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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.
 
Voir aussi : http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr/
 
4 juillet 2021 7 04 /07 /juillet /2021 18:14
Les assassinats de Rosa Luxemburg et de la Commune - Les semaineS sanglanteS - "Ces classes possédantes crient depuis toujours à la violence et à la terreur … des esclaves"
"Les classes possédantes, qui, en mille ans d’histoire, à la moindre rébellion de leurs esclaves, n’ont reculé, devant aucun acte de violence et aucune infamie afin de protéger ce qui constitue le garant de “l’Ordre”: la propriété privée et la domination de classe, ces classes possédantes crient depuis toujours à la violence et à la terreur … des esclaves". Rosa Luxemburg  "Un jeu dangereux" - Die Rote Fahne 24 novembre 1918

En hommage à la Commune en cette semaine sanglante.

NE PAS OUBLIER.

Les massacres et les assassinats sont la réaction de la bourgeoisie à toutes les tentatives révolutionnaires dans l'histoire comme aujourd'hui. Et quand cela ne suffit plus, il reste toujours à la bourgeoisie le recours au fascisme. DVP

Les assassinats de Rosa Luxemburg et de la Commune - Les semaineS sanglanteS - "Ces classes possédantes crient depuis toujours à la violence et à la terreur … des esclaves"

Les parallèles entre mai 1871 et janvier 1919 sont innombrables. En novembre 1918, dans un article "Un jeu dangereux", Rosa Luxemburg dénonce les menées de la social-démocratie, de la réaction et des corps francs réunis qui accusent les révolutionnaires socialistes de préparer un coup d’État, de menées subversives Leur but : préparer les esprits à l'assassinat de la révolution.

 

Pour cela, Rosa Luxemburg s'appuie entre autres sur l'expérience de  la Commune et la dénonciation par les classes possédantes de l'époque de ses "atrocités" et de la "violence":

"Qui n’est pas écœuré d’entendre les gardiens du Capitole de l’anarchie bourgeoise, ceux là-même qui ont transformé en quatre ans l’Europe en un champ de ruines, crier à «l’anarchie» de la dictature des prolétaires! … Les classes possédantes, qui, en mille ans d’histoire, à la moindre rébellion de leurs esclaves, n’ont reculé, devant aucun acte de violence et aucune infamie afin de protéger ce qui constitue le garant de “l’Ordre”: la propriété privée et la domination de classe, ces classes possédantes crient depuis toujours à la violence et à la terreur … des esclaves. Les Thiers et Cavaignac qui avaient assassiné des dizaines de milliers de prolétaires parisiens, hommes, femmes et enfants, lors du massacre de juin 1848, ont ensuite submergé le monde de leurs gémissements à propos des prétendues 'atrocités' de la Commune de Paris. …"

 
Elle dénonce leur jeu qui se vérifiera lors de la semaine sanglante de mi-janvier à Berlin :

"Mais il y a en a d'autres, qui ont un besoin pressant de faire régner aujourd’hui le terrorisme, le règne de la terreur, l’anarchie, ce sont ces Messieurs les Bourgeois, ce sont tous les parasites de l’économie capitaliste, qui tremblent pour leurs biens et leurs privilèges, leurs profits et leurs pouvoirs. Ce sont eux qui mettent sur le dos du prolétariat socialiste des menées anarchistes fictives, des prétendus projets de putsch, afin de faire déclencher au moment opportun par leurs agents, de véritables coups d’État, une réelle anarchie, pour étrangler la révolution prolétarienne, pour faire sombrer dans le chaos la dictature socialiste et ériger pour toujours sur les ruines de la révolution la dictature de classe du capital."

 

Peu après cet article, la ville se couvrait d'affichettes appelant à l'assassinat des "leaders" spartakistes. Et Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, faits prisonnierE, et trois mois plus tard Leo Jogiches, seront assassinéEs.

La seule réponse de la bourgeoisie à l'aspiration à une autre monde - lors de la Commune comme lors de la révolution allemande - sont toujours hier comme aujourd'hui : les massacres et les assassinats.

Les assassinats de Rosa Luxemburg et de la Commune - Les semaineS sanglanteS - "Ces classes possédantes crient depuis toujours à la violence et à la terreur … des esclaves"
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4 juillet 2021 7 04 /07 /juillet /2021 11:06
Märzenstürme1 - Die Gleichheit 18 mars 1915

Märzenstürme1 - Die Gleichheit 18 mars 1915

"Et si la Commune de Paris, par l’empreinte flamboyante de sa brève existence et de sa chute héroïque est restée à jamais un exemple de ce que les masses populaires révolutionnaires ne doivent pas reculer devant la prise du pouvoir même si l’heure de l’histoire n’a pas sonné pour assurer à ce pouvoir durée et victoire, elle est aussi un éminent témoignage de l’hostilité mortelle et irréductible existant entre la société bourgeoise et le prolétariat, qui ne peut remplir sa mission historique qu’en gardant toujours à l’esprit le profond antagonisme qui l’oppose à l’ensemble de la bourgeoisie et en combattant de manière décidée contre celle-ci toute entière."si la Commune de Paris, par l’empreinte flamboyante de sa brève existence et de sa chute héroïque est restée à jamais un exemple de ce que les masses populaires révolutionnaires ne doivent pas reculer devant la prise du pouvoir même si l’heure de l’histoire n’a pas sonné pour assurer à ce pouvoir durée et victoire, elle est aussi un éminent témoignage de l’hostilité mortelle et irréductible existant entre la société bourgeoise et le prolétariat, qui ne peut remplir sa mission historique qu’en gardant toujours à l’esprit le profond antagonisme qui l’oppose à l’ensemble de la bourgeoisie et en combattant de manière décidée contre celle-ci toute entière."

 

"Tempêtes de mars" (Märzenstürme) est l'un des articles les complets consacrés par Rosa Luxemburg à la Commune. C'est aussi l'un des plus beaux et les plus importants politiquement. J'ai souhaité le publier chez Agone pour lui donner plus de visibilité. Google et consorts étant plus que discrets sur comprendre-avec-rosa-luxemburg. Je remercie les Editions Agone pour cette publication.

 

https://agone.org/blog/tempetes-de-mars-la-commune-de-paris-jalon-dans-lhistoire-du-mouvement-revolutionnaire

 

J'en ai assuré la traduction dans le cadre de la préparation d'un ouvrage : Rosa Luxemburg et la Commune à paraître. Alice Vincent, normalienne et jeune chargée de cours à l'Université de Besançon, qui avait co-animé le séminaire de traduction Rosa Luxemburg à L'ENS, a procédé à la relecture.

 

Rosa Luxemburg y aborde la notion de maturité des conditions économiques (développement du capitalisme) et politiques (la constitution du prolétariat en tant que classe), le fait qu'un mouvement ne doit pas reculer même si les conditions ne sont pas réunies et on y trouve cette affirmation essentielle qu'elle appuie sur les confiscations multiples des révolutions depuis 1789 : Le prolétariat doit combattre la bourgeoisie toute entière.

Extrait:

"Le mois de mars a donné aux prolétaires en lutte une autre leçon importante. Le 18 mars 1871, le prolétariat parisien prit le pouvoir dans la capitale française, abandonnée par la bourgeoisie, menacée par les Prussiens et érigea la glorieuse Commune. L’action pacifique et salutaire des travailleurs à la tête de l’État, précipitée par ses classes dirigeantes dans le tourbillon du chaos d’une guerre criminelle et des défaites dévastatrices ne dura que deux mois. La bourgeoisie française qui, dans sa lâcheté, s’était enfuie devant l’ennemi étranger, se reprit en mai déjà pour mener avec celui-ci un combat à la vie à la mort contre « l’ennemi intérieur », contre le prolétariat parisien. Lors de « la semaine sanglante » de mai, la Commune prolétaire périt dans un terrible massacre, sous des ruines fumantes, des montagnes de cadavres, sous les gémissements de vivants enterrés avec les morts, sous les orgies de la bourgeoisie ivre de vengeance.

Une pelouse dégarnie au pied du mur extérieur du cimetière parisien du Père Lachaise, où partout règne le marbre, voilà tout ce qui semblait rester de la Commune les premières années. Mais de cette tranquille pelouse, surgirent bientôt pour les prolétaires des deux mondes la grande tradition sacrée et le double enseignement payé par le prix du sang de dizaines de milliers d’entre eux : il n’y a pas de place pour le pouvoir politique du prolétariat dans les conditions de l’ordre social bourgeois : mais il n’y a pas non plus de possibilité d’abolir ces conditions tant qu’elles n’auront pas atteint leur maturité.

Ce n’est pas en rêvassant à une position politiquement déterminante au sein de l’État actuel, obtenue grâce à un brusque retournement de situation, que la classe ouvrière peut défendre sa cause, mais seulement par une opposition révolutionnaire constante à cet État. Et si la Commune de Paris, par l’empreinte flamboyante de sa brève existence et de sa chute héroïque est restée à jamais un exemple de ce que les masses populaires révolutionnaires ne doivent pas reculer devant la prise du pouvoir même si l’heure de l’histoire n’a pas sonné pour assurer à ce pouvoir durée et victoire, elle est aussi un éminent témoignage de l’hostilité mortelle et irréductible existant entre la société bourgeoise et le prolétariat, qui ne peut remplir sa mission historique qu’en gardant toujours à l’esprit le profond antagonisme qui l’oppose à l’ensemble de la bourgeoisie et en combattant de manière décidée contre celle-ci toute entière.

Depuis lors, le développement du capitalisme a conquis le monde au pas de charge. Sur la tombe de la Commune, la IIIe République s’est définitivement établie en France en tant que domination sans limites de la classe bourgeoise, qui avec la politique coloniale, le militarisme et l’alliance avec le tsarisme russe a enterré les anciennes illusions sur le caractère socialiste de la seule forme républicaine de gouvernement."

Märzenstürme2 - Die Gleichheit - 18 mars 1912

Märzenstürme2 - Die Gleichheit - 18 mars 1912

Traduction Dominique Villaeys-Poirré. Relecture Alice Vincent, mars 2021. Publié sur le site Agone, rubrique aujour le jour. https://agone.org/blog/tempetes-de-mars-la-commune-de-paris-jalon-dans-lhistoire-du-mouvement-revolutionnaire

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14 juin 2021 1 14 /06 /juin /2021 12:01
Elle pourrait parler de la Commune ...

Elle pourrait parler de la Commune ...

http://www.loldf.org/spip.php?article932

 

" Elle porte en elle toutes les révolutions". C'est une phrase d'une des animatrices de l'émission "L'oreille loin du front", témoignant de la compréhension sensible et précise, que j'ai ressentie tout au long de l'émission. Je tiens à souligner la qualité des questions posées qui m'ont permis de développer pour les auditrices et les auditeurs passéEs et à venir ce qui me semble le plus essentiel pour aujourd'hui dans l'étude des écrits et de l'action de Rosa Luxemburg.

 

L'émission placée sous le signe de la révolution (prolétaire), nous avons commencé par la citation qui me semble toujours aussi essentielle sur les phénomènes révolutionnaires, où Rosa Luxemburg souligne le caractère imprévu, parfois étrange par lequel commencent les révolutions et auquel il convient de porter attention (elle parle là de la manifestation derrière un prêtre en janvier 1905 en Russie et fait le parallèle avec la marche des femmes  en 1789) :

"Rien n’est plus à même de libérer d’un seul coup d’un seul notre pensée des chaînes étouffantes des idées reçues  et à l’entraîner vers toutes les directions qu’une période révolutionnaire. L’histoire réelle, comme la nature créatrice, est bien plus étrange et plus riche dans ses inventions que le pédant qui classifie et systématise tout."  Le pèlerinage des prolétaires, 1905

 

Nous avons abordé ensuite en réponse aux questions :

. Des éléments biographiques qui éclairent son action - L'anticolonialisme (avec l'exemple de la Namibie) - Sa lutte contre le nationalisme et la guerre - Son rôle comme économiste - La centralité de la lutte prolétaire - Le Spartakisme -  La révolution de 1918/19 ...

 

Puis concernant la Commune :

. Présente dans ses discours et articles - Un moment essentiel dans l'histoire des révolutions - Un moment pivot entre révolution bourgeoise et révolution prolétaire - Les prolétaires chair à canons - La confiscation des révolutions, leur assassinat (les Semaines Sanglantes) - Le refus de la constituante de 1918 - Le fascisme ...

 

J'ai pu aussi rendre hommage à Gilbert Badia, souligner les dérives que l'on constate actuellement sur la présentation de Rosa Luxemburg (la pire à mes yeux d'autant que c'est sur un site libertaire qu'on la trouve : polonaise, allemande, juive tout ce par quoi elle ne se définit pas) - alerter sur le risque d'utilisation indécente de la correspondance (elle va être publiée intégralement, ce qui est important tant elle contient d'information sur sa pensée et son action, mais le film de Margarethe von Trotta montre l'indécence de l'utilisation des indications sur sa vie privée qui peut en être faite - et dont je me garde  depuis toujours -, et l'occultation voulue de ce fait de son action et de sa réflexion politique) - informer sur l'enregistrement par Sabrina Lorre d'extraits sur Rosa Luxemburg et la Commune, disponibles progressivement sur le net.

 

Merci à RFPP et aux animatrices de l'émission.

" Elle porte en elle toutes les révolutions". Ecouter Rosa Luxemburg et la Commune, une histoire de révolution ... pour aujourd'hui, sur RFPP, "L'oreille loin du front"

Présentation de l'émission sur le site de l'émission (les mots clefs sont déjà un signe)

 

 
 © Les oreilles loin du Front 

 

Rosa Luxemburg et la Commune, une histoire de révolution pour aujourd’hui
avec Dominique Villaeys-Poirré

 

Mots-clefs : anti-colonialisme - anticapitalisme - internationalisme - marxisme - révolution

 

Cette semaine, nous célébrons avec Dominique Villaeys-Poirré, une amie de Fréquence Paris Plurielle, le 150e anniversaire de la naissance de Rosa Luxemburg et les 150 ans de la Commune ! Dominique travaille depuis longtemps sur l’œuvre et la pensée de Rosa Luxemburg qu’elle envisage, ainsi que le soulignent les noms de ses blogs, comme un moyen de comprendre et de réfléchir pour lutter aujourd’hui. La Commune traverse l’œuvre de la militante révolutionnaire, elle est une « présence constante » sans qu’aucun de ses textes ne soit spécifiquement consacré à l’événement de 1871. Notre émission reviendra notamment sur la vie et l’œuvre de Rosa Luxemburg, sur les réflexions que lui ont inspiré les révolutions qui ont eu lieu du XIXème au début du XXème siècle en Europe, la Commune en particulier !

 

Liens pour suivre le travail de Dominique Villaeys-Poirré :


https://comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com
http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr
https://blogs.mediapart.fr/villaeys-poirre/blog
https://vimeo.com/user39571601

 

Et pour les oreilles de tout le monde, nous ajoutons un lien vers un chant de la Sacrée chorale que notre invitée apprécie tout particulièrement : http://lambda.toile-libre.org/orwell/2021-05-22_chorale_inside.mp3

" Elle porte en elle toutes les révolutions". Ecouter Rosa Luxemburg et la Commune, une histoire de révolution ... pour aujourd'hui, sur RFPP, "L'oreille loin du front"
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9 juin 2021 3 09 /06 /juin /2021 11:13
Aujourdhui, à 19 heures, sur RFPP  (Radio Fréquence Paris Plurielle), Rosa Luxemburg et la Commune, une histoire de révolution pour aujourd'hui.
"Rosa Luxemburg et la Commune, une histoire de révolution pour aujourd'hui", invitation à l'émission "Les Oreilles loin du front" sur Radio Fréquence Paris Plurielle (RFPP), ce 9 juin 2021 de 19h à 20 h 30.
 

Présentation de l'émission "Rosa Luxemburg et la Commune

 

Pour le double 150e anniversaire de la naissance de Rosa Luxemburg et de la Commune, il était évident d'entamer une recherche sur Rosa Luxemburg et la Commune. Sur le blog comprendre-avec-rosa-luxemburg, des premiers éléments de recherche sont disponibles. Un livre paraîtra chez Agone donnant accès à tous à l'ensemble des éléments. Mais cette recherche n'est pas académique, elle se veut comme le titre du blog l'indique, un des moyens pour comprendre et réfléchir pour lutter aujourd'hui. N'hésitez pas à participer et poser vos questions.

http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr/10-rosa-luxemburg-et-la-commune/

 

Présentation de l'émission "les oreilles loin du front"

 

 

- Les Oreilles loin du front est une émission d’actualité sociale, politique et culturelle animée par des militant-e-s issu-e-s de différents réseaux, en particulier de Ras l’front.
- On y donne écho chaque semaine aux mobilisations, aux luttes et à toutes formes de résistances actives : sans-papiers, révolutions sud-américaines, anti-colonialismes, intermittent-e-s et précaires...
- On offre également une large plage horaire (1h30 sans pub ni flash-info) aux analyses ou aux réflexions d’auteur-e-s et de chercheuses/eurs engagé-e-s dans ces mêmes luttes sociales - histoire de prendre le temps d’exposer un sujet ou un enjeu de l’actualité des mouvement sociaux.
- De manière générale Les Oreilles loin du front ne reçoit que des gens bien et de gauche.

- Pour nous contacter, c’est ici : loldf@no-log.org. Vous y trouverez des quantités invraisemblables d’émissions époustouflantes, de reportages
extraordinaires, de mixs merveilleux et de chroniques sanglantes.
Voir dans la grille, direct, rediffusion

 

Présentation de la radio

 

 

En 1981, la fin du monopole de l’Etat sur l’audiovisuel, en libérant les ondes, a donné naissance à une floraison de radios libres, dont environ six cents continuent d’émettre aujourd’hui. Le 5 septembre 1992, Fréquence Paris Plurielle (FPP) s’est lancée dans l’aventure, d’abord à la Plaine-Saint-Denis, dans la banlieue nord de Paris, puis en 2000 dans le quartier de Stalingrad, à Paris pour enfin s’installer fin 2009 dans le XIX° au 1, rue de la solidarité près des Buttes-Chaumont...

Fréquence Paris Plurielle a été fondée pour donner la parole à ceux qui ne l’ont pas : elle est une radio de lutte, engagée dans les mouvements sociaux, politiques et culturels. Indépendante des partis politiques et religieux et refusant toute publicité, elle n’est pas soumise aux impératifs marchands et aux taux d’écoute. Elle est une radio généraliste, qui émet 24h sur 24. Fréquence Paris Plurielle est membre de la Fradif (Fédération des radios associatives d’Ile-de-France).

FPP compte une centaine d’émissions assurées par 250 animatrices, animateurs et technicien-ne-s bénévoles, militants, membres d’associations : émissions politiques, sociales et de solidarité internationale (santé, sans-papiers, logement, chômage, écologie, féminisme, tiers-monde, handicap, prisons), émissions de 14 communautés immigrées en bilingue (Maghreb, Afrique, Turquie, Caraïbe, Madagascar, Comores, Amérique latine, Iran, Kanaks, Kurdes, Soninkés), émissions culturelles (cinéma, théâtre, littérature, histoire, danse, philosophie) et émissions musicales (rap, rock, jazz, électro, reggae, opéra, house, groove, musiques du monde, funk, soul, jazz, rumba, musique antillaise, brésilienne, latino, africaine).

Radio libre, FPP s’attache à une critique en acte des médias : la grille de l’antenne privilégie les formats longs, où l’on prend le temps de dialoguer et de développer des idées ou des créations musicales et sonores. Les émissions sont produites et réalisées par des non-professionnel-le-s : la rue a la parole, avec les accents multiples, les tons, les savoirs, les analyses et les inventions dont elle est riche.

Plusieurs ressources sont disponibles sur FPP :

- l’article "Fréquence Paris Plurielle" sur l’encyclopédie en ligne Wikipedia, fournit un historique plus complet, depuis la création de Radio Tomate en 1981 jusqu’à la participation de ses animateurs à la fondation de FPP en 1992

- le documentaire de Marion Lary, réalisé en 1999, est visionnable intégralement en ligne - il évoque FPP à l’époque où elle était installée à la Plaine St-Denis, à la fin des années 90

- "15 ans de radio libre", une émission réalisée lors du festival 2007, est disponible en ligne - elle revient sur les enjeux auxquels la radio est confrontée aujourd’hui

- la plaquette de présentation :

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11 mai 2021 2 11 /05 /mai /2021 10:51

Rosa Luxemburg et la Commune, une histoire de révolution.

 

En janvier 2019, pour la commémoration de l'assassinat de Rosa Luxemburg, j'avais été invitée à l'Université libre de Belgique. Je garde un souvenir précieux de cette rencontre, de l'attention apportée et de la qualité des questions posées. Invitation renouvelée cette année, en ligne cette fois pour cause de Covid. Depuis décembre et la fin des obligations du travail salarié, je suis allée à la recherche  de la Commune dans les articles, discours de Rosa Luxemburg, travail archéologique de la pensée que je trouve si essentiel. Ce travail sera édité. J'ai intitulé mon intervention "Rosa Luxemburg et la Commune, une histoire de révolution. Car quel lien plus étroit les unit l'une et l'autre si ce n'est la révolution". Et qu'est-ce qui nous parle aujourd'hui le plus intensément si ce n'est la possibilité de réfléchir grâce à l'une et l'autre à comment changer une société toujours marquée par l'exploitation, l'oppression, l'aliénation.

 

J'ai pensé au fur et à mesure des lectures  et compte tenu du temps dont nous disposons à quatre éléments de réflexion. En Introduction l'importance pour Rosa Luxemburg des dates commémoratives, puis :

 

- La Commune comme moment essentiel d'un siècle de révolution, pivot entre les révolutions bourgeoises et la révolution prolétaire qu'elle appelle de ses vœux.

 

- Fallait-il y aller? La Commune pour Rosa Luxemburg ne pouvait aboutir. Alors fallait-il y aller? Pour le passé et pour l'avenir, sa réponse est oui.

 

- La République, ce mot "magique" qui a permis à la république bourgeoise (une République sans Républicains) de s'installer contre le peuple

 

- L'assassinat de la Commune et de la révolution en Allemagne, un même déroulement, un même destin.

 

N'hésitez pas à mettre des commentaires et des questions.

Ecouter Sabrina Lorre lit Rosa Luxemburg : https://vimeo.com/user39571601

 

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8 mai 2021 6 08 /05 /mai /2021 10:38
Colloque en ligne "La Commune. Quelles relectures aujourd'hui ?" La séance du 8 mai porte sur Rosa Luxemburg et la Commune et sur la dette et le crédit.

LE COLLOQUE : Depuis l’écrasement de la Commune de 1871, des dizaines d’ouvrages ont été consacrés à son histoire. Mais chaque époque pose des questions différentes face à cet événement exceptionnel qui annonçait les révolutions du XXème siècle. L’ l’Institut Marcel Liebman et le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches se proposent de donner la parole à des chercheurs et à des militants qui interrogent de manière novatrice la Commune et sa répression. Séance du 8 mai:

Programme du 8 mai : Présidence Gabriel Maissin.

17h – Rosa Luxemburg et la Commune de Paris – Dominique Villaeys-Poirré

17h30 – Un militant du XXIème siècle peut-il encore s’inspirer des solutions préconisées par la Commune ? Exemple, la dette et le crédit – Eric Toussaint

18h – Questions

Lien Youtube : https://youtu.be/cL8p9SDgeNk

Sur les facebook de : L’Institut Marcel Liebman et  Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches

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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 20:34
Rosa Luxemburg, la Commune, le 1er mai et la lutte de classes. "Elle jetait son éclat de pourpre dans la capitale de la France, sur le mouvement de 1871"
« La lutte de classes, génératrice de ces crises qui déchirent la société bourgeoise et qui, fatalement, causera sa perte, fait comme une trainée rouge à travers toute l’histoire d’un siècle. Elle se dessinait confusément dans la grande tourmente de la Révolution française. Elle s’inscrivait en lettres noires sur la bannière des canuts de Lyon, les révoltés de la faim qui, en 1834, jetèrent le cri : « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ! » » Elle alimentait le feu rouge des torches allumées par les chartistes anglais de 1830 et de 1840. Elle se levait comme une colonne de flammes du terrible massacre de juin 1848 à Paris. Elle jetait son éclat de pourpre dans la capitale de la France, sur le mouvement de 1871, lorsque la canaille bourgeoise victorieuse se vengeait sur les héros de la Commune par le fer meurtrier des mitrailleuses. … »

 

1er mai 1909, Rosa Luxemburg est immergée dans un de ses travaux majeurs : "La question des nationalités et l'autonomie". Elle est sollicitée par un journal français Le Socialiste pour écrire un article sur le 1er mai. Il paraît sous le titre "Le 1er mai et la lutte de classes". Les guerres et incidents sont omniprésents en ce début de siècle, en 1909, cela se passe en Bosnie. La guerre mondiale n'est jamais loin, elle s'approche inexorablement et les crises économiques sont bien présentes.

Rosa Luxemburg écrit : "… Le vingtième 1er mai nous arrive au milieu d'une paix apparente. Le monde bourgeois croit de nouveau les bases de sa domination complètement assurée. ... Guerre, révolution, ces ombres sinistres de la fatalité élémentaire sont momentanément conjurées. La société bourgeoise se sent de nouveau maitresse de sa destinée et des millions d'échines courbées sont sous son joug. Les aspirations des prolétaires de deux mondes, l'idéal du socialisme, le rêve insensé d'une nouvelle société faite d'hommes libres et égaux, comme tout cela parait lointain aux honnêtes bourgeois qui croient tenir les rênes du monde! ... Cependant il y a une ombre au tableau. C'est l'ombre épaisse de la crise économique. Des centaines de milliers, on peut dire des millions d'ouvriers sans travail en Europe et en Amérique, réclament du pain, que la société capitaliste est hors d'état de leur fournir ... Elle suit comme une ombre toute révolution, toute guerre moderne, étendant aussi son voile noir sur la tête du 1er mai de cette année. C'est la preuve certaine que la victoire remportée par la société bourgeoisie sur la guerre et la révolution n'est qu'une apparence mensongère, que la sécurité et la quiétude par elle simulée ne sont qu'un trompe-l’œil. Dans la nuit des misères que font naître les crises du capitalisme, des fantômes s’élèvent, annonçant l’inexorable destin, qui déjà se pouvait prévoir à l’aurore même de l’ère capitaliste ... »

 

Elle continuant faisant référence aux luttes en France et en dernier de la Commune : « La lutte de classes, génératrice de ces crises qui déchirent la société bourgeoise et qui, fatalement, causera sa perte, fait comme une trainée rouge à travers toute l’histoire d’un siècle. Elle se dessinait confusément dans la grande tourmente de la Révolution française. Elle s’inscrivait en lettres noires sur la bannière des canuts de Lyon, les révoltés de la faim qui, en 1834, jetèrent le cri : « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ! » » Elle alimentait le feu rouge des torches allumées par les chartistes anglais de 1830 et de 1840. Elle se levait comme une colonne de flammes du terrible massacre de juin 1848 à Paris. Elle jetait son éclat de pourpre dans la capitale de la France, sur le mouvement de 1871, lorsque la canaille bourgeoise victorieuse se vengeait sur les héros de la Commune par le fer meurtrier des mitrailleuses. … »

Elle conclut : « Le but du 1er mai est une déclaration de guerre retentissante sans merci, lancée à cette société par des millions de bouches et qui se répercute sur toute l’étendu du globe. Dans cette unanimité internationale du mouvement se trouve la garantie que nos bataillons ne seront plus écrasés dans une lutte héroïque, mais inégale, parce qu’isolés, comme ceux de Juin et de la Commune, comme les glorieux combattants de Saint-Pétersbourg, de Varsovie et de Moscou. Le 1er mai est la fête mondiale du travail, la commémoration annuelle des luttes révolutionnaires glorieuses du prolétariat moderne, la continuation de leurs traditions et la proclamation solennelle de cette vérité qu’un jour sonnera l’heure où non plus des détachements isolés du prolétariat de telle ou telle nation mais le prolétariat de tous les pays soulèvera dans une lutte commune pour mettre bas le jour exécrable du capitalisme. »

Le 1er mai et la lutte de classes(extraits) - Socialisme N° 74, 1er mai 1909, P 1 et 2 - Publié dans Le socialisme en France P 265 – 267, Editions Agone/Smolny,

Rosa Luxemburg, la Commune, le 1er mai et la lutte de classes. "Elle jetait son éclat de pourpre dans la capitale de la France, sur le mouvement de 1871"
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3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 15:37

Extrait de "Les enseignements des trois Doumas", 1908

"Mais l’histoire appela pour la troisième fois le prolétariat français à accomplir la révolution bourgeoise et fit de lui l'initiateur de la Commune de Paris de 1871 - et de l’actuelle république française. La Troisième République que l’on explique de la façon la plus simple comme une conséquence naturelle, née d’elle-même sur les ruines morales et militaires du Second Empire lors de la guerre contre la Prusse, était en réalité le résultat de causes bien plus profondes, avant tout de la Commune de Paris ainsi que de tout un siècle de révolutions. La constitution républicaine et le gouvernement républicain de la France actuelle - il ne faut pas l’oublier – sont issus d'une Assemblée à majorité monarchiste. Et tout comme les élections de février 1871 ont donné la majorité aux monarchistes, la réaction la plus sanglante et la plus sauvage a régné sur toute la politique de cette honorable Assemblée qui a tenu pendant quatre ans la barre politique de la France, surtout après l'anéantissement de la Commune. Le climat politique de cette France bourgeoise, de la France de Thiers et de Favre, a été décrit de façon classique par Jules Guesde dans son remarquable pamphlet de 1872, dans lequel il dénonce le crime de Versailles et qualifie la France de " République sans Républicains".  La France bourgeoise de 1871 était une République sans Républicains, tout comme celles de 1792 et 1848. Et si néanmoins cette même bourgeoisie réactionnaire et monarchiste a fondé la Troisième République et cette fois pour toujours, la raison essentielle en était d’une part la peur qu'elle avait du prolétariat, la conviction donc après un siècle de révolution que le prolétariat momentanément vaincu ne pouvait être pacifié que par une constitution républicaine, et d’autre part la certitude que le prolétariat vaincu cette fois ne pourrait reprendre la barre de la République pour semer le désordre avec ses fantasmes « sociaux » et ses volontés de subversion dans cette société bourgeoise. Le journal “Rappel” a dévoilé clairement ce secret de la Troisième République dans son numéro du 4 avril 1874. On peut y lire : les travailleurs supportent leur misère dans le calme parce que le gouvernement se nomme républicain. « Ce mot exerce une influence magique sur l’esprit des travailleurs, cette supercherie les maintient dans l’espoir ». Rosa Luxemburg, Les enseignements des trois Doumas, 1908.

Commencée en décembre, cette recherche sur Rosa Luxemburg est maintenant pratiquement achevée. Les premiers extraits se trouvent sur le net sur mon autre blog créé au moment ou over-blog avait imposé des publicités sur les blogs gratuits. : http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr/10-rosa-luxemburg-et-la-commune/ L'article a été publié aussi sur médiapart pour lui donner plus de visibilité sur les moteurs de recherche. Afin de faciliter l'accès à ceux que lire des textes peut rebuter, nous avons décidé avec Sabrina Lorre de les enregistrer sous forme de lectures. 12 extraits sont déjà disponibles. Dominique Villaeys-Poirré. Traduction par mes soins. Mars 2021.

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Cet extrait est l'un des plus important pour la réflexion qu'il induit pour aujourd'hu sur la République, le réformisme politiquei. En 1908, Rosa Luxemburg fait l'analyse du système qui s'est mis en place dans la Russie tsariste après la défaite de la Révolution russe de 1905. Elle s'appuie sur l'expérience de la Commune pour faire avancer l'idée de révolution prolétaire, comme elle le dit ailleurs jusqu"alors les prolétaires ont "tiré les marrons du feu" pour la bourgeoisie, puis ont été trahis par elle, et la bourgeoisie a continué sa marche et établit son pouvoir, elle l'espère cette fois-ci définitivement!  De cela, la Commune est un exemple parfait. Non seulement, c'est le système républicain qui a décidé de la défaite et du massacre de l'expérience de la Commune, mais ce système continue à asseoir le pouvoir de la bourgeoisie et à perpétuer l'exploitation capitaliste des prolétaires.  Leçon encore plus que valable pour aujourd'hui?

République sans Républicains, République qui n'a que le nom de République, mais qui n'est qu'un habillement, une supercherie, mot "magique" pour pacifier les prolétaires, pour empêcher qu'ils se révoltent à nouveau. La IIIème  République est le témoignage qu'il ne suffit pas que le régime soit "républicain" pour que disparaisse l'exploitation capitaliste. Et ce n'est pas là le régime républicain en lui-même qui est en cause. Au contraire dans les années 1910, Rosa Luxemburg rentrera en conflit ouvert avec le réformisme politique qui refuse son engagement contre la forme impériale du pouvoir (Petite référence personnelle à l'Espagne où le même réformisme acceptera le maintien de la royauté après le franquisme!). Mais la forme bourgeoise du pouvoir. Comme elle le dit et comme le montre jusqu'à aujourd'hui le réformisme politique : c'est la bourgeoisie toute entière qu'il convient de combattre.En 1908, Rosa Luxemburg fait une analyse du système qui s'est mis en place dans la Russie tsariste après la défaite de la Révolution russe de 1905.

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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009