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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.
 
Voir aussi : http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr/
 
11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 16:28

Ce texte sur la dette est publié sur le site geocities et l'on voit comment les analyses de Rosa Luxemburg sur le début de ce processus (au XIXème siècle) peuvent enrichir la réflexion d'aujourd'hui.

II. Naissance et développement  du crédit international

L'investissement international a une longue histoire, nous pouvons dire qu'il prend sa source à l'époque des premières croisades (1095-1192). C'est à Genève, Venise et Amsterdam que le crédit international commence à déployer son activité.


Dés le XVI éme siècle, des maisons d'investissements géraient de vastes regroupements de capitaux. Au XVII éme siècle, la Bourse d'Amsterdam qui avait ouvert ses portes en 1631, domine la finance internationale. Avec la création de la Banque d'Angleterre en 1694 le centre financier va se déplacer vers Londres. La puissance financière de l'Angleterre est confirmée par sa suprématie maritime et sa victoire de la bataille de Trafalgar en 1805, et celle de Waterloo pour la suprématie terrestre.

Marx fera état de cette saga financière en ces termes:

"avec les dettes publiques naquit le système de crédit international qui cache souvent une des sources de l'accumulation primitive chez tel ou tel peuple. C'est ainsi, par exemple, que les rapines et les violences vénitiennes forment une des bases de la richesse en capital de la Hollande, à qui Venise en décadence prêtait des sommes considérables. A son tour, la Hollande, déchue vers la fin du XVII éme siècle de sa suprématie industrielle et commerciale, se vit contrainte à faire valoir des capitaux énormes en les prêtant à l'étranger et, de 1701 à 1776, spécialement à l'Angleterre, sa rivale victorieuse.
Et il en est de même à présent de l'Angleterre et des Etats Unis, maint capital qui fait aujourd'hui son apparition aux états unis sans extraits de naissance n'est que de sang d'enfants de fabrique capitalisé hier en Angleterre." (le Capital Tome Ier chapitre 31)

En effet au milieu du XIX éme siècle, 43% de la richesse de l'Angleterre était exportée aux Amériques, pendant que l'Europe continentale entrait en révolution. En 1913, "l'Atelier du monde" c'est-à-dire l'Angleterre avait autant investi à sa périphérie (Inde, Egypte, Amérique latine...) que dans les pays développés.

Rosa Luxemburg dans son Tome 2 de "l'accumulation du capital » fait état de cette fuite en avant du capital:

"Les contradictions de la phase impérialiste se manifestent très nettement dans les contradictions du système des emprunts internationaux. Ces emprunts sont indispensables à l'émancipation des jeunes Etats capitalistes ascendants et en même temps ils constituent le moyen le plus sûr pour les vieux pays capitalistes de tenir les jeunes pays en tutelle, de contrôler leurs finances et d'exercer une pression sur leur politique étrangère, douanière et commerciale. Ils sont le moyen le plus efficace d'ouvrir de nouvelles sphères d'investissement au capital accumulé des vieux pays, mais aussi de créer à ceux-ci en même temps des concurrences nouvelles, d'élargir brusquement le champ d'action de l'accumulation capitaliste tout en le rétrécissant en même temps." (Rosa Luxembourg " l'emprunt international, p. 93 éd. Maspéro.)

Rosa Luxemburg explique, comment, inévitablement les exportations de capitaux dans les pays de la périphérie permettent, pendant un temps d'écouler la surproduction des pays du centre tout en provoquant des crises et des krachs en bourse..

" L'exportation de capitaux anglais en Amérique était de la plus haute importance dés les alentours de 1820, c'est elle qui fut la cause principale de la première véritable crise industrielle et commerciale en 1825 " (L'emprunt international p 93)

Rosa Luxemburg constate, qu'entre 1870 et 1875,des emprunts importants furent contractés à Londres qui entraînèrent une croissance rapide des exportations de marchandises anglaises dans les pays d'outre-mer. Malgré les faillites périodiques de ces pays, le capital continua à y affluer en masse.

En 1870,les pays qui suivent avaient pratiquement suspendu le paiement des intérêts de la dette:

La Turquie, l'Egypte, la Grèce, la Bolivie, Costa-Rica, l'Equateur, le Honduras, le Mexique, le Paraguay, St-Domingue, le Pérou, l'Uruguay, le Venezuela. Ceci n'altéra que partiellement, le capital anglais, dés 1880 les prêts internationaux reprenaient leur expansion, mais avec cette fois la présence de capitaux français, Allemands et Belges.

Les contours de la première guerre mondiale, qui devait saper la puissance financière de l'empire britannique commençaient à se dessiner ...

(Publié dans Echanges n° 184, été 1997)
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11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 09:38

Comprendre l'évolution du capitalisme reste étroitement lié  à la compréhension des mécanismes économiques qui l'organisent. Aujourd'hui, peu de militants, peu d'économistes sont en mesure de comprendre ceux-ci.
Rosa Luxemburg reste l'un des principaux penseurs qui se soit attaché à comprendre ce fonctionnement, les dysfonctionnements, les conséquences pour les prolétaires et la nécessité révolutionnaire d'en finir avec le capital.

De son doctorat d'économie, aux innombrables articles qui ont analysé l'actualité  à partir des réalités capitalistes qui les soutendaient, jusqu'à l'Accumulation du capital, ouvrage qui a continué sur des bases marxistes l'analyse du processus d'expansion du capitalisme, ces écrits sont une aide précieuse pour comprendre ce qui se passe aujourd'hui: ainsi le rôle du crédit et de la finance dans la formation des crises et l'exploitation des hommes.

Ce texte  a été repris sur le site spartacus.


« Commençons par le crédit. De ses multiples fonctions dans l’économie capitaliste, la plus importante consiste à accroître la capacité d’extension de la production et à faciliter l’échange. Au cas où la tendance interne de la production capitaliste à un accroissement illimité se heurte aux limites de la propriété privée, aux dimensions restreintes du capital privé, le crédit apparaît comme le moyen de surmonter ces limites dans le cadre du capitalisme ; il intervient pour concentrer un grand nombre de capitaux privés en un seul - c’est le système des sociétés par actions - et pour assurer aux capitalistes la disposition de capitaux étrangers - c’est le système du crédit industriel. Par ailleurs, le crédit commercial accélère l’échange des marchandises, donc le reflux du capital dans le circuit de la production.

On se rend aisément compte de l’influence qu’exercent ces deux fonctions essentielles du crédit sur la formation des crises. On sait que les crises résultent de la contradiction entre la capacité d’extension, la tendance à l’expansion de la production d’une part, et la capacité de consommation restreinte du marché d’autre part ; en ce sens le crédit est précisément, nous l’avons vu plus haut, le moyen spécifique de faire éclater cette contradiction aussi souvent que possible. Tout d’abord, il augmente la capacité d’extension de la production dans des proportions gigantesques ; il est la force motrice interne qui la pousse à dépasser constamment les limites du marché.

 

Mais il frappe de deux côtés. En sa qualité de facteur de la production, il a contribué à provoquer la surproduction ; en sa qualité de facteur d’échange il ne fait, pendant la crise, qu’aider à la destruction radicale des forces productives qu’il a lui-même mises en marche.

Dès les premiers symptômes d’engorgement du marché, le crédit fond ; il abandonne la fonction de l’échange précisément au moment où celui-ci serait indispensable ; il révèle son inefficacité et son inutilité quand il existe encore, et contribue au cours de la crise à réduire au minimum la capacité de consommation du marché. Nous avons cité les deux effets principaux du crédit ; il agit encore diversement sur la formation des crises.


Non seulement il offre au capitaliste la possibilité de recourir aux capitaux étrangers, mais encore il l’encourage à faire un usage hardi et sans scrupules de la propriété d’autrui, autrement dit il l’incite à des spéculations hasardeuses. Ainsi, en qualité de facteur secret d’échange de marchandises, non seulement il aggrave la crise, mais encore il facilite son apparition et son extension, en faisant de l’échange un mécanisme extrêmement complexe et artificiel, ayant pour base réelle un minimum d’argent métallique ; de ce fait, il provoque, à la moindre occasion, des troubles dans ce mécanisme.

Ainsi le crédit, loin de contribuer à abolir ou même à atténuer les crises, en est au contraire un agent puissant. Il ne peut d’ailleurs en être autrement. La fonction spécifique du crédit consiste - très généralement parlant - à corriger tout ce que le système capitaliste peut avoir de rigidité en y introduisant toute l’élasticité possible, à rendre toutes les forces capitalistes extensibles, relatives et sensibles. Il ne fait évidemment ainsi que faciliter et qu’exaspérer les crises, celles-ci étant définies comme le heurt périodique entre les forces contradictoires de l’économie capitaliste.

Ceci nous amène à une autre question : comment le crédit peut-il apparaître comme un " facteur d’adaptation " du capitalisme ? Sous quelque forme qu’on s’imagine cette adaptation, sa fonction ne pourrait consister qu’à réduire un antagonisme quelconque du capitalisme, à en résoudre ou en atténuer une contradiction en débloquant des forces grippées à tel ou tel point du mécanisme. Or, s’il existe un moyen d’exaspérer au plus haut point les contradictions de l’économie capitaliste actuelle, c’est bien le crédit.

Il aggrave la contradiction entre le mode de production et le mode d’échange en favorisant au maximum la tendance à l’expansion de la production, tout en paralysant l’échange à la moindre occasion. Il aggrave la contradiction entre le mode de production et le mode d’appropriation en séparant la production de la propriété, en transformant le capital en capital social ; mais par ailleurs en donnant à une partie du profit la forme d’intérêt du capital, donc en le réduisant à être un simple titre de propriété. Il aggrave la contradiction entre les rapports de propriété et les rapports de production, en expropriant un grand nombre de petits capitalistes et en concentrant entre les mains de quelques-uns des forces productives considérables. Il aggrave la contradiction entre le caractère social de la production et le caractère privé de la propriété capitaliste en rendant nécessaire l’intervention de l’Etat dans la production (création de sociétés par actions).


En un mot, le crédit ne fait que reproduire les contradictions cardinales du capitalisme, il les exaspère, il accélère l’évolution qui en précipitera l’anéantissement, l’effondrement. Le premier moyen d’adaptation du capitalisme quant au crédit devait être la suppression du crédit, l’abolition de ses effets. Tel qu’il est, celui-ci ne constitue nullement un moyen
d’adaptation, mais un facteur de destruction à l’effet profondément révolutionnaire. Ce caractère révolutionnaire qui conduit le crédit à dépasser le capitalisme n’a-t-il pas été jusqu’à inspirer des plans de réforme d’esprit plus ou moins socialiste ? Il n’est qu’à voir ce grand représentant du crédit qu’est en France un Isaac Péreire [2] et que ces plans de réforme font apparaître, selon Marx, à moitié comme un prophète et à moitié comme une canaille.( Voir Annexe 4)»

(Extrait de l'Adaptation du capitalisme, Rosa luxemburg)
Les éléments soulignés l'ont été par le blog.
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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 21:07
Pour consulter le blog: comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

Rosa Luxemburg a publié à la fin du siècle une série d'articles, inédits en langue française car ne faisant pas partie des oeuvres majeures. Ces articles de circonstances ont cependant comme intérêt de montrer l'évolution du capitalisme dans cette phase majeure qu'est son internationalisation. Et la sensibilité de Rosa Luxemburg à cette évolution qui lui permettra comme penseur marxiste d'analyser le processus d'accumulation du capital dans l'une de ses oeuvres politiques les plus abouties.

Un premier article avait été proposé sur le blog. Ce deuxième article publié en décembre 1898 dans le Leipziger Volkszeitung montre l'accélération du processus capitaliste et de l'accession de nouveaux pays à la domination impérialiste.


"Il y a peu de temps encore, les Etats-Unis étaient avant tout un pays agricole, qui couvraient ses besoins industriels essentiellement par des importations en provenance des pays européens. Les nouvelles statistiques concernant l'élevage montrent l'évolution qui s'est produite ces dernières années dans ce domaine. L'on constate ainsi que depuis 1894, le nombre des têtes de bétail diminue fortement aux Etats-Unis - on comptait en 1895, 16,5 millions de vaches laitières et en 1898, 15,8 millions de têtes...Dans le même temps, les importations augmentent. En 1894, elles ne dépassaient pas 1600 têtes de bétail, elles atteignent maintenant les 300 000 têtes. Et le recul constaté n'a certainement pas de causes momentanées ou fortuites, mais il vient des coûts sans cesse croissants de l'élevage, augmentation à mettre en relation avec celle de la densité des populations.

D'autre part, l'industrie se développe avec une rapidité étonnante
. Il suffit de prendre comme exemple la production de fonte légère. En 1891, cette branche n'existait pas encore aux Etats-Unis, et l'ensemble des besoins était couvert par l'importation de produits étrangers, anglais en général pour un total de plus d'un milliard de livres. En 1892, cette nouvelle branche a été créée, et la production a atteint 13 millions de livres et grâce à une croissance par bonds successifs, elle est parvenue à un total de 650 millions de livres en 1898. Dans le même temps, les importations étrangères diminuent et passent de un milliard de livres à 170 000 livres et sont amenées à disparaître bientôt complètement.

Mais les Etats-Unis sont devenus aussi ces dernières années un Etat industriel exportateur. Il suffit de prendre comme exemple un pays: le Japon. En 1896, les Etats-Unis représentaient seulement 26%, l'Angleterre de son côté 65% des exportations de locomotives vers ce pays. En 1897, l'Angleterre descend à 43% et les importations des autres pays disparaissent complètement. La même chose vaut pour l'importation d'autres matériels ferroviaires.

En Amérique du Sud comme en Asie orientale, l'industrie américaine prépare une rude concurrence à l'industrie anglaise. Pour résumer, ce pays qui représentait un débouché pour l'industrie européenne devient aujourd'hui un pays capitaliste exportateur, qui en fin de compte vient disputer leur place aux autres pays. Et quelles sont les conséquences de ce phénomène? Le marché mondial devient de plus en plus étroit, la production  dépasse de plus en plus les possibilités de débouchés, la concurrence devient de plus en plus désespérée et un krach commercial plus ou moins généralisé ébranlera à court ou long terme les pays capitalistes. Le développement industriel des Etats-Unis avec toutes les conséquences qu'il entraîne donne là de nouveau une fameuse couleuvre à avaler à tous ceux qui soutiennent la célèbre théorie des capacités d'adaptation capitaliste de la production aux besoins."

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8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 20:04


HIER

Dans la lettre du 30 décembre 1899, publiée sur le blog, Rosa Luxemburg parodiant une de ses déclaration où il avait prétendu que les ouvriers avaient des salaires si élevés qu'ils buvaient non de la bière mais du champagne, avait dit lors de sa campagne électorale en haute-Silésie : "A ces "pots", on ne vide pas des coupes de champagne Ballestrem, par contre on verse dans la tête de ceux qui produisent la plus-value de Ballestrem, l'esprit saint de la s(ocial)-d(émocratie).


ET BIEN SUR D'AUJOURD'HUI
ENTREPRISE MAN
Dirigeants
Chairman Rudolf  Rupprecht
Finances Ferdinand  Graf von Ballestrem
Communication Wieland  Schmitz
Contact Actionnaires Ulf-Carsten  Steinborn
Contact Investisseurs Ulf-Carsten  Steinborn

Activités
MAN figure parmi les 1ers producteurs européens de poids lourds et de moteurs mécaniques. Le groupe propose également des prestations de services industriels. Le CA par activité se répartit comme suit :
- vente de véhicules utilitaires (66,6%) : poids lourds (capacité de transport de 6 à 60t ; 7 212 unités vendues en 2006), bus et autocars (1 473 unités) ;
- vente de moteurs diesel (13,8%) : moteurs pour bateaux, locomotives, centrales électriques, etc. le groupe développe également des prestations de construction clés en mains d'unités de production d'énergie et des prestations de réparation et de maintenance ;
- prestations de services industriels (10,6%) : développement de projets, assemblage et mise en place d'unités industrielles, prestations de services après-vente, de maintenance des centres d'approvisionnement logistiques des constructeurs automobiles, etc. ;
- vente de machines turbo (6,9%) : compresseurs et turbines ;
- autres (2,1%) : prestations de services financiers, vente de systèmes de propulsion, etc .

La répartition géographique du CA est la suivante : Allemagne (26%), Europe (46,5%) et autres (27,5%) .















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3 janvier 2008 4 03 /01 /janvier /2008 09:41
Pour consulter le blog: comprendre avec rosa luxemburg


A l'heure où les médiathon en tous genres fleurissent, à une époque où l'on se souvient de l'obscénité de la course à la solidarité médiatique des Etats lors du tsunami et de l'indifférence complète peu après lors du tremblement de terre au Cachemire, ce texte de Rosa Luxemburg nous aide à comprendre ce qui se cache derrière les gesticulations des "meurtriers bienveillants".



(Réfugiés accueillis au lycée Carnot
etabs.ac-martinique.fr/lgtsch/histoils.htm.)
 

DES montagnes de ruines fumantes, des tas de cadavres mutilés, une mer fumante, partout où l’on se tourne boue et cendres, c’est tout ce qui reste de la petite ville prospère perchée comme une hirondelle sur la pente rocheuse du volcan. Depuis quelque temps, on avait entendu le géant en colère gronder et s’emporter contre la présomption humaine, contre la suffisance aveugle des nains à deux jambes. Au grand cœur dans sa colère même, un véritable géant, il avait prévenu les créatures insouciantes qui rampaient à ses pieds. Il fumait, répandant des nuages ardents ; dans son sein il y avait un bouillonnement et un fourmillement, des explosions semblables à des coups de fusils et au tonnerre du canon. Mais les seigneurs de la terre, ceux qui ordonnent à la destinée humaine, ont maintenu la foi inébranlable en leur propre sagesse.

Le septième jour du mois, une commission expédiée par le gouvernement a annoncé à la population inquiète de Saint-Pierre que tout était en règle dans le ciel comme sur la terre. Tout est en règle, aucune cause d’alarme ! Comme ils l’avaient dit, intoxiqués par les danses de salon, à la veille du serment du Jeu de paume à l’époque de Louis XVI, alors qu’une lave ardente s’accumulait avant l’éruption du volcan révolutionnaire. Tout est en ordre, la paix et la tranquillité règnent partout ! Comme ils le disaient, il y a 50 ans, à Vienne et à Berlin à la veille de l’éruption de mars. Mais, le vieux titan souffrant de la Martinique n’a prêté aucune attention aux rapports de l’honorable commission, après que la population a été rassurée le septième jour par le gouverneur, il fit irruption au cours des premières heures du huitième jour et il a enterré en quelques minutes, le gouverneur, la commission, la population, les maisons, les rues et les bateaux sous les exhalaisons ardentes de son cœur indigné.

Le travail a été radical. Quarante mille vies humaines fauchées, une poignée de réfugiés sauvés, le vieux géant peut gronder et bouillonner en paix, il a manifesté sa puissance, il s’est affreusement vengé de cet affront à sa puissance primale. Et maintenant, dans les ruines de la ville détruite, un nouvel arrivant s’invite en Martinique, un invité encore inconnu, jamais rencontré auparavant : l’être humain. Ni maître, ni serf, ni noir, ni blanc ; ni riche, ni pauvre, ni propriétaire de plantation ou esclave salarié, l’être humain survient sur l’île brisée et minuscule, l’être humain qui ressent seulement la douleur et constate seulement le désastre, qui cherche seulement à aider et secourir. Le vieux Mont Pelé a réalisé un miracle ! Oubliés les jours de Fachoda, oublié le conflit de Cuba, oubliée "la Revanche" ; les Français et les Anglais, le Tsar et le Sénat de Washington, l’Allemagne et la Hollande donnent de l’argent, envoient des télégrammes, tendent une main secourable. La confrérie des peuples contre la haine brûlante de la nature, une résurrection de l’humanisme sur les ruines de la culture humaine s’est manifestée. Le prix du retour à l’humanité fut élevé, mais le tonnerre du Mont Pelé a capté leur attention.

La France pleure sur les 40.000 cadavres de l’île minuscule, et le monde entier s’empresse de sécher les larmes de la République. Mais comment était-ce quand, il y a quelques siècles, la France a versé le sang à torrents pour prendre les Petites et les Grandes Antilles ? En mer, au large des côtes de l’Afrique de l’Est, existe l’île volcanique de Madagascar. Il y a 50 ans, nous vîmes comment la République aujourd’hui inconsolable et qui pleure la perte de ses enfants a alors soumis les indigènes obstinés à son joug par les chaînes et l’épée. Nul volcan n’y a ouvert son cratère, ce sont les bouches des canons français qui ont semé la mort et de la désolation. Les tirs de l’artillerie française ont balayé des milliers de vies humaines de la surface de la terre jusqu’à ce que ce peuple libre se prosterne face contre terre et que la reine des "sauvages" soit traînée, comme trophée, dans la "Cité des Lumières".

Sur la côte asiatique, lavée par les vagues de l’océan, se trouvent les souriantes Philippines. Il y a six ans, nous y avons vu les Yankees bienveillants, le Sénat de Washington au travail. Il n’y a pas là-bas de montagne crachant le feu et pourtant le fusil américain y a fauché des vies humaines en masse ; le cartel du sucre du Sénat qui envoie aujourd’hui des dollars-or par milliers à la Martinique pour sauver des vies, avait auparavant envoyé des canons et des canons, des vaisseaux de guerre et des vaisseaux de guerre ; des millions et des millions de dollars-or sur Cuba pour semer la mort et la dévastation.


Hier et aujourd’hui, très loin dans le sud de l’Afrique, où il y a quelques années encore, un petit peuple tranquille y vivait de son travail et en paix, nous avons vu comment les Anglais y ont tout ravagé. Ces mêmes Anglais qui sauvent la mère et l’enfant en Martinique, nous les avons vus piétiner brutalement des corps humains et même ceux d’enfants avec leurs bottes de soldats, se vautrant dans des mares de sang et semant la mort et la dévastation.

Ah, et les Russes, le Tsar de toutes les Russies, aidant et pleurant - une vieille connaissance ! Nous vous avons vus sur les remparts de Prague, où le sang polonais encore chaud coulait à flots faisant virer le ciel au rouge de ses vapeurs. Mais c’était autrefois. Non ! Maintenant, il y a seulement quelques semaines, nous avons vu les Russes bienveillants sur les routes poussiéreuses, dans des villages russes ruinés, confronter une foule de loqueteux en révolte et tirer sur des moujiks haletants, nous avons vu le sang rouge des paysans se mélanger à la poussière du chemin. Ils doivent mourir, ils doivent tomber parce que leurs corps sont tordus par la faim, parce qu’ils réclament du pain et encore du pain !

Et nous vous avons vus, vous aussi, oh République, en larmes ! C’était le 23 mai 1871, quand le soleil glorieux du printemps brillait sur Paris, des milliers d’êtres humains pâles dans des vêtements de travail étaient enchaînés ensemble dans les rues, dans les cours de prison, corps contre corps et tête contre tête ; les mitrailleuses faisaient crépiter par les meurtrières leurs museaux sanguinaires. Aucun volcan n’avait éclaté, aucun jet de lave n’avait été versé. Vos canons, République, ont tiré sur la foule compacte, poussant des cris de douleur - plus de 20.000 cadavres ont recouvert les trottoirs de Paris !

Et vous tous - Français et Anglais, Russes et Allemands, Italiens et Américains - nous vous avons vus tous ensemble pour une première fois dans une entente fraternelle, unie dans une grande ligue des nations, aidant et vous entraidant les uns les autres : c’était en Chine. Là, vous aviez oublié toutes les querelles entre vous, là aussi vous aviez fait la paix des peuples - pour le meurtre et l’incendie. Ah ! Combien d’individus sont tombés sous vos balles, comme un champ de blé mûr haché par la grêle ! Ah ! Combien de femmes jetées à l’eau, pleurant leurs morts dans leurs bras froids et fuyant les tortures mêlées à vos embrassades ardentes !

Et maintenant, ils se tournent tous vers la Martinique d’un même mouvement et le cœur sur la main, ces meurtriers bienveillants aident, sauvent, sèchent les larmes et maudissent les ravages du volcan. Mont Pelé, géant au grand cœur, tu peux en rire ; tu peux les mépriser, ces carnivores pleurants, ces bêtes en habits de Samaritains. Mais un jour viendra où un autre volcan fera entendre sa voix de tonnerre, un volcan qui grondera et bouillonnera et, que vous le vouliez ou non, balayera toute ce monde dégoulinant de sang de la surface de la terre. Et c’est seulement sur ses ruines que les nations se réuniront en une véritable humanité qui n’aura plus qu’un seul ennemi mortel : la nature aveugle.

"Mais un jour viendra où un autre volcan fera entendre sa voix de tonnerre, un volcan qui grondera et bouillonnera et, que vous le vouliez ou non, balayera toute ce monde dégoulinant de sang de la surface de la terre. Et c’est seulement sur ses ruines que les nations se réuniront en une véritable humanité qui n’aura plus qu’un seul ennemi mortel : la nature aveugle."
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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 23:14
Pour consulter le blog: comprendre avec rosa Luxemburg

Aujourd'hui l'on parle de
mondialisme. Ce n'est en fait que la poursuite d'un phénomène capitaliste que l'on a  nommé auparavant impérialisme. Rosa Luxemburg s'est attachée à décrire ce phénomène d'accumulation du capital.

Un site classiques.uqac.ca permet le téléchargement et la lecture de son ouvrage

"L'accumulation du capital"
Contribution à l'explication économique de l'Impérialisme (1913)


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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009