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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.
 
Voir aussi : http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr/
 
10 mars 2022 4 10 /03 /mars /2022 11:01
Liebknecht et Luxemburg régulièrement cités. Difficile de parler en temps de guerre ...

Les recherches sur Liebknecht et Luxemburg sur le net nous conduisent régulièrement à la guerre que mène le pouvoir russe en Ukraine. Et à la référence à leur refus du premier conflit mondial.

 

Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg ont lutté il est vrai pied à pied contre le militarisme, la course aux armements et la guerre, contre l’aliénation des sociétés qui bientôt se lancèrent à corps perdus dans une guerre mondiale fratricide, qu’ils ont vu s'approcher et contre laquelle ils ont tenté de mobiliser les prolétaires.

Ils en ont analysé les causes, le capitalisme, le nationalisme, l’impérialisme, dénoncé les Etats impériaux ou dits démocratiques au service de la politique coloniale et impérialiste. Ils ont tenté jour après jour de faire prendre conscience aux masses opprimées, des dangers de l’aliénation à laquelle elles étaient soumises, de l’importance d’une prise de conscience de classe, de la nécessaire utilisation par les masses des moyens dont elles disposent pour s’opposer au pire : la grève de masse, le refus de servir le militarisme.

Tous deux ont connu pour cela la prison comme nombre de ceux du courant dont ils faisaient partie.

 

C'est pourquoi certaines de leurs phrases marquent aujourd’hui encore  les esprits et sont régulièrement citées comme celle de Liebknecht, « L’ennemi principal est toujours dans notre propre pays ». Elles sont reprises par les courants les plus divers parfois à contre-sens. La phrase de Karl Liebknecht est tirée d'un tract spartakiste de 1915 qui s'adresse au prolétariat en Allemagne et au-delà international.

Il apparaît juste cependant que l’on souhaite rechercher auprès d’eux des éléments d’analyse et de « solution », car nous sommes toujours dans un monde impérialiste qui opprime et exploite, aliène et ne connaît comme solution que la guerre et toujours la guerre. Même si les protagonistes et les formes ont aujourd'hui  changé.

 

Pour ce qui précède l’agression du pouvoir russe aujourd’hui, notre responsabilité d’hier est engagée dans chacun de nos pays. Pour nous, dans les pays occidentaux, du fait  :

  • De l’abandon d’une analyse et d’une pratique de classe, de l’invisibilisation systématique des prolétaires
  • De l’inexistence d’un mouvement fort et de classe contre l’OTAN, comme il a pu en exister, même minoritaire, dans les années 70, et contre ses agissements et ceux de l’Union européenne depuis 1989
  • De l’absence de prise de conscience et de dénonciation de ce que l’action des Occidentaux pouvait faire naître de nationalisme, allant jusqu’au fascisme, dans les pays « vaincus », comme ce fut le cas il y a plus de 100 ans après Versailles en Allemagne.

 

Maintenant que la guerre est là, notre impuissance paraît tout aussi grande que celle de Liebknecht ou Luxemburg. Comme l’indiquait Liebknecht dans la déclaration motivant son refus de voter les crédits de guerre en décembre 1914 :

« La libération du peuple russe comme du peuple allemand doit être l'œuvre de ces peuples eux-mêmes. »

« Seule, une paix basée sur la solidarité internationale de la classe ouvrière et sur la liberté de tous les peuples peut être une paix durable.

Quatre ans de guerre et une révolution auront été nécessaires, et des millions de morts. La révolution mit fin à la guerre, mais son assassinat par les forces dites "démocratiques" fit naître et prospérer le nazisme.

 

Aussi aujourd'hui,  nous ne pouvons être partie de cette libération

- qu'en montrant le développement d'un pouvoir russe de plus en plus nationaliste, quelles que soient les raisons de son action

- qu’en soutenant la volonté des forces progressistes qui luttent sur des bases de classe en Russie

- qu'en dénonçant le repartage impérialiste du monde qui a de nouveau conduit et qui de nouveau conduira au pire

- qu'en menant encore et toujours un combat contre toutes les guerres impérialistes, et en luttant pour un monde libéré de l'oppression, de la répression, de l'aliénation créées par le capitalisme.

 

Rappelons pour cela que, dans certains pays de l'Europe, être marxiste est un crime, qu'en Pologne par exemple, Rosa Luxemburg est mise à l'index et la plaque sur sa maison natale arrachée par le pouvoir.

 

Il est difficile de parler en temps de guerre alors que les populations souffrent. On peut dire cependant que seule une action de classe, anti-impérialiste pourra permettre dans l'avenir de combattre les guerres.

 

La déclaration de Karl Liebknecht s’adresse au prolétariat, pour qu'il se lève et résiste, tout comme celle de Rosa Luxemburg qui déclarait dans la brochure de Junius :

 

« Cette folie cessera le jour où les ouvriers d'Allemagne et de France, d'Angleterre et de Russie se réveilleront enfin de leur ivresse et se tendront une main fraternelle couvrant à la fois le choeur bestial des fauteurs de guerre impérialistes et le rauque hurlement des hyènes capitalistes, en poussant le vieux et puissant cri de guerre du Travail : Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

 

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1 mars 2022 2 01 /03 /mars /2022 00:47

"De nouveau, les impérialismes s'affrontent. De nouveau la guerre et de nouveau les morts. Dans chaque pays,  la conscience de classe est trop absente. Comme le dit Rosa Luxemburg dans ce texte : Attendre de la Triplice, donc d’une politique d’alliance capitaliste conçue pour préparer la guerre, qu’elle agisse en faveur de la paix, c’est comme vouloir cueillir des figues sur un buisson de chardons. " DVP.

Lire sur mediapart : https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/020322/non-la-guerre-en-ukraine-collectif

 

 

Lecture en allemand et extrait traduit du discours "Zur weltpolitischen Lage", 1913

Vu aujourd'hui sur le net. Traduction DVP

 

La tactique de la social-démocratie allemande, en désespoir de cause, est de se situer sur le terrain de la Triplice, c’est-à-dire de soutenir l’alliance des diplomaties allemande, autrichienne et italienne.

Il est profondément regrettable qu'il y a quelques semaines à peine, alors que le nouveau projet de loi militaire était débattu au Reichstag, le camarade David ait indiqué publiquement au gouvernement au nom du groupe parlementaire, que nous, sociaux-démocrates,  nous nous rangions aux côtés de la Triplice, en émettant une seule réserve : que la Triplice se comporte en « brave petit » et agisse en faveur de la paix. Malheureusement, nous ne sommes pas restés les seuls sur cette position. Car presque le même jour, le camarade Renner a fait une déclaration similaire au Parlement de Vienne au nom de la social-démocratie autrichienne.

Attendre de la Triplice, donc d’une politique d’alliance capitaliste conçue pour préparer la guerre, qu’elle agisse en faveur de la paix, c’est comme vouloir cueillir des figues sur un buisson de chardons. Il suffit de voir les résultats de la Triplice. La première fut littéralement de pousser la France à conclure cette alliance honteuse avec la Russie et d’entraîner l’Angleterre à une relation à trois avec la France et la Russie. Une autre conséquence est le développement colossal de la course aux armements de l’Allemagne contre la France et la Russie, ainsi que de l’Autriche. Et où était donc la Triplice quand il s’agissait de préserver la paix, lorsqu’une puissance de la Triplice envahissait Tripoli ou quand l’Autriche annexait la Bosnie et l’Herzégovine ?

Constater que quand deux ou trois États capitalistes agissent de conserve, il s’agit toujours pour eux d’avoir la peau d’un quatrième État capitaliste, est une lapalissade bien connue. Quelle naïveté que d’attendre de cette alliance qu’elle soit une garantie pour la paix !

Il n’y a qu’une seule alliance internationale qui s’est révélée être la garantie pour la paix. La seule alliance sur laquelle nous puissions compter, c’est l’alliance de tous les prolétaires révolutionnaires du monde.

Le texte en allemand :

Die weltpolitische Lage. Rede am 27. Mai 1913 in Leipzig-Plagwitz. Nach einem Zeitungsbericht.

Leipziger Volkszeitung, Nr. 121 vom 29. Mai 1913. Rosa Luxemburg, Gesammelte Werke, Bd. 3, S. 212–219. Transkription: Oliver Fleig und Sozialistische Klassiker. HTML-Markierung: Einde O’Callaghan für das Marxists’ Internet Archive.


Wir leben in einer merkwürdigen Zeit, in der die Aufmerksamkeit der Arbeiterklasse durch ein ganz spezielles Gebiet des öffentlichen Lebens in steigendem Maße in Anspruch genommen wird; dies Gebiet ist die auswärtige Politik. Für den Begriff und geistigen Horizont des Durchschnittsspießers gehört die auswärtige Politik zu jenem Abteil der Morgenzeitung, das er beim Morgenkaffee liest zur Zerstreuung seiner Sorgen oder von dem Gekeife seiner besseren Hälfte. Für die Arbeiterklasse dagegen ist die auswärtige Politik tief ernst und äußerst wichtig. Es ist nicht immer so gewesen. Wenn man das geistige Leben der Arbeiterschaft in den letzten Jahrzehnten verfolgt, so kann man förmlich den Puls dieses geistigen Lebens fühlen und beobachten, wie von Jahr zu Jahr bei der Arbeiterschaft die Aufmerksamkeit für die auswärtige Politik wächst. Trotzdem ist es noch immer nicht genug, es muss dahin gebracht werden, dass jede Arbeiterin und jeder Arbeiter verstehen lernt, dass es gilt, mit derselben Energie, Aufmerksamkeit und Leidenschaft wie die Fragen der inneren Politik alle Geschehnisse der Weltpolitik zu verfolgen. Jede Proletarierfrau und jeder Proletarier müssen sich heute sagen, es geschieht nichts in der auswärtigen Politik, was nicht die eigensten Interessen des Proletariats berührt. Wenn in Afrika von den deutschen Militärs die Neger unterdrückt werden [1], wenn auf dem Balkan die Serben und Bulgaren die türkischen Soldaten und Bauern niedermorden [2], wenn in Kanada bei den Wahlen die konservative Partei plötzlich die Oberhand gewinnt und die liberale Herrschaft zertrümmert [3], in allen Fällen müssen sich die Arbeiterinnen und die Arbeiter sagen, um eure Sache handelt es sich, eure Interessen stehen dort auf dem Spiel. Es ist Karl Marx gewesen, der uns schon viele Jahrzehnte, bevor diese Entwicklung so ausgeprägt zu erkennen war, Fingerzeige für die Erkenntnis dieser Erscheinung gegeben hat. In seiner berühmten Inauguraladresse sagte er unter anderem: Kämpfe um die auswärtige Politik bilden einen Teil des allgemeinen Kampfes für die Emanzipation des Proletariats, sie sind also ein Teil des Klassenkampfes. [4]

Gerade wenn wir die jetzige weltpolitische Lage vergleichen mit der Zeit, in der die Inauguraladresse erschien, können wir den Wandel der Zeiten ermessen. In den 60er Jahren noch waren der Drehzapf der weltpolitischen Lage die Nachwehen und Folgen der Teilung Polens durch Preußen, Österreich und Russland. [5] Die gegenseitige Reibungsfläche der Mitschuldigen an dem Raube war es, um die sich die weltpolitische Läge drehte. Wenn heute jemand fragt, was der Mittelpunkt der weltpolitischen Ereignisse ist, so würde selbst ein ernsthafter Politiker über diese Frage in große Verlegenheit kommen. Heute haben wir in der Nordsee einen solchen Punkt, in der Rivalität zwischen England und Deutschland. Im Mittelmeer besteht ein ganzer Knäuel von Gegensätzen und Widersprüchen. Der Frieden am Balkan [6] bedeutet die Zerreißung der europäischen Türkei und gleichzeitig die sichere Gewähr für den nächsten Krieg um die asiatische Türkei. Aber darin erschöpfen sich die internationalen Gegensätze nicht. Auf dem Leibe des unglücklichen Persiens wird der Kampf zwischen Russland und England ausgefochten. [7] Im vollsten Frieden wird ein Land und ein Volk zerstückelt. Ein Stück weiter nach Osten liegt der gewaltige Herd der Revolution in China. Von Asien führt der Weg über den Stillen Ozean nach Amerika. Hier erleben wir in den letzten Jahrzehnten immer neue Überraschungen. Seit die Vereinigten Staaten 1898 ihren ersten Kolonialkrieg mit Spanien um die Philippinen ausfochten, sehen die amerikanischen Kapitalisten begehrlich nach Asien. Daraus ist der Gegensatz zwischen Japan und den Vereinigten Staaten und England entstanden.

Auch wenn wir die Kriege der letzten 10 bis 15 Jahre betrachten, erkennen wir, wie sich der politische Horizont nach und nach erweitert hat. Man kann, grob gehauen, den Beginn dieser Umwälzung mit dem japanisch-chinesischen Kriege im Jahre 1895 beginnen. Der Krieg zeigte ein Land, das zum erstenmal zur Selbständigkeit erwachte. 1898 folgte der Krieg zwischen Amerika und Spanien, bei dem die Vereinigten Staaten zum erstenmal außerhalb ihres Landes kämpften. Der Burenkrieg von 1899 krönte eine Anzahl stiller Eroberungen, die England dort unten gemacht hatte. Dann kam der Hunnenfeldzug nach China, bei dem Wilhelm II. den Soldaten die Parole mit auf den Weg gab: Pardon wird nicht gegeben, Gefangene werden nicht gemacht. Die Soldaten sollten hausen wie die Hunnen, so dass nach tausend Jahren kein Chinese wagt, einen Deutschen scheel anzusehen. [8] 1904 brach der Krieg zwischen Russland und Japan aus, dem die russische Revolution folgte, an die sich die Revolution in Persien, in der Türkei und zum Teil in Indien anschloss. Wir haben dann in den letzten paar Jahren eine Reihe zuckender Blitze und Gewitter in China gehabt. Der Streit zwischen Frankreich und Deutschland um Marokko hat den Raubzug Italiens nach Tripolis und dieser wieder den Balkankrieg zur Folge gehabt. Die Triebkraft dieser Kriege ist das Bestreben, die noch nicht vom Kapitalismus erreichten Gebiete aufzuteilen.

Bis vor kurzer Zeit gab es in der Sozialdemokratie ein ganz einfaches Mittel, um zu entscheiden, wie wir uns zu einem Kriege zu stellen haben. Der Angriffskrieg wurde abgelehnt und verdammt, dagegen müsse auch die Sozialdemokratie für den Verteidigungskrieg eintreten. Genosse Bebel, der so viel Ausgezeichnetes, manchmal aber auch, wie jeder Mensch, weniger Ausgezeichnetes gesagt hat, hat ja einmal im Reichstage erklärt, er wolle bei einem Verteidigungskriege trotz seiner alten Tage noch die Flinte auf den Buckel nehmen. [9] Diese Weisung ist schon deshalb nicht brauchbar, weil die Unterscheidung zwischen Angriffs- und Verteidigungskrieg unter den Händen zerrinnt oder wie eine Seifenblase zerplatzt. In den Kriegen der französischen Revolution gab die französische Regierung die Kriegserklärungen ab, und doch waren es Verteidigungskriege, die das Werk der Revolution gegen die Reaktion schützten. Der Krieg auf dem Balkan ist formal genommen ein Angriffskrieg gegen die Türkei. Aber die Machthaber der angreifenden Nationen zerfließen in Beteuerungen über die Verteidigung der heiligsten nationalen Rechte und des christlichen Glaubens gegen die Türken, und auch sie haben recht. Daraus haben wir den Schluss zu ziehen, wir als Proletarier haben uns gegen jeden Krieg zu wenden, gleichviel ob Angriffs- oder Verteidigungskrieg. Wir erkennen in ihm eine Folge des Imperialismus, und wie den Imperialismus als Ganzes, so bekämpfen wir auch jede seiner Teilerscheinungen.

Ein Notbehelf in unsrer Taktik ist, dass sich die deutsche Sozialdemokratie auf den Boden des Dreibunds stellt, das heißt, dass sie die Vereinigung der deutschen, österreichischen und italienischen Diplomatie unterstützt. Es ist tief bedauerlich, dass erst vor einigen Wochen, als die neue Militärvorlage im Reichstage verhandelt wurde [10], Genosse David der Regierung im Auftrage der Fraktion öffentlich erklärte, wir Sozialdemokraten stehen auf dem Boden des Dreibunds, wobei nur der Vorbehalt gemacht wurde, der Dreibund müsse ein braver Knabe sein und für den Frieden wirken. [11] Leider sind wir nicht allein damit geblieben, denn fast am gleichen Tage hat im Wiener Parlament Genosse Renner eine ähnliche Erklärung für die österreichische Sozialdemokratie abgegeben. Vom Dreibund, von einer kapitalistischen Bündnispolitik, die den Krieg vorbereiten soll, erwarten, sie solle für den Frieden wirken, das ist das Beginnen eines Menschen, der vom Distelstrauch Feigen pflücken will Man muss nur einmal die Resultate des Dreibunds betrachten. Seine erste Folge war, dass Frankreich zu der schmachvollen Allianz mit Russland förmlich getrieben wurde und dass England mit Frankreich und Russland zu jenem dreieckigen Verhältnis gebracht wurde. [12] Eine andre Folge des Dreibunds sind die ungeheueren Rüstungen Deutschlands gegen Frankreich und Russland und ebenso die Rüstungen Österreichs. Wo war denn auch der Dreibund, als es galt, den Frieden zu erhalten, als eine Dreibundmacht Tripolis überfiel oder als Österreich Bosnien und die Herzegowina annektierte? Es ist eine alte Binsenwahrheit, dass, wo zwei oder drei kapitalistische Staaten die Köpfe zusammenstecken, es sich immer um die Haut eines vierten kapitalistischen Staates handelt. Welche Naivität gehört dazu, von diesem Bündnis zu erwarten, es sollte eine Gewähr sein für den Frieden. Es gibt ein internationales Bündnis, das sich als einzige Gewähr für den Frieden herausgestellt hat. Das einzige Bündnis, auf das zu rechnen ist, das ist das Bündnis aller revolutionären Proletarier der Welt!

Wir haben auch noch mit einer andern Illusion, die Verwirrung anrichten kann, reinen Tisch zu machen, nämlich mit der Illusion von der Abrüstung. Vor einigen Jahren gefiel es dem englischen Minister Grey, eine schöne Rede zu halten, in der er für eine Verständigung über die Rüstungen eintrat. [13] Kaum hatte man dies bei uns gehört, so sagten einige Genossen unsrer Reichstagsfraktion: Bravo, der Mann spricht wie ein Buch. Sie glaubten, auf diese Weise könnten wir von dem Krieg nach rückwärts zu dem Frieden kommen. Als aber Grey so sprach, hatte er schon eine neue Flottenvorlage in der Tasche und statt der Abrüstungen kamen ungeheuere neue Rüstungen. Auch in Deutschland war es ja ähnlich. In der Budgetkommission redete der Kriegsminister einer Verständigung mit England das Wort. [14] Das gab ein großes Hallo! Ein deutscher Kriegsminister, der wie eine Taube den Ölzweig des Friedens im Schnabel hielt; das war in Wirklichkeit das Vorspiel zu der ungeheueren Militärvorlage. Man muss doch geradezu die Augen schließen, um nicht zu sehen, dass die Rüstungen eine naturnotwendige Konsequenz der ganzen ökonomischen Entwicklung sind. Solange das Kapital herrscht, werden Rüstungen und Krieg nicht aufhören. Alle großen und kleinen kapitalistischen Staaten sind jetzt in den Strudel der Wettrüstungen gerissen. Es war immer das Vorrecht der Sozialdemokratie, dass sie mit ihren Bestrebungen nicht im Wolkenkuckucksheim wurzelte, sondern mit festen Füßen auf dem realen Boden stand. Wir haben bei allen Erscheinungen in der Politik immer gefragt, wie sich diese Erscheinungen mit der kapitalistischen Entwicklung vereinbaren. Wie haben wir doch über die bürgerlichen Friedenspolitiker gelacht, diese guten Leute und schlechten Musikanten. Es ist eine hoffnungslose Utopie, zu erwarten, dass durch unsre Propaganda für die Abrüstung die kapitalistischen Staaten aufhören werden zu rüsten. Die Rüstungen sind eine fatale Konsequenz der kapitalistischen Entwicklung, und dieser Weg führt in den Abgrund.

Wir haben ein ganz anderes Ziel zu verfolgen, das uns klar und deutlich unsre historische Aufgabe stellt, das Milizsystem, die Bewaffnung des Volkes, wie sie unser Programm verlangt. Wir haben die Pflicht, dem Volke zu sagen, dass es aufhören muss, Kadavergehorsam zu zeigen, dass es seine eignen Interessen wahrnehmen muss. Allerdings, die Forderung der Miliz ist etwas ganz anderes als die Abrüstung der herrschenden Klasse; das Milizsystem kann einzig und allein nur aus der Tatkraft des Proletariats hervorgehen. Wir täuschen uns nicht, wir glauben nicht, dass wir von heute auf morgen die Miliz einführen können. Eine Heeresorganisation, bei der das Volk in Waffen entscheidet, ob es in den Krieg ziehen will oder nicht, lässt sich nicht vereinbaren mit der Herrschaft der Krupps und der Rüstungskartelle. Um die Miliz einzuführen, müssen wir die herrschenden Klassen stürzen, das bedeutet eine Revolution, ein gewaltiges Stück historischer Arbeit. Aber soll das ein Anlass sein, unsre Forderung wie ein Familienheiligtum sorgfältig im Schrank aufzubewahren, um es immer bei besonders feierlichen Gelegenheiten hervorzuholen?

Nein! Wir müssen die Miliz fordern im täglichen Aktionsprogramme; das Volk muss wissen, dass die Durchführung der Forderung den Sturz der Junkerherrschaft voraussetzt. In Frankreich erleben wir jetzt den stürmischen Protest gegen die dreijährige Dienstzeit, dort beginnt schon die Opposition gegen den militärischen Kadavergehorsam. Sollte der deutsche Arbeiter dümmer und schlechter und feiger sein? Ich glaube, dass wir nicht umsonst vier Millionen sozialdemokratische Stimmen zählen und nicht umsonst 50 Jahre sozialistischer Geschichte hinter uns haben. Auch die Zeit wird kommen, wo die deutsche Arbeiterschaft sich nicht mehr kommandieren lässt, wo Sie sich wie ein Mann erhebt und sagt: Ich will es nicht, ich tue es nicht! (Lebhafter Beifall)

Eine Folge der Rüstungsdelirien ist der schmachvolle Niedergang des Parlamentarismus. In Deutschland ist jede bürgerliche Opposition aus dem Parlament verschwunden, es gibt keine Rüstungsvorlage, die nicht von den getreuen Regierungsmamelucken bewilligt würde. Die Regierung braucht nur zu pfeifen, und die Parlamente springen wie die Pudel. Wir arbeiten bei Reichstagswahlen im Schweiße unseres Angesichts, um soviel Vertreter als möglich in den Reichstag zu schicken, wenn es aber einen Arbeiter gibt, der da meint, es genüge, einen Stimmzettel abzugeben, so kann er mir nur leid tun. Im gleichen Maße, in dem mehr Sozialdemokraten in die Parlamente geschickt werden, sinken diese Parlamente immer mehr zu einem Feigenblatt des Absolutismus herab. Als die Chinaexpedition [15] ausgerüstet wurde, waren die Abgeordneten bei Muttern, nachher gewährten die Vertreter des Bürgertums für die schon verausgabten Mittel mit hündischer Beflissenheit Indemnität. In England, wo das Zeremoniell des parlamentarischen Hokuspokus besonders ausgebildet ist, liegen die Verhältnisse genauso, schrieb doch ein englisches Blatt, der dreimal heilige Parlamentarismus ist auf dem besten Wege, den Laden zu schließen. Wie in Deutschland und England ist es auch in Österreich und in andern Staaten: Der Parlamentarismus gerät immer tiefer in den Sumpf. Was wären wir Sozialdemokraten wert, wenn wir unsre Hoffnungen auf den Parlamentarismus setzen wollten? Die Schwerkraft der sozialdemokratischen Politik muss in die Massen verlegt werden, das Parlament bleibt nur noch eine – allerdings bedeutende – Rednertribüne, von der aus die sozialistische Aufklärung erfolgen und die Masse aufgepeitscht werden soll. Dass die Masse handeln kann, wenn es nötig ist, dafür haben wir in der letzten Zeit genug Beweise gehabt. Man sagt uns oft mit den Kassen- und Mitgliedsbüchern in der Hand, wir haben noch nicht genug Mitglieder, die Kassen sind noch zu schwach, um große Aktionen durchführen zu können. O über diese kleinen Rechenmeister! Ich unterschätze nicht den Wert der Organisationen, man kann sie nicht hoch genug schätzen, Aber es wäre höchst falsch, wenn man annehmen wollte, erst müsste der letzte Arbeiter und die letzte Arbeiterin eingeschriebenes Mitglied der Partei sein, ehe der große Marsch gegen den Kapitalismus angetreten werden könne. In Belgien haben erst jetzt 400.000 Mann 10 Tage lang mit verschränkten Armen dagestanden, um politische Rechte zu erobern, wenn ich auch der Meinung bin, dass man sie nicht zur rechten Zeit ins Feuer geführt hat. [16] Dabei hat die belgische Arbeiterschaft bei weitem nicht so gute Organisationen wie die deutsche. Auch das Beispiel der russischen Revolution hat ja bewiesen, was die Masse kann. 1906 hatte das russische Proletariat keine gewerkschaftlichen und keine politischen Organisationen, und wenige Jahre darauf waren im Feuer der Revolution feste proletarische Organisationen geschmiedet.

1. Im Jahre 1904 hatten sich in Südwestafrika die Völker der Hereros und der Hottentotten gegen die Kolonialherrschaft des deutschen Imperialismus erhoben. Der Aufstand, der den Charakter eines Freiheitskrieges trug, endete mit einer verlustreichen Niederlage dieser Völker, nachdem die deutschen Kolonialtruppen drei Jahre lang mit äußerster Grausamkeit gegen sie vorgegangen waren.

2. Von Oktober 1912 bis Mai 1913 führten Bulgarien, Serbien, Griechenland und Montenegro Krieg gegen das türkische Reich, der mit einer Niederlage der Türkei endete. Dieser Krieg war in seiner Haupttendenz ein nationaler Krieg gegen die türkische Fremdherrschaft auf dem Balkan. Infolge der Einmischung der imperialistischen Großmächte gefährdete er den Frieden in Europa.

3. Mit dem Sieg der konservativen Partei bei den Wahlen zum Unterhaus in Kanada im September 1911 war eine fünfzehnjährige Herrschaft der liberalen Majorität beseitigt worden.

4. Siehe Karl Marx, Inauguraladresse der Internationalen Arbeiter-Association, in Karl Marx u. Friedrich Engels, Werke, Bd. 16, Berlin 1971, S. 13.

5. Im Ergebnis der die Teilungen Polens in den Jahren 1772, 1793 und 1795 wurden die Westgebiete von Preußen, Galizien von Österreich und die Ostgebiete von Russland annektiert. 1815 wurde vom Wiener Kongress das Königreich Polen (Kongresspolen) geschaffen, das in Personalunion mit Russland verbunden wurde.

6. Im Friedensvertrag von London, der am 30. Mai zwischen den Balkanstaaten und der Türkei abgeschlossen wurde, musste die Türkei fast alle Gebiete auf der Balkanhalbinsel an die Balkanstaaten abtreten.

7. Unter dem Einfluss der Revolution in Russland von 1905 bis 1907 hatte sich in Persien eine bürgerlich-demokratische Massenbewegung entwickelt, die zur Einschränkung des Absolutismus und zur Einführung der konstitutionellen Regierungsform geführt hatte. Mit aktiver Unterstützung Großbritanniens und des zaristischen Russlands, die im Süden bzw. Norden Persiens die revolutionären Kräfte mit Waffengewalt unterdrückten, gelang es den reaktionären Kräften in Persien, Ende 1911 die Revolution niederzuschlagen.

8. Am 27. Juli 1900 hatte Wilhelm II. in Bremerhaven die Truppen der Chinaexpedition mit einer chauvinistischen Hetzrede, berüchtigt geworden als Hunnenrede, verabschiedet und zu äußerster Brutalität gegenüber den chinesischen Freiheitskämpfer aufgefordert.

9. August Bebel hatte am 7. März 1904 im Reichstag zur Haltung der Sozialdemokratie im Falle eines Angriffskrieges ausländischer Mächte gegen Deutschland gesprochen. Dabei war er von der von Karl Marx und Friedrich Engels wie auch von ihm selbst oft betonten, für das 19. Jahrhundert richtigen Erkenntnis ausgegangen, dass ein nationaler Verteidigungskrieg gegen den Zarismus und mit ihm verbündete Mächte im Interesse der Entwicklung der Arbeiterbewegung möglich und notwendig hätte sein können. Bebel hatte nicht gesehen, dass diese Auffassung durch die Veränderung des nationalen und internationalen Kräfteverhältnisses im Imperialismus überholt war.

10. Ende 1913 war im Reichstag ein Militär- und Deckungsvorlage eingebracht worden, die die größte Heeresverstärkung seit Bestehen des Deutschen Reiches vorsah. Ein Teil der zusätzlichen finanziellen Mittel sollte durch einen außerordentlichen Wehrbeitrag und durch Besteuerung aller Vermögen über 10.000 Mark aufgebracht, der übrige teil auf die Schulter der werktätigen Bevölkerung abgewälzt werden. Die sozialdemokratische Fraktion lehnte die Militär- und Deckungsvorlage ab, stimmte aber einer einmaligen Vermögensabgabe (dem sogenannten Wehrbeitrag) und einer Vermögenszuwachssteuer zur Finanzierung der Heeresvorlage zu. Der Abstimmung waren scharfe in der Fraktion vorausgegangen, die damit endeten, dass die Revisionisten unter Missbrauch der Fraktionsdisziplin den Widerstand von 37 abgeordneten unterdrückten. Diese Zustimmung zu den Gesetzen bedeutete das Aufgeben des Grundsatzes „Diesem System keinen Mann und keinen Groschen!“

11. Diese Erklärung hatte der Opportunist Eduard David bereits am 3. Dezember 1912 im Namen der sozialdemokratischen Fraktion abgegeben. Er befürwortete die imperialistische Außenpolitik und erklärte die deutsche Sozialdemokratie zu einer Stütze des Dreibundes, sofern dieser ein „Defensivbündnis“ darstellte.

12. Nachdem Frankreich und Russland sowie Großbritannien und Frankreich bereits verbündet waren, hatten sich Großbritannien und Russland im August 1907 über die Abgrenzung ihrer Interessensphären geeinigt. Damit war die Triple-Entente als imperialistischer Machtblock entstanden.

13. Am 13. März 1911 hatte der Außenminister Sir Edward Grey anlässlich der Vorlage des neuen Marineetats im britischen unterhaus über Möglichkeiten der Rüstungseinschränkung, speziell eines Vertrages mit Deutschland gesprochen, da die Rüstungsausgaben ein „Verbluten in Friedenszeiten“ bedeuten würden. Der Marineetat wurde angenommen und brachte gegenüber dem Vorjahr eine Erhöhung der Ausgaben um vier Millionen Pfund Sterling.

14. Nicht der Kriegsminister, sondern der Staatssekretär im Reichsmarineamt Alfred von Tirpitz hatte am 6. Februar 1913 in der Budgetkommission des Reichstags ausgeführt, dass er eine Verständigung mit Großbritannien begrüßen würde und dass Verhandlungen möglich seien, sobald Großbritannien damit beginnen wolle und Vorschläge unterbreite.

15. Im Jahre 1900 hatte die deutschen Imperialisten die Ermordung des deutschen Gesandten in Peking während des Aufstandes der Ihotuan zum Anlass genommen, um durch die Entsendung eines Expeditionskorps nach China ihr Vordringen in Ostasien zu sichern. Zusammen mit den Truppen anderer Imperialistischen Mächte schlugen die deutschen Interventionstruppen die chinesische Befreiungsbewegung grausam nieder.

16. Am 14. April 1913 begann in Belgien ein politischer Massenstreik für das allgemeine Wahlrecht, der seit Juni 1912 durch ein spezielles Komitee organisatorisch, finanziell und ideologisch im ganzen Land sorgfältig vorbereitet worden war. Am Streik beteiligten sich etwa 450.000 Arbeiter. Am 24. April 1913 beschloss der Parteitag der belgischen Arbeiterpartei den Abbruch des Streiks, nachdem sich das belgische Parlament dafür ausgesprochen hatte, die Reform des Wahlrechts in einer Kommission erörtern zu lassen.

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14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 17:15
Dans l'Homme enchaîné du 23.07.1915. A la suite d'articles parus dans la Revue Internationale, Rosa Luxembourg a été arrêtée de nouveau ... quatre socialistes connus, dont Mmes Rosa Luxembourg et Clara Zetkin, vont comparaitre devant le tribunal correctionnel sous l'inculpation d'articles séditieux publiés dans une revue.

Source Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7590284g.r=Zetkin%20Clara?rk=21459;2

Titre :  L'Homme enchaîné : journal quotidien du matin / rédacteur en chef, Georges Clemenceau
Éditeur :  (Paris)
Date d'édition :  1914-1939
Contributeur :  Clemenceau, Georges (1841-1929). Directeur de publication

 

Dans l'Homme enchaîné du 23.07.1915. A la suite d'articles parus dans la Revue Internationale, Rosa Luxembourg a été arrêtée de nouveau ... quatre socialistes connus, dont Mmes Rosa Luxembourg et Clara Zetkin, vont comparaitre devant le tribunal correctionnel sous l'inculpation d'articles séditieux publiés dans une revue.

CONTRE ET POUR M. HAASE

Copenhague, 22 juillet. — Selon la Gazette de Cologne, le comité sozialdemokrate de Francfort a voté à l'unanimité une résolution infligeant un blâme au député Haase pour sa conduite, qui est « de nature à menacer l'union du parti. »

Genève, 22 juillet. — Vingt socialistes de Dresde se sont déclarés d'accord avec M. Haase, à propos de son article.

 

LES THEORIES DES SOCIALISTES IMPERIAUX

Le correspondant de l'Humanité signale de nouvelles déclarations de socialistes chefs de groupe appuyant la politique impérialiste, y compris les annexions.

Ainsi, le député de Mannheim, Oskar Geck, dans un exposé de la situation politique à ses lecteurs de Mannheim, s'est exprimé comme suit :

Si la situation militaire, s'écriait-il, nous devient, comme je l'espère, favorable. pourquoi devrions-nous, en principe, interdire au gouvernement, aujourd'hui, toute idée d'annexion ? A quoi bon lier dès maintenant les mains du gouvernement allemand ? Presque toutes les colonies allemandes, les plus importantes ont été prises par l'ennemi, et la possibilité de les reconquérir par la force est hors de notre pouvoir. Comment pourrions-nous regagner ces pays, si importants pour l'avenir de r Allemagne, si nous n'avions pas en main, à l'heure des pourparlers de paix, les territoires occupés par nous en Belgique, en France et en Russie au moins comme objets de compensation ? Adopter une telle politique n'équivaudrait-ce pas, pour nous, à renoncer d'avance à tout atout ? D'ailleurs, les adversaires de toute annexion dans notre parti ne parlent que contre les annexions allemandes. Et non contre les annexions françaises, anglaises, russes, etc. Les adversaires des annexions n'ont pas encore protesté contre les socialistes français, qui réclament comme une chose naturelle la reprise de l'Alsace-Lorraine, c'est-à-dire d'une province purement allemande qu'on ("on" pour le député Geck, c'est la France) nous a une fois déjà, pris par la violence !

 

SOCIALISTES. POURSUIVIS

Londres, 22 juillet. — Le correspondant du Morning Post à Copenhague apprend de Berlin que quatre socialistes connus, dont Mmes Rosa Luxembourg et Clara Zetkin, vont comparaitre devant le tribunal correctionnel sous l'inculpation d'articles séditieux publiés dans une revue.

 

ROSA LUXEMBOURG ARRÊTÉE

Genève, 22 juillet. — A la suite d'articles parus dans la Revue Internationale, Rosa Luxembourg a été arrêtée de nouveau et conduite à la prison des femmes, où elle est soumise au régime des détenues de droit commun ; ses camarades Zetkin, Mehring, Berten et Pfeiffer sont également sous le coup d'arrestation.

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9 janvier 2020 4 09 /01 /janvier /2020 19:50
Hommage aux mutins, aux déserteurs, aux anti-militaristes ... Les voeux de comprendreavec rosaluxemburg.

L'année du centenaire de la disparition de Rosa Luxemburg et de l'écrasement de la révolution en Allemagne se termine. Mais notre travail d'information et de réflexion lui se moque bien des commémorations et continuera sur le blog au jour le jour comme depuis maintenant 12 ans.
 

En hommage à l'action du courant révolutionnaire au sein de la social-démocratie, dont elle était un élément moteur, à leur action contre la guerre, ce texte trouvé sur le net :

 

HOMMAGES POUR 1914 ' 1918

 

Puisque le moment est aux commémorations et aux hommages voici un hommage publié sur Facebook par un ami, Yak Wasabi:

 

« Hommage aux mutins, aux déserteurs, aux anti-militaristes, aux pacifistes, aux objecteurs de conscience, aux insoumis, aux anarchistes, à ceux qui ont désobéi, qui ont protesté, qui ont abandonné leur poste, qui ont été foudroyés par la peur, qui ont fui l’horreur, qui ont contesté les ordres, qui se sont dressés contre l’absurdité de la guerre et le pouvoir de ceux qui la déclarent.

Hommage à ceux qui ont été fusillés, exécutés, emprisonnés, battus, humiliés, exilés, déportés, ou condamnés aux travaux forcés pour avoir refusé de trouer la peau de leurs frères humains.

Hommage aux mères dont le ventre était rempli d’angoisse, aux sœurs et aux femmes qui ont réparé les corps et les âmes sans savoir comment, et aux petites filles qui ne jouent pas au soldat.

Merde aux maréchaux. »

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9 novembre 2018 5 09 /11 /novembre /2018 08:49
Tardi

Tardi

A la fin de sa brochure écrite en prison où elle purgeait une nouvelle fois une peine pour son refus de la guerre, Rosa Luxemburg écrivait :

 

Cette absurdité insensée, ce cauchemar infernal et sanglant ne cesseront que lorsque les ouvriers d’Allemagne et de France, d’Angleterre et de Russie se réveilleront enfin de leur ivresse et se tendront une main fraternelle, lorsqu’ils couvriront le chœur bestial des fauteurs de guerre impérialistes et le hurlement rauque des hyènes capitalistes par l’ancien et puissant cri de guerre du Travail : Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!”

 

Seule notre conscience, seule l'éducation contre le nationalisme et toutes les "non-valeurs" qui conduisent au refus de l'autre, peuvent empêcher les boucheries actuelles et à venir.

 

Brecht disait : "De qui dépend que l'oppression demeure de nous, de qui dépend qu'elle soit brisée de nous également".

 

A l'indécente, plus l'intolérable commémoration de 1918, dont l'hommage insensé rendu ce samedi aux dignitaires militaires est le plus terrible symbole, opposons la dénonciation de ces dix millions d'assassinés pour rien causés par un système basé sur l'exploitation et l'aliénation, affirmons la solidarité entre tous les exploités et le refus de participer, de soutenir les guerres que ce système engendre.

 

Dominique Villaeys-Poirré

 

 

 

Tardi - La Commune

Tardi - La Commune

(Pour lire la brochure de Junius : La brochure de Junius, la guerre et l’Internationale (1907 – 1916). Tome IV des Œuvres complètes de Rosa Luxemburg, Editions Agone, Agone&Smolny, 2014. Le tome V  est en préparation. Il portera sur "le colonialisme, le militarisme, l'impérialisme" et est prévu pour 2019, il montre la remarquable continuité de l'action et de la pensée de Rosa Luxemburg contre ce qui aboutira à la boucherie de 1914.)

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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 11:37

Appel : Il y a 100 ans. Se souvenir du 1er mai 1916. En pleine guerre, à Berlin, plusieurs milliers de personnes manifestent à l'appel du courant spartakiste avec Karl Liebknecht, Rosa Luxemburg ..."

Extrait d'une lettre de Rosa Luxemburg du 11 mai 1916. Appel : "Il y a cent ans. Se souvenir du 1er mai 1916"

Extrait d'une lettre de Rosa Luxemburg à Marta Rosenbaum

sur la manifestation du 1er mai et les poursuites contre Karl Liebknecht

 

A Marta Rosenbaum - [Südende, 11 mai 1916]

 

Ma chère Madame Marta !

 

Merci beaucoup pour votre carte de vœux et votre lettre. Je n’avais pas votre adresse jusqu’à maintenant et ne pouvais donc pas vous écrire. D’autre part, je peux à peine prendre le temps de me reprendre du fait des démarches et réunions incessantes. Vous imaginez bien qu’il y a beaucoup à faire depuis le 1er mai ! Evidemment, vous souhaitez savoir ce qu’il en est pour K[arl]. Malheureusement, on ne peut encore rien dire de précis pour l’instant ! L’enquête continue, l’accusation n’a pas été n’a pas encore été formulée. Les perspectives ne semblent pas défavorables, mais vous savez que dans de tels cas, c’est la Raison d’Etat  [ndlt : en français dans le texte] qui décide, il ne reste donc qu’à attendre ce qu’elle va décider. Il est déjà clair que l’immunité sera rejetée par l’ensemble du Reichtag bourgeois. Très bien : c’est le suicide politique du parlementarisme. La manifestation du 1er mai a été très réussie et a dépassé toutes nos attentes, d’autant que nous l’avons organisée tout seuls avec peu de forces et dans un laps de temps des plus courts. Les gens autour de Ledebour ont été contactés et ont … refusé.

Gesammelte Briefe, Dietz Verlag 1984, Tome 5, P 117

Traduction et mise en ligne

Dominique Villaeys-Poirré, mars 2016

Le socle d'un momument à Karl Liebknecht Postdamer Platz

Le socle d'un momument à Karl Liebknecht Postdamer Platz

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 11:01
Ne pas trahir Verdun, c'est continuer le combat de Rosa Luxemburg contre la guerre, affirmer la solidarité internationale des prolétaires et des exploités au sein des peuples et entre les peuples.

Trahir Verdun, ils le font depuis août 2014

Trahir Verdun, ils le font depuis août 2014. Des célébrations, toujours des célébrations. Et toujours pas de remise en cause fondamentale de ce conflit mondial et surtout d’analyses officielles dans les différents pays qui indiquent que cette guerre pour rien, insensée pour les peuples, fruit d’une évolution du capitalisme mondial qui n’a pas cessé de marcher, tout au long de cette fin du XIXème siècle/début du XXème siècle, vers la guerre, a fait des millions de morts pour rien. D’autant plus morts pour rien que malgré quelques avancées, réhabilitation des fusillés pour l’exemple, on continue à masquer les véritables causes de la guerre d’hier, et donc des guerres d’aujourd’hui.

 

Des larmes de crocodiles

Ils versent des larmes de crocodiles et déjà la gueule ouverte croquent dans le monde d’autres innombrables victimes.

 

Février 1916, Rosa Luxemburg est libre

Alors aujourd’hui sur notre blog, un rayon de soleil, que l’on saura vite effacé, puisque Rosa Luxemburg ne restera que moins de six mois libre et qu’elle ne sortira de prison que pour être assassinée.

 

Donc un rayon de soleil aujourd’hui car pas de lettre de Rosa Luxemburg ce 21 février 1916: Rosa Luxemburg est libre. Elle a été libérée le 18 février après avoir purgé jusqu’au dernier jour sa peine.

 

Elle vient de vivre des jours de tourbillon et de fête. Accueillie par des centaines de personnes (difficile pour Rosa Luxemburg qui craint la foule et les contacts, d'autant plus après la prison), submergée de cadeaux d’autant plus précieux en cette période de restrictions, de la nourriture, (ce qui nous vaut dans la correspondance des remarques plaisantes, Rosa Luxemburg a un rapport particulier à la nourriture), des fleurs et encore des fleurs.

 

Rosa Luxemburg est libre, mais son combat contre la guerre continue.

Rosa Luxemburg est libre, mais son combat contre la guerre continue. Au sein du courant contre la guerre auquel elle appartient et qui osera le 1er mai 1916 organiser en plein Berlin une manifestation aux cris de "A bas la guerre! A bas le gouvernement!".

 

En ce 21 février 2016, ne pas trahir Verdun, c'est continuer le combat contre la guerre

En ce 21 février 2016, ne pas trahir Verdun, c'est continuer inlassablement le combat contre la guerre, démasquer ses causes, combattre le nationalisme, ne pas suivre un réformisme qui toujours se rallie à elle, dire que les prolétaires et les exploités ne doivent pas accepter de se tuer entre eux, développer la solidarité internationale des prolétaires et des exploités au sein des peuples et entre les peuples.

Lire l'article : 18 février 1916, Rosa Luxemburg sort de prison : ici

Source de l'illustration et traduction de la fin du tract rédigé par Karl Liebknecht et distribué le 1er mai lors de la manifestation à  laquelle participera Rosa Luxemburg et qui entraînera son arrestation en juillet. ici  

Ouvriers, camarades, femmes du peuple, ne laissez pas passer ce deuxième Premier Mai de la guerre mondiale sans en faire une manifestation du socialisme international, un acte de protestation contre la boucherie impérialiste !

En ce premier mai, nous tendons notre main fraternelle, par dessus les barrières de toutes les frontières, au peuple de France, de Belgique, de Russie, d'Angleterre, de Serbie, du monde entier. Le premier mai, nous crions à des milliers et des milliers de voix :

Halte au crime infâme du meurtre des peuples ! A bas les responsables – décideurs, provocateurs, profiteurs ! Nos ennemis ne sont pas le peuple français, russe ou anglais, ce sont les hobereaux allemands, les capitalistes allemands et leur comité exécutoire, le gouvernement allemand ! Luttons contre ces ennemis mortels de toute liberté, luttons pour tout ce que représente le bien-être et l'avenir de la cause ouvrière, de l'humanité et de la culture !

Halte à la guerre ! Nous voulons la paix !

Vive le socialisme ! Vive l'Internationale ouvrière !

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 19:18

Ces mots qui disent le drame des prolétaires qui s’entretuent et la nécessité de chacun de résister, de refuser de tuer au nom du capital ...

Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Lecture des dernières lignes de la brochure de Junius de Rosa Luxemburg devant le monument aux morts pacifiste de Gy l'Evêque dans l'Yonne.

Les dernières lignes de la « brochure de Junius »

(Dont le titre exact est « La faillite de la social-démocratie », texte paru sous pseudonyme, car Rosa Luxemburg était emprisonnée)

La guerre mondiale se révèle être non seulement un crime grandiose mais aussi un suicide de la classe ouvrière européenne. Ce sont bien les soldats du socialisme, les prolétaires d’Angleterre, de France, d’Allemagne, de Russie, de Belgique, qui se massacrent les uns les autres depuis des mois sur ordre du capital, qui s’enfoncent  les uns les autres dans le cœur le fer glacial du meurtre, qui basculent ensemble dans la tombe en s’enlaçant les uns les autres d’une étreinte mortelle.

 » L’Allemagne, l’Allemagne par dessus tout! Vive la démocratie! Vive le tsar et le panslavisme! Dix mille toiles de tentes garanties standard! Cent mille kilos de lard, d’ersatz de café, livrables immédiatement! » Les dividendes montent et les prolétaires tombent. Et avec chacun d’eux, c’est un combattant de l’avenir, un soldat de la révolution, un de ceux qui libéreront l’humanité du joug du capitalisme qui descend dans la tombe.

Cette absurdité insensée, ce cauchemar infernal et sanglant ne cesseront que lorsque les ouvriers d’Allemagne et de France, d’Angleterre et de Russie se réveilleront enfin de leur ivresse et se tendront une main fraternelle, lorsqu’ils couvriront le chœur bestial des fauteurs de guerre impérialistes et le hurlement rauque des hyènes capitalistes par l’ancien et puissant cri de guerre du Travail : Prolétaires de tous les pays, unissez-vous! »

 

Publié dans les Œuvres complètes de Rosa Luxemburg, Tome IV, Agone, 2014, P 196/197


Comme l'année dernière, mais cette fois devant le Monument aux morts de Gy l'Evêque dans l'Yonne, nous avons pu lire grâce aux organisateurs, les dernières lignes de la « brochure de Junius », rédigées il y a exactement cent ans,  dans sa cellule, par Rosa Luxemburg. Ce qui fait l'importance de ce message, c'est qu'il nous renvoie à notre propre responsabilité, à la nécessité de chacun de résister, de refuser de tuer au nom du capital. Cette lecture comme l'année passée apparaît alors comme un hommage à ceux qui ont eu le courage d’édifier ce monument (l'historique ci-dessous nous montre qu'il était nécessaire), à tous ceux qui ont combattu à l’époque la guerre, minoritaires dans toutes les composantes du mouvement ouvrier et minoritaires parmi les prolétaires de tous les pays,  et un hommage aux "fusillés pour l'exemple" dont la réhabilitation reste un combat.

(Nous remercions La libre pensée, organisatrice de cette cérémonie qui a rendu cette lecture possible, en nous laissant la parole devant le monument.)

 A propos du Monument aux morts pacifiste de Gy L'Evêque dans l'Yonne

http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=89199_3

Ce monument de facture simple et classique est constitué de plusieurs étages : un soubassement à degrés, un socle droit et un obélisque coiffé par un chapiteau.

Erigé par Bunlon, marbrier à Migé, et inauguré en 1923, ce monument est situé en face de l’église sur l’emplacement de l’ancien cimetière. Il a été reculé à l’occasion de l’élargissement de la route.

La façade présente deux sculptures en bas-relief : une croix de guerre sur le chapiteau et une palme sur le fût. Elle porte également l’inscription suivante "Aux enfants de Gy l’Evêque morts pour la France" ainsi que la liste des 21 soldats décédés pendant la Première Guerre Mondiale et celle des 4 soldats tués pendant la seconde.

Mais ce qui frappe et, pour ainsi dire, saisit, ce sont les inscriptions gravées côté sud "Guerre à la Guerre" et côté nord "Paix entre tous les peuples".
Sous la croix de guerre, une plaque réitère cette injonction. On peut y lire "Association Républicaine des Anciens Combattants - Guerre à la guerre".

Cette association fondée en 1917 par Georges Bruyère, Paul Vaillant-Couturier, Raymond Lefebvre et Henri Barbusse a pour slogan "Paix – Mémoire – Amitié entre les peuples" et pour devise "Tout faire pour unir, rien faire pour diviser". Elle milite, entre autres, pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple.

Cette plaque ne figurait pas sur le monument au moment de l’inauguration mais a été ajoutée, la même année, à la demande de l’ARAC, avec l’accord du Maire et du Conseil Municipal unanime.

A la demande du préfet, le Maire fut traduit devant le tribunal cantonal de Coulanges-la-Vineuse. Le jugement, rendu le 9 décembre 1923, le condamne à enlever la plaque dans les huit jours. Cependant, l’affaire "ayant failli atteindre la chambre des députés, le gouvernement calma le jeu." La plaque fut enlevée mais le Conseil municipal fit graver "Guerre à la Guerre" et "Paix entre tous les peuples" sur le socle. (Cette plaque fut replacée par la suite.)

Deux autres communes de l’Yonne, Chevillon et Perreux, suivirent cet exemple en faisant graver, en 1923 et 1924, ces deux maximes sur leur monument.

Renseignements et citation extraits du précieux "Répertoire des Monuments aux Morts de la Grande Guerre dans l’Yonne". (Direction et rédaction : Adrien Chaix)
Numéro du petit patrimoine : 89199-3

Sur les poursuites contre le maire pour manifestation sédittieuse

 

http://www.cheny.net/plus/gy06_07.html

Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Lecture des dernières lignes de la brochure de Junius de Rosa Luxemburg devant le monument aux morts pacifiste de Gy l'Evêque dans l'Yonne.

Informations politiques
Une interpellation

 

Charles Baron, député des Basses-Alpes, vient d'informer M. Maunoury, ministre de l'intérieur, qu'il se proposait de l'interpeller, à la rentrée des Chambres, pour lui demander "si l'inscription "Guerre à la guerre", dernière volonté des victimes de la grande guerre, est considérée par le gouvernement comme une manifestation séditieuse".
Charles Baron explique que son interpellation est motivée par une récente décision du préfet de l'Yonne qui a donné l'ordre d'enlever cette inscription sur le monument élevé par la commune de Gy-l'Evêque, en souvenir de ses enfants morts au champ d'honneur.
Charles Baron ajoute que si le gouvernement devait approuver le préfet de l'Yonne, il lui proposerait de remplacer l'inscription incriminée par cet aphorisme de Montaigne : "La guerre est le témoignage de notre imbécilité".

 

Le Populaire - 28 octobre 1923

GUERRE A LA GUERRE
est une inscription séditieuse
ose déclarer le juge de Paix

 

Coulanges-la-Vineuse, 5 décembre - Cet après-midi, devant le tribunal de simple police de Coulanges-la-Vineuse, est venu le procès intenté par le préfet de l'Yonne, à M. Manevy Eugène, maire de Gy-l'Evêque.
On connait les faits. Sur le monument aux morts de la commune de Gy-l'Eveque figure une plaque de cuivre portant cette inscription "Association Républicaine des Anciens Combattants, Guerre à la Guerre".
Le préfet de l'Yonne fit appeler M. Manevy, maire de la commune, et lui donna l'ordre de retirer la plaque. M. Manevy en référa au conseil municipal qui, à l'unanimité, se prononça pour son maintien.
La plaque subsiste donc sur le monument, en dépit de l'arrêté préfectoral. Le tribunal a décidé aujourd'hui que l'inscription devait être retirée dans les huit jours.
Il a en outre condamné M. Manevy, maire de Gy-l'Evêque, à 5 francs d'amende.
M. Manevy a protesté en termes excellents :
"J'estime que l'inscription "Guerre à la Guerre" n'est pas séditieuse. Je proteste contre le jugement qui ordonne sa disparition, car sur nombre de monuments aux morts, des municipalités catholiques ont fait apposer des croix et personne, jusqu"à'ce jour, ne leur a donné l'ordre de les retirer".

Le Populaire - 6 décembre 1923

Pour un 11 novembre 2015 contre la guerre. Lecture des dernières lignes de la brochure de Junius de Rosa Luxemburg devant le monument aux morts pacifiste de Gy l'Evêque dans l'Yonne.
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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009