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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.
 
Voir aussi : http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr/
 
28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 18:32

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Sur là-bas si j'y suis depuis trois jours, des émissions sur la grève des mineurs de 48 et l'action redoutable du ministre socialiste de l'époque Jules Moch. Cela ne peut faire qu'écho aux décisions de par le temps de la social-démocratie, les pleins pouvoirs de la guerre d'Algérie, la répression sanglante de la révolution spartakiste et les assassinats de militants que chacun s'accorde aujourd'hui à savoir exceptionnels, dont Rosa Luxemburg. A écouter pour toulours empêcher le pire.

 

écouter

 

http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/14288-28.12.2011-ITEMA_20332663-0.mp3

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 22:18

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L'exécution programmée (et dans les derniers instants annulée) de Hank Skinner a donné lieu à de nombreux articles et c'est avec émotion que nous avons vu que certains reprenaient le texte "Devoir d'honneur" rédigé par Rosa Luxemburg, alors qu'elle venait à peine d'être libérée de prison (et que se développait la révolution spartakiste, sauvagement réprimée et au cours de laquelle elle-même trouvera la mort, assassinée.)

 

Rosa Luxemburg contre la peine de mort. "Devoir d'honneur"


"Nous exigeons l'élimination de la peine de mort du code pénal allemand !"

 

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Rosa Luxemburg. Un Devoir d'honneur


Nous n'avons sollicité ni "amnistie" ni pardon pour les prisonniers politiques qui ont été les victimes de l'ancien régime. Nous avons exigé notre droit à la liberté, par la lutte et la révolution, pour les centaines d'hommes et de femmes courageux et fidèles qui ont souffert dans les prisons et les forteresses, parce qu'ils ont lutté pour la liberté du peuple, pour la paix et pour le socialisme, contre la dictature sanglante des impérialistes criminels. Ils sont maintenant tous libérés. Et nous sommes à nouveau prêts pour la lutte.

Ce n'est pas les Scheidemann[1] et leurs alliés bourgeois avec à leur tête le Prince Max von Baden qui nous ont libéré ; c'est la révolution prolétarienne qui a ouvert toutes grandes les portes de nos cellules[2].

Mais une autre catégorie d'infortunés habitants de ces lugubres demeures a été complètement oubliée. Jusqu'ici personne n'a pensé aux êtres pâles et maladifs qui souffrent derrière les murs des prisons pour expier des délits mineurs.

Cependant, eux aussi sont des victimes infortunées de l'ordre social abominable contre lequel se bat la révolution, des victimes de la guerre impérialiste qui a poussé la détresse et la misère jusqu'aux plus extrêmes limites, des victimes de cette épouvantable boucherie qui a déchaîné les instincts les plus bas. La justice de la classe bourgeoise a de nouveau opéré comme un filet laissant échapper les requins voraces tandis que le menu fretin était capturé. Les profiteurs qui ont gagné des millions pendant la guerre ont été acquittés ou s'en sont tirés avec des peines ridicules, mais les petits voleurs ont reçu des peines de prison sévères. Epuisés par la faim et le froid, dans des cellules à peine chauffées, ces enfants oubliés de la société attendent l'indulgence, le soulagement. Ils attendent en vain. Le dernier Hohenzollern[3], en bon souverain, a oublié leur souffrance au milieu du bain de sang international et de l'érosion du pouvoir impérial. Pendant quatre ans, depuis la conquête de Liège, il n'y a pas eu d'amnistie, pas même à la fête officielle des esclaves allemands, l'anniversaire du Kaiser.

La révolution prolétarienne doit maintenant éclairer la sombre vie des prisons par un petit acte de pitié, elle doit écourter les sentences draconiennes, abolir le système disciplinaire barbare (détention en chaînes, châtiment corporel), améliorer les traitements, les soins médicaux, les rations alimentaires, les conditions de travail. C'est un devoir d'honneur !

Le système pénal existant, tout imprégné de l'esprit de classe brutal et de la barbarie du capitalisme, doit être totalement aboli. Une réforme complète du système d'accomplissement des peines doit être entreprise. Un système complètement nouveau, en harmonie avec l'esprit du socialisme, ne saurait être basé que sur un nouvel ordre économique et social. Tous les crimes, tous les châtiments, ont toujours en fait leurs racines implantées dans le type d'organisation de la société. Cependant, une mesure radicale peut être mise en oeuvre sans délai. La peine capitale, la plus grande honte de l'ultra-réactionnaire code pénal allemand, doit être immédiatement abolie[4]. Pourquoi donc y a-t-il des hésitations de la part de ce gouvernement des ouvriers et des soldats ? Ledebour, Barth, Däumig[5], est-ce que Beccaria[6], qui dénonçait il y a deux cent ans l'infamie de la peine de mort, n'existe pas pour vous ? Vous n'avez pas le temps, vous avez mille soucis, mille difficultés, milles tâches à remplir. Mais calculez, montre en main, combien de temps il vous faut pour dire : « la peine de mort est abolie ». Ou est-ce que vous voulez un débat en longueur, finissant par un vote entre vous sur ce sujet ? Est-ce que vous allez encore vous fourvoyez dans des couches et des couches de formalités, des considérations de compétence, des questions de tampon approprié et autres inepties ?

Ah, que cette révolution est allemande ! Comme elle est pédante, imprégnée d'arguties, manquant de fougue et de grandeur ! Cette peine de mort qu'on oublie n'est qu'un petit trait, isolé. Mais précisément c'est souvent que de tels traits trahissent l'esprit profond de l'ensemble.


Prenons n'importe quelle histoire de la grande révolution française ; prenons par exemple l'aride Mignet[7]. Quelqu'un peut-il lire ce livre sans sentir battre son coeur et son esprit s'enflammer ? Quelqu'un peut-il, après l'avoir ouvert à n'importe quelle page, le laisser de côté avant d'avoir entendu le dernier accord de cette formidable tragédie ? Elle est comme une symphonie de Beethoven portée jusqu'au gigantesque, une tempête sonnant sur les orgues du temps, grande et superbe dans ses erreurs comme dans ses exploits, dans la victoire comme dans la défaite, dans le premier cri de joie naïve comme dans son souffle final. et quelle est la situation maintenant en Allemagne ? Partout, dans les petites choses comme dans les grandes, on sent qu'on a affaire encore et toujours aux anciens et trop prudents citoyens de la vieille social-démocratie, à ceux pour lesquels la carte de membre du parti est tout, alors que les êtres humains et l'intelligence ne sont rien. Mais l'histoire du monde ne se fait pas sans grandeur de la pensée, sans élévation morale, sans nobles gestes.

Liebknecht et moi, en quittant les résidences hospitalières que nous avons récemment habitées - lui quittant ses camarades de prison dépouillés, moi mes chères pauvres voleuses et prostituées dont j'ai partagé le toit pendant 3 ans et demi - nous leur fîmes ce serment, tandis qu'ils nous suivaient de leurs yeux pleins de tristesse, que nous ne les oublierions pas !

Nous exigeons que le comité exécutif des conseils d'ouvriers et de soldats allège immédiatement le sort des prisonniers dans toutes les institutions pénales d'Allemagne !

Nous exigeons l'élimination de la peine de mort du code pénal allemand !

Des rivières de sang ont coulé en torrents pendant les quatre ans du génocide impérialiste. Aujourd'hui chaque goutte de ce précieux liquide devrait être conservée respectueusement dans du cristal. L'énergie révolutionnaire la plus constante alliée à l'humanité la plus bienveillante : cela seul est la vraie essence du socialisme. Un monde doit être renversé, mais chaque larme qui aurait pu être évitée est une accusation ; et l'homme qui, se hâtant vers une tâche importante, écrase par inadvertance même un pauvre ver de terre, commet un crime.


Rosa Luxemburg,


Die Rote fahne (Le Drapeau rouge), journal de la Ligue Spartakiste, 18 novembre 1918


Un Devoir d’honneur (Rosa Luxemburg)

Alors que nous participons à la campagne contre l’exécution de Henri Watkins (Hank) Skinner, condamné à mort au Texas (Etats-Unis), que nous participons régulièrement aux campagnes lancées par nos camarades iraniens contre les exécutions en Iran, que nous réaffirmons à chaque fois que nous le pouvons notre opposition à ce châtiment barbare qu’est la peine de mort, il semble intéressant de publier ce texte de Rosa Luxemburg revendiquant, en 1918, l’abolition immédiate de la peine de mort en Allemagne.


http://communismeouvrier.wordpress.com/2011/11/08/un-devoir-dhonneur-rosa-luxemburg/


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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 20:15

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Actualité de Rosa Luxemburg: les salariés de Météo france ont mené une lutte forte en 2008. Ils reprennent entre autres une citation de Rosa Luxemburg tirée de la brochure de Junius.

 

voir


Blizzard n°6  — 26 octobre 2008


L’AG de reprise du 24/10, malgré la défaite, marque une avancée de conscience et de la volonté de prendre en charge collectivement tous les aspects de la lutte. Texte des motions. Annexe : citation Rosa Luxemburg. (Extrait de la brochure de Junius. ouvrir le lien Blizzard n°6 )

 

Blizzard n°5  — 24 octobre 2008


Les conditions d’une reprise constituent un élément essentiel de notre force, de notre solidarité, de notre conscience et de notre capacité à préparer les luttes futures. Texte lu en AG (à quelques corrections près). Annexe : citations de Karl Marx et Rosa Luxemburg. (ouvrir le lien Blizzard n°5)

 

 

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 20:53

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L'intervention de David Muhlmann, lors du colloque Présence de Rosa Luxemburg, illustre parfaitement ce qui a été dit dans le précédent article, à savoir l'importance d'une démarche partant de Rosa Luxemburg pour nous aider à réfléchir sur le monde actuel. Il s'agissait en effet selon le titre de la table ronde de s'interroger sur l'actualité de Rosa Luxemburg.

 

Muhlmann a distingué plusieurs points. Si nous ne partageons pas toujours les conclusions tirées, nous avons particulièrement apprécié cette mise en évidence d'éléments, qui nous ont semblé réellement pertinents pour réfléchir le monde actuel.

 

 

1. La voie révolutionnaire

 

Pour D. Mühlmann, il ne s'agit pas chez Rosa Luxemburg seulement d'une posture et en cela elle se distingue de militants comme Kautsky ou Barbusse qui eux aussi ont critiqué Bernstein.

Elle fait l’effort en effet d’analyser les dynamiques qui soutendent les différentes positions et surtout elle refuse la pacification des rapports de classes, l'idée qu'il serait possible de conquérir le pouvoir sans s'affronter.

C'est un acquis fondamental: de sa pensée que de montrer que le socialisme nécessite un saut qualitatif dans les lutte sociales, et que l'on ne peut pas y arriver, sans un affrontement, sans ce saut qualitatif.

On ne peut pas reformer le mode de proprieté sans s’attaquer à l’appareil d’Etat :  il y a nécessité de briser par la force cet appareil.

C'est la leçon de la Commune et des analyses historiques de Marx. Car l'histoire a bien montré que quand elle se voyait en danger, la bourgeoisie a toujours mobilisé l'appareil d'Etat. C'est aussi la leçon du Chili et de la révolution spartakiste qui a échoué à partir du moment où le militarisme s'alliait à la bourgeoisie pour le combattre.

Pour D. Mühlmann, c'est là un des enseignements de Rosa Luxemburg ; il faut s'attendre à un affrontement armé si l'on s'engage dans cette voie

 

 

2. La spontanéité

 

Le deuxième point aborde l'idée de spontanéité et Mühlmann distingue de manière intéressante les notions de spontanéisme et de spontanéité.Et c'est bien ce deuxième point qu'il voit à l'oeuvre chez.Rosa Luxemburg.

Selon lui, pour Rosa Luxemburg, la révolution ne se décrète pas ; mais il existe une réelle capacité des masses à se mobiliser et  elle parie toujours sur l’intelligence des masses.

Des masses qui sont dans un  processus d’auto-émancipation.

Ce qui ne signifie pas pour autant qu'il n'y ait pas de préparation . Bien au contraire, d'où l'importance pour elle, des partis. Il n'y a pas de spontanéité, sans parti sans préparation.

 

 3.Quel socialisme

 

Rosa Luxemburg choisit la voie démocratique, mais elle montre une vigilance constante à la fois contre la bureaucratie, la bureaucratisation du parti allemand, mais aussi face à Lénine. Ainsi en 1904, elle critique la sclérose, le conspirationnisme.

Elle refuse aussi bien l'affadissement que le jusqu’au boutisme bureaucratique. Il ne s'agit pas comme le veut une gauche avant-gardiste, de s’emparer du pouvoir d’Etat et ensuite de le faire fonctionner au service des travailleur.

D. Mühlmann avance alors l'idée suivante. Il ne faut pas céder sur la liberté au profit de l’égalité.

 

 

4. Celle qui a su tenir bon sur l’internationalisme

 

Rosa Luxemburg est celle qui a su tenir bon sur l'internationailsme, un internationalisme de principe contre le chauvinisme délirant de l'époque.

Mais il s'agit de plus d'un internationalisme original..Pas d'un internationalisme pacifiste. C’est "guerre  à la guerre" devenu "la guerre transformée en guerre civile". Etre offensif malgré la guerre, contre la guerre. Pas un pacifisme social-démocrate;

Mais avoir comme par réflexe une sensibilité pour les opprimés, au- dela des frontières.

Il y a alors un point de complication : le nationalisme progressiste, les luttes de libération nationale dont elle ne reconnaît pas la validité même dans les pays opprimés. Et Muhlmann considère qu’elle a eu raison si l'on considère le mouvements de décolonisation. L'anti-impérialisme peut être aujourd’hui un point de contradiction s'il n'est pas lié à des contenus de classe.

 

5. Critique d’une vision linéaire de l’histroire

 

Muhlman discute en abordant ce point l"idée que le capitalisme doit nécessairement être vaincu et que les forces économiques travailleraient pour nous .Au contraire pour lui, le capitalisme peut porter avec lui le capitalisme et mener au pire. La barbarie est possible, le socialisme n’est pas garanti.

 C'est par exemple ce que nous apprend le développement de l’écologie : le capitalisme peut aller jusqu’à miner, détruire  et non pas offrir une perspective. Il souligne alors l'oginalité de Rosa Luxemburg qui n'est certes pas un penseur de l'écologie mais qui a une approche unique comme penseur marxiste. Il y a une certaine sensibilité à la nature qui caractérise Rosa luxemburg : voir les lettres, son herbier...

De même quand elle étudie la religion, elle pointe un certain progressisme du christianisme primitif  et témoigne alors d'une capacité à étudier le passé pour comprendre l’avenir;

 

 

Conclusion

 

Rosa Luxemburd nous invite à un marxisme critique de l’Etat

Son analyse de la dégénerescence socialdémocrate reste essentielle.

 

Cet article est en devenir. Nous avons voulu rapidement donner accès aux idées développées lors de cette intervention.Le texte devrait en être publié bientôt et permettre une discussion plus précise de son contenu.

 

 

 

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 15:49

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Nous assistons à l’effondrement du vieux monde qui croule par pans entiers, jour après jour. Ce qui est le plus surprenant, c’est que la plupart des gens ne s’en aperçoivent pas et croient encore marcher sur un sol ferme.

 

Rosa Luxemburg 1870-1919

 

(Lettres de prison 1916-1918)

 

 

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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 16:15

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Un article retrace l'histoire du cimetière où sont inhumés Rosa Luxemburg, Liebknecht et de nombreux militants. Nous mettons un lien vers l'article complet  et proposons en français l'extrait concernant Rosa Luxemburg,les victimes de la révolution spartakiste et Leo Jogiches.

 

Bundesarchiv_Bild_146-1976-067-25A-_Beisetzung_von_Rosa_Lux.jpgEnterrement de Rosa Luxemburg


Vom Armenfriedhof zur Gedenkstätte der Sozialisten

www.dkp-online.de

 

1875 : le cimetière des pauves

... 1875 wollte der Berliner Magistrat vor den Toren der Stadt einen "Centralfriedhof" für die Armen errichten. ...


L'enterrement de Wilhem Liebknecht 

Am 12. August 1900 wurde der Mitbegründer der Sozialdemokratie, Wilhelm Liebknecht, in unmittelbarer Nähe zum Eingang an der Gudrunstraße bestattet. Über 200 000 Menschen trauerten um Liebknecht. Am Grabe sprach August Bebel. Später fanden auch andere Mitglieder der deutschen Sozialdemokratie in Friedrichsfelde ihre letzte Ruhestätte. Zu ihnen gehörten Ignaz Auer (1907), Emma Ihrer, Paul Singer, Julia Liebknecht, die erste Frau Karl Liebknechts (1911), Carl Legien (1920) und andere. 

Seit etwa hundert Jahren trägt deshalb dieser Friedhof den Beinamen "Sozialistenfriedhof".


Les morts de la révolution spartakiste


En 1919, le maire de Berlin, refusa que les combattants de la révolution de novembre soient enterrés à côté de ceux de 48. Sous le prétexte qu'il n'y aurait pas de place. Ils furent inhumés, loin de l'entrée principale sur  un terrain prévu au départ pour les victimes d'épidémies. Le 25 janvier furent enterrés là, en présence de très nombreux Berlinois - 32 révolutionnaires, parmi eux, Karl Liebknecht. De manière symbolique, un cercueil vide fut enterré à côté de lui pour Rosa Luxemburg. Son corps ne fut retrouvé que le 31 mai 191. Elle fut inhumée le 13 juin1919, plus de 100 000 personnes l'accompagnèrent.


1919 weigerte sich der Berliner Magistrat, Kämpfer, die während der Novemberrevolution von 1918/19 gefallen waren, bei den Gefallenen vom März 1848 im Friedrichshain bestatten zu lassen. Angeblich, weil dort kein Platz mehr wäre. Sie wurden weitab vom Haupteingang in Friedrichsfelde auf einem Terrain, das ursprünglich für Epidemieopfer vorgesehen war, beerdigt. Am 25. Januar 1919 bestattete man hier - unter großer Anteilnahme der Berliner Bevölkerung - 32 Revolutionäre, darunter Karl Liebknecht. Symbolisch wurde an der Seite Karl Liebknechts für Rosa Luxemburg ein leerer Sarg in die Erde gesenkt. Ihre sterblichen Überreste wurden erst am 31. Mai 1919 gefunden. Sie wurde im Beisein von mehr als 100 000 Menschen am 13. Juni 1919 beigesetzt.

 

Puis la même année et les années  qui suivirent, furent enterrées d'autres victimes de la soldatesque contre-révolutionnaire, ainsi Leo Jogiches, le Président de l'USPD Hugo Haase, le dirigeant syndical Wilhelm Sült de même que les 42 victimes de la terreur policière en janvier 1920 devant le bâtiment du Reichstag.

 

Es folgten im gleichen bzw. in den nächsten Jahren weitere Mordopfer konterrevolutionärer Soldateska, so Leo Jogiches, der USPD-Vorsitzende Hugo Haase, der Gewerkschaftsobmann der Berliner Kraftwerke Wilhelm Sült sowie 42 Opfer des Polizeiterrors vor dem Reichstagsgebäude Januar 1920. In der Weimarer Republik demonstrierten alljährlich Zehntausende nach Berlin-Friedrichsfelde.

 

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 08:55

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Après les spectacles d'Anouck Grinberg et Calire Diterzi, une autreactualité de Rosa Luxemburg

 

Image

AVANT PREMIERE

De Valérie Gaudissart
Avec Mathilde Besse, Benoît Giros, Sylvia Etcheto, Marie Cariès, Friedhelm Ptok,…
France 2010 couleurs 1h37
« Alors, aujourd’hui 24 mai, ça fait 1000 jours que Mamie est morte 1 quinquennat que Papa ne vote plus communiste 87 ans que Rosa Luxemburg a été assassinée et 2 jours que je chausse du 35 »

Violette sait qu’elle va partir et Violette, une nuit, partira. Hors de sa maison, elle marchera sur les pas de Rosa. Rosa, sa Rosa, Rosa Luxemburg, celle, dont du haut de ses 11 ans à peine, elle se sent l’héritière, la mémoire. Dans l’énergie de cette révolutionnaire, elle se reconnaît, et elle se sent portée, transportée par l’utopie et la force de ses lettres de prison, écrites en 1917

Dimanche 13 juin à 18h30 projection en avant première en présence de Valérie Gaudissart et de l'équipe du film et en partenariat avec la Commission du Film en Auvergne et du Conseil Régional Auvergne.

 


 


 

Le Rio existe grâce à Nick Kéchichian qui l'a fondé en 1960.

Le premier virage est amorcé en 1972 quand Nick transforme le Rio en salle Art et Essai. Rapidement, le Rio devient le lieu de rendez-vous des cinéphiles invétérés, les curieux de tout poil. Si vous discutez dans le hall avant la séance, vous entendrez forcément des anecdotes sur Nick Kéchichian, les films, la vie du cinéma…qui vous feront sourire. 

 

Malheureusement, au début des années 90, Nick, gravement malade, devra fermer le Rio.
Le CE Michelin décide alors de reprendre l'aventure : il rachète le cinéma et entreprend les travaux devenus indispensables. C'est ainsi qu'un beau soir de juin 95, le Rio ouvre de nouveau ses portes mais surtout son rideau sur "Jour de fête" de Jacques Tati. L'association "Les amis du Rio" regroupant des élus du CE et des représentants des institutions auvergnates est créée et embauche l'équipe nécessaire à la direction et au fonctionnement du cinéma.


En 2009, le CE quitte l'aventure qui se poursuit avec l'association Les Amis du Rio.

L'objectif est de proposer une programmation Art et Essai au grand public pour faire du Rio un véritable cinéma de quartier mais au-delà des "quartiers nord", pour tous les habitants de l'agglomération clermontoise. Ainsi, le Rio propose des films variés pour tous les publics : des films dits porteurs mais toujours de qualité se partagent l'affiche avec des pépites. Des films indépendants, des documentaires, des animations, des films venus d'ailleurs (Asie, Afrique, Amérique du sud) en Version Originale Sous-Titrée (VOSTF) constituent le quotidien du Rio.

Une attention particulière est donnée à la politique tarifaire : les tarifs les plus bas de Clermont sont pratiqués pour favoriser l'accès au plus grand nombre au 7ième Art.

Mais ce qui fait depuis 1995 l'une des spécificités du Rio, ce sont les rencontres. Des réalisateurs, des acteurs viennent 2 à 3 fois par mois présenter leurs films et discuter avec le public. Des échanges riches, enthousiastes, simples, conviviaux (parfois autour d'un verre et de gourmandises) s'instaurent alors. Ces rencontres s'inscrivent dans le cycle Quartiers Nord- Cinéma du Sud (soutenus par la Ville de Clermont-Ferrand et l'Etat) qui permettent à tous de découvrir à travers les différentes facettes du cinéma, les cultures, les communautés du monde.

Autour de ces soirées, le Rio cherche toujours à mettre en place des partenariats avec les associations de l'agglomération clermontoise, soit pour encourager un accès privilégié aux films pour les membres des associations concernées, soit pour permettre à un spécialiste du thème abordé par le film d'apporter une information complète au public.

Une autre spécificité du Rio est sa programmation Jeune Public présente tout l'année et pas seulement à Noël ou pour les "gros" films sur tous les écrans. Ainsi, chaque semaine, au moins un film est proposé aux plus jeunes (parfois des films accessibles dès 3 ans). Nombreux sont les Clermontois à avoir vu leur premier film de cinéma au Rio. Ces films sont aussi destinés aux structures scolaires ou aux centres de loisirs. Presque tous les jours des séances spécifiques pour ces groupes sont mises en place le matin ou en début d'après midi. (Pour toutes les précisions, aller à Jeune Public)

A noter également la participation du Rio au Festival International du Court-Métrage, au Festival du Film Documentaire Traces de Vies, au Festival Télérama…

La programmation du Rio, le travail en direction des publics ainsi que les animations ont permis au Rio d'être classé Art et Essai par le Centre National de la Cinématographie (CNC) avec les 3 labels existants Jeune Public, Patrimoine et Recherche et Découverte. Outre les soutiens financiers indispensables qui les accompagnent, ces classements et labels soulignent la qualité et l'exigence de la programmation que propose le Rio. Le Rio fut le premier cinéma en Auvergne à avoir eu le label Recherche et Découverte, le premier à avoir proposé régulièrement des animations, des rencontres, des films pour les plus jeunes. Le Rio s'est toujours attaché à défendre un cinéma de qualité, différent, un cinéma indépendant, un cinéma qui va vers les hommes, qui les fait se rapprocher et essayer de se comprendre. C'est peut-être pour cela que ce cinéma dit des quartiers Nord, le cinéma le plus petit de Clermont, est devenu, tranquillement, un cinéma qui a su toucher le public de l'ensemble de l'agglomération clermontoise.

Pour mémoire : en janvier 2007, le Rio est le 1er ciné clermontois à se doter d'un site. Le grand coach était Tom Gaborit, intervenant bénévolement. Merci à lui

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 09:36

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Le net réserve toujours de véritables surprises comme cette discussion sur un forum de jeux vidéo "Marx: Six idées reçues", avec ce post rédigé par un participant, première surprise, la deuxième étant les réponses qui s'attachent au fond.


L'occasion de souligner le recours à la citation de Rosa Luxemburg, certainement la plus utilisée. 


« La démocratie socialiste ne commence pas seulement en Terre promise lorsque l’infrastructure de l’économie socialiste est créée. Ce n’est pas un cadeau de Noël tout prêt pour le gentil peuple qui a bien voulu entre temps soutenir fidèlement une poignée de dictateurs socialistes. La liberté pour les seuls partisans du gouvernement, pour les seuls membres d’un parti, aussi nombreux soient-ils, ce n’est pas la liberté. La liberté, c’est toujours au moins la liberté de celui qui pense autrement. »


Elle est en effet extrêmement souvent reprise...

 

De manière totalement abusive quand elle permet simplement de justifier  un  pseudo-pluralisme démocratique et nous l'avons entendue dans les contextes les plus divers: il serait bien d'en faire une liste sur le blog. Ainsi la retrouve-t-on sur de nombreux sites sociaux-démocrates, ce qui est d'autant plus inexact que Rosa Luxemburg venait de quitter ce parti après le ralliement de la deuxième Internationale à la guerre, symbole concret et terrible pour elle de l'échec du réformisme dominant ce courant politique.


Reprise justifiée, si c'est dans le cadre de la réflexion sur ce qui doit suivre la révolution. A condition de la comprendre dans son contexte, qui était bien la tentative des militants de l'époque de "réussir" une révolution, c'est-à-dire "d'inventer" une nouvelle organisation de la société qui ne soit pas sur des bases capitalistes.

 

Rosa Luxemburg avait participé à la tentative révolutionnaire de 1905. Puis elle avait vu le danger extrême de l'organisation social-démocrate qui avait abouti à la participation active à la guerre. Elle avait agi au sein de ce parti en opposant toujours la démarche révolutionnaire au réformisme et elle ne l'a quitté que pendant la guerre, car elle attachait de l'importance à l'existence d'un cadre, d'une organisation politique pour l'action du prolétariat.

 

Cependant, elle avait une vision extrêmement dynamique, on pourrait dire dialectique de la conscience et de l'action de classe, visible par exemple dans sa conception de la grève générale. Ainsi cette citation, la relation à Lénine doivent être comprises dans cette logique toujours en mouvement. La figer, serait contraire à la démarche de Rosa Luxemburg. Sa réflexion sur le rôle des révolutionnaires naît de toute une vie et le texte sur la révolution russe est un moment dans une réflexion dynamique. Rosa Luxemburg a été assassinée en pleine révolution spartakiste, il est donc complexe de savoir comment se seraient développées ses analyses et son action.


En tous les cas, cette discussion un premier mai sur un forum de jeux, est étonnante et encourageante:

 

Posté le 01/05/2010 à 21:01 par Angarwaen17

  • :d) Idée reçue n°1 : Marx veut nier l'individualité au profit de la collectivité, il veut comprimer l'Individu.

    Faux. Marx ne veut absolument pas comprimer l'individu. Il considère - et il n'est pas le seul - que l'individualisme de la société "moderne" n'est qu'une manière nouvelle d'agencer individu et société. Pour ainsi dire, la société préexiste à l'individu et les deux s'agencent de différentes manières - c'est une réfutation de la théorie du contrat social. Marx fait d'ailleurs un certain éloge du capitalisme en disant qu'il a détruit les formes de société holistes et "organicistes". Pour Marx, et cela a été démontré par toutes les sciences sociales, l'individu est la somme de ses relations sociales ; sa liberté n'est pas de briser tout lien mais bien de pouvoir les multiplier. Le but du communisme est de transformer les conditions sociales et économiques afin qu'il n'y ait plus d'exploitation, de domination, dans une société d'abondance assurée par l'association libre des travailleurs et la coopération. Le rôle de l'Etat se contraint, dans la société communiste, à la police, la justice, l'éducation.
    Par ailleurs, il le dit clairement : "Le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous" (Manifeste du Parti Communiste).


    :d) Idée reçue n°2 : pour Marx nous ne sommes que des coquilles déterminées uniquement par nos conditions socio-économiques d'existence.

    Faux. Si Marx pense que l'existence détermine la conscience, il n'en laisse pas moins une très large place aux intentions des individus. Il faut se rappeler que chez Marx, en bon disciple de Hegel, tout est une affaire de dialectique : il y a donc une dialectique entre l'infrastructure (conditions socio-économiques) et la superstructure (ensemble politico-idéologico-juridique et formes de la conscience sociale), et des allez-retours entre les deux. En gros, l'infrastructure détermine la suprstructure mais celle-ci a une action en retour.


    :d) Idée reçue n°3 : Marx voulait une dictature !

    La fameuse dictature du prolétariat aura sans doute été la formule la plus malheureuse du vieux Karl. Or, il faut retenir plusieurs choses chez Marx :
    - Au moment où viendra la Révolution, le prolétariat composera la très large partie de la société. Ce ne serait pas plus une dictature réelle que la démocratie est une dictature de la majorité...
    - Il n'a pas inventé le terme ; il vient des anarchistes du premier XIXe siècle
    - Il entend le terme dans le sens romain : une magistrature d'exception temporaire pour sauver la République
    - Rien n'indique chez Marx que c'est un parti unique en béton qui doit faire cette dictature. Le livre majeur pour ceci - la Critique du Programme de Gotha - reste extrêmement vague.


    :d) Idée reçue n°4 : Marx, Lénine, Staline, Mao, le Juche, c'est du pareil au même !

    Rien de plus faux ! Il faut déjà distinguer la pensée de Marx et celle d'Engels - similaires, mais Engels est déjà bien plus doctrinal. La pensée de Marx - qu'on appelle souvent la pensée marxienne - est à distinguer du marxisme, souvent une vulgate simplifiée par ses descendants, Engels en premier. Marx s'est toujours désolidarisé de ceux qui prônaient un marxisme doctrinal, intransigeant, orthodoxe. Ainsi, après avoir rencontré Jules Guesde, collectiviste français et marxiste orthodoxe, Marx déclara : "Tout ce que je sais, c'est que moi je ne suis pas marxiste !".

    La pensée de Lénine est une déviation majeure de la pensée de Marx, sur deux questions : la conscience de classe et l'organisation du Parti et de l'Etat. Il y a cette idée chez Lénine selon laquelle la clé de l’évolution politique d’une société, c’est la conscience de classe, c’est-à-dire la conscience qu’on leur adjuge et non la conscience spontanée. Celle-ci ne veut que quelques réformes et non la révolution. La conscience de classe selon le léninisme c’est la conscience que devrait avoir la classe, celle qui est adjugée par le Parti, car le parti est composé de professionnels de la révolution, alors que le prolétariat n’est pas spontanément révolutionnaire. Le Parti pour Lénine doit donc être une avant-garde éclairée du prolétariat ; il doit donc de même être discipliné et "monolithique". Du coup, l'Etat au mains du parti monolithique doit aussi être monolithique. Ainsi, aux débuts de la Révolution russe, les Soviets étaient de réels institutions de démocratie directe et de débats entre tous : on y trouvait des Bolcheviks, des Mensheviks, des anarchistes, des réformistes, des libertaires, des hommes et des femmes de la rue. Les premières épurations décidées par Lénine ont mis en place le parti unique et nous sommes arrivés à la dictature sur le prolétariat. Cela a été remarquablement analysé par la révolutionnaire allemande Rosa Luxemburg dans son livre "La Révolution Russe" (1917-1918) : elle dénonce Lénine, avec sa formule fameuse : « La démocratie socialiste ne commence pas seulement en Terre promise lorsque l’infrastructure de l’économie socialiste est créée. Ce n’est pas un cadeau de Noël tout prêt pour le gentil peuple qui a bien voulu entre temps soutenir fidèlement une poignée de dictateurs socialistes. La liberté pour les seuls partisans du gouvernement, pour les seuls membres d’un parti, aussi nombreux soient-ils, ce n’est pas la liberté. La liberté, c’est toujours au moins la liberté de celui qui pense autrement. »

    Par la suite, les idées déjà déviantes de Lénine ot été encore plus distordues par Staline. Le Maoïsme, lui, n'a plus grand chose à avoir avec la pensée marxienne originelle.


    :d) Idée reçue n°5 : Marx a pensé l'Union Soviétique

    Faux. L'URSS aurait été durement critiquée par Marx - d'autant plus qu'il n'aurait pas misé un kopek sur la réussite de la révolution en Russie. Pour Marx, on le rappelle, la Révolution ne peut se faire que dans certaines conditions socio-économiques, qui ne sont remplies pour Marx que dans l'Angleterre, l'Allemagne et la France.

    Il faut d'ailleurs se souvenir que Marx décrit plusieurs régimes économiques historiques : la société communiste primitive (absence de propriété privée), l'Antiquité esclavagiste, le Moyen-âge féodal (fondé sur le servage), le capitalisme (fondé sur le salariat) et le mode production asiatique, qu'il observe en Chine, caractérisé par la soumission de tous les travailleurs à l'Etat. Or, Marx le dit très clairement : mieux vaut le capitalisme que le mode de production asiatique ! Et de plus, la démocratie socialiste ne doit jamais, jamais tombé dans ce travers-là. L'URSS est sans aucun doute marxiste-léniniste mais comme on l'a vu, ça n'a plus rien à voir avec Marx. Il suffit d'ailleurs pour s'en convaincre de voir les débats houleux provoqués par la Révolution russe dans les partis socialistes européens se réclamant du marxisme.


    :d) Idée reçue n°6 : Marx est un millénariste

    Faux. Certes, pour Marx, le capitalisme est condamné à tomber, tout comme l'étaient le communisme primitif, l'esclavage et le servage, tout simplement parce que pour Marx il arrivera un moment où la libération des forces productives nécessitera un changement de système. Ce n'est donc pas une illumination soudaine, mais un raisonnement qu'il fonde sur l'étude de l'histoire et de l'économie.


    Pour alimenter et élever un peu le débat :)
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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 19:02
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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 18:39

 

A lire sur le blog :

Hope Bridges Adams-Lehmann dans la correspondance de Rosa Luxemburg


Diffusé sur Arte - 20h35 . Rediffusion: 15:05 - Vendredi 02/04 - Arte. sur téléobs

[Téléfilm biographique] de Martin Enlen - Origine : Allemagne - Durée : 1 heure 30 minutes -Stéréo - En 16:9

Avec : Heike Makatsch (Hope Bridges Adams), Inka Friedrich (Clara Zetkin), Martin Feifel (Carl Lehmann), Tatjana Blacher (Ellen Bridges), Monika Baumgartner (Barbara Helbing), Justus von Dohnanyi (Otto Walther), Kara McSorley (Mara), Oliver Breite (Gregor Fernbach)

Le sujet

A la fin du XIXe siècle, la première femme médecin d'Allemagne vient en aide aux patients les plus pauvres et s'insurge contre le sort réservé aux femmes.


Née en 1855 à Londres, où elle est élevée, Hope Bridges Adams s'installe avec sa mère à Leipzig. Allant à l'encontre des souhaits de sa famille, la jeune femme, brillante et impétueuse, entreprend des études de médecine. Première femme à passer son diplôme en 1880, elle doit néanmoins attendre jusqu'en 1904 pour qu'il soit reconnu. Avec son mari Otto Walther, Hope ouvre un cabinet à Francfort et met un point d'honneur à venir en aide aux patients les plus pauvres. Elle s'insurge par ailleurs contre le sort réservé aux femmes. Sa vie est sans cesse tiraillée entre son métier, son rôle d'épouse et ses responsabilités en tant que mère d'une petite fille, Mara...

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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009