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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.
 
Voir aussi : http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr/
 
4 juillet 2021 7 04 /07 /juillet /2021 18:14
Les assassinats de Rosa Luxemburg et de la Commune - Les semaineS sanglanteS - "Ces classes possédantes crient depuis toujours à la violence et à la terreur … des esclaves"
"Les classes possédantes, qui, en mille ans d’histoire, à la moindre rébellion de leurs esclaves, n’ont reculé, devant aucun acte de violence et aucune infamie afin de protéger ce qui constitue le garant de “l’Ordre”: la propriété privée et la domination de classe, ces classes possédantes crient depuis toujours à la violence et à la terreur … des esclaves". Rosa Luxemburg  "Un jeu dangereux" - Die Rote Fahne 24 novembre 1918

En hommage à la Commune en cette semaine sanglante.

NE PAS OUBLIER.

Les massacres et les assassinats sont la réaction de la bourgeoisie à toutes les tentatives révolutionnaires dans l'histoire comme aujourd'hui. Et quand cela ne suffit plus, il reste toujours à la bourgeoisie le recours au fascisme. DVP

Les assassinats de Rosa Luxemburg et de la Commune - Les semaineS sanglanteS - "Ces classes possédantes crient depuis toujours à la violence et à la terreur … des esclaves"

Les parallèles entre mai 1871 et janvier 1919 sont innombrables. En novembre 1918, dans un article "Un jeu dangereux", Rosa Luxemburg dénonce les menées de la social-démocratie, de la réaction et des corps francs réunis qui accusent les révolutionnaires socialistes de préparer un coup d’État, de menées subversives Leur but : préparer les esprits à l'assassinat de la révolution.

 

Pour cela, Rosa Luxemburg s'appuie entre autres sur l'expérience de  la Commune et la dénonciation par les classes possédantes de l'époque de ses "atrocités" et de la "violence":

"Qui n’est pas écœuré d’entendre les gardiens du Capitole de l’anarchie bourgeoise, ceux là-même qui ont transformé en quatre ans l’Europe en un champ de ruines, crier à «l’anarchie» de la dictature des prolétaires! … Les classes possédantes, qui, en mille ans d’histoire, à la moindre rébellion de leurs esclaves, n’ont reculé, devant aucun acte de violence et aucune infamie afin de protéger ce qui constitue le garant de “l’Ordre”: la propriété privée et la domination de classe, ces classes possédantes crient depuis toujours à la violence et à la terreur … des esclaves. Les Thiers et Cavaignac qui avaient assassiné des dizaines de milliers de prolétaires parisiens, hommes, femmes et enfants, lors du massacre de juin 1848, ont ensuite submergé le monde de leurs gémissements à propos des prétendues 'atrocités' de la Commune de Paris. …"

 
Elle dénonce leur jeu qui se vérifiera lors de la semaine sanglante de mi-janvier à Berlin :

"Mais il y a en a d'autres, qui ont un besoin pressant de faire régner aujourd’hui le terrorisme, le règne de la terreur, l’anarchie, ce sont ces Messieurs les Bourgeois, ce sont tous les parasites de l’économie capitaliste, qui tremblent pour leurs biens et leurs privilèges, leurs profits et leurs pouvoirs. Ce sont eux qui mettent sur le dos du prolétariat socialiste des menées anarchistes fictives, des prétendus projets de putsch, afin de faire déclencher au moment opportun par leurs agents, de véritables coups d’État, une réelle anarchie, pour étrangler la révolution prolétarienne, pour faire sombrer dans le chaos la dictature socialiste et ériger pour toujours sur les ruines de la révolution la dictature de classe du capital."

 

Peu après cet article, la ville se couvrait d'affichettes appelant à l'assassinat des "leaders" spartakistes. Et Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, faits prisonnierE, et trois mois plus tard Leo Jogiches, seront assassinéEs.

La seule réponse de la bourgeoisie à l'aspiration à une autre monde - lors de la Commune comme lors de la révolution allemande - sont toujours hier comme aujourd'hui : les massacres et les assassinats.

Les assassinats de Rosa Luxemburg et de la Commune - Les semaineS sanglanteS - "Ces classes possédantes crient depuis toujours à la violence et à la terreur … des esclaves"
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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 10:20
Rosa Luxemburg, Mehring, Les trois mousquetaires du Spartakisme. Très bel article sur la réédition  aux éditions Otium de l'ouvrage de Gilbert Badia.

Très attachée à la figure de Gilbert Badia avec lequel j'ai commencé mon travail sur Rosa Luxemburg, j'attire votre attention sur cet article paru sur le site En attendant Nadeau. N'hésitez pas non plus à visiter ce site très riche et intéressant.

https://www.en-attendant-nadeau.fr/2021/05/12/mousquetaires-spartakisme-badia/

Rosa Luxemburg, Mehring, Les trois mousquetaires du Spartakisme. Très bel article sur la réédition  aux éditions Otium de l'ouvrage de Gilbert Badia.
Les trois mousquetaires du spartakisme
À travers Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, c’est surtout à l’histoire du mouvement révolutionnaire allemand que l’historien Gilbert Badia (1916-2004) aura consacré une grande partie de ses recherches. Ainsi ce récit minutieux sur le spartakisme et la révolution allemande, publié en 1967, que les éditions Otium viennent de rééditer en y adjoignant vingt-quatre documents qui le complètent fort utilement.

Gilbert Badia, Le spartakisme. Les dernières années de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht. Préface de Nicolas Offenstadt. Otium, 600 p., 25 €

Avant toute chose, on doit complimenter cette maison d’édition, Otium. Pour la sélection de ses titres bien sûr, dont la réédition de cet ouvrage majeur de Gilbert Badia, mais aussi pour le soin apporté à la fabrication, au choix esthétique de la maquette ainsi qu’à l’appareil critique (repères chronologiques, biographies) et pour la présence de cet index qu’on trouve de moins en moins dans les ouvrages universitaires. Cela traduit un respect de l’auteur.e dont devraient s’inspirer les « grandes » maisons d’édition.

Germaniste et militant communiste, Gilbert Badia, apprenons-nous dans la préface de Nicolas Offenstadt, a séjourné comme Jean-Paul Sartre et Raymond Aron dans l’Allemagne nazie d’avant la Seconde Guerre mondiale. En France, sous l’Occupation, il rejoint la Résistance et, à la Libération, il entre au journal communiste Ce soir, dirigé par Aragon. Enseignant, il part plus tard pour l’Algérie tout juste indépendante où il met sur pied le département d’allemand à l’université d’Alger. On lui doit les premiers travaux sur les antifascistes allemands émigrés en France (Les barbelés de l’exil, Presses universitaires de Grenoble, 1979 ; Exilés en France. Souvenirs d’antifascistes allemands émigrés, Maspero, 1982). En 1973, il lance la revue Connaissance de la RDA grâce à laquelle le public français aura accès à des auteurs aussi essentiels de la littérature allemande (et pas seulement est-allemande !) du XXe siècle que Christa Wolf, Volker Braun et Heiner Müller – pour n’en citer que quelques-uns.

Le point de départ de son livre est le 4 août 1914, lorsque le parti social-démocrate vote à l’unanimité au Reichstag les crédits de guerre. Le soir même, une dizaine de ses membres, effondrés, se réunissent dans l’appartement berlinois de Rosa Luxemburg. De cette rencontre naîtra autour de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, le seul député au Reichstag à s’être insurgé contre les crédits de guerre, le mouvement qui prendra plus tard le nom de « spartakisme ». Liebknecht, avocat de profession, est un orateur qui « aime parler aux foules et sait toucher les cœurs ». Rosa Luxemburg, elle, est la théoricienne du groupe. Avec Franz Mehring, ils seraient, selon Badia, les « Trois Mousquetaires » du spartakisme.

Pour comprendre le vote en faveur de la guerre, ou plutôt, comme il fut dit, « en faveur de la légitime défense », il faut se souvenir que la guerre avait éclaté de façon soudaine. Les dirigeants sociaux-démocrates étaient en vacances, au bord de la Baltique ou en Italie. Mais, de toute façon, la fièvre patriotique avait gagné les rangs du parti et la société. Tandis que, contrairement à ce qui avait été prédit par tous les belligérants, la guerre s’éternisait, le Reichstag allait voter à nouveau en décembre de la même année les crédits de guerre. Cette fois, Liebknecht, qui avait, malgré son désaccord, respecté la discipline du parti le 4 août, sera le seul député à ne pas les voter. À partir de ce moment-là, il ne cessera de subir des attaques de part et d’autre. Comme il est mobilisé, le gouvernement lui interdit « toute agitation orale ou écrite » en Allemagne. Rosa Luxemburg est, elle, rapidement condamnée à un an de prison pour propagande antimilitariste.

Restée dans le parti, l’opposition tente de s’organiser, tout en se sachant sous la menace constante de la police. On communique en langage codé et on prévoit où caser les enfants en cas d’arrestation. Les hommes, pour la plupart, sont envoyés au front, le moyen le plus expéditif de les neutraliser. Liebknecht est finalement arrêté à l’issue de la manifestation du 1er mai 1916, à Berlin. À l’annonce de sa condamnation, des grèves éclatent dans plusieurs villes. À Berlin, les grévistes auraient été au nombre de cinquante-cinq mille. Sur le front, Liebknecht serait devenu « l’homme le plus populaire des tranchées ». À peine libérée, en février 1916, après avoir purgé une première peine, Rosa Luxemburg est elle aussi à nouveau arrêtée. L’opposition reste dans le parti pour, dit Leo Jogiches, « combattre et contrecarrer pas à pas la politique de la majorité[du parti], protéger les masses contre la politique impérialiste pratiquée sous le couvert de la social-démocratie et utiliser le parti comme lieu de recrutement pour la lutte des classes prolétarienne anti-impérialiste ».

Mais si l’opposition entend rester dans le parti, la majorité contre laquelle elle lutte l’en chassera. Les dirigeants sociaux-démocrates redoutent son influence, le nombre de députés votant contre les crédits militaires étant en progression. Les 6 et 8 avril 1917, la scission est actée à Gotha et un parti social-démocrate indépendant (USPD), auquel adhèrent les spartakistes, est créé dans un climat de divergences et d’incompatibilités personnelles, notamment celle de Rosa Luxemburg vis-à-vis de Karl Radek dont elle met en doute l’intégrité. Un parti, selon Badia, qui est plutôt un conglomérat de tendances. Tout au long des années 1917-1918, les grèves se succèdent, attisées par l’espoir que fait naître la révolution d’Octobre en Russie, laquelle Russie a signé le 3 mars 1918 à Brest-Litovsk la paix avec l’Allemagne. Le nouveau gouvernement du prince Max de Bade montre des signes d’apaisement. Liebknecht est amnistié. Une foule estimée à plusieurs milliers de personnes vient l’accueillir. Dès sa sortie de prison, il est fêté à l’ambassade russe de Berlin et reçoit un télégramme de félicitations de Lénine. En novembre 1918, à peine la guerre achevée et perdue, la révolution allemande éclate.

Lassés par un conflit qui n’a servi à rien, épuisés et aspirant à la paix, les ouvriers créent des soviets sur le modèle de la Russie révolutionnaire. Si les spartakistes sont peu nombreux dans le Reich, ils déploient en revanche une fantastique activité. Ils manquent certes de journalistes pour leur organe Die rote Fahne (« le drapeau rouge »), mais Rosa Luxemburg en assume la parution jusqu’à l’épuisement. Quoiqu’elle-même n’approuve pas la répression que subissent en Russie les adversaires des bolcheviques (on se souvient de sa célèbre phrase, reprise par les dissidents est-allemands : « la liberté, c’est celle de ceux qui pensent autrement »), les spartakistes sont les défenseurs les plus motivés de la révolution d’Octobre. Une campagne d’excitation contre eux est lancée par le gouvernement. Elle est destinée à créer un climat de panique dans la société allemande. Rumeurs, menaces de mort, calomnies antisémites se succèdent. Banquiers et industriels organisent des collectes pour combattre le bolchevisme. « C’est à cette époque, écrit Badia, que sont nés en Allemagne les mythes de l’homme-au-couteau-entre-les-dents […], des spartakistes [assimilés] à des sous-hommes malfaisants qu’il convenait d’exterminer. » On sait combien cette campagne sera amplifiée par le nazisme.

Käthe Kollwitz, « En mémoire de Karl Liebknecht » (1920) gravure sur bois, Kn 159 VI, Kölner Kollwitz Sammlung © Käthe Kollwitz Museum Köln

Käthe Kollwitz, « En mémoire de Karl Liebknecht » (1920) gravure sur bois, Kn 159 VI, Kölner Kollwitz Sammlung © Käthe Kollwitz Museum Köln

Ce qu’on a appelé « la semaine sanglante » survient dans ce climat. Face à la confusion des insurrections, des appels spontanés à la grève, de mouvements qu’ils ne contrôlent pas, les spartakistes sont divisés, hésitent, conscients de leur faiblesse. Devançant la défaite, certains s’enfuient. Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht refusent de déserter. Ils veulent partager le sort des masses écrasées par la contre-révolution, ce qui leur coûtera la vie. Le 8 janvier 1919, les troupes de Noske, le ministre de la Défense social-démocrate, vont procéder à une chasse à l’homme. Ils ratissent Berlin, défoncent des crânes, exécutent de façon bestiale plus de cent cinquante révolutionnaires. Dans sa préface, Nicolas Offenstadt relate les conditions de l’arrestation des deux leaders et leur torture avant l’exécution. Le 15 janvier 1919, ils seront assassinés. On ne retrouvera le cadavre de Rosa que le 31 mai dans les eaux du Landwehrkanal. Elle avait été libérée le 8 novembre précédent. Son compagnon, Leo Jogiches, sera à son tour abattu par un policier deux mois plus tard. Il n’y aura jamais de réelle investigation ni de procès des assassins. Une tentative de la RDA échouera en raison de la mauvaise volonté de la RFA.

Des principaux initiateurs du mouvement spartakiste et de la création du KPD (Parti communiste allemand) le 1er janvier 1919, il ne restera, après l’assassinat de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht, que Clara Zetkin. Franz Mehring est mort de désespoir peu après l’annonce de la disparition de ses deux compagnons. À propos de Liebknecht, Romain Rolland dira que cet être « pur, fiévreux, faible et violent » se serait « grisé de l’idée du coup de force à l’exemple du bolchevisme russe » et qu’il est allé au combat « sachant que Spartacus serait, une fois de plus, écrasé ». De son côté, le jeune poète Bertolt Brecht composera, avant qu’on ait retrouvé son corps, l’« Épitaphe 1919 » à la mémoire de Rosa Luxemburg :

« Rosa la Rouge aussi a disparu

Où repose son corps est inconnu

D’avoir dit aux pauvres la vérité

Fait que les riches l’ont exécutée. »

Grâce à l’accès aux archives de Merseburg en RDA ainsi qu’à l’Institut du marxisme-léninisme à Berlin (Est), Gilbert Badia pourra rédiger le premier ouvrage de référence en français sur la révolution allemande, avant celui que l’historien Pierre Broué publiera en 1971 (Révolution en Allemagne. 1917-1923, Minuit). L’un et l’autre, quoique de sensibilités différentes, le premier communiste, le second trotskiste, se rejoindront sur les raisons de l’échec. Sans doute Badia fut-il, comme le relève Nicolas Offenstadt, un « emmerdeur » (Paul Laurent) dans le parti. Offenstadt a raison de dire qu’il discute tout au long de son texte l’action des spartakistes. Il n’est pas dans l’apologie du mouvement, mais dans son analyse.

Gilbert Badia n’ira pas cependant jusqu’à reprendre les thèses du philosophe marxiste Georg Lukács, alors en disgrâce dans le mouvement communiste orthodoxe, et qu’il connaissait pourtant – il devait même traduire certaines de ses œuvres des années plus tard. Dans Histoire et conscience de classe (Minuit, 1960), Lukács confrontait la spontanéité des masses à l’action du parti, à son inexpérience qui permet précisément d’expliquer l’échec de la révolution de 1918. C’est aussi dans le livre fameux de Lukács qu’on trouve le plus bel éloge de Rosa Luxemburg, théoricienne marxiste assassinée, comme Liebknecht, à l’âge de quarante-sept ans.

Rosa Luxemburg, Mehring, Les trois mousquetaires du Spartakisme. Très bel article sur la réédition  aux éditions Otium de l'ouvrage de Gilbert Badia.
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14 décembre 2020 1 14 /12 /décembre /2020 15:38
Mémoires d'Heinrich Brüning - fin de guerre et révolution - un récit instructif et ... édifiant!

Futur chancelier d'Hindenburg, leader du Zentrum, son récit est édifiant. On y voit son mépris des révolutionnaires, son paternalisme par rapport à ses soldats. mais aussi des indications précieuses sur ces "petits" événements vécus au jour le jour et qui éclairent la grande histoire.

 

Citations

 

Les hommes de troupe étaient en majorité de jeunes ouvriers métallurgistes hautement qualifiés, pour la plupart originaires de Berlin. Ils étaient membres de syndicats socialistes, dont j’appris à estimer hautement l’influence éducatrice en matière de lutte anti-alcoolique...

 

A la fin de septembre, nous atteignîmes la ligne Siegfried. La lecture des journaux accumulés me laissait supposer qu’en raison de leur offre trop rapide d’armistice, le commandement en chef de l’armée et le gouvernement étaient acculés à l’acceptation de conditions sans cesse plus dures de la part des alliés. La tactique révolutionnaire russe se déroulait parallèlement à ce jeu diplomatique. Dès le mois de septembre, à leur retour de permission ou de congé de convalescence, des hommes firent état de rumeurs relatives à des conspirations bolcheviques parmi les troupes de remplacement, principalement à Francfort-sur-l’Oder, où nous puisions nos renforts. A cette occasion, on prononça le nom de Liebknecht. ...

 

Aussitôt après notre arrivée dans la région de Tongres, nous reçûmes l’ordre de nous entraîner à des combats de rue et le 8 novembre un avis téléphonique nous prévint que le jour J était arrivé. Nous devions former le fer de lance d’un nouveau « groupe Winterfeld » dont la tâche serait d’écraser la révolution qui avait éclaté  à Berlin et en d’autres villes. Notre premier objectif était de veiller à la sûreté d’Aix-la-Chapelle et ensuite de Cologne. De là, on nous acheminerait plus loin par chemin de fer. ...

 

Le major Prausnizer était en train de téléphoner quand nous pénétrâmes dans la pièce. Ensuite, il nous donna l’ordre d’évacuer sans délai Aix-la-Chapelle en raison de la concentration dans cette ville des éléments révolutionnaires. Nous devions marcher sur Herbesthal afin de nettoyer la gare des mineurs belges qui refluaient de la Ruhr et des bataillons mutinés du  Landsturm. ...

 

Le commandant de la station constata que la signalisation avait été coupée. Je revins auprès de mon colonel qui, malgré sa répugnance naturelle, était en train de répéter aux officiers l’ordre strict de ne pas tirer sur les révolutionnaires et, à ce moment, je vis sur les marches de l’escalier principal une foule en tête de laquelle se trouvaient des femmes de la pire espèce, en robes noires enrubannées de rouge. Les marins et les révolutionnaires qui se trouvaient derrière elles les poussaient lentement en avant. Dans mon dos, les portières des voitures s’ouvrirent. Les canons des mitrailleuses furent pointés en direction de la populace qui fut aussitôt prise de panique. ...

 

Une seule fois des déserteurs osèrent mettre à profit l’arrêt de leur convoi pour s’approcher de nos mitrailleuses. Lorsque les sous-officiers se mirent à les frapper à coups de crosse, ils se réfugièrent en criant dans le train. Nous fîmes partout la même expérience et nous en déduisîmes qu’à l’exception de quelques meneurs fanatiques, les mutins étaient des couards qui n’avaient de courage que l’apparence. ...

 

C’était le futur maréchal von Witzleben. Il était parfaitement calme et il nous donna un premier récit des événements de Berlin. La direction de l’armée était en liaison étroite avec les chefs syndicalistes, parmi lesquels il vanta particulièrement Legien, et avec les dirigeants socialistes majoritaires, Ebert et Wels, en lesquels il avait pleine confiance. Ces hommes, dit-il, étaient les seuls qui voyaient clairement le danger d’un déferlement du communisme sur l’Allemagne et ils risqueraient leur vie pour écarter ce péril.

Heinrich Brüning – Mémoires - nrf – Gallimard, collection Témoins – Chapitre 1 – P 29 - 37

 

LA FIN DE LA GUERRE

 

Dans mes conceptions politiques je ne me différenciais peut être des hommes de ma génération que dans la mesure où mon horizon avait été élargi par de longs et fréquents séjours à l’étranger comportant une étude comparative des systèmes politiques et économiques d’autres pays. Nous formions une génération intermédiaire, pleine de mépris pour le matérialisme prédominant légué par le libéralisme classique. Ce fut seulement dans les tranchées que je compris la signification de la réaction romantique de la « Jugendbewegung » On y développait des idées et l’on y écrivait des livres qui, par la suite trouvèrent plus d’écho à l’étranger qu’en Allemagne.

 

Au cours de quatre années au front interrompues seulement par de brèves permissions et le passage dans les hôpitaux de l’armée, mon intérêt pour la politique s’était estompé. L’obligation quotidienne d’agir sur le plan militaire relègue au second plan les réflexions relatives à la future évolution des affaires du gouvernement. Or, par un pur hasard, je me trouvai associé à la fin de la guerre à des décisions politiques.

 

La lutte commença pour moi dans l’Argonne. Quiconque a survécu à ces combats livrés jour et nuit à la grenade et au lance-mines a facilement supporté les dangers inhérents à toutes les batailles ultérieures. Avant même d’être guéris, blessés et malades devaient revenir à leurs anciens régiments dans le même secteur. Ce fut ainsi qu’après mon second séjour à l’hôpital militaire, je regagnai prématurément, moi aussi, le dépôt de mon bataillon, mais je n’obtins pas l’autorisation de me rendre au front. En revanche, je bénéficiai d’une parfaite instruction de mitrailleur qui devait me mettre à même d’assumer le commandement d’une compagnie de mon régiment. N’ayant pas reçu l’ordre relatif à cette promotion, je me portai volontaire pour l’un des détachements de tireurs d’élite que l’on voulait justement mettre sur pied à l’aide des effectifs provenant des anciennes troupes de mitrailleurs. Au siège central de ces formations qui était établi près de Rozoy, je trouvai la nomination de mon ancien régiment, mais on me déclara que celui-ci n’était pas habilité à donner des ordres qui étaient du ressort particulier du haut commandement de l’armée.

 

Création de Ludendorff, les nouvelles sections de mitrailleurs (M.G.S.S.) étaient échelonnées en profondeur entre l’infanterie et l’artillerie lourde. Elles avaient pour tâche de retenir les percées ennemies à tout prix – les ordres précisaient « en luttant jusqu’au dernier homme » - afin de permettre l’acheminement à pied d’œuvre des réserves. Par ordre du Haut-Commandement, les sections spéciales, qui sur le front, comptaient en moyenne quarante hommes, étaient prêtées aux différentes armées qui elles-mêmes les détachaient temporairement auprès des divisions, sous réserve qu’aucun ordre émanant d’une autorité ne vint entraver l’accomplissement de leur  tâche particulière.

 

Alors que dans les opérations de grande envergure, les divisions étaient relevées au bout de quelques jours, ces sections spéciales demeuraient à leur poste pendant la durée de l’attaque ennemie. On nous lançait sur tous les théâtres d’opération importants, du Chemin des Dames à toutes les batailles des Flandres et aux combats de chars près de Cambrai, enfin, après de nouvelles interventions, dans l’offensive de printemps de 1918, aux principaux points de percée de l’adversaire.

 

Avant le déclenchement des grandes attaques ennemies, nous devions rendre invisibles nos nids de mitrailleuses afin qu’ils ne pussent être repérés même à l’aide de photographies aériennes ; nous devions attendre pour ouvrir le feu que l’infanterie se fut retirée derrière nous.

 

Ces tâches conféraient aux sections de MGSS , des privilèges particuliers. Ils pouvaient, à condition d’en informer aussitôt le haut commandement, décider d’eux-mêmes d’occuper de nouvelles positions à l’intérieur d’un périmètre donné. En cas de percée ennemie, il était impossible de leur transmettre des ordres, aussi tout sous-officier devait-il décider seul de la ligne à suivre. L’état major ne comprenait que cinq membres et n’avait ni machine à écrire ni téléphone. Officiers, sous-officiers et soldats étaient étroitement solidaires tant en ce qui concernait la vie de chacun d’eux que pour le sort de leurs familles respectives.

 

Les hommes de troupe étaient en majorité de jeunes ouvriers métallurgistes hautement qualifiés, pour la plupart originaires de Berlin. Ils étaient membres de syndicats socialistes, dont j’appris à estimer hautement l’influence éducatrice en matière de lutte anti-alcoolique. A la différence de ce qui se passait dans les autres corps de troupe, la participation aux services religieux en campagne n’était obligatoire que pour les officiers mais les sous-officiers et les hommes y assistaient toujours au grand complet. Lorsque après de durs et longs combats, un repos momentané était prévu dans l’un des villages évacués, rien n’égalait la gaieté et le comportement naturellement irréprochables de ces sections. De toute ma vie, je n’ai rencontré une confiance mutuelle, une indépendance d’esprit, une faculté d’adaptation, un sens de l’humour et une abnégation poussés à un tel degré.

 

Au combat, la discipline est en quelque sorte instinctive. Les soldats observent le visage d’un chef prévoyant et audacieux et le suivent sans hésitation. Les ordres formels deviennent inutiles. De nombreux généraux et maints colonels n’ont jamais pu le comprendre. Nous n’étions bienvenus auprès d’eux que dans les moments critiques où ils voulaient nous engager au combat selon des méthodes périmées. Je n’ai jamais eu l’occasion de m’exprimer aussi librement et en termes aussi incisifs qu’en de telles circonstances.

 

Dès la première bataille des Flandres nous fûmes toujours en ligne dans le même secteur que l’escadrille Richtshofen. Un actif échange de correspondance s’établit entre les membres de notre unité et le célèbre aviateur qui répondait à toutes les cartes postales qui lui étaient adressées. Nos hommes les appréciaient plus que la Croix de Fer. Au cours de la préparation d’artillerie qui précéda la première bataille de Flandres en 1917, l’appareil de Richtshofen fut gravement endommagé. Alors qu’il tentait de le ramener derrière nos lignes, il se passa quelque chose d’extraordinaire. Chez l’adversaire comme chez nous, les tirs s’arrêtèrent soudain et pendant un instant toutes les armes se turent comme si amis et ennemis étaient sortis de leurs entonnoirs afin de voir si Richtshofen serait capable de se tirer d’affaires.

 

Le 8 août 1918, tandis que l’on se livrait sur l’ordre de Ludendorff à de nouvelles manœuvres offensives, notre section, après un bref repos fut jetée en pleine nuit au centre de la percée alliée à la jonction des armées française et anglaise. En liaison avec le régiment d’élite de la 7eme division de réserve et deux pièces d’artillerie, nous réussîmes à repousser les attaques de l’ennemi sans perdre un seul homme bien que nous fussions au trois quarts encerclés. A partir du 9 août 1918, nous demeurâmes avec cette division auprès de laquelle, exception faite d’un seul de ses régiments, nous nous sentions particulièrement bien.

 

A la fin de septembre, nous atteignîmes la ligne Siegfried. La lecture des journaux accumulés me laissait supposer qu’en raison de leur offre trop rapide d’armistice, le commandement en chef de l’armée et le gouvernement étaient acculés à l’acceptation de conditions sans cesse plus dures de la part des alliés. La tactique révolutionnaire russe se déroulait parallèlement à ce jeu diplomatique. Dès le mois de septembre, à leur retour de permission ou de congé de convalescence, des hommes firent état de rumeurs relatives à des conspirations bolcheviques parmi les troupes de remplacement, principalement à Francfort-sur-l’Oder, où nous puisions nos renforts. A cette occasion, on prononça le nom de Liebknecht. Comme d’habitude nos hommes en savaient plus long que les officiers, cette fois ils en savaient même plus que le commandement en chef.

 

Le 12 septembre, nous reçûmes l’ordre de marcher sur Fourmies dans la Flandre française, afin de profiter de l’hiver pour former les effectifs de remplacement de notre section de mitrailleurs. Le soldat est enclin à ajouter foi à toutes les bonnes nouvelles même lorsqu’elles sont invraisemblables ; de même, il n’est pas étonné lorsqu’elles ne se trouvent pas confirmées. Tout ordre nouveau suscite de nouvelles espérances. Le soir de notre arrivée à Fourmies, on nous remit l’ordre du commandement en chef de nous diriger dès le lendemain matin à marche forcée sur Tongres. Chaque soir, nous devions communiquer téléphoniquement au Commandement le nom de la localité où nous désirions passer la nuit et indiquer l’objectif de l’étape suivante. Je pensai naïvement que ce mouvement était destiné à préparer la formation d’un nouveau front.

 

Les jours suivants, nous montrèrent la complète désagrégation de la zone des étapes. Tout d’abord, on paraissait préoccupé de la sauver avant toutes choses. Des administrations locales tout entières avec leur outillage agricole battaient en retraite et bloquaient les routes. Je n’oublierai jamais cette matinée où, après une belle promenade à cheval dans les Ardennes, mon regard tomba sur un journal de Cologne qui rapportait la teneur d’une communication téléphonique faite par Hindenburg au chancelier du Reich. Le maréchal avait signalé que le front occidental était soumis à une très vive tension, mais il avait ajouté que par suite du retrait des forces ennemies en Belgique, il était possible d’organiser une résistance permettant de faire face au plus pressé. Après ce que nous avions vu au cours de notre marche, nous nous demandions toutefois comment une pareille solution était encore possible. Le correspondant berlinois du journal se montrait cependant très optimiste quant à la tournure prise par les négociations relatives à l’armistice.

 

ARMISTICE ET REVOLUTION

 

Aussitôt après notre arrivée dans la région de Tongres, nous reçûmes l’ordre de nous entraîner à des combats de rue et le 8 novembre un avis téléphonique nous prévint que le jour J était arrivé. Nous devions former le fer de lance d’un nouveau « groupe Winterfeld » dont la tâche serait d’écraser la révolution qui avait éclaté  à Berlin et en d’autres villes. Notre premier objectif était de veiller à la sûreté d’Aix-la-Chapelle et ensuite de Cologne. De là, on nous acheminerait plus loin par chemin de fer. Cet ordre fut accueilli avec joie, mais une deuxième instruction nous montra que le commandement en chef de l’armée n’avait plus la moindre compréhension de la psychologie des troupes combattantes. Nous devions laisser derrière nous, 10% de nos sous-officiers et hommes de troupe, surtout socialistes, et les remplacer par de jeunes recrues et des hommes puisés dans le personnel instructeur plus âgé. La moitié de nos sous-officiers et jusqu’à deux tiers de nos hommes de troupe étaient sociaux-démocrates ; en majorité berlinois, ils avaient fait leurs preuves et l’on pouvait compter sur eux. Les commandants de compagnie, à l’exception d’un seul officier nouvellement arrivé, refusèrent d’accepter les recrues et préférèrent avoir recours aux membres plus âgés du personnel instructeur. Mais une fois en route, nous ne tardâmes pas à nous convaincre que la plupart d’entre eux n’étaient plus aptes physiquement à collaborer à notre tâche. A chaque arrêt, nous libérions un par un ces groupes de vieux soldats, de sorte qu’à l’arrivée nous disposions de deux compagnies à effectifs réduits, mais sûres, et d’une autre au complet, composée de recrues en lesquelles personne n’avait confiance. Une fois de plus, on avait pensé en termes schématiques sans se soucier des différences humaines sur le plan qualitatif.

 

Ayant appris avant le départ que le train risquait de ne pouvoir pénétrer dans Aix-la-Chapelle, l’adjudant d’armes Jordan qui était, en même temps qu’un sous-officier de premier ordre, un conducteur de locomotive breveté, et moi-même, nous montâmes sur la machine peu avant de franchir la frontière germano-belge. Lorsqu’ils apprirent que nous avions pour mission d’étouffer la révolution à l’intérieur de l’Allemagne, le mécanicien et le chauffeur eurent un sourire méprisant. « En Prusse, dirent-ils, de pareilles choses n’existent pas. » Debout sur la plate-forme de la locomotive, je m’interrogeais. Qui donc avait inspiré les changements survenus à Berlin et au sein du Haut-Commandement de l’armée. Recevrions-nous jamais en temps voulu des ordres précis ? Dans la négative, quel devrait être notre comportement face à la populace révolutionnaire ? Obtiendrions-nous partout notre ravitaillement et l’approvisionnement nécessaire en munitions ? Y avait-il un accord quelconque entre le Haut-Commandement et le nouveau gouvernement ? Pour qui combattions-nous ?

 

L’écrasement de la révolution paraissait parfaitement possible et l’abolition de la monarchie impensable. En fait, toutes les « exigences démocratiques de Wilson étaient désormais satisfaites. Avec l’accord de l’empereur, le système parlementaire et la limitation du pouvoir de décision étaient déjà en vigueur. Mais que se passerait-il ensuite ?

 

A la station d’Aix-la-Chapelle, deux compagnies furent chargées d’occuper les autres gares de la ville conformément aux ordres reçus. Mon colonel et moi-même, nous nous rendîmes au siège de la direction des chemins de fer ou le major Prausnitzer occupait un des postes de commandement avancé dépendant de la direction supérieure de l’armée.

 

Les dirigeants des chemins de fer étaient informés avec précision par le téléphone ferroviaire des progrès de la révolution. Attristés par la chute de la monarchie, ils étaient animés par la seule volonté d’assurer le maintien de la légalité et de l’ordre. Il nous sembla qu’ils s’attelaient à cette tâche avec plus de réflexion et de souplesse que la direction supérieure de l’armée.

 

Le major Prausnizer était en train de téléphoner quand nous pénétrâmes dans la pièce. Ensuite, il nous donna l’ordre d’évacuer sans délai Aix-la-Chapelle en raison de la concentration dans cette ville des éléments révolutionnaires. Nous devions marcher sur Herbesthal afin de nettoyer la gare des mineurs belges qui refluaient de la Ruhr et des bataillons mutinés du  Landsturm. L’insécurité de la gare de Herbesthal, dit-il,  mettait en péril le ravitaillement de quatre armées.

 

Mon colonel répliqua sèchement qu’en raison de la fatigue de nos chevaux, il nous était impossible de marcher sur Herbesthal au cours de cette même nuit et il exigea un train pour nous y acheminer. Les fonctionnaires des chemins de fer promirent de faire le nécessaire immédiatement. Le major Prausnitzer nous communiqua l’ordre strict de la direction de l’armée de ne tirer en aucun cas sur les révolutionnaires et je demandai :

« Alors, que devons-nous faire ? Des soldats qui n’ont pas le droit de tirer sur des assaillants sont plus inutiles que des civils désarmés. »

La réponse fut :

« Vous avez exclusivement pour mission d’assurer la sécurité du ravitaillement du front. »

 

Une demi-heure plus tard, notre train s’ébranla en direction de Herbesthal. Au cours de la nuit je fus réveillé par de fortes lumières. Je sautai hors du train et découvris que nous étions revenus à Aix-la-Chapelle. Une foule surexcitée se pressait au pied de l’escalier principal qui donnait accès au quai. Le commandant de la station était un vieil officier de réserve dont le visage reflétait une tristesse profonde.

 

J’appris de sa bouche que ses ordres n’étaient plus exécutés et que la gare était cernée par les révolutionnaires. Le chef de train refusa de poursuivre son chemin avant d’avoir relevé les numéros de toutes les voitures comme le prescrivait le règlement ; en outre un feu rouge lui interdisait d’avancer. Le commandant de la station constata que la signalisation avait été coupée. Je revins auprès de mon colonel qui, malgré sa répugnance naturelle, était en train de répéter aux officiers l’ordre strict de ne pas tirer sur les révolutionnaires et, à ce moment, je vis sur les marches de l’escalier principal une foule en tête de laquelle se trouvaient des femmes de la pire espèce, en robes noires enrubannées de rouge. Les marins et les révolutionnaires qui se trouvaient derrière elles les poussaient lentement en avant. Dans mon dos, les portières des voitures s’ouvrirent. Les canons des mitrailleuses furent pointés en direction de la populace qui fut aussitôt prise de panique. Il s’en fallut de quelques secondes que nos hommes se missent à tirer de leur propre initiative. La situation de mon colonel était tragique. Il appartenait à l’une des rares familles prussiennes où l’on était décoré de père en fils de la Croix de fer de première classe et il venait de l’un des régiments prussiens les plus décorés et les plus glorieux.

 

L’adjudant Jordan résolut la difficulté avec son calme habituel. Se souvenant qu’il possédait un brevet de mécanicien, il assuma le risque de faire sortir le train de la gare en dépit du feu rouge. Nous courûmes tous deux à la locomotive, mais nous ne l’avions pas atteint que déjà le feu passait au vert et le train se mettait en marche. Il ne nous restait rien d’autre à faire que de sauter dans l’un des wagons découverts qui étaient chargés de nos mitrailleuses. De sa carabine, Jordan m’aida à passer d’une voiture à l’autre par-dessus les tampons. Au moment où il arrivait à la locomotive, le feu passa de nouveau au rouge, mais plus loin les signaux n’étaient plus manœuvrés que par les cheminots. Il se décida alors à poursuivre sa route et demeura sur la locomotive. Je me couchai pour dormir et nous arrivâmes le lendemain vers sept heures du matin à la station qui précédait Herbesthal, où je communiquais téléphoniquement au commandement des M.G.S.S. (mitrailleurs d’élite) de Tongres la nouvelle de notre prochaine arrivée à destination.

 

A la gare de Herbesthal, accompagné de l’un de mes camarades et des meilleurs sous-officiers, je m‘approchai des mineurs belges et leur demandai ce qu’ils voulaient. Ils désiraient être transportés à Mons et à Charleroi et je leur promis de faire le nécessaire avant la nuit à condition qu’ils acceptassent de se rendre dans les hangars de la douane. Nous en fermâmes les portes devant lesquelles nous postâmes deux mitrailleuses. Tout de suite après je rencontrai le commandant de la station, un vieil officier de la Landwehr. Il fut étonné de m’entendre lui demander où en était la mutinerie. Il me déclara qu’il n’y avait pas dans l’armée prussienne de troupe plus disciplinée et plus fidèle au roi que la sienne. Il ajouta que si la direction de l’armée se méfiait de lui, il se soumettrait volontiers au commandement de notre détachement.

 

J’appelai par téléphone le Haut Commandement et, ayant obtenu en peu de temps l’officier de service, je lui dictai le texte de ma communication : il n’y avait à la gare de Herbsthal et en ville ni mutinerie ni difficulté quelconque. Sur ma demande, il répéta correctement mes paroles et au moment où j’allais le prier de me donner son nom, j’entendis un bruit tumultueux dans la gare. Comme nous ne disposions là que d’une seule compagnie, les autres ayant déjà été chargées d’occuper les issues de Herbesthal, je n’osai pas rester plus longtemps à l’appareil, de la sorte, je ne pus identifier mon interlocuteur.

 

Le train qui entrait dans la gare était le premier d’une série ininterrompue de convois remplis par le personnel de la zone des étapes et de l’administration des territoires occupés qui regagnait ses foyers en une fuite éperdue. Pour moitié environ, ces voyageurs étaient des gens convenables qui se conduisaient correctement. Mais les conversations que nous eûmes avec eux nous permirent de découvrir rapidement que le reste du convoi se composait de déserteurs qui s’étaient cachés depuis plus de deux mois dans les quartiers les plus crapuleux de Liège, ils rentraient en hâte en Allemagne. Parmi les femmes qui voyageaient avec eux, nous en vîmes plusieurs qui s’étaient parées de vêtements religieux volés dans les églises. Souvent quelques-uns de ces déserteurs descendaient des train et disaient systématiquement à nos soldats : « Vous n’avez pas le droit de tirer ! » Mais lorsque les sous-officiers les chassaient à coups de crosse, ce que la direction de l’armée n’avait pas défendu de faire, ils étaient pris de panique et se réfugiaient en hâte dans le train. Ce fut seulement lorsque ces convois s’ébranlèrent que des révolutionnaires invitèrent nos hommes à se mutiner contre leurs officiers.

 

Accompagné du général von Friedeburg, commandant la 2eme division de la garde, l’empereur quitta Spa le 10 novembre à l’aube, et à la demande pressante du Haut Commandement, il se rendit en Hollande par le train dans lequel il avait passé la nuit. Quelques jours plus tard, nous constatâmes pour la première fois chez nos jeunes recrues les effets produits par la décision qui les déliait de leur serment de fidélité à la suite de l’abdication de l’empereur.

 

Nos soldats eurent une conduite irréprochable. Un seul homme, qui était de garde devant un blockhaus de signalisation à l’est de la gare, nous quitta. C’était un soldat courageux et digne de confiance. Au téléphone, il nous dit qu’il était sans cesse pris à partie par des agitateurs révolutionnaires venus d’Aix-la-Chapelle et que s’il ne recevait pas l’autorisation de leur tirer dessus, il abandonnerait son poste. J’eus beau lui affirmer que les renforts étaient en route, cette communication n’eut sur lui aucun effet. Au printemps de 1920, il tomba dans les combats révolutionnaires de Saxe. Abandonné de ses comparses, il se défendit jusqu’au dernier moment en lançant des grenades.

 

En fait, chargée par Hindenburg lui-même de se porter à notre secours, la 2eme division de la garde était bien en marche. En moins de vint-quatre heures, nous établîmes une liaison avec six autres détachements de tireurs d’élite qui se déployaient en un vaste arc de cercle de la frontière hollandaise au sud de Spa, face aux communistes en provenance d’Allemagne et de la zone des étapes. Comme dans les grands combats qui suivaient les percées ennemies, ces sections n’avaient pas attendu un ordre spécial pour prendre contact spontanément entre elles.

 

Une seule fois des déserteurs osèrent mettre à profit l’arrêt de leur convoi pour s’approcher de nos mitrailleuses. Lorsque les sous-officiers se mirent à les frapper à coups de crosse, ils se réfugièrent en criant dans le train. Nous fîmes partout la même expérience et nous en déduisîmes qu’à l’exception de quelques meneurs fanatiques, les mutins étaient des couards qui n’avaient de courage que l’apparence. Le lendemain, un bataillon du régiment Franz appartenant à la deuxième division de la garde, vint nous appuyer dans l’opération de sûreté engagée autour du chemin de fer et des voies d’accès à Herbesthal. Nos hommes savaient déjà qu’une batterie de la 2eme division de la garde, en route vers Eupen, au sud d’Aix-la-Chapelle avait vendu ses chevaux et abandonné leur unité, mais que le régiment Alexandre s’était comporté de manière exemplaire. En revanche, quelques soldats du régiment Frantz brandissaient des drapeaux rouges. Nous n’arrivions pas à comprendre comment l’on avait pu envoyer précisément dans le secteur le plus menacé, cette division sans son général. Les traits du commandant par intérim qui nous rendit visite à la gare étaient empreints de tristesse et de résignation.

 

Au cours d’une perquisition dans un train, je fis la connaissance d’un jeune officier d’état major qui me déclara qu’il était  lié d’amitié avec mon colonel. C’était le futur maréchal von Witzleben. Il était parfaitement calme et il nous donna un premier récit des événements de Berlin. La direction de l’armée était en liaison étroite avec les chefs syndicalistes, parmi lesquels il vanta particulièrement Legien, et avec les dirigeants socialistes majoritaires, Ebert et Wels, en lesquels il avait pleine confiance. Ces hommes, dit-il, étaient les seuls qui voyaient clairement le danger d’un déferlement du communisme sur l’Allemagne et ils risqueraient leur vie pour écarter ce péril. Parmi eux, je n’ai bien connu plus tard que Wels qui se signala par son courage dans la lutte contre Hitler. Witzleben ajouta qu’il n’y avait rien à faire avec les hommes d’affaires libéraux qui, à l’exception d’un très petit nombre éaient prisonniers de leur routine et n’étaient bons qu’à pousser des acclamations. ...

 

 

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 12:24
Rosa Luxemburg dans la révolution allemande. 11.11.1918, La ligue spartakiste est créée.

L'Internationale

En avril 1915, Rosa Luxemburg et son courant de pensée et d'action font paraître un journal lL'Internationale". Un seul numéro paraîtra, alors que Rosa Luxemburg est  incarcérée pour son quatrième emprisonnement : elle a été condamnée à un an de prison pour appel à la désobéissance. Et le journal est aussitôt interdit. C'est le premier pas de Rosa Luxemburg vers la sortie du Parti social-démocrate. Le vote des crédits de guerre et le ralliement et plus à l'Union sacrée (Burgfrieden) ne lui permettent plus de rester au sein de celui-ci, position qu'elle a maintenue jusqu'à la guerre.

 

Les Lettres politiques et les lettres signées Spartacus

Dès décembre 1914, date de la première "Lettre politique", le courant se cristallise puis se structure. Les lettres portent le nom de Spartakusbriefe à partir de septembre 1916. La douzième lettre paraît en octobre 1918. La révolution a commencé. Rosa Luxemburg et karl Liebknecht libérés, c'est la Rote Fahne qui prend le relai.

 

La création de la Ligue spartakiste

Le 11 novembre 1918, le courant crée officiellement une organisation qui prend le nom de Ligue spartakiste.

 

 

A CONSULTER

Le spartakisme et sa problématique

[article]
Année 1966 21-3 pp. 654-667

A lire de Geoges Badia, "Le Spartakisme et sa problématique"

https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1966_num_21_3_421405

 

 

Rosa Luxemburg dans la révolution allemande. 11.11.1918, La ligue spartakiste est créée.

Sur le site Smolny :

http://www.collectif-smolny.org/article.php3?id_article=1740

POLITISCHE BRIEFE

-  Nr. 1 vom Dezember 1914

-  Nr. 2 vom Dezember 1914

-  Nr. 3 vom 20. März 1915

-  Nr. 4 vom August 1915

-  Nr. 5 vom August 1915

-  Nr. 6 vom September 1915

-  Nr. 7 von 1915

-  Nr. 8 von 1915

-  Nr. 9 von 1915

-  Nr. 10 vom November 1915

  • Politische Briefe

    • Die Parvusiade (Rosa Luxemburg)

    • Zwei Ukase

    • Die Zimmerwalder Konferenz

-  Nr. 11

  • Aufruf! (Fritz Ausländer)

-  Nr. 12 vom 27. Januar 1916

  • Politische Briefe

    • Die Dezember-Männer von 1915 (Karl Liebknecht)

    • Ein schwarzer Tag im Reichstag

    • Liebknechts Kleine Anfragen

-  Nr. 13 vom 27. Januar 1916

  • Politische Briefe

    • Fortsetzung! Sitzung der sozialdemokratischen Reichstagsfraktion vom 12. Januar 1916

    • Die Presszensur gegen die Anfragen

    • Parlamentszensur gegen die Anfragen

-  Nr. 14 vom 3. Februar 1916

  • Politische Briefe

    • Die Lebensfrage des Sozialismus

-  Nr. 15 vom 9. März 1916

  • Politische Briefe

    • Die Gegensätze in der „Opposition“

    • Rundschreiben an alle angeschlossenen Parteien und Gruppen (Auszug)

    • Tagesordnung der 2. Internationalen Sozialistischen Konferenz

Nr. 16 vom 30. März 1916

  • Politische Briefe

    • Nüchterne Prüfung und scharfe Entscheidung

-  Nr. 17 vom 30. März 1916

  • Zur persönlichen Information

    • Bericht über eine Reichs-Besprechung

    • Ein Gruß des Pariser Aktionskomitees sozialistischer Frauen für den Frieden und gegen den Chauvinismus (Louise Saumoneau)

    • Anlage I

    • Anlage II (Rosa Luxemburg)

    • Anlage III (Rosa Luxemburg)

-  Nr. 18 vom 13. April 1916

  • Politische Briefe

    • Allerlei aus dem Reichstag

    • Allerlei aus der Großberliner Opposition

-  Nr. 19 vom 22. April 1916

  • Politische Briefe

    • Kampf um die Partei!

    • Aus dem elendesten der Parlamente

-  Nr. 20 vom 15. Mai 1916

  • Politische Briefe

    • Die Maifeier

    • Finanzsperre und Organisationsstatut

    • Auf zur Maifeier!

    • Die letzte parlamentarische Aktion Karl Liebknechts (Karl Liebknecht)

-  Nr. 21 vom 28, Mai 1916

  • Politische Briefe

    • Zur Zweiten Zimmerwalder Konferenz

    • Bericht über die Zweite Zimmerwalder Konferenz

  • Zur Information

    • Politisches und Kritisches

    • Aus dem Reiche

-  Nr. 22 vom 12. August 1916

  • Politische Briefe

    • Rückblick und Ausblick

    • Demonstrationen und Streiks

    • Politisches und Kritisches

-  Nr. 23 vom 25. Dezember 1916

  • Zirkular der Spartakusgruppe


SPARTACUS BRIEFE

-  Spartacus Nr. 1 vom 20. September 1916

  • Der Rhodus (Rosa Luxemburg)

  • Liebknecht (Rosa Luxemburg)

  • Das Bekenntnis eines internationalen Sozialdemokraten

  • Politisches und Kritisches

  • Aus dem Reich

-  Spartacus Nr. 2 vom 5. November 1916

  • An Karl Liebknecht

  • Geßlers Hut

  • Nicht die alte Leier, sondern das neue Schwert! (Karl Liebknecht)

  • Das Fazit der Reichskonferenz

  • Der „Vorwärts“-Streich vor der Grossberliner Verbands- Generalversammlung (Rosa Luxemburg)

  • Politisches und Kritisches

-  Spartacus Nr. 3 vom Dezember 1916

  • Ein Bluff

  • Tanzt, Ihr Polen, tanzt, Ihr Deutsche... (Julian Marchlewski)

  • Friede und Schiedsverträge (Rosa Luxemburg)

  • Die schlummernde Großmacht

  • „Ich zweifle nicht!“

  • Politisches und Kritisches

  • Aus dem Reich

-  Spartacus Nr. 4 vom April 1917

  • Ein neues Waterloo des Sozialismus (Rosa Luxemburg)

  • Vor dem Hunger (Julian Marchlewski)

  • Die Revolution in Rußland (Rosa Luxemburg)

  • Wilsons Sozialismus (Rosa Luxemburg)

  • Politisches und Kritisches

  • Scheidemann — apporte! (Rosa Luxemburg)

  • Aus dem Reich

-  Spartacus Nr. 5 vom Mai 1917

  • Die Große Russische Revolution

  • Der alte Maulwurf (Rosa Luxemburg)

  • Dokumente der russischen Revolution

  • Zwei Osterbotschaften (Rosa Luxemburg)

-  Spartacus Nr. 6 vom August 1917

  • Brennende Zeitfragen (Rosa Luxemburg)

  • Krieg und Frieden

  • Die Diktatur des Proletariats

  • Stockholm

  • Die Alternative

  • Eine tragische Posse

  • Franz Mehring über die Stockholmer Konferenz (Franz Mehring)

-  Spartacus Nr. 7 vom November 1917

  • Ach, du lieber Augustin

  • Die abgesagte Weltwende

  • Vom Papst bis Haase

  • Am Pranger

  • Politisches und Kritisches

-  Spartacus Nr. 8 vom Januar 1918

  • Die geschichtliche Verantwortung (Rosa Luxemburg)

  • Und nun?

  • Nicht nach Schema F

  • Die Reifeprüfung

-  Spartacus Nr. 9 vom Juni 1918

  • Der Katastrophe entgegen (Rosa Luxemburg)

  • Eine Frage an das Schicksal

  • Ein Aufruf der polnischen Sozialdemokraten in Rußland

  • Die deutschen Befreier

  • Ein Dokument aus „großer“ Zeit

  • Die Suche nach Sklaven

  • Zur Aufhebung des § 153 der Gewerbeordnung

-  Spartacus Nr. 10 vom August 1918

  • Nach vier Jahren

  • Ein paar Posttage zu spät

  • Ein warnendes Exempel

  • Henker unrt Genossen

  • Zum Blutbad gerüstet

-  Spartacus Nr. 11 vom September 1918

  • Die Pleite des Imperialismus

  • Die russische Tragödie (Rosa Luxemburg)

-  Spartacus Nr. 12 vom Oktober 1918

  • Der Knoten der internationalen Lage

  • Die kleinen Lafayette (Rosa Luxemburg)

  • Friedensbedingungen

  • Reichskonferenz der Spartakusgruppe

Sur le site de la RLS
 
11.11.1918

GRÜNDUNG DES SPARTAKUSBUNDES

Bei ihren Beratungen im Hotel Excelsior kommt die sogenannte Spartakusgruppe zu einem Treffen erstmals legal zusammen. In Berlin kann sie auf etwa 50 Anhänger zählen. Sie beschließt, sich als Spartakusbund neu zu gründen, betrachtet sich aber nicht als eigenständige Partei. Gemäß auch den Auffassungen von Rosa Luxemburg wolle der Bund so lange wie möglich im organisatorischen Rahmen der USPD verbleiben, um sie für das eigene, allerdings noch zu entwickelnde Programm zu gewinnen. Rosa Luxemburg und Karl Liebknecht sollen in Zukunft die Leitung der Roten Fahne übernehmen. Die dreizehnköpfige Zentrale des Spartakusbundes bilden Willi BudichKäte Duncker und Hermann DunckerHugo EberleinLeo JogichesPaul LangePaul Levi, Karl Liebknecht, Rosa Luxemburg, Franz MehringErnst MeyerWilhelm Pieck und August Thalheimer. Ihre Arbeit wird sie im Hotel Stadt Halle (Wilhelmstraße 114) aufnehmen.

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10 novembre 2020 2 10 /11 /novembre /2020 17:36
Mathilde Jacob

Mathilde Jacob

9 novembre 1918 au matin.

 

Rosa Luxemburg a appris le 8 novembre qu'elle allait être enfin être libérée. C'est l'une des dernières à recouvrer la liberté et c'est ainsi  qu'elle ne sera pas à Berlin pour proclamer avec Liebknecht la République socialiste. Quelle image et quel symbole, cela aurait représenté ! Prévenue trop tardivement, elle passe la nuit du 8 encore dans la prison et le 9 au matin, elle appelle Mathilde Jacob, cette femme extraordinaire qui l'a accompagnée durant toute la détention, qui a sorti les textes majeurs écrits clandestinement durant cette période, et qui mourra ... en camp de concentration. Un destin "allemand", le destin fatal de tant de proches de Rosa Luxemburg. Elle lui demande de la tenir informée et cherche à rejoindre la capitale.

 

D.V.P.

Löbe

Löbe

9 novembre

 

Elle adresse un  télégramme à Paul Löbe, "je suis dans les bureaux du syndicat des transports. Vous pouvez me joindre à tout moment cette nuit ou demain avant le meeting. Il est absolument indispensable que nous nous concertions avant la manifestation."

Paul Löbe est député, il est sur la ligne majoritaire et peu enclin à favoriser Rosa Luxemburg. Elle fait un discours sur la Place de la cathédrale devant plusieurs milliers de personnes mais  n'est pas invitée à prendre la parole lors du meeting dans la Jahrhunderthalle.

Elle cherche ensuite à partir pour Berlin mais les trains sont réquisitionnés pour les militaires.

 

D.V.P.

Rosa Luxemburg dans la révolution allemande. 9 novembre 1918, Rosa Luxemburg téléphone à Mathilde Jacob, parle dès sa sortie sur la Place de la cathédrale à Breslau, mais ne trouve pas de train pour rejoindre Berlin. 10 novembre, la Rote Fahne ...

10 novembre  1918, 22 heures.

 

Le 9 novembre était paru le premier numéro de ce qui allait être le journal de la révolution : die Rote Fahne. Des travailleurs avaient occupé pour cela les locaux d'un journal berlinois. Rosa Luxemburg de son côté, après bien des péripéties, était parvenue à rejoindre Berlin à 22 heures et accueillie par Mathilde jacob, elle s'était aussitôt rendue dans les locaux du journal où son intervention avait été nécessaire pour permettre la parution du deuxième numéro.

 

D.V.P.

La chronologie sur le site de la RLS : 

 

9.11.1918, Telefongespräch mit Mathilde Jacob

Am Vormittag erreicht Rosa Luxemburg ihre langjährige Sekretärin Mathilde Jacob telefonisch in Berlin. Sie berichtet ihr von der gestrigen Haftentlassung, darüber, dass sie jetzt unbedingt ins Revolutionsgeschehen eingreifen wolle, aber noch in Breslau festsitze. Mathilde Jacob solle sie nun ständig über die Lage informieren. Bis sie Breslau verlassen könne, würde sie erst einmal bei der Familie Schlich unterkommen, die sich vor Ort schon seit Monaten um das Wohl von Rosa Luxemburg gekümmert

9.11.1918, Auf dem Breslauer Domplatz

Nach ihrer Freilassung aus dem Gefängnis trifft Rosa Luxemburg den örtlichen SPD-Vorsitzenden Paul Löbe. Sie wollen sich für die im Laufe des Tages geplante Demonstration abstimmen. Auch in Breslau rumort es. Rosa Luxemburg hält dann auf dem Domplatz vor einer riesigen Menschenmenge eine nicht überlieferte Rede. Ihren Auftritt in der 10.000 Personen fassenden Breslauer Jahrhunderthalle verhindert Paul Löbe allerdings. Im Anschluss an die Demonstration gelingt es Rosa Luxemburg nicht, ihre Reise nach Berlin anzutreten. Wegen der vielen Truppentransporte ist der Zugverkehr für Zivilreisende eingestellt. Sie verbringt auch diese Nacht noch in Breslau.

10.11.1918, Ringen um die Rote Fahne (I)

Direkt nach ihrer Ankunft in Berlin trifft sich Rosa Luxemburg mit Mathilde Jacob . Sie gehen zum Scherl-Verlag. Ein bewaffneter Trupp von Arbeitern hatte ihn gestern besetzt, damit dort (statt des Berliner Lokal-Anzeigers) die Rote Fahne erscheinen kann. Heute aber verweigert sich das Personal. Dem Zeugnis von Hermann Duncker zufolge habe Rosa Luxemburg dann «eine so eindringliche und leidenschaftliche Rede» gehalten, dass die zweite Nummer des Organs der Spartakusgruppe in Druck gehen konnte. Im Anschluss gehen Leo Jogiches, Paul Levi, Karl Liebknecht, Ernst Meyer zusammen mit Rosa Luxemburg zu weiteren Beratungen ins Hotel Exelcior gegenüber dem Anhalter Bahnhof. Dem Vernehmen nach wird Karl Liebknecht für seine gestrige Bereitschaft kritisiert, in die Revolutionsregierung einzutreten.

Pendant ce temps à Berlin (source RLS) :

Rosa Luxemburg dans la révolution allemande. 9 novembre 1918, Rosa Luxemburg téléphone à Mathilde Jacob, parle dès sa sortie sur la Place de la cathédrale à Breslau, mais ne trouve pas de train pour rejoindre Berlin. 10 novembre, la Rote Fahne ...
Rosa Luxemburg dans la révolution allemande. 9 novembre 1918, Rosa Luxemburg téléphone à Mathilde Jacob, parle dès sa sortie sur la Place de la cathédrale à Breslau, mais ne trouve pas de train pour rejoindre Berlin. 10 novembre, la Rote Fahne ...
Rosa Luxemburg dans la révolution allemande. 9 novembre 1918, Rosa Luxemburg téléphone à Mathilde Jacob, parle dès sa sortie sur la Place de la cathédrale à Breslau, mais ne trouve pas de train pour rejoindre Berlin. 10 novembre, la Rote Fahne ...
 
9.11.1918 : Nacht im Berliner Reichstag

Führende Vertreter der USPD beraten das Angebot der SPD-Spitze in eine gemeinsame, paritätisch besetzte Revolutionsregierung einzutreten. Gefragt, ob er persönlich dazu bereit stehen würde, lehnt Karl Liebknecht ab. Gegen eine derart besetzte Revolutionsregierung ergreift auch Richard Müller von den Revolutionâren Obleute die Initiative. Er ruft alle Arbeiterinnen und Arbeiter für den morgigen Tag auf, in den Fabriken Räte zu gründen. Später mögen sie zu einer Vollversammlung zusammenkommen, um eine Regierung zu bilden. Die Parteispitze der SPD lässt daraufhin ebenfalls Flugblätter in hoher Auflage drucken, durch die alle Truppen, die auf sozialdemokratischem Boden stehen, aufgefordert sind, Soldatenräte zu wählen.

Archiv Karl Dietz Verlag Berlin

10.11.1918 : Erste Reaktionen

Es ist «die größte aller Revolutionen» schreibt euphorisch Theodor Wolff, Chefredakteur des einflussreichen Berliner Tageblatts. Wie ein «plötzlich losbrechender Sturmwind» habe sie «das kaiserliche Regime mit allem, was oben und unten dazugehörte, gestürzt.» Während der sozialdemokratische Vorwärts demgegenüber mit der Einheitsparole titelt, nach dem beispiellosen «Sieg» des deutschen Volkes und «insbesondere auch des Berliner Proletariats» nun keinen «Bruderkampf» zu wollen, zieht die Rote Fahne ganz klar ihre rote Linie: «Es darf kein Scheidemann  mehr in der Regierung sitzen, es darf kein Sozialist in die Regierung eintreten, solange ein Regierungssozialist noch in ihr sitzt. Es gibt keine Gemeinschaft mit denen, die euch vier Jahre lang verraten haben.» Die im und durch den Ersten Weltkrieg gezogenen Gräben innerhalb der Linken sind nicht so einfach zu überwinden.

10.11.1918 : Vormittags im Reichstag

Im Berliner Reichstag verhandeln die Spitzen von SPD und USPD weiter über eine gemeinsame Regierung. Angesichts der kaum beherrschbaren Dynamik der Ereignisse unter Zugzwang geraten, ist Friedrich Ebert (SPD) nun bereit, der USPD sehr weitreichende Zugeständnisse zu machen. Zwischenzeitlich bietet er ihr sogar eine Alleinregierung an. Gegen Mittag liegt eine vorläufige Vereinbarung auf dem Tisch, die die Bildung eines Kabinetts aus sechs gleichberechtigt arbeitenden «Volkskommissaren» vorsieht: Friedrich Ebert, Philip Scheidemann, Otto Landsberg für die SPD und Hugo Haase, Wilhem Dittmann, Emil Barth für die USPD

10.11.1918, ab 17:00 Uhr : Vollversammlung der Berliner Arbeiter- und Soldatenräte

Im Circus Busch kommen rund 3.000 Berliner Arbeiter- und Soldatenräte zusammen. Als Rat der Volksbeauftragten bestätigen sie die zuvor im Reichstag zusammengestellte provisorische Regierung. Besetzt mit je sieben Vertretern der SPD und USPD sowie mit 14 Soldaten wählen sie zudem  einen Vollzugsrat, der Exekutivgewalt für die gesamte Republik ausüben soll. Den Vorsitz dafür übernehmen Richard Müller (Revolutionäre Obleute) und kurzzeitig auch Hauptmann a.D von Beerfeldee. Während Friedrich Ebert (SPD) und Hugo Haase (USPD) für ihre Reden großen Beifall erhalten, erregt Karl Liebknecht (Spartakusgruppe) Unmut, als er vor einer Gegenrevolution warnt, die sich – mit Blick auf Spitzenfunktionäre der SPD – bereits mitten im Raume befinde. Mehrheitlich abgelehnt wird auch Emil Barths (USPD) Vorschlag, Rosa Luxemburg und Karl Liebknecht in den Vollzugsrat zu wählen. Die Versammlung verabschiedet schließlich den "Aufruf an das werktätige Volk" und erklärt Deutschland damit zu einer sozialistischen Republik, in der Arbeiter- und Soldatenräte die Träger der politischen Macht seien.

10.11.1918 : Ebert-Groener-Pakt

Jahre später erst wird bekannt werden, dass Generalleutnant Wilhelm Groener (Oberste Heeresleitung) und Friedrich Ebert (SPD) am Telefon noch in dieser Nacht darüber konferieren, wie in Zukunft im Reich die «Ordnung» gegen ein Weitertreiben der Revolution aufrechterhalten werden könne. In dem Gespräch geht es nicht nur um konkrete Fragen der Demobilisierung der Truppen. Groener verspricht Ebert zugleich die Anerkennung durch die alten Militärs, wenn Ebert sich gegen jede Form des «Bolschewismus» stark mache. Ein für den weiteren Revolutionsverlauf verhängnisvolles Bündnis ist geschlossen.

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8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 10:28
Rosa Luxemburg dans la révolution allemande. Une chronique sur le net. 8 novembre 1918, Rosa Luxemburg apprend sa remise en liberté.

Cela commence un ... 8 novembre (1918). Rosa Luxemburg est depuis 852 jours détenue sans accusation ni procès au nom de la sécurité militaire. Elle reçoit ce 8 novembre l'annonce de sa remise en liberté.

 

La Rosa-Luxemburg-Stiftung a mis sur son site une chronologie intitulée Rosa Luxemburg in der deutschen Revolution. Son intérêt : l'organisation par jour illustrée par une image, un document ou un dessin. Les analyses sont celles de la RLS. Mais le blog s'inspire de cette démarche pour des articles à suivre.

 

Lien internet : ici

 

Die Chronik erzählt entlang von zwei Strängen:

a)    Die private und öffentliche Rosa Luxemburg mit ihren Begegnungen und in ihren Auftritten, anhand von Primärquellen und Spuren aus der Sekundärliteratur.

b)    Die Einbettung von Rosa Luxemburgs Wirkens ins allgemeine Revolutionsgeschehen, mit dem Zentrum Berlin – wobei weder der Anspruch verfolgt wird, das Revolutionsgeschehen umfassend darzustellen noch eine tiefere Interpretation der Ereignisse zu bieten.

 

Soweit möglich, sind die einzelnen Beiträge mit den zugrunde gelegten Briefen, Reden und Schriften Rosa Luxemburgs verlinkt. Wir freuen uns auf Ihre Kritiken und Kommentare, an: uwe.sonnenberg@rosalux.org.

 

*Das vollständige Zitat lautet: «Ich habe manchmal das Gefühl, ich bin gar kein richtiger Mensch, sondern auch irgendein Vogel oder ein anderes Tier in mißlungener Menschengestalt; innerlich fühle ich mich in so einem Stückchen Garten wie hier oder im Feld unter Hummeln und Gras viel mehr in meiner Heimat als – auf einem Parteitag. Ihnen kann ich ja wohl das alles ruhig sagen: Sie werden nicht gleich Verrat am Sozialismus wittern. Sie wissen, ich werde trotzdem hoffentlich auf dem Posten sterben: in einer Straßenschlacht oder im Zuchthaus. Aber mein innerstes Ich gehört mehr meinen Kohlmeisen als den ‚Genossen‘».

 

Aus dem Gefängnis Wronke an Sophie Liebknecht, 2. Mai 1917. Zitiert nach Rosa Luxemburg: Gesammelte Briefe, Bd. 5., August 1914 bis Januar 1919, Berlin, S. 227-230.

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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 13:38
Est-ce que je suis encore vivante? Clara Zetkin, sa lettre poignante et lucide à Mathilde Jacob le 18 janvier 1919, après l'assassinat de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht.

Lettre à Mathilde Jacob, 18 janvier 1919

 

Hier matin est parvenue la terrible nouvelle. La veille, les journaux avaient annoncé l'après-midi l'arrestation de Karl et de Rosa. Je pensais que quelque chose de grave pouvait arriver et j'avais aussitôt télégraphié à Haase et Mme Zietz que l'on fasse tout ce qui était possible pour les protéger. J'écrivis aussi une lettre en express en ce sens à Eisner, afin qu'il use de son influence officielle. J'étais fermement décidée, malgré la maladie, les difficultés pour voyager et les conseils de Rosa me dissuadant de faire ce voyage, à venir à Berlin pour remuer ciel et terre afin de protéger ces deux êtres chers, irremplaçables.

 

Et puis, hier, les journaux du matin sont arrivés. Tout était fini, oh ma chère Mathilde, vous comprenez certainement, comment je me sens depuis cela. Car même si vous ne participiez pas à leur combat politique, vous les avez connus personnellement, humainement, et compris tous les deux, mieux que beaucoup de militants politiques. Vous savez ce qu'on leur a fait subir. Et c'est pourquoi je viens vers vous avec tout mon désespoir. Est-ce que je suis encore vivante et puis-je encore vivre après ce qui est arrivé de pire? Je voudrais pleurer, je voudrais lancer un cri si puissant qu'il ébranle, renverse ce monde; et surtout ne pas penser, ne pas penser à cette chose terrible : ils sont morts, assassinés, assassinés de la plus cruelle des façons. Je ne comprends pas que la vie puisse continuer son cours sans Karl et Rosa, que dehors le soleil brille. Il nous semble qu'il a perdu de son éclat et que le temps s'est arrêté, qu'il ne veut pas aller au-delà de ce terrible événement. Oh, Mathilde, Mathilde, qu'avons-nous perdu! Votre attention nous fait du bien, mais elle ne peut atténuer notre désespoir. Pour Rosa, pour elle, nous voulons tenter de continuer à vivre sans elle. Mais il n'est pas sûr que nous en soyons capables, que cela ne dépasse pas nos forces. Et notre propre désespoir nous fait penser aux souffrances de nos autres amis. Comme vous devez souffrir, très chère Mathilde, comme doivent souffrir le pauvre Leo, dans sa prison, la malheureuse Sonja dont Karl était le sens même de la vie, les âmes simples, modestes qui ont travaillé et lutté ces derniers temps avec eux. Nous sommes unis dans notre détresse.

 

Mathilde, serons-nous capables de supporter cela, de vivre sans ces deux êtres, de vivre sans Rosa? Tenter de le faire n'a de sens pour moi que si nous pouvons donner à la vie ce sens : travailler et combattre, fidèles à leur esprit, au sein des masses, avec les masses, veiller, faire en sorte que l'esprit de ces deux être assassinés continue à guider notre action. C'est pour moi ce testament que me laisse Rosa. Cela signifie aussi, rassembler et faire connaître tous ses travaux. Ce sont pour nous des biens précieux, vivants, qui nous sont légués, des biens qui appartiennent aux masses, ils constitueront, avec ce que construira dans l'avenir le mouvement révolutionnaire, le monument digne de Rosa, plus durable que la pierre. Je veux mettre toutes mes forces pour que Karl et Rosa aient le seul monument digne d'eux, au sein de la littérature socialiste et dans l'histoire.

 

Très chère amie, c'est là votre tâche, veiller à ce que pas un feuillet, pas une ligne des manuscrits de Rosa ne soit oublié, que pas un seul de ses anciens travaux, articles, brochures etc., déjà imprimé, ne soit perdu. Vous devez veiller étroitement à ce que, sous prétexte de décisions de justice, perquisitions, etc., rien, rien du tout de ce qui représente l'héritage politique  et intellectuel de Rosa ne puisse être confisqué. Vous avez besoin pour tout cela d'un avocat. Espérons que vous pourrez en trouver un qui possède la compréhension exacte et la force nécessaire. L'héritage de Rosa, sa pensée,  doit être défendu, il appartient au prolétariat révolutionnaire. De même, des personnes non qualifiées, telles que Kautsky & Co ne doivent pas mettre la main dessus. Ce serait une profanation de son cadavre. Ah, si seulement Léo était libre! Il nous faut aussi rassembler tous les anciens travaux de Rosa. Je crains que Rosa ait fait comme moi. Il lui suffisait de lancer ses idées au sein du mouvement, les distribuant sans compter, mais elle n'a pas rassemblé ses travaux. Nous devons donc les rechercher dans les journaux et les revues. Particulièrement importants sont ses écrits des dernières années et des dernières semaines. "Die Rote Fahne" sera pour cette révolution, ce qu’a été la "Rheinische Zeitung" pour la révolution de 1848 : la voix directrice du socialisme. C'est là qu'a battu le cœur de la révolution.

 

L'assassinat de Karl et Rosa a tout de l'exécution d'un contrat. Les massacreurs du gouvernement craignaient les désagréments et l'effet dévastateur d'un procès, ils craignaient le combat sans merci que tous les deux menaient, un temps empêché, mais qui ne pouvait jamais être brisé. Ils ont voulu ôter à la révolution, ce bras courageux mis au service de la lutte, ce cerveau brillant, capable de l'orienter, ce cœur brûlant de passion.

Karl et Rosa ont été assassinés. Non! Ils ne vivront pas seulement pour nous, ils vivront pour les masses, ils devront vivre pour lesquelles ils se sont donnés, sacrifiés, corps et âmes. Est-ce que des cœurs comme les leurs peuvent s'arrêter de battre, des esprits comme les leurs s'arrêter de briller, de créer? Je viens à Berlin dès que je peux, pour parler de tout cela personnellement, ce qui est à peine possible par courrier. Dites à nos amis que je suis plus que jamais auprès d'eux, que nous devons serrer les dents et "tenir". C'est ce que demandent les morts aux vivants. Si c'est possible, donnez-moi des nouvelles, mais seulement en recommandé. J'ai reçu votre dernière lettre en même temps qu'une lettre de huit pages écrite par Rosa dans le feu, le danger de l'action. Une si gentille lettre - Tout à fait Rosa, et maintenant - Il ne faut pas que je pense.

 

Chère bonne amie, excusez-moi, de ne plus être maître de moi. Cela dépasse mes forces. Saluez tous ceux qui partagent notre souffrance. Je vous embrasse de toute mon amitié.

 

Votre Clara Zetkin

 

Traduction Dominique Villaeys-Poirré

comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

Mathilde Jacob

Mathilde Jacob

Clara Zetkin est connue internationalement pour son combat pour les droits des femmes et sa proposition d'une journée internationale en 1910. Mais elle a été aussi partie prenante du courant révolutionnaire et de la révolution en Allemagne. Elle a été de tous les combats de Rosa Luxemburg depuis son arrivée en Allemagne et jusqu'aux derniers jours de la révolution. Les liaient une amitié indéfectible politique et sensible. La lettre est adressée à Mathilde Jacob, la secrétaire de Rosa Luxemburg qui sauva en effet une grande partie des écrits de Rosa Luxemburg, comme elle en avait déjà fait sortir un certain nombre de prison. Mathilde Jacob est morte en déportation. La démocratie en Allemagne est née de ces assassinats, de l'assassinat de la révolution. Elle a ainsi fait le lit du nazisme. Clara Zetkin a continué jusqu'au bout son combat. C'est elle qui en tant que doyenne a fait un discours, tout de courage, en 1932 devant la Chambre des députés envahie par le fascisme.

Cette lettre est étrangement inédite en français sur le net. Est-elle seulement publiée. Nous en proposons ici une première traduction. Merci pour toute proposition d'amélioration. Dominique Villaeys-Poirré. Texte publié sur le blog en janvier 2019.

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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 13:32
L'assassinat de Leo Jogiches, le plus proche camarade de Rosa Luxemburg et l'un des principaux animateurs du courant révolutionnaire, le 10 mars 1919. Abattu comme elle et comme K. Liebknecht, alors qu'il avait été arrêté par les troupes gouvernementales et les corps francs sous la direction de Noske, dirigeant social-démocrate.

Lors des journées révolutionnaires de mars 1919, il y a eu plus de 1200 victimes. Dès le 3 mars, Noske, ministre de l'intérieur social-démocrate avait décrété l'état d'urgence à Berlin et possédait donc les pleins pouvoirs. Comme en janvier, il s'appuyait sur les corps francs et les troupes gouvernementales. Peu de jours après, il donnait à ces troupes l'ordre d'abattre toute personne porteuse d'une arme suite à l'annonce de la mort de plusieurs dizaines de policiers, information qui s'est révélée totalement fausse. Cet ordre est resté en vigueur jusqu'au 16 mars.

 

Le 10 mars, dans le cadre de cette traque, Leo Jogiches était arrêté et abattu d'une balle dans le dos, sous prétexte de tentative de fuite. Auparavant, il avait été si maltraité qu'il en était défiguré comme en témoigna Mathilde Jacob, qui se rendit à la morgue.

 

Abattus comme des "chiens", comment peut-on dire autrement, Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht et Leo Jogiches l'ont été alors qu'ils étaient arrêtés et sans armes.

 

Comme le dit Clara Zetkin dans sa lettre écrite quand elle a appris la mort de Rosa Luxemburg et Karl  Liebknecht, ces exécutions ont tout de l'exécution d'un contrat.

 

Il fallait en fait faire taire ces voix lumineuses et ce qu'elles représentaient au sein du mouvement ouvrier, de capacités de penser, de volonté de lutter, d'humanisme et de sensibilité.

 

Il fallait de fait juguler toute tentative révolutionnaire au sein du mouvement ouvrier.

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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 13:23
Rosa Luxemburg, les textes de janvier 1919

Der erste Parteitag - « Die Rote Fahne » vom 3. Januar 1919

 

Der revolutionäre Vortrupp des deutschen Proletariats hat sich zu einer selbständigen politischen Partei zusammengeschlossen. Die Gründung der Kommunistischen Partei Deutschlands ist erfolgt, wie die Spartakusgruppe es im Rahmen ihrer allgemeinen Auffassung von Anfang an zielbewußt anstrebte und voraussah, nicht als Konventikelangelegenheit, nicht als eine von einer Handvoll radikaler Führer aus freien Stücken und unter Ausschluß der Öffentlichkeit „gemachte“ Spaltung. Sie hat sich als natürliches Produkt der historischen Entwicklung, als Fragment im Werdegang der deutschen Revolution, somit als Erscheinung des politischen Lebens der proletarischen Massen ergeben. Die Gründung der Kommunistischen Partei knüpft sich an den Wendepunkt, der die erste Phase der deutschen Revolution abschließt und die zweite Phase eröffnet.

 

Die Illusionen des 9. November sind zerstört, seine Unzulänglichkeiten offen an den Tag getreten. Die entschleierte Gegenrevolution Ebert-Scheidemann auf dem einen Pol bedingt die hemmungslose und rücksichtslose Entrollung der revolutionären Fahne auf dem andern Pol, der schroffe Ruck nach rechts an der offiziellen Spitze des Reiches bedingt eine energische Orientierung nach links in den Fundamenten, in der Arbeiter- und Soldatenmasse.

 

Klärung der Gegensätze, Verschärfung des Kampfes, das Reifen und die Selbstbestimmung der Revolution, das sind die Momente, aus denen die Kommunistische Partei Deutschlands geboren und denen zu dienen sie ihrerseits berufen ist. Als Teilerscheinungen dieses Prozesses sind der Anschluß der Gruppen der Internationalen Kommunisten sowie die begonnenen Verhandlungen über den organisatorischen Zusammenschluß der neugegründeten Partei mit den revolutionären Obleuten und Vertrauensleuten der Berliner Großbetriebe zu werten. Haben auch die Verhandlungen für den Augenblick noch kein positives Ergebnis gezeitigt, so sind sie doch nur der Anfang eines ganz selbstverständlichen, unaufhaltsamen Prozesses der Vereinigung aller wirklich proletarischen und revolutionären Elemente in einem organisatorischen Rahmen. Daß die revolutionären Obleute Groß-Berlins, die moralischen Vertreter des Kerntrupps des Berliner Proletariats, mit dem Spartakusbund zusammengehen, hat die Zusammenwirkung beider Teile in allen bisherigen revolutionären Aktionen der Berliner Arbeiterschaft bewiesen. Solche durch Taten hergestellten Bande sind die einzig reale und wirkliche Basis des organisatorischen Zusammenschlusses, sie sind aus den Klasseninteressen der proletarischen Masse, aus dem Lebensinteresse der Revolution geboren, und darin liegt die Gewähr, daß die innere Logik der Dinge die revolutionären Ob- und Vertrauensleute über kurz oder lang in das einzige rein proletarisch-revolutionäre Lager, zur Kommunistischen Partei Deutschlands, führen wird. Die Hemmungen, die Unentschlossenheiten, die sich diesem Schritt zur Stunde noch in den Weg stellen, sind selbst ein Überbleibsel des Zersetzungs prozesses der USP, ein Rest der zerrüttenden und paralysierenden Halbheiten, an denen diese Partei zugrunde geht. Damit ist aber gegeben, daß die gesunden und wirklich revolutionären Elemente der USP auch über diesen letzten Rest hinweggehen werden, daß sie sich aus der erstickenden Atmosphäre der Partei, die in Wirklichkeit nur noch ein Kadaver ist, sehr bald dorthin werden retten müssen, wo der revolutionäre Kampf seinen klarsten und entschlossensten Ausdruck gefunden hat.

 

Zum geschlossenen Wirken ohne Zeitverlust ruft die Revolution in der Tat mit gebieterischer Stimme. Mit dem Übergang zu ihrer zweiten Phase hat sie die Aufgaben, die sie den Massen des Proletariats stellt, ins Ungemessene gesteigert, ihren Rahmen enorm erweitert, ihre revolutionäre Pflugschar tiefer in das Erdreich gebohrt. Der Umschlag der vorwiegend soldatischen Revolution des 9. November in eine ausgesprochene Arbeiterrevolution, der oberflächlichen, rein politischen Umwälzung in den langatmigen Prozeß der wirtschaftlichen Generalauseinandersetzung zwischen Arbeit und Kapital erfordert von der revolutionären Arbeiterklasse einen ganz anderen Grad der politischen Reife, Schulung, Zähigkeit, als wie sie der ersten anfänglichen Phase genügten.

 

Es gilt nunmehr, an Stelle der revolutionären Stimmung allenthalben die unbeugsame revolutionäre Überzeugung, an Stelle des Spontanen das Systematische zu setzen. Es gilt, um die ganze Summe der Erfahrungen der ersten Periode bereichert, nunmehr an die Fundamentlegung für den sozialistischen Bau heranzugehen. Es gilt, das A.- u. S.-Rätesystem aus einer Improvisation der Stunde zu jenem ehernen Panzer zu machen, der dem Proletariat alle öffentliche Macht der Gesellschaft sichert.

 

Und noch eins ! Was wir bisher seit dem 9. November erlebt haben, war eigentlich keine deutsche Revolution : Es war eine lange Reihe zersplitterter lokaler Revolutionen und Revolutiönchen, zum Teil nicht ohne operettenhafte Züge, in deren wirrem, buntem Bilde sich die ganze Musterkarte der deutschen Zerrissenheit und Zurückgebliebenheit und demgemäß auch die Zerrissenheit der revolutionären Armee des Proletariats spiegelt. Auch diese natürlichen Schwächen der Anfangsphase müssen überwunden werden. Die große einheitliche deutsche Revolution muß durch die politische und soziale Reife der proletarischen Massen in ganz Deutschland vorbereitet werden, durch die Vorantreibung der Bewegung über ihre lokalen Schranken und Zufälligkeiten zu dem gemeinsamen Ziel, auf die gemeinsame Kampffront.

 

Entgegen der traditionellen „Markstein“-Anpreisung des eben geschlossenen Parteitages und seines Werkes sei es offen gestanden, daß der Parteitag das ihm vorliegende enorme Werk nur bruchstückweise, nur andeutungsweise hat vollbringen können. Selbst ein Fragment der Revolution, teilt er auch darin ihr Los, sich keiner genügenden Gründlichkeit, keiner erschöpfenden Arbeit rühmen zu können.

 

Was er aber geleistet hat, scheint uns dennoch im Wesen das Wichtigste zu sein : Er hat die Summa unter den geschichtlichen Lehren der bisherigen Revolution gezogen, die großen Richtlinien der kommenden Entwicklung gewiesen, einen starken Appell an das Gesamtproletariat Deutschlands zum rücksichtslosen Kampf erhoben.

 

Der Geist, der aus den Delegierten aller Teile des Reiches sprach, läßt zuversichtlich hoffen, daß tüchtige Arbeit geleistet, daß der Appell nicht ohne Echo bleiben, daß die Kommunistische Partei Deutschlands als Stoßtrupp der proletarischen Revolution zum Totengräber der bürgerlichen Gesellschaft wird.

 

Jetzt gilt es, mit aller Kraft ans Werk zu gehen. Wie Liebknecht am Schluß seiner Ausführungen sagte :

 

Die grausamen politischen und sozialen Enttäuschungen, der Zusammensturz der kapitalistischen Wirtschaft, das sind die beredtesten Propagandisten der sozialen Revolution.

 

Unsere Aufgabe ist, diese Propaganda der objektiven Verhältnisse mit Klarheit, Energie und Begeisterung zu unterstützen und zu leiten. Das deutsche Proletariat zu dem gewaltigen Hammer zu schmieden, der die Klassenherrschaft zerschmettern wird, das ist die geschichtliche Mission der Kommunistischen Partei Deutschlands.


Quellen :

— ANONYME, «Die Rote Fahne» (Berlin), Nr.3 vom 3. Januar 1919 ;

— LUXEMBURG Rosa, Gesammelte Werke, Bd.4, Berlin, Dietz Verlag, 1990, S.512-515 ;

— Transkription u. HTML-Markierung : E.S. für Smolny.

 

http://www.collectif-smolny.org/article.php3?id_article=949

7. Jan 1919

Was machen die Führer?

 

8. Jan 1919

Versäumte Pflichten

 

11. Jan 1919

Das Versagen der Führer

 

13. Jan 1919

Kartenhäuser

 

14. Jan 1919

Die Ordnung herrscht in Berlin

 

 

Rosa Luxemburg, les textes de janvier 1919

Was machen die Führer? - (7. Januar 1919)

 


Die Rote Fahne (Berlin), Nr. 7 vom 7. Januar 1919. [1]
Rosa Luxemburg, Gesammelte Werke, Bd. 4 (6. überarbeitete Auflage), Berlin 2000, S. 516–518.
Mit freundlicher Genehmigung des Karl Dietz Verlag Berlin.
Transkription: Oliver Fleig und Sozialistische Klassiker.
HTML-Markierung: Einde O’Callaghan für das Marxists’ Internet Archive.


 

In der Glutatmosphäre der Revolution reifen Menschen und Dinge mit unheimlicher Schnelligkeit. Erst vor kurzen 3 Wochen, als die Reichskonferenz der A.- u. S.-Räte geschlossen wurde [2], schienen Ebert-Scheidemann im Zenit ihrer Macht zu stehen. Die Vertretung der revolutionären Arbeiter- und Soldatenmasse ganz Deutschlands hatte sich ihrer Führung blindlings ergeben. Die Einberufung der Nationalversammlung, die Aussperrung der „Straße“, die Degradierung des Vollzugsrats und mit ihm der A.- u. S.-Räte zu ohnmächtigen Scheinfiguren – welcher Triumph der Gegenrevolution auf der ganzen Linie! Die Früchte des 9. November schienen vertan und verspielt, die Bourgeoisie atmete wieder beruhigt auf, die Massen standen ratlos, entwaffnet, erbittert und doch zweifelnd da. Ebert-Scheidemann wähnten sich auf dem Gipfel der Macht.

Die blinden Toren! Noch sind keine zwanzig Tage seitdem verflossen, und ihre scheinbare Macht ist über Nacht ins Wanken geraten. Die Massen sind eben die wirkliche Macht, die reale Macht kraft ihrer Interessen, kraft der historischen Notwendigkeit, kraft des ehernen „Muss“ der Geschichte. Mag man ihr vorübergehend Fesseln anlegen, ihre Organisation formell jeder Macht berauben – sie braucht sich nur zu regen, nur ihr Rückgrat steif aufzurichten, schon hebt der Boden unter den Füßen der Gegenrevolution.

Wer die gestrige Massendemonstration in der Siegesallee miterlebt hat, wer diese felsenfeste revolutionäre Überzeugung, diese prächtige Stimmung, diese Tatkraft, die aus den Massen strömte, mit gespürt hat, der musste zu dem Schluss gelangen: Die Proletarier sind durch die Schule der letzten Wochen, der jüngsten Ereignisse politisch enorm gewachsen. Sie sind sich ihrer Macht bewusst geworden, und nichts fehlt ihnen, als von dieser Macht Gebrauch zu machen.

Die Ebert-Scheidemann und ihr Auftraggeber, die Bourgeoisie, die fortwährend über „Putsche“ zetern, erleben in diesen Stunden dieselbe Enttäuschung, wie sie einst der letzte Bourbone erlebt hat, dem auf seinen empörten Ruf über die „Rebellion“ des Pariser Volkes von seinem Minister die Antwort gegeben wurde: Herr, das ist keine Rebellion, das ist eine Revolution!

Ja, eine Revolution ist es, mit all ihrem äußeren wirren Verlauf, mit der abwechselnden Ebbe und Flut, mit momentanen Anläufen zur Machtergreifung und ebenso momentanen Rückläufen der revolutionären Sturzwelle. Und durch all diese scheinbaren Zickzackbewegungen setzt sich die Revolution Schritt um Schritt siegreich durch, schreitet sie unaufhaltsam vorwärts.

Die Masse muss eben im Kampfe selbst zu kämpfen, zu handeln lernen. Und man spürt heute: Die Arbeiterschaft Berlins hat in hohem Maße zu handeln gelernt, sie dürstet nach entschlossenen Taten, nach klaren Situationen, nach durchgreifenden Maßnahmen. Sie ist nicht mehr dieselbe wie am 9. November, sie weiß, was sie will und was sie soll.

Sind aber ihre Führer, die ausführenden Organe ihres Willens, auf der Höhe? Sind die revolutionären Obleute und Vertrauensleute der Großbetriebe, sind die radikalen Elemente der USP inzwischen an Tatkraft, Entschlossenheit gewachsen? Hat ihre Aktionsfähigkeit mit der wachsenden Energie der Massen Schritt gehalten?

Wir befürchten, diese Frage nicht mit einem glatten Ja beantworten zu können. Wir fürchten, die Führer sind noch dieselben, wie sie am 9. November waren, sie haben wenig hinzugelernt.

24 Stunden sind seit dem Anschlag der Ebert-Regierung gegen Eichhorn verflossen. [3] Die Massen sind dem Appell ihrer Führer mit Ungestüm gefolgt, sie haben die Wiedereinsetzung Eichhorns aus eigenen Kräften spontan durchgeführt, sie haben aus eigener Initiative spontan den Vorwärts besetzt, sich der bürgerlichen Redaktionen und des WTB [4] bemächtigt, sie haben sich, soweit es ging, bewaffnet. Sie warten auf weitere Weisungen und Handlungen ihrer Führer.

Was haben diese inzwischen getan, was beschlossen? Welche Maßnahmen haben sie ergriffen, um in der gespannten Situation, in der die Schicksale der Revolution zum mindesten für den nächsten Abschnitt entschieden werden, den Sieg der Revolution zu sichern? Wir sehen und hören nichts! Mag sein, dass die Vertrauensmänner der Arbeiterschaft gründlich und ausgiebig beraten. Jetzt gilt es aber zu handeln.

Die Ebert-Scheidemann verzetteln ihre Zeit sicher nicht mit Beratungen. Sie schlafen ganz gewiss nicht. Sie bereiten im stillen mit der üblichen Energie und Umsicht der Konterrevolutionäre ihre Zettelungen vor, sie schleifen ihr Schwert, um die Revolution zu überrumpeln, zu meucheln.

Andere, pflaumenweiche Elemente sind sicher schon fleißig am Werke, um „Verhandlungen“ anzubahnen, um Kompromisse herbeizuführen, um über den blutigen Abgrund, der sich zwischen der Arbeiter- und Soldatenmasse und der Regierung Eberts aufgetan, eine Brücke zu schlagen, um die Revolution zu einem „Vergleich“ mit ihren Todfeinden zu verleiten.

Da ist keine Zeit zu verlieren. Da müssen sofort durchgreifende Maßnahmen vorgenommen werden. Den Massen, den revolutionstreuen Soldaten müssen klare und rasche Direktiven gegeben, ihrer Energie, ihrer Kampflust müssen die richtigen Ziele gewiesen werden. Die schwankenden Elemente unter den Truppen können nur durch entschlossenes, klares Handeln der revolutionären Körperschaften für die heilige Sache des Volkes gewonnen werden.

Handeln! Handeln! Mutig, entschlossen, konsequent – das ist die verdammte Pflicht und Schuldigkeit der revolutionären Obleute und der ehrlich sozialistischen Parteiführer. Die Gegenrevolution entwaffnen, die Massen bewaffnen, alle Machtpositionen besetzen. Rasch handeln! Die Revolution verpflichtet. Ihre Stunden zählen in der Weltgeschichte für Monate und ihre Tage für Jahre. Mögen sich die Organe der Revolution ihrer hohen Pflichten bewusst sein!


Fußnoten

1. Dieser Artikel ist nicht gezeichnet. Clara Zetkin nennt in ihrer Arbeit Um Rosa Luxemburgs Stellung zur russischen Revolution (Hamburg 1922) Rosa Luxemburg als Verfasserin.

2. Vom 16. bis 21. Dezember 1918 tagte in Berlin der 1. Allgemeine Kongress der Arbeiter- und Soldatenräte Deutschlands, auf dem die Vertreter der SPD dominierten. Mit der Zustimmung, am 19. Januar 1919 die Wahlen zu einer Nationalversammlung durchzuführen, die die weitere Regelung übernehmen sollte, und der Wahl eines Zentralrats der Arbeiter- und Soldatenräte, dem nur das Recht zugebilligt wurde, wichtige Gesetzesvorlagen der Regierung zu beraten, entschied dieser Kongress in der Grundfrage der Revolution, Rätemacht oder bürgerliche Nationalversammlung, zugunsten des bürgerlichen Staates.

3. Am 4. Januar 1919 war der Berliner Polizeipräsident Emil Eichhorn, der dem linken Flügel der USPD angehörte, von der sozialdemokratischen Regierung als abgesetzt erklärt worden. Damit sollten die revolutionären Arbeiter und Soldaten Berlins zu unvorbereiteten bewaffneten Kämpfen provoziert werden. Die revolutionären Obleute, die Berliner Leitung der USPD und die Zentrale der KPD riefen gemeinsam die Werktätigen und Soldaten zu Aktionen für die Rücknahme der Absetzung Emil Eichhorn, für die Entwaffnung der Konterrevolution und die Bewaffnung der Arbeiter auf. Hunderttausende demonstrierten am 5. Januar In Berlin, formierten sich in der Siegesallee und marschierten zum Polizeipräsidium.

4. Wolffs Telegraphisches Büro.

 

https://www.marxists.org/deutsch/archiv/luxemburg/1919/01/fuehrer.htm

Rosa Luxemburg, les textes de janvier 1919

Versäumte Pflichten - (8. Januar 1919)

 


Die Rote Fahne (Berlin), Nr. 8 vom 8. Januar 1919. [1]
Rosa Luxemburg, Gesammelte Werke, Bd. 4 (6. überarbeitete Auflage), Berlin 2000, S. 519–522.
Mit freundlicher Genehmigung des Karl Dietz Verlag Berlin.
Transkription: Oliver Fleig und Sozialistische Klassiker.
HTML-Markierung: Einde O’Callaghan für das Marxists’ Internet Archive.


 

Seit dem 9. November prallt die revolutionäre Welle periodisch gegen dieselbe Mauer: die Regierung Ebert-Scheidemann. Der Anlass, die Form, die Tragkraft des Zusammenstoßes sind in jeder der revolutionären Krisen, die wir seit acht Wochen erlebt haben, verschieden. Aber der Ruf: Nieder mit Ebert-Scheidemann! ist das Leitmotiv aller bisherigen Krisen und die Losung, in die sie alle ausklingen, die Losung, die immer lauter, einmütiger, eindringlicher aus den Massen ertönt.

Das ist auch ganz natürlich. Die Fortentwicklung der Revolution laboriert an dem Grundfehler des 9. November: dass an die Spitze der revolutionären Regierung Leute gestellt worden sind, die bis zur letzten Minute alles getan hatten, was in ihren Kräften lag, um den Ausbruch der Revolution zu verhindern, und die sich nach dem Ausbruch an ihre Spitze mit der klaren Absicht gestellt haben, sie bei der nächsten passenden Gelegenheit abzuwürgen.

Soll die Revolution weiter ihren Gang gehen, soll sie Etappe für Etappe ihrer Entwicklung durchmachen, um ihre historischen Aufgaben: die Abschaffung der bürgerlichen Klassenherrschaft und die Verwirklichung des Sozialismus, zu erfüllen, dann muss die Mauer, die sich ihr entgegenstellt, die Regierung Ebert-Scheidemann, hinweggeräumt werden.

Um diese Spezialaufgabe wird sich die Revolution nicht herumdrücken können, in diese Aufgabe münden alle Erfahrungen der acht Wochen Revolutionsgeschichte aus. Die eigenen Provokationen der Ebert-Regierung: der 6. Dezember [2], die Vereidigung der Gardetruppen [3], der 24. Dezember [4], der jüngste Anschlag gegen das Polizeipräsidium [5], sie alle treiben die revolutionären Massen direkt vor die schroffe, nackte, unerbittliche Alternative: Entweder soll die Revolution ihren proletarischen Charakter, ihre sozialistische Mission preisgeben, oder Ebert-Scheidemann mit ihrem Anhang müssen von der Macht vertrieben werden.

Dies haben auch die breitesten Massen des Proletariats in Berlin und in den Hauptzentren der Revolution im Reiche begriffen. Diese klare, scharfe Erkenntnis, die sich im leidenschaftlichen gewaltigen Ruf aus Hunderttausenden von Kehlen jeden Augenblick losringt: Nieder mit Ebert-Scheidemann! das ist der Gewinn, die Reife, der Fortschritt, den uns die letzten Ereignisse eingebracht haben.

Was aber bei weitem nicht klar ist, worin noch die Schwäche und Unreife der Revolution an den Tag tritt, das ist die Frage, wie man den Kampf um die Wegräumung der Ebertschen Regierung führt, wie man die bereits erreichte Stufe der inneren Reife der Revolution in Taten und Machtverhältnisse umsetzt. Nichts hat diese Schwächen und Mängel so krass aufgezeigt wie die letzten drei Tage.

Die Regierung Ebert-Scheidemann hinwegräumen heißt nicht, ins Reichskanzlerpalais stürmen und die paar Leute verjagen oder festnehmen, es heißt vor allem, sämtliche tatsächliche Machtpositionen ergreifen und sie auch festhalten und gebrauchen.

Was haben wir aber in diesen drei Tagen erlebt? Alles, was wirklich an Positionen erobert worden ist: die Wiederbesetzung des Polizeipräsidiums, die Besetzung des Vorwärts, die Besetzung des WTB und der bürgerlichen Redaktionen, das alles war spontanes Werk der Massen. Was haben die Körperschaften daraus gemacht, die in diesen Tagen an der Spitze der Massen standen oder zu stehen vorgaben: die revolutionären Obleute und der Zentralvorstand den USP von Groß-Berlin? Die allerelementarsten Regeln der revolutionären Aktion haben sie vernachlässigt, als da sind:

  1. Wenn die Massen den Vorwärts besetzen, dann ist es Pflicht den revolutionären Obleute und des Zentralvorstands der USP von Groß-Berlin, die ja offiziell die Berliner Arbeiterschaft zu vertreten vorgeben, für sofortige Redaktionsführung im Sinne der revolutionären Arbeiterschaft Berlins zu sorgen. Wo sind denn die Redakteure geblieben? Was machen Däumig, Ledebour – Journalisten und Redakteure von Ruf und Beruf, die ja jetzt als die Linke der USP gar kein Organ besitzen, warum ließen sie die Massen im Stich? War es etwa dringenderes Geschäft, zu „beraten“, anstatt zu taten?
     
  2. Wenn die Massen das Wolffsche Telegraphenbüro besetzen, dann ist es nächste Pflicht der revolutionären Organe der Arbeiterschaft, sich des Telegraphenbüros für die Sache der Revolution zu bedienen, der Öffentlichkeit, den Massen der Genossen im Reich Nachricht zu geben über Dinge, die in Berlin vorgehen, sie über die Situation zu orientieren. Nur auf diese Weise kann geistiger Zusammenhang zwischen der Berliner Arbeiterschaft und der revolutionären Bewegung im ganzen Reiche hergestellt werden, ohne den die Revolution weder hier noch dort siegen kann.
     
  3. Wenn man gegen die Ebert-Scheidemannsche Regierung im schärfsten Kampfe steht, knüpft man nicht zugleich „Verhandlungen“ mit dieser selben Regierung an. Mögen die Haase-Leute: Oskar Cohn, die Zietz, Kautsky, Breitscheid und wie alle die schwankenden Gestalten heißen, jede Gelegenheit ergreifen, um mit den Ebert-Leuten, von denen sie sich schweren Herzens getrennt haben, schleunigst wieder Fäden anzuknüpfen. Die revolutionären Obleute ihrerseits, sie, die mit den Massen Fühlung haben, wissen sehr wohl, dass Ebert-Scheidemann Todfeinde der Revolution sind. Führt man mit einem Todfeind Verhandlungen? Diese Verhandlungen können ja nur zu zweierlei führen: entweder zu einem Kompromiss oder – was sicherer – bloß zu einer Verschleppung, die von den Ebert-Leuten ausgenutzt wird, um die brutalsten Gewaltmaßnahmen vorzubereiten.
     
  4. Wenn die Massen auf die Straße gerufen werden, um in Alarmbereitschaft zu sein, dann muss ihnen klar und deutlich gesagt werden, was sie zu tun haben, oder mindestens, was vorgeht, was von Freund und Feind getan und geplant wird. In Zeiten der revolutionären Krise gehören die Massen selbstverständlich auf die Straße. Sie sind der einzige Hort, die einzige Sicherheit der Revolution. Wenn die Revolution in Gefahr ist – und das ist sie jetzt in höchstem Maße! –, dann ist es Pflicht der proletarischen Massen, dort auf der Wacht zu sein, wo ihre Macht zum Ausdruck kommt: auf der Straße! Schon ihre Anwesenheit, ihr Kontakt miteinander ist eine Drohung und eine Warnung an alle offenen und versteckten Feinde der Revolution: Hütet euch!

Aber die Massen müssen eben nicht bloß gerufen, sondern auch politisch tätig sein. Sie müssen über alles, was getan und gelassen wird, zur Entscheidung gerufen werden. Haben die revolutionären Obleute, hat der Zentralvorstand der USP Groß-Berlins nicht für nötig gehalten, mit dem Entschluss, sich in „Verhandlungen“ mit Ebert-Scheidemann einzulassen, vor die in der Siegesallee versammelten Massen zu treten? Sie hätten eine so dröhnende Antwort zu hören bekommen, dass ihnen jede Lust zu Unterhandlungen vergangen wäre!

Die Massen sind bereit, jede revolutionäre Aktion zu unterstützen, für die Sache des Sozialismus durch Feuer und Wasser zu gehen. Man möge ihnen klare Parolen geben, eine konsequente, entschlossene Haltung weisen. Der Idealismus der Arbeiterschaft, die Revolutionstreue der Soldaten können nun durch Entschlossenheit und Klarheit den führenden Organe und ihrer Politik gestärkt werden. Und das ist heute eine Politik, die kein Schwanken, keine Halbheit, sondern nur das Leitmotiv kennt: Nieder mit Ebert-Scheidemann! Noch eine Lehre!

Deutschland war das klassische Land der Organisation und noch mehr des Organisationsfanatismus, ja des Organisationsdünkels. Um „Organisation“ willen hatte man den Geist, die Ziele, die Aktionsfähigkeit der Bewegung preisgegeben. [6] Und was erleben wir heute? In den wichtigsten Momenten der Revolution versagt vorerst das gerühmte „Organisationstalent“ in kläglichster Weise. Revolutionäre Aktionen zu organisieren ist eben noch ganz was anderes, als Reichstagswahlen oder Gewerbegesichtswahlen nach Schema F zu „organisieren“. Die Organisation der revolutionären Aktionen muss und kann eben nur in den Revolution selbst gelernt werden, wie das Schwimmen nur im Wasser gelernt wird. Dazu ist die geschichtliche Erfahrung da! Aber man soll eben aus der Erfahrung auch lernen.

Die Erfahrung den letzten drei Tage ruft den führenden Organen der Arbeiterschaft mit lauter Stimme zu: Redet nicht! Beratet nicht ewig! Unterhandelt nicht! Handelt!

Anmerkungen

1. Dieser Artikel ist nicht gezeichnet. Clara zetkin nennt in ihrer Arbeit Um Rosa Luxemburgs Stellung zur russischen Revolution (Hamburg 1922) Rosa Luxemburg als Verfasserin.

2. Organisiert vom sozialdemokratischen Berliner Stadtkommandanten Otto Wels, dem Generalkommando des Gardekorps, dem Kriegsministerium und dem Außwärtigen Amt, hatten am 6. Dezember 1918 von reaktionären Offizieren geführte Truppenteile einen Putschversuch unternommen. Sie verhafteten den Vollzugsrat der Berliner Arbeiter- und Soldatenräte, besetzten die Redaktion der Roten Fahne, riefen Friedrich Ebert zum Präsidenten und schossen in der Chausseestraße in eine unbewaffnete Demonstration, wobei sie 14 Personen töteten und weitere 30 verwundeten.

3. Am 10. Dezember 1918 waren von konterrevolutionären Offizieren geführte Gardetruppen, die bewaffnet in Berlin einzogen und von Friedrich Ebert, dem Berliner Oberbürgermeister Adolf Wermuth und dem Kriegsminister Heinrich Scheüch begrüßt wurden, auf die „Republik“ vereidigt wurde, wobei Generalleutnant Arnold Lequis den Eid für seine Offiziere und Mannschaften leistete.

4. Am 24. Dezember 1918 hatten konterrevolutionäre Truppen unter Führung von Generalleutnant Arnold Lequis die Volksmarinedivision in Schloss und Marstall in Berlin mit Artillerieunterstützung angegriffen. Dabei fanden 11 Matrosen und 56 Soldaten der Lequis-Truppen den Tod. Die kämpfenden Matrosen erhielten Waffenhilfe durch die Berliner Arbeiter. Dadurch brach der Angriff zusammen.

5. Am 4. Januar 1919 war der Berliner Polizeipräsident Emil Eichhorn, der dem linken Flügel der USPD angehörte, von der sozialdemokratischen Regierung als abgesetzt erklärt worden. Damit sollten die revolutionären Arbeiter und Soldaten Berlins zu unvorbereiteten bewaffneten Kämpfen provoziert werden. Die revolutionären Obleute, die Berliner Leitung der USPD und die Zentrale der KPD riefen gemeinsam die Werktätigen und Soldaten zu Aktionen für die Rücknahme der Ansetzung Emil Eichhorns, für die Entwaffnung der Konterrevolution und die Bewaffnung der Arbeiter auf. hunderttausende demonstrierten am 5. Januar in Berlin, formierten sich in der Siegesallee und marschierten zum Polizeipräsidium.

6. In der Quelle: freizugeben.

 

https://www.marxists.org/deutsch/archiv/luxemburg/1919/01/verpflicht.htm

 

Rosa Luxemburg, les textes de janvier 1919

Das Versagen der Führer - (11. Januar 1919)

 


Die Rote Fahne (Berlin), Nr. 11, 11. Januar 1919. [1]
Rosa Luxemburg, Gesammelte Werke, Bd. 4 (6. überarbeitete Auflage), Berlin 2000, S. 523–526.
Mit freundlicher Genehmigung des Karl Dietz Verlag Berlin.
Transkription/HTML-Markierung: Einde O’Callaghan für das Marxists’ Internet Archive.


 

Die Dinge in Berlin haben eine Wendung genommen, die die schärfste Kritik und die ernsteste Überlegung der Arbeitermassen herausfordern.

Wir haben im Laufe der letzten Tage mehrmals offen und deutlich ausgesprochen, daß die Führung der Berliner Massenbewegung sehr viel an Entschlossenheit, Tatkraft und revolutionärem Elan vermissen ließ. Wir haben klar herausgesagt, daß die Führung hinter der Reife und der Kampfbereitschaft der Massen weit zurücksteht. Wir haben sowohl innerhalb dieser führenden Körperschaften durch Initiative und Überredung, wie außerhalb – in der Roten Fahne – durch Kritik alles getan, um die Bewegung vorwärtszutreiben, um die revolutionären Obleute der Großbetriebe zum tatkräftigen Auftreten anzuspornen.

Doch alle Anstrengungen und Versuche sind schließlich an dem zaghaften und schwankenden Verhalten jener Körperschaft gescheitert. Nachdem man vier Tage lang die prächtigste Stimmung und Kampfenergie der Massen durch völlige Direktionslosigkeit hatte verzetteln und verpuffen lassen, nachdem man durch zweimalige Anknüpfung der Unterhandlungen mit der Regierung Ebert-Scheidemann die Aussichten des revolutionären Kampfes aufs schwerste erschüttert und die Position der Regierung aufs wirksamste gestärkt hatte, entschlossen sich die revolutionären Obleute endlich in der Nacht vom Mittwoch zum Donnerstag zum Abbruch der Unterhandlungen und zur Aufnahme des Kampfes auf der ganzen Linie. Die Parole Generalstreik wurde ausgegeben und der Ruf: Zu den Waffen!

Das war aber auch die einzige Leistung, zu der sich die revolutionären Obleute aufgerafft haben.

Es versteht sich von selbst, daß, wenn man die Parole zum Generalstreik und zur Bewaffnung in die Massen wirft, man alles tun muß, um die energischste Durchführung der Parole zu sichern. Nichts dergleichen ist von den Obleuten unternommen worden! Sie beruhigten sich bei der nackten Parole und – beschlossen gleich am Donnerstag abend, zum dritten Male in Unterhandlungen mit Ebert-Scheidemann einzutreten!

Diesmal gab die Einigungsbewegung [2], die unter den Arbeitern der Schwartzkopff-Leute und einiger anderer Großbetriebe in Fluß gekommen ist, den erwünschten Vorwand, um den eben in aller Form eingeleiteten Kampf wieder abzubrechen. Die Arbeiterschaft der Schwartzkopff-Werke, der AEG, der Knorr-Bremse gehört zu den Kerntruppen des Berliner revolutionären Proletariats, und ihre besten Absichten unterliegen gar keinem Zweifel. Die Arbeiterschaft ist aber in diesem Falle selbst das Objekt einer Mache, deren Drahtzieher die Haase-Leute: Oskar Cohn, Dittmann und andere sind. Indem diese Leute in demagogischster Weise mit den beliebten Schlagworten »Einigkeit«, »kein Blutvergießen« arbeiten, suchen sie die Kampfenergie der Massen zu lähmen, Verwirrung zu säen und die entscheidende Revolutionskrise in einem faulen Kompromiß mit der Gegenrevolution aufzulösen.

Es ist für jeden, der nicht getäuscht werden will, klar, daß dieser Einigungsrummel, den die USP inszeniert hat, der denkbar größte Dienst ist, den man in der gegenwärtigen Situation den Ebert-Scheidemann erweisen konnte. Selbst in der Luft hängend, vor der waghalsigen Kraftprobe mit der Arbeiterschaft zitternd, von den schwankenden Truppen nur noch halb und widerwillig gestützt, von der Bourgeoisie mißtrauisch angeknurrt, erlebten die Verräter des Sozialismus in den letzten Tagen die schwersten Stunden ihrer kurzen Regierungsherrlich[keit]. Das wuchtige Auftreten der Massen auf der Straße, die Wendung, die die eigene brutale Provokation der Regierung in der Eichhorn-Sache [3] genommen hat, war diesen Abenteurern über den Kopf gewachsen. Schon gaben sie sich halb verloren: das zeigte deutlich die ganze Unentschlossenheit, die tastende Unsicherheit ihrer gegenrevolutionären Maßnahmen in den letzten Tagen.

Da kamen ihnen als rettende Frist die Unterhandlungen und schließlich die Einigungsbewegung. Die USP erwies sich hier wieder als der rettende Engel der Gegenrevolution. Haase-Dittmann sind von der Regierung Eberts zurückgetreten [4], aber sie setzen auf der Straße dieselbe Politik des Feigenblatts der Scheidemänner fort.

Und die Linke der USP unterstützt und macht diese Politik mit! Die Bedingungen für die neuerdings beschlossenen Unterhandlungen mit der Regierung, die von den revolutionären Obleuten angenommen wurden, sind von Ledebour formuliert. Man verlangt von dieser Seite als Preis für die Kapitulation der Arbeiter unter anderem den Rücktritt der Personen Eberts, Scheidemanns, Noskes und Landsbergs von der Regierung. Als ob es sich hier um Personen, nicht um eine bestimmte Politik handelte! Als ob es nicht auf eine bloße Verwirrung und Irreführung der Massen hinausliefe, die typischen und berufenen Vertreter der infamen Politik der Scheidemänner von der Vorderbühne wegzuschieben und durch irgendwelche farblose Statisten zu ersetzen, die nur Strohmänner derselben Politik bleiben, während die Ebert-Scheidemann hinter den Kulissen als Drahtzieher wirken und sich so dem Gericht der Massen entziehen!

So oder anders läuft die ganze von der USP eingeleitete, von den revolutionären Obleuten mitgemachte Unterhandlungspolitik auf eine Kapitulation der revolutionären Arbeiterschaft, auf Vertuschung der inneren Gegensätze und Widersprüche hinaus. Es ist die Politik des 9. November, auf die die seit acht Wochen gereifte Situation und politische Eintracht der Massen zurückgeschraubt werden soll!

Die Kommunistische Partei macht diese beschämende Politik selbstverständlich nicht mit und lehnt jede Verantwortung für sie ab. Wir betrachten nach wie vor als unsere Pflicht, die Sache der Revolution vorwärtszutreiben, uns allen Verwirrungsversuchen mit eiserner Energie entgegenzustellen und durch rücksichtslose Kritik die Massen vor den Gefahren der Zauderpolitik der revolutionären Obleute wie der Sumpfpolitik der USP zu warnen.

Die Krise der letzten Tage ruft den Massen Lehren von höchster Wichtigkeit und Dringlichkeit zu. Der bisherige Zustand der mangelnden Führung, des fehlenden Organisationszentrums der Berliner Arbeiterschaft ist unhaltbar geworden. Soll die Sache der Revolution vorwärts gehen, soll der Sieg des Proletariats, soll der Sozialismus mehr als ein Traum bleiben, dann muß sich die revolutionäre Arbeiterschaft führende Organe schaffen, die auf der Höhe sind, die die Kampfenergie der Massen zu leiten und zu nutzen verstehen. Vor allem aber muß die nächste Zeit der Liquidierung der USP, dieses verwesenden Leichnams gewidmet werden, dessen Zersetzungsprodukte die Revolution vergiften. Die Auseinandersetzung mit der Kapitalistenklasse gestaltet sich in Deutschland in erster Linie als Abrechnung mit den Scheidemann-Ebert, die die Schutzwand der Bourgeoisie sind. Und die Abrechnung mit den Scheidemännern setzt voraus die Liquidierung der USP, die als Schutzwand der Ebert-Scheidemann fungiert.

Klarheit, schärfster, rücksichtsloser Kampf allen Vertuschungs-, Vermittlungs-, Versumpfungsversuchen gegenüber, Zusammenballung der revolutionären Energie der Massen und Schaffung entsprechender Organe zu ihrer Führung im Kampfe – das sind die brennendsten Aufgaben der nächsten Periode, das sind die bedeutsamen Lehren aus den letzten fünf Tagen wuchtigster Anläufe der Massen und kläglichsten Versagens der Führer.


Fußnoten

1. Dieser Artikel ist nicht gezeichnet. Clara Zetkin nennt in ihrer Arbeit Um Rosa Luxemburgs Stellung zur russischen Revolution (Hamburg 1922) Rosa Luxemburg als Verfasserin.

2. Bei den Werktätigen in den Betrieben und bei den Soldaten hatten die Losungen „Einigung“, „Parität“ und „Kein Bruderkampf“, mit denen Sozialdemokraqten und Zentristen auftraten, großen widerhall gefunden.

3. Am 4. Januar 1919 war der Berliner Polizeipräsident Emil Eichhorn, der dem linken Flügel der USPD angehörte, von der sozialdemokratischen Regierung als abgesetzt erklärt worden. Damit sollten die revolutionären Arbeiter und Soldaten Berlins zu unvorbereiteten bewaffneten Kämpfen provoziert werden. Die revolutionären Obleute, die Berliner Leitung der USPD und die Zentrale der KPD riefen gemeinsam die Werktätigen und Soldaten zu Aktionen für die Rücknahme der Absetzung Emil Eichhorn, für die Entwaffnung der Konterrevolution und die Bewaffnung der Arbeiter auf. Hunderttausende demonstrierten am 5. Januar in Berlin, formierten sich in der Siegesallee und marschierten zum Polizeipräsidium.

4. Der Druck der Massenpßroteste in ganz Deutschland gegen das Wüten der konterrevolutionären Truppen und die revolutionsfeindliche Politik der Regierung sowie die Verschärfung der Auseinandersetzungen in der Regierung durch die Rechtssozialdemokraten hatten die Volksbeauftragten der USPD Emil Barth, Wilhelm dittmann und Hugo Haase gezwungen, am 29. Dezember 1918 aus der Regierung auszutreten. Dafür traten die rechten Sozialdemokraten Gustav Noske und Rudolf Wissell in das Kabinett ein.

 

https://www.marxists.org/deutsch/archiv/luxemburg/1919/01/versagen.htm

 

Kartenhäuser -(11. Januar 1919)

 


Die Rote Fahne (Berlin), Nr. 13, 13.Januar 1919. [1]
Rosa Luxemburg, Gesammelte Werke, Bd. 4 (6. überarbeitete Auflage), Berlin 2000, S. 527–530.
Mit freundlicher Genehmigung des Karl Dietz Verlag Berlin.
Transkription/HTML-Markierung: Einde O’Callaghan für das Marxists’ Internet Archive.


 

Auf rauchenden Trümmern, zwischen Blutlachen und Leichen hingemordeter „Spartakisten“ beeilen sich die Helden der „Ordnung“, ihre Herrschaft neu zu befestigen. Die Ebert-Regierung rafft sich krampfhaft zu einer Konsolidierung ihrer Macht auf: auf Bajonetten will sie nunmehr sitzen. Ebert hält ganz nach Cäsarenmuster eine Revue der Gardetruppen ab und hält eine Ansprache an sie, stattet im Angesicht der Toten und Verwundeten auf dem Pflaster Berlins „den tapferen Truppen den Dank der Regierung“ ab, und weist ihnen als Aufgabe die Sicherung der Nationalversammlung mit Waffengewalt zu. Der „Oberbefehlshaber“ Noske nimmt in seinem Tagesbefehl vom 11. die alten bekannten Register der Hindenburg, von Kessel und all der Schergen des Hohenzollernregimes auf: „Im Osten plündern spartakistische Banden im Auto mit vorgehaltenem Revolver ein Haus ums andere ... Die letzte Maske, als handle es sich um eine politische Bewegung, ist gefallen, Raub und Plünderung entpuppt sich als letztes und einziges Ziel des Aufruhrs“ ... Die Geduld der Regierung sei erschöpft, und nun sollen die „starke Artillerie“ und die Maschinengewehre ihr Wort reden. „Die Einigkeit der Arbeiterklasse muß gegen Spartakus erfolgen“, schließt der blutbefleckte Emporkömmling.

So hoffen die Scheidemänner mit materieller Hilfe des gegenrevolutionären Militärs und mit moralischer Unterstützung des Bürgertums auf den Leichen der Berliner revolutionären Arbeiter ihre Regierungsgewalt neu aufzurichten.

Diese Rechnung hat aber ein Loch. Die Militärs, das Bürgertum, die heute den Ebert-Scheidemann aus der Patsche helfen, wollen selber die Früchte der blutigen Ernte genießen. Diese Elemente wollten die „sozialistische“ Regierung nur so lange unterstützen, als sie glauben konnten, durch die falsche Flagge die proletarischen Massen im Zaume halten zu können, durch „moralische“ Wirkung die Revolution, den Sozialismus zu erdrosseln. Nun ist der Bann gebrochen. Die letzte Woche hat den Abgrund aufgerissen, der zwischen der Ebertschen Regierung und der Revolution gähnt. Heute ist es klar, daß Ebert-Scheidemann nur durch Bajonette herrschen können. Ist dem aber so, dann will das Bajonett auch ohne Ebert-Scheidemann herrschen. Das Bürgertum geht aufs Ganze und schreit nach offener Proklamierung der Säbeldiktatur, nach gänzlicher Wiederherstellung der alten „Ordnung“:

„Die Aufrührer gehören vor das Standgericht oder in das Zuchthaus“ – ruft heiser die Tägliche Rundschau – „und ihnen gehört nicht die Freiheit ... Die Wiederherstellung von Ruhe und Ordnung muß bis ins Kleinste durchgeführt werden; die Polizei, die es seit dem 9. November kaum noch gegeben hat, muß in ihrem alten Umfange und in ihrer alten Bedeutung wiederhergestellt, die Schutzmannschaft muß wiederum bewaffnet und ihr Machtvollkommenheit zugewiesen werden.“

Gleichzeitig erklärt der Leiter der Noske-Garde, Oberst Reinhardt: er werde das Standrecht verhängen, er habe von niemand – auch nicht von der Regierung – Befehle entgegenzunehmen, er sei Soldat und habe selbständig zu bestimmen. Und das 3. Garde-Regiment erklärt auf eigene Faust, es sei „entschlossen“, die Nationalversammlung „mit Waffengewalt zustande zu bringen“. In Berlin und den Vororten nehmen Offiziere auf eigene Faust Verhaftungen vor.

So rebelliert das gegenrevolutionäre Offizierskorps gegen die Regierung Eberts und läßt sie deutlich verstehen, daß die Sache umgekehrt gemeint war: die Ebert-Scheidemann sollten für die Bourgeoisie Kastanien aus dem Feuer holen und nicht die Bourgeoisie für die Ebert-Scheidemann. Kommt es dazu, daß die Bourgeoisie die „sozialistische“ Regierung vor der revolutionären Arbeiterschaft retten muß, dann ist das Spiel aus, dann denkt die Bourgeoisie wohl nicht ohne Grund, daß sie für die Säbeldiktatur befähigtere Kandidaten hat als die Emporkömmlinge Ebert und Noske.

Auf der dritten Seite aber sucht die Haase-Partei die Krise zur Aufrichtung einer Koalitionsregierung „aller sozialistischen Richtungen“ zu verwerten, getreu der Feigenblattpolitik Haases alle inneren Widersprüche der Revolution im unterschiedslosen Brei zu ertränken, alle Gegensätze zu vertuschen, die Kampfenergie der Massen im faulen Kompromiß aufzulösen. Nur die „kompromittierten Führer“, die Ebert, Scheidemann, Landsberg, Noske, sollen von der Bühne abtreten, nur ein Personenwechsel soll stattfinden, die Scheidemannsche Politik aber soll nach wie vor am Ruder bleiben und mit ihr sollen „alle sozialistischen Richtungen“ eine gemeinsame Regierung bilden.

Da die „Spartakisten“ heute, angesichts der Leichen hingemordeter Proletarier, angesichts der Blutorgien der Scheidemänner, noch zehnmal mehr als je für diese erbärmlichste Politik des Kompromisses und des Verrats an der Sache der Revolution nur einen Blick der Verachtung und die geballte Faust übrig haben, so läuft die Phrase der Haase-Leute von der Koalition „aller sozialistischen Richtungen“ in Wirklichkeit auf die frühere bekannte Kombination: Scheidemänner und Unabhängige hinaus. Die Wiederauferstehung der Regierung Ebert-Haase unter neuen Personennamen: das ist alles, worauf der große „Einigungs“rummel der USP hinaus will. Und je kräftiger man auf die Ebert-Scheidemann heute in der „Freiheit“ schimpft, um so sicherer bereitet man unter dieser Scheinkanonade den schmählichen Umfall der USP vor, die trotz aller Lehren, trotzdem sie schon gezwungen war, am 28. Dezember das Kompaniegeschäft mit den Scheidemännern aufzugeben [2], einfach zu diesem Geschäft – nur unter anderen Firmenträgern – zurückkehren will.

So ergeben sich aus der gegenwärtigen Krise drei Kombinationen:

  • Die Ebert-Scheidemann wollen den status quo, ihre eigene Herrschaft auf Bajonette der Bourgeoisie gestützt weiter erhalten,
  • die USP will die Entwicklung auf den 9. November, auf eine Regierung Ebert-Haase unter anderem Namen zurückschrauben,
  • die Bourgeoisie endlich will die Dinge auf den Stand vor dem 9. November, auf die nackte Säbeldiktatur rückwärtsrevidieren.

Alle drei Kombinationen sind Kartenhäuser schon deshalb, weil sie alle drei auf überholte, überwundene Etappen hinauslaufen. Die Revolution läßt sich nicht zurückschrauben, nicht zurückrevidieren, weder auf den 9. November noch viel weniger auf die schönen Zeiten vor dem 9. November, und ebensowenig läßt sie sich unter Eberts Zepter auf einem toten Punkt festnageln.

Der ganze politische Sinn und historische Inhalt der Krise dieser letzten Woche liegt gerade darin, daß die Revolution durch ihre innere Kraft und logische Entwicklung vorwärtsgetrieben wird, um mit der Machteroberung des Proletariats, mit der Verwirklichung des Sozialismus Ernst zu machen, während sich ihr heute noch hemmende Momente auf Schritt und Tritt in den Weg stellen. Mögen diese gegnerischen Kräfte für den Augenblick durch rohe Gewaltmittel Oberhand gewinnen: den weiteren Entwicklungsgang, den Siegeszug der Revolution aufzuhalten, sind sie völlig machtlos.

Und das kommt am besten in der Tatsache zum Ausdruck, daß keine einzige Kombination auf den Trümmern dieser Woche aufgerichtet werden kann, die von irgendwelcher Dauerhaftigkeit wäre. Was auch morgen oder übermorgen als Ergebnis und Lösung der Krise zustande kommen mag: es wird ein Provisorium, es wird ein Kartenhaus sein. Mag die nackte Gewalt der Maschinengewehre oder die Zweideutigkeit des Verschleierungsplanes der USP die Oberhand gewinnen, – nach kürzester Zeit werden die Urgewalten der Revolution: die wirtschaftlichen Kämpfe, einen Strich durch all diese Rechnungen machen. Die Revolution wird wieder und immer wieder das Grundproblem: die Generalabrechnung zwischen Arbeit und Kapital auf die Tagesordnung stellen. Und diese Abrechnung ist eine welthistorische Auseinandersetzung zwischen zwei Todfeinden, die nur in einem langen Machtkampf, Auge in Auge, Brust gegen Brust ausgefochten werden kann.

Kaum werden die Trümmer und die Leichen dieser jüngsten Episode hinweggetragen werden, tritt die Revolution an diese ihre unermüdliche Tagesarbeit wieder. Die „Spartakisten“ gehen ihren Weg mit unerschütterlicher Festigkeit weiter. Die Zahl der von ihnen gebrachten Opfer wächst mit jeder Woche, die Zahl ihrer Anhänger wächst aber hundertfach. Unter dem Belagerungszustand des Krieges füllten sie Gefängnisse und Zuchthäuser, unter der „sozialistischen“ Regierung Ebert-Scheidemann füllen sie die Gräber im Friedrichshain. Aber um die Fahne des rücksichtslosen revolutionären Kampfes scharen sich immer dichter die Massen des Proletariats. Mögen sich momentan einzelne Schichten von der Demagogie und der Phrase der „Einigung“ berauschen und einfangen lassen: desto fester und treuer werden sie morgen schon, nach neuer Enttäuschung und Ernüchterung wieder zu der einzigen Partei stehen, die keine Kompromisse, keine Schwankungen kennt, die ihren historisch vorgezeichneten Weg geht, ohne nach rechts oder nach links zu schauen, ohne den Feind und die Gefahren zu zählen – bis zum Siege.


Fußnoten

1. Dieser Artikel ist nicht gezeichnet. Clara Zetkin nennt in ihrer Arbeit Um Rosa Luxemburgs Stellung zur russischen Revolution (Hamburg 1922) Rosa Luxemburg als Verfasserin.

2. Der Druck der Massenpßroteste in ganz Deutschland gegen das Wüten der konterrevolutionären Truppen und die revolutionsfeindliche Politik der Regierung sowie die Verschärfung der Auseinandersetzungen in der Regierung durch die Rechtssozialdemokraten hatten die Volksbeauftragten der USPD Emil Barth, Wilhelm dittmann und Hugo Haase gezwungen, am 29. Dezember 1918 aus der Regierung auszutreten. Dafür traten die rechten Sozialdemokraten Gustav Noske und Rudolf Wissell in das Kabinett ein.

 

https://www.marxists.org/deutsch/archiv/luxemburg/1919/01/karten.htm

 

Rosa Luxemburg, les textes de janvier 1919

Die Ordnung herrscht in Berlin -(14. Januar 1919)

 


Die Rote Fahne (Berlin), Nr. 14, 14. Januar 1919.
Rosa Luxemburg, Gesammelte Werke, Bd. 4 (6. überarbeitete Auflage), Berlin 2000, S. 531–536.
Mit freundlicher Genehmigung des Karl Dietz Verlag Berlin.
Transkription/HTML-Markierung: Einde O’Callaghan für das Marxists’ Internet Archive.


 

„Ordnung herrscht in Warschau!“ teilte der Minister Sebastiani im Jahre 1831 in der Pariser Kammer mit, als Paskiewitschs Soldateska nach dem furchtbaren Sturm auf die Vorstadt Praga in der polnischen Hauptstadt eingerückt war und ihre Henkerarbeit an den Aufständischen begonnen hatte.

„Ordnung herrscht in Berlin!“ verkündet triumphierend die bürgerliche Presse, verkünden Ebert und Noske, verkünden die Offiziere der „siegreichen Truppen“, denen der Berliner kleinbürgerliche Mob in den Straßen mit Tüchern winkt, mit Hurra! zujubelt. Der Ruhm und die Ehre der deutschen Waffen sind vor der Weltgeschichte gerettet. Die jämmerlich Geschlagenen von Flandern und den Argonnen haben ihren Ruf wiederhergestellt durch den glänzenden Sieg – über die 300 „Spartakisten“ im Vorwärts. [1] Die Zeiten des ersten ruhmreichen Eindringens deutscher Truppen in Belgien, die Zeiten Generals von Emmich, des Bezwingers von Lüttich, erblassen vor den Taten der Reinhardt und Gen. in den Straßen Berlins. Niedergemetzelte Parlamentäre, die über die Übergabe des Vorwärts verhandeln wollten und von der Regierungs-Soldateska mit Kolben bis zur Unkenntlichkeit zugerichtet wurden, so daß die Rekognoszierung ihrer Leichen unmöglich ist, Gefangene, die an die Wand gestellt und in einer Weise hingemordet werden, daß Schädel und Hirn herumspritzen: Wer denkt da noch angesichts so glorreicher Taten an die schmählichen Niederlagen vor den Franzosen, Engländern und Amerikanern? „Spartakus“ heißt der Feind und Berlin der Ort, wo unsere Offiziere zu siegen verstehen. Noske, der „Arbeiter“, heißt der General, der Siege zu organisieren weiß, wo Ludendorff versagt hat.

Wer denkt da nicht an den Siegesrausch der „Ordnungs“meute in Paris, an das Bacchanal der Bourgeoisie auf den Leichen der Kommunekämpfer, derselben Bourgeoisie, die eben erst vor den Preußen erbärmlich kapituliert und die Hauptstadt des Landes dem äußeren Feinde preisgegeben hatte, um selbst, wie die letzten Feiglinge, Fersengeld zu geben! Aber gegen die schlecht bewaffneten ausgehungerten Pariser Proletarier, gegen ihre wehrlosen Weiber und Kinder – wie flammte da wieder der Mannesmut der Bourgeoissöhnchen, der „goldenen Jugend“, der Offiziere auf! Wie tobte sich da die Tapferkeit der vor dem äußeren Feind zusammengeknickten Marssöhne in bestialischen Grausamkeiten an Wehrlosen, an Gefangenen, an Gefallenen aus!

„Ordnung herrscht in Warschau!“ „Ordnung herrscht in Paris!“ „Ordnung herrscht in Berlin!“ So laufen die Meldungen der Hüter der „Ordnung“ jedes halbe Jahrhundert von einem Zentrum des weltgeschichtlichen Kampfes zum anderen. Und die frohlockenden „Sieger“ merken nicht, daß eine „Ordnung“, die periodisch durch blutige Metzeleien aufrechterhalten werden muß, unaufhaltsam ihrem historischen Geschick, ihrem Untergang entgegengeht. Was war diese letzte „Spartakus-Woche“ in Berlin, was hat sie gebracht, was lehrt sie uns? Noch mitten im Kampf, mitten im Siegesgeheul der Gegenrevolution müssen sich die revolutionären Proletarier über das Geschehene Rechenschaft ablegen, die Vorgänge und ihre Ergebnisse am großen historischen Maßstab messen. Die Revolution hat keine Zeit zu verlieren, sie stürmt weiter – über noch offene Gräber, über „Siege“ und „Niederlagen“ hinweg – ihren großen Zielen entgegen. Ihren Richtlinien, ihren Wegen mit Bewußtsein zu folgen, ist die erste Aufgabe der Kämpfer für den internationalen Sozialismus.

War ein endgültiger Sieg des revolutionären Proletariats in dieser Auseinandersetzung, war der Sturz der Ebert-Scheidemann und eine Aufrichtung der sozialistischen Diktatur zu erwarten? Gewiß nicht, wenn man alle Momente reiflich in Betracht zieht, die über die Frage entscheiden. Die wunde Stelle der revolutionären Sache in diesem Augenblick: die politische Unreife der Soldatenmasse, die sich immer noch von ihren Offizieren zu volksfeindlichen gegenrevolutionären Zwecken mißbrauchen läßt, ist allein schon ein Beweis dafür, daß ein dauernder Sieg der Revolution in diesem Zusammenstoß nicht möglich war. Andererseits ist diese Unreife des Militärs selbst nur ein Symptom der allgemeinen Unreife der deutschen Revolution.

Das platte Land, aus dem ein großer Prozentsatz der Soldatenmasse stammt, ist nach wie vor noch von der Revolution kaum berührt. Berlin ist bislang noch vom Reich so gut wie isoliert. Zwar stehen in der Provinz die revolutionären Zentren – im Rheinland, an der Wasserkante, in Braunschweig, in Sachsen, in Württemberg – mit Leib und Seele auf seiten des Berliner Proletariats. Doch fehlt vorerst noch der unmittelbare Gleichschritt des Vormarsches, die direkte Gemeinsamkeit der Aktion, die den Vorstoß und die Schlagfertigkeit der Berliner Arbeiterschaft unvergleichlich wirksamer gestalten würde. Sodann sind – was nur der tiefere Zusammenhang jener politischen Unfertigkeiten der Revolution – die wirtschaftlichen Kämpfe, die eigentliche vulkanische Quelle, die den revolutionären Klassenkampf fortlaufend speist – erst im Anfangsstadium begriffen.

Aus alledem ergibt sich, daß auf einen endgültigen dauernden Sieg in diesem Augenblick noch nicht gerechnet werden konnte. War deshalb der Kampf der letzten Woche ein „Fehler“? Ja, wenn es sich überhaupt um einen absichtlichen „Vorstoß“, um einen sogenannten „Putsch“ handeln würde! Was war aber der Ausgangspunkt der letzten Kampfwoche? Wie in allen bisherigen Fällen, wie am 6. Dezember [2], wie am 24. Dezember [3]: eine brutale Provokation der Regierung! Wie früher das Blutbad gegen wehrlose Demonstranten in der Chausseestraße, wie die Metzelei gegen die Matrosen, so war diesmal der Anschlag gegen das Berliner Polizeipräsidium [4] die Ursache aller weiteren Ereignisse. Die Revolution operiert eben nicht aus freien Stücken, in einem offenen Blachfeld, nach einem schlau von „Strategen“ zurechtgelegten Plan. Ihre Gegner haben auch die Initiative, ja, sie üben sie in der Regel viel mehr, als die Revolution selbst, aus.

Vor die Tatsache der frechen Provokation seitens der Ebert-Scheidemann gestellt, war die revolutionäre Arbeiterschaft gezwungen, zu den Waffen zu greifen. Ja, es war Ehrensache der Revolution, sofort den Angriff mit aller Energie abzuschlagen, sollte nicht die Gegenrevolution zu weiterem Vordringen ermuntert, die revolutionären Reihen des Proletariats, der moralische Kredit der deutschen Revolution in der Internationale erschüttert werden.

Der sofortige Widerstand kam auch spontan mit einer so selbstverständlichen Energie aus den Berliner Massen heraus, daß gleich im ersten Anlauf der moralische Sieg auf seiten der „Straße“ blieb.

Nun ist es inneres Lebensgesetz der Revolution, nie beim erreichten Schritt in Untätigkeit, in Passivität stehenzubleiben. Die beste Parade ist ein kräftiger Hieb. Diese elementare Regel jeden Kampfes beherrscht erst recht alle Schritte der Revolution. Es versteht sich von selbst und zeugt von dem gesunden Instinkt, von der inneren frischen Kraft des Berliner Proletariats, daß es sich nicht bei der Wiedereinsetzung Eichhorns in sein Amt beruhigte, daß es spontan zur Besetzung anderer Machtposten der Gegenrevolution: der bürgerlichen Presse, des offiziösen Nachrichtenbüros, des Vorwärts schritt. Alle diese Maßnahmen ergaben sich bei der Masse aus der instinktiven Erkenntnis, daß sich die Gegenrevolution ihrerseits bei der davongetragenen Niederlage nicht beruhigen, sondern auf eine allgemeine Kraftprobe ausgehen wird.

Auch hier stehen wir vor einem der großen historischen Gesetze der Revolution, gegen die alle Klügeleien und Besserwissereien jener kleinen „Revolutionäre“ vom Schlage der USP zerschellen, die in jedem Kampfe nur nach Vorwänden zum Rückzug haschen. Sobald das Grundproblem der Revolution klar aufgestellt worden ist – und das ist in dieser Revolution der Sturz der Regierung Ebert-Scheidemann als des ersten Hindernisses für den Sieg des Sozialismus –, dann taucht dieses Grundproblem immer wieder in seiner ganzen Aktualität auf, und jede einzelne Episode des Kampfes rollt mit der Fatalität eines Naturgesetzes das Problem in seinem vollen Umfang auf, mag die Revolution zu seiner Lösung noch so unvorbereitet, mag die Situation noch so unreif sein. „Nieder mit Ebert-Scheidemann!“ – diese Losung taucht unausweichlich in jeder Revolutionskrise auf, als die einzig erschöpfende Formel aller partiellen Konflikte, und treibt dadurch von selbst, durch ihre innere objektive Logik, ob man es will oder nicht, jede Kampfepisode auf die Spitze.

Aus diesem Widerspruch zwischen der Zuspitzung der Aufgabe und den mangelnden Vorbedingungen zu ihrer Lösung in einer anfänglichen Phase der revolutionären Entwicklung ergibt sich, daß die Einzelkämpfe der Revolution formell mit einer Niederlage enden. Aber die Revolution ist die einzige Form des „Krieges“ – auch dies ihr besonderes Lebensgesetz –, wo der Endsieg nur durch eine Reihe von „Niederlagen“ vorbereitet werden kann!

Was zeigt uns die ganze Geschichte der modernen Revolutionen und des Sozialismus? Das erste Aufflammen des Klassenkampfes in Europa: der Aufruhr der Lyoner Seidenweber 1831, endete mit einer schweren Niederlage. Die Chartistenbewegung in England – mit einer Niederlage. Die Erhebung des Pariser Proletariats in den Junitagen 1848 endete mit einer niederschmetternden Niederlage. Die Pariser Kommune endete mit einer furchtbaren Niederlage. Der ganze Weg des Sozialismus ist – soweit revolutionäre Kämpfe in Betracht kommen – mit lauter Niederlagen besät. Und doch führt diese selbe Geschichte Schritt um Schritt unaufhaltsam zum endgültigen Siege! Wo wären wir heute ohne jene „Niederlagen“, aus denen wir historische Erfahrung, Erkenntnis, Macht, Idealismus geschöpft haben! Wir fußen heute, wo wir unmittelbar bis vor die Endschlacht des proletarischen Klassenkampfes herangetreten sind, geradezu auf jenen Niederlagen, deren keine wir missen dürfen, deren jede ein Teil unserer Kraft und Zielklarheit ist.

Es ist da mit Revolutionskämpfen das direkte Gegenteil der parlamentarischen Kämpfe. Wir hatten in Deutschland binnen vier Jahrzehnten lauter parlamentarische „Siege“, wir schritten geradezu von Sieg zu Sieg. Und das Ergebnis war bei der großen geschichtlichen Probe am 4. August 1914: eine vernichtende politische und moralische Niederlage, ein unerhörter Zusammenbruch, ein beispielloser Bankerott. Die Revolutionen haben uns bis jetzt lauter Niederlagen gebracht, aber diese unvermeidlichen Niederlagen häufen gerade Bürgschaft auf Bürgschaft des künftigen Endsieges.

Allerdings unter einer Bedingung! Es fragt sich, unter welchen Umständen die jeweilige Niederlage davongetragen wurde: Ob sie sich dadurch ergab, daß die vorwärtsstürmende Kampfenergie der Massen an die Schranke der mangelnden Reife der historischen Voraussetzungen geprallt, oder aber dadurch, daß die revolutionäre Aktion selbst durch Halbheit, Unentschlossenheit, innere Schwächen gelähmt war.

Klassische Beispiele für beide Fälle sind einerseits die französische Februarrevolution, andererseits die deutsche Märzrevolution. Die heldenmütige Aktion des Pariser Proletariats im Jahre 1848 ist der lebendige Quell der Klassenenergie für das ganze internationale Proletariat geworden. Die Jämmerlichkeiten der deutschen Märzrevolution hingen der ganzen modernen deutschen Entwicklung wie eine Fußkugel an. Sie wirkten durch die besondere Geschichte der offiziellen deutschen Sozialdemokratie bis in die jüngsten Vorgänge der deutschen Revolution – bis in die eben erlebte dramatische Krise nach.

Wie erscheint die Niederlage dieser sogenannten „Spartakuswoche“ im Lichte der obigen historischen Frage? War sie eine Niederlage aus stürmender Revolutionsenergie und unzulänglicher Reife der Situation, oder aber aus Schwächlichkeit und Halbheit der Aktion?

Beides! Der zwiespältige Charakter dieser Krise, der Widerspruch zwischen dem kraftvollen, entschlossenen offensiven Auftreten der Berliner Massen und der Unentschlossenheit, Zaghaftigkeit, Halbheit der Berliner Führung ist das besondere Kennzeichen dieser jüngsten Episode.

Die Führung hat versagt. Aber die Führung kann und muß von den Massen und aus den Massen heraus neu geschaffen werden. Die Massen sind das Entscheidende, sie sind der Fels, auf dem der Endsieg der Revolution errichtet wird. Die Massen waren auf der Höhe, sie haben diese „Niederlage“ zu einem Glied jener historischen Niederlagen gestaltet, die der Stolz und die Kraft des internationalen Sozialismus sind. Und darum wird aus dieser „Niederlage“ der künftige Sieg erblühen.

„Ordnung herrscht in Berlin!“ Ihr stumpfen Schergen! Eure „Ordnung“ ist auf Sand gebaut. Die Revolution wird sich morgen schon „rasselnd wieder in die Höh’ richten“ und zu eurem Schrecken mit Posaunenklang verkünden:

Ich war, ich bin, ich werde sein!


Fußnoten

1. Am 11. Januar 1919 mussten sich die Arbeiter und Soldaten, die am 5. Januar aus Protest gegen die Absetzung Eichhorns das Vorwärts-Gebäude besetzt hatten, nach heldenhaftem Widerstand den zahlenmäßig und technisch überlegenen konterrevolutionären Truppen ergeben. Parlamentäre, die die Besatzung zu Übergabeverhandlungen hinausgeschickt hatte, wurden bestialisch misshandelt und ermordet. Die 300 Revolutionäre, die die Waffen strecken mussten, wurden mit Peitschen und Gewehrkolben misshandelt; einige wurden erschossen.

2. Organisiert vom sozialdemokratischen Stadtkommandanten Otto Wels, dem Generalkommando des Gardekorps, dem Kriegsministerium und dem Auswärtigen Amt, hatten am 6. Dezember 1918 von reaktionären Offizieren geführte Truppenteile einen Putschversuch unternommen. Sie verhafteten den Vollzugsrat der Berliner Arbeiter- und Soldatenräte, besetzten die Redaktion der Roten Fahne, riefen Friedrich Ebert zum Präsidenten und schossen in der Chausseestraße in eine unbewaffnete Demonstration, wobei sie 14 Personen töteten und weitere 30 verwundeten.

3. Am 24. Dezember 1918 hatten konterrevolutionäre Truppen unter Führung von Generalleutnant Arnold Lequis die Volksmarinedivision in Schloss und Marstall in Berlin mit Artillerieunterstützung angegriffen. Dabei fanden 11 Matrosen und 56 Soldaten der Lequis-Truppen den tod. Die kämpfenden Matrosen erhielten Waffenhilfe durch die berliner Arbeiter. Dadurch brach der Angriff zusammen.

4. Am 4. Januar 1919 war der Berliner Polizeipräsident Emil Eichhorn, der dem linken Flügel der USPD angehörte, von der sozialdemokratischen Regierung als abgesetzt erklärt worden. Damit sollten die revolutionären Arbeiter und Soldaten Berlins zu unvorbereiteten bewaffneten Kämpfen provoziert werden. Die revolutionären Obleute, die Berliner Leitung der USPD und die Zentrale der KPD riefen gemeinsam die Werktätigen und Soldaten zu Aktionen für die Rücknahme der Absetzung Emil Eichhorn, für die Entwaffnung der Konterrevolution und die Bewaffnung der Arbeiter auf. Hunderttausende demonstrierten am 5. Januar in Berlin, formierten sich in der Siegesallee und marschierten zum Polizeipräsidium.

 

https://www.marxists.org/deutsch/archiv/luxemburg/1919/01/ordnung.htm

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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 10:44
Ils ont été abattus comme des chiens, Il faut le dire, il faut mettre les mots. Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, Leo Jogiches ont été abattus comme des chiens.Ils ont été abattus comme des chiens, Il faut le dire, il faut mettre les mots. Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, Leo Jogiches ont été abattus comme des chiens.Ils ont été abattus comme des chiens, Il faut le dire, il faut mettre les mots. Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, Leo Jogiches ont été abattus comme des chiens.

Cela fait trente-cinq ans que je côtoie Rosa Luxemburg et par son intermédiaire tout le courant révolutionnaire qui finira par se structurer en un petit groupe cohérent, L'Internationale" au moment du ralliement de la social-démocratie à la boucherie mondiale, puis dans le courant spartakiste, qui prônera une révolution sur des bases de classe.

 

Trente-cinq ans que je vibre à leur sensibilité, à leur intelligence, à leur conscience, à leur courage.

 

Et je suis écoeurée par ce consensus mou qui aujourd'hui traverse l'hommage rendu par ceux-là même qu'elle a toujours combattus, et qui tait ce qui s'est véritablement passé.

 

Qui ne met pas les mots sur l'horreur des faits.

 

Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, Leo Jogiches ont été abattus comme des chiens. Ils avaient été arrêtés sans armes, ils ont été exécutés sans aucun procès, ils ont été abattus pour Rosa Luxemburg d'un coup de crosse, Liebknecht exécuté à bout portant, Leo Jogiches d'une balle dans le dos, tous les trois alors pourtant entre les mains des forces de "l'ordre" sur lesquelles s'appuyait la social-démocratie pour assassiner la révolution qu'elle craignait tant.

 

De ce magnifique groupe qui constituait en pleine guerre l'Internationale, et avec la mort de Franz Mehring qui s'éteint foudroyé après la mort de ses deux amis, il ne va rester comme figure connue que Clara Zetkin, dont on ne peut imaginer comment elle a pu survivre à ces meurtres, à cette barbarie, le corps de Rosa Luxemburg même pas retrouvé encore au moment de son inhumation.

 

Les mots, il faut les dire, pour que personne ne l'ignore plus. Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, Leo Jogiches ont été abattus comme des chiens.

 

Dominique Villaeys-Poirré

comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009