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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.
 
Voir aussi : http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr/
 
28 décembre 2025 7 28 /12 /décembre /2025 19:02

Vers le bicentenaire de la naissance de Wilhelm Liebknecht - Textes et documents

Auguste Bebel. Souvenirs de ma vie (1) - P 123/125

Leur rencontre en 1865 - Un portrait

Issu de August Bebel,« Souvenirs de ma vie », Editions Les bons caractères       

 "C’était un homme de fer avec une âme d’enfant". Wilhelm Liebknecht vu par Bebel

Liebknecht ainsi que Bernhard Becker furent expulsés de Prusse en juillet 1865. Depuis l’été 1862, Liebknecht était revenu à Berlin, après 13 ans d’exil. L’amnistie de 1860 le lui permettait. Il obéissait à l’appel du vieux révolutionnaire August Brass, dont en même temps qu’Engels il avait fait la connaissance en Suisse, et qui, comme il a déjà été dit, avait fondé à Berlin, à l’été 1862 un journal démocratique grand-allemand, le Journal général de l’Allemagne du Nord. Pour la rédaction, on avait recruté Robert Schweichel et Liebknecht, ce dernier pour la politique étrangère. Aucun des deux n’avait le moindre doute sur la personnalité de Brass : n’avait-il pas fait partie des révolutionnaires les plus radicaux ? Mais, lorsqu’en septembre 1862 Bismarck devint ministre-président, tous deux découvrirent bien vite que quelque chose n’allait pas. Le soupçon se confirma lorsqu’un jour le hasard voulut que Schweichel reçoive pour Brass, d’un coursier du ministère un texte dont le contenu, comme le signala le coursier, devait être immédiatement publié. Tous deux démissionnèrent et quittèrent la rédaction. Comme Liebknecht le déclarait publiquement à l’occasion, un an après qu’ils avaient quitté  le Journal de l’Allemagne du Nord, Lassalle lui reprochait encore d’avoir renoncé à sa situation. Liebknecht, qui à l’époque, avait une femme et deux enfants qu’il avait fait venir de Londres à Berlin, gagnait maintenant sa vie comme correspondant pour plusieurs journaux. Lorsque je fis sa connaissance, il écrivait entre autres pour le Courrier du Haut-Rhin de Fribourg en Bade, pour le Quotidien démocratique de Rechbauer à Graz et pour l’Hebdomadaire allemand de Mannheim, dont il ne touchait cependant presque pas d’honoraires. Il faisait des conférences publiques, en particulier dans les associations berlinoises des typographes et dans celles des tailleurs, mais aussi dans des assemblées populaires et ouvrières où il combattait la politique de Bismarck, politique dont il considérait que J.B. von Schweitzer, le rédacteur du Social-Démokrat, était l’écuyer.

Après son expulsion, il alla d’abord à Hanovre, où Schweichel avait trouvé une place de rédacteur aux Annonces du Hanovre. Mais comme il n’y avait rien pour lui, il alla à Leipzig où, un jour, début août, il me fut présenté par Eras, qui était à l’époque rédacteur du Journal populaire de l’Allemagne du Centre. Liebknecht, dont je connaissais par les journaux l’activité et l’expulsion, m’intéressait bien sûr très vivement. Il avait quarante ans, mais possédait le feu et la vitalité d’un jeune homme. Tout de suite après nous être salués, nous entamâmes une discussion politique dans laquelle il attaqua et caractérisa avec une telle véhémence et une telle brutalité le Parti du progrès, et en particulier ses chefs, que moi qui pourtant ne voyait plus en eux de petits saints, j’en restais tout interdit. Cependant, c’était un être d’exception et sa rudesse ne nous empêcha pas de devenir amis.

Pour nous en Saxe, Liebknecht arrivait à point. En juillet, à la conférence régionale de Glauchau, nous avions décidé d’envoyer des prédicateurs itinérants. Mais c’était plus facile à dire qu’à faire, car on n’avait pas les personnes adéquates, dont le mode de vie permettait une telle activité. Liebknecht se mit volontiers à notre disposition pour ces tournées de conférences. Dans l’association d’éducation ouvrière aussi, il était le bienvenu comme conférencier, et bientôt ses conférences furent les plus fréquentées de toutes. De plus, dans l’association, d’éducation, il se chargea des cours d’anglais et de français. Il parvint ainsi peu à peu à gagner sa vie, à vrai dire très modestement. Néanmoins, comme je l’appris plus tard, il était obligé de vendre au bouquiniste plus d’un bon livre. Sa situation empira encore du fait que sa (première) femme était poitrinaire et aurait eu besoin de soins sérieux. De l’extérieur, on ne remarquait pas que Liebknecht avait des soucis, à le voir et à l’entendre, on ne pouvait s’empêcher de croire qu’il se trouvait dans une situation satisfaisante.

Il fit sa première tournée de propagande dans l’Erzgzbirge inférieur, en particulier dans les villages ouvriers du Mülsengrund, ce qui lui permit de préparer sa future candidature au Parlement de l’Allemagne du Nord. Comme j’entreprenais moi aussi souvent des voyages de propagande et qu’à partir de là, nous avions la plupart du temps des attitudes communes dans toutes les questions politiques, nos noms furent de plus en plus cités en public, au point que l’on nous considéra en fin de compte comme inséparables. Cela alla si loin que, lorsque dans la deuxième moitié des années 70, un camarade devint mon associé, il nous arrivait parfois des lettres d’affaires adressées non pas à Issleib&Bebel, mais à Liebknecht&bebel, ce qui à chaque fois nous faisait rire.

Dans ces pages, j’aurai assez souvent à mentionner Liebknecht, mais je ne peux pas donner ici une description de sa vie. Quiconque s’y intéressera trouvera de plus amples détails dans le livre Le procès pour haute trahison contre Liebknecht, Bebel et Hepner, et dans la brochure de Kurt Eisner Wilhelm Liebknecht. Ces deux publications sont parues à la librairie Vorwärts.

Son tempérament de combattant né était porté par un optimisme inébranlable, sans lequel on ne peut atteindre de grands objectifs. Aucun coup, aussi dur soit-il, porté contre lui ne pouvait un seul instant le décourager ou lui faire perdre son sang-froid. Rien ne le décontenançait, il savait toujours comment s’en sortir. Contre les attaques des adversaires, sa devise était : à coquin, coquin et demi. Intraitable et brutal face aux adversaires, face aux amis et aux camarades il était toujours un bon camarade, qui cherchait à aplanir les oppositions existantes. 

… C’était un homme de fer avec une âme d’enfant. Lorsque Liebknecht mourut, le 7 août 1900, il y avait trente-cinq ans jour pour jour que nous avions fait connaissance.

 "C’était un homme de fer avec une âme d’enfant". Wilhelm Liebknecht vu par Bebel
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20 décembre 2025 6 20 /12 /décembre /2025 12:34

Nous nous acheminons vers la célébration du bicentenaire de la naissance de Wilhelm Liebknecht. Le blog a déjà commencé la publication de textes, en particulier en français, ceux-ci sont presque inexistants sur  le net. Ce texte en allemand est issu du site marxist.org.

Traduction avec l'aide de deepl. Merci de toute amélioration

D.V.P.

Note originelle à propos de ce texte : "1. Le 18 mars de cette année, Wilhelm Liebknecht quitte la prison. À cette date paraîtra un ouvrage commémoratif intitulé  « Zum Jubeljahr der Märzrevolution » (À l'occasion du centenaire de la révolution de mars), qu'il a rédigé l'été d’avant à la demande de la direction du parti. Grâce à l'aimable autorisation de l'éditeur (librairie Vorwärts, Berlin), nous sommes en mesure de proposer à nos lecteurs la conclusion de cet ouvrage intéressant.

Contexte biographique : " En 1895, [Wilhelm Liebknecht] fut condamné à quatre mois de prison pour crime de lèse-majesté. Il purgea cette peine en 1897-1898 à la prison de Plötzensee et à sa sortie, qui coïn­cidait avec le cinquantième anniversaire de la révolution de 1848, les ouvriers ber­linois firent un accueil triomphal à celui que l’on appelait, mi-respectueusement, mi-affectueusement, le « vieux » du parti. Le 29 juillet 1900, il prononça son dernier grand discours, à Dresde, par lequel il condamna la politique navale du Reich, flétrit la rapacité des puissances impérialistes et répondit au discours de Guil­laume II, prononcé deux jours plus tôt, qui devint tristement célèbre sous le vocable Hunnenrede. Huit jours plus tard, il mourut pendant son sommeil. Sa mort souleva une émotion immense, tant en Allemagne qu’en Europe" cf. Maitron

Texte inédit en français de Wilhelm Liebknecht. "La révolution est morte. Vive la révolution !" 1898

... Pas de doute : la révolution était morte ! Morte et mise en bière ou ensevelie sans autre forme de procès. À Berlin, étranglée et enterrée sans combat et sans bruit. À Vienne, réduite en poussière et en plomb et ensevelie sans autre forme de procès — à Rastatt, Mannheim, Fribourg, fusillée et ensevelie sans autre forme de procès. À Francfort, plus de parlement, et le Bundestag se remettant à son ancien travail de bourreau et de sbire. À Vienne et à Berlin, le triumvirat : la soldatesque, la police, le clergé (ici tondu, là coiffé). À Berlin et à Vienne, les orgies sauvages de la soif de puissance dynastique au détriment du peuple allemand et de la patrie. Les constitutions sont brisées et remplacées par des caprices réactionnaires et l'arbitraire imposés au peuple soumis — la presse est détruite, ce qui ne mérite pas d'être détruit est bâillonné, le droit d'association est transmis avec une corde autour du cou de la servilité ambitieuse des fonctionnaires – l'Allemagne redevenue un cimetière, comme après la guerre de Trente Ans – partout la paix des cimetières. Du cimetière et de la prison. Et comme elles étaient pleines, les prisons ! – car ceux qui, parmi les plus nobles de la nation, n'avaient pas trouvé la mort derrière les barricades, sur les champs de bataille, dans les tranchées dderrière les tas de sable, ou qui ne s'étaient pas enfuis à l’étranger, remplissaient les prisons.

C'était l'époque de la réaction la plus sombre, comme le déplorait alors la démocratie bourgeoise vaincue, sans se douter qu'avant la fin du quart de siècle, elle-même – à quelques rares exceptions près – applaudirait un régime réactionnaire et y participerait, un régime à côté duquel cette « réaction la plus sombre » apparaîtrait presque comme une ère libérale.

Ce miracle fut accompli par une autre révolution, une révolution plus grande et plus profonde que celles qui avaient échoué à Vienne, Berlin, Dresde, Baden et dans le Palatinat.

Par un étrange concours de circonstances, la fin de la révolution de mars marqua le début d'une nouvelle révolution, qui recelait en elle-même des forces de renversement et de création bien plus puissantes. La révolution politique fut suivie d'une révolution économique qui, sur le moments, favorisa les ennemis de la révolution politique et encouragea la réaction, mais qui, dans le même temps, sapa et emporta les fondements sur lesquels reposait la réaction et donna naissance à une force qui renversera l’Empire de la réaction et rendra

Selon la conception matérialiste du monde et de l'histoire de la social-démocratie – dite matérialiste parce qu'elle rejette les facteurs suprasensibles et extrasensoriels –, les formes et les institutions politiques et sociales sont conditionnées par les formes et les modes de travail nécessaires à la subsistance des êtres humains. Une société dans laquelle les outils de travail (arc et flèches, filets, métier à tisser, fuseau, branche d'arbre carbonisée servant de soc de charrue) sont si simples que tout le monde peut les fabriquer, et les méthodes de travail si faciles que tout le monde peut les apprendre, doit avoir une forme différente d'une société dans laquelle les outils de travail sont si variés et si sophistiqués que seuls quelques-uns peuvent les fabriquer et les acquérir. Un peuple de bergers ne peut pas avoir les mêmes institutions étatiques et sociales qu'un peuple d'agriculteurs, ni un peuple d'agriculteurs qu'un peuple industriel. Le remplacement des formes de production dépassées par des formes plus efficaces entraîne également la nécessité de modifier les institutions étatiques et sociales. La révolution anglaise du XVIIe siècle et la révolution française du XVIIIe siècle ont été le résultat du dépassement du mode de production féodal médiéval par le mode de production bourgeois. Mais le bouleversement économique le plus important et le plus profond de tous les temps est sans doute celui provoqué par le capitalisme moderne. Il a détruit l'ancienne structure sociale bien plus profondément que la Révolution française n'a détruit la structure de l'État. Il a séparé le travail des moyens de production à tel point que seule une infime minorité possède ces moyens et que la masse des gens est condamnée à être au service de cette minorité ; en concentrant les moyens de production entre quelques mains, il a augmenté de manière gigantesque le rendement du travail et condamné les masses à la misère ; il a, au nom de la propriété, dépouillé de sa propriété l'immense majorité du peuple ; dans sa soif vorace de main-d'œuvre exploitable, il a traîné les enfants et les femmes dans les usines, dissout les familles, bouleversé la population à tel point que les migrations des peuples au début de l'ère chrétienne sont insignifiantes par rapport à la grande migration de peuples du capitalisme, qui, rien qu'en Allemagne, a poussé au moins 10 millions de personnes à quitter la campagne pour la ville au cours des trois dernières décennies, sans parler de la migration vers l'étranger, qui se compte également en millions. L'Allemagne, qui était à la fin des années 40 un pays agricole – 3/5 des habitants de la Confédération allemande et 2/3 des habitants de la Prusse vivaient à la campagne – est aujourd'hui un pays industriel avec une population majoritairement urbaine ; et la grande entreprise capitaliste, qui n'en était alors qu'à ses débuts dispersés en Rhénanie-Westphalie – dans les deux autres centres industriels de l'Allemagne, la Saxe et la Silésie, c'était l'artisanat qui dominait –, a aujourd'hui surpassé, supplanté et condamné à disparaître la petite entreprise bourgeoise dans toute l'Allemagne. Une révolution matérielle aussi gigantesque devait bien sûr entraîner une révolution dans les esprits. Les anciens slogans et mots d'ordre ont perdu leur signification, les anciens principes des partis se sont estompés, les anciens idéaux des partis se sont effacés. La bourgeoisie est devenue différente.

Jusqu'à la fin des années 1840, la bourgeoisie allemande, depuis qu'elle s'était éveillée à la vie politique, avait été libérale et démocratique. L'expression « liberté bourgeoise » correspondait à la notion de liberté politique. Mais avec le développement du capitalisme, une couche sociale émergea de la vaste bourgeoisie qui, se démarquant de son environnement, devint rapidement un monde à part, avec d'autres intérêts, d'autres points de vue, d'autres objectifs : la grande bourgeoisie capitaliste, la bourgeoisie. C'est un processus commun à tous les pays civilisés, notamment l'Allemagne et la France. La bourgeoisie n'a plus rien du libéralisme et de l'idéalisme bourgeois. Elle déteste la liberté bourgeoise. Elle renie les idéaux de jeunesse de la grande Révolution française, de la Révolution de juillet, des révolutions de février et de mars. La révolution économique qu'elle a elle-même provoquée et à laquelle elle doit sa domination sur l'État et la société a complètement bouleversé sa position politique et poussé la bourgeoisie devenue capitaliste du côté de la réaction, c'est-à-dire du côté des éléments qui s'efforcent d'abuser du pouvoir de l'État pour combattre les nouvelles couches populaires qui luttent pour leur émancipation politique et sociale – du côté de la même réaction qui, il y a 50 ans, détestait et craignait la bourgeoisie, qui n'était pas encore devenue capitaliste, comme le diable incarné. Cette contradiction apparente s'explique très simplement. À l'époque, la bourgeoisie était elle-même la nouvelle classe sociale qui aspirait à l'émancipation et au pouvoir politique. Aujourd'hui, la bourgeoisie devenue capitaliste détient non seulement le pouvoir dans l'État, mais aussi, de fait, la domination ; et une nouvelle classe sociale, dont les intérêts et les objectifs sont diamétralement opposés à ceux de la bourgeoisie capitaliste, lutte pour son émancipation politique et sociale : le prolétariat, dont l'égalité des droits signifie la fin du capitalisme.

La bourgeoisie s'est ainsi réconciliée avec son ennemi mortel : l'État junker, policier et militaire ; elle renonce au pouvoir politique direct et se contente de la domination économique, qui rend l'État servile et tributaire, même s'il est en nom gouverné par des éléments non bourgeois. Ce dont le capitalisme avait besoin, c'était d'un gouvernement fort, c'est-à-dire exactement le contraire de la démocratie – un gouvernement qui réprimait d'une main de fer les ennemis du capitalisme et mettait à sa disposition l'ensemble du pouvoir et de la richesse de l'État – un gouvernement qui, en tant qu'agent du capitalisme, s'occupait à tous égards de ses affaires et repoussait les assauts du prolétariat, en d'autres termes : la dictature du capitalisme.

Cette dictature existe en France depuis décembre 1848, en Allemagne depuis l'automne 1862. Elle s'incarnait là-bas dans Bonaparte, ici dans Bismarck.

Alors que, d'un côté, le développement capitaliste favorise la réaction politique et la pousse à l'extrême, de l'autre, il libère et crée, par la révolution économique, des forces qui, se multipliant et se renforçant de jour en jour, arrachent leurs soutiens et leur base à la réaction politique et, s'appuyant sur la révolution économique, préparent la révolution sociale etpolitique qui balaiera les obstacles à la réalisation du socialisme.

Cette force élémentaire, c'est la classe ouvrière, dont l'exploitation fait vivre le capitalisme, ce sont les couches moyennes de la population : la petite bourgeoisie, les petits paysans, les artisans, que le capitalisme prive de propriété et d'existence par la concurrence écrasante des grandes entreprises et qui, avec les ouvriers, forment l'armée toujours croissante du prolétariat.

Et cette armée, à laquelle l'activité du capitalisme, réactionnaire sur le plan politique et révolutionnaire sur le plan économique, fournit sans cesse, malgré toute son hostilité, de nouvelles recrues, s'organise sous la bannière du socialisme international dans tous les pays du monde. Elle comprend déjà aujourd'hui l'ensemble des travailleurs réfléchis et conscients de leur classe, ainsi que les éléments les plus nobles des classes bourgeoises. La « question » interne à la nation ne peut plus semer la confusion et détourner l'Allemagne de son chemin. Après l'échec de la deuxième tentative de réunification du Reich par le bas en 1848/49, tout comme la première tentative à l'époque de la grande guerre des paysans en 1520, il ne restait plus que la solution dynastique. Après des querelles répugnantes et des manœuvres frauduleuses avec l'étranger, les lois d’airain de la guerre et les fausses cartes de la diplomatie ont décidé en faveur de la dynastie des Hohenzollern contre les Habsbourg. Mais qui est satisfait ? Et qui ne sait pas aujourd'hui que derrière la question politique se cache la question sociale, qui les domine toutes et les obscurcit ?

On a comparé la période actuelle à celle qui a précédé le déclenchement de la Révolution française, où la transformation économique poussait irrésistiblement à une transformation politique. Tout comme la société féodale à l'époque, la société bourgeoise est aujourd'hui en pleine dissolution. Et la société bourgeoise est encore plus en contradiction flagrante avec les intérêts du peuple. L'augmentation de la productivité du travail n'enrichit qu'une minorité et condamne les masses à la pauvreté ; la lutte des classes s'intensifie de jour en jour ; l'État, sous la tutelle du roi, reste muet et doit prêter ses moyens de pouvoir au capitalisme. Toutes les tentatives des partis capitalistes pour perpétuer cet état de choses échouent face à la logique des faits, qui plongent des masses toujours plus nombreuses dans la misère et dans la lutte contre le capitalisme. À l'image des conditions qui l'ont fait naître, le parti socialiste ouvrier est international. Pour lui, il n'existe que deux peuples : les oppresseurs et les opprimés, les exploiteurs et les exploités. En Allemagne, malgré les persécutions les plus cruelles et les plus brutales, la social-démocratie est devenue le plus puissant de tous les partis – l'axe autour duquel, de l'aveu même du chancelier Caprivi, tourne la vie politique de l'Empire – et suffisamment forte pour pouvoir affronter victorieusement une coalition des partis capitalistes. Et pour ceux qui savent évaluer les forces en présence, la victoire de la social-démocratie est le résultat d'un simple calcul arithmétique. Alors que la social-démocratie se développe dans tous les pays du monde et forme une seule grande armée, le capitalisme perd déjà la capacité d'imposer aux travailleurs le joug de l'exploitation de manière si stricte qu'ils doivent travailler sous sa coupe. Les grèves géantes des mineurs de charbon anglais, et plus récemment des ouvriers de la construction mécanique anglaise, qui ont paralysé pendant longtemps deux des branches industrielles les plus importantes, sont autant de preuves que le capitalisme n'est plus en mesure de diriger le travail de la société humaine à long terme, que les jours de sa domination sont comptés. Le prolétariat n'est certes pas aussi heureux que l'était la bourgeoisie française à la fin du siècle dernier : celle-ci était porteuse du savoir, de la science et de l'art lorsqu'elle a entamé sa lutte pour l'émancipation ; le prolétariat, quant à lui, est exclu du temple de la science et de l'art par l'esclavage économique. Mais la conscience de classe, la conscience de l'injustice et de la misère économiques et sociales, ainsi que la compréhension de leurs causes, vivent et agissent dans tous les travailleurs réfléchis – et la poigne de fer des circonstances les pousse à la victoire et brise les armes de l'ennemi. Dieu frappe d'aveuglement ceux qu'il veut perdre. Cette maxime est particulièrement vraie si l'on observe les agissements des dirigeants actuels qui, passant d'erreur en erreur, sont incapables de résoudre les questions politiques les plus simples. Il suffit de penser à la farce du concert européen et à la confusion babylonienne qui règne en Autriche. « Plus rien ne fonctionne. »

Le 18 mars de Berlin, qui fut une victoire de la démocratie, a été suivi, 23 ans plus tard, par le 18 mars de Paris, qui fut un triomphe, mais pas encore une victoire du socialisme.

Le 18 mars de Berlin et le 18 mars de Paris seront suivis d'un nouveau printemps des peuples, le printemps de l'humanité, qui couronnera l'œuvre du premier et consacrera la victoire du second. Et aucune puissance sur terre ne pourra l'arrêter.

La social-démocratie allemande l'attend et le prépare en se préparant elle-même.

Traduit avec l'aide de DeepL.com (version gratuite)

 

Die Revolution ist todt.
EsDie lebe die Revolution!
Zum 18. März [1]
(März 1898)

Quelle: Sozialistische Monatshefte, Jg. 1898, Nr.3, März 1898, pp.99-103.
Transkription u. HTML-Markierung:
Einde O’Callaghan für das Marxists’ Internet Archive.


... Kein Zweifel: sie war todt, die Revolution! Todt und eingesargt oder verscharrt. In Berlin ohne Kampf und Lärm erdrosselt und eingesargt. In Wien zu Pulver und Blei begnadigt und verscharrt — in Rastatt, Mannheim, Freiburg standrechtlich erschossen und verscharrt. In Frankfurt kein Parlament mehr, und der Bundestag sich wieder aufrichtend zur alten Büttel- und Henkerarbeit. In Wien und Berlin das Triumvirat: Soldateska, Polizei, Pfaffenthum (dort geschoren, hier gescheitelt). In Berlin und Wien die wilden Orgien dynastischer Grossmachtssucht auf Kosten des deutschen Volkes und Vaterlandes. Die Verfassungen zerbrochen und an ihrer Stelle Wechselbälge reaktionärer Laune und Willkür dem Unterthanenvolk in die Wiege gelegt — die Presse zerstört, das nicht Zerstörenswerthe geknebelt, das Vereinsrecht mit einem Strick um den Hals der streberischen Beamtenservilität überliefert – Deutschland wieder ein Kirchhof, wie nach dem dreissigjährigen Krieg – überall die Ruhe des Kirchhofes. Des Kirchhofes und des Zuchthauses. Und wie waren sie vollgepfropft die Zuchthäuser – denn was von den Edelsten der Nation nicht hinter den Barrikaden, auf den Schlachtfeldern, in den Laufgräben vor dem Sandhaufen den Tod gefunden, oder ins Ausland entflohen war, das sass im Zuchthaus. — —

Es war die Zeit der schwärzesten Reaktion, wie die besiegte bürgerliche Demokratie damals wehklagte, nicht ahnend, dass vor Ablauf eines Vierteljahrhunderts sie selber – mit seltenen Ausnahmen. – einer Reaktion zujubeln und an einer Reaktion mitarbeiten werde, neben der jene „schwärzeste Reaktion" fast als liberale Aera erscheint.

Dieses Wunder wurde durch eine andere Revolution bewirkt, eine Revolution, grösser und tiefer als die, welche in Wien, Berlin, Dresden; Baden und der Pfalz erlegen war.

Durch ein merkwürdiges Zusammentreffen von Umständen war das Ende der Märzrevolution der Beginn einer neuen Revolution, die ungleich stärkere Kräfte des Umsturzes und des Schaffens in sich barg. Der politischen folgte die ökonomische Revolution, welche für den Augenblick den Feinden der politischen Revolution Vorschub leistete und die Reaktion förderte, aber zugleich den Böden unterhöhlte und wegschwemmte, auf welchem die Reaktion ruhte, und eine Macht ins Leben rief, welche das Reich der Reaktion stürzen und dessen Wiederaufrichtung für immer unmöglich machen wird.

Nach der materialistischen Welt- und Geschichtsauffassung der Sozialdemokratie – materialistisch genannt, weil sie die über- und aussersinnlichen Faktoren zurückweist – sind die politischen und gesellschaftlichen Formen und Einrichtungen bedingt durch die Formen und Weisen der zur Erhaltung der Menschen nothwendigen Arbeit. Eine Gesellschaft, in welcher die Arbeitsmittel (Pfeil und Bogen, Netz, Webebaum, Wirtel, angekohlter Baumast als Pflugschaar) so einfach sind, dass Jeder sie herstellen, und die Arbeitsmethoden so leicht, dass Jeder sie erlernen kann, muss eine andere Gestalt haben, als eine Gesellschaft, in der die Arbeitsmittel so mannigfaltig und so kunstvoll zusammengesetzt sind, dass die Herstellung und Erwerbung nur Wenigen möglich ist. Ein Hirtenvolk kann nicht dieselben staatlichen und gesellschaftlichen Einrichtungen haben, wie ein Ackerbauvolk; ein Ackerbauvolk nicht wie ein Industrievolk. Mit der Verdrängung überlebter Produktionsformen durch höhere ergiebt sich auch die Notwendigkeit veränderter staatlicher und gesellschaftlicher Einrichtungen. Die englische Revolution des 17., die französische Revolution des 18. Jahrhunderts waren die Folge des Hinauswachsens der bürgerlichen Produktionsform über die mitteralterlich feudale. Die grösste und tiefstgreifende wirthschaftliche Umwälzung wohl aller Zeiten ist aber die, welche der moderne Kapitalismus bewirkt hat. Er hat den alten Gesellschaftsbau weit gründlicher zerstört, als die französische Revolution den Bau des Staates. Er hat die Arbeit so vollständig von den Arbeitsmitteln getrennt, dass nur noch eine winzige Minderheit im Besitz der Arbeitsmittel und die Masse der Menschen zur Dienstbarkeit gegenüber diesen Wenigen verurtheilt ist; er hat durch Konzentrirung der Arbeitsmittel in wenig Händen den Ertrag der Arbeit riesenhaft gesteigert und die Massen dem Elend geweiht; er hat im Namen des Eigenthums das Eigenthum der ungeheuren Mehrzahl des Volkes geraubt; er hat in seinem Heisshunger nach auszubeutender Arbeitskraft die Kinder und Frauen in die Fabrik geschleppt, die Familie aufgelöst, die Bevölkerung dermassen herumgewirbelt, dass die Völkerwanderungen zu Anfang der christlichen Aera eine Kleinigkeit sind gegen die grosse Völkerwanderung des Kapitalismus, der in Deutschland allein binnen der letzten drei Jahrzehnte mindestens 10 Millionen Menschen vom Lande in die Stadt getrieben hat, – der Völkerwanderung ins Ausland, die ebenfalls nach Millionen zählt, nicht zu erwähnen. Deutschland, das Ende der vierziger Jahre ein Ackerbaustaat war – im deutschen Bund wohnten 3/5, in Preussen allein 2/3 der Einwohner auf dem Lande – ist heute ein Industriestaat mit überwiegend städtischer Bevölkerung; und der kapitalistische Grossbetrieb, der damals blos in Rheinland-Westfalen zerstreute Anfänge zeigte – in den beiden anderen Industrie-Mittelpunkten Deutschlands, Sachsen und Schlesien, herrschte die Hausindustrie – hat heute in ganz Deutschland den bürgerlichen Kleinbetrieb überflügelt, überwunden, auf den Aussterbe-Etat gesetzt. Eine so ungeheure materielle Revolution musste selbstverständlich auch eine Revolution in den Geistern zur Folge haben. Die alten Stich- und Schlagworte verloren ihre Bedeutung, die alten Partei-Prinzipien verwischten sich – die alten Partei-Ideale verblassten. Das Bürgerthum wurde ein anderes.

Bis Ende der vierziger Jahre war das deutsche Bürgerthum, seit und soweit es zum politischen Leben erwacht war, liberal, demokratisch gewesen. Der Ausdruck „bürgerliche Freiheit" deckte sich mit dem Begriff der politischen Freiheit. Mit der Entwickelung des Kapitalismus tauchte aber aus der breiten Fläche des Bürgerthums eine Schicht empor, die, von ihrer Umgebung sich abhebend, schnell eine Welt für sich wurde, mit anderen Interessen, anderen Gesichtspunkten, anderen Zielen: das kapitalistische Grossbürgerthum, die Bourgeoisie. Es ist das ein Vorgang, der allen Kulturländern gemein ist, namentlich Deutschland und Frankreich. Die Bourgeoisie hat nichts mehr in sich von bürgerlichem Liberalismus und Idealismus. Sie hasst die bürgerliche Freiheit. Sie verleugnet die Jugendeseleien der grossen französischen Revolution, der Julirevolution, der Februar- und Märzrevolution. Die ökonomische Revolution, welche sie selbst herbeigeführt hat und der sie ihre Obmacht über Staat und Gesellschaft verdankt, hat.ihre politische Stellung völlig verschoben, und das kapitalistisch gewordene Bürgerthum auf Seiten der Reaktion gedrängt, das heisst der Elemente, welche die Staatsmacht zur Bekämpfung der für ihre politische und soziale Emanzipation kämpfenden neuen Volksschichten zu missbrauchen bemüht sind – auf Seiten derselben Reaktion, die das Bürgerthum, noch nicht kapitalistisch geworden, vor 50. Jahren als den Gottseibeiuns hasste und fürchtete. Der scheinbare Widerspruch erklärt sich sehr einfach. Damals war. das Bürgerthum selber die neue Volksschicht, die nach Emanzipation und politischer Macht strebte, heute hat das kapitalistisch gewordene Bürgerthum nicht blos die Macht im Staate, sondern thatsächlich auch die Herrschaft; und eine neue Bevölkerungsschicht, deren Interessen und Ziele denen des. kapitalistischen Bürgerthums schnurstracks zuwiderlaufen, ringt um ihre politische und soziale Emanzipation, – das Proletariat, dessen Gleichberechtigung das Ende des Kapitalismus ist.

So hat das Bürgerthum sich denn mit seinem Todfeind: dem Junker-, Polizei- und Militärstaat ausgesöhnt; es verzichtet auf die direkte politische Regierungsgewalt und begnügt sich mit der ökonomischen Herrschaft, welche ihm den Staat dienstbar und tributpflichtig macht, auch wenn er nominell von nicht bürgerlichen Elementen regiert wird. Was der Kapitalismus brauchte, das war eine starke Regierung, also das gerade Gegentheil der Demokratie – eine Regierung, die mit starker Faust die Feinde des Kapitalismus niederhielt und diesem die Gesammtmacht und den Gesammtreichthum des Staates zur Verfügung stellte – eine Regierung, die, als Agentin des Kapitalismus in jeder Hinsicht dessen Geschäfte besorgt und den Ansturm des Proletariats abwehrt, – mit anderen Worten: die Diktatur des Kapitalismus.

Diese Diktatur haben wir in Frankreich seit Dezember 1848, in Deutschland seit Herbst 1862. Dort verkörperte sie sich in Bonaparte, hier in Bismarck.

Während so auf der einen Seite die kapitalistische Entwickelung die politische Reaktion begünstigt und auf die äusserste Spitze treibt, entfesselt und schafft sie auf der anderen Seite durch die ökonomische Revolution Kräfte, die, von Tag zu Tag sich mehrend und stärkend, der politischen Reaktion ihre Stützen und den Boden abringen und, fussend auf der ökonomischen Revolution, die sozialpolitische Revolution vorbereiten, welche die der Verwirklichung des Sozialismus im Wege stehenden Hindernisse fortschwemmt.

Diese Elementarkraft ist die Arbeiterklasse, von deren Ausbeutung der Kapitalismus lebt, sind die mittleren Schichten der Bevölkerung: Kleinbürger, Kleinbauern, Handwerker, die der Kapitalismus durch die erdrückende Konkurrenz des Grossbetriebes eigenthums- und existenzlos macht und die, zusammen mit den Arbeitern, die stets anschwellende Armee des Proletariats bilden.

Und diese Armee, der die politisch reaktionäre, ökonomisch revolutionäre Thätigkeit des Kapitalismus, trotz aller Feindschaft, unablässig neue Rekruten zuführt, zuführen muss, organisirt sich unter dem Banner des internationalen Sozialismus in allen Ländern der Erde. Sie umfasst heute schon die gesammte denkende und klassenbewusste Arbeiterschaft, sowie die edelsten Elemente der bürgerlichen Klassen. Die inner-nationale „Frage" kann nicht mehr verwirren und Deutschland vom Weg ablenken. Nachdem der zweite Versuch, die Reichseinheit von unten herbeizuführen, im Jahre 1848/49 ebenso gescheitert war wie der erste Versuch zur Zeit des grossen Bauernkrieges im Jahre 1520, blieb nur noch die dynastische Lösung. Nach ekelhafter Katzbalgerei und widerlichster Mogelei mit dem Ausland haben die eisernen Würfel des Krieges und die Falschkarten der Diplomatie für die Hohenzollerndynastie gegen die Habsburger entschieden. Wer aber ist zufrieden? Und wer weiss heute nicht, dass hinter der politischen Frage die soziale Frage steht, sie alle überragend, verdunkelnd?

Man hat die heutige Zeit mit der vor Ausbruch der französischen Revolution verglichen, wo die wirtschaftliche Umgestaltung einer politischen Umgestaltung unwiderstehlich zudrängte. Wie damals die feudale, so ist heute die bürgerliche Gesellschaft in der Auflösung begriffen. Und die bürgerliche Gesellschaft ist noch in schreienderen Gegensatz zu den Interessen des Volkes gerathen. Die gesteigerte Produktivität der Arbeit bereichert nur Wenige, verhängt Armuth über die Massen; der Klassenkampf steigert sich von Tag zu. Tag; der Staat ist unter der Kuratel des Königs Stumm und muss seine Machtmittel dem Kapitalismus leihen. Alle Versuche der kapitalistischen Parteien, diese Zustände zu verewigen, scheitern an der Logik der Thatsachen, die immer grössere Massen ins Elend und in den Kampf gegen den Kapitalismus wirft. Wie die Zustände, äusi denen sie hervorgewachsen, ist die sozialistische Arbeiterpartei international. Für sie giebt es nur zwei Völker: die Unterdrücker und die Unterdrückten, die Ausbeuter und die Ausgebeuteten. In Deutschland ist die Sozialdemokratie trotz grausamster und brutalster Verfolgungen die Stärkste aller Parteien geworden – die Achse, um welche nach dem Eingeständniss des Kanzlers Caprivi das politische Leben des Reiches sich dreht – und stark genug, um auch einer Koalition der kapitalistischen Parteien siegreich die Stirn bieten zu können. Und wer die Kräfte hüben und drüben zu berechnen versteht, für den ist der Sieg der Sozialdemokratie das Facit eines Rechenexempels. Während die Sozialdemokratie wächst, in allen Ländern der Erde wächst und eine einzige grosse Armee bildet, verliert der Kapitalismus schon die Fähigkeit, das Joch der Ausbeutung den Arbeitern so fest aufzulegen, dass sie unter seiner Fuchtel für ihn arbeiten müssen. Die Riesenstreiks der englischen Kohlenarbeiter, neuerdings der englischen Maschinenbau-Arbeiter, durch welche Streiks und Lockouts zwei der wichtigsten Industriezweige auf längere Zeit zum Stillstand gebracht wurden, sind ebensoviele Beweise dafür, dass der Kapitalismus die Arbeit der menschlichen Gesellschaft nicht mehr auf lange zu leiten vermag, dass die Tage seiner Herrschaft gezählt sind. So glücklich wie die französische Bourgeoisie am Ende des vorigen Jahrhunderts ist freilich das Proletariat nicht – jene war die Trägerin des Wissens, der Wissenschaft und Kunst, als sie den Emanzipationskampf begann; dieses ist durch die ökonomische Sklaverei aus dem Tempel der Wissenschaft und Kunst ausgesperrt. Doch das Klassenbewustsein, das Bewustsein des ökonomischen und sozialen Unrechts und Elends und die Erkenntniss der Ursachen desselben lebt und wirkt in allen denkenden Arbeitern – und die Eisenfaust der Verhältnisse treibt sie zum Sieg und zerbricht die Waffen des Feindes. Wen Gott verderben will, den schlägt er mit Blindheit. Wie wahr dieser Spruch, das zeigt das Treiben der Gewalthaber von heute, die, von Fehlern zu Fehlern eilend, die einfachsten Fragen der Politik nicht erledigen können. Man denke nur an die Posse des europäischen Konzerts und an die babylonische Sprachenverwirrung in Oesterreich. „Es will nichts mehr gelingen."

Die Welt aber geht vorwärts.

Dem achtzehnten März von Berlin, der ein Sieg der Demokratie war, ist 23 Jahre nachher der achtzehnte März von Paris gefolgt, der ein Triumph, doch noch kein Sieg des Sozialismus war.

Dem achtzehnten März von Berlin und dem achtzehnten März von Paris wird ein neuer Völkerfrühling, der Menschheitsfrühling folgen, der das Werk des ersten krönen und dem Triumph des zweiten die Weihe des Sieges geben wird. Und keine Macht der Erde wird ihn aufhalten.

Die deutsche Sozialdemokratie erwartet ihn und bereitet ihn vor, indem sie sich vorbereitet.


Fußnote der Redaktion

1. Am 18. März d.J. verlässt Wilhelm Liebknecht das Gefängniss. Zu diesem Tage wird aus seiner Feder eine Festschrift Zum Jubeljahr der Märzrevolution erscheinen, die er im Auftrage des Parteivorstandes im vorigen Sommer verfasst hat. Durch das freundliche Entgegenkommen des Verlages (Buchhandlung Vorwärts, Berlin) sind wir in der Lage, den Schluss-Abschnitt der interessanten Schrift unseren Lesern hier bieten zu können.

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15 septembre 2025 1 15 /09 /septembre /2025 19:02
Wilhelm Liebknecht, "La Commune de Paris  a le droit de se défendre". Avis rédigé le 27 mai 1871 publié le 31mai dans le Volksstaat. (4)

Textes de Wilhelm Liebknecht, en hommage, pour le 125e anniversaire de sa disparition. L'un de ses plus beaux textes.

 

Les orgies sanglantes de la réaction monarchiste-capitaliste se poursuivent ; elle patauge dans le sang jusqu'aux genoux pour planter l'étendard de l'« ordre » sur les ruines fumantes de Paris. Elle n'a pas encore atteint son but, après six jours de combats de rue, les quartiers ouvriers proprement dits sont encore invaincus, et les dernières dépêches laissent même clairement entendre que les troupes versaillaises ont subi une grave défaite à l'assaut de Belleville.Les dépêches télégraphiques déroulent un tableau d'horreur, mais plein de sombre grandeur.

C'est avec une admiration frémissante que nous voyons se reproduire sous nos yeux, à une échelle plus grande, une de ces terribles tragédies des peuples de l'antiquité, comme le fut la chute de Carthage et de Jérusalem. La Commune tient sa parole : « Nous avons fait un pacte avec la mort ! » Elle « meurt, mais ne se rend pas », et la reine des villes est le bûcher du prolétariat agonisant.

« La moitié de Paris est en feu », « une épaisse fumée couvre la ville, une pluie de cendres s'abat sans discontinuer », « les troupes ne donnent pas de quartier ».

 

Lorsque Néron, ivre de courage, fit incendier Rome par les quatre bouts, il contempla en silence l'œuvre de destruction. Thiers pleura quand il annonça à la Chambre de Versailles les progrès que les soldats qu'il avait commandés faisaient dans la destruction de Paris et l'assassinat des Parisiens, et « la plupart des membres de la Chambre (ses complices !) éclatèrent en sanglots avec lui ». Il existe plusieurs genres de scélérats, mais le plus répugnant est sans conteste celui des scélérats pleurnichards.

Bien sûr, les bourgeois et autres réactionnaires européens, conscients de la solidarité internationale, prennent comme un seul homme le parti de Thiers et de ses bandits de grand chemin. C'est sans doute en Allemagne qu'ils le font le plus effrontément. Notre presse épuise tout le lexique de l'injure pour dénigrer la Commune. « Ces vandales », « ces fous furieux », « ces monstres », « ces assassins », « ces scélérats » - ainsi crie et crie la « vertu rassasiée » des boursiers du Welfenfond [3] dans une noble concurrence avec la « morale solvable » des lâches philistins.

 

Pourquoi « vandales », etc. « Parce qu'ils ont mis le feu aux Tuileries, au Louvre ». Mais qui vous dit que les ouvriers parisiens ont mis le feu au Louvre (dont les trésors artistiques sont accessoirement sauvés), aux Tuileries, à n'importe quelle maison ? Et même intentionnellement ? N'est-il pas évident que l'incendie est une conséquence du bombardement ? Mais qui est à l'origine du bombardement ? Les bombes des Versaillais s'enflamment-elles moins que celles des Prussiens, qui ont incinéré 500 maisons à Strasbourg ? Les deux proviennent peut-être de la même usine ! Mais si ce sont aussi des bombes parisiennes. Les prolétaires devraient-ils se laisser tranquillement étrangler, se livrer sans résistance avec femmes, sœurs et enfants aux bandits de l'ordre qui tuent, pillent et violent ? Ne leur accorde-t-on pas le droit le plus simple de se défendre ? Ne devraient-ils pas avoir le droit de répondre aux bombes par des bombes ? « Mais des bombes au pétrole ! », « Horribles barbares ! » Allons, messieurs humains du bureau prussien de la presse - qui a donc été le premier à utiliser le pétrole à des fins de guerre ? A-t-on oublié les instructions que les troupes allemandes devaient suivre pour incinérer en masse les villages français ? Comment les portes devaient être enduites de pétrole et les fûts de pétrole placés aux endroits appropriés ?

 

Et maintenant une question, messieurs : qui est responsable d'un meurtre - l'assassin ou la personne assassinée ? Nous connaissons votre vieux tour de passe-passe qui consiste à mettre la victime à la place du criminel, c'est-à-dire à répondre sans détour à la question : est-ce la personne assassinée qui est responsable du meurtre ou l'assassin ? Mais dans ce cas, de quel côté faut-il chercher les meurtriers ? Pouvez-vous nier que la Commune a tendu à plusieurs reprises la main de la réconciliation et que les Versaillais ont toujours repoussé cette main ? Pouvez-vous nier que les Parisiens sont la partie attaquée et les Versaillais les agresseurs ? Et si vous ne pouvez pas le nier, qui est le criminel et qui est la victime ?

Mais vous continuerez à mentir et à calomnier - en partie parce que vous êtes payés pour cela, en partie parce que la peur puérile des philistins vous rend incapables de voir la vérité. Cependant, nous aimerions encore rappeler à ceux d'entre vous qui sont des admirateurs du prince Bismarck et qui, en tant que tels, devraient être habitués à la consommation dispendieuse de « sang et de fer », la fameuse déclaration de votre abbé : « Les grandes villes doivent être détruites ». Comment pouvez-vous vous mettre dans un tel état à propos de la « destruction » de Paris ! Vous frappez votre idole au visage !

 

On ne sait toujours pas comment les Versaillais ont pu s'emparer si facilement du mur d'enceinte dimanche : Le correspondant du Times de Londres, qui se trouvait au quartier général de Thiers, écrit que le succès rapide a surpris tout le monde. La supposition qu'un découragement subit s'est emparé des gardes nationaux et qu'ils ont fui devant l'assaut des troupes, ne s'accorde pas avec la résistance héroïque que les Parisiens opposent dans la ville ; des hommes qui s'enfuient le dimanche comme des braves ne se battent pas en héros le lundi et toute la semaine suivante. Dans de telles circonstances, il est difficile de rejeter l'hypothèse qu'il y ait eu trahison et que les succès, si surprenants pour les Versaillais non initiés, soient dus à l'or et non aux armes des assaillants.

Il n'est pas encore possible de déterminer dans quelle mesure M. Thiers a bénéficié de l'appui de la Prusse. Mais nous savons que

 

1° Que le prince Bismarck, en violation avouée des préliminaires de paix, a permis la réunion d'une armée française d'au moins 120.000 hommes, soit du triple de l'effectif stipulé ;

2. que, pour fournir à M. Thiers, qui ne pouvait compter sur les corps de troupes nouvellement constitués, des soldats « disciplinés », c'est-à-dire devenus des machines et obéissant aveuglément, une partie de la garde impériale napoléonienne, organisée par bataillons et par régiments, a été envoyée en France et armée à la frontière dès avant la conclusion de la paix de Francfort. (Nous maintenons à cet égard notre indication antérieure, qui provient de la source la plus sûre) ;

3. qu'immédiatement après la conclusion de la paix de Francfort, les prisonniers de guerre considérés comme les plus aptes à combattre la Commune, notamment les Turcs, dont on pouvait s'attendre à ce qu'ils travaillent de toute leur âme et « sans aucun doute » à la réalisation de l'idéal d'ordre de Bismarck-Thiers, ont été transportés en toute hâte en France ;

4. que les troupes allemandes qui se trouvaient encore devant Paris ont apporté tout le soutien possible aux Versaillais et que, sans intervenir directement et activement dans les opérations, elles ont en fait collaboré avec l'armée de siège française, formant pour ainsi dire sa réserve.

 

En outre, on pouvait lire dans les journaux conservateurs et nationaux-libéraux, notoirement sous la direction du Preßbüro prussien, environ huit jours avant la rupture du mur d'enceinte de Paris, que dans le camp allemand, on négociait devant Paris la question de savoir s'il ne fallait pas aider les Versaillais avec du matériel de guerre. Si cette question a été discutée à l'époque, on peut parier à cent contre un que cette « aide » a réellement été apportée.

 

1) Comme il ressort d'une remarque rédactionnelle, l'avis a été rédigé le 27 mai 1871, avant l'écrasement de la Commune de Paris.

2) Du français dans le sens de : pas de pardon !

3. fonds guelfe ou fonds reptilien - fonds constitué à partir des biens confisqués à la famille royale de Hanovre en 1866, dont disposait Otto v. Bismarck et qu'il utilisait pour corrompre la presse.

Die Pariser Kommune hat das Recht zur Verteidigung
Stellungnahme im Volksstaat [1]

https://www.marxists.org/deutsch/archiv/liebknechtw/1871/05/kommune.htm

(31. Mai 1871)

Aus: Der Volksstaat (Leipzig), Nr. 44 vom 31. Mai 1871.
Wilhelm Liebknecht, Gegen Militarismus und Eroberungskrieg, Berlin 1986, S.54-58.
Transkription u. HTML-Markierung:
Einde O’Callaghan für das Marxists’ Internet Archive.


Die Blutorgien der monarchistisch-kapitalistischen Reaktion dauern fort; knietief watet sie im Blut, um auf den rauchenden Trümmern von Paris das Banner der „Ordnung“ anzupflanzen. Noch hat sie ihr Ziel nicht erreicht, nach 6tägigem Straßenkampf sind die eigentlichen Arbeiterviertel noch unbezwungen, und die letzten Depeschen lassen sogar deutlich durchblicken, daß die Versailler Truppen beim Sturm auf Belleville eine schwere Niederlage erlitten haben.Die telegraphischen Depeschen entrollen ein Bild des Grausens, aber voll düsterer Größe.

Mit schaudernder Bewunderung sehen wir eine jener furchtbaren Völkertragödien des Altertums, wie der Fall von Karthago und von Jerusalem war, sich in vergrößertem Maßstabe vor unsern Augen wiederholen. Die Kommune macht ihr Wort wahr: „Wir haben einen Pakt mit dem Tode geschlossen!“ Sie „stirbt, doch ergibt sich nicht“, und die Königin der Städte ist der Scheiterhaufen des sterbenden Proletariats.

„Halb Paris steht in Flammen“, „ein dichter Rauch bedeckt die Stadt, ein Regen von Asche fällt unausgesetzt nieder“, „die Truppen geben kein Quartier“. [2]

Als Nero in trunkenem Mut Rom anallen vier Enden haue anzünden lassen, betrachtete er schweigend das Werk der Zerstörung. Thiers weinte, als er der Versailler Kammer die Fortschritte meldete, welche die von ihm dazu kommandierten Soldaten in der Zerstörung von Paris und der Ermordung der Pariser machten, und „die Mehrzahl der Kammermitglieder (seine Mitschuldigen!) brach mit ihm in lautes Schluchzen aus“. Es gibt verschiedene Gattungen von Schurken, die widerlichste ist aber unstreifig die der weinerlichen Schurken.

Natürlich ergreifen die europäischen Bourgeois und sonstigen Reaktionäre im Bewußtsein der internationalen Solidarität wie ein Mann Partei für Thiers und seine Ordnungsbanditen. Am schamlosesten wohl in Deutschland. Das ganze Schimpflexikon wird von unserer Presse erschöpft, um die Kommune zu verlästern. „Diese Vandalen“, „diese wahnwitzigen Unmenschen“, „diese Ungeheuer“, „diese Mordbrenner“, „diese Schufte“ – so zetert und kreischt die „satte Tugend“ der Welfenfondsstipendiaten [3] in edlem Wetteifer mit der „zahlungsfähigen Moral“ feiger Spießbürger.

Warum „Vandalen“ usw.? „Weil sie die Tuilerien, den Louvre in Brand gesteckt.“ Aber wer sagt euch denn, daß die Pariser Arbeiter den Louvre (dessen Kunstschätze beiläufig gerettet sind), die Tuilerien, überhaupt irgendein Haus angezündet haben? Und gar absichtlich? Ist es nicht naheliegend, daß das Feuer eine Folge des Bombardements war? Von wem aber geht das Bombardement aus? Zünden die Bomben der Versailler etwa weniger als die der Preußen, die in Straßburg allein 500 Häuser einäscherten? Sind doch beide vielleicht aus derselben Fabrik! Aber wenn es auch Pariser Bomben sind. Sollten die Proletarier sich ruhig abwürgen lassen, widerstandslos mit Frauen, Schwestern, Kindern den mordenden, plündernden, schändenden Ordnungsbanditen sich überliefern? Gesteht man ihnen nicht das einfachste Recht der Verteidigung zu? Sollten sie nicht auf Bomben mit Bomben antworten dürfen? „Aber Petroleumbomben!“, „Entsetzliche Barbaren!“ Gemach, ihr humanen Herren vom preußischen Preßbüro – wer hat denn zuerst das Petroleum zu Kriegszwecken angewandt? Sind die Instruktionen vergessen, nach denen die deutschen Truppen bei der en gros betriebenen Einäscherung französischer Dörfer zu verfahren hauen? Wie die Türen mit Petroleum zu bestreichen und Petroleumfässer an geeignete Stellen zu legen waren?

Und nun eine Frage, ihr Herren: Wer ist für einen Mord verantwortlich – der Mörder oder der Ermordete? Wir kennen euer altes Taschenspielerkunststückchen, das Opfer an die Stelle des Verbrechers zu schieben, also ohne Ausflüchte geantwortet auf die Frage: Trifft den Ermordeten die Schuld des Mords oder den Mörder? Auf welcher Seite sind aber in diesem Fall die Mörder zu suchen? Könnt ihr leugnen, daß die Kommune zu verschiedenen Malen die Hand der Versöhnung bot und daß die Versail1er die Hand stets zurückstießen? Könnt ihr leugnen, daß die Pariser der angegriffene Teil sind und die Versailler die Angreifer? Und wenn ihr es nicht leugnen könnt, wer ist dann der Verbrecher und wer das Opfer?

Doch ihr werdet fortfahren zu lügen und zu verleumden – zum Teil, weil ihr dafür bezahlt seid, zum Teil, weil euch kindische Philisterfurcht unfähig macht, die Wahrheit zu sehen. Indes möchten wir doch diejenigen von euch, welche Bewundrer des Fürsten Bismarck sind und als solche eigentlich an den verschwenderischen Konsum von „Blut und Eisen“ gewöhnt sein sollten, noch an die berühmte Äußerung eures Abgotts erinnern: „Die großen Städte müssen vernichtet werden.“ Wie könnt ihr über die „Vernichtung“ von Paris so in Harnisch geraten! Ihr schlagt ja eurem Götzen ins Gesicht!

Noch immer ist, es nicht aufgeklärt wie die Versailler am Sonntag sich so leichten Kaufs in den Besitz der Ring- mauer setzen konnten: Der im Thiersschen Hauptquartier befindliche Korrespondent der Londoner Times schreibt, der rasche Erfolg habe jedermann überrascht. Die Annahme, es habe sich der Nationalgarden eine plötzliche Entmutigung bemächtigt und sie seien vor den andrängenden Truppen geflohen, verträgt sich nicht mit dem heroischen Widerstande, welchen die Pariser in der Stadt leisten; Männer, die am Sonntag wie Memmen ausreißen, schlagen sich nicht am Montag und die ganze folgende Woche wie Helden. Unter solchen Umständen ist die Annahme kaum zurückzuweisen, daß Verrat obwaltete und die den uneingeweihten Versaillern so überraschenden Erfolge dem Golde und nicht den Waffen der Angreifer geschuldet sind.

Inwieweit Herrn Thiers preußische Unterstützung zuteil geworden ist, läßt sich jetzt noch nicht in vollem Umfange feststellen. Wir wissen aber,

  1. daß Fürst Bismarck, eingestandenermaßen in Verletzung der Friedenspräliminarien, die Ansammlung einer französischen Armee von mindestens 120.000 Mann, also vom dreifachen Betrag der stipulierten Stärke, erlaubt hat;
  2. daß, um Herrn Thiers, der sich auf die neugebildeten Truppenkörper nicht verlassen konnte, mit „disziplinierten“, d.h. zu Maschinen gewordenen, blind gehorchenden Soldaten zu versehen, bereits vor Abschluß des Frankfurter Friedens ein Teil der Napoleonischen Kaisergarde, bataillons- und regimenterweise geordnet, nach Frankreich geschickt und an der Grenze bewaffnet worden ist. (Wir halten in dieser Beziehung unsre frühere Angabe aufrecht, die aus zuverlässigster Quelle stammt.);
  3. daß sofort nach Abschluß des Frankfurter Friedens in größter Eile diejenigen Kriegsgefangenen nach Frankreich befördert worden sind, welche als die geeignetsten zur Bekämpfung der Kommune gelten, namentlich die Turkos, von denen zu erwarten war, daß sie mit ganzer Seele und „zweifelsohne“ an der Verwirklichung des Bismarck-Thiersschen Ordnungsideals arbeiten würden;
  4. daß die noch vor Paris stehenden deutschen Truppen den Versaillern jeden möglichen Vorschub geleistet und, ohne direkt aktiv in die Operationen einzugreifen, doch tatsächlich mit der französischen Belagerungsarmee zusammengewirkt, sozusagen deren Reserve gebildet haben.

Außerdem war in konservativen und nationalliberalen Zeitungen, die notorisch unter der Leitung des preußischen Preßbüros stehen, etwa 8 Tage vor Durchbrechung der Pariser Ringmauer zu lesen, daß im deutschen Lager vor Paris die Frage verhandelt werde, ob nicht den Versaillern mit Kriegsmaterial auszuhelfen sei. Wenn diese Frage damals diskutiert wurde, so ist hundert gegen eins zu wetten, daß die „Aushilfe“ auch wirklich geleistet worden ist.

 

Anmerkungen

1. Wie aus einer redaktionellen Bemerkung hervorgeht, wurde die Stellungnahme am 27. Mai 1871, vor der Niederschlagung der Pariser Kommune, verfaßt.

2. Aus dem Französischen im Sinne von: kein Pardon!

3. Welfen- oder auch Reptilienfonds – ein aus dem 1866 beschlagnahmten Vermögen des Hannoverschen Königshauses gebildeter Fonds, über den Otto v. Bismarck verfügte und den er zur Bestechung der Presse verwandte.

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3 septembre 2025 3 03 /09 /septembre /2025 11:18
Attaque et Défense, Wilhelm Liebknecht, 1905. Un document particulièrement rare, à consulter sur le net. (3)
Attaque et défense

 

Auteurs, créateurs, collaborateurs : Liebknecht, Wilhelm; Sandier, Jean-Marie
Type d'objet représenté : Livre, monographie

 

Auteurs, créateurs, collaborateurs:  Liebknecht, Wilhelm (1826-1900) (auteurs)
Sandier, Jean-Marie (18..-....) (traducteurs)
Producteurs, éditeurs:  Gand : Imprimerie Société coopérative "Volksdrukkerij"
Lieu de création de l'objet original:  Gand (Belgique)
Première publication ou diffusion de l'objet original:  1905
20e siècle
Epoque contemporaine (1789-20..)
Lieu de conservation de l'objet original:  Réseau des Bibliothèques
Réseau des Bibliothèques:  Identifiant: 9921620080402321
Code-barres/N° inventaire: 2019966
Cote: 081127A
Langue de l'objet original:  Français
Matériau, support de l'objet original:  Papier
Dimensions, durée ou poids:  17 cm
Description physique de l'objet représenté:  55 pages
Description:  Traduit de l'allemand
Par Guillaume Liebknecht ; traduit et remanié par le Professeur Sander [sic].
L'exemplaire à la cote 081127A en ALPHA-Site central est relié à 12 autres brochures
Mots-clés:  Brochures; Politique et gouvernement -- 1871-1918 -- Europe; recueil de varia
Disciplines CREF:  Histoire
Science politique et administrative
Disciplines:  Arts & sciences humaines => Histoire
Droit, criminologie & sciences politiques => Sciences politiques, administration publique & relations internationales
Ressources liées à l'objet original:  La loi sur les accidents du travail - https://hdl.handle.net/2268.1/12047
Pourquoi je suis socialiste - https://hdl.handle.net/2268.1/12046
La paix et le socialisme : les conflits. La vigilance du prolétariat international. La politique de la France. France, Allemagne, Angleterre. La solidarité ouvrière contre les antagonismes capitalistes. La paix définitive. Le socialisme et l'idéal humain - https://hdl.handle.net/2268.1/12048
Élisée Reclus et l'anarchie - https://hdl.handle.net/2268.1/12054
Les syndicats ouvriers en Angleterre - https://hdl.handle.net/2268.1/12051
L'évolution : résumé de 6 conférences faites sous les auspices de l'Extension universitaire de Belgique - https://hdl.handle.net/2268.1/12053
Les épidémies devant la science expérimentale : conférences données à la "Maison du Peuple" - https://hdl.handle.net/2268.1/12049
Le gouvernement protecteur des brigandages financiers - https://hdl.handle.net/2268.1/12052
Le Juif errant - https://hdl.handle.net/2268.1/12050
Le procès de "La caserne" : compte-rendu détaillé du procès, intenté au citoyen Louis Coenen, secrétaire de la Fédération Nationale de Jeunes Gardes socialistes belges, devant la Cour d'Assises de Brabant. - https://hdl.handle.net/2268.1/12055
Le prolétariat et la guerre : discours du citoyen Jaurès - https://hdl.handle.net/2268.1/12056
La prétendue âme belge - https://hdl.handle.net/2268.1/12057
Fait partie du:  Domaine public
URL permanente:  https://hdl.handle.net/2268.1/12045
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22 août 2025 5 22 /08 /août /2025 20:45
"L'araignée et la mouche", Wilhelm Liebknecht. Pour le 125e anniversaire de sa disparition (2)

Tout le monde connaît cet insecte au ventre rond, au corps gluant et poilu, qui se cache dans des endroits sombres, aussi loin que possible de la lumière du jour, et tisse sa toile mortelle dans laquelle la pauvre mouche insouciante et irréfléchie est prise et tuée. Ce monstre laid aux yeux ronds et vitreux et aux pattes grêles et tordues, si pratiques pour attraper et étrangler sa victime.

Ce monstre c’est la vilaine araignée. Regardez comment elle se tient toujours dans son coin, froide et immobile, ou tresse diaboliquement son fil mortel pour piéger et tuer sans scrupule la faible mouche, inconsciente et frivole. La créature repoussante fait des efforts souvent infinis pour perfectionner sa toile jusqu'au dernier fil, afin que sa proie ne puisse jamais s'échapper. Elle tendra d'abord un fil, puis deux et trois - et de plus en plus. Elle croisera et recroisera les fils de telle sorte que, même dans leur agonie, ses victimes ne déchirent pas la toile et la fassent à peine frémir.

Enfin, la toile est prête, le piège est posé, il n’y a pas d’échappatoire : l’araignée se retire dans son repaire et attend une mouche naïve, poussée par la faim, à la recherche de nourriture.

Elle n'a pas à attendre longtemps. La mouche arrive. Elle vole en tous sens et heurte soudainement le fil tendu, s’y empêtre effrayée, se bat pour s’enfuir mais se sent vite perdue.

Dès que l'araignée voit sa victime immobilisée, elle sort de sa cachette et avance lentement avec des yeux affamés, prête à sauter sur sa proie. Il lui est inutile de se dépêcher, la terrible créature sait pertinemment qu’une fois capturé, l’insecte malchanceux ne peut s’échapper. Elle s'approche de plus en plus, toise sa victime avec ses grands yeux ternes. La mouche est affollée par ces yeux, terrorisée en percevant le danger imminent. Elle s’efforce de s’échapper, tente de se libérer du fil collant, et s’épuise dans ses tentatives désespérées.

Mais toutes ces tentatives, tous ses efforts sont vains ! Elle est de plus en plus empêtrée dans la toile et l'araignée est de plus en plus près. Elle se retrouve enlacée par des fils de plus en plus nombreux, de plus en plus emmêlée à chaque mouvement qu'elle fait pour se dégager de la toile, dont les mailles toutes minces mais si efficaces l'ont piégée. Finalement, à bout de souffle et épuisée, toute sa résistance épuisée, elle est à la merci de son ennemie, son vainqueur, l'horrible Araignée !

Ensuite, la terrible créature étend ses tentacules poilues, saisit et emprisonne la mouche dans son étreinte mortelle. Ensuite, elle commence à mordre le corps tremblant de sa faible proie, une fois, deux fois, trois fois, autant de fois que nécessaire, selon sa convoitise et son appétit. Quand elle a commencé à étancher sa soif de sang, elle la laisse à moitié morte. Puis elle revient et resuce encore, allant et venant jusqu'à ce que l’infortunée mouche soit complètement dévorée, jusqu'à ce qu'elle voie son corps vidé de tout son sang et de tout son jus nourrissant. Et cela prend longtemps, souvent très longtemps, avant que le pauvre insecte soit mort.

Le vampire assoiffé de sang n'abandonnera pas sa proie tant qu'il pourra détecter un souffle de vie dans le corps de sa victime. Il inhale sa vie, consume sa force, boit son sang et ne l’abandonne que lorsqu'il n’en reste rien à prendre, plus rien, rien du tout ! La pauvre Mouche morte, essorée et plus légère qu'une plume, est alors jetée de la toile. Le premier coup de vent l'emporte et tout est fini.

L'Araignée, cependant, retourne dans son repaire, rassasiée et contente. Elle est satisfaite d’elle-même et des autres, heureuse de voir comme d’ honnêtes personnes peuvent encore se sentir bien dans le monde.

Elle estime que tant qu’il existera des mouches à attraper, pour sucer leur sang jusqu’à la mort, tout ira bien… Après tout, qu’est-ce qu’une mouche de plus ou de moins ? Une mouche de moins, cette mouche qu’elle suce, qu’elle tue pour en tirer tout le jus, cette mouche dont le sang la rassasie et la fait vivre.

Travailleurs des villes et des campagnes, cette mouche aspirée et tuée, cette mouche dévorée et du sang de laquelle d'autres se nourrissent, c’est vous ! Vous, peuples esclaves, vous, travailleurs intellectuels, vous, ouvriers industriels, vous, jeunes filles tremblantes et femmes faibles et opprimées qui n'osent pas défendre leurs droits, vous, victimes malheureuses des seigneurs de la guerre. Vous tous en un mot, qui êtes pauvres et exploités, qui sont jetés quand il ne reste plus rien à sucer dans vos veines, vous qui êtes producteurs de toutes richesses, qui êtes le cœur, le cerveau, la force vitale de la nation. Vous à qui n’est accordé que le droit de mourir avec obéissance et tranquillité, une mort misérable dans un coin, tandis que votre sang, votre sueur, votre travail, vos pensées, toute votre vie ne servent qu’à rendre grands et forts ceux qui sont vos oppresseurs : les araignées dégoûtantes…

Les araignées ce sont les maîtres, les financiers, les exploiteurs, les nobles, les riches, les prêtres, les souteneurs et les parasites de toutes sortes, les despotes qui vous font souffrir, ceux qui font adopter des lois injustes qui nous écrasent, les tyrans qui vous asservissent. Les araignées ce sont tous ceux qui vivent à vos dépens, vous le peuple, qui vous piétinent, qui se moquent de vos souffrances et de vos vains efforts.

Les mouches ce sont les malheureux travailleurs qui doivent obéir aux lois élaborées par le capitaliste, - les pauvres hommes n'ont même pas une miette de pain et doivent subvenir à leurs besoins et à ceux de sa famille. L'Araignée est le grand propriétaire d'usine qui gagne 6 à 8 marks par jour sur chacun de ses ouvriers, mais ose malgré tout avoir l’impudeur de leur rendre la "faveur" de bien vouloir leur donner un salaire de famine de 2 à 3 marks pour douze ou quatorze heures de travail.

La mouche c’est le mineur qui sacrifie sa vie dans l'air vicié de la fosse pour extraire des entrailles de la terre des trésors dont il ne doit pas profier. L'Araignée c’est M. l’Actionnaire dont la valeur des actions double ou triple, mais qui n'est jamais content, qui veut des dividendes toujours plus élevés, qui prive les travailleurs du fruit de leur travail et qui, s'ils osaient exiger la moindre hausse de salaire , appellerait l'armée à donner aux "mutins" une démonstration de tir.

La mouche c’est l’enfant qui, dès son plus jeune âge, est asservi à l’usine, à l’atelier et à la maison pour joindre les deux bouts. L'Araignée ce n'est pas les pauvres parents obligés de leurs enfants, ce sont les viles conditions d’aujourd’hui qui font d’une destruction de sa propre famille, une loi d’airain et de ces perversions des sentiments naturels.

La mouche c’est la fille du peuple respectable, qui cherche à gagner sa vie honnêtement, mais ne peut pas trouver de travail si elle ne se soumet pas aux désirs lubriques du contremaître ou du directeur qui la maltraite et plus tard - souvent avec en plus un enfant - la jette sans hésitation et sans pitié pour éviter le «scandale». L'Araignée c’est le jeune dandy, le traineur de mocassins de «bonne» famille, qui s’amuse à séduire des jeunes filles innocentes, les traîne dans le caniveau, et qui considère comme un honneur d’avoir déshonoré autant de jeunes femmes que possible.

La mouche, c'est toi, laboureur assidu, toi qui laboures le sol pour le riche propriétaire, qui sèmes le grain que tu ne récoltes pas, qui fais pousser la nourriture que tu ne goûtes pas. L'Araignée est le noble propriétaire foncier qui fait travailler ses pauvres locataires, serfs et journaliers sans répit, afin qu'il puisse lui-même mener une vie de paresse, d'aisance et de splendeur, lui le baron foncier qui augmente les loyers chaque année et fait baisser le prix du travail honnête.

La mouche, c’est nous tous, gens pauvres et simples, qui tremblons depuis des siècles sur les marches de l’autel, qui avons cédé devant les justifications religieuses du malheur, qui nous sommes combattus et asservis les uns aux autres pour la plus grande gloire et le plus grand divertissement de l’Église, peuple qui avons ployé dos et genoux, qui avons laissé nos oppresseurs jouir des fruits de leur injustice, parce que nous étions spirituellement paralysés par l’influence débilitante de leur enseignement religieux. L'Araignée c’est un prêtre à la robe noire au regard hypocrite et lubrique, qui brouille les esprits simples de ses ouailles avec son enseignement dégradant et cultive un esprit de soumission et de servitude, empoisonnant les âmes et ruinant des nations entières, comme dans le cas de la Pologne.

En un mot, la mouche c’est l'opprimé, l'esclave, l'exploité, tandis que l'araignée est le vil spéculateur ou le despote sans loi, quel que soit son nom.

Auparavant, l’araignée tissait sa toile dans les grands châteaux et manoirs, elle préfère aujourd’hui l’établir dans les grands centres industriels, dans les quartiers riches des nantis de notre époque. Vous la trouverez principalement dans les villes industrielles, mais elle niche également à la campagne et dans les petites villes. Où qu’elle soit l’exploitation est florissante, partout l’ouvrier, le prolétaire sans biens, le petit artisan, le journalier et les petits paysans criblés de dettes sont sans pitié exposés à la cupidité débridée des spéculateurs.

Où que ce soit, en ville ou à la campagne, vous verrez de pauvres insectes se débattre en vain dans la toile de leur ennemie, vous les verrez se fatiguer, s'étioler et mourir.

Quelles terribles tragédies se sont jouées au cours des siècles dans cette bataille entre la faible et timide mouche et la cruelle et sanguinaire Araignée ! C'est l’histoire d’un malheur monstrueux. Alors pourquoi en parler encore ? Ce qui est passé est passé, mais parlons du présent et du futur !

Regardons de plus près la lutte actuelle entre l'Araignée et la Mouche, prenons conscience de la situation telle qu'elle est, et permettons aux mouches de réaliser exactement devant quels pièges leurs ennemis les placent à nouveau, voyons à travers leurs ruses et, par-dessus tout, soyons unis, nous qui, seuls, sommes trop faibles pour briser les toiles où nous sommes enchevêtrés. Brisons les chaînes qui nous entravent, chassons nos ennemis de leurs cachettes, faisons briller partout la lumière de la raison, pour que plus jamais la créature infâme ne puisse faire son travail meurtrier dans le noir !

Oh Mouches, si vous le vouliez, si vous le vouliez vraiment, vous pourriez être invincibles ! Certes, les araignées sont encore fortes aujourd'hui, mais elles sont peu nombreuses. Même si, mouches vous êtes assez insignifiantes et sans influence, votre nombre est légion, vous êtes la vie même, vous seriez le monde - si vous le vouliez vraiment. Si seulement vous vous unissiez, vous couperiez d'un seul coup d'ailes tous les fils assemblés, balayeriez toutes les toiles d'araignées qui vous prennent au piège aujourd'hui, qui vous font trembler et mourir de faim. Vous pourriez bannir la pauvreté et l'esclavage, si vous le vouliez vraiment.

Alors apprenez à vouloir !*

 

https://www.marxists.org/francais/liebknecht-w/1889/00/araignee.htm

1889

Traduit de l’anglais par la MIA. Source : Progress Publishers, 1972.
(Traduit de l'allemand par Dom Danemanis)
Cette brochure de Liebknecht a été écrite pour les travailleurs allemands mais est basée sur une histoire pour enfants bien connue.

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15 août 2025 5 15 /08 /août /2025 14:54

Il y a 125 ans, le 7 août disparaissait Wilhelm Liebknecht, co-fondateur du parti social-démocrate et père de Karl Liebknecht Sur le blog, des textes et des articles pour rappeler ses combats, et en particulier celui contre le militarisme.

Ici en allemand, le texte dont est tirée la célèbre citation, "Pas un homme et pas un sou" pour le militarisme, qu'il conviendrait de ne jamais oublier.

Il y a 125 ans disparaissait Wilhelm Liebknecht(1). Pas un homme et pas un sou pour le militarisme.

"Le Reichstag a été dissout aujourd'hui [2] ; notre mandat a donc expiré et les électeurs allemands doivent se rendre aux urnes dans les cinq semaines (le 21 février) pour donner leur avis sur le choix du Reichstag et du gouvernement du Reich. Dans le conflit qui a conduit à la dissolution, la voie était clairement tracée pour nous, députés du parti social-démocrate, privés en ce moment de la participation active de nos camarades [3] empêchés par l'emprisonnement, mais avec lesquels nous savons que nous ne faisons qu'un : Fidèles à nos valeurs sur le terrain de notre programme, nous nous devions de rejeter tout compromis ; dans l'intérêt des travailleurs, nous nous devions de ne donner pas un seul homme et pas un seul centime au gouvernement, qui réclamait un renforcement de l'armée. Pour la social-démocratie, il n'y a pas plus de compromis avec le militarisme, appendice nécessaire du système social et étatique dominant, qu'avec ce système lui-même. Le militarisme est incompatible avec la liberté et la prospérité des peuples et permet aux dirigeants de déclencher des guerres dévastatrices sans l'accord des représentations populaires. Nous exigeons l'armement général du peuple, l'éducation de toute la nation à l'esprit de défense, la création d'une armée populaire qui englobe toute la force de défense de la nation. Une telle armée est deux ou trois fois plus forte que l'armée actuelle pour défendre le pays, elle ne peut être utilisée pour attaquer d'autres nations et elle est par conséquent une garantie de paix. Avec l'élimination du militarisme, la paix mondiale est assurée."

Dem Militarismus keinen Mann und keinen Groschen, (14. Januar 1887)

Pas un homme et pas un sou pour le militarisme

https://www.marxists.org/deutsch/archiv/liebknechtw/1887/01/groschen.htm

Flugblatt zur Reichstagswahl [1]


DZA, Hist. Abt. II, Merseburg, Ministerium des Innern, Rep. 77, Tit. 343 A, Nr. 152, Adh. 47. Wilhelm Liebknecht, Gegen Militarismus und Eroberungskrieg, Berlin 1986, S. 100–58. Transkription u. HTML-Markierung: Einde O’Callaghan für das Marxists’ Internet Archive.


An das deutsche Volk!

Der Reichstag ist heute aufgelöst worden [2]; damit ist unser Mandat erloschen, und die Wähler Deutschlands haben innerhalb fünf Wochen (am 21. Februar) an die Wahlurne zu treten, um ihr Urteil abzugeben zwischen Reichstag und Reichsregierung. In dem Konflikt, welcher zur Auflösung geführt hat war uns, den Abgeordneten der sozialdemokratischen Partei, die wir leider zur Zeit der tätigen Mitwirkung unserer durch Inhaftierung verhinderten Genossen [3] entbehren müssen, mit denen wir jedoch im Geist uns völlig eins wissen, der Weg klar vorgezeichnet: Unwandelbar auf dem Boden unseres Programms stehend, mußten wir jeden Kompromiß verwerfen, im Interesse des arbeitenden Volkes mußten wir der Regierung, welche eine Verstärkung des Militärs forderte, jeden Mann und jeden Groschen verweigern. Mit dem Militarismus, welcher ein notwendiger Auswuchs des herrschenden Staatshund Gesellschaftssystems ist, gibt es für die Sozialdemokratie ebensowenig eine Aussöhnung wie mit diesem System selbst. Der Militarismus ist unverträglich mit der Freiheit und dem Wohlstand der Völker und legt es in die Hand der Machthaber, ohne Zustimmung der Volksvertretungen verheerende Kriege herbeizuführen. Wir verlangen die allgemeine Volksbewaffnung, die Erziehung der gesamten Nation zur Wehrhaftigkeit, die Schaffung eines Volksheeres, welches die ganze Wehrkraft der Nation umfaßt. Ein solches Heer ist zur Verteidigung des Landes doppelt und dreifach so stark wie das gegenwärtige, zum Angriff auf andere Nationen nicht zu verwenden und folglich eine Bürgschaft des Friedens. Mit der Beseitigung des Militarismus ist der Weltfriede gesichert.

Wenn wir von dem Militarismus und dessen Vertretern absehen, ist eine ernstliche Kriegsgefahr überhaupt nicht vorhanden; die Völker wollen und brauchen den Frieden. Je größer die Zivilisation eines Volkes, desto höher sein Friedensbedürfnis. Eine Gefahr birgt allein das halbbarbarisch-despotische Rußland, und dieser Gefahr wird erfolgreich begegnet durch einen Bund der Kulturvölker. Aber das schlimmste Hindernis eines solchen Bundes sind die kolossalen Kriegsrüstungen der Gegenwart, die in Gestalt des „bewaffneten Friedens“ einen unerträglichen Zustand geschaffen haben, verglichen mit dem der Krieg selbst kaum als das größere Übel erscheint. Daß ein Zustand nicht fortdauere, bei dem jeder Funke einen Weltbrand verursachen kann, das liegt, wenn wir eine winzige Minderheit ausnehmen, im Interesse des gesamten Volkes.

Der Reichskanzler hat für die kommende Wahlschlacht das Losungswort gegeben: „Kaiserliches oder Parlamentsheer!“

Diese Parole drückt den vorhandenen Gegensatz nicht richtig aus; die Frage, welche zur Entscheidung steht, lautet: „Gilt in Deutschland der Wille des Reichskanzlers mehr als der Wille der Volksvertretung?“

Wir Sozialdemokraten sind keine Anhänger des parlamentarischen Regierungssystems, welches gegenwärtig nur den Anschauungen und Interessen der Bourgeoisie entsprechen kann, aber da wir die Volksherrschaft erstreben, müssen wir für die Volksvertretung die äußersten Machtbefugnisse fordern.

Hat die Volksvertretung in Deutschland bisher nicht die Interessen des Volkes so gewahrt, wie es sein sollte, so liegt die Schuld in erster Linie an dem Volke selbst, das in seiner Mehrzahl nicht Vertreter der Volksinteressen, sondern Vertreter von Sonder- und Klasseninteressen in den Reichstag gewählt hat. Indem wir uns an das Volk wenden, verlangen wir vor allem von ihm, daß es seine Interessen erkenne und sie bei der bevorstehenden Wahl zur Geltung bringe.

Am besten wird dies geschehen, ja einzig und allein wird dies geschehen durch die Wahl sozialdemokratischer Abgeordneter.

Was insbesondere die Frage anbelangt, welche den Anlaß zur Auflösung geliefert hat, mußten wir auf das entschiedenste festhalten an der einjährigen Feststellung des Budgets.

Das Budgetrecht, welches das Hauptmachtmittel der Volksvertretung bildet, ist ein bloßes Blendwerk, wenn es nicht mit alljährlicher Budgetbewilligung verbunden ist. Von Seiten der übrigen Oppositionsparteien war es deshalb eine Schwäche, daß sie durch Gewährung des Triennats (des dreijährigen Militärbudgets) dieses wichtigste Machtmittel preisgaben.

Unser Programm ist allbekannt. Dasselbe läßt sich in wenige Sätze zusammenfassen:

Hebung des Volkswohlstands und Herbeiführung des gesellschaftlichen und internationalen Friedens durch eine gründliche Sozialreform, deren Endziel die genossenschaftliche Organisation der Arbeit an Stelle der regellosen kapitalistischen Produktion ist; Beseitigung aller indirekten Steuern; Ersetzung aller vorhandenen Steuern durch eine einzige progressive Einkommen-, Besitz- und Vermögenssteuer; eine der Höhe der Wissenschaft entsprechende allgemeine Volkserziehung, Schutz der persönlichen Freiheit, Abschaffung aller Ausnahmegesetze, die nur eine äußerlich mildere Form des Bürgerkrieges sind, gleiches Recht für alle!

Unsere Tätigkeit als Abgeordnete war von unserm Programm diktiert und wird, falls das Votum der Wähler unser Mandat erneuert, auch in Zukunft von unserm Programm diktiert sein. Für uns ist Kompromiß gleichbedeutend mit Prinzipienverrat. Nicht, daß wir den Erfordernissen praktischen Schaffens unzugänglich wären – wir haben bei jeder Gelegenheit seit es Vertreter der Sozialdemokratie im Reichstage gibt, den tatsächlichen Beweis geliefert, daß wir bei einer Gesetzgebung zugunsten des Volkes zu ernster Mitwirkung bereit sind. Wir erinnern an unseren Entwurf eines Arbeiterschutzgesetzes, an unseren Antrag zum Schutze des Koalitionsrechts, an unsere Anträge zu dem Kranken- und Unfallversicherungsgesetz und Hilfskassengesetz, welche es bezweckten, diesen Gesetzen ihren schwerfällig bürokratischen Charakter zu nehmen und sie den Arbeitern nützlich zu machen, an unsern Antrag zugunsten der Familien der Landwehrleute, an unsern Antrag zur Milderung des Exekutionsverfahrens, an unsere Anträge zur Entschädigung unschuldig Verurteilter und Inhaftierter, zur Sicherung der Wahlfreiheit. Jedem Angriff auf die Rechte des Volkes, jedem Versuch, die Lasten des Volkes zu vermehren und die Lebensmittel des Volkes zum Vorteil des Großgrundbesitzes und Großkapitals zu verteuern, sind wir mit voller Kraft entgegengetreten und haben keine Gelegenheit versäumt, für die Interessen der Arbeiter und die Forderungen der Humanität und Gerechtigkeit einzustehen.

Wir glauben durch unsere ganze Tätigkeit im Reichstage gezeigt zu haben, daß unsere Sache die Sache des Volkes ist.

Wir erwarten von dem Volk, daß es zu uns steht.

Siegt die Regierung in dem jetzt beginnenden Wahlkampf, so ist die Volksvertretung zu einer Geldbewilligungsmaschine herabgedrückt, das Branntwein- und Tabakmonopol werden uns aufgedrängt, die Steuerschraube wird noch schärfer angezogen, und das allgemeine Wahlrecht wird vernichtet. Kein Zweifel, das allgemeine Wahlrecht steht in Gefahr!

Das allgemeine Wahlrecht, der Ausdruck der Volkssouveränität, ist gegenwärtig die einzige Waffe, durch welche das Volk seine Forderungen zur Geltung bringen kann und durch deren Besitz es erst mündig geworden ist. Die Entziehung des Wahlrechts bedeutet die Entmündigung des Volks – und jede sogenannte Einschränkung oder Regulierung des Wahlrechts, unter welch harmloser Form sie sich auch darbieten möge, läuft darauf hinaus, die Massen des arbeitenden Volkes, d.h. die Masse, welche die Gesellschaft erhält und den Staat auf ihren Schultern trägt, ihres Wahlrechts zu berauben, also politisch zu entmündigen.

Die Beschränkung des allgemeinen Wahlrechts ist die Proklamation des nackten Klassenstaats, und die sozialdemokratische Partei, welche den Klassenstaat prinzipiell bekämpft, hat das Recht, von dem Volke zu verlangen, daß sie in diesem Kampfe von den Massen unterstützt werde.

Alle anderen Parteien stehen auf dem Boden des Klassenstaates und der Klassenherrschaft und sind deshalb gegenüber dem politischen und sozialen System, welches der Ausfluß und Ausdruck dieser Klassenherrschaft ist zu konsequentem Handeln unfähig.

Angesichts der beispiellosen Verfolgungen, deren Zielscheibe seit 1878 und namentlich in neuester Zeit die Sozialdemokratie ist und die sich aller Wahrscheinlichkeit nach steigern werden, ermahnen wir die Wähler und insbesondere unsere Parteigenossen zur Besonnenheit. Zur Einigkeit zu mahnen, haben wir nicht nötig. Nichts darf die Schlagfertigkeit der Partei beeinflussen. Das gemeinsame Ziel erheischt unter allen Umständen Unterordnung des einzelnen unter die Mehrheit der Gesinnungsgenossen. Der Wahlkampf vollzieht sich unter den günstigsten Bedingungen für unsere Partei. Von den glänzenden Versprechungen, mit denen die Ära der neuen Wirtschaftspolitik eingeleitet wurde, hat sich nicht eine erfüllt; der arme Mann befindet sich in einer schlimmeren Lage als früher, und kein Landmann, kein Handwerker, kein Kleingewerbetreibender und namentlich kein Arbeiter kann mit den Früchten des herrschenden Systems vor Augen noch an demselben festhalten.

Das sozialdemokratische Prinzip zeigt den Weg zur Rettung, und hiermit appellieren wir an das Volk. Möge es wählen zwischen uns und unseren Feinden, die auch des Volkes Feinde sind!

Berlin, 14. Januar 1887

W. Blos, W. Bock, B. Geiser, F. Geyer,
C. Grillenberger, F. Harm, W. Hasenclever,
A. Heine, M. Kayser, J. Kräcker, W. Liebknecht,
H. Meister, W. Pfannkuch, H. Rödiger, A. Sabor,
G. Schumacher, P. Singer, W. Stolle, Ph. Wiemer

Anmerkungen

1. Der Aufruf zur Reichstagswahl am 21. Februar 1887, den Liebknecht unter Mitwirkung von Paul Singer verfaßte, wurde in vielen tausend Exemplaren in ganz Deutschland verbreitet. Die Wahlen fanden in einer Atmosphäre des Chauvinismus und der Kriegspanik statt. Die beiden konservativen Parteien und die Nationalliberale Partei hatten sich zu einem Wahlkartell zusammengeschlossen und behielten dadurch die absolute Mehrheit im Reichstag. Die Sozialistische Arbeiterpartei Deutschlands errang mit 763.128 Stimmen ihren größten Wahlerfolg seit Bestehen der Partei, gewann aber nur 11 Mandate statt bisher 24. Auch Liebknecht wurde erst bei einer Nachwahl im August 1888 als Abgeordneter in den Reichstag gewählt.

2. Den Anlaß für die Reichstagsauflösung am 14. Januar 1887 bildete die dem Reichstag am 25. November 1886 zugegangene Militärvorlage. Sie sah für die nächsten sieben Jahre eine Erhöhung der Friedenspräsenzstärke des Heeres um zehn Prozent vor. Der Reichstag haue jedoch die geforderte Heeresvermehrung mit 183 gegen 154 Stimmen nur für drei statt für sieben Jahre bewilligt.

3. Die gewählten Reichstagsabgeordneten Ignatz Auer, August Bebel, Johann Heinrich Wilhelm Dietz, Karl Frohme, Louis Viereck und Georg v. Vollmar waren aufgrund der ihnen im Freiberger Geheimbundprozeß 1886 zudiktierten Strafen inhaftiert.

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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009