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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.
 
Voir aussi : http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr/
 
31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 20:03

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Avec un peu d'étonnement. A lire cet article de La Tribune :

Le Conseil des commissaires du peuple fin décembre 1918. De gauche à droite, Landsberg, Scheidemann, Noske, Ebert et Wissell. / Bundesarchiv
Le Conseil des commissaires du peuple fin décembre 1918.
De gauche à droite, Landsberg, Scheidemann, Noske, Ebert et Wissell. / Bundesarchiv

 

Romaric Godin | 30/08/2013, 10:02 - 1669 mots

Avant les élections allemandes du 22 septembre prochain, La Tribune vous propose de revenir sur l'histoire de l'économie allemande en 7 dates choisies subjectivement. Aujourd'hui : le 15 janvier 1919. Lorsque le gouvernement social-démocrate décide d'en finir avec les révolutionnaires en janvier 1919, il a déjà achevé en grande partie une évolution qui marque encore la vie politique et économique allemande.

Au soir du 15 janvier 1919, le Tiergarten, le grand jardin du centre de Berlin est clame et plongé dans l'obscurité. Un convoi s'arrête brusquement au bord du Landwehrkanal, face au parc zoologique. Des hommes en descendent, chargés d'un corps qu'ils s'empressent de jeter à l'eau avant de s'enfuir rapidement. Ce corps est celui de Rosa Luxemburg, une des principales figures de la pensée révolutionnaire de ce début de 20ème siècle.


L'assassinat


Un peu plus tôt dans la journée, les hommes du général Waldemar Pabst, anciens soldats de l'armée impériale regroupés dans un « corps franc », avaient saisi dans leur cachette de la Mannheimer Strasse, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, l'autre figure de proue de la gauche révolutionnaire allemande.


Les deux prisonniers avaient été transportés à l'hôtel Eden, siège du corps franc de Pabst. Liebknecht avait fini par mourir sous les coups de crosse des soldats. Rosa Luxemburg, elle, avait perdu connaissance. Nul ne sait si elle était effectivement décédée lorsqu'elle fut jetée à l'eau.


Ce double assassinat scelle dans le sang une rupture radicale au sein de la gauche allemande. Une rupture qui va marquer durablement la politique sociale du pays et a des répercussions encore aujourd'hui.


Corps-francs pendant la révolution bavaroise (Wikipédia)


Double pouvoir


Lorsque, le 11 novembre 1918, l'Allemagne doit demander l'armistice aux alliées qui, depuis qu'ils ont réussi durant l'été à percer le front allemand, ne cessent de rejeter l'armée impériale vers les frontières du Reich, le pays n'est déjà plus une monarchie. L'empereur Guillaume II a abdiqué deux jours plus tôt et s'est enfui vers les Pays-Bas où il mourra en 1941.


Deux pouvoirs subsistent alors dans le pays. Le premier, c'est celui du Reichstag, où dominent les Sociaux-démocrates, vainqueurs du scrutin de 1912. Le second, ce sont les « conseils » qui se forment un peu partout dans le pays, souvent à l'initiative de soldats (le premier a été fondé par les marins de la flotte de Kiel) ou d'ouvriers. Les modèles de ces conseils, ce sont les « soviets » créées l'année précédente en Russie après la chute de Nicolas II.

 


L'effet de la politique de Bismarck


Ces deux pouvoirs qui, d'emblée se méfient l'un de l'autre, traduisent une divergence quasi consubstantielle à la gauche allemande. Le parti social-démocrate, le SPD ,est d'ailleurs issu de ce double courant. Fondé en 1875 au congrès de Gotha, il est la fusion de l'Association générale des travailleurs allemands (ADAV) créée par le réformiste Ferdinand Lassale en 1863 et du parti allemand social-démocrate (SDAP) des marxistes Wilhelm Liebknecht (le père de Karl) et August Bebel.


Trois ans plus, Bismarck décide d'en finir avec les Socialistes. Il manie pour cela la carotte et le bâton. Le bâton, ce sont les « lois socialistes », en vigueur de 1878 à 1890, qui interdisent toutes les organisations socialistes. La carotte, ce sont les lois sociales qui offrent un certain nombre de protections nouvelles - et inédites en Europe - aux ouvriers allemands : assurance retraite, assurance maladie, assurance contre les accidents du travail.


La majorité du SPD va longtemps rester hantée par cette période. Il en résultera deux convictions qui vont rapidement devenir majoritaire au sein du parti : celle qu'il convient de combattre l'idée que la social-démocratie est « l'ennemie du Reich », comme le prétendait Bismarck, et celle que l'Etat impérial peut être réformé de l'intérieur, sans révolution, afin de favoriser la justice sociale.


L'Union sacrée


Si, officiellement, le SPD reste fidèle au marxisme orthodoxe contre le réformisme que défend Eduard Bernstein au début du 20ème siècle, la fraction réellement révolutionnaire du parti est, à la veille de la première guerre mondiale, largement minoritaire.


En 1914, le SPD se rallie largement à l'idée d'une « guerre défensive » et vote les crédits de guerre au Reichstag. L'idée d'une grève générale pour empêcher l'engrenage vers le conflit n'a jamais vraiment été promue par le parti qui, en revanche, entend défendre les acquis sociaux de l'Empire contre « la barbarie russe. »


La rupture au sein du SPD


Pendant la guerre, le SPD a à cœur de montrer qu'il n'est pas le parti de « traitres » comme le soupçonnent la droite et les militaires. Le gouvernement du chancelier Bethmann-Hollweg ne rate aucune occasion de mettre au défi la loyauté des Sociaux-démocrates. La majorité du parti se tait donc lorsque Rosa Luxemburg est arrêtée pour ses activités pacifistes en 1915. Finalement, début 1917, alors que l'Allemagne tombe de plus en plus dans les mains de l'armée, l'aile pacifiste du SPD fait scission et forme le SPD « indépendant », l'USPD, qui soutient les grèves générales d'avril 1917et de janvier 1918. Pendant ce temps, le SPD, regroupé autour de son aile droite, soutient jusqu'au bout l'Etat impérial.


Rosa Luxemburg (Wikipédia)

 

Jusqu'à l'armistice, cette division entre SPD et USPD repose surtout sur la question de la poursuite de la guerre. Elle n'est pas une division entre réformistes et révolutionnaires : Eduard Bernstein est d'ailleurs membre fondateur de l'USPD. Mais elle va le devenir, car l'Allemagne est dans une situation révolutionnaire et l'USPD défend avec vigueur le pouvoir des conseils. Dans un premier temps, on évite pourtant une confrontation. Le 10 novembre, un gouvernement provisoire, formé de trois membres du SPD et de trois membres de l'USPD est formé et confirmé par les conseils de Berlin.


Deux conceptions divergentes face à face


Cette entente cache pourtant mal les divergences de fond. D'un côté, l'USPD, poussé par son aile gauche regroupée autour de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht et appelée « la ligue spartakiste », entend profiter de la situation pour mettre fin au système capitaliste en Allemagne. Et pour cela, il souhaite s'appuyer sur les conseils ouvriers.


En face, le SPD majoritaire, quoique toujours officiellement favorable au « dépassement du capitalisme » refuse de détruire les structures économiques héritées de l'empire et réclame la convocation d'une assemblée constituante démocratiquement élue. Il rejette une évolution « à la russe » où les Bolchéviks ont pris le pouvoir un an plus tôt. Au cours des mois de novembre et de décembre, les positions se radicalisent. Le SPD représente de plus en plus le camp de l'ordre et du capitalisme, l'USPD celui de la révolution socialiste.

 

La révolte spartakiste


Le 24 décembre 1918, le leader social-démocrate Friedrich Ebert décide de désarmer le conseil des matelots qui occupent le château de Berlin. Il demande aux corps-francs d'intervenir. Les combats font 70 morts et le 28 décembre, l'USPD décide de quitter le gouvernement provisoire qui est désormais uniquement formée de membre du SPD. Le 1er décembre 1919, les Spartakistes et la majorité de l'USPD forme le parti communiste allemand (KPD). Cinq jours plus tard, le gouvernement SPD décide d'en finir avec le risque révolutionnaire : le chef de la police de Berlin, membre de l'USPD, est révoqué.


L'extrême-gauche y voit l'annonce d'une répression prochaine et prend les armes. Pendant une semaine, Berlin est livrée aux combats de rues. Le responsable gouvernemental pour les affaires militaires, Gustav Noske, négocie avec les corps francs pour combattre l'insurrection. « Il faut que quelqu'un soit le chien sanglant et je ne recule pas devant mes responsabilités ! », écrira-t-il l'année suivante. En 1962, dans une interview au Spiegel, Waldemar Pabst reconnaîtra que c'est sur l'ordre que Gustav Noske et de Friedrich Ebert qu'il a exécuté Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht.

 


 

Karl Liebknecht, dirigeant de la Ligue spartakiste (Wikipédia)

 

Le SPD a rompu de facto avec la pensée révolutionnaire


En ce début de 1919, le SPD a rompu les ponts avec toute action révolutionnaire. Il a, de fait, renoncer à tout « dépassement du capitalisme » : en réalité, c'est lui qui est parvenu à sauver le capitalisme allemand. Une assemblée constituante est élue le 19 janvier 1919 qui se réunit en mars à Weimar. Friedrich Ebert, qui deviendra président de la jeune république, forme un gouvernement d'union avec les partis « bourgeois » : le centre catholique et les libéraux. C'est le premier gouvernement de « grande coalition. » Il sera suivi par un autre, de 1928 à 1930, dirigée par le SPD Hermann Müller.


Face à la crise et à la montée du nazisme, le SPD et le KPD - devenu très stalinien - sont incapables de s'entendre. Les Sociaux-démocrates soutiennent à demi-mot la politique déflationniste d'Heinrich Brüning entre 1930 et 1932 et lors de l'élection présidentielle de 1932, le vieux général réactionnaire Hindenburg qui finira par nommer Hitler chancelier en mars 1933.


Une empreinte encore vive dans le paysage politique et économique


Après la guerre, l'occupation de l'est de l'Allemagne par les troupes soviétiques accélère encore la conversion au réformisme du SPD qui, quarante ans après les événements de Berlin, abandonne officiellement le marxisme et le concept de luttes de classe lors du congrès de Bad Godesberg de 1959. Le SPD défend alors « l'économie sociale de marché », notion défendue par le ministre des Finances chrétien-démocrate Ludwig Erhard contre les révolutionnaires, mais aussi contre les étatistes néo-keynésiens.


Dans les années 1970, le SPD défend une politique de l'offre avec Helmut Schmidt et, au début des années 2000, les lois Hartz défendus par Gerhard Schröder, mettent en place des réformes structurelles. Le SPD est l'horizon indépassable du réformisme pour les partis « socialistes » des pays du sud de l'Europe, à commencer par le PS français.


Mais la rupture de 1919 continue de peser lourd sur la politique allemande. Die Linke, formation issue du parti dominant de la RDA et de l'aile gauche anti-schröderienne du SPD, est encore un partenaire infréquentable pour les Sociaux-démocrates. Voici pourquoi, il ne fait aucun doute qu'Angela Merkel demeurera chancelière après les élections du 22 septembre prochain. Le SPD préférera, comme en 2009, s'allier avec les Chrétiens-démocrates plutôt que de tenter l'impossible : s'entendre avec un parti sur leur gauche.

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 20:47

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En Allemagne, le fascisme est né de la misère qui a suivi le premier conflit mondial

Le fascisme est né du réformisme social-démocrate qui a enterré l'espoir de classe

Le fascisme est né aussi de l'assassinat de la révolution spartakiste, de l'assassinat de Rosa Luxemburg

 

Le fascisme est toujours aux portes du désespoir de classe.

 

C'est pourquoi, le blog rend hommage, aux militants antifas, à ceux qui quodiennement luttent contre les groupes identitaires, néo-nazis

 

Souvent très jeunes comme autrefois les résistants

Comme aujourd'hui Clément Meric

 

Le blog tient à rendre hommage à ce jeune, si jeune,  assassiné.

 

c.a.r.l.

 

clement_meric.jpg


Lu : https://www.facebook.com/notes/julien-salingue

 

Clément,

Lorsque j’ai appris, hier soir, la nouvelle, j’ai cru tout d’abord que je te connaissais. Ce n’était pas le cas. Je t’ai pris pour un autre.

Mais plus j’y réfléchis, et plus je me dis que oui, je te connaissais. Même si nous ne nous sommes jamais rencontrés. Même si, jusqu’à hier soir, j’ignorais ton existence. Oui, je te connais. Tu es mon camarade. Tu es notre camarade.

Et ils t’ont tué. Ils ont tué l’un des nôtres.

À la télé, en ce moment, ils parlent d’ « altercation ». De « rixe ». De « face-à-face entre extrême-droite et extrême-gauche ». À vomir.

Ils disent qu’il ne faut pas tout mélanger. Qu’il faut éviter les amalgames. Que c’est tragique, mais qu’il ne faut pas vouloir tout interpréter, tout analyser, tout généraliser. Alors c’est comme ça, ils parlent de « bagarre ». À vomir.

18 ans. C’est ton âge. On ne doit pas mourir à 18 ans.

1995. C’est ton année de naissance. C’est aussi l’année où des fachos ont noyé Brahim Bouarram, lors du défilé annuel du FN.

Chaque 1er mai, depuis 18 ans, on se souvient de la mort de Brahim. Chaque 5 juin, désormais, on se souviendra de ta mort, Clément.

On se souviendra, comme le 1er mai, que l’extrême-droite tue. On se souviendra, comme le 1er mai, que le fascisme n’est pas mort. Que le ventre est toujours fécond. On s’en souviendra.

Mais on ne se contentera pas de ça. Et on n’attendra pas le 5 juin.

Dès ce soir, dans toute la France, il y aura des rassemblements. On occupera la rue. Pour dire, pour leur dire à ces nazillons, que la rue n’est pas à eux. Qu’elle ne l’a jamais été, et qu’elle ne le sera jamais.

Mais on ne se contentera pas de ça. On ne peut pas. On ne doit pas. Clément, ta mort nous dit beaucoup de choses. Et il s’agit de les prendre au sérieux.

Ta mort nous dit que les fachos sont en confiance en ce moment. Qu’ils pensent que tout leur est permis. Que le climat leur est favorable. Que leurs idées ont le vent en poupe.

Pas étonnant, dans un pays dans lequel des centaines de milliers de gens manifestent contre l’égalité des droits.

Pas étonnant, dans un pays dans lequel l’État traque les sans-papiers, les Rroms, expulse à tour de bras et couvre systématiquement les violences policières.

Pas étonnant, dans un pays dans lequel se multiplient les agressions contre les musulmans, tandis qu’éditorialistes et responsables politiques débattent poliment de savoir si l’islam est compatible avec « nos valeurs ».

Pas étonnant, dans un pays dans lequel le principal débat qui agite la droite, c’est de savoir quand et comment elle va s’allier avec l’extrême-droite, dont elle a depuis longtemps repris la plupart des idées.

Pas étonnant, dans un pays dans lequel la gauche gouvernementale a depuis longtemps renoncé à s’attaquer aux sources du mal et préfère « briser des tabous » pendant que d’autres rigolent en brisant des vies.

Alors ils sont tous là. Ils dénoncent. Ils sont horrifiés par ta mort. Ils disent qu’ils vont traquer et punir les coupables. Tant mieux. C’est bien le moins qu’ils puissent faire.

Mais une fois l’émotion surmontée, une fois l’emballement médiatique passé, ils retourneront à leurs petites affaires. Petites affaires qui permettent à l’extrême-droite, à mesure que la crise s’approfondit et qu'ils mènent la guerre aux pauvres, de continuer à distiller son poison mortel.

Font-ils semblant de ne pas voir que l’un des principaux effets de la crise, qui n’en est qu’à ses débuts, c’est de renforcer les logiques identitaires, chauvines, racistes, xénophobes ? Font-ils semblant de ne pas voir que partout en Europe, des courants et des discours politiques que l’on croyait appartenir au passé refont surface, se développent, s’organisent ? Font-ils semblant de ne pas voir que les néo-nazis sont aux portes du pouvoir en Grèce, grâce aux politiques d’austérité ? Font-ils semblant de ne pas voir que ta mort n’est pas un incident isolé, mais un signe des temps, annonciateur de l’orage qui gronde ?

Ils voient, mais ne veulent pas voir. Ils savent, mais ne veulent pas savoir. Ils n’ont rien retenu de l’histoire. Ils sont tellement aveuglés par leur fidélité au système qui les nourrit qu’ils sont prêts à tout pour le sauver, même à laisser la porte ouverte aux fascistes, qui ne veulent pas détruire ce système mais le réorganiser par la force.

Clément, tu étais un militant antifa, mais aussi un militant syndical. Tu étais de ceux qui ont compris que la lutte contre la gangrène fasciste passait par un combat quotidien, pieds à pieds, contre leurs idées et leurs activités, mais aussi par le combat pour une réelle transformation sociale, pour un autre monde, débarrassé des oppressions et de l'exploitation.

Clément, on se souviendra de ça aussi.

On ne va pas seulement pleurer, même si des fois, comme lorsque j’ai vu tout à l’heure ton année de naissance, ça fait du bien.

On va pleurer, mais on ne va pas en rester là.

Ils ne passeront pas.

Et tous ceux qui s’émeuvent aujourd’hui de ta mort alors qu’ils n’ont rien fait, bien au contraire, pour l’empêcher, devront, tôt ou tard, choisir leur camp.

Clément, je ne te connaissais pas, mais tu étais l’un des nôtres.

Ils ont tué l’un des nôtres.

Il n’y aura ni pardon, ni oubli.


Clément, la lutte continuera, avec et sans toi.

Adieu camarade.

 

Julien Salingue

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 01:35

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Une fois n'est pas coutume sur ce blog de recherche et de réflexion. Un article plutôt polémique, mais qui met bien en relation, le choix de la date de 1863 et la continuté politique de la social-démocratie.

 

anniversaire de la social-démocratie allemande en 2013


 

L’ANNIVERSAIRE

DE LA SOCIALE-DEMOCRATIE ALLEMANDE

EN 2013

...

Mais problème, le SPD a été siglée en 1890, mais c’est en 1875 qu’il regroupe le parti ouvrier socialiste, l’Association générale des travailleurs fondée elle en 1863 par Ferdinand Lassalle et le parti travailliste social-démocrate fondé par August Bebel et Wilhelm Liebknecht créé en 1869 dont Karl Marx était proche.

Pourquoi donc avoir choisi 1863 le parti de Lassalle ?

Tout simplement parce que Lassalle représente ce coté social-libéral et opportuniste de cette époque. Marx a critiqué sévèrement la démarche du parti travailliste social-démocrate de fusionner et notamment à partir du Programme du Gotha.

On peut saisir alors qu’il valait mieux commémorer 1863 que 1875 et célébrer ce qui a conduit ce parti politique, le plus vieux d’Europe, à poursuivre sa voie vers le social-libéralisme d’aujourd’hui dans le sens critique de classe que Marx et Engels ont su montrer déjà les travers dès sa naissance.

Pas étonnant alors de retrouver libéralisme et social-libéralisme ensemble pour se féliciter de leur travail de sape des droits sociaux dans leur pays à partir de cette date de 1863.

Bernard LAMIRAND

 

QUAND LA SOCIAL-DEMOCRATIE ALLEMANDE

EST AU POUVOIR...

ELLE ECRASE LES COMMUNISTES !

 

Le 4 janvier 1919, le ministre-président Paul Hirsch (SPD) congédie le préfet de police de Berlin , qui appartient à l'aile gauche de l'USPD. L'extrême-gauche dénonce aussitôt ce renvoi comme une provocation. Le soir même, le bureau directeur de l'USPD décide, de conserve avec les chefs de file révolutionnaires, d'organiser une manifestation ; le KPD se rallie à l'idée.

Le 5 janvier, la foule se montre plus nombreuse et combative que prévu : des manifestants en armes occupent plusieurs rédactions de journaux dont celle du Vorwärts, organe du SPD, ainsi que divers bâtiments. La préfecture de police est informée du soulèvement des régiments berlinois et de garnisons extérieures : l'information est fausse mais sa diffusion plonge Karl Liebknecht dans un état d'euphorie révolutionnaire ; il appelle à l'insurrection pour maintenir l'occupation des journaux, appeler les ouvriers berlinois à la grève et faire tomber le gouvernement.

Malgré les protestations de plusieurs membres du comité central du KPD et notamment Rosa Luxembourg qui juge l'action dangereuse, l'option de Liebknecht est approuvée. Rosa Luxemburg finit, via son journal Die Rote Fahne, par soutenir pleinement l'insurrection qu'elle estimait pourtant prématurée.

Face à l'insurrection, le ministre social-démocrate Gustav Noske, entré le 29 décembre au gouvernement, est chargé d'organiser la répression de la révolution . Il s'appuie sur plusieurs bataillons berlinois de secours, puis sur des Corps francs de droite et sur les troupes de volontaires de la Direction centrale de l'armée. Le 6 janvier, à l'instigation du bureau de l'USPD, le gouvernement engage des pourparlers avec les insurgés et demande l'évacuation des rédactions occupées. Le SPD s'oppose cependant aux négociations, vouées de toutes manières à l'échec car l'exigence des insurgés - le rétablissement d'Eichhorn - est irrecevable.

L'issue violente devient inévitable.

Le 11 janvier, les troupes gouvernementales reprennent les rédactions des journaux ; les corps francs, sur ordre de Noske, marchent sur Berlin, commandés par le général Walther von Lüttwitz. L'entrée des corps francs dans Berlin s'avère inutile, les insurgés ayant été écrasés dès le 12 janvier, mais Noske tient à faire un exemple pour prévenir d'autres mouvements d'insurrection.

Le 15 janvier, Karl Liebnecht et Rosa luxemburg, capturés, sont assassinés par des militaires. De nombreux insurgés, spartakistes ou non, sont arrêtés ou tués sommairement. 

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 20:05

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L'assassinat de Rosa Luxemburg, celui de Karl Liebknecht, celui de Leo Jogiches, celui des militants spartakistes sont ceux voulus par une social-démocratie au pouvoir, qui après avoir conduit le mouvement ouvrier à la guerre, a tué l'espoir de la révolution.

 

Le blog a consacré un certain nombre d'articles à cet assassinat. Nous pouvons les relire en ce 15 janvier 2013.


L'assassinat de Rosa Luxemburg le 15 janvier 1919 - Ne pas oublier!


Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

Publié le 20 février 2009

 


Cet article a donné lieu sur bellaciao à de nombreuses réactions!


Les réactions à l'article "L'assassinat de Rosa Luxemburg - Ne pas oublier!"
.


Leo Jogiches, un combat commun avec Rosa Luxemburg. Son assassinat le 10 mars 1919.


Tous se réclament de Rosa Luxemburg ... Les leçons de son assassinat

 

Tous se réclament de Rosa Luxemburg.

Il  y a eu Hannah Arendt qui cherchait à la rattacher à son origine juive, elle qui y a si peu, voire pas, fait référence, qui ne se reconnaissait pas dans le Bund et qui ne répondait jamais aux caricatures antisémites pourtant si violentes.

Il y a eu ceux qui la rattachaient au spontanéisme, alors que l'organisation politique joue un si grand rôle dans sa pratique.

Il  y a les courants trotskystes qui peuvent s'appuyer sur ses capacités d'analyses.

Il y a ceux qui veulent voir avant tout la femme, la Rosa Luxemburg humaniste et sensible en la coupant de sa volonté et action politique, comme si les deux ne faisaient pas qu'une.

Il y a la Fondation Rosa Luxemburg si social-démocrate et si peu révolutionnaire.l

I y a aujourd'hui tous ceux qui s'affirment révolutionnaires et cherchent à se démarquer de la social-démocratie. Et qui oublient ce qui est le fondement de l'histoire de Rosa Luxemburg, et qui aboutit à son assassinat en même temps que celui de la révolution spartakiste.

 

On peut être toute une vie révolutionnaire dans les mots, mais social-démocrate dans sa pensée et dans ses actes et donc favoriser tout le temps ce qui freinera la volonté révolutionnaire et trahira, assassinera le moment venu, la révolution.

N'est-ce pas ce que nous apprend l'histoire de la Seconde Internationale, août 14 comme aboutissement de cette contradiction fondamentale entre social-démocratie et révolution, Réforme et Révolution.

N'est-ce pas ce que doit avant tout nous apprendre l'assassinat de Rosa Luxemburg, de Liebknecht, de Leo Jogiches, de la révolution spartakiste?

 

c.a.r.l. 17.01.2012

 


L'assassinat de Rosa Luxemburg ... les tueurs veillaient bien!

 

Le 4 décembre 1918
Très chère Clara,

C'est aujourd'hui depuis Breslau, la première fois que je suis assise à mon bureau pour t'adresser mes voeux de Noël. Comme j'aurais préféré venir te voir! Mais il ne saurait en être question car je suis enchaînée à la rédaction; chaque jour, je suis à l'imprimerie jusqu'à minuit pour surveiller également la mise en page; en plus, par ces temps troublés, c'est seulement à dix ou onze heures du soir que nous recevons les informations les plus urgentes, qui exigent qu'on réagisse immédiatement. Ajoute que nous avons presque chaque jour, à partir des premières heures de la matinée, des conférences et des discussions, entre-temps, en plus, les réunions publiques, et pour changer, tous les deux ou trois jours, de "source officielle" une mise en garde pressante, que des tueurs nous surveillent, Karl et moi, de sorte que nous ne devons pas coucher chez nous, mais qu'il nous faut chercher refuge ailleurs, jusuqu'au moment où tout me paraît trop idiot et que je rentre tout simplement de nouveau à Südende. Voilà, comment depuis le premier instant, je vis dans une sorte de tourbillon et de presse qui m'empêche d'avoir ma tête à moi ....

A lire dans Lettres et textes choisis de Rosa Luxemburg
Traduits et présentés par Gilbert Badia
Le Temps des Cerises, P 117-118


Les tueurs veillaient bien. Un mois après cette lettre Rosa Luxemburg était assassinée 


Hommage à Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht en 1919 à Munich. Photographie Berlin, janvier 1919 -

 

Les photos de Willy Römer et le récit des événements qui ont précédé l'assassinat de Rosa Luxemburg

 

Cette photographie a été prise lors des obsèques de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht

 


 

A popos de l'assassinat de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht


Article le 17 janvier 1995 dans l'Humanité.

 

Ecrits révélateurs du meurtrier de Liebknecht et de Rosa Luxemburg

Le 15 janvier 1919, à Berlin, l’assassinat de Karl Liebknecht et de Rosa Luxemburg portait un dernier coup mortel aux soulèvements révolutionnaires qui, depuis plusieurs semaines, embrasaient l’Allemagne. Des documents inconnus jusqu’ici, et qui viennent d’être publiés, précisent les conditions dans lesquelles le double crime a été perpétré.

L’HOMME qui prit les dernières dispositions en vue du meurtre de Karl et de Rosa, un certain commandant Waldemar Pabst, siégeait alors à l’hôtel Eden, à Berlin, où était installé l’état-major de la division de cavalerie de la garde. Des extraits des Mémoires qu’il avait entrepris d’écrire sont maintenant révélés. La rédaction de cette autobiographie resta inachevée, Pabst étant mort en 1970, à l’âge de quatre-vingt-neuf ans. Dans les fragments connus aujourd’hui (1), Waldemar Pabst rapporte qu’il avait agi sur l’injonction directe du personnage qui, en janvier 1919, commandait les troupes gouvernementales allemandes, le dirigeant social-démocrate Gustav Noske.

 

S’adressant à Pabst, Noske lui avait en effet clairement demandé d’intervenir contre Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg. « Il faut que quelqu’un mette enfin ces fauteurs de troubles hors d’état de nuire », s’était-il écrié.

Waldemar Pabst fit alors appréhender Karl et Rosa. Ils lui furent livrés à l’hôtel Eden. Pabst écrit : « Je me retirai dans mon bureau pour réfléchir à la façon de les exécuter. Qu’il faille les tuer, ni M. Noske ni moi-même n’en avions le moindre doute ».

 

Pabst appela Noske au téléphone pour le consulter. « S’il vous plaît, donnez moi des ordres m’indiquant comment procéder. »

 

« Comment ? » répondit Noske. « Ce n’est pas mon affaire. C’est au général (probablement von Lüttwitz) de le dire ; ce sont ses prisonniers ».

 

Selon un autre témoignage (2), Pabst aurait objecté qu’il n’obtiendrait rien de von Lüttwitz. Et Noske aurait conclu : « Alors, à vous de prendre la responsabilité de ce qu’il faut faire ».

 

Un second document, inédit jusqu’ici, est une lettre que Waldemar Pabst avait écrite à l’éditeur Heinrich Seewald, qui était intéressé à l’éventuelle publication des Mémoires du commandant. On y lit : « Si j’ouvre la bouche après m’être tu pendant cinquante ans, ça va faire un raffut destructeur pour le parti social-démocrate. »

 

Dès leur arrivée à l’hôtel Eden, Karl et Rosa y avaient été accueillis par des hurlements injurieux et par des brutalités. Des coups de crosse de fusil avaient blessé Karl au visage et il saignait abondamment.


Deux commandos d’exécution

 

Après sa communication téléphonique avec Gustav Noske, Pabst rassembla parmi ses hommes deux commandos de tueurs. Liebknecht fut remis entre les mains du premier que commandait le lieutenant Pflugk-Hartung. Le second, qui était aux ordres du lieutenant Vogel, prit en charge Rosa. A quelques minutes d’intervalle, deux voitures enlevèrent les deux prisonniers et se dirigèrent vers le bois du Tiergarten.

 

La première s’arrêta bientôt. Karl fut sommé d’en descendre. Il fut abattu d’une balle dans la nuque. Son corps fut ensuite transporté à la morgue, où on le fit admettre sous la mention : « Cadavre d’un inconnu ».

 

Quant à Rosa, dès le départ de l’hôtel Eden, un coup de feu lui perfora la tempe. Au pont de Lichtenstein, elle fut jetée dans le Landwehrkanal. Son corps ne fut repêché que plusieurs mois plus tard, et l’autopsie ne permit pas de dire si les brutalités, le coup de feu ou la noyade furent la cause du décès.

 

Les assassins ne furent pratiquement pas inquiétés. Six d’entre eux eurent seulement à comparaître devant un tribunal composé d’officiers prussiens qui acceptèrent sans difficulté la version selon laquelle Karl Liebknecht aurait été tué « au cours d’une tentative de fuite », et Rosa, victime d’un « septième homme » inconnu.

Gustav Noske qui, entre-temps avait été nommé ministre de la Reichswehr, n’avait plus rien à redouter d’une « enquête » ainsi bâclée.


Le chien sanguinaire

 

Qu’il ait fallu mettre au compte de Noske l’effroyable répression opposée à la révolution allemande de 1918, nul n’en pouvait douter. Il avait déclaré lui-même à l’époque : « Il faut que quelqu’un soit le chien sanguinaire, et je n’ai pas peur de cette responsabilité. »

 

Le dernier article de Karl Liebknecht, écrit quelques heures avant sa mort et intitulé « Malgré tout », accusait d’ailleurs explicitement Noske. Karl écrivait : « La bourgeoisie française a fourni les bourreaux de 1848 et de 1871. La bourgeoisie allemande n’a pas à se salir les mains ; les sociaux-démocrates accomplissent sa sale besogne ; son Cavaignac, son Gallifet s’appelle Noske. »

 

Les nouveaux documents rendus publics établissent sans aucun doute possible que Noske aura été l’instigateur direct du meurtre de Karl et de Rosa. Un crime déterminant pour l’orientation politique ultérieure de l’Allemagne et les effroyables tragédies qui devaient en résulter dans le monde.

 

(1) Publiés par l’hebdomadaire allemand « Stern » du 12 janvier 1995.

(2) Rapporté dans un livre de Klaus Gietinger, « Eine Leiche im Landwehrkanal », paru en janvier 1993, aux éditions L. Dekaton, à Mayence.

YVES MOREAU


écouter-voir


Une vidéo-documentaire sur l'assassinat de Rosa Luxemburg

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 10:30

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Oui, Le nazisme, les camps de concentration ne sont pas qu'un moment de l'histoire ...

 

Nous sommes apparemment loin des contenus habituels du blog liés directement à la pensée et à l'action de Rosa Luxemburg.


Mais nous avons souhaité, étant donné l'importance du sujet,  la qualité de la réflexion et le courage de l'intervention, reprendre la déclaration du député de la Martinique.


Elle nous semble porter les valeurs du blog que nous animons, consacré à la pensée et à l'action de Rosa Luxemburg, en mêlant, ce que nous mettons justement en valeur chez elle, sensibilité, réflexion, combat et action.


Oui, le nazisme, les camps de concentration ne sont pas  un moment de l'histoire, ils sont une forme pratique d'une pensée qui s'est donné les moyens de ses propres "non valeurs" d'exclusion, de racisme et de violence. L'esclavage en est une autre forme. C'est l'idéologie de l'exploitation capitaliste et le témoignage de ses crimes.


Les morts innombrables sur les frontières maritimes et terrestres des pays dits développés, les guerres menées par les pays occidentaux s'appuient aujourd'hui sur cette pensée. Et plus il faut opprimer, exploiter, plus il faut tenter d'éloigner les peuples de leurs valeurs de lutte et de solidarité.

 

La première guerre mondiale s'est appuyée sur cette idéologie du refus de l'autre. Des millions de morts en ont été la conséquence. Rosa Luxemburg, comme une partie minime du mouvement ouvrier a tenu le cap de la résistance à la guerre.

 

Aujourd'hui, la résistance reste toujours aussi nécessaire, et nécessaires la réflexion et la transmission de cette réflexion. C'est ce que nous percevons dans la déclaration de Serge Letchimy.



"Et c’est un attentat contre le concert des peuples, des cultures et des civilisations !"
"Aucune civilisation ne détient l’apanage des ténèbres ou de l’auguste éclat !"
S. Letchimy

7 février 2012


Monsieur le Premier ministre,


Nous savions que pour M. Guéant, la distance entre « immigration » et « invasion » est totalement inexistante, et qu’il peut savamment entretenir la confusion entre civilisation et régime politique.
 

 

Ce n’est pas un dérapage !

C’est une constante parfaitement volontaire !

En clair : c’est un état d’esprit  et c’est presque une croisade!


Mr guéant, vous déclarez, du fond de votre abîme, sans remords ni regrets, que «toutes les civilisations ne se valent pas ». Que certaines seraient plus « avancées » ou « supérieures » à d’autres.


Non, monsieur Guéant, ce n est pas du bon sens» !
C’est simplement une injure faite à l’homme !
C’est une négation de la richesse des aventures humaines !
Et c’est un attentat contre le concert des peuples, des cultures et des civilisations !


Aucune civilisation ne détient l’apanage des ténèbres ou de l’auguste éclat !
Aucun peuple n’a le monopole de la beauté, de la science, du progrès, et de l’intelligence !

Montaigne disait que « Chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition ».
J’y souscris.


Mais vous Mr Guéant, vous privilégiez l’ombre !
Vous nous ramenez, jour après jour, à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration, au bout du long chapelet esclavagiste et colonial.
Monsieur Guéant le régime nazi, si soucieux de purification, si hostile à toutes les différences, était-ce une civilisation ? La barbarie de l’esclavage et de la colonisation, était-ce une mission civilisatrice ?
Il existe, M. le Premier Ministre, une France obscure qui cultive la nostalgie de cette époque que vous tentez de récupérer sur les terrains du front national.

C’est un jeu dangereux et une démagogie inacceptable.


Mais, il en existe une autre vision : celle de Montaigne, de Montesquieu, de Condorcet, de Voltaire, de Schœlcher, de Hugo, de Césaire, de Fanon, et de bien d’autres encore !
Une France qui nous invite à la reconnaissance que chaque homme, dans son identité et dans sa différence, porte l’humaine condition, et que c’est dans la différence que nous devons chercher le grand moteur de nos alliances !


Alors monsieur le premier ministre : Quand, mais quand donc votre ministre de l’intérieur cessera t-il de porter outrageusement atteinte à l’image de votre gouvernement et à l’honneur de la France ?


Serge LETCHIMY
Député de la Martinique.

 

http://www.serge-letchimy.fr/2012/02/07/question-au-premier-ministre-sur-les-propos-de-mr-gueant/

 



Pour voir la force, le courage personnel  de Serge  Letchimy

 

écouter-voir

 


Les réactions enthousiastes, les remerciements sont nombreuses sur le blog de S Letchmy. Nous aimons beaucoup ce commentaire:

Hubert - 7 février 2012 à 16:51

"La voix de l’humanité s’est élevée, et les coupables ont fui."

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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 22:03

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Tous se réclament de Rosa Luxemburg.

Il  y a eu Hannah Arendt qui cherchait à la rattacher à son origine juive, elle qui y a si peu, voire pas, fait référence, qui ne se reconnaissait pas dans le Bund et qui ne répondait jamais aux caricatures antisémites pourtant si violentes.

Il y a eu ceux qui la rattachaient au spontanéisme, alors que l'organisation politique joue un si grand rôle dans sa pratique.

Il  y a les courants trotskystes qui peuvent s'appuyer sur ses capacités d'analyses.

Il y a ceux qui veulent voir avant tout la femme, la Rosa Luxemburg humaniste et sensible en la coupant de sa volonté et action politique, comme si les deux ne faisaient pas qu'une.

Il y a la Fondation Rosa Luxemburg si social-démocrate et si peu révolutionnaire.l

I y a aujourd'hui tous ceux qui s'affirment révolutionnaires et cherchent à se démarquer de la social-démocratie. Et qui oublient ce qui est le fondement de l'histoire de Rosa Luxemburg, et qui aboutit à son assassinat en même temps que celui de la révolution spartakiste.


On peut être toute une vie révolutionnaire dans les mots, mais social-démocrate dans sa pensée et dans ses actes et donc favoriser tout le temps ce qui freinera la volonté révolutionnaire et trahira, assassinera le moment venu, la révolution.

N'est-ce pas ce que nous apprend l'histoire de la Seconde Internationale, août 14 comme aboutissement de cette contradiction fondamentale entre social-démocratie et révolution, Réforme et Révolution.

N'est-ce pas ce que doit avant tout nous apprendre l'assassinat de Rosa Luxemburg, de Liebknecht, de Leo Jogiches, de la révolution spartakiste?

 

c.a.r.l. 17.01.2012

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 10:03

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C'était tout au début de l'histoire du 1er mai, et c'était au début de l'histoire de Jaurès ...

Voulant aujourd'hui récupérer le 1er mai, c'est surtout  de l'importance de la continuité de cette manifestation, symbole de la volonté de lutter des travailleurs, qu'ils avertissent ...

 

c.a.r.l.  29 avril 2012

 

1890GLyon-copie-1

  lien

 

1ermai1890 paris

lien


"Je vous demande, aujourd’hui, la permission de vous soumettre quelques réflexions à propos du 1er rmai. C’est une journée un peu incertaine et mélangé d’éléments confus, mais c’est une grande journée.

 

Jaurès, le 7 mai 1890 dans la dépêche

La Dépêche 

 

Les socialistes ne sont pas les seuls à le dire ; le Journal des Débats le reconnaît, et Jules Simon écrivait l’autre jour que  le 1er mai serait une grande date dans l’histoire. Tout d’abord, cette journée fait apparaître la force du prolétariat. Il y a quelques mois, quelques douzaines d’ouvriers obscurs, inconnus, se réunissent à Paris ; ils venaient de tous les pays du monde. Personne, dans le brouhaha de l’Exposition, ne prend garde à eux, ou, si on en parle, c’est pour opposer le vide de leurs rêves d’avenir à la réalité de l’œuvre grandiose édifiée au Champs-de-Mars par la société actuelle. Je suis sûr, que dans les régions d’où venaient ces délégués, les journaux un peu « confortables » n’avaient pas assez de dédain pour ces démagogues agités. Or, voici qu’à l’approche du 1er mai, le monde entier s’entretient de la manifestation projetée ; tous les travailleurs n’y prendront pas part, mais tous en entendent parler, tous, jusque dans les plus petits centres, savent quelle est la pensée de solidarité universelle d’où le mouvement est né ; Le monde du travail prend conscience de lui-même, les gouvernements, jugeant habile de simuler la peur d’un bout à l’autre de l’Europe, entassent les soldats dans les casernes, les jardins grillés, les places, les carrefours. Voulant avertir le quatrième Etat de leur force, ils l’avertissent surtout de la sienne, qui sera irrésistible, s’il a le sentiment des devoirs nouveaux que lui crée une  puissance nouvelle...

 

Jaurès. L'intégrale des articles de 1887 à 1914 dans la Dépêche - Editions Privat - P 138


 

De la récupération de 1941. Pour ne pas oublier et comprendre aujourd'hui : lire

 

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 10:37

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Il a tenté d'annexer Guy Mocquet, il a prétendu s"appuyer sur Jaurès, dans sa course effrenée au fascisme, pour garder un pouvoir qui lui échappe, il joue, comme ceux dont il veut les voix, à récupérer le 1er mai. Il ne fait que montrer combien est important ce jour pour le mouvement ouvrier, pour les exploités, puisqu'il lui faut absolument en brouiller l'image. Dans l'horreur qui nous saisit au spectacle complaisamment repris par les médias de ces jours d'après premier tour, nous entendons la voix de Rosa Luxemburg dans ce texte sur le Ier mai et résonnent tous les combats passés et présents et ... à venir.

 

"De fait, qu’est-ce qui pourrait donner aux travailleurs plus de courage et plus de confiance dans leurs propres forces qu’un blocage du travail massif qu’ils ont décidé eux-mêmes ? Qu’est-ce qui pourrait donner plus de courage aux esclaves éternels des usines et des ateliers que le rassemblement de leurs propres troupes ?"

 

"Aussi longtemps que la lutte des travailleurs contre la bourgeoisie et les classes dominantes continuera, aussi longtemps que toutes les revendications ne seront pas satisfaites, le 1° mai sera l’expression annuelle de ces revendications. Et, quand des jours meilleurs se lèveront, quand la classe ouvrière du monde aura gagné sa délivrance, alors aussi l’humanité fêtera probablement le 1° mai, en l’honneur des luttes acharnées et des nombreuses souffrances du passé."

 

 

c.a.r.l. le 25 avril 2012 


  Article publié dans le journal polonais « Sprawa Robotnicza » en 1894.

 

L’heureuse idée d’utiliser la célébration d’une journée de repos prolétarienne comme un moyen d’obtenir la journée de travail de 8 heures [1], est née tout d’abord en Australie. Les travailleurs y décidèrent en 1856 d’organiser une journée d’arrêt total du travail, avec des réunions et des distractions, afin de manifester pour la journée de 8 heures. La date de cette manifestation devait être le 21 avril. Au début, les travailleurs australiens avaient prévu cela uniquement pour l’année 1856. Mais cette première manifestation eut une telle répercussion sur les masses prolétariennes d’Australie, les stimulant et les amenant à de nouvelles campagnes, qu’il fut décidé de renouveler cette manifestation tous les ans.

 

De fait, qu’est-ce qui pourrait donner aux travailleurs plus de courage et plus de confiance dans leurs propres forces qu’un blocage du travail massif qu’ils ont décidé eux-mêmes ? Qu’est-ce qui pourrait donner plus de courage aux esclaves éternels des usines et des ateliers que le rassemblement de leurs propres troupes ? Donc, l’idée d’une fête prolétarienne fût rapidement acceptée et, d’Australie, commença à se répandre à d’autres pays jusqu’à conquérir l’ensemble du prolétariat du monde.

 

Les premiers à suivre l’exemple des australiens furent les états-uniens. En 1886 ils décidèrent que le 1° mai serait une journée universelle d’arrêt du travail. Ce jour-là, 200.000 d’entre eux quittèrent leur travail et revendiquèrent la journée de 8 heures. Plus tard, la police et le harcèlement légal empêchèrent pendant des années les travailleurs de renouveler des manifestations de cette ampleur. Cependant, en 1888 ils renouvelèrent leur décision en prévoyant que la prochaine manifestation serait le 1° mai 1890.

 

Entre temps, le mouvement ouvrier en Europe s’était renforcé et animé. La plus forte expression de ce mouvement intervint au Congrès de l’Internationale Ouvrière en 1889 [2]. A ce Congrès, constitué de 400 délégués, il fût décidé que la journée de 8 heures devait être la première revendication. Sur ce, le délégué des syndicats français, le travailleur Lavigne [3] de Bordeaux, proposa que cette revendication s’exprime dans tous les pays par un arrêt de travail universel. Le délégué des travailleurs américains attira l’attention sur la décision de ses camarades de faire grève le 1° mai 1890, et le Congrès arrêta pour cette date la fête prolétarienne universelle.

 

A cette occasion, comme trente ans plus tôt en Australie, les travailleurs pensaient véritablement à une seule manifestation. Le Congrès décida que les travailleurs de tous les pays manifesteraient ensemble pour la journée de 8 heures le 1° mai 1890. Personne ne parla de la répétition de la journée sans travail pour les années suivantes. Naturellement, personne ne pouvait prévoir le succès brillant que cette idée allait remporter et la vitesse à laquelle elle serait adoptée par les classes laborieuses. Cependant, ce fût suffisant de manifester le 1° mai une seule fois pour que tout le monde comprenne que le 1° mai devait être une institution annuelle et pérenne.

 

Le 1° mai revendiquait l’instauration de la journée de 8 heures. Mais même après que ce but fût atteint, le 1° mai ne fût pas abandonné. Aussi longtemps que la lutte des travailleurs contre la bourgeoisie et les classes dominantes continuera, aussi longtemps que toutes les revendications ne seront pas satisfaites, le 1° mai sera l’expression annuelle de ces revendications. Et, quand des jours meilleurs se lèveront, quand la classe ouvrière du monde aura gagné sa délivrance, alors aussi l’humanité fêtera probablement le 1° mai, en l’honneur des luttes acharnées et des nombreuses souffrances du passé.

 

1.  L’usage était alors une journée de travail d’au moins 10 à 12 heures par jour.

2.  Il s’agit du premier congrès de la II° internationale.

3. Raymond Lavigne (1851- ?), militant politique et syndicaliste.

 

Repris sur le site marxists.catbull.com

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 21:07

 
Les tueurs veillaient bien. Un mois après cette lettre Rosa Luxemburg était assassinée. le 15 janvier 1919.


Le 4 décembre 1918
Très chère Clara,

C'est aujourd'hui depuis Breslau, la première fois que je suis assise à mon bureau pour t'adresser mes voeux de Noël. Comme j'aurais préféré venir te voir! Mais il ne saurait en être question car je suis enchaînée à la rédaction; chaque jour, je suis à l'imprimerie jusqu'à minuit pour surveiller également la mise en page; en plus, par ces temps troublés, c'est seulement à dix ou onze heures du soir que nous recevons les informations les plus urgentes, qui exigent qu'on réagisse immédiatement. Ajoute que nous avons presque chaque jour, à partir des premières heures de la matinée, des conférences et des discussions, entre-temps, en plus, les réunions publiques, et pour changer, tous les deux ou trois jours, de "source officielle" une mise en garde pressante, que des tueurs nous surveillent, Karl et moi, de sorte que nous ne devons pas coucher chez nous, mais qu'il nous faut chercher refuge ailleurs, jusuqu'au moment où tout me paraît trop idiot et que je rentre tout simplement de nouveau à Südende. Voilà, comment depuis le premier instant, je vis dans une sorte de tourbillon et de presse qui m'empêche d'avoir ma tête à moi ....

A lire dans Lettres et textes choisis de Rosa Luxemburg
Traduits et présentés par Gilbert Badia
Le Temps des Cerises, P 117-118


A lire aussi sur le blog:


L'assassinat de Rosa Luxemburg le 15 janvier 1919 - Ne pas oublier!
Les réactions à l'article "L'assassinat de Rosa Luxemburg - Ne pas oublier!"
En sa mémoire - Assassinat de Rosa Luxemburg - Images et mots


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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 00:00

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Juste pour le plaisir

Ce clin d'oeil du blog pour l'année 2012

Rosa-Luxemburg-Platz. Embarquons pour la révolution ... 

 

 

Cette station a été mise en service en 1913 et a été créée par Alfred Grenander et a été construite avec 4 autres stations pour prolonger la ligne 2 de Alexander-Platz jusqu'à Nordring (aujourd'hui Schönhause-Allee).


 

En 1950, on lui donna le nom de Luxemburger-Platz, d'après la communiste spartakiste Rosa Luxemburg. (Elle défendait les travailleurs et abhorrait l'armée)

 

 

Ce n'est que depuis le 1er mai 1978 qu'elle porte son nom actuel (le prénom a été ajouté).

 

 

A voir à l'adresse http://pattesdechat.blogspot.com/2011/11/u2-rosa-luxemburg-platz.html

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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009