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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.

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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 10:03

Sur changement de société.

ANGOLA, PLAYA GIRÓN AFRICAIN,


Puisque j’ai commencé à vous parler d’Henry Kissinger de ses méfaits et que je vous ai dis que non seulement il avait été battu au Vietnam mais que sa plus belle défaite avait été l’Angola. Je vous ai laissé entendre qu’il s’était heurté au plus grand des stratéges contemporains, à savoir fidel Castro, maisFidel me reprocherait une telle présentation,il a toujours insisté sur le fait que ce qui faisait gagner les batailles à une dirigeant militaire ou politique était sa capacité à être en symbiose avec le peuple. Laisson lui la parole dans ce discours prononcé le 19 avril 1976 pour la célébration de la bataille de Giron (la baie des cochons,la deuxième partie est l’historique et le commentaire sur la guerre de libération de l’Afrique, Cuba et l’Angola, on y voit le rôle de Kissinger et les limites de cette pseudo intelligence. Vous remarquerez que Kissinger a une constante, s’il a perdu au Vietnam c’est faute d’avoir assez de troupes, ce qui le pousse de conseiller à Bush d’en exiger toujours plus en irak, c’est un manipulateur médiatique mais les peuples c’est autre chose que les plateaux de télé ou les éditoriaux complaisants. Ecoutez ce que dit Fidel c’est d’une brulante actualité, comme kl’était le discours du Che à la tricontinentale parce que ce qui nous paraît trés long au regard de l’histoire ne l’est pas… je tente une pédagogie, faire une sorte de puzzle dans lequel la référence historique vient éclairer à sa manière l’actualité:  Kissinger propose un scénario et le forum qui vient de se tenir à Belem en propose un autre, qui est Kissinger, que lui opposer ? Voilà, mais pour cela il faut avoir le couragte de lire, de réflechir, comme le dit le forum le secret est dans l’éducation, l’auto-organisation, celle de l’expérience des luttes, des traditions de chacun, mais aussi d’une culture révolutionnaire…


Il y a juste quinze ans, à cette heure précise, les derniers échos de la bataille qui déjouait une des actions les plus sinistres et les plus traîtresses de l’impérialisme yankee contre un peuple d’Amérique latine, ne s’étaient pas encore éteints.
Girón est passé à l’histoire comme la première défaite de cet impérialisme sur ce continent.
Il serait totalement vain de chercher le moindre principe éthique dans un système dont toutes les actions sont marquées du sceau de l’exploitation, du pillage, de la fourberie et du crime.
Toute l’histoire des Etats-Unis d’Amérique par rapport aux peuples latins de ce continent, depuis qu’ils ont enlevé au Mexique plus de la moitié de son territoire jusqu’à l’organisation de leur coup d’Etat criminel et fasciste au Chili qui a abouti à l’assassinat de son président illustre, révolutionnaire et digne, Salvador Allende, en passant par l’occupation de l’isthme de Panama, les interventions armées sordides et pirates dans de nombreux pays d’Amérique centrale et des Caraïbes, l’assassinat de Sandino et le débarquement en République dominicaine de l’infanterie de marine yankee pour liquider la révolution de Francisco Caamaño, toute cette histoire porte la même empreinte d’omnipotence, de fourberie, de trahison et de violence.
C’est grâce à ces menées perfides que les Etats-Unis se sont emparés des richesses de toute l’Amérique, ont imposé à nos peuples un système d’exploitation impitoyable et ont instauré ici, avant n’importe quelle autre région du monde, les méthodes de domination néocolonialistes.
Tout ce qui a trait à l’épisode de Giron a été fourberie, violation flagrante du droit international, perfidie et crime. La ténébreuse CIA a dépensé des dizaines de millions de pesos pour recruter, entraîner et équiper des mercenaires: latifundiaires, bourgeois, vendus, criminels de guerre, toxicomanes, vulgaires délinquants et lumpens. Sa stratégie s’est doublée de plans horrifiants d’assassinats de dirigeants de la Révolution cubaine, en vue de quoi elle n’a pas hésité à faire appel à des chefs notoires de la mafia, à des bactéries, à des explosifs et aux méthodes criminelles les plus sophistiquées. Des dizaines d’agents et des milliers d’armes ont été préalablement introduits dans notre pays, par avion ou par bateau, à toute heure du jour et de la nuit. Leurs bases d’entraînement ont été installées dans un Etat d’Amérique centrale, et les points d’embarquement et les aérodromes dans un autre.

Le 15 avril 1961, par une aube tranquille et sans nuages, des bombardiers yankees peints aux insignes cubains ont attaqué les bases de nos forces aériennes, constituées par quelques rares avions, vieillots et mal en point, et par seulement une demi-douzaine de pilotes. Le représentant des Etats-Unis auprès des Nations unies y déclarait avec un cynisme sans égal que ces avions faisaient partie de nos forces aériennes qui s’étaient soulevées.

Tout s’est déroulé avec le silence complice et bien souvent la collaboration de la majorité des gouvernements latino-américains, avec l’approbation et l’appui de cette OEA immonde et répugnante. Jamais dans l’histoire de notre continent, on n’avait fait preuve de tant de corruption, de cynisme, de lâcheté, d’immoralité et de forfaiture pour réaliser une action militaire et politique. Voilà ce que symbolise l’attaque mercenaire de la Baie des Cochons.

Aujourd’hui, on connaît en détail tous ces faits, y compris grâce aux révélations des auteurs et des participants directs. L’histoire de l’impérialisme s’écrit ainsi, sans que celui-ci et ses misérables complices, malgré les confessions opportunistes auxquelles ils se voient contraints, cherchent en quoi que ce soit à s’amender. Girón, Watergate, le prétendu incident du golfe du Tonkin, les plans d’assassinats de dirigeants étrangers, la déstabilisation des gouvernementsréalisée par la CIA, les coups d’Etats fascistes, les pratiques universelles de corruption de gouvernants et de fonctionnaires instaurées par les grands monopoles yankees et d’autres faits de même nature, que l’opinion mondiale connaît aujourd’hui, prouvent que de telles pratiques continueront tant que l’impérialisme existera.
Les Etats-Unis ont quadrillé le monde entier d’un système de pactes militaires, de bases d’agression, de centres de corruption, de subornation, de propagande subversive et d’espionnage, d’actions ouvertes ou dissimulées, de terreur et de menaces, dont l’impérialisme ne saurait se passer en vertu de sa nature rapace et exploiteuse. Les Etats-Unis dépensent aujourd’hui plus de 120 milliards de dollars dans ces institutions de guerre, d’agression, d’espionnage et de subornation, soit le double de tous les budgets publics réunis des pays latino-américains.

L’expérience démontre toutefois que l’impérialisme ne peut arrêter la marche victorieuse des peuples en dépit de ces ressources fabuleuses mises au service de la réaction, de la subversion et du crime. Girón, le Viet-Nam, le Laos, le Cambodge, la Guinée-Bissau, le Mozambique, l’Angola et d’autres exemples semblables sont des preuves irréfutables de cette vérité.

Tantôt l’impérialisme arrête le processus de libération dans certains pays, comme au Chili ; tantôt il fomente des coups d’Etat ou pousse certains gouvernements à la trahison, soit pour écraser les révolutionnaires d’un pays donné, soit pour diviser les forces progressistes, comme on peut le voir au sein du mouvement nationaliste arabe. Tous ceux qui, au coeur même du mouvement révolutionnaire, trahissent les principes de l’internationalisme prolétarien par vanité, par inconsistance idéologique, par ambitions personnelles ou par simple décadence et sénilité, comme dans le cas de la clique orgueilleuse et démente qui régit les destinées de la Chine, ceux-là font impudemment le jeu de cette stratégie. Mais ces succès de l’impérialisme sont absolument passagers. Aucune politique impérialiste, aucune lâcheté, aucune trahison nepourra arrêter la marche inexorable de l’histoire et la victoire des idées révolutionnaires.

Aucune oeuvre humaine n’est parfaite, pas plus d’ailleurs que les révolutions faites par les hommes avec leurs limitations et leurs imperfections.

La marche de l’humanité vers l’avenir doit nécessairement passer par des expériences douloureuses, mais cet avenir appartient aux principes, à la solidarité révolutionnaire entre les peuples, au socialisme, au marxisme-léninisme et à l’internationalisme .

Cette option entre le passé et le futur, entre la réaction et le progrès, entre la trahison et la loyauté aux principes, entre le capitalisme et le socialisme, entre la domination impérialiste et la libération, voilà se qui se jouait à Girón, en ce 19 avril 1961. Trois jours avant, devant les tombes des premiers martyrs de la brutale agression, le peuple avait proclamé le caractère socialiste de notre Révolution, et les hommes et les femmes de notre patrie étaient prêts à mourir pour elle. Personne ne connaissait le nombre de mercenaires ; personne ne savait combien de marines et de soldats yankees viendraient à leur suite; combien d’avions, combien de nouveaux bombardements il faudrait supporter. Jamais avant, le mot d’ordre de « la patrie ou la mort » n’a été aussi dramatique, aussi réel et aussi héroïque. La décision de mourir ou de vaincre, que tout un peuple faisait sienne, l’emportait sur tous les risques, toutes les souffrances et tous les dangers. Aussi cette date a-t-elle été doublement historique, parce que c’est à partir de Girón qu’est réellement né notre parti marxiste-léniniste, c’est à partir de cette date qu’a démarré le militantisme dans notre parti, c’est à partir de cette date que le socialisme a été fondé à jamais sur le sang de nos ouvriers, de nos paysans et de nos étudiants, c’est à partir de cette date que la destinée des peuples de ce continent a changé, grâce à la liberté et à la dignité auxquelles l’un d’entre eux accédait face à l’agression du puissant· empire qui les asservissait tous. A partir de Girón, quoi qu’on dise, les peuples d’Amérique ont été un peu plus libres.

Le spectacle d’un peuple courageux, héroïque et victorieux a ébranlé et bouleversé jusqu’en leurs fondements la psychologie politique, les vieux schémas et les habitudes de penser sur ce continent.

Le gouvernement des Etats-Unis lui-même a été contraint d’élaborer de nouvelles politiques et de nouvelles méthodes pour freiner l’avance révolutionnaire. L’Alliance pour le Progrès a vu le jour, et maints gouvernements de ce continent, qui n’avaient jamais fait l’objet de la moindre considération, ont été reçus avec tous les honneurs à la Maison-Blanche, se sont vus· octroyer des prêts à long terme et des crédits bancaires. Un bon nombre de gouvernements bourgeois d’Amérique latine ont même capitalisé le sang de ceux qui sont tombés à Girón, comme ils avaient auparavant capitalisé les agressions contre notre quota sucrier. Des mots comme réforme agraire, réforme fiscale, redistribution des revenus, plans de logements, d’éducation et de santé publique pour les peuples d’Amérique latine, des mots totalement absents du vocabulaire de Washington, sont devenus à la mode. Pris de panique, les impérialistes, les latifundiaires et les bourgeois ont élaboré toute une philosophie pour empêcher la révolution sociale en Amérique latine. Au Chili, ils ont inventé la « révolution dans la liberté » pour prouver qu’il était possible de faire régner la justice sociale sans le socialisme, autrement dit pour prouver que la justice peut exister sous la domination impérialiste, le système capitaliste, la dictature de la bourgeoisie et l’exploitation de l’homme par l’homme.

L’impérialisme, après tous ces essais trompeurs, ridicules et utopiques, n’a plus d’autre choix que le fascisme. Les peuples comprennent cette vérité claire et nue. Il n’existe même plus aujourd’hui de modèle classique de « démocratie représentative », comme l’ont été pendant longtemps, pour la joie des libéraux et des ignorants, l’Uruguay et le Chili. Il n’y a plus que dictature fasciste, tortures et crimes. Et qu’est-ce donc, sinon la seule antichambre possible des changements véritablement radicaux et profonds dont nos peuples ont besoin ? Après le fascisme, que reste-t-il d’autre à l’impérialisme ?

Tout en fêtant ce quinzième anniversaire de la victoire héroïque et glorieuse de Girón, notre peuple a un motif supplémentaire d’orgueil, qui découle de son action internationaliste la plus belle et qui dépasse les frontières de ce continent : la victoire historique du peuple angolais auquel notre Révolution a offert sa solidarité généreuse et inconditionnelle.
Du sang africain a coulé à Girón, celui des descendants pleins d’abnégation d’un peuple qui a été esclave avant d’être ouvrier et qui a été ouvrier exploité avant d’être maître de sa patrie. Et du sang cubain a coulé à côté de celui des combattants héroïques d’Angola, celui des enfants de Martí, de Maceo et d’Agramonte, de ceux qui ont hérité du sang internationaliste de Gómez et de Che Guevara. Ceux qui ont réduit autrefois l’homme en esclavage et l’ont envoyé en Amérique n’auraient sans doute jamais imaginé qu’un de ces peuples qui a accueilli les esclaves enverrait ses combattants lutter pour la liberté de l’Afrique.

La victoire de l’Angola a été la soeur jumelle de la victoire de Giron. L’Angola représente pour les impérialistes yankees un Girón africain. Nous avons dit à un moment donné que l’impérialisme avait essuyé ses grandes défaites au mois d’avril : Girón, le Viet Nam, le Cambodge, etc. Cette fois, la défaite est survenue en mars.
Quand, le 27 de ce mois, les derniers soldats sud-africains repassaient la frontière de la Namibie après une retraite de plus de sept cents kilomètres, l’Afrique noire écrivait une des plus brillantes pages de sa libération.

Ford et Kissinger enragent devant cette défaite. Et, tels deux émules de Jupiter tonnant, ils ont proféré des menaces apocalyptiques contre Cuba.
Au cours d’un meeting bassement électoraliste à Miami, Ford, anxieux d’obtenir les votes des apatrides contre-révolutionnaires cubains et de les enlever à son rival Reagan qui, pour être juste, est bien plus réactionnaire que lui, a qualifié le Premier ministre de Cuba de délinquant international en raison de l’aide apportée par notre peuple à l’Angola. Certains journalistes des Etats-Unis se sont même étonnés que de semblables épithètes puissent tomber des lèvres illustres de monsieur Ford. Mais il y preuve de son niveau culturel, qui est déjà devenu proverbial, Ford a déclaré à une occasion que l’action de Cuba en Angola ressemblait à ce qui
s’était passé en Ethiopie à l’époque de Mussolini. Et, peu après, pour ne pas en rester à cette comparaison historique originale, il l’a comparée au démembrement de la Tchécoslovaquie par Hitler au moment de Munich.

En réalité, la guerre d’Angola a été la guerre de Kissinger. Passant outre aux avis de quelquesuns de ses plus proches collaborateurs, il s’est entêté à mener des opérations dissimulées pour liquider le MPLA, par l’intermédiaire des groupes contre-révolutionnaires FNLA et UNITA, et avec le soutien de mercenaires blancs, du Zaïre et de l’Afrique du Sud. On raconte que la CIA elle-même l’aurait averti qu’il serait impossible de garder secrètes ces opérations clandestines. Outre que le FNLA a été appuyé par la CIA dès sa fondation, un fait reconnu publiquement, les Etats-Unis ont dépensé depuis le printemps 1975 des dizaines de millions de dollars pour livrer des armes et des instructeurs aux groupes contre-révolutionnaires et scissionnistes d’Angola. Des troupes régulières du Zaïre, poussées par les Etats-Unis, sont entrées en Angola dès l’été de cette même année, tandis que des forces militaires d’Afrique du Sud occupaient la région de Cunene au mois d’août et envoyaient des armes et des instructeurs aux bandes de l’UNITA.

A ce moment-là, il n’y avait pas un seul instructeur cubain en Angola. La première aide matérielle et les premiers instructeurs cubains sont arrivés en Angola début octobre à la demande du MPLA, alors que l’Angola était envahi par des forces étrangères. Or, aucune unité militaire cubaine n’avait été envoyée en Angola pour participer directement à la lutte et il n’était pas prévu de le faire.
Le 23 octobre, également sous la pression des Etats-Unis, des troupes régulières de l’armée sud-africaine, soutenues par des tanks et par l’artillerie, ont envahi le territoire angolais à partir des frontières namibiennes et ont profondément pénétré dans le pays, à raison de soixante à soixante-dix kilomètres par jour. Le 3 novembre, elles s’étaient enfoncées à plus de 500 kilomètres en Angola, se heurtant aux environs de Benguela à la première résistance, offerte par le personnel d’une école de recrues angolaises récemment organisée et par leurs instructeurs cubains, qui ne possédaient pratiquement aucun moyen d’arrêter l’attaque des  tanks, de l’infanterie et de l’artillerie sud-africaine.

Le 5 novembre 1975, à la demande du MPLA, la direction de notre Parti a décidé d’envoyer de toute urgence un bataillon de troupes régulières dotées d’armes antitanks pour appuyer la résistance des patriotes angolais à l’invasion des racistes sud-africains. Voilà quelle a été la première unité de troupes cubaines à être envoyée en Angola. Quand elle est arrivée, les interventionnistes étrangers se trouvaient, au nord, à 25 kilomètres de Luanda, leurs canons de 140 mm bombardaient les environs de la capitale, les fascistes sud-africains avaient pénétré par le Sud, depuis les frontières namibiennes, à plus de 700 kilomètres, tandis que les combattants du MPLA et une poignée d’instructeurs cubains défendaient héroïquement Cabinda.

Je n’ai pas l’intention de relater les événements de la guerre d’Angola, tout le monde connaissant à grands traits son déroulement ultérieur, mais de souligner pour quelle raison, sous quelle forme et dans quelles circonstances a commencé notre aide. Ces faits sont rigoureusement historiques.
L’ennemi a mentionné le nombre de Cubains présents en Angola. Qu’il suffise de dire qu’une fois la lutte commencée, nous avons envoyé les hommes et les armes indispensables pour la mener à bien. En honneur à notre peuple, nous devons dire que des centaines de milliers de combattants de nos troupes régulières et de notre réserve étaient disposés à lutter aux côtés de leurs frères angolais.
Nos pertes ont été minimes. Bien que la guerre se soit déroulée sur quatre fronts et que nos combattants aient participé aux côtés des héroïques soldats du MPLA à la libération de presque un million de kilomètres carrés occupés antérieurement par les interventionnistes et leurs sbires, moins de soldats cubains sont morts au cours des actions en Angola, qui ont duré plus de quatre mois, que durant les trois journées de combat à Girón.

Cuba a pris cette décision sous son entière responsabilité l’indépendance, offert à l’Angola agressé une aide fondamentale en matériel militaire et participé à nos efforts quand l’impérialisme nous avait pratiquement coupé toutes les voies d’accès aériennes à l’Afrique, l’URSS, donc, n’a jamais demandé l’envoi d’un seul soldat cubain à ce pays. L’URSS fait preuve d’un respect et d’un tact extraordinaires dans ses relations avec Cuba. Seul notre Parti pouvait prendre une décision de cette nature. Ford et Kissinger mentent au peuple nord-américain et à l’opinion mondiale en prétendant rejeter sur l’Union soviétique la responsabilité des actions solidaires de Cuba en Angola.

Ford et Kissinger mentent en s’entêtant à vouloir faire retomber la responsabilité de la défaitedes interventionnistes en Angola sur le Congrès des Etats-Unis, pour avoir bloqué l’octroi d nouveaux fonds aux bandes contre-révolutionnaires du FNLA et de l’UNITA. Le Congrès a adopté ces mesures les 16, 18 et 19 décembre. A cette date, la CIA avait déjà envoyé des armes en abondance, les troupes du Zaïre avaient été repoussées à Luanda, Cabinda avait été sauvée, les Sud-Africains piétinaient sur les rives du fleuve Queve, en proie à la démoralisation, et aucun envoi d’armes de la CIA n’aurait pu dévier le cours inexorable des événements. Elles seraient aujourd’hui entre les mains des forces révolutionnaires, comme tant d’autres qui ont été fournies antérieurement.

Ford et Kissinger mentent au peuple des Etats-Unis et, en particulier, à la population noire de ce pays, en occultant le fait que les troupes fascistes et racistes de l’Afrique du Sud ont criminellement envahi le territoire angolais bien avant que Cuba n’y ait envoyé d’unité régulière de soldats.

Il y a encore quelques autres mensonges proférés par Ford et Kissinger au sujet de l’Angola, mais ce n’est pas le moment de les analyser.
Ford et Kissinger savent pertinemment que tout ce que je dis est vrai. Je ne prononcerai pas, en raison de la solennité de cette réunion, le qualificatif que méritent les épithètes insolentes de Ford à l’occasion de ses campagnes politicardes dans le Sud des Etats-Unis et d’autres faits tout aussi cyniques de sa politique impériale. Je me contenterai de dire pour le moment que c’est un vulgaire menteur.

Il ne fait pas de doute qu’il s’est passé en Angola quelque chose de ressemblant à l’affaire d’Ethiopie, mais à l’envers. Dans le cas qui nous occupe, les impérialistes, les racistes, les agresseurs symbolisés par la CIA, les troupes sud-africaines et les mercenaires blancs n’ont pas remporté la victoire ni occupé le pays ; la victoire, ce sont les agressés, les révolutionnaires, le peuple noir et héroïque de l’Angola qui l’ont remportée.

Il s’est passé en Angola ce qui s’est passé en Tchécoslovaquie au moment de Munich, mais également à l’envers : le peuple agressé a bénéficié de la solidarité du mouvement révolutionnaire, et les impérialistes et les racistes n’ont pu démembrer le pays, ni se partager ses richesses, ni assassiner ses meilleurs enfants. L’Angola est uni, entier, et c’est aujourd’hui un bastion de la liberté et de la dignité en Afrique. La croix gammée des racistes sud-africains n’ondoie pas sur le palais de Luanda.

Qu’il étudie un peu d’histoire non falsifiée et qu’il tire les conclusions correctes de ses leçons, voilà ce que nous conseillons à monsieur Ford.
Après la défaite impérialiste en Angola, c’est à peine si le sieur Kissinger a assez de temps pour courir d’un endroit à l’autre afin de fomenter la crainte de la Révolution cubaine. Il vient à peine de terminer une visite dans une bonne demi-douzaine de pays latino-américains qu’il annonce déjà une nouvelle tournée dans de nombreux pays d’Afrique, un continent qu’il daignait à peine regarder avant son Girón africain.

Aucun pays d’Amérique latine, quel que soit son régime social, n’a rien à craindre des forces armées de Cuba. Nous croyons fermement que chaque peuple doit être libre de construire son propre avenir ; que chaque peuple, et seulement le peuple de chaque pays, doit faire et fera sa révolution. Le gouvernement de Cuba n’a jamais pensé amener la révolution dans un pays de ce continent avec les armes de ses unités militaires. Une telle idée serait absurde et ridicule.
Ce n’est pas Cuba qui a enlevé au Mexique la plus grande partie de son territoire, ni débarqué 40 000 marines pour écraser la révolution en République dominicaine, ni occupe un morceau de territoire panaméen, ni opprime un pays latin à Porto Rico, ni projette d’assassiner les dirigeants étrangers, ni exploite les richesses et les ressources naturelles d’un peuple quelconque de ce continent.

Aucun pays de l’Afrique noire n’a rien à craindre du personnel militaire cubain. Nous sommes un peuple latino-africain, ennemi du colonialisme, du néo-colonialisme, du racisme et de l’apartheid, que l’impérialisme yankee protège et· couvre.
Le bruit court que Kissinger veut rencontrer en Afrique les représentants des mouvements de libération de ce continent. Tout est possible en effet en Afrique noire, après le Girón angolais ! Mais quelle espèce de paroles hypocrites, cyniques et pharisaïques Kissinger peut-il bien adresser aux mouvements de libération africains, aux représentants des peuples opprimés de Rhodésie, de Namibie et d’Afrique du Sud, lui, le représentant .de l’empire qui a appuyé sans aucun scrupule le colonialisme portugais et qui, aujourd’hui, protège, couvre et soutient économiquement et politiquement les racistes sud-africains et rhodésiens, violant impudemment les accords et les résolutions des Nations unies ?

Ford et Kissinger sont des adeptes impénitents du chantage et de la menace comme instrument de politique extérieure. Il n’est pas si éloigné le temps où ils menaçaient militairement les pays pétroliers. Ils utilisent actuellement le même langage cynique et impudent contre Cuba. Ce ne sont pas les premiers dirigeants yankees à recourir inutilement à ces pratiques d’intimidation contre notre patrie. Eisenhower, Kennedy, Johnson et Nixon ont, à tour de rôle, essayé d’intimider Cuba. A tour de rôle, sans exception, ils ont sous-estimé la Révolution cubaine et, à tour de rôle, ils se sont trompés. On ne peut intimider Cuba avec des menaces belliqueuses. Une guerre contre Cuba, on sait quand et comment elle peut commencer - quatre déments peuvent la décider - mais ce qu’on ne sait pas, c’est quand et comment elle peut prendre fin.

Seuls les peuples sans dignité peuvent se laisser intimider. Nous avons vécu la crise d’Octobre 1962, et des dizaines d’armes atomiques pointées contre Cuba n’ont pas fait reculer notrepatrie, même pas les enfants. Le peuple cubain peut répondre aux menaces de Kissinger encitant ces vers classiques d’un poète espagnol:
Et si je péris
qu’est-ce que la vie ?
Je l’ai donnée
pour perdue
quand j’ai secoué
comme un vaillant
le joug
de l’esclave.

Les impérialistes yankees possèdent des centaines de milliers de soldats àl’étranger ; ils possèdent des bases militaires sur tous les continents et sur toutes les mers.
On compte par dizaines et par centaines leurs installations militaires en Corée, au Japon, aux Philippines, en Turquie, en Europe de l’Ouest, à Panama et en bien d’autres endroits. Ils occupent de force un morceau de notre territoire, à Cuba même.
De quel droit moral et légal protestent-ils parce que Cuba envoie des instructeurs et une aide pour préparer techniquement les armées dans des pays d’Afrique et d’autres parties du monde sous-développé qui en font la demande ?

De quel droit critiquent-ils l’aide solidaire que nous offrons à un peuple frère d’Afrique criminellement agressé, comme l’Angola?
Ça les fait enrager, les impérialistes, que Cuba, le pays agressé et bloqué, le pays qu’ils ont voulu détruire voilà quinze ans moyennant une invasion mercenaire, soit aujourd’hui un bastion solide et inexpugnable du mouvement révolutionnaire mondial dont l’exemple de courage, de dignité et de fermeté stimule les peuples qui luttent pour leur libération.

Par ailleurs, notre action révolutionnaire ne méconnaît pas le rapport des forces mondial ni les intérêts de la paix internationale. Nous ne sommes pas des ennemis de la détente et de la coexistence pacifique entre Etats à systèmes sociaux différents, si elles sont basées sur le respect absolu des normes du droit international. Nous serions même prêts à établir des relations normales avec les Etats-Unis sur la base du respect mutuel et de l’égalité souveraine, sans renoncer à un seul de nos principes et sans cesser de lutter pour que les normes de la coexistence pacifique et le respect des droits de chaque nation soient appliqués à l’échelle  internationale à tous les pays du monde, sans exclusion.

Les Etats-Unis occupent à Guantánamo une partie de notre territoire ; les Etats-Unis maintiennent depuis plus de quinze ans un blocus criminel contre notre patrie. Cuba ne se courbera jamais devant cette politique impérialiste d’hostilité et de force et luttera contre elle inlassablement. Nous avons dit qu’il ne saurait exister de relations tant qu’il y aura un blocus.

Personne ne peut négocier avec un couteau sous la gorge. Qu’importe si nous restons encore vingt ans sans relations avec les Etats-Unis ! Nous avons appris à nous en passer et, en nous appuyant sur notre amitié solide et indestructible avec l’URSS, nous avons plus progressé durant ces dernières années que n’importe quel autre pays d’Amérique latine. A supposer que le commerce avec les Etats-Unis puisse impliquer quelques avantages et un rythme un petit peu plus rapide de développement, nous préférons marcher plus lentement, mais le front haut et les drapeaux de la dignité claquant à tous vents. Nous n’échangerons pas notre droit d’aînesse révolutionnaire, celui d’être la première révolution socialiste dans le continent américain, pour un plat de lentilles. A l’instar des chrétiens, nous pouvons dire que l’homme ne vit pas seulement de pain.

Il y a quelques jours, en coïncidence avec les menaces yankees de Ford et de Kissinger, des bateaux pirates dont les équipages - tout le monde le sait - résident aux Etats-Unis, ont attaqué deux bateaux de pêche cubains. Un modeste travailleur de la mer a été, une fois encore, sauvagement assassiné. Cette action constitue une violation flagrante du Mémorandum d’accord sur la piraterie aérienne entre Cuba et les Etats-Unis. Si de telles actions continuent et si leurs auteurs ne sont pas punis de façon exemplaire, nous donnerons cet accord pour terminé. Que le gouvernement des Etats-Unis ne vienne pas alléguer ensuite qu’il n’a pas été averti à temps des conséquences de ses actes irresponsables.

Bien du temps s’est écoulé depuis Girón. Nos Forces armées révolutionnaires possèdent actuellement un potentiel incomparablement supérieur. Nos soldats, nos sous-officiers et nos officiers ont acquis une préparation bien supérieure. Plus d’un demi-million d’hommes forment la réserve de nos unités militaires. Le matériel le plus moderne, fourni par l’Union soviétique, renouvelle et perfectionne sans cesse nos moyens de combat. Le pays est beaucoup plus fort dans tous les domaines. Notre Parti, virtuellement né, comme je l’ai dit, au moment de Girón, est aujourd’hui une organisation d’avant-garde formidable et aguerrie. Le peuple et l’Etat s’organisent sur des bases toujours plus vastes et plus solides. Qui tente de s’emparer de Cuba, comme l’a dit Maceo, n’emportera que la poussière de son sol baigné de sang, s’il ne périt dans la lutte !

Inclinons nos fronts, en signe de respect et de gratitude éternelle, devant les héros qui ontrendu possible, grâce à la victoire d’il y a quinze ans, la patrie digne, courageuse et indestructible d’aujourd’hui.
Patria 0 Muerte !
Venceremos !

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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009