verden, au sud-est de Brême (Bremen), et sont renforcées par une unité de volontaires de Brême commandée par le Major Walter Caspari[57]. Des négociations entre des délégués du Conseil des mandatés du peuple  et les militaires et ont lieu. Ces derniers exigent le désarmement, ce que les délégués de Brême refusent.

 

 

31 janvier

 

À Hambourg, le conseil d'ouvrier et de soldats décide de rassembler des hommes et des armes pour venir en aide à la république des conseils de Brême[58]. Il est prévu d'envoyer plusieurs milliers de personnes: des matelots de Cuxhaven, des soldats de la garnison de Hambourg, ainsi que des volontaires notamment au chantier naval Vulkan-Werft.

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes
 

[1]. http://www.marx.org/deutsch/referenz/bernstein/1921/drev/kap12.html.

E. Bernstein: Die deutsche Revolution - Band 1, (Bibliographie ).

[2]. http://www.geschichte-pirna.de/nr-2.htm.

P. Frölich, R. Lindau, J. Thomas: Illustrierte Geschichte der Deutschen Revolution, S. 381-382 (Bibliographie ).

[3]. http://www-user.uni-bremen.de/~bremhist/Raeterepublik1918-19.html;

http://www-user.uni-bremen.de/~bremhist/Raeterepublik.html;

http://www.klausdede.de/index.php?content=weserundjade&sub=49.

[4]. http://www.geissstrasse.de/file_download/8.

[5]. http://archiv.squat.net/duesseldorf/Dipl_Int-2_2-2.html.

[6]. http://www.ifz-muenchen.de/heftarchiv/1958_3.pdf;

P. Frölich, R. Lindau, J. Thomas: Illustrierte Geschichte..., S. 316 (Bibliographie ).

[7]. http://www.dielinke-bremen.de/nc/politik/aktuell/detail/browse/1/zurueck/space-park-waterfront/artikel/vor-90-jahren-bremen-ist-eine-selbstaendige-sozialistische-republik/.

IML beim ZK der SED (Hg.): Dokumente und Materialien zur Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Reihe 2 - Band 3 - Januar 1919‑Mai 1919, S. 52 (Bibliographie ).

[8]. IML beim ZK der SED (Hg.): Dokumente und Materialien... - Reihe 2 - Band 3, S. 53 (Bibliographie ).

[9]. http://www.dielinke-bremen.de/nc/politik/aktuell/detail/browse/1/zurueck/space-park-waterfront/artikel/vor-90-jahren-bremen-ist-eine-selbstaendige-sozialistische-republik/.

IML beim ZK der SED (Hg.): Dokumente und Materialien... - Reihe 2 - Band 3, S. 53 (Bibliographie ).

[10]. http://www.marx.org/deutsch/referenz/bernstein/1921/drev/kap12.html;

E. Bernstein: Die deutsche Revolution - Band 1, (Bibliographie ).

G. Watermeier: Politischer Mord und Kriegskultur an der Wiege der Weimarer Republik, S. 21. (Bibliographie ).

[11]. http://archivkarlroche.files.wordpress.com/2010/02/aur-1919-brosch.pdf.

[12]. http://www.geschichte-pirna.de/nr-2.htm.

[13]. St. Goch: Sozialdemokratische Arbeiterbewegung und Arbeiterkultur im Ruhrgebiet, (Bibliographie ).

[14]. http://www.ifz-muenchen.de/heftarchiv/1958_3.pdf;

R. Wilbrandt: Sozialismus, S. 254 (Bibliographie ).

H. Spethmann: Zwölf Jahre Ruhrbergbau 1914‑1925 - Band 1, S. 149 (Bibliographie ).

[15]. http://www.cuxpedia.de/index.php/Sozialistische_Republik_Cuxhaven

IML beim ZK der SED (Hg.): Illustrierte Geschichte der Novemberrevolution in Deutschland, S. 330 (Bibliographie ).

E. Kolb: Die Arbeiterräte in der deutschen Innenpolitik 1918‑1919, p. 328 (Bibliographie ).

[16]. http://www.raeterepublik.de/Bluthunde.htm.

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27 janvier 2019 7 27 /01 /janvier /2019 21:43
Rosa Luxemburg assassinée. Ne jamais oublier!
 Rosa Luxemburg assassinée. Ne jamais oublier!
Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel.
Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts.

 

Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre.
Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait.
Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.


Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.
Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se développer aussi facilement?


Une chose est sûre , l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté.
Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs et acteurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

 

Dominique Villaeys-Poirré

15 janvier 2019

Spartakistes assassinés

Spartakistes assassinés

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27 janvier 2019 7 27 /01 /janvier /2019 21:30
Rote Fahne, 14.01.1918.

Rote Fahne, 14.01.1918.

C'est avec une réelle émotion que le blog reprend aujourd'hui la publication du dernier texte de Rosa Luxemburg 'L'ordre règne à Berlin". La fréquentation durant plus de 30 années de la pensée et de l'action de Rosa Luxemburg, jamais déçue, rend cet assassinat toujours plus intolérable. La révolution assassinée en Allemagne, en particulier de son courant spartakiste, a vainsu les espoirs d'une autre société et ouvert la voie au nazisme. Le réformisme social-démocrate en porte l'écrasante responsabilité.
Comprendre avec Rosa Luxemburg, le choix du titre du blog n'a pas été pris par hasard et n'a pas pris une ride. Lire aujourd'hui Rosa Luxemburg, en particulier suivre la révolution en Allemagne en 1918/1919, à l'heure du mouvement populaire d'aujourd'hui, est essentiel. La révolution selon Rosa Luxemburg demande une conscience de classe, elle vient de la classe consciente ou elle échoue.
Dominique Villaeys-Poirré.
Comprendre-avec-Rosa-Luxemburg.

 

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Un article publié dans Die Rote Fahne, n° 14 (14 janvier 1919). Une traduction extraite de "Les Spartakistes, 1918 : l'Allemagne en révolution" présentée par Gilbert Badia, Paris, Julliard (Collection Archives).

 

https://www.marxists.org/francais/luxembur/spartakus/rl19190114.htm

 

L'ORDRE REGNE A BERLIN

 

« L'ordre règne à Varsovie », déclara le ministre Sébastiani, en 1831, à la Chambre fran­çaise, lorsque, après avoir lancé son terrible assaut sur le faubourg de Praga, la soldatesque de Souvorov [1], eut pénétré dans la capitale polonaise et qu'elle eut commencé son office de bourreau.

« L'ordre règne à Berlin », proclame avec des cris de triomphe la presse bourgeoise, tout comme les Ebert et les Noske, tout comme les officiers des « troupes victorieuses » que la racaille petite-bourgeoise accueille dans les rues de Berlin en agitant des mouchoirs et en criant : « Hourrah ! » Devant l'histoire mondiale, la gloire et l'honneur des armes allemandes sont saufs. Les lamentables vaincus des Flandres et de l'Argonne ont rétabli leur renommée en remportant une victoire éclatante... sur les 300 « Spartakistes » du Vorwärts. Les exploits datant de la glorieuse invasion de la Belgique par des troupes allemandes, les exploits du général von Emmich, le vainqueur de Liège, pâlissent devant les exploits des Reinhardt [2] et Cie dans les rues de Berlin. Assassinat de parlementaires venus négocier la reddition du Vorwärts et que la soldatesque gouvernementale a frappés a coups de crosse, au point que l'identification des corps est impossible, prisonniers collés au mur, dont on a fait éclater les crânes et jaillir la cervelle : qui donc, en présence de faits aussi glorieux pourrait encore évoquer les défaites subies devant les Français, les Anglais et les Américains ? L'ennemi, c'est « Spartacus » et Berlin est le lieu où nos officiers s'entendent à remporter la victoire. Et le général qui s'entend à organiser ces victoires, là où Ludendorff a échoué, c'est Noske, l' « ouvrier » Noske.

Qui n'évoquerait l'ivresse de la meute des partisans de « l'ordre », la bacchanale de la bourgeoisie parisienne dansant sur les cadavres des combattants de la Commune, cette bourgeoisie qui venait de capituler lâchement devant les Prussiens et de livrer la capitale à l'ennemi extérieur après avoir levé le pied ? Mais quand il s'est agi d'affronter les prolétaires parisiens affamés et mal armés, d'affronter leurs femmes sans défense et leurs enfants, ah comme le courage viril des fils de bourgeois, de cette « jeunesse dorée », comme le courage des officiers a éclaté Comme la bravoure de ces fils de Mars qui avaient cané devant l'ennemi extérieur s'est donné libre cours dans ces atrocités bestiales, commises sur des hommes sans défense, des blessés et des prisonniers !

 

« L'ordre règne à Varsovie », « l'ordre règne à Paris », « l'ordre règne à Berlin ». Tous les demi-siècles, les gardiens de « l'ordre » lancent ainsi dans un des foyers de la lutte mondiale leurs bulletins de victoire. Et ces « vainqueurs » qui exultent ne s'aperçoivent pas qu'un « ordre », qui a besoin d'être maintenu périodiquement par de sanglantes hécatombes, va inéluctablement à sa perte.

Cette « Semaine Spartakiste » de Berlin, que nous a-t-elle apporté, que nous enseigne-t-elle ? Au cœur de la mêlée, au milieu des clameurs de triomphe de la contre-révolution, les prolétaires révolutionnaires doivent déjà faire le bilan des événements, les mesurer, eux et leurs résultats, au grand étalon de l'histoire. La révolution n'a pas de temps à perdre, elle poursuit sa marche en avant, - par-dessus les tombes encore ouvertes, par-delà les « victoires » et les « défaites » - vers ses objectifs grandioses. Et le premier devoir de ceux qui luttent pour le socialisme internationaliste, c'est d'étudier avec lucidité sa marche et ses lignes de force.

Pouvait-on s'attendre, dans le présent affrontement, à une victoire décisive du prolétariat révolutionnaire, pouvait-on escompter la chute des Ebert-Scheidemann et l'instauration de la dictature socialiste ? Certainement pas, si l'on fait entrer en ligne de compte tous les éléments qui décident de la réponse. Il suffit de mettre le doigt sur ce qui est à l'heure actuelle la plaie de la révolution : le manque de maturité politique de la masse des soldats qui continuent de se laisser abuser par leurs officiers et utiliser à des fins contre-révolutionnaires est à lui seul la preuve que, dans ce choc-ci, une victoire durable de la révolution n'était pas possible. D'autre part, ce manque de maturité n'est lui-même que le symptôme du manque général de maturité de la révolution allemande.

 

Les campagnes, d'où est issu un fort pourcentage de la masse des soldats, continuent de n'être à peu près pas touchées par la révolution. Jusqu'ici, Berlin est à peu près isolé du reste du Reich. Certes en province, les foyers révolutionnaires - en Rhénanie, sur la côte de la mer du Nord, dans le Brunswick, la Saxe, le Wurtemberg - sont corps et âme aux côtés du prolétariat berlinois. Mais ce qui fait défaut, c'est la coordination de la marche en avant, l'action commune qui donnerait aux coups de boutoir et aux ripostes de la classe ouvrière berlinoise une tout autre efficacité. Ensuite - et c'est de cette cause plus profonde que proviennent ces imperfections politiques - les luttes économiques, ce volcan qui alimente sans cesse la lutte de classe révolutionnaire, ces luttes économiques n'en sont encore qu'à leur stade initial.

Il en résulte que, dans la phase actuelle, on ne pouvait encore escompter de victoire définitive, de victoire durable. La lutte de la semaine écoulée constituait-elle pour autant une « faute » ? Oui, s'il s'agissait d'un « coup de boutoir » délibéré, de ce qu'on appelle un « putsch » ! Mais quel a été le point de départ des combats ? Comme dans tous les cas précé­dents, le 6 décembre, le 24 décembre : une provocation brutale du gouvernement ! Naguère l'attentat contre les manifestants sans armes de la Chausséestrasse, le massacre des matelots, cette fois le coup tenté contre la Préfecture de Police, ont été la cause des événements ultérieurs. C'est que la révolution n'agit pas à sa guise, elle n'opère pas en rase campagne, selon un plan bien mis au point par d'habiles « stratèges ». Ses adversaires aussi font preuve d'initiative, et même en règle générale, bien plus que la Révolution.

Placés devant la provocation violente des Ebert-Scheidemann, les ouvriers révolution­naires étaient contraints de prendre les armes. Pour la révolution, c'était une question d'honneur que de repousser l'attaque immédiatement, de toute son énergie, si l'on ne voulait pas que la contre-révolution se crût encouragée à un nouveau pas en avant ; si l'on ne voulait pas que fussent ébranlés les rangs du prolétariat révolutionnaire et le crédit dont jouit au sein de l'Internationale [3] la révolution allemande.

 

Du reste, des masses berlinoises jaillit spontanément, avec une énergie si naturelle, la volonté de résistance, que, dès le premier jour, la victoire morale fut du côté de la « rue ».

Or il existe pour la Révolution une règle absolue : ne jamais s'arrêter une fois le premier pas accompli, ne jamais tomber dans l'inaction, la passivité. La meilleure parade, c'est de porter à l'adversaire un coup énergique. Cette règle élémentaire qui s'applique à tout combat vaut surtout pour les premiers pas de la révolution. Il va de soi - et pareil comportement témoi­gne de la justesse, de la fraîcheur de réaction du prolétariat, - qu'il ne pouvait se satis­fai­re d'avoir réinstallé Eichhorn à son poste. Spontanément, il occupa d'autres positions de la contre-révolution : les sièges de la presse bourgeoise, le bureau de l'agence d'informations officieuse, le Vorwärts. Ces démarches étaient inspirées à la masse par ce qu'elle comprenait d'instinct : la contre-révolution n'allait pas pour sa part se satisfaire de sa défaite, mais préparer une épreuve de force générale.

Là encore nous nous trouvons en présence d'une de ces grandes lois historiques de la révolution, sur laquelle viennent se briser toutes les habiletés, toute la « science » de ces petits révolutionnaires de l'U.S.P. [4], qui dans chaque lutte ne sont en quête que d'une chose ; de prétextes pour battre en retraite. Dès que le problème fondamental d'une révolution a été clairement posé - et dans celle-ci c'est le renversement du gouvernement Ebert-Scheidemann, premier obstacle à la victoire du socialisme - alors ce problème ne cesse de resurgir dans toute son actualité, et, avec la fatalité d'une loi naturelle, chaque épisode de la lutte le fait apparaître dans toute son ampleur, si peu préparée à le résoudre que soit la révolution, si peu propice que soit la situation.

« A bas Ebert-Scheidemann ! » Ce mot d'ordre jaillit immanquablement à chaque nouvelle crise révolutionnaire ; c'est la formule qui, seule, épuise tous les conflits partiels et qui, par sa logique interne, qu'on le veuille ou non, pousse n'importe quel épisode de la lutte jusqu'à ses conséquences extrêmes.

 

De cette contradiction entre la tâche qui s'impose et l'absence, à l'étape actuelle de la révolution, des conditions préalables permettant de la résoudre, il résulte que les luttes se terminent par une défaite formelle. Mais la révolution est la seule forme de « guerre » - c'est encore une des lois de son développement - où la victoire finale ne saurait être obtenue que par une série de « défaites ».

Que nous enseigne toute l'histoire des révolutions modernes et du socialisme? La première flambée de la lutte de classe en Europe s'est achevé par une défaite. Le soulèvement des canuts de Lyon, en 1831, s'est soldé par un lourd échec. Défaite aussi pour le mouvement chartiste en Angleterre. Défaite écrasante pour la levée du prolétariat parisien au cours des journées de juin 1848. La Commune de Paris enfin a connu une terrible défaite. La route du socialisme - à considérer les luttes révolutionnaires - est pavée de défaites.

Et pourtant cette histoire mène irrésistiblement, pas à pas, à la victoire finale ! Où en serions-nous aujourd'hui sans toutes ces « défaites », où nous avons puisé notre expérience, nos connaissances, la force et l'idéalisme qui nous animent ? Aujourd'hui que nous sommes tout juste parvenus à la veille du combat final de la lutte prolétarienne, nous sommes campés sur ces défaites et nous ne pouvons renoncer à une seule d'entre elles, car de chacune nous tirons une portion de notre force, une partie de notre lucidité.

Les combats révolutionnaires sont à l'opposé des luttes parlementaires. En Allemagne, pendant quatre décennies, nous n'avons connu sur le plan parlementaire que des « victoires »; nous volions littéralement de victoire en victoire. Et quel a été le résultat lors de la grande épreuve historique du 4 août 1914 : une défaite morale et politique écrasante, un effondre­ment inouï, une banqueroute sans exemple. Les révolutions par contre ne nous ont jusqu'ici apporté que défaites, mais ces échecs inévitables sont précisément la caution réitérée de la victoire finale.

A une condition il est vrai ! Car il faut étudier dans quelles conditions la défaite s'est chaque fois produite. Résulte-t-elle du fait que l'énergie des masses est venue se briser contre la barrière des conditions historiques qui n'avaient pas atteint une maturité suffisante, ou bien est-elle imputable aux demi-mesures, à l'irrésolution, à la faiblesse interne qui ont paralysé l'action révolutionnaire ?

Pour chacune de ces deux éventualités, nous disposons d'exemples classiques : la révolution française de février, la révolution allemande de mars. L'action héroïque du prolétariat parisien, en 1848, est la source vive où tout le prolétariat international puise son énergie. Par contre, les navrantes petitesses de la révolution allemande de mars sont comme un boulet qui freine toute l'évolution de l'Allemagne moderne. Elles se sont répercutées - à travers l'histoire particulière de la social-démocratie allemande - jusque dans les événements les plus récents de la révolution allemande, jusque dans la crise que nous venons de vivre.

A la lumière de cette question historique, comment juger la défaite de ce qu'on appelle la « semaine spartakiste » ? Provient-elle de l'impétuosité de l'énergie révolutionnaire et de l'insuffisante maturité de la situation, ou de la faiblesse de l'action menée ?

De l'une et de l'autre ! Le double caractère de cette crise, la contradiction entre la manifes­tation vigoureuse, résolue, offensive des masses berlinoises et l'irrésolution, les hésitations, les atermoiements de la direction, telles sont les caractéristiques de ce dernier épisode.

La direction a été défaillante. Mais on peut et on doit instaurer une direction nouvelle, une direction qui émane des masses et que les masses choisissent. Les masses constituent l'élément décisif, le roc sur lequel on bâtira la victoire finale de la révolution.

Les masses ont été à la hauteur de leur tâche. Elles ont fait de cette « défaite » un maillon dans la série des défaites historiques, qui constituent la fierté et la force du socialisme international. Et voilà pourquoi la victoire fleurira sur le sol de cette défaite.

« L'ordre règne à Berlin ! » sbires stupides ! Votre « ordre » est bâti sur le sable. Dès demain la révolution « se dressera de nouveau avec fracas » proclamant à son de trompe pour votre plus grand effroi

J'étais, je suis, je serai ! [5]


Notes

[1] Erreur de Rosa Luxemburg : Souvorov est mort en 1800. Les troupes russes étaient commandées par Paskevitch. (Note de G.Badia).

[2] REINHARDT, Walther (1872-1930). Officier d'État Major pendant la première guerre mondiale, dernier ministre prussien de la guerre, il fut nommé en octobre 1919, chef de la direction de l'armée. Il démissionna en même temps que Noske, après le putsch de Kapp.

[3] Il s'agit encore à ce moment-là d'une Internationale toute théorique puisque le premier Congrès de la III° Internationale n'a pas encore eu lieu. (Note de G.Badia).

[4] L’U.S.P. était le parti social-démocrate indépendant au sein duquel militaient notamment Kautsky et Bernstein.

[5] Vers extrait du poème de F. Freiligrath « La Révolution ». (Note de G.Badia).


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Die rote Fahne, 14.01.1919.

Die rote Fahne, 14.01.1919.

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27 janvier 2019 7 27 /01 /janvier /2019 21:27
Abarrez leurs dirigeants! Tuez Liebknecht!

Abarrez leurs dirigeants! Tuez Liebknecht!


Malgré tout !
Karl Liebknecht
(15 janvier 1919)

Berlin, 15 janvier 1919

 

Assaut général contre Spartakus ! « A bas les spartakistes ! », crie-t-on partout. « Saisissez-les, fouettez-les, piquez-les, fusillez-les, écrasez-les, mettez-les en pièces ! » Des abominations sont commises plus cruels que celles des troupes allemandes en Belgique.

 

« Spartakus vaincu ! », jubile toute la presse, de la Post au Vorwärts.

 

« Spartakus vaincu ! » Les sabres, les revolvers et les carabines de la police germanique rétablie dans ses fonctions et le désarmement des ouvriers révolutionnaires scelleront sa défaite.

 

« Spartakus vaincu ! » C’est sous la protection des baïonnettes du colonel Reinhardt, des mitrailleuses et des canons du général Lüttwitz, que se dérouleront les élections à l’Assemblée nationale, un plébiscite pour Napoléon-Ebert.

 

« Spartakus vaincu ! »

 

Oui ! Les ouvriers révolutionnaires de Berlin ont été vaincus ! Oui ! Abattus des centaines des meilleurs d’entre eux ! Oui ! jetés au cachot des centaines parmi les plus fidèles !

 

Oui ! Ils ont été vaincus ! Car ils ont été abandonnés par les marins, les soldats, les gardes de sécurité, par l’armée populaire, sur l’aide desquels ils avaient compté. Et leurs forces ont été paralysées par l’indécision et la pusillanimité de leurs chefs. Et l’immense flot bourbeux contre-révolutionnaire des éléments arriérés du peuple et des classes possédantes les a submergés.

 

Oui, ils ont été vaincus ! Et c’était une nécessité historique qu’ils le fussent. Car le temps n’était pas encore venu. Et pourtant la lutte était inévitable. Car livrer sans combat aux Eugen Ernst et Hirsch la préfecture de police, ce palladium de la révolution, eût été une défaite déshonorante. La lutte avait été imposée au prolétariat par la bande d’Ebert, et les masses berlinoises furent emportées par-delà tous les doutes et les hésitations.

 

Oui, les ouvriers révolutionnaires de Berlin ont été vaincus.

 

Et les Ebert-Scheidemann-Noske ont remporté la victoire. Ils l’ont remportée parce que les généraux, la bureaucratie, les junkers de la campagne et de l’industrie, la curés et les sacs d’argent, et tout ce qui est étroit, mesquin et arriéré, les ont aidés. Et ils l’ont remporté pour eux avec des obus, des bombes à gaz et des lance-mines.

 

Mais il est des défaites qui sont des victoires et des victoires plus fatales que des défaites.

 

Les vaincus de la semaine sanglante de janvier se sont battus glorieusement, ils se sont battus pour quelque chose de grand, pour le but le plus noble de l’humanité souffrante, pour la libération matérielle et spirituelle des masses pauvres ; pour des buts sacrés, ils ont versé leur sang, qui a été ainsi sanctifié. Et de chaque goutte de ce sang, cette semence de dragon pour les vainqueurs d’aujourd’hui, des vengeurs naîtront pour ceux qui sont tombés ; de chaque fibre brisée de nouveaux combattants de la grande cause, éternelle et impérissable comme le firmament.

 

Les vaincus d’aujourd’hui seront les vainqueurs de demain. Car la défaite est leur enseignement. Le prolétariat allemand manque encore de traditions et d’expérience révolutionnaires, et ce n’est que par des tâtonnements, des erreurs juvéniles, des échecs douloureux, qu’on peut acquérir l’expérience qui garantit le succès futur.

 

Pour les forces vivantes de la révolution sociale, dont la croissance ininterrompue est la loi du développement social, une défaite constitue un stimulant. Et c’est par les défaites que leur chemin conduit vers la victoire. Mais les vainqueurs d’aujourd’hui ?

 

C’est pour une cause scélérate qu’ils ont accompli leur besogne scélérate. Pour les puissances du passé, pour les ennemis mortels du prolétariat.

 

Et ils sont dès aujourd’hui vaincus ! Car ils sont dès aujourd’hui les prisonniers de ceux qu’ils pensaient pouvoir utiliser comme leurs instruments et dont ils ont toujours été en fait les instruments.

 

Ils donnent encore leur nom à la firme, mais il ne leur reste qu’un court délai de grâce.

 

Déjà ils sont au pilori de l’histoire. Jamais il n’y eut au monde de tels Judas : non seulement ils ont trahi ce qu’ils avaient de plus sacré, mais de leurs propres mains ils ont aussi enfoncé les clous dans la croix. De même qu’en août 1914 la social-démocratie officielle allemande est tombée plus bas que n’importe quelle autre, de même aujourd’hui, à l’aube de la révolution sociale, elle reste le modèle qui fait horreur.

 

La bourgeoisie française a dû prendre dans ses propres rangs les bourreaux de juin 1848 et ceux de mai 1871. La bourgeoisie allemande n’a pas besoin de faire elle-même le travail : ce sont des « sociaux-démocrates » qui accomplissent la sale besogne, lâche et méprisable. Son Cavaignac, son Gallifet, c’est Noske, l’ « ouvrier allemand ».

 

Des sonneries de cloche ont appelé au massacre ; de la musique, des agitations de mouchoirs, des cris de victoire des capitalistes sauvés de l’ « horreur bolchéviste » ont fêté la soldatesque. La poudre est encore fumante, l’incendie du massacre des ouvriers brûle encore, les prolétaires assassinés gisent à terre, les blessés gémissent encore, et, gonflé de fierté de leur victoire, ils passent en revue les troupes d’assassins, les Ebert, Scheidemann et Noske.

 

Semence de dragon !

 

Déjà le prolétariat mondial se détourne d’eux avec horreur, eux qui osent tendre à l’Internationale leurs mains encore fumantes du sang des ouvriers allemands ! Ils sont rejetés avec répulsion et mépris même par ceux qui, dans la furie de la guerre mondiale, avaient trahi les devoirs du socialisme. Salis, exclus des rangs de l’humanité civilisée, chassé de l’Internationale, honnis et maudits par tous les ouvriers révolutionnaires, ainsi se présentent-ils devant le monde.

 

Et l’Allemagne tout entière est précipitée par eux dans la honte. Des traîtres à leurs frères, des fratricides, gouvernent aujourd’hui le peuple allemand. « Vite, mon calepin, que je note... »

 

Oh, leur magnificence ne durera pas longtemps ; un court délai de grâce, et ils seront jugés.

 

La révolution du prolétariat, qu’ils ont cru noyer dans le sang, elle renaîtra, gigantesque, et son premier mot d’ordre sera : A bas les assassins d’ouvriers Ebert-Scheidemann-Noske !

 

Les battus d’aujourd’hui ont retenu l’enseignement : ils sont guéris de l’illusion qu’ils pouvaient trouver leur salut dans l’aide des masses confuses de soldats, qu’ils pouvaient s’en remettre à des chefs qui se sont révélés faibles et incapables, guéris de leur croyance en la social-démocratie indépendante, qui les a honteusement abandonnés. C’est en ne comptant que sur eux-mêmes qu’ils vont mener les batailles à venir, qu’ils obtiendront leurs victoires futures. Et la phrase fameuse :

« L’émancipation de la classe ouvrière ne peut être que l’oeuvre de la classe ouvrière elle-même », a acquis pour eux, du fait de la leçon amère de cette semaine, une nouvelle signification profonde.

 

De même, les soldats qui ont été trompés comprendront bientôt quel jeu on leur a fait jouer quand ils sentiront à nouveau sur eux le knout du militarisme remis en selle ; eux aussi sortiront de l’ivresse où ils sont plongés aujourd’hui.

 

« Spartakus vaincu ! »

 

Doucement ! Nous n’avons pas fui, nous ne sommes pas battus ! Et même si vous nous enchaînez, nous sommes là et nous restons là ! Et la victoire sera nôtre !

 

Car Spartakus, cela signifie : feu et flamme, cela signifie : coeur et âme, cela signifie volonté et action de la révolution du prolétariat. Et Spartakus - cela signifie détresse et aspiration au bonheur, volonté de mener la lutte du prolétariat conscient. Car Spartakus, cela signifie socialisme et révolution mondiale.

 

La marche au Golgotha de la classe ouvrière allemande n’est pas encore terminée, mais le jour de la rédemption approche ; le jour du Jugement pour les Ebert-Scheidemann-Noske et pour les dirigeants capitalistes qui aujourd’hui se cachent encore derrière eux. Haut jusqu’au ciel battent les flots des événements ; nous sommes habitués à être précipités du sommet jusque dans les profondeurs. Mais notre vaisseau poursuit fermement et fièrement sa route droite - jusqu’au but.

 

Et que nous vivions encore quand il sera atteint - notre programme, lui, vivra ; il dominera le monde de l’humanité libérée. Malgré tout !

 

Sous le grondement de l’effondrement économique qui s’approche, l’armée encore sommeillante des prolétaires se réveillera comme au son des trompettes du Jugement dernier, et les corps des combattants assassinés ressusciteront et exigeront des comptes de leurs bourreaux. Aujourd’hui encore le grondement souterrain du volcan ; demain il fera éruption et ensevelira les bourreaux sous ses cendres brûlantes et ses flots de lave incandescente.

 

Karl Liebknecht

 

Le dernier texte de Karl Liebknecht - Magré tout! - Trotz alledem!, Rote Fahne, 15  janvier 1919

Rote Fahne, 15. Januar 1919.
Karl Liebknecht, Ausgewählte Reden und Aufsätze, Berlin 1952, S.505-520.
HTML-Markierung: Einde O’Callaghan für das Marxists’ Internet Archive.


Generalsturm auf Spartakus! „Nieder mit den Spartakisten!“ heult es durch die Gassen. „Packt sie, peitscht sie, stecht sie, schießt sie, spießt sie, trampelt sie nieder, reißt sie in Fetzen!“ Greuel werden verübt, die jene belgischen Greuel deutscher Truppenin den Schatten stellen.

„Spartakus niedergerungen!“ jubiliert es von Post bis Vorwärts.

„Spartakus niedergerungen!“ Und die Säbel, Revolver und Karabiner der wiederhergestellten altgermanischen Polizei und die Entwaffnung der revolutionären Arbeiter werden seine Niederlage besiegeln. „Spartakus niedergerungen!“ Unter den Bajonetten des Oberst Reinhardt, unter den Maschinengewehren und Kanonen des Generals Lüttwitz sollen die Wahlen zur Nationalversammlung vollzogen werden – ein Plebiszit für Napoleon-Ebert.

„Spartakus niedergerungen!“

Jawohl! Geschlagen wurden die revolutionären Arbeiter Berlins! Jawohl! Niedergemetzelt an die hundert ihrer Besten! Jawohl! In Kerker geworfen viele Hunderte ihrer Getreuesten!

Jawohl! Sie wurden geschlagen. Denn sie wurden verlassen von den Matrosen, von den Soldaten, von den Sicherheitsmannschaften, von der Volkswehr, auf deren Hilfe sie fest gebaut hatten. Und ihre Kraft wurde gelähmt durch Unentschlossenheit und Schwäche ihrer Leitung. Und die ungeheure gegenrevolutionäre Schlammflut aus den zurückgebliebenen Volksteilen und den besitzenden Klassen ersäufte sie.

Jawohl, sie wurden geschlagen. Und es war historisches Gebot, daß sie geschlagen wurden. Denn die Zeit war noch nicht reif. Und dennoch – der Kampf war unvermeidlich. Denn das Polizeipräsidium, dieses Palladium der Revolution, den Eugen Ernst und Hirsch kampflos preisgeben, wäre ehrlose Niederlage gewesen. Der Kampf war dem Proletariat aufgezwungen von der Ebert-Bande; und elementar brauste er aus den Berliner Massen hervor – über alle Zweifel und Bedenken hinweg.

Jawohl! Die revolutionären Arbeiter Berlins wurden geschlagen!

Und die Ebert-Scheidemann-Noske haben gesiegt. Sie haben gesiegt, denn die Generalität, die Bürokratie, die Junker von Schlot und Kraut, die Pfaffen und die Geldsäcke und alles, was engbrüstig, beschränkt, rückständig ist, stand bei ihnen. Und siegte für sie mit Kartätschen, Gasbomben und Minenwerfern.

Aber es gibt Niederlagen, die Siege sind; und Siege, verhängnisvoller als Niederlagen.

Die Besiegten der blutigen Januarwoche, sie haben ruhmvoll bestanden; sie haben um Großes gestritten, ums edelste Ziel der leidenden Menschheit, um geistige und materielle Erlösung der darbenden Massen; sie haben um Heiliges Blut vergossen, das so geheiligt wurde. Und aus jedem Tropfen dieses Bluts, dieser Drachensaat für die Sieger von heute, werden den Gefallenen Rächer erstehen, aus jeder zerfetzten Fiber neue Kämpfer der hohen Sache, die ewig ist und unvergänglich wie das Firmament.

Die Geschlagenen von heute werden die Sieger von morgen sein. Denn die Niederlage ist ihre Lehre. Noch entbehrt ja das deutsche Proletariat der revolutionären Überlieferung und Erfahrung. Und nicht anders als in tastenden Versuchen, in jugendhaften Irrtümern, in schmerzlichen Rückschlägen und Mißerfolgen kann es die praktische Schulung gewinnen, die den künftigen Erfolg gewährleistet.

Für die lebendigen Urkräfte der sozialen Revolution, deren unaufhaltsames Wachstum das Naturgesetz der Gesellschaftsentwicklung ist, bedeutet Niederlage Aufpeitschung. Und über Niederlage und Niederlage führt ihr Weg zum Siege.

Die Sieger aber von heute?

Für eine ruchlose Sache verrichteten sie ihre ruchlose Blutarbeit. Für die Mächte der Vergangenheit, für die Todfeinde des Proletariats.

Und sie sind schon heute unterlegen! Denn sie sind schon heute die Gefangenen derer, die sie als ihre Werkzeuge zu gebrauchen dachten und deren Werkzeuge sie seit je waren.

Noch geben sie der Firma den Namen. Aber nur eine kurze Galgenfrist bleibt ihnen.

Schon stehen sie am Pranger der Geschichte. Nie waren solche Judasse in der Welt wie sie, die nicht nur ihr Heiligstes verrieten, sondern auch mit eigenen Händen ans Kreuz schlagen. Wie die offizielle deutsche Sozialdemokratie im August 1914 tiefer sank als jede andere, so bietet sie jetzt, beim Morgengrauen der sozialen Revolution, das abscheuerregendste Bild.

Die französische Bourgeoisie mußte die Junischlächter von 1848 und die Maischlächter von l871 aus ihren eigenen Reihen nehmen. Die deutsche Bourgeoisie braucht sich nicht selbst zu bemühen – „Sozialdemokraten“ vollführen das schmutzig-verächtliche, das blutig-feige Werk; ihr Cavaignac, ihr Gallifet heißt Noske, der „deutsche Arbeiter“.

Glockengeläute rief zur Schlächterei, Musik und Tücherschwenken, Siegesjubel der vom „bolschewistischen Schrecken“ geretteten Kapitalisten feiert die rettende Soldateska. Noch raucht das Pulver, noch schwelt der Brand des Arbeitermordes, noch liegen die getöteten, noch stöhnen die verwundeten Proletarier, da halten sie Parade über die Mördertruppen, aufgebläht im Siegerstolze, die Ebert, Scheideman und Noske.

Drachensaat!

Schon wendet sich das Proletariat der Welt schaudernd von ihnen. die es wagen, ihre vom Blut der deutschen Arbeiter dampfenden Hände der Internationale entgegenzustrecken! Mit Abscheu und Verachtung werden sie sogar von denen zurückgestoßen, die im Toben des Weltkrieges selbst die Pflichten des Sozialismus preisgegeben hatten. Beschmutzt, ausgestoßen aus den Reihen der anständigen Menschheit, hinausgepeitscht aus der Internationale, gehaßt und verflucht von jedem revolutionären Proletarier, so stehen sie vor der Welt.

Und ganz Deutschland ist durch sie in Schande gestürzt. Bruderverräter regieren das deutsche Volk, Brudermörder. „Schreibtafel her, ich muß es schreiben.“ —

Oh, ihre Herrlichkeit kann nicht lange währen; eine Galgenfrist, und sie werden gerichtet sein.

Feuerbrände schleudern ihre Thesen in Millionen Herzen, Feuerbrände der Empörung.

Die Revolution des Proletariats, die sie im Blute zu ersäufen dachten, sie wird sich über sie erheben, riesengroß. Ihr erstes Wort wird sein: Nieder mit den Arbeitermördern Ebert-Scheidemann-Noske!

Die Geschlagenen von heute, sie haben gelernt. Sie sind geheilt vom Wahne, ihr Heil in der Hilfe verworrener Truppenmassen finden zu können; geheilt vom Wahne, sich auf Führer verlassen zu können, die sich kraftlos und unfähig erwiesen; geheilt vom Glauben an die unabhängige Sozialdemokratie, die sie schnöde im Stich ließ. Nur auf sich selbst gestellt, werden sie ihre künftigen Schlachten schlagen, ihre künftigen Siege erfechten. Und das Wort, daß die Befreiung der Arbeiterklasse nur das eigene Werk der Arbeiterklasse selbst sein kann, es hat durch die bittere Lehre dieser Woche eine neue, tiefere Bedeutung für sie gewonnen.

Und auch jene irregeleiteten Soldaten werden bald genug erkennen, welches Spiel mit ihnen getrieben wird, wenn sie die Knute des wiederhergestellten Militarismus von neuem über sich fühlen; auch sie werden erwachen aus dem Rausch, der sie heute umfängt.

„Spartakus niedergerungen!“ O gemach! Wir sind nicht geflohen, wir sind nicht geschlagen. Und wenn sie uns in Bande werfen – wir sind da, und wir bleiben da! Und der Sieg wird unser sein.

Denn Spartakus – das heißt Feuer und Geist, das heißt Seele und Herz, das heißt Wille und Tat der Revolution des Proletariats. Und Spartakus – das heißt alle Not und Glückssehnsucht, alle Kampfentschlossenheit des klassenbewußten Proletariats. Denn Spartakus, das heißt Sozialismus und Weltrevolution.<</P>

Noch ist der Golgathaweg der deutschen Arbeiterklasse nicht beendet – aber der Tag der Erlösung naht. Der Tag des Gerichts für die Ebert-Scheidemann-Noske und für die kapitalistischen Machthaber, die sich noch heute hinter ihnen verstecken. Himmelhoch schlagen die Wogen der Ereignisse – wir sind es gewohnt, vom Gipfel in die Tiefe geschleudert zu werden. Aber unser Schiff zieht seinen geraden Kurs fest und stolz dahin bis zum Ziel.

Und ob wir dann noch leben werden, wenn es erreicht wird – leben wird unser Programm; es wird die Welt der erlösten Menschheit beherrschen. Trotz alledem!

Unter dem Dröhnen des herangrollenden wirtschaftlichen Zusammenbruchs werden die noch schlafenden Scharen der Proletarier erwachen wie von den Posaunen des Jüngsten Gerichts, und die Leichen der hingemordeten Kämpfer werden auferstehen und Rechenschaft heischen von den Fluchbeladenen. Heute noch das unterirdische Grollen des Vulkans – morgen wird er ausbrechen und sie alle in glühender Asche und Lavaströmen begraben. [1]

 

 

Anmerkung

1. Der letzte Absatz ist nicht im Text in Ausgewählte Reden, Briefe und Absätze, Berlin 1952, S.530.

 

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27 janvier 2019 7 27 /01 /janvier /2019 11:19
Les textes de Rosa Luxemburg durant la révolution de novembre 1918.

1. Les textes de Rosa Luxemburg durant la révolution de novembre

 

 

 

·  Rosa Luxemburg. Notre programme et la situation politique, 31 décembre 1918 / 1er janvier 1919. Discours au Congrès de fondation du P. C. Allemand (Ligue Spartacus) (31/12/2018)

 

 

https://www.marxists.org/francais/luxembur/spartakus/programme.htm Camarades ! La raison pour laquelle nous entreprenons aujourd'hui de discuter et d'adopter notre programme, ne se limite pas au fait purement formel que nous nous sommes constitués hier...

 

 

·  Rosa Luxemburg. Que Veut la Ligue Spartakiste ?, Die rote Fahne, 14 décembre 1918. (31/12/2018)

 

 

Le texte qu'on va lire a été publié pour la première fois dans le journal spartakiste Die rote Fahne, en date du 14 décembre 1918. Rosa Luxemburg l'avait rédigé à un moment où les spartakistes faisaient encore partie du parti social-démocrate indépendant...

 

 

·  Rosa Luxemburg. La socialisation de la société, 4 décembre 1918. "Mais nous y arriverons, jeunes amis, pas vrai? Nous y arriverons !" (30/12/2018)

 

 

Citation "Tout un vieux monde pourri doit être anéanti et un tout nouveau monde doit être construit. Mais nous y arriverons, jeunes amis, pas vrai? Nous y arriverons ! " Paru le 4 décembre 1918 dans le numéro 2 de Die junge Garde. Source de la traduction...

 

 

·  Rosa Luxemburg. "Les masses sont-elles mûres?", Die rote Fahne, 3 décembre 1918, . "Aucun prolétariat du monde, pas même le prolétariat allemand, ne peut effacer du jour au lendemain, d'un soubresaut, les traces d'un asservissement millénaire, les traces de ces chaînes ..." (30/12/2018)

 

 

Arbeiter- und Soldatenrâthe Reproduit d'après la brochure : « Supplément à "La Vérité", 1er février 1959 » A lire sur le site www.marxists.org JEUDI dernier s'est tenu à Berlin, dans l'immeuble du Reichstag, une session du Conseil des Soldats. Cette session...

 

 

·  Rosa Luxemburg. L'Achéron s'est mis en mouvement, Die rote Fahne, 27 novembre 1918. "Le joli petit plan pour une révolution allemande bien gentille, « conforme à la Constitution », qui conserve « ordre et tranquillité », et qui considère comme sa tâche première et urgente la protection de la propriété privée capitaliste, ce petit plan s'en va au diable : l'Achéron s'est mis en mouvement ! " (30/12/2018)

 

 

Le joli petit plan pour une révolution allemande bien gentille, « conforme à la Constitution », qui conserve « ordre et tranquillité », et qui considère comme sa tâche première et urgente la protection de la propriété privée capitaliste, ce petit plan...

 

 

·  Rosa Luxemburg. "L'assemblée nationale", « Die Rote Fahne », 20 novembre 1918. Un texte majeur. (30/12/2018)

 

 

Alors que la révolution prend son essor, Rosa Luxemburg prend position sur un point majeur qui se pose à chaque moment révolutionnaire : l'élection d'une assemblée nationale. "Mais la question de l'Assemblée Nationale n'est pas une question d'opportunité,...

 

 

·  Rosa Luxemburg. Das alte Spiel Artikel, « Die Rote Fahne », vom 18. November 1918 (30/12/2018)

 

 

LUXEMBURG Rosa (1918) : Das alte Spiel Artikel, « Die Rote Fahne » vom 18. November 1918 http://www.collectif-smolny.org/article.php3?id_article=936 Liebknecht hat in Spandau 200 Offiziere ermordet. Liebknecht ist in Spandau ermordet worden. Die Spartakusleute...

 

 

 

·  Rosa Luxemburg. Un devoir d’honneur : Rosa Luxemburg contre la peine de mort. In Die Rote Fahne, 18 novembre 1918. (30/12/2018)

 

 

Rosa Luxemburg vient de sortir de prison, le 5 novembre. Les conseils se constituent. Rosa Luxemburg écrit dans le journal que le courant spartakiste commence à publier, ce magnifique texte : Le devoir de mémoire, et exige l'amélioration du sort des détenus..

 

 

 

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27 janvier 2019 7 27 /01 /janvier /2019 10:02

comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

12.01.2011

 

La maison d'édition Dirk Nishen avait repris en 1984 un ensemble de photographies de Willy Römer sur la révolution spartakiste.

  Januakampfe-1919-.jpg

 

Il s'agit d'un ensemble de photographies réalisées entre le 5 et le 12 janvier 1919 (la dernière photographie représentant les familles faisant la queue pour retrouver leurs disparus est datée seulement de janvier 1919 sans précision de jour) dans le PressevIertel (quartier de la presse).

 

C'est un témoignage inestimable sur l'importance de la révolution spartakiste.

 

L'ouvrage se termine par un aperçu des événements qui ont marqué janvier 1919 et la révolution allemande.

 

Ils éclairent le contexte qui aboutit à l'assassinat de Rosa Luxemburg, à celui de Liebknecht, à la mort de centaines de révolutionnaires et à l'écrasement d'une tentative révolutionnaire exemplaire, qui rappelle par de nombreux aspects l'écrasement de la Commune.

 

Ecrasement cependant dû cette fois à la social-démocratie et à son appui sur les forces militaires les plus réactionnaires.


Willy Römer

 

Né en 1987 à Berlin, fils d'un artisan tailleur, il a fait son apprentissage dans la toute première agence de presse allemande. Mobilisé, il resta sous les drapeaux de 1915 à 1918 en Russie, Pologne et en Flandres. Démobilisé en novembre 1918, il reprend l'entreprise "Photothek": c'est à cette époque qu'il réalise ses photographies sur la révolution à Berlin en janvier 1919.

 

(D'après wikipedia)

 


Eléments chronologiques repris du texte accompagnant les photographies.

 

Les combats de janvier 1919 commencent tout d'abord par un conflit entre les dirigeants du SPD et ceux de l'USPD et des Spartakistes suite au renvoi par Ebert du responsable de la police à Berlin, Eichhorn.

 

. L'appel à la manifestation, le 5 janvier, rassemble une foule énorme et armée.

 

Revolution-spartakiste-le-5-janvier-1919-copie-1.jpgManifestation. Le 5 janvier 1919

 

. Sans que cela soit organisé et planifié, les combats s'engagent alors l'après-midi même. Des groupes armés de soldats et d'ouvriers occupent les gares et les journaux.

 

  5-janvier-1919--ouvriers-et-soldats-en-marche-vers-le-quart.jpg

Occupation du quartier de la presse par les ouvriers et soldats

 

. La principale cible fut le journal Vorwärts, dont la rédaction avait été chassée par les militaires et qui ne fut pas remise en place après la défaite par le SPD (Karl etslaw).

 

. Après trois jours, les combats s'atténuèrent et une manifestation regroupa des ouvriers demandant leur arrêt et la fin de la guerre civile.

 

. C'est à ce moment-là que le SPD fit appel à l'armée impériale, constituée pour partie de régiments et pour partie de corps francs. Les combats durèrent du 9 au 12 janvier. Le combat était inégal entre les révolutionnaires armés de fusils, de mitrailleuses et de grenades et l'armée avec ses tanks et canons.

 

. Le 11, les locaux de Vorwärts furent repris par l'armée, il y eut environ 120 morts et 300 prisonniers.

 

 

 Vraisemblablement-12.01.1919-Vorwarts.jpgImmeuble-de-Vorwarts-apres-l-assaut-des-forces-militaires.jpg

L'assaut des troupes contre le l'immeuble occupée du Vorwärts. 11 janvier 1919

 

. Les autres rédactions tombèrent ensuite, puis le Polizeipräsidium (la préfecture de police). S'ensuivirent des tortures exercées contre les prisonniers et des exécutions sommaires ...

 

 

Les-familles-a-la-recherche-de-leurs-disparus.jpg

 

Des familles font la queue à la recherche de proches disparus. Janvier 1919

 

A la lumière de ces quelques indications, ne comprend-on pas clairement dans quelles circonstances eurent lieu les assassinats de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht et la responsabilité manifeste et incontestable du SPD? Qui préféra cet écrasement et ces assassinats à la possibilité d'une société différente.

 

 

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24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 13:10
Rosa Luxemburg : une magnifique artiste, Rara Zaminska, combat le silence voulu par la Pologne, son exposition porte le nom significatif de Phantom Monument.
Eröffnung und Performance: 16. Januar 2019, 19:00 Uhr  auer der Ausstellung: 17. Januar – 10. Februar 2019 Galeria Studio Kultur-und Wissenschaftspalast, Plac Defilad 1, Warschau

 

Die Ausstellung Phantom, in der Galeria Studio in Warschau, ist die erste Auflage von  Rara Kamińskas Projekt zu Rosa Luxemburg, Phantom Monument. Als weitere Ausstellungsorte folgen Zamość (Synagoge / Stiftung zum Schutz des jüdischen Erbes), Zürich (Kunst im öffentlichen Raum) und Berlin (Kunstverein am Rosa-Luxemburg-Platz). In diesen vier Städten lebte und arbeitete Rosa Luxemburg (1871– 1919). Die große Sozialdemokratin wurde in der Nacht vom 15. auf den 16. Januar 1919 in Berlin heimtückisch ermordet, und ihre Leiche warf man in den Landwehrkanal. Der Tod entpuppte sich erst Monate später als Mordfall, und der Hintermann der Ermordung, Generalstaboffizier einer Freikorps-Division Waldemar Pabst, wurde nie vor Gericht gestellt. An ihrer symbolischen Bestattung nahmen 150 Tausend Menschen teil.

Heute werden in Polen Gedenktafeln für Rosa Luxemburg, von Wänden gerissen oder beschädigt, und ihr Geburtshaus in Zamość ist verwahrlost. Ein 2016 verabschiedetes Gesetz, beschleunigte den in den 90er-Jahren begonnenen Prozess der Auslöschung von Ereignissen und Figuren der Arbeiterbewegung aus dem kollektiven Gedächtnis. In der Innenstadt Berlins sind einer der zentralen Plätze und eine Straße nach ihr benannt, und im Jahr 2006 wurde dort, das vom Künstler Hans Haacke entworfene Denkzeichen Rosa Luxemburg gebaut. Nach der Machtergreifung der Nationalsozialisten in Deutschland, sollte die Erinnerung an Aktivisten der kommunistischen und sozialistischen Linken getilgt werden. Hitler ließ das Revolutionsdenkmal für Rosa Luxemburg, den mit ihr ermordeten Karl Liebknecht und andere Revolutionäre, das 1926 nach Entwürfen von Mies van der Rohe auf dem Zentralfriedhof in Friedrichsfelde erbaut wurde, abreißen. Im Einflussgebiet der Sowjetunion erging es Luxemburg nicht viel besser. Wegen ihrer Auseinandersetzungen mit Lenin, galt sie als umstrittene Persönlichkeit. 

Die Aktivistin der deutschen und polnischen Sozialdemokratie Luxemburg, kehrt in der Ausstellung von Rara Kamińska zurück nach Warschau, wo sie in der Złota-Straße 16 lebte. Heute liegt hier eine Brache, die aus den Fenstern der Galeria Studio zu sehen ist. Die Struktur der Arbeiten ist vom Herbarium der Aktivistin inspiriert. Dort sammelte sie Unkräuter aus Mauern und Höfen der Gefängnisse, in denen sie von 1913 bis 1918 inhaftiert war. Luxemburg studierte in Zürich Botanik, bevor sie zu Volkswirtschaftslehre und Politik wechselte. Kamińskas Projekt thematisiert unerfüllte, feministische und pazifistische Forderungen, Wünsche und Ängste – ob politisch, privat, sozial oder wirtschaftlich – die sie in ihren Schriften erhob und die bis heute aktuell sind.

Ausgestellt sind Reliefs, geflochten aus aktuellen Warschauer und Berliner Zeitungen, Betonskulpturen, eine Installation aus herausgerissenen Bürgersteigen und Straßenpflastern, die aus dem Rosa-Luxemburg-Platz in Berlin stammen, sowie ein Archivbereich und ein Fotoprojekt gewidmet Luxemburgs Geburtshaus in der Kościuszko-Straße (ehem.  Garten-Straße) in Zamość. Am Tag der Eröffnung, zum 100. Todestag von Rosa Luxemburg, wird eine Performance aufgeführt werden, in dem ein, in 1962 veröffentlichtes Interview, mit dem Hintermann ihrer Ermordung vorgelesen werden wird.


Rara (Renata) Kamińska:
Geboren in Hrubieszów, in Zamość aufgewachsen. Sie absolvierte die Kunstakademie HGB in Leipzig und die Maria-Curie-Skłodowska-Universität in Lublin. Ihre Werke wurden u.a. in der Gallery Monique Goldstrom in New York, als Gast im Luxemburger Pavillon auf der 55. Biennale in Venedig, in der Galerie Chert in Berlin und auf der Biennale für Kunst im öffentlichen Raum AURORA in Dallas ausgestellt. In den letzten Jahren entwickelte sie das interdisziplinäre und ephemere Projekt BEL ETAGE.

Partner:
Kunstverein am Rosa-Luxemburg-Platz, Berlin Kunst im öffentlichen Raum, Zürich Synagoge in Zamość / Stiftung zum Schutz des jüdischen Erbes, Zamość

Rosa Luxemburg : une magnifique artiste, Rara Zaminska, combat le silence voulu par la Pologne, son exposition porte le nom significatif de Phantom Monument.Rosa Luxemburg : une magnifique artiste, Rara Zaminska, combat le silence voulu par la Pologne, son exposition porte le nom significatif de Phantom Monument.
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24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 10:39
Die ungewollte Rosa, émission à écouter le 09.02.2019 (en allemand), &quot;Phantom&quot;, une exposition à découvrir

09.02.2019 - 00 h 45 Kowalski & Schmidt Deutsch-polnisches Journal | rbb Fernsehen

 

 

Themen :

  • Berlinale-Talent aus Polen
  • Interview mit dem Fotografen Raf Gaweda
  • Missbrauch in der katholischen Kirche
  • Obdachlose zurück in Polen
  • Die ungewollte Rosa : Adriana Rozwadowska von der Gazeta Wyborcza zur Auslöschung des Andenkens an Rosa Luxemburg und anderen kommunistischen Helden aus dem polnischen Stadtbild!Moderation: Martin Adam
 
  • Berlinale Talent aus Polen
Wir treffen die polnische Filmemacherin Madga Jaroszewicz. Sie ist eines der diesjährigen "Berlinale-Talente".
  • Interview mit dem Fotografen Raf Gaweda
Wir unterhalten uns mit dem polnischen Fotografen Raf Gaweda über seine Fotos von Menschen, die keine Angst haben, sie selbst zu sein.
  • Die ungewollte Rosa

Rosa Luxemburg ist eine der bekanntesten Polinnen der Welt. Ihre Heimat will die Erinnerung an sie löschen. Protest kommt auch aus Berlin.

  • Der Kommentar aus Polen

Adriana Rozwadowska von der Gazeta Wyborcza zur Auslöschung des Andenkens an Rosa Luxemburg und anderen kommunistischen Helden aus dem polnischen Stadtbild!

  • Obdachlose zurück in Polen

Der Verein Barka hilft obdachlosen Polen in Berlin, in ihrer Heimat wieder Fuß zu fassen. Wohngemeinschaften, Therapieplätze und berufliche Angebote stehen bereit.

  • Missbrauch in der katholischen Kirche
Pfarrer Henry Jankowski gilt bis heute als Held der Solidarnosc-Bewegung. Und - er hat seit den 1960er-Jahren offenbar Jungen und Mädch
Eine Künstlerin protestiert gegen das organisierte Vergessen in Polen : Rara Kaminska -
L'exposition
Eröffnung und Performance: 16. Januar 2019, 19:00 Uhr
Dauer der Ausstellung: 17. Januar – 10. Februar 2019
Galeria Studio
Kultur-und Wissenschaftspalast, Plac Defilad 1, Warschau

 

Die Ausstellung Phantom, in der Galeria Studio in Warschau, ist die erste Auflage von  Rara Kamińskas Projekt zu Rosa Luxemburg, Phantom Monument. Als weitere Ausstellungsorte folgen Zamość (Synagoge / Stiftung zum Schutz des jüdischen Erbes), Zürich (Kunst im öffentlichen Raum) und Berlin (Kunstverein am Rosa-Luxemburg-Platz). In diesen vier Städten lebte und arbeitete Rosa Luxemburg (1871– 1919). Die große Sozialdemokratin wurde in der Nacht vom 15. auf den 16. Januar 1919 in Berlin heimtückisch ermordet, und ihre Leiche warf man in den Landwehrkanal. Der Tod entpuppte sich erst Monate später als Mordfall, und der Hintermann der Ermordung, Generalstaboffizier einer Freikorps-Division Waldemar Pabst, wurde nie vor Gericht gestellt. An ihrer symbolischen Bestattung nahmen 150 Tausend Menschen teil.

Heute werden in Polen Gedenktafeln für Rosa Luxemburg, von Wänden gerissen oder beschädigt, und ihr Geburtshaus in Zamość ist verwahrlost. Ein 2016 verabschiedetes Gesetz, beschleunigte den in den 90er-Jahren begonnenen Prozess der Auslöschung von Ereignissen und Figuren der Arbeiterbewegung aus dem kollektiven Gedächtnis. In der Innenstadt Berlins sind einer der zentralen Plätze und eine Straße nach ihr benannt, und im Jahr 2006 wurde dort, das vom Künstler Hans Haacke entworfene Denkzeichen Rosa Luxemburg gebaut. Nach der Machtergreifung der Nationalsozialisten in Deutschland, sollte die Erinnerung an Aktivisten der kommunistischen und sozialistischen Linken getilgt werden. Hitler ließ das Revolutionsdenkmal für Rosa Luxemburg, den mit ihr ermordeten Karl Liebknecht und andere Revolutionäre, das 1926 nach Entwürfen von Mies van der Rohe auf dem Zentralfriedhof in Friedrichsfelde erbaut wurde, abreißen. Im Einflussgebiet der Sowjetunion erging es Luxemburg nicht viel besser. Wegen ihrer Auseinandersetzungen mit Lenin, galt sie als umstrittene Persönlichkeit. 

Die Aktivistin der deutschen und polnischen Sozialdemokratie Luxemburg, kehrt in der Ausstellung von Rara Kamińska zurück nach Warschau, wo sie in der Złota-Straße 16 lebte. Heute liegt hier eine Brache, die aus den Fenstern der Galeria Studio zu sehen ist. Die Struktur der Arbeiten ist vom Herbarium der Aktivistin inspiriert. Dort sammelte sie Unkräuter aus Mauern und Höfen der Gefängnisse, in denen sie von 1913 bis 1918 inhaftiert war. Luxemburg studierte in Zürich Botanik, bevor sie zu Volkswirtschaftslehre und Politik wechselte. Kamińskas Projekt thematisiert unerfüllte, feministische und pazifistische Forderungen, Wünsche und Ängste – ob politisch, privat, sozial oder wirtschaftlich – die sie in ihren Schriften erhob und die bis heute aktuell sind.

Ausgestellt sind Reliefs, geflochten aus aktuellen Warschauer und Berliner Zeitungen, Betonskulpturen, eine Installation aus herausgerissenen Bürgersteigen und Straßenpflastern, die aus dem Rosa-Luxemburg-Platz in Berlin stammen, sowie ein Archivbereich und ein Fotoprojekt gewidmet Luxemburgs Geburtshaus in der Kościuszko-Straße (ehem.  Garten-Straße) in Zamość. Am Tag der Eröffnung, zum 100. Todestag von Rosa Luxemburg, wird eine Performance aufgeführt werden, in dem ein, in 1962 veröffentlichtes Interview, mit dem Hintermann ihrer Ermordung vorgelesen werden wird.


Rara (Renata) Kamińska:
Geboren in Hrubieszów, in Zamość aufgewachsen. Sie absolvierte die Kunstakademie HGB in Leipzig und die Maria-Curie-Skłodowska-Universität in Lublin. Ihre Werke wurden u.a. in der Gallery Monique Goldstrom in New York, als Gast im Luxemburger Pavillon auf der 55. Biennale in Venedig, in der Galerie Chert in Berlin und auf der Biennale für Kunst im öffentlichen Raum AURORA in Dallas ausgestellt. In den letzten Jahren entwickelte sie das interdisziplinäre und ephemere Projekt BEL ETAGE.

Partner:
Kunstverein am Rosa-Luxemburg-Platz, Berlin Kunst im öffentlichen Raum, Zürich Synagoge in Zamość / Stiftung zum Schutz des jüdischen Erbes, Zamość


 

Rara Kamińska

Phantom


 
Opening and performance: January 16, 2019, 7:00 PM 
Exhibition: January 17 – February 10, 2019
Galeria Studio
Kultur-und Wissenschaftspalast, Plac Defilad 1, Warschau

 

 The exhibition Phantom at Galeria Studio in Warsaw is the first presentation of Rara Kamińska’s project Phantom Monument devoted to Rosa Luxemburg. Further iterations will be shown in Zamość (Synagogue / Foundation for the Preservation of Jewish Heritage in Poland), Zurich (Kunst im öffentlichen Raum) and Berlin (Kunstverein am Rosa-Luxemburg-Platz). These four cities are where Rosa Luxemburg (1871–1919) lived and worked. The famous Marxist and social democratic activist was murdered treacherously on the night between January 15 and 16, 1919, in Berlin; her body was flung into a canal. The murder came to light many months later and the man who ordered the execution, Waldemar Pabst, a commander of the paramilitary formation Freikorps unit, never went on trial. Luxemburg’s symbolic funeral ceremony attracted 150 thousand people.

Memorial plaques that commemorate Luxemburg in Poland are nowadays hacked off or destroyed, while the house in which she was born in Zamość is devastated. A law passed in 2016 has accelerated the process, initiated in the 1990s, of erasing events and figures related to workers’ movement from collective memory. In Berlin, one of the main squares and a street bear Luxemburg’s name; in 2006 it became the site of Hans Haacke’s project Memorial Rosa Luxemburg. In Germany, after the Nazis came to power, the memory of activists of the communist and socialist left was supposed to be obliterated. Hitler ordered to demolish the monument devoted to Luxemburg, Karl Liebknecht, and to other revolutionaries, raised in 1926 by Mies van der Rohe at the cemetery in the district of Lichtenberg. Luxemburg fared no better in the Soviet zone of influence. As Lenin’s opponent, she was regarded as a controversial figure. 

Luxemburg, active member of the Social Democraties Parties in Poland and in Germany, returns in Rara Kamińska’s exhibition to the place she lived in Warsaw, in 16 Złota St., which is today an empty lot visible from the windows of Galeria Studio. The structure of Kamińska’s works draws inspiration from the activist’s herbarium containing weeds growing on the walls and yards of prisons in which she was incarcerated between 1913 and 1918. Luxemburg studied botany in Zurich, which she abandoned for economics and politics. Kamińska’s project addresses feminist and pacifistic postulates, desires and fears – political, private, social and economic – present in Luxemburg’s writings.

The exhibition features reliefs woven of current editions of German and Polish newspapers, an installation made of fragments of hacked off pavements of Berlin’s Rosa Luxemburg Platz, an archival section, as well as a photographic project devoted to Luxemburg’s house in Zamość. The exhibition opening on the 100th anniversary of Luxemburg’s death features a performance that consists in reading out an interview with Pabst, published in 1962.


Rara (Renata) Kamińska: 
Born in Hrubieszów, grew up in Zamość. Graduate of the Academy of Fine Arts in Leipzig and the Maria Curie-Skłodowska University in Lublin. Her works have been exhibited at Gallery Monique Goldstrom in New York, within a guest participation at the Luxembourg Pavilion at the 55th International Art Exhibition in Venice, Galerie Chert in Berlin and the AURORA biennial of art in public space in Dallas. In the recent years Kamińska has run her interdisciplinary and ephemeral project BEL ETAGE.

Partners: 
Kunstverein am Rosa-Luxemburg-Platz, Berlin Kunst im öffentlichen Raum, Zurich Synagogue in Zamość / Foundation for the Preservation of Jewish Heritage in Poland, Zamość

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23 janvier 2019 3 23 /01 /janvier /2019 21:25
Fotomontaz--Rynek-w-Zamosciu-i-fotografia-Rozy-Luk

Fotomontaz--Rynek-w-Zamosciu-i-fotografia-Rozy-Luk

Beaucoup de médias ont évoqué Rosa Luxemburg et il conviendra d'étudier ce qu'ils ont voulu faire passer comme image.

 

Le blog choisit d'évoquer ici un article de la presse polonaise, en rappelant qu'à Zamocz, ville natale de Rosa Luxemburg, représentée sur ce montage, on a fait enlever la plaque sur sa maison natale..

 

http://wyborcza.pl/7,75968,24367815,zydowka-lewaczka-feministka-kaleka-antyklerykalka-pamieci.html?disableRedirects=true

On lui doit les meilleures pages de notre histoire

Gazeta Wyborcza exhorte à ne pas oublier Rosa Luxemburg et la brutalité de l'extrême-droite :

«Aucun des coupables du supplice de Rosa Luxemburg n'a été condamné. Ils faisaient tous partie de corps francs, autrement dit de formations nationalistes paramilitaires ayant pour but de combattre la gauche. Beaucoup de membres des corps francs sont devenus nazis par la suite, et ont intégré des troupes qui ont combattu en Pologne, notamment dans la répression des insurrections de Silésie, tel le SS Erich von dem Bach, ou pendant l'Insurrection de Varsovie. Rosa, qui fut une de leur première victime, est aujourd'hui tombée dans l'oubli, dans les tumultes de la colère d'extrême droite. Ayez une pensée pour elle. C'est elle qui a écrit les meilleurs pages de notre histoire.»

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12 janvier 2019 6 12 /01 /janvier /2019 22:39
Rosa Luxemburg. Gilbert Badia - Ina, La répression de la révolution spartakiste en Allemagne.
En ce 100ème anniversaire de la disparition de Rosa Luxemburg et de l'écrasement de la révolution en Allemagne, je tiens à rendre hommage à Gilbert Badia qui accompagna mes recherches sur "L'élaboration d'une pensée contre le nationalisme, la guerre, l'impérialisme, 1898 - 1900". Je ne pus aller au bout de ce travail universitaire, incompatible avec un travail salarié, mais je n'ai jamais abandonné mes recherches qui ont alors inspiré ce blog, créé il y a maintenant plus de dix ans.
Sur les Spartakistes, Gilbert Badia a publié deux ouvrages, d'un grand intérêt historique. On y retrouve son approche unique : recherche des sources et construction autour de celles-ci d'un récit d'une absolue précision.
Je recommande tout particulièrement celui paru chez Julliard. Par la vérité des sources, cet ouvrage permet de suivre au jour le jour la révolution en Allemagne jusqu'à l'écrasement de la révolution.
Rosa Luxemburg. Gilbert Badia - Ina, La répression de la révolution spartakiste en Allemagne.
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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009