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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.
 
Voir aussi : http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr/
 
9 février 2026 1 09 /02 /février /2026 20:07
Certificat de baptême de Karl Liebknecht le 17 septembre 1871

Ce certificat qui porte les noms de Marx et Engels témoigne de la proximité de Wilhelm Liebknecht et de l'origine marxiste du parti social-démocrate d'Allemagne.

Il aurait pu être  utile au fils de Karl, Robert Liebknecht, sous Vichy.

IL témoigne aussi de l'importance de l'Institut international d'histoire sociale d'Amsterdam qui possède et met à disposition des documents exceptionnels pour l"histoire du mouvement ouvrier.

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4 février 2026 3 04 /02 /février /2026 11:53

L'Institut international d'histoire sociale (IIHS, Internationaal Instituut voor Sociale Geschiedenis, IISG en néerlandais) a été créé en 1935. Il possède un fonds d'archives exceptionnel. Il a toujours donné accès aux documents qu'il conserve. C'était autrefois par photocopies et courriers, aujourd'hui, on peut y avoir accès directement sur leur site.

Vous trouverez plus bas le lien permettant d'accéder aux documents conservés concernant Wilhelm Liebknecht, dont le blog souhaite faire connaître plus largement l'action, les articles, les textes, les discours, à 'occasion du bicentenaire de sa naissance.

Wilhelm Liebknecht est une figure essentielle du mouvement ouvrier, qui a participé directement à la révolution de 1848 et qui a co-fondé le Parti social-démocrate. Il est décédé en 1900. Son engagement a été poursuivi par son fils Karl Liebknecht.

Wilhelm Liebknecht, archives accessibles sur le site de l'Institut d'Amsterdam
Wilhelm Liebknecht, archives accessibles sur le site de l'Institut d'Amsterdam

NB. Siehe auch Nr. 615-617.

Nachruf (Entwurf?) auf Friedrich Engels. 17 Bl
1895.

NB. Geschrieben für Süddeutscher Postillon(München), publ. in Nr. 19, Sept. 1895 [siehe Nachdruck in Ihre Namen leben durch die Jahrhunderte fort..., 1983, S. 343-348].

Aufzeichnungen betr. den Hochverratsprozess 1870-1872 (Fragm.). 2 Bl., Beil
[1887?].

NB. Beil. Korrektur (Fragm., gedr.).

Entwurf eines Aufrufs an den Nationalkongress der französischen Arbeiterpartei. 2 S. (franz.)
Undat.
"Wähler Magdeburgs! Wenn das Wahlrecht...". 7 S. folio
[188?].

NB. Auf Rückseite von S. 1 Bleistiftnotiz "Für Viereck – Fertig bis auf Einiges …".

Fragmente von Manuskripten und Notizen. 39 Bl
1860er-1890er Jahre.

NB. Siehe auch Nr. 474.

Hommage à Friedrich Engels, 1893

Wilhelm Liebknecht, archives accessibles sur le site de l'Institut d'Amsterdam
La première archive est cet hommage (un brouillon?) écrit lors du décès de Friedrich Engels pour un journal Le "Süddeutscher Postillon" en 1893. Elle témoigne de l'intérêt des documents conservés et mis à disposition.
 
 
 

1.

Nachruf (Entwurf?) auf Friedrich Engels. 17 Bl

1895.

NB. Geschrieben für Süddeutscher Postillon(München), publ. in Nr. 19, Sept. 1895 [siehe Nachdruck in Ihre Namen leben durch die Jahrhunderte fort..., 1983, S. 343-348].

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19 janvier 2026 1 19 /01 /janvier /2026 12:10
Que font les dirigeants ? - (Rote Fahne. 7 janvier 1919). Rosa Luxemburg, textes de janvier 1919. Inédit en français.

C'est un texte majeur, à un moment crucial de la révolution. L'analyse de Rosa Luxemburg montre ce qui aurait dû être et prévoit ce qui va advenir. Il témoigne de sa conscience aigüe de ce qui aurait été nécessaire pour la réussite de la révolution.

Citation : L'analyse de Rosa Luxemburg de la réunion des Conseils d'ouvriers et de soldats d'où Karl Liebknecht et elle furent évincés et où le courant réformiste l'emporta.

"Dans l'atmosphère confuse de la révolution, les hommes et les choses mûrissent à une vitesse effrayante. Il y a seulement trois semaines, lorsque la Conférence  des Conseils d'ouvriers et de soldats s'est achevée, Ebert et Scheidemann semblaient être au sommet de leur pouvoir. Les représentants des masses révolutionnaires d'ouvriers et de soldats de toute l'Allemagne s'étaient aveuglément soumis à leur direction. La convocation de l'Assemblée nationale, le blocage de la « rue », la dégradation du Conseil exécutif et, avec lui, des conseils d'ouvriers et de soldats en figures symboliques impuissantes – quel triomphe de la contre-révolution sur toute la ligne ! Les fruits du 9 novembre semblaient perdus et engloutis, la bourgeoisie respirait à nouveau tranquillement, les masses se tenaient là, désemparées, désarmées, amères et pourtant plongées dans le doute. Ebert-Scheidemann se croyaient au sommet du pouvoir."

Que font les dirigeants ? - (Rote Fahne. 7 janvier 1919). Rosa Luxemburg, textes de janvier 1919. Inédit en français.

Que font les dirigeants ? - (7 janvier 1919)

Dans l'atmosphère enfiévrée de la révolution, les hommes et les choses mûrissent à une vitesse extraordinaire. Il y a seulement trois semaines, lorsque la Conférence des conseils d’ouvriers et de soldats s'est achevée [2], Ebert et Scheidemann semblaient être au sommet de leur pouvoir. Les représentants des masses révolutionnaires d'ouvriers et de soldats de toute l'Allemagne s'étaient aveuglément soumis à leur direction. La convocation de l'Assemblée nationale, le blocage de la « rue », la dégradation du Conseil exécutif et, avec lui, des conseils d’ouvriers et de soldats en figures symboliques impuissantes – quel triomphe de la contre-révolution sur toute la ligne ! Les fruits du 9 novembre semblaient perdus et engloutis, la bourgeoisie respirait à nouveau tranquillement, les masses se tenaient là, désemparées, désarmées, emères et pourtant plongées dans le doute. Ebert-Scheidemann se croyaient au sommet du pouvoir.

Fous aveugles ! Moins de vingt jours se sont écoulés depuis, et leur pouvoir apparent s'est effondré du jour au lendemain. Car les masses sont le véritable pouvoir, le pouvoir réel en raison de leurs intérêts, en raison de la nécessité historique, en raison de l'« impératif » d'airain de l'histoire. On peut temporairement les enchaîner, priver formellement leur organisation de tout pouvoir, il leur suffit de bouger, de redresser la colonne vertébrale, pour que le sol se dérobe sous les pieds de la contre-révolution.

Quiconque a assisté hier à la manifestation de masse dans la Siegesallee, quiconque a ressenti cette conviction révolutionnaire inébranlable, cette ambiance magnifique, cette énergie qui émanait des masses, ne pouvait que conclure : les prolétaires ont énormément mûri politiquement à l'école des dernières semaines, des événements récents. Ils ont pris conscience de leur force et il ne leur manque plus qu'à en faire usage.

Les Ebert-Scheidemann et leur commanditaire, la bourgeoisie, qui ne cessent de hurler aux « putschs », vivent en ce moment la même déception que celle qu'a connue autrefois le dernier Bourbon, à qui son ministre répondit, alors qu'il s'indignait de la « rébellion » du peuple parisien : « Monsieur, ce n'est pas une rébellion, c'est une révolution !

Oui, c'est une révolution, avec tout son déroulement apparemment chaotique, avec ses flux et reflux alternés, avec ses tentatives momentanées de prise de pouvoir et ses reculs tout aussi momentanés de la vague révolutionnaire. Et à travers tous ces mouvements apparemment en zigzag, la révolution s'impose pas à pas, victorieuse, et avance inexorablement.

Les masses doivent apprendre, dans le combat lui-même, à lutter et à agir. Et on le sent aujourd'hui, la classe ouvrière de Berlin a largement appris à agir, elle a soif d'actions déterminées, de situations claires, de mesures radicales. Elle n’est plus la même que le 9 novembre, elle sait ce qu’elle veut et ce qu’elle doit faire.

Mais ses dirigeants, les organes devant exécuter sa volonté, sont-ils à la hauteur ? Les délégués révolutionnaires et représentants syndicaux des grandes entreprises, les éléments radicaux de l'USP ont-ils entre-temps gagné en énergie et en détermination ? Leur capacité d'action a-t-elle suivi le rythme de l'énergie croissante des masses ?

Nous craignons de ne pas pouvoir répondre à cette question par un oui catégorique. Nous craignons que les dirigeants soient toujours les mêmes que ce qu’ils étaient le 9 novembre, qu'ils aient peu appris.

Vingt-quatre heures se sont écoulées depuis l'attaque du gouvernement Ebert contre Eichhorn. [3] Les masses ont suivi avec fougue l'appel de leurs dirigeants, elles ont spontanément procédé à la réintégration d'Eichhorn par leurs propres moyens, elles ont spontanément occupé le Vorwärts de leur propre initiative, elles se sont emparées des rédactions bourgeoises et du WTB [4], elles se sont armées dans la mesure du possible. Elles attendent de nouvelles instructions et actions de la part de leurs dirigeants.

Qu'ont-ils fait entre-temps, qu'ont-ils décidé ? Quelles mesures ont-ils prises pour assurer la victoire de la révolution dans cette situation tendue où se décide, au moins pour la prochaine étape, le sort de la révolution ? Nous ne voyons et n'entendons rien ! Possible que les représentants des travailleurs délibèrent largement et précisément. Mais maintenant, il s’agit d’agir.

Les Ebert et Scheidemann ne perdent certainement pas leur temps en délibérations. Ils ne dorment certainement pas. Ils préparent en silence, avec l'énergie et la prudence habituelles des contre-révolutionnaires, leurs tracts, ils aiguisent leurs épées pour prendre la révolution par surprise, pour l'assassiner.

D'autres éléments vélléitaires sont certainement déjà à l'œuvre pour entamer des « négociations », pour aboutir à des compromis, pour jeter un pont au-dessus du gouffre sanglant qui s'est ouvert entre les masses ouvrières et de soldats et le gouvernement d'Ebert, pour inciter la révolution à un « compromis » avec ses ennemis mortels.

Il n'y a pas de temps à perdre. Des mesures énergiques doivent être prises immédiatement. Il faut donner des directives claires et rapides aux masses, aux soldats fidèles à la révolution, il faut orienter leur énergie et leur volonté de lutter vers les bons objectifs. Seule une action résolue et claire des organes révolutionnaires permettra de rallier à la cause sacrée du peuple les éléments indécis parmi les troupes.

Agir ! Agir ! Avec courage, détermination, cohérence – tel est le devoir des responsables révolutionnaires et des dirigeants honnêtes du parti socialiste. Désarmer la contre-révolution, armer les masses, occuper toutes les positions de pouvoir. Agir rapidement ! La révolution nous engage. Ses heures comptent pour des mois dans l'histoire mondiale, et ses jours pour des années. Que les organes de la révolution soient conscients de leurs hautes responsabilités !

 

Texte allemand : https://www.marxists.org/deutsch/archiv/luxemburg/1919/01/fuehrer.htm

1. Cet article n'est pas signé. Clara Zetkin cite Rosa Luxemburg comme autrice dans son ouvrage Um Rosa Luxemburgs Stellung zur russischen Revolution (Hambourg, 1922).

2. Du 16 au 21 décembre 1918 se tint à Berlin le premier congrès général des Conseils d'ouvriers et de soldats d'Allemagne, dominé par les représentants du SPD. En acceptant d'organiser le 19 janvier 1919 des élections à une Assemblée nationale chargée de régler la suite des événements et en élisant un Conseil central des Conseils d'ouvriers et de soldats, auquel seul le droit de délibérer sur les projets de loi importants du gouvernement était accordé, ce congrès trancha la question fondamentale de la révolution, à savoir Pouvoir des Conseils ou Assemblée nationale bourgeoise, en faveur de l'État bourgeois.

3. Le 4 janvier 1919, le chef de la police berlinoise Emil Eichhorn, qui appartenait à l'aile gauche de l'USPD, fut destitué par le gouvernement social-démocrate. Cette mesure visait à provoquer les ouvriers et soldats révolutionnaires de Berlin à se lancer dans des combats armés sans y être préparés. Les délégués révolutionnaires, la direction berlinoise de l'USPD et le siège du KPD appelèrent conjointement les travailleurs et les soldats à se mobiliser pour obtenir la réintégration d'Emil Eichhorn, le désarmement de la contre-révolution et l'armement des ouvriers. Le 5 janvier, des centaines de milliers de personnes manifestèrent à Berlin, se rassemblèrent dans la Siegesallee et marchèrent vers le siège de la police.

4. Bureau télégraphique de Wolff.

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16 janvier 2026 5 16 /01 /janvier /2026 11:00
Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg assassiné.es parce que ...

107e anniversaire de l'assassinat de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht. Depuis très longtemps, en première page du blog comprendre-avec-rosa-luxemburg, ce texte :

Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée.

Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel.

Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts.

Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre.

Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait.

Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.


Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches.

Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.


Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se développer aussi facilement?


Une chose est sûre cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté.

Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

 

A ce texte, je ne vois pas un mot à retirer sur le fond. Il est à l'image du blog et à l'importance que représentent pour moi Rosa Luxemburg et aujourd'hui Karl Liebknecht, auquel j'ai étendu mes recherches. Ainsi que Wilhelm Liebknecht dont on ne semble pas vouloir commémorer aujourd'hui le bicentenaire et Robert Liebknecht, fils cadet, peintre et dessinateur qui fit partie avec son épouse des "Indésirables de Vichy".


Histoire d'une recherche et d'un blog "comprendre-avec-rosa-luxemburg".

Depuis 1985, je consacre mes recherches à Rosa Luxemburg. Alors étudiante empêchée, j'ai préparé une thèse "Rosa Luxemburg, 1898-1900, élaboration d'une pensée contre le colonialisme, le militarisme, l'impérialisme" avec Gilbert Badia, auquel je tiens ici à rendre hommage. Pour son approche, proche des textes et des documents, loin du jonglage, très en vogue aujourd'hui, avec des concepts souvent bien loin de la réalité de la pensée et de l'action de Rosa Luxemburg.

Cela m'a amené à découvrir ce moment crucial dans la vie intellectuelle et politique de Rosa Luxemburg: ces deux années qui marquaient son arrivée en Allemagne et son irruption dans la social-démocratie allemande, et qui coïncidaient exactement avec le tournant dans ce que l'on appelait alors "Politique mondiale (Weltpolitik)" basculant vers l'impérialisme, et avec l'essor du réformisme et la parution du texte d'Eduard Bernstein Présupposés du socialisme

Cela m'a apporté la découverte de la chronique signée "ego", et des articles consacrés à l'actualité mondiale, articles écrits à la va-vite, souvent sur un coin de table et pourtant si pertinents. Et des articles de fond qui mèneront insensiblement au texte fondamentale qu'est "Réforme sociale ou révolution".

La reprise d'un travail à plein temps et dans une petite ville non universitaire, m'a amenée à interrompre cette thèse, sans jamais cesser mes traductions et recherches. Celles-ci je les ai mises à disposition de tous dès fin 2007 sur un blog que j'ai intitulé "comprendre-avec-rosa-luxemburg", nom dans lequel je me retrouve toujours, pas une démarche hagiographique mais une démarche d'aide à la compréhension du monde d'aujourd'hui. Le blog actuellement est certainement l'un des plus complets sur le net, regroupant accès à des documents inédits en français, à des transcriptions de documents papier, ou accès à des sites ou des textes disponibles en français ou en allemand sur le net.

Deux autres blogs se sont ajoutés l'un en relation avec le tome 6 des œuvres de Rosa Luxemburg auquel je participais, donnant accès à des documents en relation avec le thème colonialisme, militarisme, guerre, impérialisme.

https://comprendreavecrosaluxemburgdocumentsetdossiers.over-blog.com/

L'autre autour entre autres de Rosa Luxemburg et la Commune. A la base, un ouvrage "Rosa Luxembourg et la Commune ou le manque de tact de la Commune". Cet ouvrage n'a pas trouvé encore son éditeur. La démarche : rechercher de manière exhaustive les références à la Commune. Et situer chacune dans le contexte où elles ont été dites ou écrites. (Ainsi le manque de tact de la Commune, remarque ironique et au second degré fait référence à une polémique entre Lénine et Plekhanov, ce dernier appelant à ménager, à ne pas brusquer, la bourgeoisie, citation qu'elle reprend à son compte pour dénoncer le réformisme). Il n'y a pas de textes consacré entièrement à la Commune mais celle-ci traverse toute son œuvre et son action de la toute première trace écrite dans une lettre à un militant russe jusqu'à son dernier texte à la veille de son assassinat.

https://pour-comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/.

Comme indiqué plus haut mes recherches se sont élargies à Karl Liebknecht, aujourd'hui beaucoup moins étudié que Rosa Luxemburg, beaucoup moins traduit aussi. Pourtant une personnalité essentielle de la lutte contre le réformisme et contre la guerre. J'ai repris certains des articles des blogs sur mon mediapart.

J'effectue le même travail aujourd'hui sur les analyses et l'action de Wilhelm Liebknecht.


Aujourd'hui encore cette lutte contre le réformisme, l'impérialisme et la guerre qui marque leur action reste pour moi centrale et la démarche du blog, s'aider de leur pensée et action, me semble toujours efficiente et nécessaire. En témoigne le texte de Rosa Luxemburg, proposé aussi sur mon blog mediapart, sur la guerre hispano américaine, après l'agression des États-Unis contre le Venezuela "Le prix d'une victoire"

https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com/article-le-prix-d-une-victoire-texte-inedit-en-fran-ais-de-rosa-luxemburg-123196662.html.

Le net étant ce qu'il est, les blogs sont peu référencés, aussi, votre inscription aiderait à faire connaître mon travail et pourrait vous aider à retrouver textes et références pour vos propres analyses et recherches.

Nombre de textes ont été repris sur mediapart

Le blog se consacre actuellement à la traduction et à la mise en lignes des textes de Rosa Luxemburg de janvier 1919.

Dominique Villaeys-Poirré.

 
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31 décembre 2025 3 31 /12 /décembre /2025 01:59

Textes de janvier 1919 : L'année 2025 se termine. Janvier approche. Et le rappel que ce mois fut celui de l'assassinat d'une pensée et d'une action politique. Le 15 janvier 1919 étaient tués Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, et tout au long de ce début d'année qui suivit, c'est la révolution tout entière qui mourait sous les coup d'une social-démocratie réformiste, des forces d'extrême-droite sanguinaires et des puissances impérialistes unies. Le blog veut contribuer à faire prendre conscience de ce que voulait réellement ce courant politique incarné par Luxemburg, Liebknecht, Zetkin, Mehring, Jogiches ... . Pour cela l'accès aux sources reste essentiel. Les textes publiés par Rosa Luxemburg dans la Rote fahne ne sont pas facilement disponibles en français. Nous les mettons ces jours à disposition. Voici le 1er. : "Le premier Congrès du parti".

Le 31 décembre 1918 est créé le nouveau parti par le courant de Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, Clara Zetkin, Franz Mehrind, Leo Jogiches ... . Une discusssion sur le nom eut lieu entre Parti socialiste ou communiste. Ce fut la deuxième dénomination qui fut décidée. 15 jours plus tard Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht étaient assassinés, en mars Leo Jogiches. Quelle aurait été la politique défendue avec eux vivants. Ce texte de Rosa Luxemburg nous donne des pistes, d'où son importance.

"Le premier congrès du parti "- « Die Rote Fahne » du 3 janvier 1919. Textes de janvier 1919 de Rosa Luxemburg.

Le premier congrès du parti - « Die Rote Fahne » du 3 janvier 1919

L'avant-garde révolutionnaire du prolétariat allemand s'est regroupée pour former un parti politique indépendant. La fondation du Parti communiste allemand s'est déroulée, comme le groupe Spartacus l'avait dès le début délibérément envisagé et prévu dans le cadre de sa conception générale, non pas dans une logique de groupuscule, ni comme une scission « fabriquée » de leur propre chef et à huis clos par une poignée de dirigeants radicaux. Elle s’est constituée comme le produit naturel du développement historique, un fragment dans le déroulement de la révolution allemande, et donc comme une manifestation de la vie politique des masses prolétaires. La création du Parti communiste se rattache au tournant qui clôt la première phase de la révolution allemande et ouvre la deuxième.

Les illusions du 9 novembre sont détruites, ses insuffisances sont apparues au grand jour. D'un côté, la contre-révolution d'Ebert-Scheidemann, démasquée, entraîne le déploiement impétueux et impitoyable du drapeau révolutionnaire de l’autre, le brusque virage à droite à la tête officielle de l'Empire conditionne une orientation énergique vers la gauche au sein des masses ouvrières et des soldats.

La clarification des contradictions, l'intensification de la lutte, la maturation et l'autodétermination de la révolution, tels sont les moments qui ont donné naissance au Parti communiste allemand et qu’il est appelé à servir. Le ralliement des groupes communistes internationaux de même que les négociations engagées en vue de la fusion organisationnelle du parti nouvellement fondé avec les délégués révolutionnaires et les représentants syndicaux des grandes entreprises berlinoises doivent être considérés comme des manifestations partielles de ce processus. Même si les négociations n'ont pour l'instant pas abouti à un résultat positif, elles n’en sont pas moins que le début d'un processus tout à fait naturel et inéluctable d'unification de tous les éléments véritablement prolétaires et révolutionnaires dans un cadre organisationnel. Le fait que les délégués révolutionnaires du Grand Berlin, représentants moraux du noyau dur du prolétariat berlinois, s'allient à la Ligue spartakiste, la preuve en a été donnée par la coopération des deux parties dans toutes les actions révolutionnaires menées jusqu'à présent par les travailleurs berlinois. Ces liens forgés par l'action sont la seule base réelle et véritable de l'union organisationnelle, ils sont nés des intérêts de classe des masses prolétaires, des intérêts vitaux de la révolution, et c'est là que réside la garantie que la logique interne des choses conduira tôt ou tard les délégués et les responsables révolutionnaires vers le seul camp purement prolétarien et révolutionnaire, vers le communisme. Les hésitations, les indécisions qui font encore obstacle à cette démarche sont elles-mêmes un vestige du processus de décomposition de l'USP, un reste des demi-mesures destructrices et paralysantes qui causent la perte de ce parti. Il est donc certain que les éléments sains et véritablement révolutionnaires de l'USP dépasseront également ce dernier vestige, qu'ils devront très bientôt se sauver loin de l'atmosphère étouffante du parti, qui n'est en réalité plus qu’un cadavre, pour rejoindre le lieu où la lutte révolutionnaire a trouvé son expression la plus claire et la plus déterminée.

La révolution appelle en effet d'une voix impérieuse à agir de manière concertée sans perdre de temps. Avec le passage à sa deuxième phase, elle a considérablement accru les tâches qu'elle impose aux masses prolétariennes, élargi considérablement son cadre et enfoncé plus profondément son soc révolutionnaire dans le sol. Le passage de la révolution principalement le fait de soldats du 9 novembre à une révolution ouvrière clairement exprimée, du bouleversement superficiel et purement politique au long processus de confrontation économique générale entre le travail et le capital, exige de la classe ouvrière révolutionnaire un tout autre degré de maturité politique, de formation et de ténacité que celui qui suffisait dans la première phase initiale.

Il s'agit désormais de remplacer partout l'ambiance révolutionnaire par une conviction révolutionnaire inébranlable, et le caractère spontané par une démarche systématique systématique. Il s'agit, enrichis de toute la somme des expériences acquises au cours de la première période, de poser désormais les fondements de la construction socialiste. Il faut transformer le système des conseils ouvriers et de soldats, qui était une improvisation du moment, en une armure d'acier qui garantit au prolétariat tout le pouvoir public de la société.

Et encore une chose ! Ce que nous avons vécu depuis le 9 novembre n'était en réalité pas une révolution allemande : c'était une longue série de révolutions locales fragmentées et de petites révolutions, parfois non sans traits d'opérette, dans le tableau confus et bigarré desquelles se reflète toute la palette des divisions et du retard de l'Allemagne et, par conséquent, les divisions de l'armée révolutionnaire du prolétariat. Ces faiblesses naturelles de la phase initiale doivent également être surmontées. La grande révolution allemande unifiée doit être préparée par la maturité politique et sociale des masses prolétariennes dans toute l'Allemagne, par l’avancée du mouvement dépassant ses barrières locales et ses contingences pour aller vers l’objectif commun qui nous est commune, vers le front de lutte commun.

Contrairement à la tradition qui consiste à présenter le congrès qui vient de s'achever et son œuvre comme un « jalon », il faut reconnaître que le congrès n'a pu accomplir que de manière fragmentaire, que donner une idée de l'énorme tâche qui lui incombait. N’étant lui-même qu’un fragment de la révolution, il partage le sort de celle-ci en ce qu'il ne peut se targuer d'une rigueur suffisante ni d'un travail exhaustif.

 Mais ce qu'il a accompli nous semble néanmoins être l'essentiel : il a tiré les leçons historiques de la révolution accomplie jusqu'à présent, indiqué les grandes lignes directrices de l’évolution à venir et lancé un appel fort à l'ensemble du prolétariat en Allemagne pour qu'il mène une lutte sans merci.

L'esprit qui s'est exprimé à travers les délégués de toutes les régions de l'Empire nous permet d'espérer avec confiance qu'un travail efficace sera accompli, que l'appel ne restera pas sans écho, que le Parti communiste allemand, en tant que fer de lance de la révolution prolétarienne, deviendra le fossoyeur de la société bourgeoise.

Il s'agit maintenant de se mettre au travail de toutes nos forces. Comme l'a dit Liebknecht à la fin de son discours :

Les cruelles déceptions politiques et sociales, l'effondrement de l'économie capitaliste, voilà les propagandistes les plus éloquents de la révolution sociale.

Notre tâche consiste à soutenir et à diriger avec clarté, énergie et enthousiasme, cette propagande créée par conditions objectives. Forger le prolétariat allemand pour en faire le marteau puissant qui brisera la domination de classe, telle est la mission historique du Parti communiste allemand.

Citations :

 "La fondation du Parti communiste allemand s'est déroulée, comme le groupe Spartacus l'avait dès le début délibérément envisagé et prévu dans le cadre de sa conception générale, non pas dans une logique de groupuscule, ni comme une scission « fabriquée » de leur propre chef et à huis clos par une poignée de dirigeants radicaux. Elle s’est constituée comme le produit naturel du développement historique, un fragment dans le déroulement de la révolution allemande, et donc comme une manifestation de la vie politique des masses prolétaires. "

 

"Elle s’est constituée comme le produit naturel du développement historique, un fragment dans le déroulement de la révolution allemande, et donc comme une manifestation de la vie politique des masses prolétaires."

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30 décembre 2025 2 30 /12 /décembre /2025 20:40

L'année 2025 se termine. Janvier approche. Et le rappel que ce mois fut celui de l'assassinat d'une pensée et d'une action politique. Le 15 janvier 1919 étaient tués Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, et tout au long de ce début d'année qui suivit, c'est la révolution tout entière qui mourait sous les coup d'une social-démocratie réformiste, des forces d'extrême-droite sanguinaires et des puissances impérialistes unies. Le blog veut contribuer à faire prendre conscience de ce que voulait réellement ce courant politique incarné par Luxemburg, Liebknecht, Zetkin, Mehring, Jogiches ... . Pour cela l'accès aux sources reste essentiel. Les textes publiés par Rosa Luxemburg dans la Rote fahne ne sont pas facilement disponibles en français. Nous les mettrons ces jours à dispostion.

Les voici dans un premier temps en allemand. Dans un article publié en 2020 sur le blog. 

Lire le premier article en français :

Rosa Luxemburg, les textes de janvier 1919
Der erste Parteitag - « Die Rote Fahne » vom 3. Januar 1919
 
 

Der revolutionäre Vortrupp des deutschen Proletariats hat sich zu einer selbständigen politischen Partei zusammengeschlossen. Die Gründung der Kommunistischen Partei Deutschlands ist erfolgt, wie die Spartakusgruppe es im Rahmen ihrer allgemeinen Auffassung von Anfang an zielbewußt anstrebte und voraussah, nicht als Konventikelangelegenheit, nicht als eine von einer Handvoll radikaler Führer aus freien Stücken und unter Ausschluß der Öffentlichkeit „gemachte“ Spaltung. Sie hat sich als natürliches Produkt der historischen Entwicklung, als Fragment im Werdegang der deutschen Revolution, somit als Erscheinung des politischen Lebens der proletarischen Massen ergeben. Die Gründung der Kommunistischen Partei knüpft sich an den Wendepunkt, der die erste Phase der deutschen Revolution abschließt und die zweite Phase eröffnet.

Die Illusionen des 9. November sind zerstört, seine Unzulänglichkeiten offen an den Tag getreten. Die entschleierte Gegenrevolution Ebert-Scheidemann auf dem einen Pol bedingt die hemmungslose und rücksichtslose Entrollung der revolutionären Fahne auf dem andern Pol, der schroffe Ruck nach rechts an der offiziellen Spitze des Reiches bedingt eine energische Orientierung nach links in den Fundamenten, in der Arbeiter- und Soldatenmasse.

Klärung der Gegensätze, Verschärfung des Kampfes, das Reifen und die Selbstbestimmung der Revolution, das sind die Momente, aus denen die Kommunistische Partei Deutschlands geboren und denen zu dienen sie ihrerseits berufen ist. Als Teilerscheinungen dieses Prozesses sind der Anschluß der Gruppen der Internationalen Kommunisten sowie die begonnenen Verhandlungen über den organisatorischen Zusammenschluß der neugegründeten Partei mit den revolutionären Obleuten und Vertrauensleuten der Berliner Großbetriebe zu werten. Haben auch die Verhandlungen für den Augenblick noch kein positives Ergebnis gezeitigt, so sind sie doch nur der Anfang eines ganz selbstverständlichen, unaufhaltsamen Prozesses der Vereinigung aller wirklich proletarischen und revolutionären Elemente in einem organisatorischen Rahmen. Daß die revolutionären Obleute Groß-Berlins, die moralischen Vertreter des Kerntrupps des Berliner Proletariats, mit dem Spartakusbund zusammengehen, hat die Zusammenwirkung beider Teile in allen bisherigen revolutionären Aktionen der Berliner Arbeiterschaft bewiesen. Solche durch Taten hergestellten Bande sind die einzig reale und wirkliche Basis des organisatorischen Zusammenschlusses, sie sind aus den Klasseninteressen der proletarischen Masse, aus dem Lebensinteresse der Revolution geboren, und darin liegt die Gewähr, daß die innere Logik der Dinge die revolutionären Ob- und Vertrauensleute über kurz oder lang in das einzige rein proletarisch-revolutionäre Lager, zur Kommunistischen Partei Deutschlands, führen wird. Die Hemmungen, die Unentschlossenheiten, die sich diesem Schritt zur Stunde noch in den Weg stellen, sind selbst ein Überbleibsel des Zersetzungs prozesses der USP, ein Rest der zerrüttenden und paralysierenden Halbheiten, an denen diese Partei zugrunde geht. Damit ist aber gegeben, daß die gesunden und wirklich revolutionären Elemente der USP auch über diesen letzten Rest hinweggehen werden, daß sie sich aus der erstickenden Atmosphäre der Partei, die in Wirklichkeit nur noch ein Kadaver ist, sehr bald dorthin werden retten müssen, wo der revolutionäre Kampf seinen klarsten und entschlossensten Ausdruck gefunden hat.

Zum geschlossenen Wirken ohne Zeitverlust ruft die Revolution in der Tat mit gebieterischer Stimme. Mit dem Übergang zu ihrer zweiten Phase hat sie die Aufgaben, die sie den Massen des Proletariats stellt, ins Ungemessene gesteigert, ihren Rahmen enorm erweitert, ihre revolutionäre Pflugschar tiefer in das Erdreich gebohrt. Der Umschlag der vorwiegend soldatischen Revolution des 9. November in eine ausgesprochene Arbeiterrevolution, der oberflächlichen, rein politischen Umwälzung in den langatmigen Prozeß der wirtschaftlichen Generalauseinandersetzung zwischen Arbeit und Kapital erfordert von der revolutionären Arbeiterklasse einen ganz anderen Grad der politischen Reife, Schulung, Zähigkeit, als wie sie der ersten anfänglichen Phase genügten.

Es gilt nunmehr, an Stelle der revolutionären Stimmung allenthalben die unbeugsame revolutionäre Überzeugung, an Stelle des Spontanen das Systematische zu setzen. Es gilt, um die ganze Summe der Erfahrungen der ersten Periode bereichert, nunmehr an die Fundamentlegung für den sozialistischen Bau heranzugehen. Es gilt, das A.- u. S.-Rätesystem aus einer Improvisation der Stunde zu jenem ehernen Panzer zu machen, der dem Proletariat alle öffentliche Macht der Gesellschaft sichert.

Und noch eins ! Was wir bisher seit dem 9. November erlebt haben, war eigentlich keine deutsche Revolution : Es war eine lange Reihe zersplitterter lokaler Revolutionen und Revolutiönchen, zum Teil nicht ohne operettenhafte Züge, in deren wirrem, buntem Bilde sich die ganze Musterkarte der deutschen Zerrissenheit und Zurückgebliebenheit und demgemäß auch die Zerrissenheit der revolutionären Armee des Proletariats spiegelt. Auch diese natürlichen Schwächen der Anfangsphase müssen überwunden werden. Die große einheitliche deutsche Revolution muß durch die politische und soziale Reife der proletarischen Massen in ganz Deutschland vorbereitet werden, durch die Vorantreibung der Bewegung über ihre lokalen Schranken und Zufälligkeiten zu dem gemeinsamen Ziel, auf die gemeinsame Kampffront.

Entgegen der traditionellen „Markstein“-Anpreisung des eben geschlossenen Parteitages und seines Werkes sei es offen gestanden, daß der Parteitag das ihm vorliegende enorme Werk nur bruchstückweise, nur andeutungsweise hat vollbringen können. Selbst ein Fragment der Revolution, teilt er auch darin ihr Los, sich keiner genügenden Gründlichkeit, keiner erschöpfenden Arbeit rühmen zu können.

Was er aber geleistet hat, scheint uns dennoch im Wesen das Wichtigste zu sein : Er hat die Summa unter den geschichtlichen Lehren der bisherigen Revolution gezogen, die großen Richtlinien der kommenden Entwicklung gewiesen, einen starken Appell an das Gesamtproletariat Deutschlands zum rücksichtslosen Kampf erhoben.

Der Geist, der aus den Delegierten aller Teile des Reiches sprach, läßt zuversichtlich hoffen, daß tüchtige Arbeit geleistet, daß der Appell nicht ohne Echo bleiben, daß die Kommunistische Partei Deutschlands als Stoßtrupp der proletarischen Revolution zum Totengräber der bürgerlichen Gesellschaft wird.

Jetzt gilt es, mit aller Kraft ans Werk zu gehen. Wie Liebknecht am Schluß seiner Ausführungen sagte :

Die grausamen politischen und sozialen Enttäuschungen, der Zusammensturz der kapitalistischen Wirtschaft, das sind die beredtesten Propagandisten der sozialen Revolution.

Unsere Aufgabe ist, diese Propaganda der objektiven Verhältnisse mit Klarheit, Energie und Begeisterung zu unterstützen und zu leiten. Das deutsche Proletariat zu dem gewaltigen Hammer zu schmieden, der die Klassenherrschaft zerschmettern wird, das ist die geschichtliche Mission der Kommunistischen Partei Deutschlands.


Quellen :

— ANONYME, «Die Rote Fahne» (Berlin), Nr.3 vom 3. Januar 1919 ;

— LUXEMBURG Rosa, Gesammelte Werke, Bd.4, Berlin, Dietz Verlag, 1990, S.512-515 ;

— Transkription u. HTML-Markierung : E.S. für Smolny.

http://www.collectif-smolny.org/article.php3?id_article=949

Les textes de janvier 1919 de Rosa Luxemburg

Was machen die Führer? - (7. Januar 1919)

Was machen de Führer?


Die Rote Fahne (Berlin), Nr. 7 vom 7. Januar 1919. [1]
Rosa Luxemburg, Gesammelte Werke, Bd. 4 (6. überarbeitete Auflage), Berlin 2000, S. 516–518.
Mit freundlicher Genehmigung des Karl Dietz Verlag Berlin.
Transkription: Oliver Fleig und Sozialistische Klassiker.
HTML-Markierung: Einde O’Callaghan für das Marxists’ Internet Archive.


 

In der Glutatmosphäre der Revolution reifen Menschen und Dinge mit unheimlicher Schnelligkeit. Erst vor kurzen 3 Wochen, als die Reichskonferenz der A.- u. S.-Räte geschlossen wurde [2], schienen Ebert-Scheidemann im Zenit ihrer Macht zu stehen. Die Vertretung der revolutionären Arbeiter- und Soldatenmasse ganz Deutschlands hatte sich ihrer Führung blindlings ergeben. Die Einberufung der Nationalversammlung, die Aussperrung der „Straße“, die Degradierung des Vollzugsrats und mit ihm der A.- u. S.-Räte zu ohnmächtigen Scheinfiguren – welcher Triumph der Gegenrevolution auf der ganzen Linie! Die Früchte des 9. November schienen vertan und verspielt, die Bourgeoisie atmete wieder beruhigt auf, die Massen standen ratlos, entwaffnet, erbittert und doch zweifelnd da. Ebert-Scheidemann wähnten sich auf dem Gipfel der Macht.

Die blinden Toren! Noch sind keine zwanzig Tage seitdem verflossen, und ihre scheinbare Macht ist über Nacht ins Wanken geraten. Die Massen sind eben die wirkliche Macht, die reale Macht kraft ihrer Interessen, kraft der historischen Notwendigkeit, kraft des ehernen „Muss“ der Geschichte. Mag man ihr vorübergehend Fesseln anlegen, ihre Organisation formell jeder Macht berauben – sie braucht sich nur zu regen, nur ihr Rückgrat steif aufzurichten, schon hebt der Boden unter den Füßen der Gegenrevolution.

Wer die gestrige Massendemonstration in der Siegesallee miterlebt hat, wer diese felsenfeste revolutionäre Überzeugung, diese prächtige Stimmung, diese Tatkraft, die aus den Massen strömte, mit gespürt hat, der musste zu dem Schluss gelangen: Die Proletarier sind durch die Schule der letzten Wochen, der jüngsten Ereignisse politisch enorm gewachsen. Sie sind sich ihrer Macht bewusst geworden, und nichts fehlt ihnen, als von dieser Macht Gebrauch zu machen.

Die Ebert-Scheidemann und ihr Auftraggeber, die Bourgeoisie, die fortwährend über „Putsche“ zetern, erleben in diesen Stunden dieselbe Enttäuschung, wie sie einst der letzte Bourbone erlebt hat, dem auf seinen empörten Ruf über die „Rebellion“ des Pariser Volkes von seinem Minister die Antwort gegeben wurde: Herr, das ist keine Rebellion, das ist eine Revolution!

Ja, eine Revolution ist es, mit all ihrem äußeren wirren Verlauf, mit der abwechselnden Ebbe und Flut, mit momentanen Anläufen zur Machtergreifung und ebenso momentanen Rückläufen der revolutionären Sturzwelle. Und durch all diese scheinbaren Zickzackbewegungen setzt sich die Revolution Schritt um Schritt siegreich durch, schreitet sie unaufhaltsam vorwärts.

Die Masse muss eben im Kampfe selbst zu kämpfen, zu handeln lernen. Und man spürt heute: Die Arbeiterschaft Berlins hat in hohem Maße zu handeln gelernt, sie dürstet nach entschlossenen Taten, nach klaren Situationen, nach durchgreifenden Maßnahmen. Sie ist nicht mehr dieselbe wie am 9. November, sie weiß, was sie will und was sie soll.

Sind aber ihre Führer, die ausführenden Organe ihres Willens, auf der Höhe? Sind die revolutionären Obleute und Vertrauensleute der Großbetriebe, sind die radikalen Elemente der USP inzwischen an Tatkraft, Entschlossenheit gewachsen? Hat ihre Aktionsfähigkeit mit der wachsenden Energie der Massen Schritt gehalten?

Wir befürchten, diese Frage nicht mit einem glatten Ja beantworten zu können. Wir fürchten, die Führer sind noch dieselben, wie sie am 9. November waren, sie haben wenig hinzugelernt.

24 Stunden sind seit dem Anschlag der Ebert-Regierung gegen Eichhorn verflossen. [3] Die Massen sind dem Appell ihrer Führer mit Ungestüm gefolgt, sie haben die Wiedereinsetzung Eichhorns aus eigenen Kräften spontan durchgeführt, sie haben aus eigener Initiative spontan den Vorwärts besetzt, sich der bürgerlichen Redaktionen und des WTB [4] bemächtigt, sie haben sich, soweit es ging, bewaffnet. Sie warten auf weitere Weisungen und Handlungen ihrer Führer.

Was haben diese inzwischen getan, was beschlossen? Welche Maßnahmen haben sie ergriffen, um in der gespannten Situation, in der die Schicksale der Revolution zum mindesten für den nächsten Abschnitt entschieden werden, den Sieg der Revolution zu sichern? Wir sehen und hören nichts! Mag sein, dass die Vertrauensmänner der Arbeiterschaft gründlich und ausgiebig beraten. Jetzt gilt es aber zu handeln.

Die Ebert-Scheidemann verzetteln ihre Zeit sicher nicht mit Beratungen. Sie schlafen ganz gewiss nicht. Sie bereiten im stillen mit der üblichen Energie und Umsicht der Konterrevolutionäre ihre Zettelungen vor, sie schleifen ihr Schwert, um die Revolution zu überrumpeln, zu meucheln.

Andere, pflaumenweiche Elemente sind sicher schon fleißig am Werke, um „Verhandlungen“ anzubahnen, um Kompromisse herbeizuführen, um über den blutigen Abgrund, der sich zwischen der Arbeiter- und Soldatenmasse und der Regierung Eberts aufgetan, eine Brücke zu schlagen, um die Revolution zu einem „Vergleich“ mit ihren Todfeinden zu verleiten.

Da ist keine Zeit zu verlieren. Da müssen sofort durchgreifende Maßnahmen vorgenommen werden. Den Massen, den revolutionstreuen Soldaten müssen klare und rasche Direktiven gegeben, ihrer Energie, ihrer Kampflust müssen die richtigen Ziele gewiesen werden. Die schwankenden Elemente unter den Truppen können nur durch entschlossenes, klares Handeln der revolutionären Körperschaften für die heilige Sache des Volkes gewonnen werden.

Handeln! Handeln! Mutig, entschlossen, konsequent – das ist die verdammte Pflicht und Schuldigkeit der revolutionären Obleute und der ehrlich sozialistischen Parteiführer. Die Gegenrevolution entwaffnen, die Massen bewaffnen, alle Machtpositionen besetzen. Rasch handeln! Die Revolution verpflichtet. Ihre Stunden zählen in der Weltgeschichte für Monate und ihre Tage für Jahre. Mögen sich die Organe der Revolution ihrer hohen Pflichten bewusst sein!


Fußnoten

1. Dieser Artikel ist nicht gezeichnet. Clara Zetkin nennt in ihrer Arbeit Um Rosa Luxemburgs Stellung zur russischen Revolution (Hamburg 1922) Rosa Luxemburg als Verfasserin.

2. Vom 16. bis 21. Dezember 1918 tagte in Berlin der 1. Allgemeine Kongress der Arbeiter- und Soldatenräte Deutschlands, auf dem die Vertreter der SPD dominierten. Mit der Zustimmung, am 19. Januar 1919 die Wahlen zu einer Nationalversammlung durchzuführen, die die weitere Regelung übernehmen sollte, und der Wahl eines Zentralrats der Arbeiter- und Soldatenräte, dem nur das Recht zugebilligt wurde, wichtige Gesetzesvorlagen der Regierung zu beraten, entschied dieser Kongress in der Grundfrage der Revolution, Rätemacht oder bürgerliche Nationalversammlung, zugunsten des bürgerlichen Staates.

3. Am 4. Januar 1919 war der Berliner Polizeipräsident Emil Eichhorn, der dem linken Flügel der USPD angehörte, von der sozialdemokratischen Regierung als abgesetzt erklärt worden. Damit sollten die revolutionären Arbeiter und Soldaten Berlins zu unvorbereiteten bewaffneten Kämpfen provoziert werden. Die revolutionären Obleute, die Berliner Leitung der USPD und die Zentrale der KPD riefen gemeinsam die Werktätigen und Soldaten zu Aktionen für die Rücknahme der Absetzung Emil Eichhorn, für die Entwaffnung der Konterrevolution und die Bewaffnung der Arbeiter auf. Hunderttausende demonstrierten am 5. Januar In Berlin, formierten sich in der Siegesallee und marschierten zum Polizeipräsidium.

4. Wolffs Telegraphisches Büro.

 

https://www.marxists.org/deutsch/archiv/luxemburg/1919/01/fuehrer.htm

Les textes de janvier 1919 de Rosa Luxemburg

Versäumte Pflichten - (8. Januar 1919)

Versäumte Pflichten


Die Rote Fahne (Berlin), Nr. 8 vom 8. Januar 1919. [1]
Rosa Luxemburg, Gesammelte Werke, Bd. 4 (6. überarbeitete Auflage), Berlin 2000, S. 519–522.
Mit freundlicher Genehmigung des Karl Dietz Verlag Berlin.
Transkription: Oliver Fleig und Sozialistische Klassiker.
HTML-Markierung: Einde O’Callaghan für das Marxists’ Internet Archive.


 

Seit dem 9. November prallt die revolutionäre Welle periodisch gegen dieselbe Mauer: die Regierung Ebert-Scheidemann. Der Anlass, die Form, die Tragkraft des Zusammenstoßes sind in jeder der revolutionären Krisen, die wir seit acht Wochen erlebt haben, verschieden. Aber der Ruf: Nieder mit Ebert-Scheidemann! ist das Leitmotiv aller bisherigen Krisen und die Losung, in die sie alle ausklingen, die Losung, die immer lauter, einmütiger, eindringlicher aus den Massen ertönt.

 

Das ist auch ganz natürlich. Die Fortentwicklung der Revolution laboriert an dem Grundfehler des 9. November: dass an die Spitze der revolutionären Regierung Leute gestellt worden sind, die bis zur letzten Minute alles getan hatten, was in ihren Kräften lag, um den Ausbruch der Revolution zu verhindern, und die sich nach dem Ausbruch an ihre Spitze mit der klaren Absicht gestellt haben, sie bei der nächsten passenden Gelegenheit abzuwürgen.

Soll die Revolution weiter ihren Gang gehen, soll sie Etappe für Etappe ihrer Entwicklung durchmachen, um ihre historischen Aufgaben: die Abschaffung der bürgerlichen Klassenherrschaft und die Verwirklichung des Sozialismus, zu erfüllen, dann muss die Mauer, die sich ihr entgegenstellt, die Regierung Ebert-Scheidemann, hinweggeräumt werden.

Um diese Spezialaufgabe wird sich die Revolution nicht herumdrücken können, in diese Aufgabe münden alle Erfahrungen der acht Wochen Revolutionsgeschichte aus. Die eigenen Provokationen der Ebert-Regierung: der 6. Dezember [2], die Vereidigung der Gardetruppen [3], der 24. Dezember [4], der jüngste Anschlag gegen das Polizeipräsidium [5], sie alle treiben die revolutionären Massen direkt vor die schroffe, nackte, unerbittliche Alternative: Entweder soll die Revolution ihren proletarischen Charakter, ihre sozialistische Mission preisgeben, oder Ebert-Scheidemann mit ihrem Anhang müssen von der Macht vertrieben werden.

Dies haben auch die breitesten Massen des Proletariats in Berlin und in den Hauptzentren der Revolution im Reiche begriffen. Diese klare, scharfe Erkenntnis, die sich im leidenschaftlichen gewaltigen Ruf aus Hunderttausenden von Kehlen jeden Augenblick losringt: Nieder mit Ebert-Scheidemann! das ist der Gewinn, die Reife, der Fortschritt, den uns die letzten Ereignisse eingebracht haben.

Was aber bei weitem nicht klar ist, worin noch die Schwäche und Unreife der Revolution an den Tag tritt, das ist die Frage, wie man den Kampf um die Wegräumung der Ebertschen Regierung führt, wie man die bereits erreichte Stufe der inneren Reife der Revolution in Taten und Machtverhältnisse umsetzt. Nichts hat diese Schwächen und Mängel so krass aufgezeigt wie die letzten drei Tage.

Die Regierung Ebert-Scheidemann hinwegräumen heißt nicht, ins Reichskanzlerpalais stürmen und die paar Leute verjagen oder festnehmen, es heißt vor allem, sämtliche tatsächliche Machtpositionen ergreifen und sie auch festhalten und gebrauchen.

Was haben wir aber in diesen drei Tagen erlebt? Alles, was wirklich an Positionen erobert worden ist: die Wiederbesetzung des Polizeipräsidiums, die Besetzung des Vorwärts, die Besetzung des WTB und der bürgerlichen Redaktionen, das alles war spontanes Werk der Massen. Was haben die Körperschaften daraus gemacht, die in diesen Tagen an der Spitze der Massen standen oder zu stehen vorgaben: die revolutionären Obleute und der Zentralvorstand den USP von Groß-Berlin? Die allerelementarsten Regeln der revolutionären Aktion haben sie vernachlässigt, als da sind:

  1. Wenn die Massen den Vorwärts besetzen, dann ist es Pflicht den revolutionären Obleute und des Zentralvorstands der USP von Groß-Berlin, die ja offiziell die Berliner Arbeiterschaft zu vertreten vorgeben, für sofortige Redaktionsführung im Sinne der revolutionären Arbeiterschaft Berlins zu sorgen. Wo sind denn die Redakteure geblieben? Was machen Däumig, Ledebour – Journalisten und Redakteure von Ruf und Beruf, die ja jetzt als die Linke der USP gar kein Organ besitzen, warum ließen sie die Massen im Stich? War es etwa dringenderes Geschäft, zu „beraten“, anstatt zu taten?
     
  2. Wenn die Massen das Wolffsche Telegraphenbüro besetzen, dann ist es nächste Pflicht der revolutionären Organe der Arbeiterschaft, sich des Telegraphenbüros für die Sache der Revolution zu bedienen, der Öffentlichkeit, den Massen der Genossen im Reich Nachricht zu geben über Dinge, die in Berlin vorgehen, sie über die Situation zu orientieren. Nur auf diese Weise kann geistiger Zusammenhang zwischen der Berliner Arbeiterschaft und der revolutionären Bewegung im ganzen Reiche hergestellt werden, ohne den die Revolution weder hier noch dort siegen kann.
     
  3. Wenn man gegen die Ebert-Scheidemannsche Regierung im schärfsten Kampfe steht, knüpft man nicht zugleich „Verhandlungen“ mit dieser selben Regierung an. Mögen die Haase-Leute: Oskar Cohn, die Zietz, Kautsky, Breitscheid und wie alle die schwankenden Gestalten heißen, jede Gelegenheit ergreifen, um mit den Ebert-Leuten, von denen sie sich schweren Herzens getrennt haben, schleunigst wieder Fäden anzuknüpfen. Die revolutionären Obleute ihrerseits, sie, die mit den Massen Fühlung haben, wissen sehr wohl, dass Ebert-Scheidemann Todfeinde der Revolution sind. Führt man mit einem Todfeind Verhandlungen? Diese Verhandlungen können ja nur zu zweierlei führen: entweder zu einem Kompromiss oder – was sicherer – bloß zu einer Verschleppung, die von den Ebert-Leuten ausgenutzt wird, um die brutalsten Gewaltmaßnahmen vorzubereiten.
     
  4. Wenn die Massen auf die Straße gerufen werden, um in Alarmbereitschaft zu sein, dann muss ihnen klar und deutlich gesagt werden, was sie zu tun haben, oder mindestens, was vorgeht, was von Freund und Feind getan und geplant wird. In Zeiten der revolutionären Krise gehören die Massen selbstverständlich auf die Straße. Sie sind der einzige Hort, die einzige Sicherheit der Revolution. Wenn die Revolution in Gefahr ist – und das ist sie jetzt in höchstem Maße! –, dann ist es Pflicht der proletarischen Massen, dort auf der Wacht zu sein, wo ihre Macht zum Ausdruck kommt: auf der Straße! Schon ihre Anwesenheit, ihr Kontakt miteinander ist eine Drohung und eine Warnung an alle offenen und versteckten Feinde der Revolution: Hütet euch!

Aber die Massen müssen eben nicht bloß gerufen, sondern auch politisch tätig sein. Sie müssen über alles, was getan und gelassen wird, zur Entscheidung gerufen werden. Haben die revolutionären Obleute, hat der Zentralvorstand der USP Groß-Berlins nicht für nötig gehalten, mit dem Entschluss, sich in „Verhandlungen“ mit Ebert-Scheidemann einzulassen, vor die in der Siegesallee versammelten Massen zu treten? Sie hätten eine so dröhnende Antwort zu hören bekommen, dass ihnen jede Lust zu Unterhandlungen vergangen wäre!

Die Massen sind bereit, jede revolutionäre Aktion zu unterstützen, für die Sache des Sozialismus durch Feuer und Wasser zu gehen. Man möge ihnen klare Parolen geben, eine konsequente, entschlossene Haltung weisen. Der Idealismus der Arbeiterschaft, die Revolutionstreue der Soldaten können nun durch Entschlossenheit und Klarheit den führenden Organe und ihrer Politik gestärkt werden. Und das ist heute eine Politik, die kein Schwanken, keine Halbheit, sondern nur das Leitmotiv kennt: Nieder mit Ebert-Scheidemann! Noch eine Lehre!

Deutschland war das klassische Land der Organisation und noch mehr des Organisationsfanatismus, ja des Organisationsdünkels. Um „Organisation“ willen hatte man den Geist, die Ziele, die Aktionsfähigkeit der Bewegung preisgegeben. [6] Und was erleben wir heute? In den wichtigsten Momenten der Revolution versagt vorerst das gerühmte „Organisationstalent“ in kläglichster Weise. Revolutionäre Aktionen zu organisieren ist eben noch ganz was anderes, als Reichstagswahlen oder Gewerbegesichtswahlen nach Schema F zu „organisieren“. Die Organisation der revolutionären Aktionen muss und kann eben nur in den Revolution selbst gelernt werden, wie das Schwimmen nur im Wasser gelernt wird. Dazu ist die geschichtliche Erfahrung da! Aber man soll eben aus der Erfahrung auch lernen.

Die Erfahrung den letzten drei Tage ruft den führenden Organen der Arbeiterschaft mit lauter Stimme zu: Redet nicht! Beratet nicht ewig! Unterhandelt nicht! Handelt!

Anmerkungen

1. Dieser Artikel ist nicht gezeichnet. Clara zetkin nennt in ihrer Arbeit Um Rosa Luxemburgs Stellung zur russischen Revolution (Hamburg 1922) Rosa Luxemburg als Verfasserin.

 

2. Organisiert vom sozialdemokratischen Berliner Stadtkommandanten Otto Wels, dem Generalkommando des Gardekorps, dem Kriegsministerium und dem Außwärtigen Amt, hatten am 6. Dezember 1918 von reaktionären Offizieren geführte Truppenteile einen Putschversuch unternommen. Sie verhafteten den Vollzugsrat der Berliner Arbeiter- und Soldatenräte, besetzten die Redaktion der Roten Fahne, riefen Friedrich Ebert zum Präsidenten und schossen in der Chausseestraße in eine unbewaffnete Demonstration, wobei sie 14 Personen töteten und weitere 30 verwundeten.

3. Am 10. Dezember 1918 waren von konterrevolutionären Offizieren geführte Gardetruppen, die bewaffnet in Berlin einzogen und von Friedrich Ebert, dem Berliner Oberbürgermeister Adolf Wermuth und dem Kriegsminister Heinrich Scheüch begrüßt wurden, auf die „Republik“ vereidigt wurde, wobei Generalleutnant Arnold Lequis den Eid für seine Offiziere und Mannschaften leistete.

4. Am 24. Dezember 1918 hatten konterrevolutionäre Truppen unter Führung von Generalleutnant Arnold Lequis die Volksmarinedivision in Schloss und Marstall in Berlin mit Artillerieunterstützung angegriffen. Dabei fanden 11 Matrosen und 56 Soldaten der Lequis-Truppen den Tod. Die kämpfenden Matrosen erhielten Waffenhilfe durch die Berliner Arbeiter. Dadurch brach der Angriff zusammen.

5. Am 4. Januar 1919 war der Berliner Polizeipräsident Emil Eichhorn, der dem linken Flügel der USPD angehört

Les textes de janvier 1919 de Rosa Luxemburg

Das Versagen der Führer - (11. Januar 1919)

Das Versagen der Führer


Die Rote Fahne (Berlin), Nr. 11, 11. Januar 1919. [1]
Rosa Luxemburg, Gesammelte Werke, Bd. 4 (6. überarbeitete Auflage), Berlin 2000, S. 523–526.
Mit freundlicher Genehmigung des Karl Dietz Verlag Berlin.
Transkription/HTML-Markierung: Einde O’Callaghan für das Marxists’ Internet Archive.


 

Die Dinge in Berlin haben eine Wendung genommen, die die schärfste Kritik und die ernsteste Überlegung der Arbeitermassen herausfordern.

Wir haben im Laufe der letzten Tage mehrmals offen und deutlich ausgesprochen, daß die Führung der Berliner Massenbewegung sehr viel an Entschlossenheit, Tatkraft und revolutionärem Elan vermissen ließ. Wir haben klar herausgesagt, daß die Führung hinter der Reife und der Kampfbereitschaft der Massen weit zurücksteht. Wir haben sowohl innerhalb dieser führenden Körperschaften durch Initiative und Überredung, wie außerhalb – in der Roten Fahne – durch Kritik alles getan, um die Bewegung vorwärtszutreiben, um die revolutionären Obleute der Großbetriebe zum tatkräftigen Auftreten anzuspornen.

Doch alle Anstrengungen und Versuche sind schließlich an dem zaghaften und schwankenden Verhalten jener Körperschaft gescheitert. Nachdem man vier Tage lang die prächtigste Stimmung und Kampfenergie der Massen durch völlige Direktionslosigkeit hatte verzetteln und verpuffen lassen, nachdem man durch zweimalige Anknüpfung der Unterhandlungen mit der Regierung Ebert-Scheidemann die Aussichten des revolutionären Kampfes aufs schwerste erschüttert und die Position der Regierung aufs wirksamste gestärkt hatte, entschlossen sich die revolutionären Obleute endlich in der Nacht vom Mittwoch zum Donnerstag zum Abbruch der Unterhandlungen und zur Aufnahme des Kampfes auf der ganzen Linie. Die Parole Generalstreik wurde ausgegeben und der Ruf: Zu den Waffen!

Das war aber auch die einzige Leistung, zu der sich die revolutionären Obleute aufgerafft haben.

Es versteht sich von selbst, daß, wenn man die Parole zum Generalstreik und zur Bewaffnung in die Massen wirft, man alles tun muß, um die energischste Durchführung der Parole zu sichern. Nichts dergleichen ist von den Obleuten unternommen worden! Sie beruhigten sich bei der nackten Parole und – beschlossen gleich am Donnerstag abend, zum dritten Male in Unterhandlungen mit Ebert-Scheidemann einzutreten!

Diesmal gab die Einigungsbewegung [2], die unter den Arbeitern der Schwartzkopff-Leute und einiger anderer Großbetriebe in Fluß gekommen ist, den erwünschten Vorwand, um den eben in aller Form eingeleiteten Kampf wieder abzubrechen. Die Arbeiterschaft der Schwartzkopff-Werke, der AEG, der Knorr-Bremse gehört zu den Kerntruppen des Berliner revolutionären Proletariats, und ihre besten Absichten unterliegen gar keinem Zweifel. Die Arbeiterschaft ist aber in diesem Falle selbst das Objekt einer Mache, deren Drahtzieher die Haase-Leute: Oskar Cohn, Dittmann und andere sind. Indem diese Leute in demagogischster Weise mit den beliebten Schlagworten »Einigkeit«, »kein Blutvergießen« arbeiten, suchen sie die Kampfenergie der Massen zu lähmen, Verwirrung zu säen und die entscheidende Revolutionskrise in einem faulen Kompromiß mit der Gegenrevolution aufzulösen.

Es ist für jeden, der nicht getäuscht werden will, klar, daß dieser Einigungsrummel, den die USP inszeniert hat, der denkbar größte Dienst ist, den man in der gegenwärtigen Situation den Ebert-Scheidemann erweisen konnte. Selbst in der Luft hängend, vor der waghalsigen Kraftprobe mit der Arbeiterschaft zitternd, von den schwankenden Truppen nur noch halb und widerwillig gestützt, von der Bourgeoisie mißtrauisch angeknurrt, erlebten die Verräter des Sozialismus in den letzten Tagen die schwersten Stunden ihrer kurzen Regierungsherrlich[keit]. Das wuchtige Auftreten der Massen auf der Straße, die Wendung, die die eigene brutale Provokation der Regierung in der Eichhorn-Sache [3] genommen hat, war diesen Abenteurern über den Kopf gewachsen. Schon gaben sie sich halb verloren: das zeigte deutlich die ganze Unentschlossenheit, die tastende Unsicherheit ihrer gegenrevolutionären Maßnahmen in den letzten Tagen.

Da kamen ihnen als rettende Frist die Unterhandlungen und schließlich die Einigungsbewegung. Die USP erwies sich hier wieder als der rettende Engel der Gegenrevolution. Haase-Dittmann sind von der Regierung Eberts zurückgetreten [4], aber sie setzen auf der Straße dieselbe Politik des Feigenblatts der Scheidemänner fort.

Und die Linke der USP unterstützt und macht diese Politik mit! Die Bedingungen für die neuerdings beschlossenen Unterhandlungen mit der Regierung, die von den revolutionären Obleuten angenommen wurden, sind von Ledebour formuliert. Man verlangt von dieser Seite als Preis für die Kapitulation der Arbeiter unter anderem den Rücktritt der Personen Eberts, Scheidemanns, Noskes und Landsbergs von der Regierung. Als ob es sich hier um Personen, nicht um eine bestimmte Politik handelte! Als ob es nicht auf eine bloße Verwirrung und Irreführung der Massen hinausliefe, die typischen und berufenen Vertreter der infamen Politik der Scheidemänner von der Vorderbühne wegzuschieben und durch irgendwelche farblose Statisten zu ersetzen, die nur Strohmänner derselben Politik bleiben, während die Ebert-Scheidemann hinter den Kulissen als Drahtzieher wirken und sich so dem Gericht der Massen entziehen!

So oder anders läuft die ganze von der USP eingeleitete, von den revolutionären Obleuten mitgemachte Unterhandlungspolitik auf eine Kapitulation der revolutionären Arbeiterschaft, auf Vertuschung der inneren Gegensätze und Widersprüche hinaus. Es ist die Politik des 9. November, auf die die seit acht Wochen gereifte Situation und politische Eintracht der Massen zurückgeschraubt werden soll!

Die Kommunistische Partei macht diese beschämende Politik selbstverständlich nicht mit und lehnt jede Verantwortung für sie ab. Wir betrachten nach wie vor als unsere Pflicht, die Sache der Revolution vorwärtszutreiben, uns allen Verwirrungsversuchen mit eiserner Energie entgegenzustellen und durch rücksichtslose Kritik die Massen vor den Gefahren der Zauderpolitik der revolutionären Obleute wie der Sumpfpolitik der USP zu warnen.

Die Krise der letzten Tage ruft den Massen Lehren von höchster Wichtigkeit und Dringlichkeit zu. Der bisherige Zustand der mangelnden Führung, des fehlenden Organisationszentrums der Berliner Arbeiterschaft ist unhaltbar geworden. Soll die Sache der Revolution vorwärts gehen, soll der Sieg des Proletariats, soll der Sozialismus mehr als ein Traum bleiben, dann muß sich die revolutionäre Arbeiterschaft führende Organe schaffen, die auf der Höhe sind, die die Kampfenergie der Massen zu leiten und zu nutzen verstehen. Vor allem aber muß die nächste Zeit der Liquidierung der USP, dieses verwesenden Leichnams gewidmet werden, dessen Zersetzungsprodukte die Revolution vergiften. Die Auseinandersetzung mit der Kapitalistenklasse gestaltet sich in Deutschland in erster Linie als Abrechnung mit den Scheidemann-Ebert, die die Schutzwand der Bourgeoisie sind. Und die Abrechnung mit den Scheidemännern setzt voraus die Liquidierung der USP, die als Schutzwand der Ebert-Scheidemann fungiert.

Klarheit, schärfster, rücksichtsloser Kampf allen Vertuschungs-, Vermittlungs-, Versumpfungsversuchen gegenüber, Zusammenballung der revolutionären Energie der Massen und Schaffung entsprechender Organe zu ihrer Führung im Kampfe – das sind die brennendsten Aufgaben der nächsten Periode, das sind die bedeutsamen Lehren aus den letzten fünf Tagen wuchtigster Anläufe der Massen und kläglichsten Versagens der Führer.


Fußnoten

1. Dieser Artikel ist nicht gezeichnet. Clara Zetkin nennt in ihrer Arbeit Um Rosa Luxemburgs Stellung zur russischen Revolution (Hamburg 1922) Rosa Luxemburg als Verfasserin.

2. Bei den Werktätigen in den Betrieben und bei den Soldaten hatten die Losungen „Einigung“, „Parität“ und „Kein Bruderkampf“, mit denen Sozialdemokraqten und Zentristen auftraten, großen widerhall gefunden.

3. Am 4. Januar 1919 war der Berliner Polizeipräsident Emil Eichhorn, der dem linken Flügel der USPD angehörte, von der sozialdemokratischen Regierung als abgesetzt erklärt worden. Damit sollten die revolutionären Arbeiter und Soldaten Berlins zu unvorbereiteten bewaffneten Kämpfen provoziert werden. Die revolutionären Obleute, die Berliner Leitung der USPD und die Zentrale der KPD riefen gemeinsam die Werktätigen und Soldaten zu Aktionen für die Rücknahme der Absetzung Emil Eichhorn, für die Entwaffnung der Konterrevolution und die Bewaffnung der Arbeiter auf. Hunderttausende demonstrierten am 5. Januar in Berlin, formierten sich in der Siegesallee und marschierten zum Polizeipräsidium.

4. Der Druck der Massenpßroteste in ganz Deutschland gegen das Wüten der konterrevolutionären Truppen und die revolutionsfeindliche Politik der Regierung sowie die Verschärfung der Auseinandersetzungen in der Regierung durch die Rechtssozialdemokraten hatten die Volksbeauftragten der USPD Emil Barth, Wilhelm dittmann und Hugo Haase gezwungen, am 29. Dezember 1918 aus der Regierung auszutreten. Dafür traten die rechten Sozialdemokraten Gustav Noske und Rudolf Wissell in das Kabinett ein.

https://www.marxists.org/deutsch/archiv/luxemburg/1919/01/versagen.htm

Kartenhäuser -(11. Januar 1919)

Kartenhäuser


Die Rote Fahne (Berlin), Nr. 13, 13.Januar 1919. [1]
Rosa Luxemburg, Gesammelte Werke, Bd. 4 (6. überarbeitete Auflage), Berlin 2000, S. 527–530.
Mit freundlicher Genehmigung des Karl Dietz Verlag Berlin.
Transkription/HTML-Markierung: Einde O’Callaghan für das Marxists’ Internet Archive.


 

Auf rauchenden Trümmern, zwischen Blutlachen und Leichen hingemordeter „Spartakisten“ beeilen sich die Helden der „Ordnung“, ihre Herrschaft neu zu befestigen. Die Ebert-Regierung rafft sich krampfhaft zu einer Konsolidierung ihrer Macht auf: auf Bajonetten will sie nunmehr sitzen. Ebert hält ganz nach Cäsarenmuster eine Revue der Gardetruppen ab und hält eine Ansprache an sie, stattet im Angesicht der Toten und Verwundeten auf dem Pflaster Berlins „den tapferen Truppen den Dank der Regierung“ ab, und weist ihnen als Aufgabe die Sicherung der Nationalversammlung mit Waffengewalt zu. Der „Oberbefehlshaber“ Noske nimmt in seinem Tagesbefehl vom 11. die alten bekannten Register der Hindenburg, von Kessel und all der Schergen des Hohenzollernregimes auf: „Im Osten plündern spartakistische Banden im Auto mit vorgehaltenem Revolver ein Haus ums andere ... Die letzte Maske, als handle es sich um eine politische Bewegung, ist gefallen, Raub und Plünderung entpuppt sich als letztes und einziges Ziel des Aufruhrs“ ... Die Geduld der Regierung sei erschöpft, und nun sollen die „starke Artillerie“ und die Maschinengewehre ihr Wort reden. „Die Einigkeit der Arbeiterklasse muß gegen Spartakus erfolgen“, schließt der blutbefleckte Emporkömmling.

So hoffen die Scheidemänner mit materieller Hilfe des gegenrevolutionären Militärs und mit moralischer Unterstützung des Bürgertums auf den Leichen der Berliner revolutionären Arbeiter ihre Regierungsgewalt neu aufzurichten.

Diese Rechnung hat aber ein Loch. Die Militärs, das Bürgertum, die heute den Ebert-Scheidemann aus der Patsche helfen, wollen selber die Früchte der blutigen Ernte genießen. Diese Elemente wollten die „sozialistische“ Regierung nur so lange unterstützen, als sie glauben konnten, durch die falsche Flagge die proletarischen Massen im Zaume halten zu können, durch „moralische“ Wirkung die Revolution, den Sozialismus zu erdrosseln. Nun ist der Bann gebrochen. Die letzte Woche hat den Abgrund aufgerissen, der zwischen der Ebertschen Regierung und der Revolution gähnt. Heute ist es klar, daß Ebert-Scheidemann nur durch Bajonette herrschen können. Ist dem aber so, dann will das Bajonett auch ohne Ebert-Scheidemann herrschen. Das Bürgertum geht aufs Ganze und schreit nach offener Proklamierung der Säbeldiktatur, nach gänzlicher Wiederherstellung der alten „Ordnung“:

„Die Aufrührer gehören vor das Standgericht oder in das Zuchthaus“ – ruft heiser die Tägliche Rundschau – „und ihnen gehört nicht die Freiheit ... Die Wiederherstellung von Ruhe und Ordnung muß bis ins Kleinste durchgeführt werden; die Polizei, die es seit dem 9. November kaum noch gegeben hat, muß in ihrem alten Umfange und in ihrer alten Bedeutung wiederhergestellt, die Schutzmannschaft muß wiederum bewaffnet und ihr Machtvollkommenheit zugewiesen werden.“

Gleichzeitig erklärt der Leiter der Noske-Garde, Oberst Reinhardt: er werde das Standrecht verhängen, er habe von niemand – auch nicht von der Regierung – Befehle entgegenzunehmen, er sei Soldat und habe selbständig zu bestimmen. Und das 3. Garde-Regiment erklärt auf eigene Faust, es sei „entschlossen“, die Nationalversammlung „mit Waffengewalt zustande zu bringen“. In Berlin und den Vororten nehmen Offiziere auf eigene Faust Verhaftungen vor.

So rebelliert das gegenrevolutionäre Offizierskorps gegen die Regierung Eberts und läßt sie deutlich verstehen, daß die Sache umgekehrt gemeint war: die Ebert-Scheidemann sollten für die Bourgeoisie Kastanien aus dem Feuer holen und nicht die Bourgeoisie für die Ebert-Scheidemann. Kommt es dazu, daß die Bourgeoisie die „sozialistische“ Regierung vor der revolutionären Arbeiterschaft retten muß, dann ist das Spiel aus, dann denkt die Bourgeoisie wohl nicht ohne Grund, daß sie für die Säbeldiktatur befähigtere Kandidaten hat als die Emporkömmlinge Ebert und Noske.

Auf der dritten Seite aber sucht die Haase-Partei die Krise zur Aufrichtung einer Koalitionsregierung „aller sozialistischen Richtungen“ zu verwerten, getreu der Feigenblattpolitik Haases alle inneren Widersprüche der Revolution im unterschiedslosen Brei zu ertränken, alle Gegensätze zu vertuschen, die Kampfenergie der Massen im faulen Kompromiß aufzulösen. Nur die „kompromittierten Führer“, die Ebert, Scheidemann, Landsberg, Noske, sollen von der Bühne abtreten, nur ein Personenwechsel soll stattfinden, die Scheidemannsche Politik aber soll nach wie vor am Ruder bleiben und mit ihr sollen „alle sozialistischen Richtungen“ eine gemeinsame Regierung bilden.

Da die „Spartakisten“ heute, angesichts der Leichen hingemordeter Proletarier, angesichts der Blutorgien der Scheidemänner, noch zehnmal mehr als je für diese erbärmlichste Politik des Kompromisses und des Verrats an der Sache der Revolution nur einen Blick der Verachtung und die geballte Faust übrig haben, so läuft die Phrase der Haase-Leute von der Koalition „aller sozialistischen Richtungen“ in Wirklichkeit auf die frühere bekannte Kombination: Scheidemänner und Unabhängige hinaus. Die Wiederauferstehung der Regierung Ebert-Haase unter neuen Personennamen: das ist alles, worauf der große „Einigungs“rummel der USP hinaus will. Und je kräftiger man auf die Ebert-Scheidemann heute in der „Freiheit“ schimpft, um so sicherer bereitet man unter dieser Scheinkanonade den schmählichen Umfall der USP vor, die trotz aller Lehren, trotzdem sie schon gezwungen war, am 28. Dezember das Kompaniegeschäft mit den Scheidemännern aufzugeben [2], einfach zu diesem Geschäft – nur unter anderen Firmenträgern – zurückkehren will.

So ergeben sich aus der gegenwärtigen Krise drei Kombinationen:

  • Die Ebert-Scheidemann wollen den status quo, ihre eigene Herrschaft auf Bajonette der Bourgeoisie gestützt weiter erhalten,
  • die USP will die Entwicklung auf den 9. November, auf eine Regierung Ebert-Haase unter anderem Namen zurückschrauben,
  • die Bourgeoisie endlich will die Dinge auf den Stand vor dem 9. November, auf die nackte Säbeldiktatur rückwärtsrevidieren.

Alle drei Kombinationen sind Kartenhäuser schon deshalb, weil sie alle drei auf überholte, überwundene Etappen hinauslaufen. Die Revolution läßt sich nicht zurückschrauben, nicht zurückrevidieren, weder auf den 9. November noch viel weniger auf die schönen Zeiten vor dem 9. November, und ebensowenig läßt sie sich unter Eberts Zepter auf einem toten Punkt festnageln.

Der ganze politische Sinn und historische Inhalt der Krise dieser letzten Woche liegt gerade darin, daß die Revolution durch ihre innere Kraft und logische Entwicklung vorwärtsgetrieben wird, um mit der Machteroberung des Proletariats, mit der Verwirklichung des Sozialismus Ernst zu machen, während sich ihr heute noch hemmende Momente auf Schritt und Tritt in den Weg stellen. Mögen diese gegnerischen Kräfte für den Augenblick durch rohe Gewaltmittel Oberhand gewinnen: den weiteren Entwicklungsgang, den Siegeszug der Revolution aufzuhalten, sind sie völlig machtlos.

Und das kommt am besten in der Tatsache zum Ausdruck, daß keine einzige Kombination auf den Trümmern dieser Woche aufgerichtet werden kann, die von irgendwelcher Dauerhaftigkeit wäre. Was auch morgen oder übermorgen als Ergebnis und Lösung der Krise zustande kommen mag: es wird ein Provisorium, es wird ein Kartenhaus sein. Mag die nackte Gewalt der Maschinengewehre oder die Zweideutigkeit des Verschleierungsplanes der USP die Oberhand gewinnen, – nach kürzester Zeit werden die Urgewalten der Revolution: die wirtschaftlichen Kämpfe, einen Strich durch all diese Rechnungen machen. Die Revolution wird wieder und immer wieder das Grundproblem: die Generalabrechnung zwischen Arbeit und Kapital auf die Tagesordnung stellen. Und diese Abrechnung ist eine welthistorische Auseinandersetzung zwischen zwei Todfeinden, die nur in einem langen Machtkampf, Auge in Auge, Brust gegen Brust ausgefochten werden kann.

Kaum werden die Trümmer und die Leichen dieser jüngsten Episode hinweggetragen werden, tritt die Revolution an diese ihre unermüdliche Tagesarbeit wieder. Die „Spartakisten“ gehen ihren Weg mit unerschütterlicher Festigkeit weiter. Die Zahl der von ihnen gebrachten Opfer wächst mit jeder Woche, die Zahl ihrer Anhänger wächst aber hundertfach. Unter dem Belagerungszustand des Krieges füllten sie Gefängnisse und Zuchthäuser, unter der „sozialistischen“ Regierung Ebert-Scheidemann füllen sie die Gräber im Friedrichshain. Aber um die Fahne des rücksichtslosen revolutionären Kampfes scharen sich immer dichter die Massen des Proletariats. Mögen sich momentan einzelne Schichten von der Demagogie und der Phrase der „Einigung“ berauschen und einfangen lassen: desto fester und treuer werden sie morgen schon, nach neuer Enttäuschung und Ernüchterung wieder zu der einzigen Partei stehen, die keine Kompromisse, keine Schwankungen kennt, die ihren historisch vorgezeichneten Weg geht, ohne nach rechts oder nach links zu schauen, ohne den Feind und die Gefahren zu zählen – bis zum Siege.


Fußnoten

1. Dieser Artikel ist nicht gezeichnet. Clara Zetkin nennt in ihrer Arbeit Um Rosa Luxemburgs Stellung zur russischen Revolution (Hamburg 1922) Rosa Luxemburg als Verfasserin.

2. Der Druck der Massenpßroteste in ganz Deutschland gegen das Wüten der konterrevolutionären Truppen und die revolutionsfeindliche Politik der Regierung sowie die Verschärfung der Auseinandersetzungen in der Regierung durch die Rechtssozialdemokraten hatten die Volksbeauftragten der USPD Emil Barth, Wilhelm dittmann und Hugo Haase gezwungen, am 29. Dezember 1918 aus der Regierung auszutreten. Dafür traten die rechten Sozialdemokraten Gustav Noske und Rudolf Wissell in das Kabinett ein.

 

https://www.marxists.org/deutsch/archiv/luxemburg/1919/01/karten.htm

Les textes de janvier 1919 de Rosa Luxemburg

Die Ordnung herrscht in Berlin -(14. Januar 1919)

14. Jan 1919

Die Ordnung herrscht in Berlin


Die Rote Fahne (Berlin), Nr. 14, 14. Januar 1919.
Rosa Luxemburg, Gesammelte Werke, Bd. 4 (6. überarbeitete Auflage), Berlin 2000, S. 531–536.
Mit freundlicher Genehmigung des Karl Dietz Verlag Berlin.
Transkription/HTML-Markierung: Einde O’Callaghan für das Marxists’ Internet Archive.


 

„Ordnung herrscht in Warschau!“ teilte der Minister Sebastiani im Jahre 1831 in der Pariser Kammer mit, als Paskiewitschs Soldateska nach dem furchtbaren Sturm auf die Vorstadt Praga in der polnischen Hauptstadt eingerückt war und ihre Henkerarbeit an den Aufständischen begonnen hatte.

„Ordnung herrscht in Berlin!“ verkündet triumphierend die bürgerliche Presse, verkünden Ebert und Noske, verkünden die Offiziere der „siegreichen Truppen“, denen der Berliner kleinbürgerliche Mob in den Straßen mit Tüchern winkt, mit Hurra! zujubelt. Der Ruhm und die Ehre der deutschen Waffen sind vor der Weltgeschichte gerettet. Die jämmerlich Geschlagenen von Flandern und den Argonnen haben ihren Ruf wiederhergestellt durch den glänzenden Sieg – über die 300 „Spartakisten“ im Vorwärts. [1] Die Zeiten des ersten ruhmreichen Eindringens deutscher Truppen in Belgien, die Zeiten Generals von Emmich, des Bezwingers von Lüttich, erblassen vor den Taten der Reinhardt und Gen. in den Straßen Berlins. Niedergemetzelte Parlamentäre, die über die Übergabe des Vorwärts verhandeln wollten und von der Regierungs-Soldateska mit Kolben bis zur Unkenntlichkeit zugerichtet wurden, so daß die Rekognoszierung ihrer Leichen unmöglich ist, Gefangene, die an die Wand gestellt und in einer Weise hingemordet werden, daß Schädel und Hirn herumspritzen: Wer denkt da noch angesichts so glorreicher Taten an die schmählichen Niederlagen vor den Franzosen, Engländern und Amerikanern? „Spartakus“ heißt der Feind und Berlin der Ort, wo unsere Offiziere zu siegen verstehen. Noske, der „Arbeiter“, heißt der General, der Siege zu organisieren weiß, wo Ludendorff versagt hat.

Wer denkt da nicht an den Siegesrausch der „Ordnungs“meute in Paris, an das Bacchanal der Bourgeoisie auf den Leichen der Kommunekämpfer, derselben Bourgeoisie, die eben erst vor den Preußen erbärmlich kapituliert und die Hauptstadt des Landes dem äußeren Feinde preisgegeben hatte, um selbst, wie die letzten Feiglinge, Fersengeld zu geben! Aber gegen die schlecht bewaffneten ausgehungerten Pariser Proletarier, gegen ihre wehrlosen Weiber und Kinder – wie flammte da wieder der Mannesmut der Bourgeoissöhnchen, der „goldenen Jugend“, der Offiziere auf! Wie tobte sich da die Tapferkeit der vor dem äußeren Feind zusammengeknickten Marssöhne in bestialischen Grausamkeiten an Wehrlosen, an Gefangenen, an Gefallenen aus!

„Ordnung herrscht in Warschau!“ „Ordnung herrscht in Paris!“ „Ordnung herrscht in Berlin!“ So laufen die Meldungen der Hüter der „Ordnung“ jedes halbe Jahrhundert von einem Zentrum des weltgeschichtlichen Kampfes zum anderen. Und die frohlockenden „Sieger“ merken nicht, daß eine „Ordnung“, die periodisch durch blutige Metzeleien aufrechterhalten werden muß, unaufhaltsam ihrem historischen Geschick, ihrem Untergang entgegengeht. Was war diese letzte „Spartakus-Woche“ in Berlin, was hat sie gebracht, was lehrt sie uns? Noch mitten im Kampf, mitten im Siegesgeheul der Gegenrevolution müssen sich die revolutionären Proletarier über das Geschehene Rechenschaft ablegen, die Vorgänge und ihre Ergebnisse am großen historischen Maßstab messen. Die Revolution hat keine Zeit zu verlieren, sie stürmt weiter – über noch offene Gräber, über „Siege“ und „Niederlagen“ hinweg – ihren großen Zielen entgegen. Ihren Richtlinien, ihren Wegen mit Bewußtsein zu folgen, ist die erste Aufgabe der Kämpfer für den internationalen Sozialismus.

War ein endgültiger Sieg des revolutionären Proletariats in dieser Auseinandersetzung, war der Sturz der Ebert-Scheidemann und eine Aufrichtung der sozialistischen Diktatur zu erwarten? Gewiß nicht, wenn man alle Momente reiflich in Betracht zieht, die über die Frage entscheiden. Die wunde Stelle der revolutionären Sache in diesem Augenblick: die politische Unreife der Soldatenmasse, die sich immer noch von ihren Offizieren zu volksfeindlichen gegenrevolutionären Zwecken mißbrauchen läßt, ist allein schon ein Beweis dafür, daß ein dauernder Sieg der Revolution in diesem Zusammenstoß nicht möglich war. Andererseits ist diese Unreife des Militärs selbst nur ein Symptom der allgemeinen Unreife der deutschen Revolution.

Das platte Land, aus dem ein großer Prozentsatz der Soldatenmasse stammt, ist nach wie vor noch von der Revolution kaum berührt. Berlin ist bislang noch vom Reich so gut wie isoliert. Zwar stehen in der Provinz die revolutionären Zentren – im Rheinland, an der Wasserkante, in Braunschweig, in Sachsen, in Württemberg – mit Leib und Seele auf seiten des Berliner Proletariats. Doch fehlt vorerst noch der unmittelbare Gleichschritt des Vormarsches, die direkte Gemeinsamkeit der Aktion, die den Vorstoß und die Schlagfertigkeit der Berliner Arbeiterschaft unvergleichlich wirksamer gestalten würde. Sodann sind – was nur der tiefere Zusammenhang jener politischen Unfertigkeiten der Revolution – die wirtschaftlichen Kämpfe, die eigentliche vulkanische Quelle, die den revolutionären Klassenkampf fortlaufend speist – erst im Anfangsstadium begriffen.

Aus alledem ergibt sich, daß auf einen endgültigen dauernden Sieg in diesem Augenblick noch nicht gerechnet werden konnte. War deshalb der Kampf der letzten Woche ein „Fehler“? Ja, wenn es sich überhaupt um einen absichtlichen „Vorstoß“, um einen sogenannten „Putsch“ handeln würde! Was war aber der Ausgangspunkt der letzten Kampfwoche? Wie in allen bisherigen Fällen, wie am 6. Dezember [2], wie am 24. Dezember [3]: eine brutale Provokation der Regierung! Wie früher das Blutbad gegen wehrlose Demonstranten in der Chausseestraße, wie die Metzelei gegen die Matrosen, so war diesmal der Anschlag gegen das Berliner Polizeipräsidium [4] die Ursache aller weiteren Ereignisse. Die Revolution operiert eben nicht aus freien Stücken, in einem offenen Blachfeld, nach einem schlau von „Strategen“ zurechtgelegten Plan. Ihre Gegner haben auch die Initiative, ja, sie üben sie in der Regel viel mehr, als die Revolution selbst, aus.

Vor die Tatsache der frechen Provokation seitens der Ebert-Scheidemann gestellt, war die revolutionäre Arbeiterschaft gezwungen, zu den Waffen zu greifen. Ja, es war Ehrensache der Revolution, sofort den Angriff mit aller Energie abzuschlagen, sollte nicht die Gegenrevolution zu weiterem Vordringen ermuntert, die revolutionären Reihen des Proletariats, der moralische Kredit der deutschen Revolution in der Internationale erschüttert werden.

Der sofortige Widerstand kam auch spontan mit einer so selbstverständlichen Energie aus den Berliner Massen heraus, daß gleich im ersten Anlauf der moralische Sieg auf seiten der „Straße“ blieb.

Nun ist es inneres Lebensgesetz der Revolution, nie beim erreichten Schritt in Untätigkeit, in Passivität stehenzubleiben. Die beste Parade ist ein kräftiger Hieb. Diese elementare Regel jeden Kampfes beherrscht erst recht alle Schritte der Revolution. Es versteht sich von selbst und zeugt von dem gesunden Instinkt, von der inneren frischen Kraft des Berliner Proletariats, daß es sich nicht bei der Wiedereinsetzung Eichhorns in sein Amt beruhigte, daß es spontan zur Besetzung anderer Machtposten der Gegenrevolution: der bürgerlichen Presse, des offiziösen Nachrichtenbüros, des Vorwärts schritt. Alle diese Maßnahmen ergaben sich bei der Masse aus der instinktiven Erkenntnis, daß sich die Gegenrevolution ihrerseits bei der davongetragenen Niederlage nicht beruhigen, sondern auf eine allgemeine Kraftprobe ausgehen wird.

Auch hier stehen wir vor einem der großen historischen Gesetze der Revolution, gegen die alle Klügeleien und Besserwissereien jener kleinen „Revolutionäre“ vom Schlage der USP zerschellen, die in jedem Kampfe nur nach Vorwänden zum Rückzug haschen. Sobald das Grundproblem der Revolution klar aufgestellt worden ist – und das ist in dieser Revolution der Sturz der Regierung Ebert-Scheidemann als des ersten Hindernisses für den Sieg des Sozialismus –, dann taucht dieses Grundproblem immer wieder in seiner ganzen Aktualität auf, und jede einzelne Episode des Kampfes rollt mit der Fatalität eines Naturgesetzes das Problem in seinem vollen Umfang auf, mag die Revolution zu seiner Lösung noch so unvorbereitet, mag die Situation noch so unreif sein. „Nieder mit Ebert-Scheidemann!“ – diese Losung taucht unausweichlich in jeder Revolutionskrise auf, als die einzig erschöpfende Formel aller partiellen Konflikte, und treibt dadurch von selbst, durch ihre innere objektive Logik, ob man es will oder nicht, jede Kampfepisode auf die Spitze.

Aus diesem Widerspruch zwischen der Zuspitzung der Aufgabe und den mangelnden Vorbedingungen zu ihrer Lösung in einer anfänglichen Phase der revolutionären Entwicklung ergibt sich, daß die Einzelkämpfe der Revolution formell mit einer Niederlage enden. Aber die Revolution ist die einzige Form des „Krieges“ – auch dies ihr besonderes Lebensgesetz –, wo der Endsieg nur durch eine Reihe von „Niederlagen“ vorbereitet werden kann!

Was zeigt uns die ganze Geschichte der modernen Revolutionen und des Sozialismus? Das erste Aufflammen des Klassenkampfes in Europa: der Aufruhr der Lyoner Seidenweber 1831, endete mit einer schweren Niederlage. Die Chartistenbewegung in England – mit einer Niederlage. Die Erhebung des Pariser Proletariats in den Junitagen 1848 endete mit einer niederschmetternden Niederlage. Die Pariser Kommune endete mit einer furchtbaren Niederlage. Der ganze Weg des Sozialismus ist – soweit revolutionäre Kämpfe in Betracht kommen – mit lauter Niederlagen besät. Und doch führt diese selbe Geschichte Schritt um Schritt unaufhaltsam zum endgültigen Siege! Wo wären wir heute ohne jene „Niederlagen“, aus denen wir historische Erfahrung, Erkenntnis, Macht, Idealismus geschöpft haben! Wir fußen heute, wo wir unmittelbar bis vor die Endschlacht des proletarischen Klassenkampfes herangetreten sind, geradezu auf jenen Niederlagen, deren keine wir missen dürfen, deren jede ein Teil unserer Kraft und Zielklarheit ist.

Es ist da mit Revolutionskämpfen das direkte Gegenteil der parlamentarischen Kämpfe. Wir hatten in Deutschland binnen vier Jahrzehnten lauter parlamentarische „Siege“, wir schritten geradezu von Sieg zu Sieg. Und das Ergebnis war bei der großen geschichtlichen Probe am 4. August 1914: eine vernichtende politische und moralische Niederlage, ein unerhörter Zusammenbruch, ein beispielloser Bankerott. Die Revolutionen haben uns bis jetzt lauter Niederlagen gebracht, aber diese unvermeidlichen Niederlagen häufen gerade Bürgschaft auf Bürgschaft des künftigen Endsieges.

Allerdings unter einer Bedingung! Es fragt sich, unter welchen Umständen die jeweilige Niederlage davongetragen wurde: Ob sie sich dadurch ergab, daß die vorwärtsstürmende Kampfenergie der Massen an die Schranke der mangelnden Reife der historischen Voraussetzungen geprallt, oder aber dadurch, daß die revolutionäre Aktion selbst durch Halbheit, Unentschlossenheit, innere Schwächen gelähmt war.

Klassische Beispiele für beide Fälle sind einerseits die französische Februarrevolution, andererseits die deutsche Märzrevolution. Die heldenmütige Aktion des Pariser Proletariats im Jahre 1848 ist der lebendige Quell der Klassenenergie für das ganze internationale Proletariat geworden. Die Jämmerlichkeiten der deutschen Märzrevolution hingen der ganzen modernen deutschen Entwicklung wie eine Fußkugel an. Sie wirkten durch die besondere Geschichte der offiziellen deutschen Sozialdemokratie bis in die jüngsten Vorgänge der deutschen Revolution – bis in die eben erlebte dramatische Krise nach.

Wie erscheint die Niederlage dieser sogenannten „Spartakuswoche“ im Lichte der obigen historischen Frage? War sie eine Niederlage aus stürmender Revolutionsenergie und unzulänglicher Reife der Situation, oder aber aus Schwächlichkeit und Halbheit der Aktion?

Beides! Der zwiespältige Charakter dieser Krise, der Widerspruch zwischen dem kraftvollen, entschlossenen offensiven Auftreten der Berliner Massen und der Unentschlossenheit, Zaghaftigkeit, Halbheit der Berliner Führung ist das besondere Kennzeichen dieser jüngsten Episode.

Die Führung hat versagt. Aber die Führung kann und muß von den Massen und aus den Massen heraus neu geschaffen werden. Die Massen sind das Entscheidende, sie sind der Fels, auf dem der Endsieg der Revolution errichtet wird. Die Massen waren auf der Höhe, sie haben diese „Niederlage“ zu einem Glied jener historischen Niederlagen gestaltet, die der Stolz und die Kraft des internationalen Sozialismus sind. Und darum wird aus dieser „Niederlage“ der künftige Sieg erblühen.

„Ordnung herrscht in Berlin!“ Ihr stumpfen Schergen! Eure „Ordnung“ ist auf Sand gebaut. Die Revolution wird sich morgen schon „rasselnd wieder in die Höh’ richten“ und zu eurem Schrecken mit Posaunenklang verkünden:

Ich war, ich bin, ich werde sein!


Fußnoten

1. Am 11. Januar 1919 mussten sich die Arbeiter und Soldaten, die am 5. Januar aus Protest gegen die Absetzung Eichhorns das Vorwärts-Gebäude besetzt hatten, nach heldenhaftem Widerstand den zahlenmäßig und technisch überlegenen konterrevolutionären Truppen ergeben. Parlamentäre, die die Besatzung zu Übergabeverhandlungen hinausgeschickt hatte, wurden bestialisch misshandelt und ermordet. Die 300 Revolutionäre, die die Waffen strecken mussten, wurden mit Peitschen und Gewehrkolben misshandelt; einige wurden erschossen.

2. Organisiert vom sozialdemokratischen Stadtkommandanten Otto Wels, dem Generalkommando des Gardekorps, dem Kriegsministerium und dem Auswärtigen Amt, hatten am 6. Dezember 1918 von reaktionären Offizieren geführte Truppenteile einen Putschversuch unternommen. Sie verhafteten den Vollzugsrat der Berliner Arbeiter- und Soldatenräte, besetzten die Redaktion der Roten Fahne, riefen Friedrich Ebert zum Präsidenten und schossen in der Chausseestraße in eine unbewaffnete Demonstration, wobei sie 14 Personen töteten und weitere 30 verwundeten.

3. Am 24. Dezember 1918 hatten konterrevolutionäre Truppen unter Führung von Generalleutnant Arnold Lequis die Volksmarinedivision in Schloss und Marstall in Berlin mit Artillerieunterstützung angegriffen. Dabei fanden 11 Matrosen und 56 Soldaten der Lequis-Truppen den tod. Die kämpfenden Matrosen erhielten Waffenhilfe durch die berliner Arbeiter. Dadurch brach der Angriff zusammen.

4. Am 4. Januar 1919 war der Berliner Polizeipräsident Emil Eichhorn, der dem linken Flügel der USPD angehörte, von der sozialdemokratischen Regierung als abgesetzt erklärt worden. Damit sollten die revolutionären Arbeiter und Soldaten Berlins zu unvorbereiteten bewaffneten Kämpfen provoziert werden. Die revolutionären Obleute, die Berliner Leitung der USPD und die Zentrale der KPD riefen gemeinsam die Werktätigen und Soldaten zu Aktionen für die Rücknahme der Absetzung Emil Eichhorn, für die Entwaffnung der Konterrevolution und die Bewaffnung der Arbeiter auf. Hunderttausende demonstrierten am 5. Januar in Berlin, formierten sich in der Siegesallee und marschierten zum Polizeipräsidium.

 

https://www.marxists.org/deutsch/archiv/luxemburg/1919/01/ordnung.htm

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28 décembre 2025 7 28 /12 /décembre /2025 19:02

Vers le bicentenaire de la naissance de Wilhelm Liebknecht - Textes et documents

Auguste Bebel. Souvenirs de ma vie (1) - P 123/125

Leur rencontre en 1865 - Un portrait

Issu de August Bebel,« Souvenirs de ma vie », Editions Les bons caractères       

 "C’était un homme de fer avec une âme d’enfant". Wilhelm Liebknecht vu par Bebel

Liebknecht ainsi que Bernhard Becker furent expulsés de Prusse en juillet 1865. Depuis l’été 1862, Liebknecht était revenu à Berlin, après 13 ans d’exil. L’amnistie de 1860 le lui permettait. Il obéissait à l’appel du vieux révolutionnaire August Brass, dont en même temps qu’Engels il avait fait la connaissance en Suisse, et qui, comme il a déjà été dit, avait fondé à Berlin, à l’été 1862 un journal démocratique grand-allemand, le Journal général de l’Allemagne du Nord. Pour la rédaction, on avait recruté Robert Schweichel et Liebknecht, ce dernier pour la politique étrangère. Aucun des deux n’avait le moindre doute sur la personnalité de Brass : n’avait-il pas fait partie des révolutionnaires les plus radicaux ? Mais, lorsqu’en septembre 1862 Bismarck devint ministre-président, tous deux découvrirent bien vite que quelque chose n’allait pas. Le soupçon se confirma lorsqu’un jour le hasard voulut que Schweichel reçoive pour Brass, d’un coursier du ministère un texte dont le contenu, comme le signala le coursier, devait être immédiatement publié. Tous deux démissionnèrent et quittèrent la rédaction. Comme Liebknecht le déclarait publiquement à l’occasion, un an après qu’ils avaient quitté  le Journal de l’Allemagne du Nord, Lassalle lui reprochait encore d’avoir renoncé à sa situation. Liebknecht, qui à l’époque, avait une femme et deux enfants qu’il avait fait venir de Londres à Berlin, gagnait maintenant sa vie comme correspondant pour plusieurs journaux. Lorsque je fis sa connaissance, il écrivait entre autres pour le Courrier du Haut-Rhin de Fribourg en Bade, pour le Quotidien démocratique de Rechbauer à Graz et pour l’Hebdomadaire allemand de Mannheim, dont il ne touchait cependant presque pas d’honoraires. Il faisait des conférences publiques, en particulier dans les associations berlinoises des typographes et dans celles des tailleurs, mais aussi dans des assemblées populaires et ouvrières où il combattait la politique de Bismarck, politique dont il considérait que J.B. von Schweitzer, le rédacteur du Social-Démokrat, était l’écuyer.

Après son expulsion, il alla d’abord à Hanovre, où Schweichel avait trouvé une place de rédacteur aux Annonces du Hanovre. Mais comme il n’y avait rien pour lui, il alla à Leipzig où, un jour, début août, il me fut présenté par Eras, qui était à l’époque rédacteur du Journal populaire de l’Allemagne du Centre. Liebknecht, dont je connaissais par les journaux l’activité et l’expulsion, m’intéressait bien sûr très vivement. Il avait quarante ans, mais possédait le feu et la vitalité d’un jeune homme. Tout de suite après nous être salués, nous entamâmes une discussion politique dans laquelle il attaqua et caractérisa avec une telle véhémence et une telle brutalité le Parti du progrès, et en particulier ses chefs, que moi qui pourtant ne voyait plus en eux de petits saints, j’en restais tout interdit. Cependant, c’était un être d’exception et sa rudesse ne nous empêcha pas de devenir amis.

Pour nous en Saxe, Liebknecht arrivait à point. En juillet, à la conférence régionale de Glauchau, nous avions décidé d’envoyer des prédicateurs itinérants. Mais c’était plus facile à dire qu’à faire, car on n’avait pas les personnes adéquates, dont le mode de vie permettait une telle activité. Liebknecht se mit volontiers à notre disposition pour ces tournées de conférences. Dans l’association d’éducation ouvrière aussi, il était le bienvenu comme conférencier, et bientôt ses conférences furent les plus fréquentées de toutes. De plus, dans l’association, d’éducation, il se chargea des cours d’anglais et de français. Il parvint ainsi peu à peu à gagner sa vie, à vrai dire très modestement. Néanmoins, comme je l’appris plus tard, il était obligé de vendre au bouquiniste plus d’un bon livre. Sa situation empira encore du fait que sa (première) femme était poitrinaire et aurait eu besoin de soins sérieux. De l’extérieur, on ne remarquait pas que Liebknecht avait des soucis, à le voir et à l’entendre, on ne pouvait s’empêcher de croire qu’il se trouvait dans une situation satisfaisante.

Il fit sa première tournée de propagande dans l’Erzgzbirge inférieur, en particulier dans les villages ouvriers du Mülsengrund, ce qui lui permit de préparer sa future candidature au Parlement de l’Allemagne du Nord. Comme j’entreprenais moi aussi souvent des voyages de propagande et qu’à partir de là, nous avions la plupart du temps des attitudes communes dans toutes les questions politiques, nos noms furent de plus en plus cités en public, au point que l’on nous considéra en fin de compte comme inséparables. Cela alla si loin que, lorsque dans la deuxième moitié des années 70, un camarade devint mon associé, il nous arrivait parfois des lettres d’affaires adressées non pas à Issleib&Bebel, mais à Liebknecht&bebel, ce qui à chaque fois nous faisait rire.

Dans ces pages, j’aurai assez souvent à mentionner Liebknecht, mais je ne peux pas donner ici une description de sa vie. Quiconque s’y intéressera trouvera de plus amples détails dans le livre Le procès pour haute trahison contre Liebknecht, Bebel et Hepner, et dans la brochure de Kurt Eisner Wilhelm Liebknecht. Ces deux publications sont parues à la librairie Vorwärts.

Son tempérament de combattant né était porté par un optimisme inébranlable, sans lequel on ne peut atteindre de grands objectifs. Aucun coup, aussi dur soit-il, porté contre lui ne pouvait un seul instant le décourager ou lui faire perdre son sang-froid. Rien ne le décontenançait, il savait toujours comment s’en sortir. Contre les attaques des adversaires, sa devise était : à coquin, coquin et demi. Intraitable et brutal face aux adversaires, face aux amis et aux camarades il était toujours un bon camarade, qui cherchait à aplanir les oppositions existantes. 

… C’était un homme de fer avec une âme d’enfant. Lorsque Liebknecht mourut, le 7 août 1900, il y avait trente-cinq ans jour pour jour que nous avions fait connaissance.

 "C’était un homme de fer avec une âme d’enfant". Wilhelm Liebknecht vu par Bebel
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20 décembre 2025 6 20 /12 /décembre /2025 12:34

Nous nous acheminons vers la célébration du bicentenaire de la naissance de Wilhelm Liebknecht. Le blog a déjà commencé la publication de textes, en particulier en français, ceux-ci sont presque inexistants sur  le net. Ce texte en allemand est issu du site marxist.org.

Traduction avec l'aide de deepl. Merci de toute amélioration

D.V.P.

Note originelle à propos de ce texte : "1. Le 18 mars de cette année, Wilhelm Liebknecht quitte la prison. À cette date paraîtra un ouvrage commémoratif intitulé  « Zum Jubeljahr der Märzrevolution » (À l'occasion du centenaire de la révolution de mars), qu'il a rédigé l'été d’avant à la demande de la direction du parti. Grâce à l'aimable autorisation de l'éditeur (librairie Vorwärts, Berlin), nous sommes en mesure de proposer à nos lecteurs la conclusion de cet ouvrage intéressant.

Contexte biographique : " En 1895, [Wilhelm Liebknecht] fut condamné à quatre mois de prison pour crime de lèse-majesté. Il purgea cette peine en 1897-1898 à la prison de Plötzensee et à sa sortie, qui coïn­cidait avec le cinquantième anniversaire de la révolution de 1848, les ouvriers ber­linois firent un accueil triomphal à celui que l’on appelait, mi-respectueusement, mi-affectueusement, le « vieux » du parti. Le 29 juillet 1900, il prononça son dernier grand discours, à Dresde, par lequel il condamna la politique navale du Reich, flétrit la rapacité des puissances impérialistes et répondit au discours de Guil­laume II, prononcé deux jours plus tôt, qui devint tristement célèbre sous le vocable Hunnenrede. Huit jours plus tard, il mourut pendant son sommeil. Sa mort souleva une émotion immense, tant en Allemagne qu’en Europe" cf. Maitron

Texte inédit en français de Wilhelm Liebknecht. "La révolution est morte. Vive la révolution !" 1898

... Pas de doute : la révolution était morte ! Morte et mise en bière ou ensevelie sans autre forme de procès. À Berlin, étranglée et enterrée sans combat et sans bruit. À Vienne, réduite en poussière et en plomb et ensevelie sans autre forme de procès — à Rastatt, Mannheim, Fribourg, fusillée et ensevelie sans autre forme de procès. À Francfort, plus de parlement, et le Bundestag se remettant à son ancien travail de bourreau et de sbire. À Vienne et à Berlin, le triumvirat : la soldatesque, la police, le clergé (ici tondu, là coiffé). À Berlin et à Vienne, les orgies sauvages de la soif de puissance dynastique au détriment du peuple allemand et de la patrie. Les constitutions sont brisées et remplacées par des caprices réactionnaires et l'arbitraire imposés au peuple soumis — la presse est détruite, ce qui ne mérite pas d'être détruit est bâillonné, le droit d'association est transmis avec une corde autour du cou de la servilité ambitieuse des fonctionnaires – l'Allemagne redevenue un cimetière, comme après la guerre de Trente Ans – partout la paix des cimetières. Du cimetière et de la prison. Et comme elles étaient pleines, les prisons ! – car ceux qui, parmi les plus nobles de la nation, n'avaient pas trouvé la mort derrière les barricades, sur les champs de bataille, dans les tranchées dderrière les tas de sable, ou qui ne s'étaient pas enfuis à l’étranger, remplissaient les prisons.

C'était l'époque de la réaction la plus sombre, comme le déplorait alors la démocratie bourgeoise vaincue, sans se douter qu'avant la fin du quart de siècle, elle-même – à quelques rares exceptions près – applaudirait un régime réactionnaire et y participerait, un régime à côté duquel cette « réaction la plus sombre » apparaîtrait presque comme une ère libérale.

Ce miracle fut accompli par une autre révolution, une révolution plus grande et plus profonde que celles qui avaient échoué à Vienne, Berlin, Dresde, Baden et dans le Palatinat.

Par un étrange concours de circonstances, la fin de la révolution de mars marqua le début d'une nouvelle révolution, qui recelait en elle-même des forces de renversement et de création bien plus puissantes. La révolution politique fut suivie d'une révolution économique qui, sur le moments, favorisa les ennemis de la révolution politique et encouragea la réaction, mais qui, dans le même temps, sapa et emporta les fondements sur lesquels reposait la réaction et donna naissance à une force qui renversera l’Empire de la réaction et rendra

Selon la conception matérialiste du monde et de l'histoire de la social-démocratie – dite matérialiste parce qu'elle rejette les facteurs suprasensibles et extrasensoriels –, les formes et les institutions politiques et sociales sont conditionnées par les formes et les modes de travail nécessaires à la subsistance des êtres humains. Une société dans laquelle les outils de travail (arc et flèches, filets, métier à tisser, fuseau, branche d'arbre carbonisée servant de soc de charrue) sont si simples que tout le monde peut les fabriquer, et les méthodes de travail si faciles que tout le monde peut les apprendre, doit avoir une forme différente d'une société dans laquelle les outils de travail sont si variés et si sophistiqués que seuls quelques-uns peuvent les fabriquer et les acquérir. Un peuple de bergers ne peut pas avoir les mêmes institutions étatiques et sociales qu'un peuple d'agriculteurs, ni un peuple d'agriculteurs qu'un peuple industriel. Le remplacement des formes de production dépassées par des formes plus efficaces entraîne également la nécessité de modifier les institutions étatiques et sociales. La révolution anglaise du XVIIe siècle et la révolution française du XVIIIe siècle ont été le résultat du dépassement du mode de production féodal médiéval par le mode de production bourgeois. Mais le bouleversement économique le plus important et le plus profond de tous les temps est sans doute celui provoqué par le capitalisme moderne. Il a détruit l'ancienne structure sociale bien plus profondément que la Révolution française n'a détruit la structure de l'État. Il a séparé le travail des moyens de production à tel point que seule une infime minorité possède ces moyens et que la masse des gens est condamnée à être au service de cette minorité ; en concentrant les moyens de production entre quelques mains, il a augmenté de manière gigantesque le rendement du travail et condamné les masses à la misère ; il a, au nom de la propriété, dépouillé de sa propriété l'immense majorité du peuple ; dans sa soif vorace de main-d'œuvre exploitable, il a traîné les enfants et les femmes dans les usines, dissout les familles, bouleversé la population à tel point que les migrations des peuples au début de l'ère chrétienne sont insignifiantes par rapport à la grande migration de peuples du capitalisme, qui, rien qu'en Allemagne, a poussé au moins 10 millions de personnes à quitter la campagne pour la ville au cours des trois dernières décennies, sans parler de la migration vers l'étranger, qui se compte également en millions. L'Allemagne, qui était à la fin des années 40 un pays agricole – 3/5 des habitants de la Confédération allemande et 2/3 des habitants de la Prusse vivaient à la campagne – est aujourd'hui un pays industriel avec une population majoritairement urbaine ; et la grande entreprise capitaliste, qui n'en était alors qu'à ses débuts dispersés en Rhénanie-Westphalie – dans les deux autres centres industriels de l'Allemagne, la Saxe et la Silésie, c'était l'artisanat qui dominait –, a aujourd'hui surpassé, supplanté et condamné à disparaître la petite entreprise bourgeoise dans toute l'Allemagne. Une révolution matérielle aussi gigantesque devait bien sûr entraîner une révolution dans les esprits. Les anciens slogans et mots d'ordre ont perdu leur signification, les anciens principes des partis se sont estompés, les anciens idéaux des partis se sont effacés. La bourgeoisie est devenue différente.

Jusqu'à la fin des années 1840, la bourgeoisie allemande, depuis qu'elle s'était éveillée à la vie politique, avait été libérale et démocratique. L'expression « liberté bourgeoise » correspondait à la notion de liberté politique. Mais avec le développement du capitalisme, une couche sociale émergea de la vaste bourgeoisie qui, se démarquant de son environnement, devint rapidement un monde à part, avec d'autres intérêts, d'autres points de vue, d'autres objectifs : la grande bourgeoisie capitaliste, la bourgeoisie. C'est un processus commun à tous les pays civilisés, notamment l'Allemagne et la France. La bourgeoisie n'a plus rien du libéralisme et de l'idéalisme bourgeois. Elle déteste la liberté bourgeoise. Elle renie les idéaux de jeunesse de la grande Révolution française, de la Révolution de juillet, des révolutions de février et de mars. La révolution économique qu'elle a elle-même provoquée et à laquelle elle doit sa domination sur l'État et la société a complètement bouleversé sa position politique et poussé la bourgeoisie devenue capitaliste du côté de la réaction, c'est-à-dire du côté des éléments qui s'efforcent d'abuser du pouvoir de l'État pour combattre les nouvelles couches populaires qui luttent pour leur émancipation politique et sociale – du côté de la même réaction qui, il y a 50 ans, détestait et craignait la bourgeoisie, qui n'était pas encore devenue capitaliste, comme le diable incarné. Cette contradiction apparente s'explique très simplement. À l'époque, la bourgeoisie était elle-même la nouvelle classe sociale qui aspirait à l'émancipation et au pouvoir politique. Aujourd'hui, la bourgeoisie devenue capitaliste détient non seulement le pouvoir dans l'État, mais aussi, de fait, la domination ; et une nouvelle classe sociale, dont les intérêts et les objectifs sont diamétralement opposés à ceux de la bourgeoisie capitaliste, lutte pour son émancipation politique et sociale : le prolétariat, dont l'égalité des droits signifie la fin du capitalisme.

La bourgeoisie s'est ainsi réconciliée avec son ennemi mortel : l'État junker, policier et militaire ; elle renonce au pouvoir politique direct et se contente de la domination économique, qui rend l'État servile et tributaire, même s'il est en nom gouverné par des éléments non bourgeois. Ce dont le capitalisme avait besoin, c'était d'un gouvernement fort, c'est-à-dire exactement le contraire de la démocratie – un gouvernement qui réprimait d'une main de fer les ennemis du capitalisme et mettait à sa disposition l'ensemble du pouvoir et de la richesse de l'État – un gouvernement qui, en tant qu'agent du capitalisme, s'occupait à tous égards de ses affaires et repoussait les assauts du prolétariat, en d'autres termes : la dictature du capitalisme.

Cette dictature existe en France depuis décembre 1848, en Allemagne depuis l'automne 1862. Elle s'incarnait là-bas dans Bonaparte, ici dans Bismarck.

Alors que, d'un côté, le développement capitaliste favorise la réaction politique et la pousse à l'extrême, de l'autre, il libère et crée, par la révolution économique, des forces qui, se multipliant et se renforçant de jour en jour, arrachent leurs soutiens et leur base à la réaction politique et, s'appuyant sur la révolution économique, préparent la révolution sociale etpolitique qui balaiera les obstacles à la réalisation du socialisme.

Cette force élémentaire, c'est la classe ouvrière, dont l'exploitation fait vivre le capitalisme, ce sont les couches moyennes de la population : la petite bourgeoisie, les petits paysans, les artisans, que le capitalisme prive de propriété et d'existence par la concurrence écrasante des grandes entreprises et qui, avec les ouvriers, forment l'armée toujours croissante du prolétariat.

Et cette armée, à laquelle l'activité du capitalisme, réactionnaire sur le plan politique et révolutionnaire sur le plan économique, fournit sans cesse, malgré toute son hostilité, de nouvelles recrues, s'organise sous la bannière du socialisme international dans tous les pays du monde. Elle comprend déjà aujourd'hui l'ensemble des travailleurs réfléchis et conscients de leur classe, ainsi que les éléments les plus nobles des classes bourgeoises. La « question » interne à la nation ne peut plus semer la confusion et détourner l'Allemagne de son chemin. Après l'échec de la deuxième tentative de réunification du Reich par le bas en 1848/49, tout comme la première tentative à l'époque de la grande guerre des paysans en 1520, il ne restait plus que la solution dynastique. Après des querelles répugnantes et des manœuvres frauduleuses avec l'étranger, les lois d’airain de la guerre et les fausses cartes de la diplomatie ont décidé en faveur de la dynastie des Hohenzollern contre les Habsbourg. Mais qui est satisfait ? Et qui ne sait pas aujourd'hui que derrière la question politique se cache la question sociale, qui les domine toutes et les obscurcit ?

On a comparé la période actuelle à celle qui a précédé le déclenchement de la Révolution française, où la transformation économique poussait irrésistiblement à une transformation politique. Tout comme la société féodale à l'époque, la société bourgeoise est aujourd'hui en pleine dissolution. Et la société bourgeoise est encore plus en contradiction flagrante avec les intérêts du peuple. L'augmentation de la productivité du travail n'enrichit qu'une minorité et condamne les masses à la pauvreté ; la lutte des classes s'intensifie de jour en jour ; l'État, sous la tutelle du roi, reste muet et doit prêter ses moyens de pouvoir au capitalisme. Toutes les tentatives des partis capitalistes pour perpétuer cet état de choses échouent face à la logique des faits, qui plongent des masses toujours plus nombreuses dans la misère et dans la lutte contre le capitalisme. À l'image des conditions qui l'ont fait naître, le parti socialiste ouvrier est international. Pour lui, il n'existe que deux peuples : les oppresseurs et les opprimés, les exploiteurs et les exploités. En Allemagne, malgré les persécutions les plus cruelles et les plus brutales, la social-démocratie est devenue le plus puissant de tous les partis – l'axe autour duquel, de l'aveu même du chancelier Caprivi, tourne la vie politique de l'Empire – et suffisamment forte pour pouvoir affronter victorieusement une coalition des partis capitalistes. Et pour ceux qui savent évaluer les forces en présence, la victoire de la social-démocratie est le résultat d'un simple calcul arithmétique. Alors que la social-démocratie se développe dans tous les pays du monde et forme une seule grande armée, le capitalisme perd déjà la capacité d'imposer aux travailleurs le joug de l'exploitation de manière si stricte qu'ils doivent travailler sous sa coupe. Les grèves géantes des mineurs de charbon anglais, et plus récemment des ouvriers de la construction mécanique anglaise, qui ont paralysé pendant longtemps deux des branches industrielles les plus importantes, sont autant de preuves que le capitalisme n'est plus en mesure de diriger le travail de la société humaine à long terme, que les jours de sa domination sont comptés. Le prolétariat n'est certes pas aussi heureux que l'était la bourgeoisie française à la fin du siècle dernier : celle-ci était porteuse du savoir, de la science et de l'art lorsqu'elle a entamé sa lutte pour l'émancipation ; le prolétariat, quant à lui, est exclu du temple de la science et de l'art par l'esclavage économique. Mais la conscience de classe, la conscience de l'injustice et de la misère économiques et sociales, ainsi que la compréhension de leurs causes, vivent et agissent dans tous les travailleurs réfléchis – et la poigne de fer des circonstances les pousse à la victoire et brise les armes de l'ennemi. Dieu frappe d'aveuglement ceux qu'il veut perdre. Cette maxime est particulièrement vraie si l'on observe les agissements des dirigeants actuels qui, passant d'erreur en erreur, sont incapables de résoudre les questions politiques les plus simples. Il suffit de penser à la farce du concert européen et à la confusion babylonienne qui règne en Autriche. « Plus rien ne fonctionne. »

Le 18 mars de Berlin, qui fut une victoire de la démocratie, a été suivi, 23 ans plus tard, par le 18 mars de Paris, qui fut un triomphe, mais pas encore une victoire du socialisme.

Le 18 mars de Berlin et le 18 mars de Paris seront suivis d'un nouveau printemps des peuples, le printemps de l'humanité, qui couronnera l'œuvre du premier et consacrera la victoire du second. Et aucune puissance sur terre ne pourra l'arrêter.

La social-démocratie allemande l'attend et le prépare en se préparant elle-même.

Traduit avec l'aide de DeepL.com (version gratuite)

 

Die Revolution ist todt.
EsDie lebe die Revolution!
Zum 18. März [1]
(März 1898)

Quelle: Sozialistische Monatshefte, Jg. 1898, Nr.3, März 1898, pp.99-103.
Transkription u. HTML-Markierung:
Einde O’Callaghan für das Marxists’ Internet Archive.


... Kein Zweifel: sie war todt, die Revolution! Todt und eingesargt oder verscharrt. In Berlin ohne Kampf und Lärm erdrosselt und eingesargt. In Wien zu Pulver und Blei begnadigt und verscharrt — in Rastatt, Mannheim, Freiburg standrechtlich erschossen und verscharrt. In Frankfurt kein Parlament mehr, und der Bundestag sich wieder aufrichtend zur alten Büttel- und Henkerarbeit. In Wien und Berlin das Triumvirat: Soldateska, Polizei, Pfaffenthum (dort geschoren, hier gescheitelt). In Berlin und Wien die wilden Orgien dynastischer Grossmachtssucht auf Kosten des deutschen Volkes und Vaterlandes. Die Verfassungen zerbrochen und an ihrer Stelle Wechselbälge reaktionärer Laune und Willkür dem Unterthanenvolk in die Wiege gelegt — die Presse zerstört, das nicht Zerstörenswerthe geknebelt, das Vereinsrecht mit einem Strick um den Hals der streberischen Beamtenservilität überliefert – Deutschland wieder ein Kirchhof, wie nach dem dreissigjährigen Krieg – überall die Ruhe des Kirchhofes. Des Kirchhofes und des Zuchthauses. Und wie waren sie vollgepfropft die Zuchthäuser – denn was von den Edelsten der Nation nicht hinter den Barrikaden, auf den Schlachtfeldern, in den Laufgräben vor dem Sandhaufen den Tod gefunden, oder ins Ausland entflohen war, das sass im Zuchthaus. — —

Es war die Zeit der schwärzesten Reaktion, wie die besiegte bürgerliche Demokratie damals wehklagte, nicht ahnend, dass vor Ablauf eines Vierteljahrhunderts sie selber – mit seltenen Ausnahmen. – einer Reaktion zujubeln und an einer Reaktion mitarbeiten werde, neben der jene „schwärzeste Reaktion" fast als liberale Aera erscheint.

Dieses Wunder wurde durch eine andere Revolution bewirkt, eine Revolution, grösser und tiefer als die, welche in Wien, Berlin, Dresden; Baden und der Pfalz erlegen war.

Durch ein merkwürdiges Zusammentreffen von Umständen war das Ende der Märzrevolution der Beginn einer neuen Revolution, die ungleich stärkere Kräfte des Umsturzes und des Schaffens in sich barg. Der politischen folgte die ökonomische Revolution, welche für den Augenblick den Feinden der politischen Revolution Vorschub leistete und die Reaktion förderte, aber zugleich den Böden unterhöhlte und wegschwemmte, auf welchem die Reaktion ruhte, und eine Macht ins Leben rief, welche das Reich der Reaktion stürzen und dessen Wiederaufrichtung für immer unmöglich machen wird.

Nach der materialistischen Welt- und Geschichtsauffassung der Sozialdemokratie – materialistisch genannt, weil sie die über- und aussersinnlichen Faktoren zurückweist – sind die politischen und gesellschaftlichen Formen und Einrichtungen bedingt durch die Formen und Weisen der zur Erhaltung der Menschen nothwendigen Arbeit. Eine Gesellschaft, in welcher die Arbeitsmittel (Pfeil und Bogen, Netz, Webebaum, Wirtel, angekohlter Baumast als Pflugschaar) so einfach sind, dass Jeder sie herstellen, und die Arbeitsmethoden so leicht, dass Jeder sie erlernen kann, muss eine andere Gestalt haben, als eine Gesellschaft, in der die Arbeitsmittel so mannigfaltig und so kunstvoll zusammengesetzt sind, dass die Herstellung und Erwerbung nur Wenigen möglich ist. Ein Hirtenvolk kann nicht dieselben staatlichen und gesellschaftlichen Einrichtungen haben, wie ein Ackerbauvolk; ein Ackerbauvolk nicht wie ein Industrievolk. Mit der Verdrängung überlebter Produktionsformen durch höhere ergiebt sich auch die Notwendigkeit veränderter staatlicher und gesellschaftlicher Einrichtungen. Die englische Revolution des 17., die französische Revolution des 18. Jahrhunderts waren die Folge des Hinauswachsens der bürgerlichen Produktionsform über die mitteralterlich feudale. Die grösste und tiefstgreifende wirthschaftliche Umwälzung wohl aller Zeiten ist aber die, welche der moderne Kapitalismus bewirkt hat. Er hat den alten Gesellschaftsbau weit gründlicher zerstört, als die französische Revolution den Bau des Staates. Er hat die Arbeit so vollständig von den Arbeitsmitteln getrennt, dass nur noch eine winzige Minderheit im Besitz der Arbeitsmittel und die Masse der Menschen zur Dienstbarkeit gegenüber diesen Wenigen verurtheilt ist; er hat durch Konzentrirung der Arbeitsmittel in wenig Händen den Ertrag der Arbeit riesenhaft gesteigert und die Massen dem Elend geweiht; er hat im Namen des Eigenthums das Eigenthum der ungeheuren Mehrzahl des Volkes geraubt; er hat in seinem Heisshunger nach auszubeutender Arbeitskraft die Kinder und Frauen in die Fabrik geschleppt, die Familie aufgelöst, die Bevölkerung dermassen herumgewirbelt, dass die Völkerwanderungen zu Anfang der christlichen Aera eine Kleinigkeit sind gegen die grosse Völkerwanderung des Kapitalismus, der in Deutschland allein binnen der letzten drei Jahrzehnte mindestens 10 Millionen Menschen vom Lande in die Stadt getrieben hat, – der Völkerwanderung ins Ausland, die ebenfalls nach Millionen zählt, nicht zu erwähnen. Deutschland, das Ende der vierziger Jahre ein Ackerbaustaat war – im deutschen Bund wohnten 3/5, in Preussen allein 2/3 der Einwohner auf dem Lande – ist heute ein Industriestaat mit überwiegend städtischer Bevölkerung; und der kapitalistische Grossbetrieb, der damals blos in Rheinland-Westfalen zerstreute Anfänge zeigte – in den beiden anderen Industrie-Mittelpunkten Deutschlands, Sachsen und Schlesien, herrschte die Hausindustrie – hat heute in ganz Deutschland den bürgerlichen Kleinbetrieb überflügelt, überwunden, auf den Aussterbe-Etat gesetzt. Eine so ungeheure materielle Revolution musste selbstverständlich auch eine Revolution in den Geistern zur Folge haben. Die alten Stich- und Schlagworte verloren ihre Bedeutung, die alten Partei-Prinzipien verwischten sich – die alten Partei-Ideale verblassten. Das Bürgerthum wurde ein anderes.

Bis Ende der vierziger Jahre war das deutsche Bürgerthum, seit und soweit es zum politischen Leben erwacht war, liberal, demokratisch gewesen. Der Ausdruck „bürgerliche Freiheit" deckte sich mit dem Begriff der politischen Freiheit. Mit der Entwickelung des Kapitalismus tauchte aber aus der breiten Fläche des Bürgerthums eine Schicht empor, die, von ihrer Umgebung sich abhebend, schnell eine Welt für sich wurde, mit anderen Interessen, anderen Gesichtspunkten, anderen Zielen: das kapitalistische Grossbürgerthum, die Bourgeoisie. Es ist das ein Vorgang, der allen Kulturländern gemein ist, namentlich Deutschland und Frankreich. Die Bourgeoisie hat nichts mehr in sich von bürgerlichem Liberalismus und Idealismus. Sie hasst die bürgerliche Freiheit. Sie verleugnet die Jugendeseleien der grossen französischen Revolution, der Julirevolution, der Februar- und Märzrevolution. Die ökonomische Revolution, welche sie selbst herbeigeführt hat und der sie ihre Obmacht über Staat und Gesellschaft verdankt, hat.ihre politische Stellung völlig verschoben, und das kapitalistisch gewordene Bürgerthum auf Seiten der Reaktion gedrängt, das heisst der Elemente, welche die Staatsmacht zur Bekämpfung der für ihre politische und soziale Emanzipation kämpfenden neuen Volksschichten zu missbrauchen bemüht sind – auf Seiten derselben Reaktion, die das Bürgerthum, noch nicht kapitalistisch geworden, vor 50. Jahren als den Gottseibeiuns hasste und fürchtete. Der scheinbare Widerspruch erklärt sich sehr einfach. Damals war. das Bürgerthum selber die neue Volksschicht, die nach Emanzipation und politischer Macht strebte, heute hat das kapitalistisch gewordene Bürgerthum nicht blos die Macht im Staate, sondern thatsächlich auch die Herrschaft; und eine neue Bevölkerungsschicht, deren Interessen und Ziele denen des. kapitalistischen Bürgerthums schnurstracks zuwiderlaufen, ringt um ihre politische und soziale Emanzipation, – das Proletariat, dessen Gleichberechtigung das Ende des Kapitalismus ist.

So hat das Bürgerthum sich denn mit seinem Todfeind: dem Junker-, Polizei- und Militärstaat ausgesöhnt; es verzichtet auf die direkte politische Regierungsgewalt und begnügt sich mit der ökonomischen Herrschaft, welche ihm den Staat dienstbar und tributpflichtig macht, auch wenn er nominell von nicht bürgerlichen Elementen regiert wird. Was der Kapitalismus brauchte, das war eine starke Regierung, also das gerade Gegentheil der Demokratie – eine Regierung, die mit starker Faust die Feinde des Kapitalismus niederhielt und diesem die Gesammtmacht und den Gesammtreichthum des Staates zur Verfügung stellte – eine Regierung, die, als Agentin des Kapitalismus in jeder Hinsicht dessen Geschäfte besorgt und den Ansturm des Proletariats abwehrt, – mit anderen Worten: die Diktatur des Kapitalismus.

Diese Diktatur haben wir in Frankreich seit Dezember 1848, in Deutschland seit Herbst 1862. Dort verkörperte sie sich in Bonaparte, hier in Bismarck.

Während so auf der einen Seite die kapitalistische Entwickelung die politische Reaktion begünstigt und auf die äusserste Spitze treibt, entfesselt und schafft sie auf der anderen Seite durch die ökonomische Revolution Kräfte, die, von Tag zu Tag sich mehrend und stärkend, der politischen Reaktion ihre Stützen und den Boden abringen und, fussend auf der ökonomischen Revolution, die sozialpolitische Revolution vorbereiten, welche die der Verwirklichung des Sozialismus im Wege stehenden Hindernisse fortschwemmt.

Diese Elementarkraft ist die Arbeiterklasse, von deren Ausbeutung der Kapitalismus lebt, sind die mittleren Schichten der Bevölkerung: Kleinbürger, Kleinbauern, Handwerker, die der Kapitalismus durch die erdrückende Konkurrenz des Grossbetriebes eigenthums- und existenzlos macht und die, zusammen mit den Arbeitern, die stets anschwellende Armee des Proletariats bilden.

Und diese Armee, der die politisch reaktionäre, ökonomisch revolutionäre Thätigkeit des Kapitalismus, trotz aller Feindschaft, unablässig neue Rekruten zuführt, zuführen muss, organisirt sich unter dem Banner des internationalen Sozialismus in allen Ländern der Erde. Sie umfasst heute schon die gesammte denkende und klassenbewusste Arbeiterschaft, sowie die edelsten Elemente der bürgerlichen Klassen. Die inner-nationale „Frage" kann nicht mehr verwirren und Deutschland vom Weg ablenken. Nachdem der zweite Versuch, die Reichseinheit von unten herbeizuführen, im Jahre 1848/49 ebenso gescheitert war wie der erste Versuch zur Zeit des grossen Bauernkrieges im Jahre 1520, blieb nur noch die dynastische Lösung. Nach ekelhafter Katzbalgerei und widerlichster Mogelei mit dem Ausland haben die eisernen Würfel des Krieges und die Falschkarten der Diplomatie für die Hohenzollerndynastie gegen die Habsburger entschieden. Wer aber ist zufrieden? Und wer weiss heute nicht, dass hinter der politischen Frage die soziale Frage steht, sie alle überragend, verdunkelnd?

Man hat die heutige Zeit mit der vor Ausbruch der französischen Revolution verglichen, wo die wirtschaftliche Umgestaltung einer politischen Umgestaltung unwiderstehlich zudrängte. Wie damals die feudale, so ist heute die bürgerliche Gesellschaft in der Auflösung begriffen. Und die bürgerliche Gesellschaft ist noch in schreienderen Gegensatz zu den Interessen des Volkes gerathen. Die gesteigerte Produktivität der Arbeit bereichert nur Wenige, verhängt Armuth über die Massen; der Klassenkampf steigert sich von Tag zu. Tag; der Staat ist unter der Kuratel des Königs Stumm und muss seine Machtmittel dem Kapitalismus leihen. Alle Versuche der kapitalistischen Parteien, diese Zustände zu verewigen, scheitern an der Logik der Thatsachen, die immer grössere Massen ins Elend und in den Kampf gegen den Kapitalismus wirft. Wie die Zustände, äusi denen sie hervorgewachsen, ist die sozialistische Arbeiterpartei international. Für sie giebt es nur zwei Völker: die Unterdrücker und die Unterdrückten, die Ausbeuter und die Ausgebeuteten. In Deutschland ist die Sozialdemokratie trotz grausamster und brutalster Verfolgungen die Stärkste aller Parteien geworden – die Achse, um welche nach dem Eingeständniss des Kanzlers Caprivi das politische Leben des Reiches sich dreht – und stark genug, um auch einer Koalition der kapitalistischen Parteien siegreich die Stirn bieten zu können. Und wer die Kräfte hüben und drüben zu berechnen versteht, für den ist der Sieg der Sozialdemokratie das Facit eines Rechenexempels. Während die Sozialdemokratie wächst, in allen Ländern der Erde wächst und eine einzige grosse Armee bildet, verliert der Kapitalismus schon die Fähigkeit, das Joch der Ausbeutung den Arbeitern so fest aufzulegen, dass sie unter seiner Fuchtel für ihn arbeiten müssen. Die Riesenstreiks der englischen Kohlenarbeiter, neuerdings der englischen Maschinenbau-Arbeiter, durch welche Streiks und Lockouts zwei der wichtigsten Industriezweige auf längere Zeit zum Stillstand gebracht wurden, sind ebensoviele Beweise dafür, dass der Kapitalismus die Arbeit der menschlichen Gesellschaft nicht mehr auf lange zu leiten vermag, dass die Tage seiner Herrschaft gezählt sind. So glücklich wie die französische Bourgeoisie am Ende des vorigen Jahrhunderts ist freilich das Proletariat nicht – jene war die Trägerin des Wissens, der Wissenschaft und Kunst, als sie den Emanzipationskampf begann; dieses ist durch die ökonomische Sklaverei aus dem Tempel der Wissenschaft und Kunst ausgesperrt. Doch das Klassenbewustsein, das Bewustsein des ökonomischen und sozialen Unrechts und Elends und die Erkenntniss der Ursachen desselben lebt und wirkt in allen denkenden Arbeitern – und die Eisenfaust der Verhältnisse treibt sie zum Sieg und zerbricht die Waffen des Feindes. Wen Gott verderben will, den schlägt er mit Blindheit. Wie wahr dieser Spruch, das zeigt das Treiben der Gewalthaber von heute, die, von Fehlern zu Fehlern eilend, die einfachsten Fragen der Politik nicht erledigen können. Man denke nur an die Posse des europäischen Konzerts und an die babylonische Sprachenverwirrung in Oesterreich. „Es will nichts mehr gelingen."

Die Welt aber geht vorwärts.

Dem achtzehnten März von Berlin, der ein Sieg der Demokratie war, ist 23 Jahre nachher der achtzehnte März von Paris gefolgt, der ein Triumph, doch noch kein Sieg des Sozialismus war.

Dem achtzehnten März von Berlin und dem achtzehnten März von Paris wird ein neuer Völkerfrühling, der Menschheitsfrühling folgen, der das Werk des ersten krönen und dem Triumph des zweiten die Weihe des Sieges geben wird. Und keine Macht der Erde wird ihn aufhalten.

Die deutsche Sozialdemokratie erwartet ihn und bereitet ihn vor, indem sie sich vorbereitet.


Fußnote der Redaktion

1. Am 18. März d.J. verlässt Wilhelm Liebknecht das Gefängniss. Zu diesem Tage wird aus seiner Feder eine Festschrift Zum Jubeljahr der Märzrevolution erscheinen, die er im Auftrage des Parteivorstandes im vorigen Sommer verfasst hat. Durch das freundliche Entgegenkommen des Verlages (Buchhandlung Vorwärts, Berlin) sind wir in der Lage, den Schluss-Abschnitt der interessanten Schrift unseren Lesern hier bieten zu können.

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15 septembre 2025 1 15 /09 /septembre /2025 19:02
Wilhelm Liebknecht, "La Commune de Paris  a le droit de se défendre". Avis rédigé le 27 mai 1871 publié le 31mai dans le Volksstaat. (4)

Textes de Wilhelm Liebknecht, en hommage, pour le 125e anniversaire de sa disparition. L'un de ses plus beaux textes.

 

Les orgies sanglantes de la réaction monarchiste-capitaliste se poursuivent ; elle patauge dans le sang jusqu'aux genoux pour planter l'étendard de l'« ordre » sur les ruines fumantes de Paris. Elle n'a pas encore atteint son but, après six jours de combats de rue, les quartiers ouvriers proprement dits sont encore invaincus, et les dernières dépêches laissent même clairement entendre que les troupes versaillaises ont subi une grave défaite à l'assaut de Belleville.Les dépêches télégraphiques déroulent un tableau d'horreur, mais plein de sombre grandeur.

C'est avec une admiration frémissante que nous voyons se reproduire sous nos yeux, à une échelle plus grande, une de ces terribles tragédies des peuples de l'antiquité, comme le fut la chute de Carthage et de Jérusalem. La Commune tient sa parole : « Nous avons fait un pacte avec la mort ! » Elle « meurt, mais ne se rend pas », et la reine des villes est le bûcher du prolétariat agonisant.

« La moitié de Paris est en feu », « une épaisse fumée couvre la ville, une pluie de cendres s'abat sans discontinuer », « les troupes ne donnent pas de quartier ».

 

Lorsque Néron, ivre de courage, fit incendier Rome par les quatre bouts, il contempla en silence l'œuvre de destruction. Thiers pleura quand il annonça à la Chambre de Versailles les progrès que les soldats qu'il avait commandés faisaient dans la destruction de Paris et l'assassinat des Parisiens, et « la plupart des membres de la Chambre (ses complices !) éclatèrent en sanglots avec lui ». Il existe plusieurs genres de scélérats, mais le plus répugnant est sans conteste celui des scélérats pleurnichards.

Bien sûr, les bourgeois et autres réactionnaires européens, conscients de la solidarité internationale, prennent comme un seul homme le parti de Thiers et de ses bandits de grand chemin. C'est sans doute en Allemagne qu'ils le font le plus effrontément. Notre presse épuise tout le lexique de l'injure pour dénigrer la Commune. « Ces vandales », « ces fous furieux », « ces monstres », « ces assassins », « ces scélérats » - ainsi crie et crie la « vertu rassasiée » des boursiers du Welfenfond [3] dans une noble concurrence avec la « morale solvable » des lâches philistins.

 

Pourquoi « vandales », etc. « Parce qu'ils ont mis le feu aux Tuileries, au Louvre ». Mais qui vous dit que les ouvriers parisiens ont mis le feu au Louvre (dont les trésors artistiques sont accessoirement sauvés), aux Tuileries, à n'importe quelle maison ? Et même intentionnellement ? N'est-il pas évident que l'incendie est une conséquence du bombardement ? Mais qui est à l'origine du bombardement ? Les bombes des Versaillais s'enflamment-elles moins que celles des Prussiens, qui ont incinéré 500 maisons à Strasbourg ? Les deux proviennent peut-être de la même usine ! Mais si ce sont aussi des bombes parisiennes. Les prolétaires devraient-ils se laisser tranquillement étrangler, se livrer sans résistance avec femmes, sœurs et enfants aux bandits de l'ordre qui tuent, pillent et violent ? Ne leur accorde-t-on pas le droit le plus simple de se défendre ? Ne devraient-ils pas avoir le droit de répondre aux bombes par des bombes ? « Mais des bombes au pétrole ! », « Horribles barbares ! » Allons, messieurs humains du bureau prussien de la presse - qui a donc été le premier à utiliser le pétrole à des fins de guerre ? A-t-on oublié les instructions que les troupes allemandes devaient suivre pour incinérer en masse les villages français ? Comment les portes devaient être enduites de pétrole et les fûts de pétrole placés aux endroits appropriés ?

 

Et maintenant une question, messieurs : qui est responsable d'un meurtre - l'assassin ou la personne assassinée ? Nous connaissons votre vieux tour de passe-passe qui consiste à mettre la victime à la place du criminel, c'est-à-dire à répondre sans détour à la question : est-ce la personne assassinée qui est responsable du meurtre ou l'assassin ? Mais dans ce cas, de quel côté faut-il chercher les meurtriers ? Pouvez-vous nier que la Commune a tendu à plusieurs reprises la main de la réconciliation et que les Versaillais ont toujours repoussé cette main ? Pouvez-vous nier que les Parisiens sont la partie attaquée et les Versaillais les agresseurs ? Et si vous ne pouvez pas le nier, qui est le criminel et qui est la victime ?

Mais vous continuerez à mentir et à calomnier - en partie parce que vous êtes payés pour cela, en partie parce que la peur puérile des philistins vous rend incapables de voir la vérité. Cependant, nous aimerions encore rappeler à ceux d'entre vous qui sont des admirateurs du prince Bismarck et qui, en tant que tels, devraient être habitués à la consommation dispendieuse de « sang et de fer », la fameuse déclaration de votre abbé : « Les grandes villes doivent être détruites ». Comment pouvez-vous vous mettre dans un tel état à propos de la « destruction » de Paris ! Vous frappez votre idole au visage !

 

On ne sait toujours pas comment les Versaillais ont pu s'emparer si facilement du mur d'enceinte dimanche : Le correspondant du Times de Londres, qui se trouvait au quartier général de Thiers, écrit que le succès rapide a surpris tout le monde. La supposition qu'un découragement subit s'est emparé des gardes nationaux et qu'ils ont fui devant l'assaut des troupes, ne s'accorde pas avec la résistance héroïque que les Parisiens opposent dans la ville ; des hommes qui s'enfuient le dimanche comme des braves ne se battent pas en héros le lundi et toute la semaine suivante. Dans de telles circonstances, il est difficile de rejeter l'hypothèse qu'il y ait eu trahison et que les succès, si surprenants pour les Versaillais non initiés, soient dus à l'or et non aux armes des assaillants.

Il n'est pas encore possible de déterminer dans quelle mesure M. Thiers a bénéficié de l'appui de la Prusse. Mais nous savons que

 

1° Que le prince Bismarck, en violation avouée des préliminaires de paix, a permis la réunion d'une armée française d'au moins 120.000 hommes, soit du triple de l'effectif stipulé ;

2. que, pour fournir à M. Thiers, qui ne pouvait compter sur les corps de troupes nouvellement constitués, des soldats « disciplinés », c'est-à-dire devenus des machines et obéissant aveuglément, une partie de la garde impériale napoléonienne, organisée par bataillons et par régiments, a été envoyée en France et armée à la frontière dès avant la conclusion de la paix de Francfort. (Nous maintenons à cet égard notre indication antérieure, qui provient de la source la plus sûre) ;

3. qu'immédiatement après la conclusion de la paix de Francfort, les prisonniers de guerre considérés comme les plus aptes à combattre la Commune, notamment les Turcs, dont on pouvait s'attendre à ce qu'ils travaillent de toute leur âme et « sans aucun doute » à la réalisation de l'idéal d'ordre de Bismarck-Thiers, ont été transportés en toute hâte en France ;

4. que les troupes allemandes qui se trouvaient encore devant Paris ont apporté tout le soutien possible aux Versaillais et que, sans intervenir directement et activement dans les opérations, elles ont en fait collaboré avec l'armée de siège française, formant pour ainsi dire sa réserve.

 

En outre, on pouvait lire dans les journaux conservateurs et nationaux-libéraux, notoirement sous la direction du Preßbüro prussien, environ huit jours avant la rupture du mur d'enceinte de Paris, que dans le camp allemand, on négociait devant Paris la question de savoir s'il ne fallait pas aider les Versaillais avec du matériel de guerre. Si cette question a été discutée à l'époque, on peut parier à cent contre un que cette « aide » a réellement été apportée.

 

1) Comme il ressort d'une remarque rédactionnelle, l'avis a été rédigé le 27 mai 1871, avant l'écrasement de la Commune de Paris.

2) Du français dans le sens de : pas de pardon !

3. fonds guelfe ou fonds reptilien - fonds constitué à partir des biens confisqués à la famille royale de Hanovre en 1866, dont disposait Otto v. Bismarck et qu'il utilisait pour corrompre la presse.

Die Pariser Kommune hat das Recht zur Verteidigung
Stellungnahme im Volksstaat [1]

https://www.marxists.org/deutsch/archiv/liebknechtw/1871/05/kommune.htm

(31. Mai 1871)

Aus: Der Volksstaat (Leipzig), Nr. 44 vom 31. Mai 1871.
Wilhelm Liebknecht, Gegen Militarismus und Eroberungskrieg, Berlin 1986, S.54-58.
Transkription u. HTML-Markierung:
Einde O’Callaghan für das Marxists’ Internet Archive.


Die Blutorgien der monarchistisch-kapitalistischen Reaktion dauern fort; knietief watet sie im Blut, um auf den rauchenden Trümmern von Paris das Banner der „Ordnung“ anzupflanzen. Noch hat sie ihr Ziel nicht erreicht, nach 6tägigem Straßenkampf sind die eigentlichen Arbeiterviertel noch unbezwungen, und die letzten Depeschen lassen sogar deutlich durchblicken, daß die Versailler Truppen beim Sturm auf Belleville eine schwere Niederlage erlitten haben.Die telegraphischen Depeschen entrollen ein Bild des Grausens, aber voll düsterer Größe.

Mit schaudernder Bewunderung sehen wir eine jener furchtbaren Völkertragödien des Altertums, wie der Fall von Karthago und von Jerusalem war, sich in vergrößertem Maßstabe vor unsern Augen wiederholen. Die Kommune macht ihr Wort wahr: „Wir haben einen Pakt mit dem Tode geschlossen!“ Sie „stirbt, doch ergibt sich nicht“, und die Königin der Städte ist der Scheiterhaufen des sterbenden Proletariats.

„Halb Paris steht in Flammen“, „ein dichter Rauch bedeckt die Stadt, ein Regen von Asche fällt unausgesetzt nieder“, „die Truppen geben kein Quartier“. [2]

Als Nero in trunkenem Mut Rom anallen vier Enden haue anzünden lassen, betrachtete er schweigend das Werk der Zerstörung. Thiers weinte, als er der Versailler Kammer die Fortschritte meldete, welche die von ihm dazu kommandierten Soldaten in der Zerstörung von Paris und der Ermordung der Pariser machten, und „die Mehrzahl der Kammermitglieder (seine Mitschuldigen!) brach mit ihm in lautes Schluchzen aus“. Es gibt verschiedene Gattungen von Schurken, die widerlichste ist aber unstreifig die der weinerlichen Schurken.

Natürlich ergreifen die europäischen Bourgeois und sonstigen Reaktionäre im Bewußtsein der internationalen Solidarität wie ein Mann Partei für Thiers und seine Ordnungsbanditen. Am schamlosesten wohl in Deutschland. Das ganze Schimpflexikon wird von unserer Presse erschöpft, um die Kommune zu verlästern. „Diese Vandalen“, „diese wahnwitzigen Unmenschen“, „diese Ungeheuer“, „diese Mordbrenner“, „diese Schufte“ – so zetert und kreischt die „satte Tugend“ der Welfenfondsstipendiaten [3] in edlem Wetteifer mit der „zahlungsfähigen Moral“ feiger Spießbürger.

Warum „Vandalen“ usw.? „Weil sie die Tuilerien, den Louvre in Brand gesteckt.“ Aber wer sagt euch denn, daß die Pariser Arbeiter den Louvre (dessen Kunstschätze beiläufig gerettet sind), die Tuilerien, überhaupt irgendein Haus angezündet haben? Und gar absichtlich? Ist es nicht naheliegend, daß das Feuer eine Folge des Bombardements war? Von wem aber geht das Bombardement aus? Zünden die Bomben der Versailler etwa weniger als die der Preußen, die in Straßburg allein 500 Häuser einäscherten? Sind doch beide vielleicht aus derselben Fabrik! Aber wenn es auch Pariser Bomben sind. Sollten die Proletarier sich ruhig abwürgen lassen, widerstandslos mit Frauen, Schwestern, Kindern den mordenden, plündernden, schändenden Ordnungsbanditen sich überliefern? Gesteht man ihnen nicht das einfachste Recht der Verteidigung zu? Sollten sie nicht auf Bomben mit Bomben antworten dürfen? „Aber Petroleumbomben!“, „Entsetzliche Barbaren!“ Gemach, ihr humanen Herren vom preußischen Preßbüro – wer hat denn zuerst das Petroleum zu Kriegszwecken angewandt? Sind die Instruktionen vergessen, nach denen die deutschen Truppen bei der en gros betriebenen Einäscherung französischer Dörfer zu verfahren hauen? Wie die Türen mit Petroleum zu bestreichen und Petroleumfässer an geeignete Stellen zu legen waren?

Und nun eine Frage, ihr Herren: Wer ist für einen Mord verantwortlich – der Mörder oder der Ermordete? Wir kennen euer altes Taschenspielerkunststückchen, das Opfer an die Stelle des Verbrechers zu schieben, also ohne Ausflüchte geantwortet auf die Frage: Trifft den Ermordeten die Schuld des Mords oder den Mörder? Auf welcher Seite sind aber in diesem Fall die Mörder zu suchen? Könnt ihr leugnen, daß die Kommune zu verschiedenen Malen die Hand der Versöhnung bot und daß die Versail1er die Hand stets zurückstießen? Könnt ihr leugnen, daß die Pariser der angegriffene Teil sind und die Versailler die Angreifer? Und wenn ihr es nicht leugnen könnt, wer ist dann der Verbrecher und wer das Opfer?

Doch ihr werdet fortfahren zu lügen und zu verleumden – zum Teil, weil ihr dafür bezahlt seid, zum Teil, weil euch kindische Philisterfurcht unfähig macht, die Wahrheit zu sehen. Indes möchten wir doch diejenigen von euch, welche Bewundrer des Fürsten Bismarck sind und als solche eigentlich an den verschwenderischen Konsum von „Blut und Eisen“ gewöhnt sein sollten, noch an die berühmte Äußerung eures Abgotts erinnern: „Die großen Städte müssen vernichtet werden.“ Wie könnt ihr über die „Vernichtung“ von Paris so in Harnisch geraten! Ihr schlagt ja eurem Götzen ins Gesicht!

Noch immer ist, es nicht aufgeklärt wie die Versailler am Sonntag sich so leichten Kaufs in den Besitz der Ring- mauer setzen konnten: Der im Thiersschen Hauptquartier befindliche Korrespondent der Londoner Times schreibt, der rasche Erfolg habe jedermann überrascht. Die Annahme, es habe sich der Nationalgarden eine plötzliche Entmutigung bemächtigt und sie seien vor den andrängenden Truppen geflohen, verträgt sich nicht mit dem heroischen Widerstande, welchen die Pariser in der Stadt leisten; Männer, die am Sonntag wie Memmen ausreißen, schlagen sich nicht am Montag und die ganze folgende Woche wie Helden. Unter solchen Umständen ist die Annahme kaum zurückzuweisen, daß Verrat obwaltete und die den uneingeweihten Versaillern so überraschenden Erfolge dem Golde und nicht den Waffen der Angreifer geschuldet sind.

Inwieweit Herrn Thiers preußische Unterstützung zuteil geworden ist, läßt sich jetzt noch nicht in vollem Umfange feststellen. Wir wissen aber,

  1. daß Fürst Bismarck, eingestandenermaßen in Verletzung der Friedenspräliminarien, die Ansammlung einer französischen Armee von mindestens 120.000 Mann, also vom dreifachen Betrag der stipulierten Stärke, erlaubt hat;
  2. daß, um Herrn Thiers, der sich auf die neugebildeten Truppenkörper nicht verlassen konnte, mit „disziplinierten“, d.h. zu Maschinen gewordenen, blind gehorchenden Soldaten zu versehen, bereits vor Abschluß des Frankfurter Friedens ein Teil der Napoleonischen Kaisergarde, bataillons- und regimenterweise geordnet, nach Frankreich geschickt und an der Grenze bewaffnet worden ist. (Wir halten in dieser Beziehung unsre frühere Angabe aufrecht, die aus zuverlässigster Quelle stammt.);
  3. daß sofort nach Abschluß des Frankfurter Friedens in größter Eile diejenigen Kriegsgefangenen nach Frankreich befördert worden sind, welche als die geeignetsten zur Bekämpfung der Kommune gelten, namentlich die Turkos, von denen zu erwarten war, daß sie mit ganzer Seele und „zweifelsohne“ an der Verwirklichung des Bismarck-Thiersschen Ordnungsideals arbeiten würden;
  4. daß die noch vor Paris stehenden deutschen Truppen den Versaillern jeden möglichen Vorschub geleistet und, ohne direkt aktiv in die Operationen einzugreifen, doch tatsächlich mit der französischen Belagerungsarmee zusammengewirkt, sozusagen deren Reserve gebildet haben.

Außerdem war in konservativen und nationalliberalen Zeitungen, die notorisch unter der Leitung des preußischen Preßbüros stehen, etwa 8 Tage vor Durchbrechung der Pariser Ringmauer zu lesen, daß im deutschen Lager vor Paris die Frage verhandelt werde, ob nicht den Versaillern mit Kriegsmaterial auszuhelfen sei. Wenn diese Frage damals diskutiert wurde, so ist hundert gegen eins zu wetten, daß die „Aushilfe“ auch wirklich geleistet worden ist.

 

Anmerkungen

1. Wie aus einer redaktionellen Bemerkung hervorgeht, wurde die Stellungnahme am 27. Mai 1871, vor der Niederschlagung der Pariser Kommune, verfaßt.

2. Aus dem Französischen im Sinne von: kein Pardon!

3. Welfen- oder auch Reptilienfonds – ein aus dem 1866 beschlagnahmten Vermögen des Hannoverschen Königshauses gebildeter Fonds, über den Otto v. Bismarck verfügte und den er zur Bestechung der Presse verwandte.

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3 septembre 2025 3 03 /09 /septembre /2025 11:18
Attaque et Défense, Wilhelm Liebknecht, 1905. Un document particulièrement rare, à consulter sur le net. (3)
Attaque et défense

 

Auteurs, créateurs, collaborateurs : Liebknecht, Wilhelm; Sandier, Jean-Marie
Type d'objet représenté : Livre, monographie

 

Auteurs, créateurs, collaborateurs:  Liebknecht, Wilhelm (1826-1900) (auteurs)
Sandier, Jean-Marie (18..-....) (traducteurs)
Producteurs, éditeurs:  Gand : Imprimerie Société coopérative "Volksdrukkerij"
Lieu de création de l'objet original:  Gand (Belgique)
Première publication ou diffusion de l'objet original:  1905
20e siècle
Epoque contemporaine (1789-20..)
Lieu de conservation de l'objet original:  Réseau des Bibliothèques
Réseau des Bibliothèques:  Identifiant: 9921620080402321
Code-barres/N° inventaire: 2019966
Cote: 081127A
Langue de l'objet original:  Français
Matériau, support de l'objet original:  Papier
Dimensions, durée ou poids:  17 cm
Description physique de l'objet représenté:  55 pages
Description:  Traduit de l'allemand
Par Guillaume Liebknecht ; traduit et remanié par le Professeur Sander [sic].
L'exemplaire à la cote 081127A en ALPHA-Site central est relié à 12 autres brochures
Mots-clés:  Brochures; Politique et gouvernement -- 1871-1918 -- Europe; recueil de varia
Disciplines CREF:  Histoire
Science politique et administrative
Disciplines:  Arts & sciences humaines => Histoire
Droit, criminologie & sciences politiques => Sciences politiques, administration publique & relations internationales
Ressources liées à l'objet original:  La loi sur les accidents du travail - https://hdl.handle.net/2268.1/12047
Pourquoi je suis socialiste - https://hdl.handle.net/2268.1/12046
La paix et le socialisme : les conflits. La vigilance du prolétariat international. La politique de la France. France, Allemagne, Angleterre. La solidarité ouvrière contre les antagonismes capitalistes. La paix définitive. Le socialisme et l'idéal humain - https://hdl.handle.net/2268.1/12048
Élisée Reclus et l'anarchie - https://hdl.handle.net/2268.1/12054
Les syndicats ouvriers en Angleterre - https://hdl.handle.net/2268.1/12051
L'évolution : résumé de 6 conférences faites sous les auspices de l'Extension universitaire de Belgique - https://hdl.handle.net/2268.1/12053
Les épidémies devant la science expérimentale : conférences données à la "Maison du Peuple" - https://hdl.handle.net/2268.1/12049
Le gouvernement protecteur des brigandages financiers - https://hdl.handle.net/2268.1/12052
Le Juif errant - https://hdl.handle.net/2268.1/12050
Le procès de "La caserne" : compte-rendu détaillé du procès, intenté au citoyen Louis Coenen, secrétaire de la Fédération Nationale de Jeunes Gardes socialistes belges, devant la Cour d'Assises de Brabant. - https://hdl.handle.net/2268.1/12055
Le prolétariat et la guerre : discours du citoyen Jaurès - https://hdl.handle.net/2268.1/12056
La prétendue âme belge - https://hdl.handle.net/2268.1/12057
Fait partie du:  Domaine public
URL permanente:  https://hdl.handle.net/2268.1/12045
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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009