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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.
 
Voir aussi : http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr/
 
15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 22:33

comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

 

Julian Marchlewski a été un proche de ces deux  militants, que nous avons suivi régulièrement dans la correspondance de Rosa Luxemburg. Ce texte est d'une grande précision sur de nombreux points, en particulier sur le combat au sein du SDKPiL. Ce sont des souvenirs politiques réellement personnels. C'est pourquoi, nous reprenons ce texte du site MIA. Il a plus d'authenticité que bien d'autres témoignages...

 


A la mémoire de Rosa Luxemburg et de Leo Tyszka (Jogiches)

 

Souvenirs personnels

Julian Marchlewski

Numéro 3 du Bulletin communiste (deuxième année), 20 janvier 1921, dans la rubrique « Héros et martyrs du communisme ».


En consacrant cet article à la mémoire des camarades Luxemburg et Jogiches, je ne rapproche pas leurs noms pour la seule raison qu'ils ont eu le même sort et qu'ils sont morts tous les deux, en martyrs, de la main des mercenaires exaspérés des traîtres au socialisme allemand, mais surtout parce que ces deux remarquables militants étaient étroitement liés par une amitié de trente ans et par un travail idéologique commun.


Rosa Luxemburg naquit en 1870 dans la petite ville polonaise de Zamość, d'une famille juive naguère assez riche mais appauvrie. Vers 1880, sa famille vint s'installer à Varsovie et Rosa entra au gymnase. Elle avait conservé de sa vie de famille les meilleurs souvenirs. Sa mère était instruite. Elle aimait à lire avec ses enfants les œuvres de poètes polonais et allemands et l'impressionnable Rosa, passionnée de poésie, se mit sous l'influence de ses lectures, à écrire elle-même des vers. Elle aima surtout Mickiewicz : par la suite, au cours de son activité littéraire, rares seront ses articles où l'on ne trouvera pas une citation de Mickiewicz. La famille était souvent dans la gêne et il lui arrivait même d'engager sa literie chez l'usurier pour en obtenir quelques roubles ; mais cette misère ne provoquait pas, comme, d'habitude, le découragement et l'aigreur. Je me souviens que Rosa Luxemburg racontait comment elle alluma un jour la lampe avec un bout de papier qui n'était autre chose que le dernier argent que son père venait de se procurer avec peine ; le vieillard ne la punit pas mais, la première émotion passée, la consola en plaisantant sur la cherté de ses allumettes. Cette atmosphère de bonne humeur concourut certainement au développement intellectuel de la future militante.


Ces capacités étaient grandes et se firent remarquer dès l'école. Rosa acheva brillamment ses études de gymnase et si elle ne reçut pas la médaille d'or c'est que la directrice suspectait déjà ses « dispositions politiques ».


Soupçons fondés : notre élève du gymnase appartenant à un groupe socialiste où on lisait des brochures éditées par le parti du « Prolétariat »1 et où l'on rêvait de propagande et d'action parmi les ouvriers. Les gendarmes veillaient et bientôt, en 1888, « la conspiratrice » de 18 ans dut fuir à l'étranger. Sa fuite fut organisée par un des plus habiles conspirateurs du Parti de ce temps-là, le camarade Kasprzak2, pendu depuis.


Rosa Luxemburg arriva à Zurich. Elle vécut là dans, la famille d'un émigré allemand, le docteur Karl Lübeck, publiciste social-démocrate. Il avait épousé une Allemande et Rosa, dans cette maison, se sentait chez elle. Lübeck était un homme d'une grande intelligence, possédant d'immenses connaissances, mais gravement atteint de paralysie. Les meilleures relations s'établirent entre lui et la jeune étudiante ; elle écrivait sous sa dictée les articles au moyen desquels le malade gagnait son pain. Elle passait ensuite de longues heures en causerie avec lui ; il dirigeait ses études. Nul doute que la camarade Luxemburg n'ait été, dans les premières années de sa vie d'étudiante, très redevable à cet homme de valeur.


En 1891, Rosa Luxemburg fit la connaissance du camarade Jogiches. Je n'ai pas de renseignements sur les années de jeunesse de ce dernier et je crois que même les camarades qui ont travaillé pendant de longues années avec lui n'en ont pas non plus. Ce qui s'explique par la répugnance de Jogiches à parler de lui-même : il n'initiait personne à ses affaires personnelles. Peut-être des amis lui ayant été plus proches nous raconteront-ils, un jour, l'enfance et la jeunesse de ce lutteur.


Je dirai pourtant ce que j'ai pu en apprendre. Leo-Samoïlovitch Jogiches était né à Vilnius en 1867, d'une riche famille juive. De bonne heure, il prit part au mouvement révolutionnaire, et fut arrêté en 1888 par la gendarmerie de Vilnius pour « propagande active contre les autorités, parmi les ouvriers ». On le condamna à 4 mois de prison et on le laissa sous surveillance spéciale. En 1890, il passa à l'étranger pour ne pas faire de service militaire. En Suisse, il entra en relations avec Plekhanov, mais se sépara bientôt de lui. A cette époque, dans les milieux social-démocrates russes, régnaient des mœurs assez antipathiques. En Russie, le mouvement naissait seulement : parmi les émigrés Plekhanov régnait selon son bon plaisir. Celui qui ne s'accordait pas personnellement avec lui était mis au banc et se voyait dénier la qualité de social-démocrate. Le camarade Jogiches n'était pas un souple et ne voulut pas se soumettre à ce régime. D'autres émigrants se groupèrent avec lui et décidèrent bientôt d'agir indépendamment. La question la plus importante était celle de la librairie révolutionnaire. La jeunesse émigrée et les milieux ouvriers en Russie avaient le plus grand besoin de littérature. Jogiches disposait d'assez grandes ressources et, ayant réuni quelques collaborateurs (Kritchevski3, Riazanov, Parvus), il se mit à éditer la « Bibliothèque social-démocrate ». Ses qualités d'organisateur se révélèrent tout de suite. Il n'écrivait pas lui-même, mais il était un rédacteur modèle, exact jusqu'au pédantisme. Les petits livres de sa Bibliothèque étaient magnifiquement édités et le transport en était aussi bien assuré.


Parallèlement à son travail d'édition, Jogiches voulut combler les lacunes de ses connaissances. Ses capacités intellectuelles étaient supérieures. Il s'orientait rapidement dans les questions les plus difficiles ; il avait une mémoire et une érudition remarquables.


Chose singulière : le camarade Grosovsky (tel était alors son pseudonyme) donnait aux publicistes du parti d'excellents conseils ; intéressé par quelques questions, il pouvait, pour son étude, dresser le plan le plus exact et le plus réussi ; mais écrire, même s'il s'agissait d'un article de journal, lui était difficile. Il le reconnaissait, et la nécessité absolue seule pouvait l'obliger à prendre la plume.


Ayant fait la connaissance de Rosa Luxemburg, Jogiches s'intéressa aux questions du socialisme polonais, qui la préoccupaient alors. Il étudia le polonais, et si bien, qu'il put plus tard s'acharner à bannir des articles des camarades polonais les expressions russes ; et bientôt il renonça à toute activité dans le mouvement russe, consacrant toutes ses forces au mouvement social-démocrate polonais.


Les questions du socialisme polonais étaient alors extrêmement complexes et intéressantes. Le mouvement révolutionnaire socialiste représenté par le Parti du Prolétariat, à la tête duquel se trouvaient Ludwik Waryński et Kunicki4 traversait vers 1880 une crise difficile. Le parti, consacrait toutes ses forces au terrorisme et n'était pas en état d'organiser les masses ouvrières que le développement extraordinairement rapide du capitalisme en Pologne poussait d'instinct aux luttes purement économiques. Une Union Ouvrière se fonda à Varsovie, s'efforçant de diriger le mouvement gréviste et faisant aussi, selon ses moyens, une propagande marxiste. Cependant, le Parti du Prolétariat se divisait sous l'influence des courants nationalistes dominant alors toute l'Europe. Les groupes d'émigrants placés à la tête du Parti, interprétant d'une façon erronée les principes du mouvement des masses ouvrière, se laissèrent pénétrer par l'idée d'accorder le socialisme avec le patriotisme. La Pologne, — affirmaient les publicistes de cette tendance, — a dépassé par son développement économique la Russie sous le joug politique de laquelle elle se trouve et c'est pourquoi le but du prolétariat polonais doit être la libération de son pays, la création d'un Etat polonais indépendant, afin de se frayer un chemin vers le socialisme.


Cette tendance aboutit à la fondation du Parti socialiste polonais (P. P. S.).


En Pologne, cette tendance était combattue par l'Union Ouvrière et, dans l'émigration, principalement à Zurich, un groupe de jeunes s'efforça de lui opposer un programme marxiste dans son ensemble. A ce groupe appartenait te camarade Wesołowski5, lâchement assassiné depuis par les gendarmes polonais. Des étudiants en faisaient partie qui, par la suite, ont quitté les rangs des militants de la révolution, mais se sont fait connaître autrement (c'est le cas entre autres de l'un des plus remarquables poètes de la Pologne contemporaine, W. Berent6). Mais il devait appartenir à Rosa Luxemburg de créer le fondement théorique du marxisme polonais et du mouvement social-démocrate, son collaborateur le plus actif, le plus dévoué dans ce travail fut le camarade Joguiches-Grosovsky.


Les thèses fondamentales de cette tendance étaient celles-ci : le capitalisme se développe dans la Pologne asservie dans un étroit accord avec le capitalisme russe, allemand et autrichien ; les liens les plus étroits se créent nécessairement entre la bourgeoisie des provinces polonaises et celle de ces États ; la lutte des classes devient plus âpre en Pologne et rend impossible l'insurrection contre le joug national. La tâche du prolétariat polonais c'est de lutter, de concert avec les ouvriers russes, allemands et autrichiens, contre l'ordre capitaliste ; cette lutte politique et économique doit être conduite en tenant compte des conditions de la vie politique dans chaque Etat, ce qui rend nécessaires des relations étroites avec les Partis socialistes russe, allemand et autrichien. L'autonomie du Parti polonais, qui lui permet de défendre les intérêts de la culture du prolétariat polonais, doit être naturellement sauvegardée. Seule la révolution commune, en détruisant l'ordre capitaliste, entraînera la libération de tous les peuples, donc du peuple polonais ; tant que règne l'ordre capitaliste, la création d'un Etat polonais indépendant n'est pas possible. La tâche des prolétaires polonais, ce n'est donc pas de lutter pour une Pologne capitaliste indépendante, mais pour la destruction des Etats capitalistes en général. Tout ceci nous paraît aujourd'hui indiscutable, mais il fallut alors un énorme travail pour ouvrir un chemin à ces idées.


Rosa Luxemburg prouva de suite un remarquable talent de publiciste et les dons d'un brillant théoricien. Nous reconnûmes volontiers en elle notre guide doctrinal. Le camarade Jogiches était son auxiliaire le plus actif bien que seuls ses plus proches amis l'avaient su.


La nouvelle tendance eut bientôt à soutenir son premier combat sur une large arène. A l'automne de 1891, la gendarmerie du tsar détruisit l'Union Ouvrière dont presque tous les leaders furent arrêtés. La manifestation du 1er mai, en 1892, revêtit néanmoins des proportions grandioses, montrant que le mouvement des masses ouvrières était devenu en Pologne un fait capital de la vie sociale.


En 1893, il devint possible de renouveler et d'élargir notre activité révolutionnaire dans la région. Le camarade Wesołowski était alors l'un des meilleurs organisateurs. Les ouvriers de l'Union et ceux qui restaient du Parti du Prolétariat adhérèrent au nouveau groupe et nous adoptâmes le nom de Parti Social-Démocrate de l'empire polonais. Cette appellation paraîtra étrange à beaucoup (quel accouplement de mots : socialiste et empire !). Elle fut choisie dans un but défini. Nous voulions exprimer ainsi que, selon nos doctrines, nous étendions notre organisation sur un territoire donné et précisément sur cette partie de la Pologne où le prolétariat doit lutter la main dans la main avec le prolétariat de toute la Russie. Justement, cette année-là, un Congrès Socialiste International se réunissait à Zurich. Nous résolûmes de nous y affirmer devant le prolétariat du monde entier. Les ouvriers de Varsovie m'envoyèrent un mandat de délégué. Les groupes de l'étranger en donnèrent à Rosa Luxemburg et au camarade Warszawski. Les meneurs du P. P. S. menaient contre nous une furieuse campagne dans laquelle ils eurent recours aux moyens les plus honteux, accusant effrontément le camarade Warszawski d'être « un agent russe ». Comme il y avait parmi eux des hommes entretenant depuis longtemps d'excellentes relations avec les chefs de l'Internationale : Engels, Wilhem Liebknecht et d'autres, il leur fut facile de nous représenter comme un petit groupe d'intrigants rompant l'unité du socialisme polonais. Malgré le brillant discours de Rosa Luxemburg réfutant ce mensonge le Congrès résolut de ne valider ni son mandat ni celui du camarade Warszawski. Plekhanov joua dans cette affaire un bien piètre rôle ; il connaissait les affaires polonaises et il eût suffi d'un mot de lui qui jouissait dans l'Internationale d'une si grande popularité pour anéantir toute cette intrigue. Mais il préféra se taire et reconnut plus tard qu'il lui sembla fâcheux de « devoir aller à l'encontre de l'opinion du vieil Engels ». Malheureusement, ces choses devaient par la suite arriver assez souvent dans la Seconde Internationale où les affaires se décidaient fréquemment selon les sympathies et les antipathies des chefs jouissant d'une certaine popularité. Nous subîmes un échec, mais on s'intéressa dans l'Internationale aux questions du socialisme polonais et l'occasion se présenta à nous d'exposer ces questions dans la presse française et allemande. Cette tâche aussi fut surtout dévolue à Rosa Luxemburg.


L'étude des questions du mouvement ouvrier polonais avançait et le mouvement se fortifiait. Rosa Luxemburg suivait à ce moment les cours de l'Université. En 1897, elle présenta pour son doctorat une brillante dissertation sur le développement de la production en Pologne. Elle se distinguait non seulement par des connaissances solides, mais par une dialectique brillante qu'elle faisait valoir dans ses fréquentes discussions avec le professeur d'Economie politique, Julius Wolf, adversaire résolu du marxisme. Nous préparions tout simplement ces discussions : j'amenais tout doucement l'honorable professeur sur ce sujet glissant, puis, disposant de toutes les armes du marxisme, nous lui prouvions qu'il n'y comprenait pas un traître mot. Nous devons rendre cette justice à l'Université de Zurich que malgré notre propagande elle ne s'opposa aucunement à notre obtention du doctorat.


En 1897, Rosa Luxemburg ayant terminé ses études universitaires, résolut de passer en Allemagne. Pour avoir la possibilité de militer, elle se maria fictivement avec l'un des fils du docteur Lübeck et devint de cette façon allemande. Elle travailla parmi les ouvriers polonais en Posnanie et en Silésie, collaborant en même temps aux journaux allemands et à l'organe scientifique du parti Die Neue Zeit. Je m'étais rendu en Allemagne un an auparavant et je collaborais à Dresde à cet organe dont Parvus était le rédacteur. Mais, en 1898, nous fûmes tous deux expulsés de Saxe. Rosa Luxemburg nommée rédacteur du journal de Dresde ne put s'y accorder et commença bientôt à collaborer au Leipziger Volkszeitung, dont le rédacteur était alors le meilleur journaliste allemand, Schönlank7. Apres sa mort, Rosa Luxemburg seule rédigea un moment ce journal.


C'était le moment où commençait la crise du mouvement ouvrier allemand : Bernstein entrait en lice et le « révisionnisme » se répandait. Rosa Luxemburg se jeta dans la polémique et ses remarquables articles précisèrent nos lignes de tactique. Bientôt les questions de tactique devinrent actuelles dans toute l'Europe. La question de la participation des socialistes au gouvernement bourgeois (ce qu'on appelait le millerandisme) se posa et d'une façon générale ce fut le commencement d'une âpre lutte entre les courants révolutionnaire et réformiste. Le talent dialectique et polémique de Rosa Luxemburg s'y manifesta dans toute sa force : elle devint bientôt l'un des champions les plus en vue de la tendance révolutionnaire. Le Parti Social-Démocrate polonais la nomma membre du Bureau International, et depuis ce jour elle ne cessa de combattre pour les idées révolutionnaires sur la plus large arène. Ici encore, Jogiches était son inséparable collaborateur. Les proches amis de Rosa savent qu'elle ne donnait à composer aucun de ses articles de polémique ou de programme sans qu'il l'ait relu. Cependant, nos deux camarades ne cessaient pas de s'intéresser au mouvement polonais. Le logement de Rosa Luxemburg, à Friedenau (faubourg de Berlin) était le centre vers lequel se dirigeaient les camarades venant de Varsovie pour demander conseil ; c'est là aussi que venait Jogiches dans les mains duquel se trouvaient tous les fils reliant le Parti du pays avec les camarades travaillant pour lui dans l'émigration.


Ainsi passèrent, dans une constante lutte pour les idées révolutionnaires, les années de 1897 à 1905. Dans cette lutte, Rosa Luxemburg rendit au prolétariat d'inappréciables services en ne reculant pas d'un pas de la ligne de conduite du marxisme révolutionnaire. Un fait caractérise sa personnalité : c'est que malgré ses façons impitoyables et sa dureté parfois excessive dans la polémique, ses plus grands adversaires (parmi lesquels figurèrent quelquefois Jean Jaurès et Bebel) la respectaient et même l'aimaient. Elle était alors liée par une amitié étroite avec Karl Kautsky sur lequel elle avait une grande influence et qu'elle stimulait à aller de l'avant quand se manifestaient ses velléités opportunistes.


La Révolution Russe (1905 à 1906) éclata et le prolétariat polonais constitua dans cette lutte à mort une bonne avant-garde. Jogiches s'empressa de se rendre à Varsovie. Rosa voulut absolument le suivre. C'est en vain que nous lui déclarâmes qu'elle devait rester à Berlin où nous avions besoin de son travail scientifique qu'elle pourrait difficilement continuer dans son pays. Malgré notre opposition catégorique elle débarqua, un beau matin, à Varsovie nantie d'un passeport allemand. Tyszka — c'est le pseudonyme que Jogiches avait alors adapté — fut mécontent, mais il dut se résigner. Rosa Luxemburg déclara formellement qu'elle ne quitterait pas son poste et se mit à travailler avec notre journal.


Pas pour longtemps, hélas ! Quelques semaines plus tard, elle tombait entre les mains de la police qui n'avait pas eu de difficulté à établir son identité. Par bonheur, à cette époque, la désorganisation de la police commençait déjà. Par la menace de venger cruellement Rosa et par la corruption nous la fîmes libérer sous cautionnement après quoi les camarades la renvoyèrent à l'étranger : elle protesta, mais cette fois nous fûmes inébranlables.


Tyszka avait été arrêté en même temps qu'elle. Son travail avait été magnifique. Notre journal était grâce à lui admirablement organisé. Il avait soumis la rédaction clandestine installée au centre de la ville au régime le plus sévère. Il n'écrivait généralement pas lui-même. Mais tout article (et presque toutes les notes) était écrit d'après ses instructions, « pour que notre numéro, disait-il, soit d'une seule pièce » ; pas une ligne n'était envoyée à la composition sans avoir été attentivement relue par lui, il tenait ses collaborateurs dans une main de fer, n'admettant ni fatigue ni « disposition d'esprit particulière ». — « Il faut travailler, voilà tout ! » Et, le voyant, infatigable, du matin à la nuit, tous se soumettaient à sa remarquable organisation du travail. Mais il ne se bornait pais à tenir ainsi sa collaboration littéraire, il ne lâchait pas non plus les typographes et les collaborateurs techniques. A Dieu ne plaise qu'une notule fût composée dans un caractère autre que celui qui était indiqué sur la copie ! A Dieu ne plaise qu'un numéro ne fût pas composé selon toutes les règles de l'art typographique ! Une expédition inexacte était un crime impardonnable. Il arrivait à de malheureux collaborateurs d'encourir des reproches pour quelque 5 numéros qui un mois auparavant étaient arrivés quelque part en retard8. Tyszka se rappelait tout et veillait à tout et pourtant il avait, outre son travail de rédaction, un très grand travail d'organisation. Il connaissait par le menu le travail du Parti et se préoccupait continuellement de tout. Mais ce travail minutieux ne diminuait pas sa largeur de vues et il se distinguait dans toutes les questions théoriques par sa réserve et par sa prévoyance. On l'arrêta, en février 1916, avec Rosa Luxemburg. Identifié, jugé, il fut condamné à 8 ans de travaux forcés. Mais en février 1907 les camarades réussirent à organiser son évasion. Cette entreprise fut menée à bien par le camarade Ganetsky9 : un gardien fut acheté, on procura à Tyszka un costume et on l'emmena. Je me souviens qu'il vint tout droit de la prison à la rédaction, où il dut rester plusieurs jours avant d'avoir trouvé un logement plus sûr. Les affaires de la rédaction étaient déjà moins bonnes. Presque tous les rédacteurs étaient emprisonnés. Il était de plus en plus difficile de faire marcher la typographie et notre journal avait perdu son élégance. Tyszka commença par s'en faire apporter une collection complète ; il la parcourut avec effroi ; Que de coquilles ! J'indiquai que le correcteur devait travailler tantôt sous sa machine, tantôt dans la cave. Mais il ne fut pas convaincu : « il faut pour la correction une tête et des mains, et tant qu'on a une tête sur les épaules et un crayon dans les mains on peut travailler n'importe où ! » Et de fait Tyszka pouvait travailler ainsi. Puis il se mit au travail et dans la nuit rédigea une série d'instructions qui lui parurent utiles pour améliorer nos affaires. Ayant réussi à passer la frontière sans encombre, — et je me souviens qu'un officier révolutionnaire le conduisit en voiture jusqu'à la frontière, — Tyszka ne resta pas un instant inactif et prit la direction du groupe étranger qui retrouvait son ancienne importance pendant que la contre-révolution triomphait en Pologne et en Russie. Je rencontrai de nouveau Tyszka à l'étranger au congrès du Parti social-démocrate russe, à Londres, pendant l'été de 1907. Nous luttions contre les mencheviks et Tyszka qui, pendant toutes ces années était resté en contact avec les camarades russes était tout naturellement le guide du groupe polonais. Il était au courant de toutes les affaires russes dans leurs moindres détails et il prit la part la plus active au travail compliqué qu'il fallut faire à ce congrès où des questions « délicates » s'embrouillaient prodigieusement10. Dans ces cas il se révélait « diplomate » défendant pourtant ses positions avec ténacité et de fait sa « diplomatie » n'abandonnait jamais rien de la tactique strictement révolutionnaire. Les mencheviks et les bundistes le voyaient naturellement d'un fort mauvais œil. Il nous arrivait aussi, il est vrai, de nous quereller avec les camarades bolcheviks avec lesquels nous n'étions pas d'accord sur des questions d'organisation. Mais grâce à la retenue de Tyszka, les relations entre les bolcheviks et le groupe polonais restèrent toujours satisfaisantes.


Dès 1907, Rosa Luxemburg se plongea dans les affaires allemandes. On approchait de cette période fatale pendant laquelle l'aspect extérieur du Parti fut excellent tandis qu'en réalité la gangrène le rongeait profondément. La tendance radicale semblait avoir vaincu. Les Congrès adoptaient des résolutions très radicales. Mais ceux qui savaient voir voyaient que ce radicalisme était pire que tout opportunisme. L'arrivisme se développait dans le Parti, la bureaucratie atteignait des proportions excessives. On avait la lettre radicale sans esprit révolutionnaire. Il était très difficile de lutter contre cet état de choses, qui devait enfin amener à la catastrophe morale du 4 août 1914. Parmi les chefs influents, le vieux Bebel n'avait plus son ancienne intuition révolutionnaire et Karl Kautsky, n'ayant jamais été en contact avec la vie du Parti, s'enfermait toujours plus dans un dogmatisme livresque. Les hommes nouveaux dans les rangs des radicaux, les Scheidemann, les Ebert, les Haase n'avaient jamais été révolutionnaires au fond de leur âme et ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez ; les autres n'étaient que de vulgaires arrivistes. Rien d'étonnant à ce que dans cette atmosphère les meneurs aient réussi à représenter Rosa Luxemburg et ses partisans, qui ne cessaient de sonner le tocsin, comme des « critiques chagrins », ne troublant la paix du Parti que « par amour des disputes ». Kautsky céda enfin à cette tendance et son attitude, en 1912, amena la rupture d'une amitié datant de longues années. Cet érudit de bibliothèque eut enfin le courage de traiter Rosa Luxemburg et ses amis d' « anarchistes-syndicalistes ».


Malgré ce travail énervant, Rosa trouvait encore du temps pour des travaux scientifiques fondamentaux. On l'avait désignée pour enseigner à l'école marxiste du Parti l'économie politique et, non seulement elle se révéla un pédagogue modèle, mais encore préparant très consciencieusement ses leçons, elle écrivit un remarquable cours d'économie marxiste, qui, par malheur, n'a pas été imprimé (et il faut craindre que les bandits de Noske, qui, aux jours tragiques de janvier, ont violé le domicile de Rosa Luxemburg, aient détruit ce manuscrit, en même temps que beaucoup d'autres). A cette époque, un autre travail important de Rosa fut édité : L'Accumulation du Capital.


C'était aussi le moment de son activité de propagande la plus intense. Les calomnies des chefs du Parti contre Rosa Luxemburg n'eurent pas d'effet sur les masses. Dans toutes les villes, même dans le centre du révisionnisme, les ouvriers aimaient à entendre « notre Rosa » et son talent si entraînant d'orateur agissait même sur ceux que l'opportunisme avait contaminés. Je me souviens qu'un camarade (de Mannheim, je crois) racontait l'étonnant effet d'un discours de Rosa Luxemburg : les ouvriers déclarant à leurs chefs habituels qu'ils voyaient maintenant combien ils avaient été trompés et exigeant que Rosa Luxemburg fût invitée à faire une série de conférences et de causeries-discussions sur tes questions intéressant le Parti. Ces cas étaient fréquents.

En 1913, Rosa Luxemburg prononça, à Francfort-sur-le-Main, un discours antimilitariste pour lequel elle fut poursuivie et condamnée à un an de prison. Mais, pendant les délais d'appel à une instance supérieure, elle prononça, à Berlin, un nouveau discours, dans lequel elle disait entre autres que dans les casernes de l'Allemagne les soldats étaient chaque jour odieusement brutalisés et brimés. Elle fut de nouveau poursuivie. La défense se chargea de prouver la véracité de ses assertions et invita des témoins à se faire connaître par les journaux du Parti. En juin 1914, quelques semaines avant la guerre mondiale, le procès s'ouvrit, plusieurs centaines de témoins se présentèrent à l'audience dès le premier jour, prêts à déposer sur les horreurs de la vie de caserne et le défenseur déclara que sa liste comptait plusieurs milliers de noms. Le gouvernement s'effraya, le procès fut remis, — et l'on n'en reparla plus.


A cette époque, le camarade Tyszka travaillait dans les partis polonais et russes. On avait commencé à éditer à Varsovie un journal hebdomadaire légal, mais comme tous les écrivains du Parti devaient émigrer, la rédaction était à Berlin et Tyszka, naturellement, en avait la charge. Il habitait alors à l'hôtel, à Steglitz, faubourg de Berlin, et Franz Mehring, qui connaissait à fond l'histoire de la Prusse, découvrit que cet hôtel avait été jadis le palais du général Wrangel, qui réprima la révolution de 1848. Chaque fois qu'il voyait Tyszka, le vieillard affirmait que Wrangel devait se retourner dans son cercueil à la seule idée qu'un révolutionnaire comme Tyszka habitait maintenant son logis. Notre rédaction siégeait dans une petite chambre de cet hôtel. Tyszka y introduisait de nouveau son régime sévère tançant vertement les coupables si le travail n'était pas parfait. Le fait est qu'on ne pouvait diriger de Berlin la rédaction d'un journal de Varsovie qu'au prix d'une exactitude exemplaire et que sous ce rapport notre confrérie littéraire n'était bonne à rien. Cependant, l'énergie de Tyszka faisait marcher l'affaire, bien que notre journal, régulièrement suspendu, dût continuellement changer de nom pour ressusciter ; il vécut près d'un an changeant, je crois, sept fois de nom.


Tyszka dut travailler dans le Parti russe, ayant été désigné par le Parti polonais qui s'était fédéré avec les organisations russes, en qualité de membre du Comité Central. Comme il était dans son travail ponctuel jusqu'à l'exagération, croyant indispensable d'informer de tout ce qui concernait les intérêts généraux la direction du Parti polonais, qui se réunissait périodiquement à Berlin, il dut tenir toute une série de notes et de livres, cela seul et dans les conditions les plus pénibles : il vivait avec un passeport étranger. La police pouvait à chaque instant tomber chez lui et c'est pourquoi son « bureau » était installé dans les appartements de certains camarades allemands chez qui les papiers étaient déposés, tandis que d'autres adresses d'Allemands servaient pour la correspondance. Nous fîmes un jour le calcul que Tyszka avait affaire de cette façon dans une douzaine d'appartements. Il ne renonçait pas à ce système pour des raisons d'ordre conspiratif ; de la sorte, les matériaux étaient si dispersés que même en découvrant un appartement la police n'y trouverait qu'une petite partie de documents dont elle ne pourrait tirer aucun avantage. Je lui demandai un jour : « Mais, qu'arrivera-t-il si vous tombez brusquement malade ? Personne ne se retrouvera dans ce travail ! ». Il me répondit simplement : « Il ne m'est pas permis d'être malade ». Le fait est que seule une capacité de travail déconcertante et une santé de fer permettaient à Tyszka d'accomplir le travail énorme dont il se chargeait.


La guerre éclata. Dès le premier jour, Rosa Luxemburg commença sa propagande contre la guerre. Elle comptait grouper pour un travail commun un groupe choisi de camarades allemands. Et d'abord elle pensa qu'il était nécessaire de publier un manifeste signé au moins d'un petit nombre de noms populaires parmi les ouvriers. Tyszka dit tout de suite qu'il n'en résulterait rien.


Pourtant, avec Rosa, nous tentâmes l'essai. Mais sept personnes seulement, répondant à son invitation, se réunirent chez elle pour examiner la question ; de ce nombre, il n'y avait que deux militants connus, Mehring et Lentsch. Ce dernier promit de signer, mais se déroba ensuite. Le manifeste n'eût été signé que de Rosa Luxemburg, de Clara Zetkin et de Franz Mehring, ce qui était naturellement inadmissible ; il fallut y renoncer. Le lecteur non initié aux choses d'Allemagne se demandera peut-être : Et Liebknecht ? Malheureusement Liebknecht hésitait encore et ce n'est que quelques mois plus tard qu'il se décida à combattre la guerre.


Il fallut se résoudre à l'activité clandestine. Fort peu de camarades y étaient préparés. Le petit groupe qui se mit au travail était composé des camarades Luxemburg, Tyszka, Mehring, des époux Duncker11, d'Ernst Meyer, de Wilhelm Pieck, de Lange12 et de moi. Je crois bien que c'est tout. Mathilde Jacob13 et la camarade Ezerskaya14 nous donnaient un concours technique matériel. Notre situation n'était pas brillante, nous n'avions ni argent, ni organisation de parti et, en outre, les militants allemands n'avaient aucune notion de propagande clandestine. Pourtant tout marcha. Tyszka et Meyer se chargèrent d'organiser une typographie. Pieck, Eberlein et Lange, à l'aide de leurs relations, donnèrent le moyen de répandre les publications, mais Tyszka dut bientôt assumer la direction de ces deux parties de l'entreprise. Nous pûmes ainsi éditer une série de manifestes contre la guerre. Nous décidâmes en outre de commencer à éditer un journal légal, l'Internationale, mais il fut supprimé dès son premier numéro.


En février 1915, la condamnation de Rosa Luxemburg fut confirmée en dernière instance ; on l'emprisonna pour un an. Elle réussit pourtant à écrire et à nous faire passer — principalement avec le concours de l'active et infiniment dévouée Mathilde Jacob — des feuilles volantes et une brochure intitulée La Crise de la Social-Démocratie.


Elle insistait pour que la brochure fût éditée sous son nom, mais nous savions qu'en pareil cas elle eût été menacée de travaux forcés et nous refusâmes. La brochure fut signée du pseudonyme de Junius.


Sa détention terminée, Rosa revint parmi nous. Liebknecht, maintenant, était aussi avec nous, et le travail s'était considérablement, élargi. Mais, en juin 1916, Rosa Luxemburg était de nouveau emprisonnée, « par mesure administrative ». Je me trouvais alors dans un camp de concentration, mais je sais qu'alors aussi Rosa Luxemburg collaborait aux feuilles volantes qui paraissaient sous le titre de Lettres de Spartacus ; je sais que l'impression et la diffusion de ces feuilles furent merveilleusement organisés grâce surtout à l'invincible énergie de Jogiches. Sa grande expérience de l'activité clandestine ne permettait pas aux autorités allemandes de l'arrêter, bien qu'il dût, par suite de l'arrestation ou de l'envoi au front de presque tous les militants éprouvés du groupe Spartacus, travailler dans un cercle assez large et visiter des réunions nombreuses. La police savait seulement qu'un mystérieux étranger était à la tête du groupe. On réussit pourtant à l'arrêter au printemps de 1918. Les efforts du camarade Joffe pour obtenir sa libération n'eurent pas de succès. Jogiches étant considéré comme citoyen suisse (de fait, il avait, en 1896, acquis, dans l'un des cantons, les droits de citoyen et avait récemment vécu à Berlin avec son véritable passeport suisse).


Je ne devais plus rencontrer Rosa Luxemburg. J'arrivai de Moscou à Berlin, trois jours après la catastrophe. Mais les récits de combattants de la bataille révolutionnaire m'ont confirmé ce dont je n'ai pas douté : avec Karl Liebknecht, elle a été le guide intellectuel du mouvement spartakiste, et Jogiches n'a pas cessé d'être son compagnon inséparable. Je le trouvai, lui, au travail. Il avait été arrêté pendant l'insurrection de janvier, mais il avait réussi à recouvrer la liberté et s'était aussitôt remis au travail. Il fallait concentrer les forces dispersées, reformer le Comité Central des Communistes-Spartakistes, reconstituer l'organisation.


Jogiches fut à la hauteur de sa tâche. Grâce à son énergie, le travail du Parti recommença aussitôt après la catastrophe. Son mauvais destin l'atteignit en mars : arrêté pendant l'insurrection communiste, il fut lâchement assassiné en prison.


Je ne puis, à l'heure actuelle, donner un aperçu de l'activité scientifique et politique de Rosa Luxemburg. Il faudrait, pour cela, tout un travail historique et critique, d'autant plus grand que son activité féconda le mouvement révolutionnaire polonais et allemand pendant une période assez longue, et se fit sentir en outre dans le mouvement international, les principaux efforts de notre inoubliable camarade ayant été consacrés depuis 1887 à la lutte contre l'opportunisme considéré comme un fait international.


Mais je prends la liberté d'attirer l'attention du lecteur sur ce que, dans son dernier travail théorique et tactique, — sa brochure sur la crise de la social-démocratie, — notre inoubliable camarade nous a laissé de précieuses indications pour le travail futur. Je veux parler des « thèses » énoncées à la fin de cette brochure et concernant l'Internationale. Cette brochure, comme je l'ai indiqué, a été écrite en 1916 en prison. Connaissant à fond la 2e Internationale, Rosa Luxemburg y prédit clairement, nettement, l'inéluctabilité de sa chute et montre la nécessité de recréer l'Internationale sur de nouvelles bases. Bien des choses ont changé depuis : La Révolution et la dictature du prolétariat en Russie, puis en Hongrie, ont créé une nouvelle situation. Mais, dans son ensemble, la pensée de la camarade Luxemburg reste exacte. Plus précisément, elle se pose cette question ; Que doit être la nouvelle Internationale ? Et elle y répond.

La lutte de classe à l'intérieur des États bourgeois contre les classes dirigeantes, et la solidarité internationale des prolétaires de tous les pays sont les deux règles de conduite indispensables que la classe ouvrière doit appliquer dans sa lutte de libération historique. Il n'y a pas de socialisme en dehors de la solidarité internationale du prolétariat, le prolétariat socialiste ne peut renoncer à la lutte de classe et à la solidarité internationale, ni en temps de paix, ni en temps de guerre : cela équivaudrait à un suicide.
Le centre de gravité de l'organisation de classe du prolétariat réside dans l'Internationale. L'Internationale décide en temps de paix de la tactique des sections nationales au sujet du militarisme, de la politique coloniale, de la politique commerciale, des fêtes de mai, et de plus elle décide de la tactique à adopter en temps de guerre.

Nous sommes encore loin de l'organisation d'une telle Internationale. Mais, travaillant dans ce sens, nous accomplissons les dernières volontés de l'inoubliable martyre de notre cause.

 

I. MARCHLEVSKY (KARSKY).

 


 

 

Notes de la MIA

 

1 Le nom du parti fut d'abord Parti Social-Révolutionnaire International « Prolétariat » (Międzynarodowa Socjalno-Rewolucyjna Partia "Proletariat") entre 1882 et 1886, puis deux autres formations conservèrent l'appelation « Prolétariat » jusqu'en 1909.

2 Marcin Kasprzak (1860–1905).

3 Boris Kritchevski (1866-1919).

4 Stanisław Kunicki (1861-1886).

5 Bronisław Wesołowski (1870-1919).

 6Wacław Berent (1878-1940).

7 Bruno Schönlank (1859-1901).

8 Sic.

9 Yakov Ganetsky (1879-1937).

10 Allusion au débat sur les « expropriations » - attaques de banques à main armée menées par des groupes bolcheviks afin de financer l'organisation qui causèrent de vives dissensions.

11 Käte (1871-1953) et Hermann (1874-1960).

12 Paul Lange (1880-1951).

13 Mathilde Jacob (1873-1942 ?), secrétaire et amie de Rosa Luxemburg.

14 Fanny Ezerskaya.

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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 17:58

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Ce site reprend régulièrement les articles du blog : http://nutopia2sergiofalcone.blogspot.fr

On peut grâce à lui accéder à une traduction en italien de notre article sur Leo Jogiches.

Nous le remercions ainsi que ceux qui ont assuré la traduction

c.a.r.l.


Leo Jogiches, una lotta comune con Rosa Luxemburg

  jogiches.jpg

  Il suo assassinio il 10 marzo 1919

 

Conosciamo Liebknecht, conosciamo Rosa Luxemburg. Conosciamo meno Leo Jogiches. Desideriamo far conoscere con questo breve articolo questo militante che condivise tutte le lotte di Rosa Luxemburg e fu assassinato durante la rivoluzione spartchista. Leo Jogiches è un nome troppo poco presente nelle nostre memorie! Eppure inseparabile da quello di Rosa Luxemburg e dunque di lotta politica del movimento operaio della fine del XIX secolo e dell'inizio del XX.


Leggere la corrispondenza di Rosa Luxemburg tra il 1893 e il 1898, è seguire innanzitutto le loro vite intrecciate. Dalla loro vita in Svizzera e in Francia sino alla partenza di Rosa Luxemburg per la Germania. È seguire con divertimento una relazione che potremmo dire alla Sartre e Beauvoir anche se questa relazione è diversa, ma è una relazione segnata dalla riflessione e l'azione politica che si svolge nel corso delle righe. È vedere Rosa Luxemburg molto giovane che segue già degli studi brillanti e prepara un dottorato che pretende di fare di Jogiches il suo alter ego in questo campo. Ed è vedere Leo Jogiches impegnarsi in una ricerca che non lo entusiasma, lui che vive piuttosto nell'organizzazione e l'azione. La qual cosa sottolineerà molto più tardi Clara Zetkin in un omaggio a lui. È soprattutto vedere sin da quest'epoca i loro scambi e la loro azione su un abase di riflessione comune, marxista.


Leo Jogiches, come Rosa Luxemburg è di quei giovani che vivono sotto il dominio russo che molto presto si sono politicizzati e impegnati. Lo vediamo seguire un percorso che sarà quello di numerosi di questi giovani siano essi Russi, Lituani o Polacchi: raggiunge un gruppo vicino alla Narodnaja Volja di ispirazione piuttosto populista prima di evolversi verso una concezione marxista. Arrestato due volte nel 1888 e 1889, fugge verso Ginevra poi Zurigo. È anche un percorso obbligato per numerosi militanti che fuggono la prigione, il confino, l'esercito, e di cui fa parte Rosa Luxemburg. Si incontrano dunque a Zurigo a fine del 1890 o inizio 1891.

 

Come Rosa Luxemburg, si avvicina dapprima a Plekhanov, per infine allontanarsene e creare con lei su basi classiste il SDKPiL (Partito social-democratico del Regno di Polonia e di Lituania) in opposizione ai socialisti nazionalisti del PPS (Partito socialista polacco). Una grande parte della vita di Jogiches sarà dedicata alla lotta all'interno del movimento operaio polacco. Nel 1905, partecipa alla rivoluzione russa.

 

Arrestato, condannato a otto anni di lavori forzati, evade. Nel 1914 sin dai primi giorni della guerra e dello stato d'assedio, Jogiches allestisce i suoi primi elementi dell'organizzazione che sarebbe divantato il gruppo Internazionale poi Spartakus. Dopo il doppio assassinio di Liebknecht e Rosa Luxemburg, conduse clandestinamente l'inchiesta e fece in poche settimane luce sul caso, ritrovando soprattutto una fotografia degli assassini mentre stavano festeggiando. Fuprobabilmente il motivo per il quale, il giorno stesso del suo arresto il 10 marzo 1919, fu abbattuto dall'ufficiale di polizia Tamschik all'interno della prigione di Moabit, con il pretesto di un tentativo di fuga.

 

LINK: Leo Jogiches,un combat commun avec Rosa Luxemburg. Son assassinat le 10 mars 1919

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 22:01

On connaît Liebknecht, on connaît Rosa Luxemburg. On connaît moins Leo Jogiches. En ce mois de mars, nous souhaitons faire connaître un de nos articles rédigé en mémoire de ce militant qui partagea tous les combats de R. Luxemburg et fut assassiné durant la révolution spartakiste.
c.a.r.l. le 18 mars 2012

 


Le 10 mars 1919, Leo Jogiches était abattu par un officier de police (Tamschick) à l'intérieur de la prison de Moabit sous le prétexte de "tentative de fuite".



Leo Jogiches est un nom trop peu présent dans nos mémoires! Pourtant inséparable de celui de Rosa Luxemburg et donc du combat politique du mouvement ouvrier de la fin du XIXème siècle et du début du XXème.


Lire la correspondance de Rosa Luxemburg entre 1893 et 1898, c'est suivre tout d'abord leurs vies mêlées. De leur vie en Suisse et en France jusqu'au départ de Rosa Luxemburg vers l'Allemagne. C'est suivre avec amusement une relation que nous pourrions dire à la Sartre et Beauvoir même si cette relation est tout autre, mais c'est bien une relation marquée par la réflexion et l'action politique qui se déroule au long des lignes. C'est voir Rosa Luxemburg très jeune qui suit déjà des études brillantes et prépare un doctorat prétendre faire de Jogiches son alter ego dans ce domaine. Et c'est voir Leo Jogiches se dérober à une recherche qui ne l'enthousiasme pas, lui qui se vit plutôt dans l'organisation et l'action. Ce que soulignera bien plus tard Clara Zetkin dans un hommage qu'elle lui rend. C'est surtout voir dès cette époque leurs échanges et leur action sur une base de réflexion commune, marxiste.


Leo Jogiches, comme Rosa Luxemburg est de ces jeunes vivant sous domination russe qui très tôt se sont politisés et engagés. On le voit suivre un chemin qui sera celui de nombre de ces jeunes qu'ils soient Russes, Lituaniens  ou Polonais : il rejoint un groupe proche de Narodnaja Volja d'inspiration plutôt populiste avant d'évoluer vers un conception marxiste.


Arrêté deux fois en 1888 et 1889, il fuit vers Genève puis Zurich. C'est aussi un parcours obligé d''innombrables militants qui fuient la prison, le bannissement, l'armée, et dont fait partie Rosa Luxemburg. Ils se rencontreront donc à Zurich fin 90 ou début 91.


Comme Rosa Luxemburg, il se rapprochera d'abord de Plekhanov, pour finalement s'en éloigner et créer avec elle sur des bases de classe le SDKPiL (Parti social-démocrate du Royaume de Pologne et de Lituanie) en opposition aux socialistes nationalistes du PPS (Parti socialiste polonais). Une grande partie de la vie de Jogiches sera consacré au combat au sein du mouvement ouvrier polonais.


En 1905, il participe à la révolution russe. Arrêté, condamné à huit ans de travaux forcés, il s'évade.

En 1914: "Dès les premiers jours de la guerre et de l'état de siège, Jogiches mit en place les premiers éléments de l'organisation qui allait devenir le groupe Internationale puis Spartakus." (Maitron - Allemagne P 263).


."Après le double assassinat de Liebknecht et Rosa Luxemburg, il mena clandestinement l'enquête et fit en quelques semaines la lumière sur l'affaire, retrouvant notamment une photo des assassins en train de festoyer. Ce fut probablement la raison pour laquelle, le jour même de son arrestation le 10 mars 1919, il fut abattu par l'officier de police Tamschik à l'intérieur de la prison de Moabit, sous le prétexte d'une "tentative de fuite". (Maitron - Allemagne P 263).

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 12:19

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spartacist-leaders-possibly-1970-without-levi-iish.jpg

 

Avec Rosa Luxemburg, dans la révolution spartakiste

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 23:06

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Pour nos visiteurs, plus érudits certes (!), un petit jeu: reconnaissez-vous les leaders du mouvement ouvrier international rassemblés sur cette photographie prise lors du Congrès d'Amsterdam en 1904!

(En dehors de Rosa Luxemburg bien sûr.. C'est trop facile, d'autant que c'est la seule femme)



Think you know your leaders of the Second International?


Toujours sur le même site: http://rosaluxemburgblog.wordpress.com/

 

In August 1904, leaders of the socialist parties from around the world gathered in Amsterdam for the Second Congress of the Socialist International. Here, the twenty-five main leaders assemble for a photograph in the beautifully-decorated ‘Der Burcht’, headquarters of the Diamond Workers’ Union. Among them are representatives from four Continents, and several future leaders of nations.

 

After much staring (with a magnifying glass) at this photograph, courtesy of the International Institute for Social History in Amsterdam, I’ve managed to identify almost all of them (bar about five). For those of you who consider yourself Second International boffins  (or lucky guesses)… How many of them can you name?


(Answer at the bottom in ‘Leave a Comment’… I’ve done the easiest one for you!)

1. Henri Van Kol (1852- 1925)  Dutch Socialist leader. Van Kol was a wealthy man and a founder of the Dutch Socialist Workers’ Party (SDAP). He was an expert on ‘the Colonial Question’ and prominent in the International. Van Kol died after a traffic accident in Belgium.

2. Manuel Ugarte (1875- 1951) Argentine socialist leader. A Pan-Latin American, Ugarte was the leader of the Argentine Socialist Party. He remained neutral in the First World War and later abandoned socialism, going on to serve as an Ambassador to Mexico under the regime of Peron. Died in Nice, France.

3. Antonín Němec (1858- 1926) Czech socialist. Trade-unionist and editor of socialist newspapers in Vienna and Prague. He represented Czechs at the International and within the All-Austrian social-democratic party. An M.P. from 1907 in the Viennese Parliament and in the new Czechoslovakia from 1918- 25. Nemec sat on the Executive of the Czech social-democratic party until 1925, when he became Honourary Chairman shortly before his death.  

4. Edouard Vaillant (1840- 1915) French socialist leader and veteran of the Paris Commune of 1871, Vaillant later moved to the middle-ground of French socialism, between Jaures and Guesde. In 1914, he supported the French war effort as one of national defence and died in Paris.

5. Frantisek Soukup (1871- 1940) Czech Socialist, lawyer and journalist. Soukup was active in the establishment of the Czechoslovak state and was Minister of Justice in its first government, from 1918-19. Soukup was elected to the Czech parliament from 1920- 39 for the Social-Democratic Party. He was vice-chairman of the party 1929- 39 and President of the Czech Parliament in 1939. He was arrested by the Gestapo after the German invasion of Czechoslovakia and died as a result of health problems caused by his imprisonment.

6. Rosa Luxemburg (1871- 1919) Leader of the Polish Social-Democrats (SDKPiL) and member of the Social-Democratic Party of Germany (SPD). A leading Marxist theorist, journalist and polemicist. Expelled from the SPD during the First World War and co-founder of the Spartakusbund and then the German Communist Party (KPD) in late 1918. Murdered during the ‘Spartacist Rising’ in January 1919.

7. Victor Adler (1852- 1918) Leader of Austrian socialists. Adler co-founded the Austrian Social-Democratic Party (SPO) in 1889 and led the party until the First World War. He publicly supported the war effort, despite private misgivings. Adler entered the new Austrian government in October 1918 and called for Anscluss (unification) with Germany. His son Friedrich Adler assassinated the Minister-President of Austria, Count Karl von Stuergkh in 1916, in protest against the war. Victor Adler died in November 1918. (Identified by Paul Le Blanc)

8. Karl Kautsky (1854- 1938) Known as the ‘Pope of Marxism’ because of his position as leading theorist after the death of Friedrich Engels in 1895. Kautsky was born in Prague, but spent much of his life in Berlin, where he was the authority on theory for the Social-Democratic Party of Germany (SPD) and the Second International. His reputation and influenced declined during and after the First World War, when he sought to continue a middle-way socialism between reformist social-democracy and communism. He moved to Vienna in 1924 and after the German-Austrian Anschluss in 1938, fled to Amsterdam, where he died. (Identified by Ken Drummond)

9.  Maksymilian Walecki (real name Horwitz) (1877- 1937) Polish Socialist. Walecki was a member of the Polish Socialist Party and a leader of its left-wing (PPS-Left) after the split in 1906. He was a leader of the Polish Communist Party after 1918 and on its Central Committee from 1918- 20 and 1923- 24. He worked for the Comintern in Spain, Belgium and Greece. Walecki was arrested and executed by the Soviet secret police (NKVD) on 22 June 1937 in Moscow (as were most of the Polish Communist leadership).

10. Emile Vandervelde (1866- 1938) Belgian Socialist leader and a doctor of law and science. Vandervelde was President of the Belgian Workers’ Party from 1928- 38 and chairman of the International Socialist Bureau from 1900- 18. Upon the German invasion of Belgium in 1914, he joined the National government. After the war, he served as Belgian Justice Minister (1918- 21), Foreign Minister (1925- 27) and Health Minister (1936- 37). He was also chairman of the Labour and Socialist International from 1929 to 1935. Died Belgium.

11. Jean Longuet (1876- 1938) French socialist, lawyer and grandson of Karl Marx (his mother was Jenny Marx). A pacificst at the outbreak of the First World War, Longuet eventually voted for war credits. In the inter-war period he opposed the Communists and remained active in the socialist movement. He also spoke out in support of Zionism. (Identified by Dave Stockton)

12. Enrico Ferri (1856- 1929) Italian Criminologist, socialist and later fascist. Ferri was a law lecturer, elected to the Italian parliament as a radical in 1886 and joining the Socialist Party in 1893. He edited the party paper ‘Avanti’. Ferri supported Italian neutrality during the First World War and remained a socialist, being re-elected as such in 1921. After Mussolini came to power, Ferri abandoned socialism and became a fascist. He died in Italy in 1929.

13. Amilcare Cipriani (1843- 1918) Italian anarchist, who fought alongside Garibaldi and was condemned to death for his role in the Paris Commune. Cipriani resigned his mandate at the 1893 Zurich Congress in sympathy with Rosa Luxemburg, after her own mandate was rejected. Lived in Paris and represented the French at the 1904 Congress.

14. Pieter Jelles Troelstra (1860- 1930) Dutch socialist leader. Troelstra famously called for a Dutch revolution in November 1918, which failed to materialise. He retired in 1925 and died in Den Haag.

15. Henry Hyndman (1842- 1921) English Marxist, from an Upper-class background. Hyndman formed and led the Social Democratic Federation (SDF). In 1914, he turned nationalist and supported the war effort, forming the National Socialist Party. Died 1921.

16. Ernest Belfort Bax (1854- 1926) English socialist journalist and philosopher. Spent much time in Germany. Belfort Bax was a member of Hyndman’s SDF and an ardent anti-feminist (he was opposed to women’s suffrage). He retired from politics upon the outbreak of war in 1914, although he supported the war effort. Died London.

17. Olav Kringen (1867- 1951) Norwegian socialist and newspaper editor. Kringen lived for a time in the U.S.A. before returning to Norway in 1897. He was the translator of the Communist Manifesto into Norwegian and represented his party at the International in 1900 and 1904. He retired in the 1920s and died in Oslo.

18. Sen Katayama (1959- 1933) A leader of the Japanese social-democrats, who spent much of his life in the United States. Katayama achieved great attention for shaking hands with the Russian delegate Georgii Plekhanov (pictured next to him) at the 1904 Amsterdam Congress, because their two nations were at war. Katayama was later a co-founder of the American Communist Party and the leader of the Japanese Communist Party. He spent the later years of his life in the U.S.S.R. and died in Moscow. (Identified by Rhys Williams)

19. Georgii Plekhanov (1856- 1918) Known as the ‘Father of Russian Marxism’, Plekhanov introduced Marx and Engels to Russia and was a leader of the Russian social-democratic movement. He lived in exile in Switzerland from 1880 and, despite his opposition to Tsarism, supported Russia and its Allies during the First World War. He returned to Russia after the February Revolution in 1917, but left again after the Bolshevik October Revolution, which he bitterly opposed. Plekhanov died in exile in Finland. (Identified by Rhys Williams)

20. Alexandre Marie Bracke- Desrousseaux (1861- 1955) French socialist and academic. He was a Socialist M.P. from 1912- 24 and 1928- 1936. He was the first translator of Rosa Luxemburg’s writings into French. Bracke- Desrousseaux died in Paris.

21. Peter Knudsen (1848- 1910) Leader of the Danish Social-Democratic Party from 1882 until his death. Knudsen was a Member of Parliament from 1898- 1901 and again from 1902- 1909.

22. Morris Hillquit (1869- 1933) Founder and leader of the Socialist Party of America (SPA). Hillquit was a lawyer, who defended workers’ rights. He was anti-war and attempted to persuade the American government to remain neutral during the First World War. He remained a leading figure in the SPA until his death in 1933.

23. Achille Cambier (18??- 19??) Argentian socialist. Founded French-language ‘Les Egaux’ group and published paper ‘Egalite’ in 1894. Merged with other groups to form Socialist Labour Party in 1895.

24. Dadabhai Naoroji (1825- 1917) Indian socialist andindependence leader. Naoroji spent his time between India and Britain. He was a founder of the Indian National Congress and was elected to the British Parliament (for a London constituency) in 1892. He was President of the Indian National Congress from 1906. He died in Bombay (Mumbai) in 1917.

25. Edward Anseele (1856- 1938) Belgian socialist, journalist and Co-operative organiser. Anseele was a Socialist member of Ghent council and member of Parliament. During the First World War, the German occupiers offered Anseele the position of President of Belgium, which he refused. He was a government minister from 1918- 21 and again from 1925- 27. He died in Belgium. (Help in identifying from Aykut)

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 10:34

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En contre-point au précédent article, Rosa Luxemburg. "A présent, je suis vraiment tout à fait adulte" , les éléments biographiques nécessaires sur Boris Kritchevski et Axelrod issus du même ouvrage, J'étais, je suis, je serai", paru chez Maspéro en 1976. Celui-ci se termine par une "Biographie des correspondants de Rosa Luxemburg", particulièrement utile, car ces biographies ne sont pas toutes accessibles sur le net, elles sont de plus rédigées ici en relation avec les courriers adressés par Rosa Luxemburg et permettent de ce fait de remettre en perspective les indications données par les lettres, comme ce remarquable et pénétrant portrait en creux d'Axelrod qui frappe dans ce courrier par sa pertinence et son humour.

 

"Je suis allée à Mornex, mais je n'y retournerai pas, bien que j'aie envie de les revoir. Je n'irai pas car Plekhanov est trop intelligent pour moi, ou, plus précisément, il est trop cultivé. Que peut lui apporter une conversation avec moi? Il sait tout mieux que moi et quant aux "idées" inédites, originales, - voyez-vous -, je ne sais pas en forger et, en vérité, je ne m'en soucie guère. J'aime regarder Plekhanov de mon coin chez Axelrod, tout simplement regarder comment il parle, bouge - regarder son visage - qui me plaît beaucoup. Mais je ne peux tout de même pas aller à Mornex pour me mettre dans mon coin et l'admirer ..."

 

 

BIOGRAPHIE DE BORIS KRITCHEVSKI

 

"Boris Naumovitch Kritchevski (1866 - 1919: militant socialiste russe dès la fin des années 80, il émigre en 1892 et adhère au groupe "Emancipation du travail". En désaccord avec ce dernier, il fonde avec Leo Jogiches une collection de vulgarisation, la "Bibliothèque social-démocrate". Il se lie d'une amitié qui s'émousse vers le tournant du siècle avec l'évolution politique et personnelle de Kritchevski. Après l'échec de la "Bibliothèque social-démcrate", il s'installe à Paris et devient chef de file des "jeunes" dans 'Union des social-démocrates russes à l'étranger", le rédacteur en chef de son organe Rabotchee Delo. Il représente la social-démocratie russe aux congrès de l'Internationale, est délégué du BSI de 1900 à 1904. Il ne continue dès lors à militer que dans le socialisme français sous le pseudonyme de B. Veillard."

 

J'étais, je suis, je serai - P 406

 

BIOGRAPHIE D'AXELROD

 

"Pavel Borisovtch Axelrod (1850-1928): l'un des premiers marxistes russes, co-fondateur du groupe "Emancipation du travail", Axelrod qui habitait Zurich où Rosa Luxemburg le rencontra, fit partie en 1900 du groupe de l'Iskra avant de devenir le chef de file et l'un des inspirateurs du menchevisme. Proche de la social-démocratie allemande, il y jouissait d'amitiés solides, notamment celles de Kautsky et de Bernstein. Dès la scission du POSDR en 1903, il combattit violement les bolcheviks et tenta même, après la révolution d'octobre 1917, de les faire condamner par l'opinion socialiste internationale. Pacifiste pendant la guerre, il mourut en exil.

 

J'étais, je suis, je serai - P 397

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 15:34

 

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Lu sur : culture.revolution.free.fr/citations/Citations_litteraires.html 

 

Rosa LUXEMBURG :


(extrait d'une lettre à Franz Mehring, le 27 février 1916)


Vous avez sauvé du camp de la bourgeoisie et vous nous avez apporté à nous, dans le camp des déshérités socialement, tout ce qui était resté des merveilleux trésors de la culture intellectuelle passée de la bourgeoisie.

 

Par vos livres et par vos articles, vous avez rattaché par des liens indissolubles le prolétariat allemand non seulement à la philosophie classique allemande, mais aussi à la littérature classique, non seulement à Kant et Hegel, mais aussi à Lessing, Schiller et Goethe.

 

Chaque ligne sortie de votre plume magique a appris à nos ouvriers que le socialisme n'est pas une question de gros sous mais une conception du monde grande et fière.

 

mehring

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 23:52

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mehring-copie-1.jpg

 

Il n'y a pas seulement Liebknecht qui ait attiré sur lui les foudres de l'autorité militaire, en 1915, 1916 et 1917.


Je ne saurais oublier le spectacle pathétique de ce brave vieillard qui fut interné avec nous pendant bien des mois : c'était le professeur Franz Mehring, âgé de 71 ans.

 

En avril 1915, Mehring avait lancé une proclamation en faveur de la paix immédiate. Cette proclamation portait non-seulement sa signature mais encore celle de Rosa Luxembourg et de Ledebour. Cela suffit pour lui faire goûter un peu de la Stadvogtei.

 

Mehring était, comme Borchardt, du groupe Spartacus. Très érudit, fin causeur, il nous fit passer avec lui des heures intéressantes, inoubliables. Ces noms de Mehring et de Borchardt, dont je n'avais gardé qu'un faible souvenir, ont pris une importance considérable depuis la révolution en Allemagne. Mehring resta quelque temps avec nous puis fut libéré.

 

Il fut, par la suite, candidat au siège laissé vacant par Liebknecht à Postdam, où il fut défait, mais quelque temps après, sa candidature fut plus heureuse dans une division électorale de la Diète de Prusse.
Il y fut élu par une grande majorité et il siège encore aujourd'hui au Parlement.

 

sur http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre12203-chapitre57110.html

 


Henri Béland (Docteur)
 
Honorable Henri Sévérin Béland C.P
fut un médecin et homme politique fédéral, provincial et municipal du Québec.

Né à Louiseville en Mauricie, né le 11 octobre 1869  M. Béland étudia la médecine à l'Université Laval. ll pratiqua dans le New Hampshire, il revint ensuite à Saint-Joseph-de-Beauce. Durant la Première Guerre mondiale, il fut docteur en Belgique avant d'être capturé par les Allemands et fait prisonnier de guerre pendant toris ans. De son incarcération, il écrivit le livre Mille et un jours en prison à Berlin paru en 1919.

Il devint maire de Saint-Joseph-de-Beauce de 1897 à 1899. Puis élu député du Parti libéral du Québec dans la circonscription provinciale de Beauce en 1897et réélu par acclamation en 1900. Il démissionna en 1902 pour se présenter au fédéral.

Élu député fédéral du Parti libéral du Canada dans la circonscription  de Beauce en 1902, il fut réélu en 1904, 1908, 1911, 1917, 1921 et en 1922. Il servit comme ministre des Postes en 1911 dans le cabinet de Wilfrid Laurier et ministre du Rétablissement des soldats à la vie civile et ministre administrant le ministère de la Santé de 1921 à 1926. Il démissionna de son poste de député en 1925 pour accepter le poste de sénateur de Lauzon, poste qu'il occupa jusqu'à sa mort le 22 avril 1935.

Biographie rédigée par biopierre et publiée sous Licence de documentation libre (GFDL 1.2)

 


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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 22:46

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mehring

 

A consulter sur le site de l'Institut d'Histoire de la révolution française de Paris I

Et sur le blog, les articles dans  la catégorie "Ils l'ont accompagnée":

textes-de-franz-mehring-disponibles-en-allemand-sur-le-net-

L'Internationale_Die_Internationale_1915

gustavo-ii-adolfo-de-suecia-segun-franz-mehring

pourquoi-la-biographie-de-marx-par-mehring-est-elle-si-precieuse-

biographie-de-marx-de-franz-mehring-les-apports-de-rosa-luxemburg-et-clara-zetkin


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Histoire socialiste de la Révolution française
Projet Ducange (Franz Mehring)
La réception en Allemagne de l’Histoire socialiste de la Révolution française de Jean Jaures

Les quelques articles présentés ici offrent deux points de vue méconnus sur l’Histoire socialiste de la Révolution française publiée par Jean Jaurès entre 1901 et 1903 dans le cadre d’une vaste histoire de la France contemporaine. Parmi les réactions lors de la parution de l’oeuvre, celles des sociaux-démocrates allemands sont rarement mentionnées. La critique du social-démocrate Franz Mehring dans la Neue Zeit est résumée le plus souvent à quelques formules, sans la restitution de son propos ; quant à l’appréciation d’Eduard Bernstein dans Die Dokumente des Sozialismus, peu ont jusqu’alors mentionné son existence.

Quelques indications bibliographiques

Sur Franz Mehring et Eduard Bernstein voir :
- DROZ Jacques (dir.), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier international. Allemagne, Paris, 1990, 543 p.

- JOUSSE Emmanuel, Réviser le marxisme ? d’Édouard Bernstein à Albert Thomas, 1894-1914, Paris, L’Harmattan, 2007, 239 p.

- MOREL Roger, La collaboration de Franz Mehring à la Neue Zeit (1900-1906), Mémoire de maîtrise sous la direction de Jacques Droz, Paris 1, 1976, 123 p.

- SCHELZ-BRANDENBURG Till (ed.), Eduard Bernsteins Briefwechsel mit Karl Kautsky (1895-1905), Francfort – New York, Campus Verlag, 2003, 1159 p.

Sur la Neue Zeit voir :
- SCHUMACHER Alois, La Social-démocratie allemande et la IIIème République. Le regard de la revue Die Neue Zeit, Paris, 2001, 223 p.

Sur la revue Mouvement socialiste voir :
- DACHARY DE FLERS Marion, Lagardelle et l’équipe du Mouvement socialiste. Thèse de doctorat sous la direction de Raoul Girardet, Paris, IEP, 1982, 377 p.

L’Histoire socialiste de la Révolution française de Jean Jaurès en ligne : http://visualiseur.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k498454

 


 

Franz Mehring, né en 1846, a d’abord été un farouche opposant au socialisme avant de rejoindre les rangs de la social-démocratie et de devenir une des figures les plus célèbres de son aile gauche. Auteur de synthèses inspirées par le matérialisme historique, il a notamment écrit une histoire de l’Allemagne, thème privilégié lors de son enseignement à l’école du parti (MEHRING Franz, Deutsche Geschichte vom Ausgange des Mittelalters : ein Leitfaden für Lehrende und Lernende, Berlin, Vorwärts, 1910 – 1911, 2 tomes). Il a occupé d’importantes positions dans la presse sociale-démocrate, dans la Neue Zeit mais aussi dans le journal quotidien Leipziger Volkszeitung. Son attachement à un marxisme orthodoxe l’amène à critiquer les positions et conceptions jaurésiennes sur l’histoire. Un de ses ouvrages les plus célèbres est sa biographie de Karl Marx (1918, réédité en français en 2009 par Bartillat). Adhérent du jeune parti communiste allemand, il meurt peu après sa fondation en 1919.

Présentation de la revue

La Neue Zeit a été fondée en 1883 par le social-démocrate Karl Kautsky, théoricien majeur du SPD d’avant 1914, surnommé le « pape du marxisme ». À l’origine indépendante, Die Neue Zeit devient la principale revue théorique du parti et paraît jusqu’en 1923. Des socialistes et sociaux-démocrates de toute l’Europe y publient des comptes rendus d’ouvrages et surtout des contributions sur l’actualité politique, l’histoire, l’économie, la philosophie,... Elle constitue une source majeure pour comprendre la vie intellectuelle des gauches européennes au tournant des dix-neuvième et vingtième siècles. La Friedrich Ebert Stiftung (fondation du SPD) a entrepris sa numérisation intégrale.

  • Le texte en allemand

MEHRING Franz, « Pour le roi de Prusse : eine Entgegnung », Die Neue Zeit, 1902-1903, tome 1, p. 517-528.

En ligne sur le site de la fondation Friedrich Ebert Stiftung (fondation du Parti social-démocrate allemand) http://library.fes.de/cgi-bin/neuzeit.pl ?id=07.04674&dok=1902-03a&f=190203a_0517&l=190203a_0528

  • Le texte en français

L’article de Mehring avait été traduit immédiatement en français dans Le Mouvement socialiste : MEHRING Franz, « Jaurès historien », Le Mouvement socialiste, mai 1901, p. 46-62.

TEXTE NUMERISE EN PDF

Deuxième traduction de 1973 avec une présentation de l’historienne Irmgard Hartig. HARTIG Irmgard, « Observations sur la querelle entre Jaurès et Mehring, » Annales historiques de la Révolution française, 1/1973, p. 112-127.

TEXTE NUMERISÉ EN PDF

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 20:52
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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009