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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.
 
Voir aussi : http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr/
 
30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 15:09
Arbeiter- und Soldatenrâthe

Arbeiter- und Soldatenrâthe

                                                                                              
Reproduit d'après la brochure : « Supplément à "La Vérité", 1er février 1959 »                           A lire sur le site www.marxists.org

 

JEUDI dernier s'est tenu à Berlin, dans l'immeuble du Reichstag, une session du Conseil des Soldats. Cette session a connu un déroulement tempétueux: une clique contre-révolutionnaire, qui s'était constituée le jour précédent autour du sous-lieutenant Walz — M. le sous-lieutenant Walz a reconnu lui-même qu'il avait participé aux préparatifs de la révolution pour pouvoir transmettre des informations au quartier général — est intervenue en bon ordre, avec l'intention de porter un coup mortel à la révolution, à grand renfort de hurlements. Elle n'y a pas réussi. Après de longues scènes de charivari, l'assemblée s'est séparée sur la conclusion d'un compromis presque unanime — peut-être le seul compromettant de toute la session.

II n'y a rien de plus naturel que de voir, en temps de révolution, l'émotion et la surexcitation politiques s'exprimer de façon retentissante : même si les « têtes rouges » ne représentent pas le plus haut produit de l'éducation politique d'un peuple, ils sont encore à cent coudées au-dessus du « vieux et méritant camarade de parti » qui, les paupières mi-closes, entre, le soir du règlement de comptes, dans une bienheureuse somnolence à la lecture du rapport de gestion du secrétaire du parti.

Pour nous, nous n'avons en rien blâmé l'émotion et la passion sans frein des masses ; pas même lorsque, à la première session des conseils d'ouvriers et de soldats, au cirque Busch, cette émotion se tournait tout entière contre nous, lorsque les soldats braquaient leurs fusils sur le camarade Liebknecht; nous combattions ceux dont la sordide démagogie orientait sur une voie fausse la volonté des masses de monter à l'assaut du ciel; nous nous efforcions et nous nous efforçons de donner aux masses une claire conscience de leur situation et de leurs objectifs, mais de leur laisser tout leur enthousiasme et tout leur élan pour les tâches gigantesques qu'elles doivent accomplir. Nous nous en tenons à la formule suivant laquelle on ne peut accomplir de grandes choses sans enthousiasme.

Pour le « Vorwärts », il en va autrement. Là, un écrivaillon, assis quelque part dans un bureau de la rédaction, demande sur le ton d'honnêteté propre à tous les maquignonnages : « La main sur le coeur, croyez-vous qu'une réunion comme celle d'hier est en mesure de décider souverainement des destinées de notre peuple ? »

Après avoir, par cette question de rhétorique, prononcé sa sentence à l'endroit de cette assemblée, le « Vorwärts » ne manque pas de rappeler au souvenir plein de déférence de ses lecteurs ses vénérables remèdes de bonne femme. En premier lieu : la règle et l'ordre.

Lorsque tous les bienfaits de ces enfants bénis du ciel auront été appréciés comme il convient, la deuxième ordonnance sera délivrée : éducation politique et parlementaire.

Nous en avons trop souvent décrit les fruits réjouissants, pour la classe ouvrière, pour vouloir les dépeindre de nouveau aujourd'hui : que l'on regarde seulement les réalisations « révolutionnaires » de ce gouvernement socialiste en trois semaines de révolution, et que l'on contemple les hauts faits de M. Friedrich Ebert, cet homme « politiquement et parlementairement éduqué », dans ses négociations avec Wilson. Avec cela, on en aura assez de l'éducation politique et parlementaire.

Mais le « Vorwärts », lui, n'en a pas assez. Cette unique réunion des conseils de soldats à Berlin, qui ne satisfait pas son goût « politiquement et parlementairement éduqué », lui donne l'occasion de généraliser la question et de conclure : « Lorsque l'on a vécu des événements comme ceux d'hier, on comprend sincèrement quelle ignoble tromperie du peuple constitue le gouvernement, célébré par des insensés, des soviets russes. Nos ouvriers et nos soldats, on peut bien le dire sans aucune présomption nationaliste, sont incomparablement supérieurs aux Russes en culture générale et en éducation politique. Si le système de la « constitution des conseils » échoue chez nous, c'est la meilleure preuve que, même chez le peuple le plus cultivé et le plus intelligent, ce système ne peut fonctionner, parce qu'il est une impossibilité en soi. » Ainsi donc, « sans présomption nationaliste », deux constatations sont faites :

D'abord, que les travailleurs et les soldats allemands sont incomparablement supérieurs aux Russes en culture générale et en éducation politique.

Ensuite, que le système tout entier est une impossibilité en soi, puisque même la culture et l'intelligence du peuple le plus cultivé et le plus intelligent n'y suffisent pas. Et tout cela conduit enfin à une troisième constatation : « Seule l'Assemblée Nationale Constituante nous sauvera de tout ce tohu-bohu. »

La première constatation est tout à fait exacte : le peuple allemand, en moyenne, a fréquenté plus longtemps l'école, a mieux appris l'écriture et le calcul mental que le peuple russe ; il a, à côté de cela, bénéficié — c'est là l'un des fondements de l'« éducation politique et parlementaire » — plus longtemps que le peuple russe de l'enseignement de la religion et d'un enseignement patriotique de l'histoire, et a ensuite reçu une « éducation politico-parlementaires à l'école de la social-démocratie allemande. Cette maîtresse lui a enseigné: à baptiser guerre défensive contre une « ignominieuse attaque par surprise » la guerre mondiale de brigandage éhonté, « nos foyers » les coffres-forts menacés des capitalistes, « notre juste cause » le rapt de la Belgique et du Nord de la France, et combat pour « l'ordre et la règle » l'assassinat de nos frères prolétaires en Finlande, en Ukraine, en Livonie, en Crimée.

Tout le sens de cette révolution, c'est que les masses, en se soulevant, se sont cabrées sauvagement contre les produits de « l'éducation parlementaire et politique » de l'école comme des maîtres d'école, et déjà le « Vorwärts » est à l'oeuvre pour les ramener à l'école avec « l'Assemblée Nationale Constituante ».

Assurément, ils s'y retrouveraient tous, les Messieurs « politiquement et parlementairement éduqués », les Westarp et les Erzberger, les Stresemann et les Groeber, les Payer et les Haussmann, tous les héritiers de cet art élaboré par la bourgeoisie pendant des siècles, l'art de tromper le peuple. Et avec eux viendraient les Scheidemann et les Ebert, David et Lensch, qui ont appris en épiant les premiers comment ils se raclent la gorge et comment ils crachent. Ils se rassembleraient tous ensemble de nouveau, et continueraient d'exercer leur métier qui consiste à tromper le peuple, ce métier qu'ils ont en dernier lieu exercé avec une effroyable virtuosité pendant quatre années de guerre, et qui a pris fin sur les champs de bataille sanglants de France, et avec les premières actions de masse des ouvriers et des soldats allemands.

En portant ce coup, le « Vorwärts » se place dignement aux côtés de son maître, M. Friedrich Ebert. Celui-ci a tenté de tuer physiquement la révolution. par la faim, la main dans la main avec M. Wilson, le « Vorwàrts » essaie de l'assassiner en esprit en dressant de nouveau, devant les yeux des masses, cetableau d'airain que la bourgeoisie et chaque classe dominante ont opposé depuis des millénaires aux opprimés, et sur lequel il est écrit : « Vous n'êtes pas mûrs ; vous ne pourrez jamais le devenir, c'est une " impossibilité en soi " ; il vous faut des chefs ; nous sommes ces chefs. »

Ils en sont arrivés maintenant avec bonheur à la philosophie de l'état des réactionnaires de tous les temps et de tous les pays, et ce spectacle n'en devient pas plus agréable lorsque l'on voit le même « Vorwärts », juste 12 heures après avoir expliqué « philosophiquement » dons son article leader l'arriération spirituelle des masses pour, semble-t-il, une éternité, en appeler, dans une polémique démagogique contre un membre de l'Exécutif des conseils de Berlin, à la pudeur, à l'honneur et à la conscience, parce que celui-ci aurait dit que « les masses ne sont pas encore mûres », et lorsque l'on voit, encore un jour plus tard, le même « Vorwärts » décerner à ce même conseil des soldats un brevet de maturité, parce que celui-ci a adopté une décision qui lui convient. L'impudence, celle du « Vorwärts », n'est pas améliorée par l'hypocrisie.

Aucun prolétariat du monde, pas même le prolétariat allemand, ne peut effacer du jour au lendemain, d'un soubresaut, les traces d'un asservissement millénaire, les traces de ces chaînes que Messieurs Scheidemann et consorts lui ont assujetties. Pas plus que la constitution politique du prolétariat, sa constitution spirituelle n'atteint son niveau le plus élevé au premier jour de la révolution. C'est seulement au travers des combats de la révolution que le prolétariat accédera à une pleine maturité, dans tous les sens du terme.

Le commencement de la révolution fut le signe que ce processus de maturation commençait. Il se poursuivra rapidement, et le « Vorwärts » dispose d'un bon étalon auquel il pourra mesurer l'accession du prolétariat à la pleine maturité. Le jour où ses rédacteurs s'envoleront de leurs sièges, et avec eux Messieurs Scheidemann, Ebert, David et consorts, pour rejoindre le Hohenzollern ou Ludendorff là où ils sont, ce jour-là, la pleine maturité sera acquise.

« Die Rote Fahne », 3 décembre 1918

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30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 11:38
Rosa Luxemburg. L'Achéron s'est mis en mouvement, Die rote Fahne, 27 novembre 1918. "Le joli petit plan pour une révolution allemande bien gentille, « conforme à la Constitution », qui conserve « ordre et tranquillité », et qui considère comme sa tâche première et urgente la protection de la propriété privée capitaliste, ce petit plan s'en va au diable : l'Achéron s'est mis en mouvement ! "

Le joli petit plan pour une révolution allemande bien gentille, « conforme à la Constitution », qui conserve « ordre et tranquillité », et qui considère comme sa tâche première et urgente la protection de la propriété privée capitaliste, ce petit plan s'en va au diable : l'Achéron s'est mis en mouvement ! Tandis qu'en haut, dans les cercles gouvernementaux, une entente à l'amiable avec la bourgeoisie est maintenue par tous les moyens, en bas, la masse du prolétariat se soulève et brandit son poing menaçant: les grèves ont commencé ! On fait grève en Haute-Silésie, chez Daimler, etc. Ce n'est que le tout-premier commencement. Le mouvement va déferler, comme il est naturel, en vagues toujours plus hautes et plus puissantes.

 

Comment pourrait-il d'ailleurs en être autrement ? Une révolution a eu lieu. Des ouvriers, des prolétaires, en uniforme ou en bleu de travail, l'ont faite. Au gouvernement, siègent des socialistes, des représentants des ouvriers.

 

Et qu'est-ce qui a changé pour la masse des travailleurs dans ses conditions quotidiennes de salaires, dans ses conditions de vie ? Rien, ou pour ainsi dire rien. A peine, ici et là, quelques concessions dérisoires ont-elles été faites, que le patronat cherche à reprendre ces miettes au prolétariat.

 

On console les masses en leur parlant des alouettes qui doivent leur tomber dans le bec toutes rôties quand l'Assemblée Nationale se réunira. Nous devons glisser doucement et « tranquillement » vers la Terre promise du socialisme à l'aide de longs débats, de discours et de résolutions à la majorité parlementaire.

 

Le sain instinct de classe du prolétariat s'insurge contre ce schéma du crétinisme parlementaire. « L'émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes », est-il dit dans le Manifeste Communiste. Et « les travailleurs », ce ne sont pas quelques centaines de représentants élus qui dirigent les destinées de la société avec des discours et des contre-discours, ce sont encore moins les deux ou trois douzaines de dirigeants qui occupent les fonctions gouvernementales. La classe ouvrière, ce sont les masses elles-mêmes, dans toute leur ampleur. Ce n'est que par leur collaboration active au renversement des rapports capitalistes que peut être préparée la socialisation de l'économie.

 

Au lieu d'attendre le bonheur des décrets du gouvernement ou des résolutions de la fameuse Assemblée Nationale, la masse recourt instinctivement au seul moyen qui mène réellement au socialisme : à la lutte contre le capital. Le gouvernement a, jusqu'à maintenant, mis tout en œuvre pour châtrer la révolution, pour instaurer l'harmonie entre les classes, en s'élevant à grands cris contre toutes les menaces qui pèsent sur « l'ordre et la tranquillité ».

 

La masse du prolétariat jette tranquillement à bas le château de cartes de l'harmonie révolutionnaire des classes, et brandit la redoutable bannière de la lutte des classes.

 

Le mouvement de grèves qui commence est une preuve que la révolution politique a pénétré jusqu'au fondement social de la société. La révolution prend conscience de ses propres fondements. Elle écarte les décors en carton des changements de personnel, qui n'ont pas changé encore la moindre chose au rapport social entre capital et travail, et elle monte elle-même sur la scène des événements.

 

La bourgeoisie sent bien qu'on a touché à son point le plus sensible, qu'ici s'arrêtent les inoffensives plaisanteries gouvernementales, et que commence l'affaire terriblement sérieuse de l'affrontement, à visage découvert, de deux ennemis mortels. De là vient l'angoisse mortelle et la fureur déchaînée contre les grèves. De là viennent les efforts fiévreux des dirigeants syndicaux dépendants pour prendre au filet de leurs vétustes petits moyens bureaucratiques la tempête qui se déchaîne, et pour paralyser et enchaîner les masses.

 

Vains efforts ! Les petites chaînes de la diplomatie syndicale au service de la domination du capital ont été très efficaces dans la période de stagnation politique antérieure à la guerre mondiale. Dans la période de la révolution, elles échoueront lamentablement.

 

Déjà, toutes les révolutions bourgeoises des temps modernes ont été accompagnées d'un puissant mouvement de grèves : aussi bien en France, au début du XIXe siècle, pendant les révolutions de juillet et de février, qu'en Allemagne, en Autriche-Hongrie et en Italie.

 

Tout grand ébranlement social fait naturellement surgir, d'une société reposant sur l'exploitation et l'oppression, de violentes luttes de classes. Tant que la société bourgeoise maintient l'équilibre de son train-train parlementaire, le prolétaire, lui aussi, reste patiemment dans l'engrenage du salariat, et ses grèves n'ont alors que le caractère de faibles corrections apportées à l'esclavage du salariat, qui passe pour immuable.

 

Mais dès que l'équilibre entre les classes est rompu par une tempête révolutionnaire, le doux clapotis de la surface se transforme en lames menaçantes. Les profondeurs elles-mêmes se mettent en mouvement, l'esclave ne se soulève plus seulement contre la pression trop douloureuse de ses chaînes, il se rebelle contre ses chaînes elles-mêmes.

 

Il en a été ainsi, jusqu'à maintenant, dans toutes les révolutions bourgeoises. A la fin des révolutions, qui aboutissaient toujours au renforcement de la société bourgeoise, la révolte des esclaves prolétaires s'effondrait, le prolétaire rentrait dans l'engrenage en baissant la tête.

 

Dans la présente révolution, les grèves qui viennent d'éclater ne constituent pas un conflit « syndical » concernant les conditions de salaires. Elles sont la réponse naturelle des masses au puissant ébranlement que les rapports capitalistes ont subi par suite de l'effondrement de l'impérialisme allemand et de la brève révolution politique des ouvriers et des soldats. Elles sont le commencement d'un affrontement général entre le capital et le travail en Allemagne, elles annoncent le début du formidable combat direct entre classes, dont l'issue ne peut être que l'élimination des conditions capitalistes de solaire et l'introduction de l'économie socialiste.

 

Elles libèrent la force sociale vivante de la révolution actuelle : l'énergie révolutionnaire de classe des masses prolétariennes. Elles ouvrent la période d'activité immédiate de la masse dans son ensemble, de cette activité dont les décrets de socialisation et les mesures de n'importe quel organe représentatif ou gouvernemental ne peuvent constituer que le fond sonore.

 

Ce mouvement de grèves qui commence est en même temps la critique la plus lapidaire que les masses adressent aux chimères de leurs soi-disant « chefs » sur « l'Assemblée Nationale ». Ils ont déjà la « majorité », les prolétaires en grève dans les usines et les mines ! Les rustres ! Pourquoi n'invitent-ils pas leur patron à un petit débat, pour l'emporter ensuite sur lui par une « majorité écrasante », et imposer toutes leurs exigences, sans un pli, « en respectant l'ordre»? Ne s'agit-il pas d'abord, et formellement, de véritables bagatelles, de simples détails de conditions de salaire ?

 

Que M. Ebert ou Haase essaie donc d'aller proposer ce lamentable plan aux mineurs en grève de Haute-Silésie : il recevra sûrement une réponse percutante. Mais ce qui éclate comme bulles de savon, quand il s'agit de bagatelles, devrait tenir le coup quand il s'agit de renverser l'ensemble de l'édifice social !

 

La masse prolétarienne, par sa simple apparition dans la lutte sociale des classes, par-delà toutes les insuffisances, toutes les demi-mesures et les lâchetés antérieures de la révolution, passe à l'ordre du jour. L'Achéron s'est mis en mouvement, et les avortons qui mènent leur petit jeu à la pointe de la révolution feront la culbute, à moins qu'ils ne comprennent enfin le format colossal du drame historique mondial auquel ils sont mêlés.

 

« Die Rote Fahne », 27 novembre 1918

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30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 09:46
 Rosa Luxemburg. Das alte Spiel  Artikel, « Die Rote Fahne »,  vom 18. November 1918

 

LUXEMBURG Rosa (1918) : Das alte Spiel

Artikel, « Die Rote Fahne » vom 18. November 1918

 

 

http://www.collectif-smolny.org/article.php3?id_article=936

 

Liebknecht hat in Spandau 200 Offiziere ermordet.
Liebknecht ist in
Spandau ermordet worden.
Die Spartakusleute haben den Marstall gestürmt.
Die Spartakusleute haben in das „Berliner Tageblatt“ mit Maschinengewehren eindringen wollen.
Liebknecht plündert die Läden.
Liebknecht verteilt Geld unter die Soldaten, um sie zur Gegenrevolution aufzustacheln.

 

Die Spartakusse rückten gegen das Abgeordnetenhaus vor. In der darin tagenden Fraktionssitzung der Fortschrittlichen Volkspartei ist auf diese Kunde hin eine Panik entstanden, und die ehrenwerte Versammlung lief auseinander, unter Hinterlassung von Hüten, Schirmen und dergleichen kostbaren und heutzutage kaum zu ersetzenden Gegenständen auf dem Schauplatz der erwarteten grausigen Taten. -

 

So schwirren seit einer Woche in
Berlin die wildesten Gerüchte über unsere Richtung. Klirrt irgendwo auf der Straße eine Fensterscheibe, platzt an der Ecke ein Pneumatik mit lautem Knall, gleich schaut sich der Philister mit gesträubten Haaren und einer Gänsehaut auf dem Rücken um : Aha, sicher „kommen die Spartakusleute“ !

 

Verschiedene Personen haben sich an Liebknecht mit der rührenden persönlichen Bitte gewandt, ihre Gatten, Neffen oder Tanten von dem beabsichtigten bethlehemitischen Kindermord, den die Spartakusse planten, ausnehmen zu wollen. So geschehen wahr und wahrhaftig im ersten Jahr und Monat der glorreichen deutschen Revolution.

 

Wer denkt da nicht an die köstliche Szene in der .. Zauberflöte", wo der kleine Strolch Monostatos, durch Papagenos Schatten erschreckt, vor Angst schlotternd, singt :

 

Ich glaub’, das ist der Teufel,
Ja, ja, das ist der Teufel,
Ach, wär’ ich eine Maus,
Wie wollt’ ich

mich verstecken,
Ach, wär’ ich eine Schnecken,
Gleich kröch’ ich in mein Haus.

 

Hinter all diesen schwirrenden Gerüchten, lächerlichen Phantasien, wahnwitzigen Räubergeschichten und schamlosen Lügen steckt ein sehr ernster Vorgang : Es liegt System darin. Die Hetze wird planmäßig betrieben. Die Gerüchte werden ziel bewußt fabriziert und ins Publikum lanciert : Es gilt, durch diese Schwindelmärchen die Philister in panikartige Stimmung zu versetzen, die öffentliche Meinung zu verwirren, die Arbeiter und Soldaten einzuschüchtern und irrezuleiten, um eine Pogromatmosphäre zu schaffen und die Spartakusrichtung politisch zu meucheln, ehe sie noch die Möglichkeit hatte, die breitesten Massen mit ihrer Politik und ihren Zielen bekannt zu machen.

 

Das Spiel ist alt. Erinnert man sich, wie vor vier Jahren, beim Ausbruch des Krieges, die einander jagenden tollen Märchen von Goldautomobilen, französischen Fliegern, vergifteten Brunnen, ausgestochenen Augen planmäßig und zielbewußt von Kriegshetzern durch ihre Agenten in Umlauf gesetzt wurden, um den blinden Kriegsfuror hervorzurufen und die Arbeiter als Kanonenfutter zu gebrauchen? Genauso wird jetzt gearbeitet, um die Volksmassen irrezumachen, unter ihnen blinden Haß zu säen, damit sie sich besinnungslos und kritiklos gegen die Spartakusrichtung mißbrauchen lassen.

 

Wir kennen die Weise, wir kennen den Text und auch die Verfasser. Es sind die Kreise der abhängigen Sozialdemokraten, der Scheidemann, Ebert, Otto Braun, der Bauer, Legien und Baumeister, die zielbewußt die öffentliche Meinung mit schamlosen Lügen vergiften und das Volk gegen uns aufhetzen, weil sie unsere Kritik fürchten und sie zu fürchten allen Grund haben.

 

Diese Leute, die noch eine Woche vor Ausbruch der Revolution jeden Gedanken an Revolution in Deutschland als Verbrechen, „Putschismus“, Abenteuer denunzierten, die erklärten, in Deutschland sei die Demokratie schon verwirklicht, weil Prinz Max Reichskanzler war und Scheidemann mit Erzberger in Ministerfracks herumliefen1, diese Leute wollen heute dem Volk einreden, die Revolution sei schon gemacht, die Hauptziele seien schon erreicht. Sie wollen den weiteren Fortgang der Revolution aufhalten, sie wollen das bürgerliche Eigentum, die kapitalistische Ausbeutung retten ! Dies ist die „Ordnung“ und die „Ruhe“, die man vor uns behütet.

 

Hier liegt der Hase im Pfeffer. Und hier auch der Grund, weshalb die Herrschaften eine solche Todesangst und so tödlichen Haß gegen uns nähren. Sie wissen ausgezeichnet, daß wir keine Läden plündern, wohl aber das kapitalistische Privateigentum abschaffen wollen, daß wir nicht den Marstall oder das Abgeordnetenhaus stürmen, wohl aber die Klassenherrschaft der Bourgeoisie zertrümmern wollen, daß wir niemanden morden, wohl aber die Revolution unnachgiebig im Interesse der Arbeitenden weiter vorwärtstreiben wollen.

 

Sie verzerren mit vollem Bewußtsein und klarer Absicht unsere sozialistischen Ziele in lumpenproletarische Abenteuer, um die Massen irrezuleiten. Gegen Putsche, Morde und ähnlichen Blödsinn schreit man, und den Sozialismus meint man. Indem man die Spartakusrichtung zu meucheln sucht, will man die proletarische Revolution selbst ins Herz treffen !

 

Aber das Spiel wird vorbeigelingen. Wir lassen uns nicht mundtot machen. Mögen sich unklare Schichten der Arbeiter oder Soldaten momentan noch gegen uns aufstacheln lassen. Mag uns eine momentane Wiederkehr der gegenrevolutionären Sturzwelle wieder in Kasematten sperren, die wir eben erst verlassen haben - der eherne Gang der Revolution läßt sich nicht aufhalten. Wir werden unsere Stimme laut erschallen lassen, die Massen werden uns verstehen, und dann werden sie sich um so ungestümer gegen die Hetzer und Fabrikanten der Pogromgerüchte wenden. Nicht über Marställe, Bäckerläden und furchtsame Philister wird dann der Sturm brechen, sondern euch wird er hinwegfegen, ihr gestrigen Kumpane der bürgerlichen Reaktion und des Prinzen Max, ihr Schutztruppen der kapitalistischen Ausbeutung, ihr lauernden Vorposten der Gegenrevolution, ihr Wölfe im Schafpelz !

 


Quellen :

— LUXEMBURG Rosa, «Die Rote Fahne» (Berlin), Nr.3 vom 18. November 1918 ;

— LUXEMBURG Rosa, Gesammelte Werke, Bd.4, Berlin, Dietz Verlag, 1990, S.401-403 ;

— Transkription u. HTML-Markierung : E.S. für Smolny.

 

 

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21 décembre 2018 5 21 /12 /décembre /2018 21:00
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25 juin 2018 1 25 /06 /juin /2018 01:22
Rosa Luxemburg et Luise Kautsky en 1909

Rosa Luxemburg et Luise Kautsky en 1909

En 1908 - 1909, Rosa Luxemburg publie en polonais une série d'articles, réunis sous le nom de "La question des nationalités et l'autonomie". On sait que dès 1893, elle crée un parti sur des bases de classe et que c'est un combat de toute une vie qui s'exprime dans cette analyse théorique. Parmi les raisons majeures qui la fait s'opposer à l'idée de lutte pour l'autonomie, elle cite l'impérialisme.

 

"La question des nationalités et l’autonomie", série d'articles parus dans le Przeglad Socjaldemokratyscny  de août à décembre 1908 et juin à septembre 1909 (note Gesammelte Briefe Tome 3, P 9)

 

Question nationale et impérialisme. Rosa Luxemburg à propos de l'autonomie, Le deuxième trait fon­da­men­tal de l’évolution récente qui condamne cette idée à n’être qu’une uto­pie est l’impérialisme capi­ta­liste.

Citations

 

"Le fruit de cette tendance est la ruine incessante de l’indépendance d’un nombre tou­jours croissant de pays et de peuples, de continents entiers."

"C’est jus­te­ment le déve­lop­pe­ment du commerce mondial à l’époque du capitalisme qui entraîne la décadence inévitable, quoique parfois lente, de toutes les sociétés plus primitives, qui détruit leur manière his­to­ri­que­ment constituée de s’« autodéterminer », les rend dépendantes de la meule du déve­lop­pe­ment capitaliste et de la politique universelle qui broie tout."

"Et si la social-démocratie combat de toutes ses forces la politique coloniale dans son principe et dans tous ses symptômes et s’efforce inlas­sa­ble­ment d’empêcher qu’elle continue de progresser, elle se rend bien compte que cette évolution, de même que l’émergence de la politique coloniale plongent ses racines profondes dans les fondements de la production capitaliste, qu’elles accom­pa­gne­ront imman­qua­ble­ment les progrès ultérieurs du capitalisme et que seuls d’innocents « apôtres bourgeois de la paix » peuvent croire que les États actuels se détourneront de cette voie. Compte tenu de cette évolution et de la néces­sité, pour les grands États capitalistes, de lutter pour l’existence sur le marché inter­na­tio­nal, de par­ti­ci­per à la politique mondiale et d’acquérir des possessions coloniales, « ce qui remplit le mieux sa fonction dans les conditions actuelles », c’est-à-dire ce qui correspond le mieux aux besoins de l’exploitation capi­ta­liste, ce n’est pas « l’État national » – comme le suppose Kautsky – mais l’État conquérant. Et si l’on compare les différents degrés de rap­pro­che­ment à ce prétendu idéal, ce qui correspond le mieux à cette fonc­tion, ce n’est pas, par exemple, l’État fran­çais qui, au moins dans sa partie européenne est à peu près natio­na­le­ment homogène, encore moins l’État espagnol qui, d’impérialiste qu’il était, s’est presque inté­gra­le­ment transformé en « État national » après s’être débarrassé de ses colonies, mais ces États qui s’appuient sur l’oppression nationale aussi bien en Europe que dans le monde entier : les États anglais et alle­mand, les États-Unis d’Amérique du Nord qui recèlent en leur sein la plaie béante de l’oppression des Noirs et conquièrent les peuples asiatiques."

"Certes, on peut poser le problème beaucoup plus simplement si l’on sépare la question des annexions coloniales de celle des natio­na­li­tés en géné­ral. C’est d’ailleurs l’attitude qu’adoptent souvent, consciem­ment ou incons­ciem­ment, les défenseurs des « droits des peuples » ; attitude qui correspond à la conception de la politique coloniale d’un Éduard David dans la social-démocratie allemande ou d’un Van Kol dans la social-démocratie hol­lan­daise, par exemple, qui considèrent les annexions coloniales en général comme l’expression de la mission civi­li­sa­trice des peuples européens ..."

"Si seuls les peuples européens sont reconnus comme nations véritables alors que les peuples coloniaux ne seraient que des « ressources alimentaires », on peut parler d’« États nationaux » en Europe et y inclure par exemple la France, le Danemark ou l’Italie et on peut aussi réduire le problème des natio­na­li­tés aux com­pli­ca­tions internes à l’Europe. Mais dans ce cas, le « droit des nations à l’autodétermination » devient théorie des races dominantes et trahit nettement son origine : l’idéologie du libéralisme bourgeois et son cré­ti­nisme « européen ». "

L'extrait

 

Le deuxième trait fon­da­men­tal de l’évolution récente qui condamne cette idée à n’être qu’une uto­pie est l’impérialisme capi­ta­liste. L’exemple de l’Angleterre et de la Hollande montre que, dans certaines circonstances, un pays capitaliste peut même sauter com­plè­te­ment l’étape transitoire de l’« État national » et édifier dès l’époque de la manufacture un État colonial. Tous les grands États capi­ta­listes ont suivi aux XVIIIème et XIXème siècles l’exemple de l’Angleterre et de la Hol­lande qui ont commencé à conquérir des colonies dès le début du XVIIème siècle. Le fruit de cette tendance est la ruine incessante de l’indépendance d’un nombre tou­jours croissant de pays et de peuples, de continents entiers.

C’est jus­te­ment le déve­lop­pe­ment du commerce mondial à l’époque du capitalisme qui entraîne la décadence inévitable, quoique parfois lente, de toutes les sociétés plus primitives, qui détruit leur manière his­to­ri­que­ment constituée de s’« autodéterminer », les rend dépendantes de la meule du déve­lop­pe­ment capitaliste et de la politique universelle qui broie tout. Il faut être victime d’un aveuglement formaliste pour prétendre qu’à l’heure actuelle, par exemple, la nation chinoise – que l’on considère la popu­la­tion de cet État comme une nation ou comme plusieurs nations – « décide de son propre sort ». L’effet destructeur du commerce mondial est suivi de l’annexion directe ou de la dépendance politique des pays coloniaux à des degrés et sous des formes divers.

Et si la social-démocratie combat de toutes ses forces la politique coloniale dans son principe et dans tous ses symptômes et s’efforce inlas­sa­ble­ment d’empêcher qu’elle continue de progresser, elle se rend bien compte que cette évolution, de même que l’émergence de la politique coloniale plongent ses racines profondes dans les fondements de la production capitaliste, qu’elles accom­pa­gne­ront imman­qua­ble­ment les progrès ultérieurs du capitalisme et que seuls d’innocents « apôtres bourgeois de la paix » peuvent croire que les États actuels se détourneront de cette voie. Compte tenu de cette évolution et de la néces­sité, pour les grands États capitalistes, de lutter pour l’existence sur le marché inter­na­tio­nal, de par­ti­ci­per à la politique mondiale et d’acquérir des possessions coloniales, « ce qui remplit le mieux sa fonction dans les conditions actuelles », c’est-à-dire ce qui correspond le mieux aux besoins de l’exploitation capi­ta­liste, ce n’est pas « l’État national » – comme le suppose Kautsky – mais l’État conquérant. Et si l’on compare les différents degrés de rap­pro­che­ment à ce prétendu idéal, ce qui correspond le mieux à cette fonc­tion, ce n’est pas, par exemple, l’État fran­çais qui, au moins dans sa partie européenne est à peu près natio­na­le­ment homogène, encore moins l’État espagnol qui, d’impérialiste qu’il était, s’est presque inté­gra­le­ment transformé en « État national » après s’être débarrassé de ses colonies, mais ces États qui s’appuient sur l’oppression nationale aussi bien en Europe que dans le monde entier : les États anglais et alle­mand, les États-Unis d’Amérique du Nord qui recèlent en leur sein la plaie béante de l’oppression des Noirs et conquièrent les peuples asiatiques. […]

Certes, on peut poser le problème beaucoup plus simplement si l’on sépare la question des annexions coloniales de celle des natio­na­li­tés en géné­ral. C’est d’ailleurs l’attitude qu’adoptent souvent, consciem­ment ou incons­ciem­ment, les défenseurs des « droits des peuples » ; attitude qui correspond à la conception de la politique coloniale d’un Éduard David dans la social-démocratie allemande ou d’un Van Kol dans la social-démocratie hol­lan­daise, par exemple, qui considèrent les annexions coloniales en général comme l’expression de la mission civi­li­sa­trice des peuples européens, mission qui serait indispensable même dans un système socialiste. On peut résumer cette conception comme application « européenne » du principe phi­lo­so­phique de Fichte dans la célèbre paraphrase de Ludwig Börne : « je suis moi – tout ce qui est en dehors de moi est ressource alimentaire ».

Si seuls les peuples européens sont reconnus comme nations véritables alors que les peuples coloniaux ne seraient que des « ressources alimentaires », on peut parler d’« États nationaux » en Europe et y inclure par exemple la France, le Danemark ou l’Italie et on peut aussi réduire le problème des natio­na­li­tés aux com­pli­ca­tions internes à l’Europe. Mais dans ce cas, le « droit des nations à l’autodétermination » devient théorie des races dominantes et trahit nettement son origine : l’idéologie du libéralisme bourgeois et son cré­ti­nisme « européen ». Dans l’acception des socialistes, ce droit doit avoir, par sa nature même, un caractère universel ; l’élucider suffit pour montrer que l’espoir de réaliser ce « droit » au sein du système existant est une utopie en contradiction directe avec la tendance du déve­lop­pe­ment capitaliste sur lequel la social-démocratie a fondé son existence ; car l’objectif qui consiste à partager tous les États existants en unités nationales, délimitées sur le modèle des États et petits États nationaux, est une entreprise par­fai­te­ment désespérée et, d’un point de vue historique, réactionnaire.

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3 juin 2018 7 03 /06 /juin /2018 15:33
Rosa Luxemburg. "Le parlementarisme bourgeois n'est en effet une force politique réelle que quand il existe entre l’aristocratie féodale et la bourgeoise de véritables contradictions de classe ..."

En 1913, à Saverne en Alsace, des militaires s'en prennent à la population civile. S'en suivent des incidents graves. Lorsque les militaires sont jugés, ils sont acquittés. Le Reichstag vote pour la première fois une motion de censure contre le pouvoir impérial qui n'en tient aucun compte. Rosa Luxemburg analyse dans un article en janvier 1913, à cette occasion, le rôle du parlement dans la société capitaliste. Ceci est directement transposable aujourd'hui.

La revanche à venir

 

 

Elle commence par une analyse de la situation révélée par ces événements :

 

« L’histoire a toujours été, en politique, le plus grand des professeurs. L’histoire contemporaine, cependant, nous offre une leçon plus claire que jamais.

 

Cette décision du pouvoir s’inscrit dans une longue série d’attaques contre les droits en Allemagne même et dans le cadre de la politique mondiale. Qu’ont montré les événements de ces derniers jours ? Qu’ont montré les  militaires qui ont pu piétiner la population civile, les tribunaux militaires qui se moquent du chancelier, le chancelier qui écarte d’un geste la motion de censure de la représentation du peuple, enfin le régime personnel qui fait un pied de nez à tout le pays, quand la dictature décore la soldatesque ? Ils ont montré en l’espace de peu de jours, que la loi et le droit ne sont plus en Allemagne que du vent.

 

Mais les événements de Saverne n’ont pas créé cet état de fait. Ils n’ont fait que dévoiler et braquer la lumière sur ce qu’était devenue la situation sans ces faits et avant eux. La domination sans fard et sans gêne de la réaction militaro-absolutiste, son attitude provocatrice sans précédent ne sont que le revers d’un autre phénomène. Ils signifient l’élimination totale du libéralisme de la vie publique en Allemagne, le renoncement définitif de l’opposition bourgeoise.  Après que les défenseurs du progrès libéral ont échoué à de multiples reprises en tant que porteur du progrès, la bourgeoisie allemande a pris congé maintenant aussi de son rôle de garant de ce dérisoire État constitutionnel, du constitutionnalisme allemand … ."

 

Rosa Luxemburg analyse ensuite le recours à un texte de 1820, une lettre patente qui indique qu’en cas de carence des autorités civiles, l’armée est habilitée à maintenir l’ordre. Le recours au texte de 1820 est pour elle  hautement symbolique. 

 

"L’esprit d’avant 48 règne maintenant en Allemagne et le parlement allemand, dans son rôle politique et sa fonction historique, se rapproche de plus en plus de la Douma russe. La dialectique historique sait de nouveau fondre les contradictions brutales du bric à brac formel du libéralisme : l'absolutisme et le parlementarisme, en  une synthèse originale, faisant du parlementarisme la fragile feuille de vigne de l’absolutisme militaire.

 

Le parlementarisme bourgeois n’est en effet une force politique réelle que quand il existe entre l’aristocratie féodale et la bourgeoise de véritables contradictions de classe. Quand au contraire les conditions du développement historique conduisent à fondre ensemble la bourgeoisie capitaliste et les Junkers féodaux du fait d’intérêts de classe supérieurs, disparaît alors le fondement politique du parlementarisme. Et le moment où cet état de décomposition apparaît au grand jour n’est que l’effet de circonstances particulières. »

 

Elle décrit les étapes successives de cet affaiblissement du parlementarisme en Allemagne.

 

1877 : la loi sur les tarifs douaniers

Les lois antisocialistes

1899 : le soutien du Zentrum à la grande loi sur la marine

1902 : Les tarifs de la faim

1913 : le budget impérialiste

 

« Chaque année, chaque grand projet de loi, chaque nouveau pillage contre le peuple a conduit depuis les années 70 les Nationaux-libéraux, le Zentrum, le Freisinnige Partei dans le camp de la réaction … .

 

Et aujourd’hui nos braves héros libéraux s’étonnent, se frottent les yeux quand l’absolutisme et les Junker leur assènent une gifle retentissante ! Ils pensaient pouvoir ensemble paisiblement et à leur manière exploiter le prolétariat en gérant avec les Junkers l’Etat constitutionnel et ils n’ont pas vu les Junkers et l’absolutisme grignoter l’Etat constitutionnel de l’intérieur. Ces petits anges, inconscients du danger, n’ont pas compris qu’un parlement bourgeois sans opposition bourgeoise est un non sens, qu’une représentation bourgeoise qui vote à l’unanimité, constamment, le budget et approuve docilement tous les projets proposés par du gouvernement, n’est qu’un théâtre de marionnettes politique, qu’un État constitutionnel sans combat de classe bourgeois est un coquille vide, qui peut être piétinée pour passer le temps par n’importe quelles bottes de la soldatesque.

 

Ce qui apparaît au grand jour avec les événements qui se sont passés à et autour de Saverne, c’est le résultat de l’évolution logique d’un demi-siècle de production capitaliste en Allemagne. La réaction absolutiste et des Junkers ne tient plus compte de l’opposition bourgeoise. Mais elle ne tient pas compte encore de l’opposition prolétarienne. L’inefficacité d’une opposition seulement parlementaire est apparue définitivement. Mais la réaction n’a pas encore vécu l’efficacité de la résistance des masses. C’est ce qui donne son caractère particulier à la situation en Allemagne et à son intolérable pression. C’est ce qui explique la vanité et l’attitude provocatrice de la réaction.

 

Et de fait, aujourd’hui, tout ou presque est en jeu : après la sécurité publique et les droits individuels mis en état de siège, la paix internationale menacée par l’aventurisme et les gesticulations de la soldatesque dominante, le droit d’association contre lequel se prépare un attentat, bientôt ce sera le tour du suffrage universel. Après l’épreuve de force de Saverne, la vieille garde des ennemis du suffrage universel au Reichstag n’a plus besoin de se gêner.

 

Mais cette élimination définitive de l’opposition bourgeoise a pour seule conséquence que l’affrontement entre la réaction et la masse des travailleurs devient de plus en plus proche et implacable. C’est justement l’effondrement brutal de l’état constitutionnel et du parlementarisme qui conduira les travailleurs à aller chercher aux racines de leur pouvoir pour protéger le droit et la loi. Nous n’avons pas besoin et nous ne voulons pas de catastrophes.  Ce sont les classes dominantes qui poussent aux catastrophes, l’Allemagne en est un exemple classique. En piétinant l’opposition bourgeoise, en humiliant au plus profondément le parlement, en détruisant toutes les garanties apportées par le droit, la situation actuelle conduit à ce que l’affrontement du prolétariat et de la réaction ne se passe plus dans le cadre étroit et mouvant du droit parlementaire …..

 

La revanche face au triomphalisme actuel, la réaction peut l’attendre en Allemagne seulement du prolétariat, c’est sûr, mais c’est « mortellement sûr ». Ce combat gagnera en profondeur et en étendue car il sera mené sur tous les fronts par le prolétariat conscient. Comme l‘a dit Marx … La classe ouvrière ne peut pas se battre pour L’État constitutionnel bourgeois, sans imprimer à ce combat son caractère de classe révolutionnaire.

 

Le fait que les représentant de la dictature militaire absolutiste dans leur triomphe sauvage contre l‘ordre bourgeois se précipitent à bride abattue vers un affrontement avec la masse ouvrière et accélèrent ainsi le cours des choses, qui aboutira conformément à la logique historique à notre victoire, montre qu’eux aussi ne sont qu’une partie de ces forces, qui toujours veulent du mal mais souvent apportent le bien.

Die künftige Revanche

Sozialistische Korespondenz, 20 janvier 1914. N° 9

Gesammelte Werke, Tome 3, P 376 à 379

Traduction Dominique Villaeys-Poirré – juin 2018 (en cours)

 

Source : http://comprendreavecrosaluxemburgdocumentsetdossiers.over-blog.com/2018/06/apres-saverne-un-article-de-rosa-luxemburg-la-revanche-a-venir.htm

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12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 17:41
1er mai 1914. En France.

1er mai 1914. En France.

Mais il  y a encore d’autres éléments qui montrent combien l’idée des camarades de Hambourg est parmi les plus erronées auxquelles l’on pouvait s’attendre.

 

Au centre de la vie politique et du combat de classe en Allemagne se trouve aujourd’hui le militarisme et le combat pour la paix mondiale.

 

Le 1er mai est une manifestation tout autant pour la journée de huit heures que pour la paix mondiale.

 

Extrait de l'article "Die verkehrste Taktik" paru Dans la Sozialistische Korrespondenz, le 18 juillet 1914, N° 82.

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11 mai 2018 5 11 /05 /mai /2018 11:46
http://www.rosa-luxemburg.com/wp-content/uploads/2017/04/marx200-motiv.png

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En cette année du trentième anniversaire de la mort de Marx et du cinquantième anniversaire de la naissance de l’action de Lassalle, la classe ouvrière allemande a toutes les raisons de témoigner sa gratitude à ses trois grands maîtres, dont l’œuvre historique est indissociable. Les décennies écoulées ont élargi de manière infinie notre champ d’action, ont décuplé nos rangs, mais elles ont aussi augmenté immensément nos tâches. La maturité capitaliste que Marx a étudiée et décrite dans les années 60 à partir de l’exemple anglais, apparaît maintenant comme l’enfance malhabile et balbutiante, mesurée à la domination actuelle du capital qui s’étend sur le monde entier et à l’audace désespérée de sa phase finale impérialiste aujourd’hui. Et le libéralisme bourgeois, dernier souffle exhalé par le monde capitaliste, et auquel Lassalle arracha, il y a cinquante ans, de ses mains de vieillard sénile, le sceptre de la direction de la classe ouvrière, apparaît comme une sorte de titan respirant la force, comparé au cadavre en décomposition qu’il est aujourd’hui. L’évolution historique sous toutes ses formes a donné aux enseignements théoriques et politiques des maîtres du socialisme historique une brillante confirmation. Et aujourd’hui, au milieu des délires et convulsions sanglantes de l’impérialisme surarmé et assassin des peuples, approche de plus en plus clairement l’heure où se réalisera la conclusion du Capital de Marx :

 

« A mesure que diminue le nombre des potentats du capital qui usurpent et monopolisent tous les avantages de cette période d'évolution sociale, s'accroissent la misère, l'oppression, l'esclavage, la dégradation, l'exploitation, mais aussi la résistance de la classe ouvrière sans cesse grandissante et de plus en plus disciplinée, unie et organisée par le mécanisme même de la production capitaliste. Le monopole du capital devient une entrave pour le mode de production qui a grandi et prospéré avec lui et sous ses auspices. La socialisation du travail et la centralisation de ses ressorts matériels arrivent à un point où elles ne peuvent plus tenir dans leur enveloppe capitaliste. Cette enveloppe se brise en éclats. L'heure de la propriété capitaliste a sonné. Les expropriateurs sont à leur tour expropriés »

 

C'est pourquoi, aujourd’hui plus que jamais, nous devons unir dans la pratique, ce que ces maîtres nous ont laissé de plus précieux : l’approfondissement théorique, pour guider notre combat quotidien en appliquant cette conception de manière ferme et l’énergie résolument révolutionnaire dans l'action, pour que les temps mémorables qui nous attendent ne trouvent pas devant eux un organisme sans force.

 

Leipziger Volkszeitung, 14 mars 1913, N° 60

GW, Tome 3, P 178 – 184

 

La traduction de la citation de Marx est reprise du site marxist.org

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-32.htm

Le Capital - Livre premier- Le développement de la production capitaliste - Karl MARX - VIII° section : L'accumulation primitive - Chapitre XXXII : Tendance historique de l’accumulation capitaliste

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29 avril 2018 7 29 /04 /avril /2018 10:52
Le massacre de Wounded Knee 1890. Voir l'illustration sur wikipedia

Le massacre de Wounded Knee 1890. Voir l'illustration sur wikipedia

"Mais il en va ainsi de l’histoire. Je sais parfaitement que la « justice » ne passera jamais et qu’il faut accepter tout cela. Je me souviens encore combien j'ai pleuré à chaudes larmes, alors que j’étais étudiante à Zurich, à la lecture de l’ouvrage du Professeur Siber «Esquisse des civilisations économiques originelles» décrivant l’éviction et l’extermination systématiques des Peaux-Rouges d’Amérique par les Européens, et que je serrais les poings de désespoir non seulement parce qu’une telle chose avait été possible, mais aussi parce qu’elle était restée impunie, qu’elle n’avait été ni vengée, ni punie, qu'on ne leur avait pas rendu la pareille. Je tremblais de douleur à l’idée que tous ces Espagnols, ces Anglo-américains étaient depuis longtemps morts, rongés par les vers et que l’on ne pouvait les ressusciter, afin de leur infliger toutes les atrocités qu’ils avaient fait subir aux Indiens.  Mais ce sont des enfantillages …"

 

Lettre à Sophie Liebknecht,16 novembre 2017 (extrait), Gesammelte Briefe, Dietz Verlag, Tome 5, P 323. Traduction Dominique Villaeys-Poirré. A propos de cet extrait : Rosa Luxemburg écrit à Sonia Liebknecht un long passage à propos des responsables de la guerre de 14 et avec prescience décrit l'impunité dont ils jouiront à la fin du massacre. Elle termine par cette comparaison avec les crimes colonialistes dont elle a une conscience aiguë, conscience qui traverse toute sa pensée et son action dès les toutes premières années. Voir aussi :  sur Dossiers et documents

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20 avril 2018 5 20 /04 /avril /2018 10:23
Rosa Luxemburg. Articles originaux de la Neue Zeit disponibles sur le net
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Titelstichwort: rosa Luxemburgerzeugt am 20.4.2018

 

aw.
Rosa Luxemburg, Doktor der Staatswissenschaften, Die industrielle Entwicklung Polens. Leipzig 1898, Verlag von Duncker & Humbolt. VI und 95 S. Preis 2,20 Mark. : [Rezension] / aw.. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Revue des geistigen und öffentlichen Lebens. - 17.1898-99, 1. Bd.(1899), H. 14, S. 440 - 442
Electronic ed.: Bonn : FES Library, 2008
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Luxemburg, Rosa
Bürgerliche Arbeiterschutzkongresse und die Sozialdemokratie / von R. Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Revue des geistigen und öffentlichen Lebens. - 18.1899-1900, 2. Bd.(1900), H. 48, S. 656 - 659
Electronic ed.: Bonn : FES Library, 2008
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Luxemburg, Rosa
Bilanz der Obstruktion / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Revue des geistigen und öffentlichen Lebens. - 18.1899-1900, 2. Bd.(1900), H. 36, S. 280 - 284
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Luxemburg, Rosa
Der Abschluß der sozialistischen Krise in Frankreich : I / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 20.1901-1902, 1. Bd.(1902), H. 23, S. 710 - 718
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Luxemburg, Rosa
Der Abschluß der sozialistischen Krise in Frankreich : II / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 20.1901-1902, 1. Bd.(1902), H. 24, S. 750- 758
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Luxemburg, Rosa
Die badische Budgetabstimmung / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 19.1900-1901, 2. Bd.(1901), H. 27, S. 14 - 20
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Der Bittgang des Proletariats / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 23.1904-1905, 1. Bd.(1905), H. 22, S. 711 - 714
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Das belgische Experiment / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 20.1901-1902, 2. Bd.(1902), H. 4=30, S. 105 - 109
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Die "deutsche Wissenschaft" hinter den Arbeitern / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Revue des geistigen und öffentlichen Lebens. - 18.1899-1900, 2. Bd.(1900), H. 51, S. 740 - 747
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Die "deutsche Wissenschaft" hinter den Arbeitern : [II. - III.] / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Revue des geistigen und öffentlichen Lebens. - 18.1899-1900, 2. Bd.(1900), H. 52, S. 773 - 782
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Das Offizösentum der Theorie / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 31.1912-1913, 2. Bd.(1913), H. 49, S. 828 - 843
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Das Problem der "hundert Völker" / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 23.1904-1905, 1. Bd.(1905), H. 20, S. 643 - 646
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Der Parteitag und die Budgetbewilligung : [I. - IV.] / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 19.1900-1901, 2. Bd.(1901), H. 50, S. 759 - 766
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Der Parteitag und der Hamburger Gewerkschaftsstreit : [I. - III.] / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 19.1900-1901, 2. Bd.(1901), H. 49, S. [705] - 711
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Die Revolution in Rußland / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
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Der Sklaventanz in Frankfurt / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 22.1903-1904, 1. Bd.(1904), H. 6, S. 167 - 171
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Der Sozialpatriotismus in Polen / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Revue des geistigen und öffentlichen Lebens. - 14.1895-96, 2. Bd.(1896), H. 41, S. 459 - 470
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Die sozialistische Krise in Frankreich / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 19.1900-1901, 1. Bd.(1901), H. 16, S. 495 - 499
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Die sozialistische Krise in Frankreich : [Die Regierung der republikanischen Vertheidigung] / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 19.1900-1901, 1. Bd.(1901), H. 17, S. 516 - 525
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Die sozialistische Krise in Frankreich : [Die Taktik Janrès' und der Radikalismus] / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 19.1900-1901, 1. Bd.(1901), H. 18, S. 548 - 558
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Die sozialistische Krise in Frankreich : [Die Sozialreformen Millerands] / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 19.1900-1901, 1. Bd.(1901), H. 20, S. 619 - 631
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Die sozialistische Krise in Frankreich : [der Fall Millerand und die sozialistischen Parteien] / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 19.1900-1901, 1. Bd.(1901), H. 22, S. 676 - 688
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Die Theorie und die Praxis / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 28.1909-1910, 2. Bd.(1910), H. 43, S. 564 - 578
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Die Theorie und die Praxis : (Schluß) / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 28.1909-1910, 2. Bd.(1910), H. 44, S. 626 - 642
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Die zwei Methoden der Gewerkschaftspolitik / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 25.1906-1907, 1. Bd.(1907), H. 4, S. 134 - 137
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Ermattung oder Kampf? / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 28.1909-1910, 2. Bd.(1910), H. 35, S. [257] - 266
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Ermattung oder Kampf? : (Schluß) / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 28.1909-1910, 2. Bd.(1910), H. 36, S. 291 - 305
Electronic ed.: Bonn : FES Library, 2008
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Luxemburg, Rosa
Franz Mehring, Schiller, ein Lebensbild für deutsche Arbeiter. Leipzig 1905, Leipziger Buchdruckerei. 119 Seiten. Preis 1 Mark : [Rezension] / R. Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 23.1904-1905, 2. Bd.(1905), H. 31, S. 163 - 165
Electronic ed.: Bonn : FES Library, 2008
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Luxemburg, Rosa
Geknickte Hoffnungen / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 22.1903-1904, 1. Bd.(1904), H. 2, S. [33] - 39
Electronic ed.: Bonn : FES Library, 2008
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Luxemburg, Rosa
Internezzo / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 19.1900-1901, 1. Bd.(1901), H. 21, S. 666 - 667
Electronic ed.: Bonn : FES Library, 2008
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Luxemburg, Rosa
Im Rate der Gelehrten / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 22.1903-1904, 1. Bd.(1904), H. 1, S. 5 - 10
Electronic ed.: Bonn : FES Library, 2008
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Luxemburg, Rosa
Nach dem ersten Akt / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 23.1904-1905, 1. Bd.(1905), H. 19, S. 610 - 614
Electronic ed.: Bonn : FES Library, 2008
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Luxemburg, Rosa
Nach dem Kongreß / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 19.1900-1901, 2. Bd.(1901), H. 36, S. 299 - 305
Electronic ed.: Bonn : FES Library, 2008
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Luxemburg, Rosa
Neue Strömungen in der polnischen sozialistischen Bewegung in Deutschland und Oesterreich / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Revue des geistigen und öffentlichen Lebens. - 14.1895-96, 2. Bd.(1896), H. 32, S. 176 - 181
Electronic ed.: Bonn : FES Library, 2008
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Luxemburg, Rosa
Neue Strömungen in der polnischen sozialistischen Bewegung in Deutschland und Oesterreich / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Revue des geistigen und öffentlichen Lebens. - 14.1895-96, 2. Bd.(1896), H. 33, S. 206 - 216
Electronic ed.: Bonn : FES Library, 2008
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Luxemburg, Rosa
Offener Brief an Jean Jaurès / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 26.1907-1908, 2. Bd.(1908), H. 43, S. 588 - 592
Electronic ed.: Bonn : FES Library, 2008
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Luxemburg, Rosa
Organisationsfragen der russischen Sozialdemokratie / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 22.1903-1904, 2. Bd.(1904), H. 42, S. 484 - 492
Electronic ed.: Bonn : FES Library, 2008
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Luxemburg, Rosa
Organisationsfragen der russischen Sozialdemokratie : (Schluß) / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 22.1903-1904, 2. Bd.(1904), H. 43, S. 529 - 535
Electronic ed.: Bonn : FES Library, 2008
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Luxemburg, Rosa
Tolstois Nachlaß / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit / Feuilleton. - 31.1912-1913, 2. Bd.(1913), H. 62, S. [97] - 100
Electronic ed.: Bonn : FES Library, 2008
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Luxemburg, Rosa
Und zum dritten Male das belgische Experiment / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 20.1901-1902, 2. Bd.(1902), H. 7=33, S. 203 - 210
Electronic ed.: Bonn : FES Library, 2008
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Luxemburg, Rosa
Und zum dritten Male das belgische Experiment : (Schluß) / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 20.1901-1902, 2. Bd.(1902), H. 9=35, S. 274 - 280
Electronic ed.: Bonn : FES Library, 2008
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Luxemburg, Rosa
Von Stufe zu Stufe : zur Geschichte der bürgerlichen Klassen in Polen / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Revue des geistigen und öffentlichen Lebens. - 16.1897-98, 1. Bd.(1898), H. 6, S. 164 - 176
Electronic ed.: Bonn : FES Library, 2008
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Luxemburg, Rosa
Zurück auf Adam Smith! / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Revue des geistigen und öffentlichen Lebens. - 18.1899-1900, 2. Bd.(1900), H. 33, S. 180 - 186
Electronic ed.: Bonn : FES Library, 2008
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Luxemburg, Rosa
Zum französischen Einigungskongreß / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 19.1900-1901, 2. Bd.(1901), H. 33, S. 202 - 210
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Luxemburg, Rosa
Zur Richtigstellung / von Rosa Luxemburg. - [Electronic ed.].
In: Die neue Zeit : Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie. - 28.1909-1910, 2. Bd.(1910), H. 47, S. 756 - 760
Electronic ed.: Bonn : FES Library, 2008
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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009