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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.
 
Voir aussi : http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr/
 
8 août 2021 7 08 /08 /août /2021 21:07
Une oeuvre de Frans Masereel

Une oeuvre de Frans Masereel

Karl Liebknecht est né comme Rosa Luxemburg en 1871 (le 13 août). En même temps qu'elle, il est mort le 15 novembre 1919, assassiné par les corps francs et le régime réformiste, au pouvoir, réunis.

 

Refus de voter les crédits de guerre, le courage du député Liebknecht

Karl Liebknecht est connu pour son refus en décembre 1914 de voter les crédits de guerre, seul député du parti social-démocrate allemand à refuser ce vote. Il lui a fallu un courage hors du commun pour seul dans cet hémicycle se lever et dire non. Il est aussi un des rares membres des partis de la 2e Internationale à refuser, tous pays confondus, la participation à  la boucherie à venir.

 

Une lutte constante contre le militarisme et la guerre, une lutte pour la jeunesse

C'est l'aboutissement d'une lutte constante contre le militarisme marquée par la publication d'un ouvrage majeur en 1907 qui lui vaudra de la prison, "Militarisme et anti-militarisme" dirigé tout particulièrement vers la jeunesse, autre grand combat de Liebknecht.

 

Un combat avec le courant de Rosa Luxemburg

On associe généralement Liebknecht à Rosa Luxemburg. Si leurs combats se déroulèrent sur des bases semblables, ils furent longtemps parallèles. C'est à l'approche de la guerre et pendant celle-ci que se rejoignit leur action, sur des bases révolutionnairess. Au sein du groupe l'Internationale, puis du groupe spartakiste.

 

Le 1er mai 1916

Un moment majeur fut l'organisation par le courant révolutionnaire en pleine guerre, en plein Berlin d'une manifestation le 1er mai 1916 qui conduira le même jour Liebknecht en prison où il restera jusqu'à sa libération en novembre 1918 par la révolution.

 

La proclamation de la république socialiste

L'autre moment qui fait de Liebknecht, un militant connu au-delà des frontières et au delà du temps : la proclamation le 9 novembre de la République socialiste en opposition au courant réformiste proclamant la république sur des bases bourgeoises.

 

Liebknecht assassiné

Du 9 novembre à leur assassinat, le courant révolutionnaire tentera de lutter contre l’instauration de cet ordre bourgeois. Cela lui coutera la vie. Son dernier article intitulé "Malgré tout" reste un texte fondamental pour chacun de nous.

 

 

Pour le 150e anniversaire de sa naissance (le 13 août 1871), en hommage à son action, sur le blog, une semaine avec Karl Liebknecht

Le blog en hommage à son combat va consacrer une semaine à ses textes et à son action.

 

Ici les dernières lignes de son dernier article, Malgré tout :

 

 « Spartakus vaincu ! »

Doucement ! Nous n’avons pas fui, nous ne sommes pas battus ! Et même si vous nous enchaînez, nous sommes là et nous restons là ! Et la victoire sera nôtre !

Car Spartakus, cela signifie : feu et flamme, cela signifie : coeur et âme, cela signifie volonté et action de la révolution du prolétariat. Et Spartakus - cela signifie détresse et aspiration au bonheur, volonté de mener la lutte du prolétariat conscient. Car Spartakus, cela signifie socialisme et révolution mondiale.

La marche au Golgotha de la classe ouvrière allemande n’est pas encore terminée, mais le jour de la rédemption approche ; le jour du Jugement pour les Ebert-Scheidemann-Noske et pour les dirigeants capitalistes qui aujourd’hui se cachent encore derrière eux. Haut jusqu’au ciel battent les flots des événements ; nous sommes habitués à être précipités du sommet jusque dans les profondeurs. Mais notre vaisseau poursuit fermement et fièrement sa route droite - jusqu’au but.

Et que nous vivions encore quand il sera atteint - notre programme, lui, vivra ; il dominera le monde de l’humanité libérée. Malgré tout !

Sous le grondement de l’effondrement économique qui s’approche, l’armée encore sommeillante des prolétaires se réveillera comme au son des trompettes du Jugement dernier, et les corps des combattants assassinés ressusciteront et exigeront des comptes de leurs bourreaux. Aujourd’hui encore le grondement souterrain du volcan ; demain il fera éruption et ensevelira les bourreaux sous ses cendres brûlantes et ses flots de lave incandescente.

Karl Liebknecht

Source : https://www.marxists.org/francais/liebknec/1919/01/liebknecht_19190115.htm

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23 avril 2021 5 23 /04 /avril /2021 20:24

Ce documentaire réalisé par une chaine de télévision allemande en 1966 se concentre sur les responsables militaires. En ce sens, il est incomplet mais donne de nombreuses informations.

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26 février 2021 5 26 /02 /février /2021 11:48
Frans Masereel. — « Le Soleil », 1919. Une gravure sur bois représentant Karl Liebknecht. En contre-point à Rosa Luxemburg

Frans Masereel. — « Le Soleil », 1919

Dans un monde diplomatique en 2018, on trouve cette gravure sur bois. L'auteur de l'article est François Albera. Résumé de l'article :

"Les affiches de l’espoir Clément Moreau, Frans Masereel, Félix Vallotton… à partir de la fin du XIXe siècle, ces artistes utopistes et proches du mouvement ouvrier ont été des virtuoses de la gravure sur bois. Leurs œuvres dénoncent la violence sociale et témoignent des bouleversements de leur époque, de la révolution spartakiste à la montée du nazisme. par François Albera 

... Les affiches placardées [en 68] dans les rues, brandies, dupliquées sur les tracts opéraient un retour à des formes anciennes de l’expression graphique, venues de la gravure sur bois et caractérisées par les contrastes du noir et du blanc ou par l’aplat de couleur, la brutalité et la simplicité du trait, du rapport entre la figure et le fond. Cette imagerie politique, largement oubliée, mais parfois récupérée aujourd’hui au titre d’un esthétisme décoratif (cartes postales, logos, motifs publicitaires), a une histoire ancienne, qu’on peut faire aller de Hans Holbein le Jeune et Jacques Callot à Francisco de Goya et Gustave Courbet....

Ainsi, le grand Théophile Alexandre Steinlen (1859-1923), dreyfusard, créateur de la section syndicale de la Confédération générale du travail (CGT) des dessinateurs de presse, fut un dessinateur, graveur et affichiste anarchiste, proche du Chat noir et collaborateur régulier de La Feuille de Zo d’Axa, de La Revue blanche et de L’Assiette au beurre. Il illustra plusieurs recueils de poèmes de Jehan-Rictus (Les Soliloques du pauvre) et de chansons d’Aristide Bruant (Dans la rue) ...

 

A consulter file:///C:/Users/dp/AppData/Local/Temp/dossier-d-accompagnement-enseignants.pdf

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5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 13:07
1907. Liebknecht,  Et pourquoi devrions-nous accoler ce terme [Politique coloniale] abject et sanglant au mot sacré de social-démocratie?... car ce terme "colonie" inclut justement les notions de "mise sous tutelle", de "domination", de "dépendance".

Van Kol, un fondateur du parti social-démocrate néerlandais! Colonialiste actif.

Au Congrès du SPD en 1907, Karl Liebknecht attaque la notion de "politique coloniale social-démocrate".

La question me semble en grande mesure clarifiée, principalement après les prises de parole de Wurm et Kautsky. J'aimerais seulement attirer l'attention sur un point. Quand on dit que le mot employé importe peu, mais que l'important est le sens qu'il recouvre, ce n'est pas tout à fait juste. Il y a des termes qui prennent un sens traditionnel et ne pas être attentif à ce sens, constitue une faute tactique grave. Celui qui utiliserait le mot militarisme pour désigner notre point du programme sur la milice se heurterait avec raison à une opposition farouche. Il en est de même du terme politique coloniale, qui possède un sens historique très précis que nous ne pouvons pas ignorer. Et pourquoi devrions-nous accoler ce terme abject et sanglant au mot sacré de social-démocratie? Nous voulons mener une politique social-démocrate qui soit expression de la civilisation, une Kulturpolitik. L'expression "Politique coloniale social-démocrate" est une contradiction  en soi; car ce terme "colonie" inclut justement les notions de "mise sous tutelle", de "domination", de "dépendance".

Et ce qui montre qu'il ne s'agit pas là seulement d'une simple querelle philologique, que ce terme de "Politique coloniale" utilisé par les principaux défenseurs de la résolution de van Kol va dans ce sens, est attesté par le fait qu'ils soulignent la nécessité de mettre les peuples inférieurs sous tutelle si nécessaire, et même en utilisant la force armée. Il ne s'agit donc pas là d'une simple querelle de mots, mais d'une discussion concrète et sérieuse. Nous ne pouvons que nous réjouir que la résolution dite minoritaire ait été approuvée à Stuttgart.

 

Traduction carl, 04.12.2020. Merci pour toute amélioration de la traduction.

Source, texte allemand : http://comprendreavecrosaluxemburgdocumentsetdossiers.over-blog.com/2020/12/18.09.1907.liebknecht-au-congres-social-democrate-d-erfurt-sur-le-colonialisme.html

Procès devant la cour impériale. Liebknecht dans le box, Bebel témoin.

Procès devant la cour impériale. Liebknecht dans le box, Bebel témoin.

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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 13:33
Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht ... , "L'ennemi principal est dans notre propre pays" - accès gratuit sur le site les bons caractères

Belle initiative. Pour nous qui refusons de faire travailler des ouvriers, des employés, des postiers pour nous faire livrer.

L’ennemi principal est dans notre propre pays

 

écrit par Lénine, Karl Liebknecht, Rosa Luxemburg, Pierre Monatte, Alfred Rosmer, Khristian Rakovsky, Léon Trotsky mis à disposition gratuitement sur le site des "Bons caractères"
 
 
Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht ... , "L'ennemi principal est dans notre propre pays" - accès gratuit sur le site les bons caractères

Indications sur le site

Nous mettons gratuitement à votre disposition sur notre site une sélection de 6 livres électroniques à découvrir ou redécouvrir en cette période de confinement.

En raison de l'épidémie de coronavirus, nous ne sommes pas en mesure d'envoyer régulièrement les commandes de livres papier.

Par contre, pour les commandes de livres électroniques, pas de problème. Vous pouvez passer commande de vos versions électroniques sur notre site et vous pourrez les télécharger immédiatement après votre paiement.

Alors, à vos liseuses !

 

Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht ... , "L'ennemi principal est dans notre propre pays" - accès gratuit sur le site les bons caractères

1. Table des matières

 

Introduction 5

 

1. Lénine 17

 

Les tâches de la social-démocratie révolutionnaire dans la guerre européenne (septembre 1914)

 

2. Léon Trotsky 23

 

La guerre et l’Internationale (31 octobre 1914)

 

3. Karl Liebknecht 99

 

Déclaration au Reichstag contre le vote des crédits de guerre (2 décembre 1914)

 

4. Pierre Monatte 103

 

Lettre de démission au Comité confédéral de la CGT (décembre 1914)

 

5. Alfred Rosmer 109

 

Un îlot en 1914 : La Vie ouvrière (février 1936)

 

6. 117

 

Les socialistes français et la guerre : discussion entre le député socialiste français Charles Dumas et le socialiste roumain Christian Rakovsky(mai 1915)

 

7. Rosa Luxemburg 149

 

La crise de la social-démocratie (écrit en 1915, publié pour la première fois en 1916)

 

8. Lénine 161

 

Le socialisme et la guerre (août 1915)

 

9. Karl Liebknecht 199

 

L’ennemi principal est dans notre propre pays ! (27 mai 1915)

 

10. Karl Liebknecht 205

 

Lettre à la conférence de Zimmerwald (septembre 1915)

 

11.209

 

Compte-rendu de la conférence de Zimmerwald (5-8 septembre 1915)

 

12. Lénine 221

 

Projet de résolution de la gauche de Zimmerwald (2 septembre 1915)

 

13. Afred Rosmer 225

 

Lettre aux abonnés de la Vie ouvrière (1er novembre 1915)

 

14. Léon Trotsky 237

 

Projet de manifeste pour la conférence de Kienthal (Janvier 1916)

 

15. Résolution de la conférence de Kienthal 243 

 

L’attitude du prolétariat en face des problèmes de la paix (24-30 avril 1916)

 

16. Karl Liebknecht 247

 

Lettre au tribunal gouvernemental allemand de Berlin(17 août 1916)

 

Chronologie 251

 

Table des matières

 

 

Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht ... , "L'ennemi principal est dans notre propre pays" - accès gratuit sur le site les bons caractères
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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 10:44
Ils ont été abattus comme des chiens, Il faut le dire, il faut mettre les mots. Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, Leo Jogiches ont été abattus comme des chiens.Ils ont été abattus comme des chiens, Il faut le dire, il faut mettre les mots. Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, Leo Jogiches ont été abattus comme des chiens.Ils ont été abattus comme des chiens, Il faut le dire, il faut mettre les mots. Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, Leo Jogiches ont été abattus comme des chiens.

Cela fait trente-cinq ans que je côtoie Rosa Luxemburg et par son intermédiaire tout le courant révolutionnaire qui finira par se structurer en un petit groupe cohérent, L'Internationale" au moment du ralliement de la social-démocratie à la boucherie mondiale, puis dans le courant spartakiste, qui prônera une révolution sur des bases de classe.

 

Trente-cinq ans que je vibre à leur sensibilité, à leur intelligence, à leur conscience, à leur courage.

 

Et je suis écoeurée par ce consensus mou qui aujourd'hui traverse l'hommage rendu par ceux-là même qu'elle a toujours combattus, et qui tait ce qui s'est véritablement passé.

 

Qui ne met pas les mots sur l'horreur des faits.

 

Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, Leo Jogiches ont été abattus comme des chiens. Ils avaient été arrêtés sans armes, ils ont été exécutés sans aucun procès, ils ont été abattus pour Rosa Luxemburg d'un coup de crosse, Liebknecht exécuté à bout portant, Leo Jogiches d'une balle dans le dos, tous les trois alors pourtant entre les mains des forces de "l'ordre" sur lesquelles s'appuyait la social-démocratie pour assassiner la révolution qu'elle craignait tant.

 

De ce magnifique groupe qui constituait en pleine guerre l'Internationale, et avec la mort de Franz Mehring qui s'éteint foudroyé après la mort de ses deux amis, il ne va rester comme figure connue que Clara Zetkin, dont on ne peut imaginer comment elle a pu survivre à ces meurtres, à cette barbarie, le corps de Rosa Luxemburg même pas retrouvé encore au moment de son inhumation.

 

Les mots, il faut les dire, pour que personne ne l'ignore plus. Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, Leo Jogiches ont été abattus comme des chiens.

 

Dominique Villaeys-Poirré

comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

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28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 22:20
Refus du vote des crédits de guerre. Déclaration de Karl Liebknecht au Reichstag, le 2 décembre 1914

« Je motive ainsi qu’il suit mon vote sur le projet qui nous est soumis aujourd’hui.


Cette guerre, qu’aucun des peuples intéressés n’a voulue, n’a pas éclaté en vue du bien-être du peuple allemand ou de tout autre peuple. Il s’agit d’une guerre impérialiste, d’une guerre pour la domination capitaliste du marché mondial et pour la domination politique de contrées importantes ou pourrait s’installer le capital industriel et bancaire. Au point de vue de la surenchère des armements, c’est une guerre préventive provoquée solidairement par le parti de guerre allemand et autrichien dans l’obscurité du demi-absolutisme et de la diplomatie secrète.


C’est aussi une entreprise de caractère bonapartiste tendant à démoraliser, à détruire le mouvement ouvrier grandissant. C’est ce qu’ont démontré, avec une clarté sans cesse accrue et malgré une cynique mise en scène destinée à égarer les esprits, les événements des derniers mois.


Le mot d’ordre allemand : «  Contre le tsarisme  » tout comme le mot d’ordre anglais et français : «  Contre le militarisme  », a servi de moyen pour mettre en mouvement les instincts les plus nobles, les traditions et les espérances révolutionnaires du peuple au profit de la haine contre les peuples. Complice du tsarisme, l’Allemagne, jusqu’à présent pays modèle de la réaction politique, n’a aucune qualité pour jouer le rôle de libératrice des peuples.


La libération du peuple russe comme du peuple allemand doit être l’œuvre de ces peuples eux-mêmes.


Cette guerre n’est pas une guerre défensive pour l’Allemagne. Son caractère historique et la succession des événements nous interdisent de nous fier à un gouvernement capitaliste quand il déclare que c’est pour la défense de la Patrie qu’il demande les crédits.


Une paix rapide et qui n’humilie personne, une paix sans conquêtes, voilà ce qu’il faut exiger. Tous les efforts dirigés dans ce sens doivent être bien accueillis. Seule, l’affirmation continue et simultanée de cette volonté, dans tous les pays belligérants, pourra arrêter le sanglant massacre avant l’épuisement complet de tous les peuples intéressés.


Seule, une paix basée sur la solidarité internationale de la classe ouvrière et sur la liberté de tous les peuples peut être une paix durable. C’est dans ce sens que les prolétariats de tous les pays doivent fournir, même au cours de cette guerre, un effort socialiste pour la paix.


Je consens aux crédits en tant qu’ils sont demandés pour les travaux capables de pallier à la misère existante, bien que je les trouve notoirement insuffisants.


J’approuve également tout ce qui est fait en faveur du sort si rude de nos frères sur les champs de bataille, en faveur des blessés et des malades pour lesquels j’éprouve la plus ardente compassion. Dans ce domaine encore, rien de ce que l’on pourra demander ne sera de trop à mes yeux.


Mais ma protestation va à la guerre, à ceux qui en sont responsables, à ceux qui la dirigent; elle va à la politique capitaliste qui lui donna naissance; elle est dirigée contre les fins capitalistes qu’elle poursuit, contre les plans d’annexion, contre la violation de la neutralité de la Belgique et du Luxembourg, contre la dictature militaire, contre l’oubli complet des devoirs sociaux et politiques dont se rendent coupables, aujourd’hui encore, le gouvernement et les classes dominantes.


Et c’est pourquoi je repousse les crédits militaires demandés. »


KARL LIEBKNECHT.

Berlin, le 2 décembre 1914.

L'article sur lequel a été lu ce document :

 

http://solidarite-internationale-pcf.fr/article-le-2-decembre-1914-karl-liebknecht-seul-depute-au-reichstag-allemand-a-voter-contre-les-credits-d-125132260.html

 

Le 2 décembre 1914, Karl Liebknecht, député social-démocrate (SPD), est le seul à voter contre les crédits de guerre au Reichstag, le parlement allemand.

Le 4 août précédent, il s’était élevé une première fois contre ces crédits et avait dénoncé le caractère impérialiste de la guerre qui débutait. Mais, se conformant à la discipline de vote en cours dans groupe social-démocrate, il n’avait pas voté contre.

Après 4 mois de boucherie, il franchit le pas et vote contre. Son acte hautement courageux est historique. Il rompt avec l’Union sacrée allemande et les reniements du SPD. Il rejoint le Parti social-démocrate de Russie dirigé par Lénine et quelques rares dirigeants des partis socialistes européens dans le refus et la dénonciation de la guerre impérialiste, dans la fidélité aux résolutions bafouées par les appareils réformistes de l’Internationale socialiste, notamment celle du congrès de l’Internationale de Bâle en novembre 1912 dont voici un extrait :

« Si une guerre menace d’éclater, c’est un devoir de la classe ouvrière dans les pays concernés, c’est un devoir pour leurs représentants dans les Parlements, avec l’aide du Bureau international, de faire tous leurs efforts pour empêcher la guerre par tous les moyens qui leur paraissent les mieux appropriés, et qui varient naturellement selon l’acuité de la lutte des classes et la situation politique générale.

Au cas où la guerre éclaterait néanmoins, ils ont le devoir de s’entremettre pour la faire cesser promptement et d’utiliser, de toutes leurs forces, la crise politique et économique créée par la guerre, pour agiter les couches populaires les plus profondes et précipiter la chute de la domination capitaliste. »

Nous reproduisons ci-dessous une traduction de l’intervention de Karl Liebknecht au Reichstag le 2 décembre 1914.

En 1916, il sera emprisonné.
Avec Rosa Luxemburg, Liebknecht allait être, le 1er janvier 1919, un des cofondateurs et premier dirigeant du Parti communiste allemand (KPD). Le 15 janvier 1919, ils seront tous les deux lâchement et sauvagement assassinés, lors de la révolte spartakiste, par les forces de répression commandées par le social-démocrate Noske.

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28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 18:32
Karl Liebknecht proclame la République socialiste libre d’Allemagne (novembre 1918)

« Camarades, voici l’aube de notre liberté. Jamais un Hohenzollern* ne mettra plus le pied ici. Ce sont les esprits de millions de personnes qui ont donné leur vie pour la cause sacrée du prolétariat. Avec les crânes brisés, baignant dans leur sang, ces victimes de la tyrannie ont titubé, suivies par les esprits de millions de femmes et d’enfants morts de chagrin et de misère pour la cause du prolétariat. Après eux sont venus les millions de victimes de cette guerre mondiale. Aujourd’hui, une multitude immense de prolétaires impassibles se tient sur la même place, rendant hommage à cette nouvelle liberté. Camarades, je proclame la République socialiste allemande libre qui réunira tous les Allemands dans laquelle il n’y aura plus de bourgeoisie, ni de chefs, ni de serviteurs ; dans laquelle tout travailleur recevra un salaire juste pour son travail. Le règne du capitalisme qui a transformé le continent européen en un marais de sang est brisé. […] Mais si le vieux monde est abattu, nous ne devons pas croire que notre tâche est achevée. Nous devons concentrer toutes nos forces pour construire le gouvernement des ouvriers et des soldats, et pour instaurer un nouvel ordre étatique du prolétariat, un ordre de paix, de bonheur et de liberté pour tous nos frères allemands et pour nos frères du monde entier. Nous leur tendons la main et les appelons à achever la révolution mondiale. Que ceux d’entre vous qui veulent voir réalisées la République socialiste libre d’Allemagne et la révolution mondiale lèvent la main en guise de serment. (Toutes les mains se lèvent et des cris fusent : vive la République !) […] »

 

* La famille Hohenzollern est celle à laquelle a appartenu le dernier empereur allemand GUILLAUME II. Cette famille règne sur l’empire allemand depuis sa création en 1871.

 

Karl LIEBKNECHT, Gesammelte Reden und Schriften (Recueil de textes et discours), Dietz Verlag,

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28 décembre 2019 6 28 /12 /décembre /2019 17:18
Quatre moments dans l'élaboration de l'oeuvre que Käte Kollwitz a consacré à Karl Liebknecht.

Une exposition aux Etats-Unis présente les oeuvres de Käte Kollwitz sur la guerre, la classe ouvrière et l'assassinat de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg.

 

On peut y découvrir l'évolution de l'oeuvre célèbre qu'elle consacra à Liebknecht à la demande de sa famille. Ci-dessous l'extrait de l'article concernant cette oeuvre puis l'article, par ailleurs remarquable, en entier.

Karl Liebknecht’s family asked Kollwitz to portray the assassinated socialist leader. Liebknecht was summarily executed, together with his comrade Rosa Luxemburg, on January 15, 1919 on the orders of the counterrevolutionary Social Democratic Party (SDP) regime of Friedrich Ebert, Philipp Scheidemann and Gustav Noske. In an entry from her diary, dated January 25, 1919, Kollwitz writes: “Around the shot-up forehead were placed red flowers, the face proud, the mouth slightly open and painfully contorted.”

 

In the Liebknecht print, Kollwitz began with charcoal drawings of the deceased revolutionary surrounded by five mourners. She reworked this initial print by cutting and pasting. This initial “reject” was followed by a lithograph, also rejected. The work’s final version is a dramatic woodcut, centered on the impact of his death on those around him.

 

The use of light and shadow highlighting the individual faces and expressions and weathered hands of the workers who came to mourn the murdered man, with their darkened bodies, contrasts with Liebknecht’s own backlit face and dark, open mouth, his eyes shut, almost like a photographic negative image, surrounded by light. The viewer can imagine the worker in the foreground, with a wound on his forehead and his hand on Liebknecht’s shroud, pledging to continue the struggle.

L'article :

 

The great German artist on war, the working class and the murder of socialist Karl Liebknecht - Exhibition at the Getty Center in Los Angeles: Käthe Kollwitz: Prints, Process, Politics - By Rafael Azul -28 December 2019

https://www.wsws.org/en/articles/2019/12/28/koll-d28.html

Käthe Kollwitz: Prints, Process, Politics , December 3, 2019–March 29, 2020, Getty Center in Los Angeles

The Getty Center, a campus of the Getty Museum in Los Angeles, is hosting an exhibition of intaglios, lithographs and woodcuts by German left-wing artist Käthe Kollwitz (1867-1945), one of the most prominent graphic artists of her day.

 

Käthe Kollwitz, 1906, Photographie- Philipp Kester © Käthe Kollwitz Museum Köln

 

The show, the Kollwitz, Prints, Process, Politics, displays a portion of a collection of 654 works by German artists gifted in 2016 to the Getty Research Institute by Dr. Richard Simms. Included in the gift were 286 works by Kollwitz, 52 of which are currently on display at the Getty, arranged chronologically.

Five remarkable series dominate the exhibition: The Weavers Revolt, The Peasant War, Karl Liebknecht, War and Proletariat. Also included are prints from her tribute to Émile Zola’s Germinal and from Woman with Dead Child, along with self-portraits.

The Weavers’ Revolt, inspired by Gerhart Hauptmann’s naturalistic stage drama The Weavers (1892), commemorates the 1844 rebellion of thousands of weavers in Silesia (then a Prussian province) against the brutal exploitation of the factory owners. Kollwitz made the series of prints, which brought her to artistic prominence, between 1893 and 1897. The cycle on the Peasant War, which Kollwitz created between 1902 and 1908, commemorates the peasant rebellion that took place across German-speaking regions in 1524-25.

The Karl Liebknecht series, about the murdered revolutionary, was done in 1919-1920. Kollwitz produced the War series between 1918 and 1923. Proletariat, denouncing the misery and hunger of the working class, following the abortive 1923 German revolution, was created in 1924-25.

Among the elements that make the current Getty exhibition exceptional is its inclusion of extremely valuable intermediary works that led to the final versions. As one moves forward, one can retrace Kollwitz steps, which reveal how she struggled to distill from preliminary drawings the essence of a scene or historical depiction. The viewer is invited, by this inclusion of preliminary works, to participate in that metamorphosis and arrives at a better understanding of Kollwitz’s artistic and political perspective.

Quatre moments dans l'élaboration de l'oeuvre que Käte Kollwitz a consacré à Karl Liebknecht.
Charge, Käthe Kollwitz, 1902–1903. The Getty Research Institute, 2016.PR.34

 

By removing the less important elements and tightening the representation of her subjects, Kollwitz, through her precise, complicated and intricate techniques, placed emphasis on what was emotionally, aesthetically and socially essential.

Karl Liebknecht’s family asked Kollwitz to portray the assassinated socialist leader. Liebknecht was summarily executed, together with his comrade Rosa Luxemburg, on January 15, 1919 on the orders of the counterrevolutionary Social Democratic Party (SDP) regime of Friedrich Ebert, Philipp Scheidemann and Gustav Noske. In an entry from her diary, dated January 25, 1919, Kollwitz writes: “Around the shot-up forehead were placed red flowers, the face proud, the mouth slightly open and painfully contorted.”

In the Liebknecht print, Kollwitz began with charcoal drawings of the deceased revolutionary surrounded by five mourners. She reworked this initial print by cutting and pasting. This initial “reject” was followed by a lithograph, also rejected. The work’s final version is a dramatic woodcut, centered on the impact of his death on those around him.

The use of light and shadow highlighting the individual faces and expressions and weathered hands of the workers who came to mourn the murdered man, with their darkened bodies, contrasts with Liebknecht’s own backlit face and dark, open mouth, his eyes shut, almost like a photographic negative image, surrounded by light. The viewer can imagine the worker in the foreground, with a wound on his forehead and his hand on Liebknecht’s shroud, pledging to continue the struggle.

Quatre moments dans l'élaboration de l'oeuvre que Käte Kollwitz a consacré à Karl Liebknecht.
In Memorian Karl Liebknecht

 

On August 4, 1914, one week after the eruption of World War I, the parliamentary deputies of the Social Democratic Party of Germany cast their vote in favor of war credits. Only weeks before, the Social Democrats had been singing hymns to the international unity of the working class. Now they were signaling their approval of the imperialist slaughter, resorting to the most grotesque pretexts to justify setting the workers of diverse nations against each other. The SPD position troubled and confused many party supporters, including Käthe Kollwitz and her family. The SPD’s support for the war was a consequence of a pronounced turn to the right by the party in the years leading up to the war, an adaptation to the national-reformist milieu of trade union struggles and parliamentary debate.

A letter from Käthe to her son Hans, in April 1917, sheds light on this situation: “You know, at the beginning of the war, you all said Social Democracy had failed. We said that internationalism had to be put aside for now, but back of everything the international spirit remains. Later on, this concept of mine was almost entirely buried; now it has sprung back to life again… the Social Democrats in Russia are speaking the language of truth. That is internationalism.”

Producing the Liebknecht remembrance had a powerful impact on Kollwitz herself, as she noted in a letter: “I was politically opposed, but his death gave me the first tug toward him. Later I read his letters, with the result that his personality appeared to me in the purest light.”

Liebknecht and Luxemburg bitterly opposed the betrayal of the working class by the SPD, which abandoned internationalism and helped transform the German and French working classes into tools of their own ruling classes.

 

The Black Anna, Käthe Kollwitz, 1903. The Getty Research Institute_ 2016.PR.34. © 2019 Artists Rights Society (ARS), New York

 

In the Peasant War series, the three preparatory drawings culminate in that of a peasant woman sharpening a scythe to be used as a weapon in the rebellion. Through the several works Kollwitz increasingly focuses on the transformation of this peasant, from passively leaning of the scythe to sharpening in anticipation of the struggle. In the final version, the woman is sliding her sharpening stone across the blade, while her nearly shut eyes seem to convey her determination.

The Peasant War culminates in a battle scene, concentrating the anger of the peasants rushing into battle.

A similar transformation takes place for the final drawing “Hunger” in the Proletariat series, representing working class women shielding their children from the ghost of death.

The themes of the Getty exhibition reveal the phases of the artist’s life, through the period of the German Empire under Wilhelm II (1888-1918) and the tragedy of World War I, the Weimar Republic (1918-1933), and the rise of Hitler in 1933. Each of these periods is mirrored in her artistic series, which are genuine visual political and personal manifestoes.

Each period represents personal (Kollwitz lost her younger son Peter in one of the earliest battles of World War I in 1914) and political crises for Kollwitz and the German working class as a whole.

Last week, as museumgoers walked by the literature table at the Getty’s Kollwitz exhibition, they were able to purchase, along with several volumes dedicated to the artist, copies of Rosa Luxemburg’s classic work Reform or Revolution (1899). That this volume is being sold and this exhibition takes place are testaments to the contemporary relevance of Kollwitz the artist and Luxemburg the revolutionary.

 

Sharpening the Scythe, Käthe Kollwitz, ca. 1905. The Getty Research Institute, 2016.PR.34

 

After experiencing the exhibition, one leaves with the certainty that these works, which describe the hardship and struggle of workers and peasants, might have been created for the current historical period, describing not just the current wars and the suffering that affect millions of people, but also the fighting spirit of oppressed masses, as they “sharpen their scythes.”

 

The Käthe Kollwitz exhibition will be on display at the Getty Center until March 29, 2020. The exhibition includes two lectures. The first one, on January 28, is Iconic Intelligence: How Käthe Kollwitz Made Pictures Talk, given by Annette Seeler, curator of Berlin’s Käthe Kollwitz Museum. The second, Käthe Kollwitz: Sharpening the Scythe and the Spark of Revolutionary Consciousness, on March 12, 2020, will be given by Louis Marchessano, senior curator at the Philadelphia Museum of Art. Marchessano is also the editor of a book published by the Getty Research Institute to accompany the exhibition: Käthe Kollwitz Prints, Process, Politics .

A related exhibition, Käthe Kollwitz and the Art of Resistance, will be presented at The Art Institute of Chicago from May 30–September 13, 2020.

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27 décembre 2019 5 27 /12 /décembre /2019 11:53
Conrad Felixmüller, Mensch über der Welt, Hommage à Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht), 1919

Conrad Felixmüller, Mensch über der Welt, Hommage à Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht), 1919

Conrad Felixmüller fut à la fois un peintre et un militant politique, membre du Parti communiste Ses peintures traitaient souvent des réalités sociales de la rrépublique de Weimar. Mentor du peintre expressionniste allemand Otto Dix, il fonde avec lui le Groupe 1919 de la Sécession de Dresde.En 1936, le régime nazi le dénonce comme peintre de l'art dégénéré. Il est expulsé de Berlin et 150 de ses œuvres sont détruites par les nazis.De 1949 à 1962, il enseigne à l Université de Halle. (wikipédia)

Menschen über der Welt

»Der alte Wanderprediger« - eine Zeichnung mit Feder, Pinsel, Tusche von 1921 Foto: Archiv

hthttps://www.neues-deutschland.de/artikel/660553.menschen-ueber-der-welt.htmltps://www.neues-deutschland.de/artikel/660553.menschen-ueber-der-welt.html

Von Dietmar Eisold

Menschen bildhaft darzustellen, wurde mir von meiner Knabenzeit her mehr und mehr zu leidenschaftlicher Tätigkeit. Je älter und erfahrener ich bei diesem Tun wurde, um so mehr bezog ich mich dabei auf tätige Menschen. Arbeiterbilder waren herkunftsmäßig die ersten.« Diese Sentenz aus den Tübinger »Legenden« charakterisieren Conrad Felixmüllers frühes, noch ganz im Banne der Dresdner Akademie und des Expressionismus stehendes Schaffen.

Am 21. Mai 1897, heute vor einhundert Jahren, wurde Conrad Felixmüller in einem sozialistischen Elternhaus geboren. Sein Künstlerweg ist markant für dieses Jahrhundert. Zunächst erprobt Felixmüller sein Talent am Konservatorium beim Klavier- und Violinespiel. 1911 besucht er die Zeichenschule der Dresdner Kunstgewerbeschule. 1912, mit fünfzehn Jahren, kommt er in die private Malschule von Ferdinand Dorsch, der ihn in die Malklasse von Carl Bantzer an der Dresdner Akademie empfiehlt.

Die ersten Malergebnisse tragen durchaus schon eine eigene Handschrift, und es kommt der zweite Strang seines Schaffens, die Graphik, zu ersten Ehren. Daß er sich gleich an anspruchsvollen Themen versucht, ist charakteristisch. Zehn Holzschnitte zu den von Arnold Schönberg vertonten Gedichten Albert Girauds »Lieder des Pierre Lunair« entstehen 1913. Ein Jahr später folgen Holzschnitte zu Else Lasker-Schülers »Hebräische Balladen«, die im gleichen Jahr bei Neumann in Berlin gezeigt werden.

Als Felixmüller das stille Refugium der Akademie 1915 verläßt, steht er mitten im brodelnden Strom einer jungen Kunst,

die gegen die altehrwürdigen bürgerlichen Traditionen aufbegehrt. Gleichgesinnte findet er in den führenden künstlerischen Kräften Dresdens, den Dichtern Theodor Däubler, Walter Rheiner, Raoul Hausmann, Walter Hasenclever, Berthold Viertel und Friedrich Wolf. Von den Malern sind Otto Dix, Peter A. Böckstiegel, Constantin Mitschke-Collande, Lasar Segall und Oskar Kokoschka prägend.

Wichtige Beiträge leistet er zur Arbeit der führenden Zeitschriften des Expressionismus, zu Herwarth Waldens »Sturm« und zu Franz Pfempferts »Aktion«. Der Kreis der Künstler und Politiker erweitert sich dadurch weiter. Karl-Schmidt-Rottluff, Ludwig Meidner, Johannes R. Becher, Wieland Herzfelde, Franz Mehring, Otto Rühle und Carl Sternheim treten hinzu. 1919 gründet Felixmüller mit Dix, Böckstigel und Segall die »Dresdner Sezession. Gruppe 1919«. Im gleichen Jahr tritt er der KPD bei. Das Blatt »Menschen über der Welt« ein Gedenkblatt für die ermordeten Rosa Luxemburg und Karl Liebknecht - entsteht durchaus in bekenntnishafter Absicht.

Einen wesentlichen Teil im CEuvre Felixmüllers machen die Darstellungen von Arbeitern und der Arbeitswelt aus. Da ist die dunkle Tafel »Ruhrrevier« von 1920, der »Arbeiter John« von 1921, »Der Arbeitslose im Regen - Dorf Klotzsche« von 1926. Dominiert in den genannten Bildern ein gewisses Moment der Ausweglosigkeit, so erreicht Felixmüller mit dem »Liebespaar vor Dresden« von 1928 eine Stufe, die das neue Selbstbewußtsein der Klasse ausdeutet (für letztgenanntes Bild erhielt Felixmüller den Großen Preis für Malerei der Jubiläumsausstellung des Sächsischen Kunstvereins). Das gilt bedingt auch für den »Zeitungsjungen mit der AIZ« von

1928. Parallel zu diesem Werk entsteht eine Suite von noblen Porträts, die einfühlend das Individuelle des Gegenübers genau treffen.

Der Machantritt der Faschisten hatte einschneidende Konsequenzen für Conrad Felixmüller. 40 seiner Arbeiten wurden in der Ausstellung »Entartete Kunst« an den Pranger gestellt. Der Künstler siedelt nach Berlin-Charlottenburg um. 1937 erhält er einen Preis für das Bild »Klarinettenübung« vom Verein Berliner Künstler. Das führt zu einer wütenden Kampagne durch die Nazis und zur Entfernung von 151 Gemälden aus öffentlichem Besitz. Auf Reisen nach Norwegen und England entstehen vorwiegend Landschaftsbilder, die in ihrer weiträumig-großzügigen Konzeption der heimattümelnden deutschen Kunst Paroli bieten.

1941-1944 folgte nach der Zerbombung des Berliner Ateliers ein Aufenthalt in Damsdorf im Fläming. Er wird schließlich zum Militär einberufen. 1945 Rückkehr aus der Gefangenschaft und erste Ausstellung nach dem Kriege in Altenburg. Zu Friedrich Wolfs »Wie Tiere des Waldes« entstehen Bühnenbilder für das Leipziger Schauspielhaus. Felixmüller schafft die beiden Holzschnittzyklen »Das Jahr des Malers« und »Ich sah und schnitt in Holz«. 1949 wurde er zum Professor an die pädagogische Fakultät der Martin Luther Universität (Halle/Wittenberg) berufen. Nach der Emeritierung 1962 übersiedelte Felixmüller nach Berlin-Köpenick. Es entstehen vor allem Werke mit Lokalkolorit und das bekannte Gemälde »Maschinist im Kohlenwerk«, ein bemerkenswerter Beitrag zum lebenswahren, kraftvollen Arbeiterbild in der frühen DDR-Kunst.

Aus familiären Gründen übersiedelte Conrad Felixmüller 1967 nach Westber-

lin. Sein Schaffen wurde in der DDR und im Ausland mit repräsentativen Kunstausstellungen gewürdigt. Höhepunkt war zweifellos die Goldmedaille auf der Internationalen Graphik-Biennale in Flo-

renz. Sie würdigte das Werk eines Künstlers, der bis zum Tode am 24. März 1977 die verschlungenen Wege des Jahrhunderts mit bemerkenswerter Geradlinigkeit gegangen ist.

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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009