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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.
 
Voir aussi : http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr/
 
31 janvier 2019 4 31 /01 /janvier /2019 11:27

http://histmove.ouvaton.org/pag/chr/pag_009/fr/chro_1919_01_b.htm

 

1919 (10‑31 janvier)

 

10 janvier

 

À Berlin, une délégation de la Fabrique Ludwig Loewe composée de membres SPD, USPD et KPD se rend au Vorwärts. À la question concernant une éventuelle libération des locaux, les occupants répondent négativement[1].

 

 

À Dresde (Sachsen) une manifestation se déroule devant le bâtiment du Dresdener Volkszeitung[2]. Elle subit des tirs, il y a 15 morts. La responsabilité de l'affrontement incombe notamment à Gustav Neuring (SPD), permanent syndical et président du conseil de soldats de Dresde.

 

 

À Brême (Bremen) le KPD et l'USPD organisent une manifestation au cours de laquelle est déclarée l'élimination des institutions parlementaires locales (Senat, Bürgerschaft, Deputationen) et l'instauration de la République socialiste de Brême (cf. ci-dessous)[3]. Les délégués SPD sont exclus du conseil d'ouvriers. Un Conseil des mandatés du peuple est constitué, composé de cinq membres de l'USPD et quatre du KPD. Il élit un conseil exécutif chargé de contrôler le Conseil des mandatés du peuple. Des commissaires du peuple placés sous l'autorité du Conseil des mandatés du peuple. et du conseil exécutif sont désignés assumant la responsabilité de neuf domaines techniques [Fachbereiche].

 

 

À Stuttgart (Württemberg), P. Hahn avec ses compagnies de sécurité met fin aux actions antigouvernementales[4]. Les ministres Ulrich Fischer et Artur Crispien, tous les deux USPD, sont exclus du gouvernement pour s'être montrés favorables au mouvement oppositionnel.

 

 

À Düsseldorf (Nordrhein Westfalen), les rebelles antigouvernementaux déclarent le maire Albert Oehler comme déposé et désignent Carl Schmidtchen pour ce poste[5]. Des affrontements se produisent entre les rebelles et des forces du SPD. Il y a 13 morts.

 

 

 

À Essen (Nordrhein Westfalen), le conseil d'ouvriers et de soldats composé de membres du SPD, de l'USPD et du KPD, occupe les locaux de l'Association de mines (Zechenverband) (union des employeurs des mines de la Ruhr) et du Syndicat du charbon de Rheinland-Westfalen (Rheinisch-Westfälischen Kohlensyndikat), patronal[6]. Il décrète un contrôle général des salaires et des prix et exige des directeurs d'entreprise et des travailleurs la poursuite de la production. Il désigne un juriste appartenant au SPD, Ernst Ruben, comme commissaire du peuple pour la préparation de la socialisation des mines.

 

 

Communiqué du Conseil des commissaires du peuple de Brême proclamant la République des Conseils, 10 janvier 1919 (extraits)[7]

 

Habitants de Bremen!

La décision a été prise! Afin de ne pas être emporté par l'effondrement suicidaire de l'ordre économique capitaliste, le peuple travailleur de Bremen, le prolétariat révolutionnaire, a pris son destin dans sa propre main.

Sur Bremen est instaurée la loi martiale!

L'ensemble du pouvoir économique et politique est dans les mains du gouvernement populaire prolétarien.

Bremen est une république socialiste autonome!

Le Senat a été destitué!

Tous les citoyens et officiers possédant des armes doivent déposer leurs armes d'ici à dimanche 11 janvier 1919, 5 heures de l'après-midi, à la nouvelle mairie. Après cette échéance, les personnes possédant illégalement des armes sont soumises à la loi martiale! Tous les insignes de rang doivent être ôtés immédiatement. Le vol et les pillages sont des crimes contre la communauté socialiste! Des personnes pris sur le fait en commettant de tels crimes seront fusillés sur le champ! Toute tentative contrerévolutionnaire sera considérée comme haute trahison et puni par exécution immédiate. [...]

[Citation dans l'original .]

 

 

Télégrammes diffusés par le Conseil des commissaires du peuple de Brême, 10 janvier 1919[8]

 

1.

À tous les conseils d'ouvriers et de soldats d'Allemagne!

Le prolétariat de Bremen, indigné par le régiment sanguinaire du gouvernement Ebert, allié aux exploiteurs, a tiré, aujourd'hui 10 janvier 1919, une ligne de séparation vis-à-vis de toute communauté avec la terreur sanguinaire de la bourgeoisie, laquelle se manifeste à Berlin dans la lutte contre le prolétariat. Le prolétariat de Bremen a posé son destin dans les mains d'un propre gouvernement populaire prolétarien. Le prolétariat de Bremen demande au conseil d'ouvriers et de soldats sur place de le rejoindre dans la lutte contre le régime sanguinaire de la bourgeoisie.

2.

À nos combattants pour le socialisme à Berlin.

Que nos camarades de classe, qui se trouvent engagés dans une lutte inouïe contre le régiment sanguinaire Ebert-Hindenburg, reçoivent notre salut fraternel et la déclaration de sympathie des camarades de classe révolutionnaires de Bremen. Le prolétariat de Bremen a aujourd'hui le 10 janvier 1919, posé son destin dans les mains de son propre gouvernement populaire prolétarien et est prêt, pour son avenir, côte à côte avec les camarades de classe berlinois, de verser son sang dans la lutte contre tous les exploiteurs.

[Citations dans l'original .]

 

 

Appel du Kommunist (Brême) en soutien aux travailleurs berlinois et pour l'instauration de la République des conseils, 10 janvier 1919 (extraits)[9]

 

Participez à la lutte!

Travailleuses et travailleurs!

À Berlin a éclaté la lutte hautement acharnée pour le pouvoir entre la bourgeoisie et le prolétariat.

 [...] Voulez-vous assister en spectateur oisif à la lutte du prolétariat révolutionnaire berlinois contre le gouvernement sanguinaire Ebert-Scheidemann? Ne voulez-vous pas, vous aussi engager cette lutte à la même heure, avec la même force, avec la même ardeur? Voulez-vous, pendant que le gouvernement social-patriotique assassine vos frères à Berlin, négocier pacifiquement dans les conseils avec ses représentants autour de la même table? [...]

À l'heure actuelle, vous ne pouvez pas rester passifs Vous devez entrer en lutte, vous devez vous ranger aux côtés des masses travailleuses berlinoises. [...]

Il s'agit de faire aboutir, à travers une puissante manifestation de masse, les revendications suivantes:

1   Démission totale et immédiate du Senat.

2. Mise en place immédiate de commissariats du peuple.

3. Retrait immédiat des socialistes majoritaires du conseil d'ouvriers. (À leur place les communistes et les indépendants, dans leurs assemblées de membres, éliront au conseil d'ouvriers 30 représentants chacun.)

4. Retrait de tous les éléments bourgeois (y compris des socialistes gouvernementaux) du conseil de soldats.

[Citation dans l'original .]

 

 

11 janvier

 

À Berlin, des troupes pro-gouvernementales investissent les locaux du Vorwärts. Des occupants qui tentent de négocier avec les attaquants sont exécutés, parmi eux Wolfgang Fernbach, ami de Rosa Luxemburg[10].

 

 

À Hambourg, le SPD organise une manifestation "Contre la terreur anarchiste, pour la liberté, pour le Parti social-démocrate et la révolution" ["Gegen anarchistischen Terror, für Freiheit, für die Sozialdemokratische Partei und die Revolution"][11]. Il obtient l'organisation d'élections pour renouveler la composition du conseil d'ouvriers.

 

 

 

À Dresde (Sachsen), le conseil d'ouvriers et de soldats de Grand-Dresde décrète l'interdiction de rassemblements communistes et d'attroupements[12]. Otto Rühle est arrêté. L'USPD organise une manifestation de protestation.

 

 

 

Le mouvement de grève dans la Ruhr inclut plus de 80 000 travailleurs[13].

À Essen (Nordrhein Westfalen), le conseil d'ouvriers et de soldats composé de membres du SPD, de l'USPD et du KPD, avait décidé le 9 janvier de proclamer la socialisation des mines de la Ruhr et de nommer Ernst Ruben (SPD) commissaire du peuple [Volkskommissar] en vue de la mise en pratique[14]. Le 11 janvier, le conseil occupe les locaux de l'Association de mines (Zechenverband) (union des employeurs des mines de la Ruhr) et du Syndicat du charbon de Rheinland-Westfalen (Rheinisch-Westfälischen Kohlensyndikat), patronal. Il décrète un contrôle général des salaires et des prix et exige des directeurs d'entreprise et des travailleurs la poursuite de la production. Sous l'influence du SPD, cette action et les mesures adoptées sont utilisées comme argument pour amener les travailleurs à renoncer à la grève. Un tract est diffusé en ce sens (cf. ci-dessous): Néanmoins le mouvement se maintient.

Pour la Ligue Spartakus, le tract porte les signatures d'Arthur Hammer, Oskar Triebel et Arthur König. En ce qui concerne Triebel, cf. .

 

 

 

À Cuxhaven (Niedersachsen) le conseil d'ouvriers et de soldats proclame la République socialiste de Cuxhaven [Sozialistische Republik Cuxhaven][15]. Confronté à la menace d'une intervention armée de la part du gouvernement de Berlin, cette tentative sera abandonnée le 16.

 

 

Décret du commandant suprême Gustav Noske, 11 janvier 1919[16]

 

Travailleurs! Soldats! Citoyens!

Aujourd'hui à une heure 3000 hommes avec artillerie lourde et mitrailleuses ont marché à travers Berlin et Charlottenburg. Le gouvernement a montré par leur intermédiaire qu'il dispose du pouvoir d'imposer votre volonté, qui lui demande la fin des brigandages et des effusions de sang. Aussi espère-t-elle encore que sa ferme détermination servira de dissuasion devant la terreur, que les spartakistes n'engagent pas le combat pour les bâtiments volés mais qu'ils évacuent les scènes de leurs infamies. Si au dernier moment cet espoir en vue de la raison s'avère illusoire, alors le gouvernement de même que vous est à bout de patience. Vous devriez les chasser si se montre ne serait-ce qu'un jour de temporisation. À l'est des bandes spartakistes, en voiture et en pointant le révolver, pillent les rues, une maison après l'autre, pendant que les hommes de la garde de sécurité d'Eichhorn font les sentinelles. Le dernier masque feignant qu'il s'agisse d'un mouvement politique, est tombé. Vol et pillage s'avère être l'ultime et unique objectif des émeutiers.

Travailleurs!

Le gouvernement du Reich m'a chargé de la direction des soldats républicains. Ainsi un travailleur est placé à la tête du pouvoir de la république socialiste. Vous me connaissez, moi et mon passé dans le parti. Je me porte caution pour qu'il n'y ait pas d'effusion de sang inutile. Je veux nettoyer, pas détruire! Avec la jeune armée républicaine, je veux vous apporter la liberté et la paix. L'unité de la classe ouvrière doit faire face à Spartakus, si la démocratie et le socialisme ne doivent pas périr.

[Citation dans l'original .]

 

 

Tract du conseil d'ouvriers et de soldats d'Essen, 11 janvier 1919[17]

 

Victoire du socialisme!

Aujourd'hui le syndicat du charbon [Kohlensyndikat]* et l'Association de mines [Zechenverband] ont été occupés par nos commissaires du peuple. Par là a été accompli le premier pas vers la socialisation. La centrale de l'exploitation capitaliste et la citadelle du pouvoir des seigneurs des mines sont, par là, passées aux mains du peuple. Puisque, en outre, les revendications de l'organisation syndicale ont été accordées, les motifs de la grève sont devenus caducs. Sur cette base la conférence des comités de grève et hommes de confiance de l'ensemble des mines d'Essen a décidé, hier, à une grande majorité, la reprise du travail. Mineurs, le premier pas sur la voie vers l'état futur a ainsi été accompli. Nous poursuivrons résolument dans cette voie. Aidez-nous par la discipline et la compréhension socialiste. Reprenez le travail en bloc!

[Citation dans l'original .]

* Il s'agit du Rheinisch-Westfälisches Kohlen-Syndikat, une association patronale fondée en 1893 par 98 mines de la Ruhr. C'est un cartel par lequel est assurée de façon centralisée l'intervention des membres sur le marché du charbon.

 

 

12 janvier

 

À Berlin, les derniers combats ont lieu. Au total, on compte plus d'une centaine de morts à l'issue des affrontements depuis le 5 janvier. L'état de siège est instauré à Berlin.

 

 

En Bavière, les 12 janvier et 2 février ont lieu des élections au parlement régional [Landtag] [18].

Bayerische Volkspartei

66

Sozialdemokratische Partei Bayerns
(Pfalz: Sozialdemokratische Partei)

61

Deutsche Volkspartei
(Pfalz: Deutsche Demokratische Partei)

25

Bayerischer Bauernbund

16

Nationalliberale Partei in Bayern
und Bayerische Mittelpartei
(Pfalz: Deutsche Volkspartei der Pfalz)

9

Unabhängige sozialdemokratische Partei

3

Total

180

 

 

 

 

13 janvier

 

À Berlin, les "hommes de confiance" déclarent l'arrêt de la grève générale[19].

 

 

À Essen (Nordrhein Westfalen) se tient une conférence de tous les conseils d'ouvriers et de soldats de la région industrielle de la Rhénanie-Westphalie[20]. À la conférence participent des représentants du gouvernement et de tous les syndicats. En accord avec eux la conférence décide à l'unanimité la socialisation immédiate des mines. E. Ruben est confirmé comme commissaire du peuple et à ses côtés est placée une “commission des neuf” [“Neunerkommission”] composée de trois représentants respectivement, du SPD, USPD et KPD. Il est décidé d'établir une structure de conseils basée sur des Conseils de mine [Zechenräte] élus dans tous les puits de la région et chapeautés par un Conseil central de mines [Zentralzechenrat]. Ces conseils auraient un droit de contrôle concernant les salaires, les volumes de production et la situation financière de l'entreprise.

Le lendemain le gouvernement décrète la procédure électorale, qui doit arriver à son terme à l'échéance du 1er décembre, mais elle conçoit les organismes à élire selon le modèle des comités prévus par le décret du 23 décembre 1918 sur les conventions collectives, les comités de travailleurs et d'employés et la conciliation relative aux litiges du travail. Il nomme trois plénipotentiaires chargés de la question de la socialisation [Sozialisierungskommissare]: Otto Hue dirigeant syndical de l'Ancienne fédération (Alter Verband), Albert Vögler comme représentant des entrepreneurs et Arnold-Otto Röhrig comme représentant du gouvernement.

Le 15 janvier, le conseil d'ouvriers et de soldats d'Essen publiera un appel exposant les décisions prises et appelant à l'arrêt de la grève (cf. ci-dessous). Pour ce qui est du KPD, la direction locale désapprouvera le fait que des membres du parti aient signé ce texte, comme d'ailleurs le tract diffusé le 11 janvier[21].

 

 

 

À Brême (Bremen), le conseil d'ouvriers et de soldats décide, avec 101 voix contre 88, de laisser se dérouler les élections à l'assemblée nationale constituante[22]. Le KPD vote contre.

 

 

Appel conseil d'ouvriers et de soldats Essen, 15 janvier 1919 (extraits)[23]

 

La conférence des conseils d'ouvriers et de soldats qui le 13 janvier à Essen s'est tenue avec la participation de représentants de toutes les organisations syndicales des travailleurs des mines, a décidé de prendre en main la socialisation immédiate des mines de charbon. Dans ces brèves paroles réside un fait d'importance énorme. Pa là la révolution, de politique, est devenue révolution sociale, économique. Socialisation, c'est un mot dont tout un chacun ne s'imagine peut-être pas la signification. Il signifie qu'il doit être mis fin à l'exploitation du travailleur par l'entrepreneur, que les grandes entreprises doivent être enlevées au capitaliste et devenir propriété du peuple. [...]

Il faut que dans leur propre intérêt les travailleurs fassent preuve de discipline et de solidarité, même quand dans la première période après la débâcle énorme de la guerre la situation ne se développe de façon aussi brillante que nous tous le souhaiterions. Désormais nous avons la certitude que nous ne travaillons plus pour le capitaliste, mais pour nous et pour l'ensemble du peuple, et qu'après examen consciencieux de la situation par les mandataires des travailleurs eux-mêmes bénéficieront effectivement de toute amélioration possible en pratique de leur sort. Notre peuple tout entier se trouve dans la situation du petit homme d'affaire qui revient de la guerre et doit établir de zéro son affaire. Notre pays se trouve placé devant un énorme tas de décombres économique, et seulement le travail sérieux et l'autodiscipline consciencieuse peuvent lui permettre de sortir de la misère. Ainsi nous nous adressons à vous avec la demande de mettre fin partout à la grève. La revendication la plus grande et importante a été obtenue: les mines sont devenues propriété du peuple. Il s'agit maintenant de consolider l'acquis, afin qu'à chacun parmi les travailleurs reviennent les fruits de la socialisation. Cette socialisation ne peut réussir que si la vie économique poursuit son cours. Celui qui aujourd'hui encore, alors que la socialisation a eu lieu, fait encore grève, se nuit à lui-même et à ses collègues de travail. Il nous empêche d'agir au moment où nous voulons définitivement en finir avec le capitalisme, il soutient le capitalisme et nuit au socialisme. Travailleur, ouvrez l'oeil! Au capitalisme ne reste plus qu'un seul espoir, à savoir que l'oeuvre de la socialisation s'écroule sous l'effet de votre désunion. Il enverra parmi vous des agents soudoyés chargés de vous amener à penser que la socialisation ne vous bénéficie pas, qui vous soufflent des revendications inconsidérées et vous incite à déclencher des grèves sauvages. Regardez les gens qui maintenant encore après la socialisation appellent à la grève! Ils ne peuvent vouloir votre bien. Toutes vos organisations, les syndicats libres, les organisations syndicalistes et les syndicats chrétiens, les syndicats Hirsch-Duncker et les polonais, tous sont après la déclaration de leurs représentants à la conférence d'Essen pour la socialisation et contre la grève. Tous les partis socialistes, le Parti social-démocrate majoritaire, les Indépendants et la Ligue Spartakus vous appellent à reprendre le travail. Celui qui maintenant encore appelle à la grève est soit un esprit confus dangereux ou un agent soudoyé du capitalisme. Prenez garde face à ces gens et rejetez-les vigoureusement. Ne vous laissez pas terroriser par une minorité non éclairée, par des jeunes manquant de maturité, des esprits confus et des valets du capital! Soyez conscient du fait que vous êtes des hommes qui savent ce qu'ils veulent! Défendez vous-mêmes votre liberté socialiste nouvellement acquise! Là où le besoin se présente, les conseils d'ouvriers et de soldats vous accorderont protection et aide. Nous ne voulons pas de militarisme, vos propres gardes populaires sont suffisamment fortes pour défendre le socialisme.

[Citation dans l'original .]

 

 

14 janvier

 

À Brême (Bremen), des affrontements se produisent en rapport avec la question de l'armement des ouvriers[24]. Des matelots arrêtent le commandant de la ville Bernhard Ecks (KPD) ainsi qu'un membre du conseil de soldats et un mandaté du peuple. Devant le AG Weser éclatent des échanges de tirs entre matelots et travailleurs, il y a des morts. Des négociations entre les partis aboutissent à un compromis. Ecks est révoqué.

 

 

À Berlin, G. Noske adresse un appel aux habitants (cf. ci-dessous).

 

 

En Haute-Silésie, l'état de siège est étendu aux territoires de Kattowitz (Katowice, aujourd'hui en Pologne) et de Tarnowitz (Tarnowskie Góry, aujourd'hui en Pologne)[25]. Des grèves de mineurs se déroulent à Rybnik (aujourd'hui en Pologne) et Dubensko (Dębieńsko Stare, aujourd'hui partie de Czerwionka-Leszczyny, en Pologne).

 

 

Appel de Gustav Noske, 14 janvier 1919[26]

 

Aux habitants de Berlin!

À l'occupation effectuée hier, du quartier de Moabit, succède aujourd'hui à grande échelle l'entrée de masses de troupes considérables dans la ville. Toutes les banlieues à l'ouest sont également occupées ou protégées par des gardes civiles et populaires.

Travailleurs, soldats, citoyens! Les divisions que je dirige ne sont pas des instruments de la contrerévolution, ne servent pas à l'oppression, mais apporteront la libération de la pression terroriste inouïe sous laquelle la masse de la population de Berlin devait souffrir. Je veux assurer impérativement la sécurité de la personne et de la propriété, la liberté de la presse et l'exercice sans entrave du droit citoyen suprême, l'élection à l'assemblée nationale.

Il faut prévenir par la force des armes, des nouveaux actes de violence de la part des gens de Spartakus et d'éléments criminels. J'appelle la population de Berlin à appuyer les troupes au mieux des forces et de se plier aux instructions des dirigeants militaires.

Pour cela est requis:

1. La remise des armes ordonnée par le conseil des mandatés du peuple sera effectuée par les troupes et gardes entrant à Berlin respectivement déjà présentes sur place en liaison avec la police. Pour cela auront lieu des perquisitions de maisons et d'habitations.

2. Tout attroupement dans la rue est interdit. Il faut impérativement suivre les instructions des postes et patrouilles de rue en vue du dégagement des espaces traversés par ces postes et des rues empruntées par des unités de troupes entières.

[...]

[Citation dans l'original .]

 

 

15 janvier

 

À Berlin, les troupes du Commandement général [Generalkommando] du général Walther von Lüttwitz occupent les quartiers du Sud et de l'Ouest de la ville, en restant pour l'instant en dehors des quartiers ouvriers du Nord[27].

Devant l'occupation de Berlin par les troupes gouvernementales, Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg s'étaient réfugiés dans un appartement de la ville, mais suite à une dénonciation ils sont appréhendés par la garde civile [Einwohnerwehr], et avec eux Wilhelm Pieck[28]. Ce dernier réussit à s'échapper. Liebknecht et Luxemburg sont livrés aux soldats de la Division de tirailleurs de cavalerie de garde commandée par le capitaine Waldemar Pabst. Ils sont assassinés[29].

Sont également arrêtés durant ces journées les membres du KPD Leo Jogiches, Käte Duncker, Paul Levi[30].

 

 

Quelques semaines plus tard G. Noske adressera à Waldemar Pabst, qui entretemps a quitté l'armée, un télégramme de félicitations pour son mariage[31]:

À son soutien fidèle et la jeune épouse de celui-ci adresse les félicitations les plus cordiales le ministre de la Reichswehr Noske ainsi que le Chef de l'état-major v. Gilsa.

[Citation dans l'original .]

 

 

 

À Brême et Bremerhaven (Bremen), les 15 et 16, les employés de tramway mènent un mouvement de grève[32].

 

 

Garde-Kavallerie-Schützen-Division (Division de tirailleurs de cavalerie de garde)

 

Formellement, la Division de tirailleurs de cavalerie de garde est placée sous les ordres du lieutenant général Heinrich von Hofmann, mais en raison de l'état de santé de celui-ci, le commandement est exercé de fait par Pabst qui est premier officier d'état-major.

Waldemar Pabst participera en mars 1920 au putsch Lüttwitz-Kapp (cf. ), puis s'enfuira en Hongrie[33]. À partir de 1927 il participera à l'organisation des Gardes patriotiques [Heimwehren] en Autriche, plus tard à nouveau en Allemagne. De 1931 à 1940 il est directeur de la Rheinmetall Borsig AG et chef de la division défense et armement [Wehr- und Waffenabteilung] de cette société. En 1943 il passera en Suisse, en 1955 il reviendra en Allemagne.

 

 

 

Mi-janvier

 

La Centrale du KPD publie un Appel: "Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg assassinés!". (Cf. le texte .)

 

 

16 janvier

 

En Haute-Silésie, l'état de siège est étendu au territoire de Rybnik (aujourd'hui en Pologne)[34].

 

 

17 janvier

 

À Dresde (Sachsen), suite aux affrontements survenus dans la ville le 10 janvier, les mandatés du peuple USPD de Saxe (Hermann Fleißner, Friedrich Geyer[35] et Richard Lipinski) démissionnent de leurs postes[36]. La direction du gouvernement est attribuée à Georg Gradnauer. Le président du conseil de soldats de Dresde, Gustav Neuring (SPD) est chargé des affaires militaires.

 

 

En Haute-Silésie, des grèves se déroulent dans 44 mines[37].

 

 

19 janvier

 

Dans les différentes régions de l'Allemagne, se tiennent les élections à l'assemblée nationale constituante.

 

 

À Brême (Bremen), les communistes ne participent pas aux élections à l'assemblée constituante. Au niveau local le SPD obtient 42 %, l'USPD 18,2 %[38].

Le Conseil des mandatés du peuple, contre l'avis du KPD, décide d'organiser des élections à une assemblée parlementaire au niveau local de Brême le 9 mars[39]. La veille les banques avaient refusé d'accorder des crédits en absence d'une représentation parlementaire élue.

 

 

 

À Hambourg, aux élections à l'assemblée constituante locale, le SPD obtient 51,3 %[40].

 

 

 

Le Ministre de la guerre Walther Reinhardt publie les dispositions d'application relativement aux “points de Hambourg” adoptés en décembre 1918 par le Congrès national des Conseils d'ouvriers et de soldats[41]. (Sur les “points de Hambourg”, cf. .) Il s'agit de trois décrets, dont le principal fixe une "règlementation provisoire du pouvoir de commandement et la position des conseils de soldats de l'armée de paix [Friedensheer]" (cf. ci-dessous.). Le commandement suprême sur l'armée de paix est conféré au conseil des mandatés du peuple, mais le ministre de la guerre de Prusse est chargé de l'exercice de ce pouvoir, ce qui confirme le double statut attribué à cette fonction, tel qu'il avait été introduit en novembre 1918 (cf. ). Il est précisé que les dispositions s'appliquent uniquement à l'armée dite “Heimatheer” ou “Friedensheer”. Par là on entend les formations de l'ancienne armée en cours de démobilisation et qui ainsi de toute façon n'allait plus jouer de rôle dans l'avenir. Les troupes subordonnées au commandement suprême de l'armée (Oberste Heeresleitung, OHL), à savoir celles des fronts de l'Est et du Sud-Est ainsi que les corps-francs nouvellement formés, ne sont nullement concernées par les dispositions.

 

 

Se tiennent les élections à l'Assemblée nationale constituante.

Sozialdemokratische Partei

165

Christliche Volkspartei

91

Deutsche demokratische Partei

75

Deutschnationale Volkspartei

44

Unabhängige sozialdemokratische Partei

22

Deutsche Volkspartei

19

Bayerischer Bauernbund

4

Deutsch-hannoversche Partei

1

Schleswig-holsteinische Bauern-
und Landarbeiter-Demokratie

1

Braunschweigischer Landeswahlverband

1

Total

421

 

 

 

Règlementation provisoire du pouvoir de commandement et position des conseils de soldats dans l'armée de paix [Friedensheer], 19 janvier 1919 (extraits)[42]

 

 

Règlementation provisoire du pouvoir de commandement et position des conseils de soldats dans l'armée de paix [Friedensheer]

1. Le pouvoir de commandement suprême est détenu par le conseil de mandatés du peuple, élu par le conseil central de la république socialiste allemande.

2. Le conseil des mandatés du peuple, pour autant qu'il ne donne pas des ordres directs, délègue l'exercice du pouvoir de commandement au ministre de la guerre prussien. [...]

3. Pour sa conduite de commandement, le ministre de la guerre est responsable devant le conseil des mandatés du peuple. Tous les offices militaires de Prusse et ceux communs au niveau du Reich sont subordonnés au ministre de la guerre. Tous les membres de l'armée du contingent prussien (y compris les conseils de soldats) doivent se plier aux décisions et instructions du ministre de la guerre, qui doivent être contresignées par le sous-secrétaire d'état. [...]

4. Pour les unités supérieures [...] les chefs exercent le pouvoir de commandement. Pour leur activité, ils sont responsables devant le gouvernement du Reich  et leurs supérieurs directs.

5. Pour les régiments, bataillons autonomes et formations de même niveau, des conseils de soldats doivent être élus. Ils contrôlent l'activité des chefs dans le sens que ceux-ci n'abusent pas de leur pouvoir de service pour des actions contre le gouvernement en place. Pour édicter des instructions générales, d'application permanente, qui concerne l'assistance à la troupe, ainsi que des questions sociales et économiques, les permissions, les questions de discipline, les conseils de soldat participent et signent comme coresponsables. Les ordres purement militaires, qui concernent l'instruction, conduite et utilisation des troupes, émanent des chefs seuls, ils ne nécessitent pas de contresignature d'un conseil de soldats. [...]

9. L'attribution des postes revient au ministère de la guerre. [...]

[Citation dans l'original .]

 

 

 

20 janvier

 

À Brême (Bremen) les banques exigent comme condition pour l'octroi de crédits, le rétablissement de la commission de finances (la Finanzdeputation, les Deputationen étant une institution spécifique propre aux systèmes administratifs de Brême et de Hambourg) et la fin de l'état de siège ainsi que de la censure préalable[43]. Quelques communistes conduisent des groupes de travailleurs pour saisir des armes dans les dépôts des casernes et occuper des bâtiments publics et des banques, et tentent d'organiser une grève générale pour le lendemain (cf. ci-dessous). L'action n'aboutit à rien. L'initiateur, Karl Jörn, quitte Brême et se rend à Wilhelmshaven.

 

 

 

À Braunschweig, est organisée une grève générale en réaction à l'assassinat de K. Liebknecht et R. Luxemburg. Elle dure jusqu'au 22. L'état de siège est instauré[44].

 

 

 

À Hambourg, suite au résultat des élections à l'assemblée nationale, Heinrich Laufenberg est remplacé par Karl Hense (SPD) comme président du conseil d'ouvriers et soldats[45].

 

 

21 janvier

 

À Brême (Bremen), le KPD annonce qu'il cesse sa participation au Conseil des mandatés du peuple[46]. L'USPD déclare que dans ces conditions il n'assumera plus la responsabilité gouvernementale. Le KPD annule sa décision.

Le conseil d'ouvriers et de soldats approuve la décision prise par le Conseil des mandatés du peuple, le 18, d'organiser des élections[47]. Il abolit la censure préalable[48].

 

 

Le Conseil central d'ouvriers et de Soldats pour la Haute-Silésie, dont le président est Otto Hörsing (SPD), fait placarder largement un texte qui reprend la teneur du décret édicté le 31 décembre 1918 par le gouvernement du district d'Oppeln (aujourd'hui Opole en Pologne) au sujet de la répression contre les mouvements séparatistes[49]:

Attention! Haute trahison! Qui entreprend d'arracher par la force la Haute-Silésie du Reich allemand et de l'intégrer dans un état étranger ou de la rendre autonome, et quiconque prépare une telle opération, commet une haute trahison.

[Citation dans l'original .]

(Cf. 7 janvier 1919.)

 

 

Appel publié dans Der Kommunist, journal du KPD à Brême, 21 janvier 1919 (extraits)[50]

 

Appel à la grève générale!

Le prolétariat révolutionnaire est poussé d'un combat à un autre. Il s'agit de mettre un terme aux menées éhontées du capitalisme et de ces stipendiés, aux instigateurs des crimes crapuleux, les Ebert-Scheidemann-Landsberg-Noske. [...] Le prolétariat révolutionnaire dans le Reich se trouve devant la conquête du pouvoir.

Demain mardi il veut passer en revue ses forces disponibles. [...] Tous, hors de vos entreprises!

[Citation dans l'original .]

 

 

22 janvier

 

Le mouvement de grève en cours depuis le 8 janvier dans les mines de la Ruhr décline progressivement[51].

 

 

25 janvier

 

À Brême (Bremen), G. Noske annonce à A. Henke (USPD), co-président du Conseil des mandatés du peuple, que le gouvernement s'apprête à intervenir à Brême[52]. Il donne ordre au commandant suprême le Général Walther von Lüttwitz de rétablir l'ordre à Brême[53].

 

 

26 janvier

 

En Prusse se tiennent les élections à l'Assemblée constituante régionale.

Sozialdemokratische Partei

145

Zentrums- (Christliche Volks-) Partei

93

Deutsche Demokratische Partei

65

Deutschnationale Volkspartei

48

Unabhängige Sozialdemokratische Partei

24

Deutsche Volkspartei

23

Deutsch-Hannoversche Partei

2

Schleswig-Holsteinische Bauern-
und Landarbeiter-Demokratie

1

Total

401

 

 

 

27 janvier

 

Le colonel [Oberst] Wilhelm Gerstenberg est chargé de mettre en oeuvre une opération militaire contre Brême (Bremen)[54]. La division qu'il commande comprend notamment la 3e Brigade du Corps de tirailleurs de terre ainsi que la Brigade de Marine I[55].

 

 

À Wilhelmshaven-Rüstringen, un groupe de communistes autour de K. Jörn occupe des lieux publics, notamment la caserne[56]. Dans la nuit au 28, des unités militaires attaquent la caserne et obligent les occupants à quitter les lieux. Il y a 8 morts. Le conseil d'ouvriers et de soldats prend ses distances vis-à-vis de l'action, se place explicitement du côté du gouvernement de Berlin et instaure l'état de siège.

 

 

 

29 janvier

 

Les troupes de W. Gerstenberg arrivent à Verden, au sud-est de Brême (Bremen), et sont renforcées par une unité de volontaires de Brême commandée par le Major Walter Caspari[57]. Des négociations entre des délégués du Conseil des mandatés du peuple  et les militaires et ont lieu. Ces derniers exigent le désarmement, ce que les délégués de Brême refusent.

 

 

31 janvier

 

À Hambourg, le conseil d'ouvrier et de soldats décide de rassembler des hommes et des armes pour venir en aide à la république des conseils de Brême[58]. Il est prévu d'envoyer plusieurs milliers de personnes: des matelots de Cuxhaven, des soldats de la garnison de Hambourg, ainsi que des volontaires notamment au chantier naval Vulkan-Werft.

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes
 

[1]. http://www.marx.org/deutsch/referenz/bernstein/1921/drev/kap12.html.

E. Bernstein: Die deutsche Revolution - Band 1, (Bibliographie ).

[2]. http://www.geschichte-pirna.de/nr-2.htm.

P. Frölich, R. Lindau, J. Thomas: Illustrierte Geschichte der Deutschen Revolution, S. 381-382 (Bibliographie ).

[3]. http://www-user.uni-bremen.de/~bremhist/Raeterepublik1918-19.html;

http://www-user.uni-bremen.de/~bremhist/Raeterepublik.html;

http://www.klausdede.de/index.php?content=weserundjade&sub=49.

[4]. http://www.geissstrasse.de/file_download/8.

[5]. http://archiv.squat.net/duesseldorf/Dipl_Int-2_2-2.html.

[6]. http://www.ifz-muenchen.de/heftarchiv/1958_3.pdf;

P. Frölich, R. Lindau, J. Thomas: Illustrierte Geschichte..., S. 316 (Bibliographie ).

[7]. http://www.dielinke-bremen.de/nc/politik/aktuell/detail/browse/1/zurueck/space-park-waterfront/artikel/vor-90-jahren-bremen-ist-eine-selbstaendige-sozialistische-republik/.

IML beim ZK der SED (Hg.): Dokumente und Materialien zur Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung - Reihe 2 - Band 3 - Januar 1919‑Mai 1919, S. 52 (Bibliographie ).

[8]. IML beim ZK der SED (Hg.): Dokumente und Materialien... - Reihe 2 - Band 3, S. 53 (Bibliographie ).

[9]. http://www.dielinke-bremen.de/nc/politik/aktuell/detail/browse/1/zurueck/space-park-waterfront/artikel/vor-90-jahren-bremen-ist-eine-selbstaendige-sozialistische-republik/.

IML beim ZK der SED (Hg.): Dokumente und Materialien... - Reihe 2 - Band 3, S. 53 (Bibliographie ).

[10]. http://www.marx.org/deutsch/referenz/bernstein/1921/drev/kap12.html;

E. Bernstein: Die deutsche Revolution - Band 1, (Bibliographie ).

G. Watermeier: Politischer Mord und Kriegskultur an der Wiege der Weimarer Republik, S. 21. (Bibliographie ).

[11]. http://archivkarlroche.files.wordpress.com/2010/02/aur-1919-brosch.pdf.

[12]. http://www.geschichte-pirna.de/nr-2.htm.

[13]. St. Goch: Sozialdemokratische Arbeiterbewegung und Arbeiterkultur im Ruhrgebiet, (Bibliographie ).

[14]. http://www.ifz-muenchen.de/heftarchiv/1958_3.pdf;

R. Wilbrandt: Sozialismus, S. 254 (Bibliographie ).

H. Spethmann: Zwölf Jahre Ruhrbergbau 1914‑1925 - Band 1, S. 149 (Bibliographie ).

[15]. http://www.cuxpedia.de/index.php/Sozialistische_Republik_Cuxhaven

IML beim ZK der SED (Hg.): Illustrierte Geschichte der Novemberrevolution in Deutschland, S. 330 (Bibliographie ).

E. Kolb: Die Arbeiterräte in der deutschen Innenpolitik 1918‑1919, p. 328 (Bibliographie ).

[16]. http://www.raeterepublik.de/Bluthunde.htm.

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27 janvier 2019 7 27 /01 /janvier /2019 21:43
Rosa Luxemburg assassinée. Ne jamais oublier!
 Rosa Luxemburg assassinée. Ne jamais oublier!
Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel.
Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts.

 

Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre.
Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait.
Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.


Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.
Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se développer aussi facilement?


Une chose est sûre , l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté.
Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs et acteurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

 

Dominique Villaeys-Poirré

15 janvier 2019

Spartakistes assassinés

Spartakistes assassinés

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27 janvier 2019 7 27 /01 /janvier /2019 21:27
Abarrez leurs dirigeants! Tuez Liebknecht!

Abarrez leurs dirigeants! Tuez Liebknecht!


Malgré tout !
Karl Liebknecht
(15 janvier 1919)

Berlin, 15 janvier 1919

 

Assaut général contre Spartakus ! « A bas les spartakistes ! », crie-t-on partout. « Saisissez-les, fouettez-les, piquez-les, fusillez-les, écrasez-les, mettez-les en pièces ! » Des abominations sont commises plus cruels que celles des troupes allemandes en Belgique.

 

« Spartakus vaincu ! », jubile toute la presse, de la Post au Vorwärts.

 

« Spartakus vaincu ! » Les sabres, les revolvers et les carabines de la police germanique rétablie dans ses fonctions et le désarmement des ouvriers révolutionnaires scelleront sa défaite.

 

« Spartakus vaincu ! » C’est sous la protection des baïonnettes du colonel Reinhardt, des mitrailleuses et des canons du général Lüttwitz, que se dérouleront les élections à l’Assemblée nationale, un plébiscite pour Napoléon-Ebert.

 

« Spartakus vaincu ! »

 

Oui ! Les ouvriers révolutionnaires de Berlin ont été vaincus ! Oui ! Abattus des centaines des meilleurs d’entre eux ! Oui ! jetés au cachot des centaines parmi les plus fidèles !

 

Oui ! Ils ont été vaincus ! Car ils ont été abandonnés par les marins, les soldats, les gardes de sécurité, par l’armée populaire, sur l’aide desquels ils avaient compté. Et leurs forces ont été paralysées par l’indécision et la pusillanimité de leurs chefs. Et l’immense flot bourbeux contre-révolutionnaire des éléments arriérés du peuple et des classes possédantes les a submergés.

 

Oui, ils ont été vaincus ! Et c’était une nécessité historique qu’ils le fussent. Car le temps n’était pas encore venu. Et pourtant la lutte était inévitable. Car livrer sans combat aux Eugen Ernst et Hirsch la préfecture de police, ce palladium de la révolution, eût été une défaite déshonorante. La lutte avait été imposée au prolétariat par la bande d’Ebert, et les masses berlinoises furent emportées par-delà tous les doutes et les hésitations.

 

Oui, les ouvriers révolutionnaires de Berlin ont été vaincus.

 

Et les Ebert-Scheidemann-Noske ont remporté la victoire. Ils l’ont remportée parce que les généraux, la bureaucratie, les junkers de la campagne et de l’industrie, la curés et les sacs d’argent, et tout ce qui est étroit, mesquin et arriéré, les ont aidés. Et ils l’ont remporté pour eux avec des obus, des bombes à gaz et des lance-mines.

 

Mais il est des défaites qui sont des victoires et des victoires plus fatales que des défaites.

 

Les vaincus de la semaine sanglante de janvier se sont battus glorieusement, ils se sont battus pour quelque chose de grand, pour le but le plus noble de l’humanité souffrante, pour la libération matérielle et spirituelle des masses pauvres ; pour des buts sacrés, ils ont versé leur sang, qui a été ainsi sanctifié. Et de chaque goutte de ce sang, cette semence de dragon pour les vainqueurs d’aujourd’hui, des vengeurs naîtront pour ceux qui sont tombés ; de chaque fibre brisée de nouveaux combattants de la grande cause, éternelle et impérissable comme le firmament.

 

Les vaincus d’aujourd’hui seront les vainqueurs de demain. Car la défaite est leur enseignement. Le prolétariat allemand manque encore de traditions et d’expérience révolutionnaires, et ce n’est que par des tâtonnements, des erreurs juvéniles, des échecs douloureux, qu’on peut acquérir l’expérience qui garantit le succès futur.

 

Pour les forces vivantes de la révolution sociale, dont la croissance ininterrompue est la loi du développement social, une défaite constitue un stimulant. Et c’est par les défaites que leur chemin conduit vers la victoire. Mais les vainqueurs d’aujourd’hui ?

 

C’est pour une cause scélérate qu’ils ont accompli leur besogne scélérate. Pour les puissances du passé, pour les ennemis mortels du prolétariat.

 

Et ils sont dès aujourd’hui vaincus ! Car ils sont dès aujourd’hui les prisonniers de ceux qu’ils pensaient pouvoir utiliser comme leurs instruments et dont ils ont toujours été en fait les instruments.

 

Ils donnent encore leur nom à la firme, mais il ne leur reste qu’un court délai de grâce.

 

Déjà ils sont au pilori de l’histoire. Jamais il n’y eut au monde de tels Judas : non seulement ils ont trahi ce qu’ils avaient de plus sacré, mais de leurs propres mains ils ont aussi enfoncé les clous dans la croix. De même qu’en août 1914 la social-démocratie officielle allemande est tombée plus bas que n’importe quelle autre, de même aujourd’hui, à l’aube de la révolution sociale, elle reste le modèle qui fait horreur.

 

La bourgeoisie française a dû prendre dans ses propres rangs les bourreaux de juin 1848 et ceux de mai 1871. La bourgeoisie allemande n’a pas besoin de faire elle-même le travail : ce sont des « sociaux-démocrates » qui accomplissent la sale besogne, lâche et méprisable. Son Cavaignac, son Gallifet, c’est Noske, l’ « ouvrier allemand ».

 

Des sonneries de cloche ont appelé au massacre ; de la musique, des agitations de mouchoirs, des cris de victoire des capitalistes sauvés de l’ « horreur bolchéviste » ont fêté la soldatesque. La poudre est encore fumante, l’incendie du massacre des ouvriers brûle encore, les prolétaires assassinés gisent à terre, les blessés gémissent encore, et, gonflé de fierté de leur victoire, ils passent en revue les troupes d’assassins, les Ebert, Scheidemann et Noske.

 

Semence de dragon !

 

Déjà le prolétariat mondial se détourne d’eux avec horreur, eux qui osent tendre à l’Internationale leurs mains encore fumantes du sang des ouvriers allemands ! Ils sont rejetés avec répulsion et mépris même par ceux qui, dans la furie de la guerre mondiale, avaient trahi les devoirs du socialisme. Salis, exclus des rangs de l’humanité civilisée, chassé de l’Internationale, honnis et maudits par tous les ouvriers révolutionnaires, ainsi se présentent-ils devant le monde.

 

Et l’Allemagne tout entière est précipitée par eux dans la honte. Des traîtres à leurs frères, des fratricides, gouvernent aujourd’hui le peuple allemand. « Vite, mon calepin, que je note... »

 

Oh, leur magnificence ne durera pas longtemps ; un court délai de grâce, et ils seront jugés.

 

La révolution du prolétariat, qu’ils ont cru noyer dans le sang, elle renaîtra, gigantesque, et son premier mot d’ordre sera : A bas les assassins d’ouvriers Ebert-Scheidemann-Noske !

 

Les battus d’aujourd’hui ont retenu l’enseignement : ils sont guéris de l’illusion qu’ils pouvaient trouver leur salut dans l’aide des masses confuses de soldats, qu’ils pouvaient s’en remettre à des chefs qui se sont révélés faibles et incapables, guéris de leur croyance en la social-démocratie indépendante, qui les a honteusement abandonnés. C’est en ne comptant que sur eux-mêmes qu’ils vont mener les batailles à venir, qu’ils obtiendront leurs victoires futures. Et la phrase fameuse :

« L’émancipation de la classe ouvrière ne peut être que l’oeuvre de la classe ouvrière elle-même », a acquis pour eux, du fait de la leçon amère de cette semaine, une nouvelle signification profonde.

 

De même, les soldats qui ont été trompés comprendront bientôt quel jeu on leur a fait jouer quand ils sentiront à nouveau sur eux le knout du militarisme remis en selle ; eux aussi sortiront de l’ivresse où ils sont plongés aujourd’hui.

 

« Spartakus vaincu ! »

 

Doucement ! Nous n’avons pas fui, nous ne sommes pas battus ! Et même si vous nous enchaînez, nous sommes là et nous restons là ! Et la victoire sera nôtre !

 

Car Spartakus, cela signifie : feu et flamme, cela signifie : coeur et âme, cela signifie volonté et action de la révolution du prolétariat. Et Spartakus - cela signifie détresse et aspiration au bonheur, volonté de mener la lutte du prolétariat conscient. Car Spartakus, cela signifie socialisme et révolution mondiale.

 

La marche au Golgotha de la classe ouvrière allemande n’est pas encore terminée, mais le jour de la rédemption approche ; le jour du Jugement pour les Ebert-Scheidemann-Noske et pour les dirigeants capitalistes qui aujourd’hui se cachent encore derrière eux. Haut jusqu’au ciel battent les flots des événements ; nous sommes habitués à être précipités du sommet jusque dans les profondeurs. Mais notre vaisseau poursuit fermement et fièrement sa route droite - jusqu’au but.

 

Et que nous vivions encore quand il sera atteint - notre programme, lui, vivra ; il dominera le monde de l’humanité libérée. Malgré tout !

 

Sous le grondement de l’effondrement économique qui s’approche, l’armée encore sommeillante des prolétaires se réveillera comme au son des trompettes du Jugement dernier, et les corps des combattants assassinés ressusciteront et exigeront des comptes de leurs bourreaux. Aujourd’hui encore le grondement souterrain du volcan ; demain il fera éruption et ensevelira les bourreaux sous ses cendres brûlantes et ses flots de lave incandescente.

 

Karl Liebknecht

 

Le dernier texte de Karl Liebknecht - Magré tout! - Trotz alledem!, Rote Fahne, 15  janvier 1919

Rote Fahne, 15. Januar 1919.
Karl Liebknecht, Ausgewählte Reden und Aufsätze, Berlin 1952, S.505-520.
HTML-Markierung: Einde O’Callaghan für das Marxists’ Internet Archive.


Generalsturm auf Spartakus! „Nieder mit den Spartakisten!“ heult es durch die Gassen. „Packt sie, peitscht sie, stecht sie, schießt sie, spießt sie, trampelt sie nieder, reißt sie in Fetzen!“ Greuel werden verübt, die jene belgischen Greuel deutscher Truppenin den Schatten stellen.

„Spartakus niedergerungen!“ jubiliert es von Post bis Vorwärts.

„Spartakus niedergerungen!“ Und die Säbel, Revolver und Karabiner der wiederhergestellten altgermanischen Polizei und die Entwaffnung der revolutionären Arbeiter werden seine Niederlage besiegeln. „Spartakus niedergerungen!“ Unter den Bajonetten des Oberst Reinhardt, unter den Maschinengewehren und Kanonen des Generals Lüttwitz sollen die Wahlen zur Nationalversammlung vollzogen werden – ein Plebiszit für Napoleon-Ebert.

„Spartakus niedergerungen!“

Jawohl! Geschlagen wurden die revolutionären Arbeiter Berlins! Jawohl! Niedergemetzelt an die hundert ihrer Besten! Jawohl! In Kerker geworfen viele Hunderte ihrer Getreuesten!

Jawohl! Sie wurden geschlagen. Denn sie wurden verlassen von den Matrosen, von den Soldaten, von den Sicherheitsmannschaften, von der Volkswehr, auf deren Hilfe sie fest gebaut hatten. Und ihre Kraft wurde gelähmt durch Unentschlossenheit und Schwäche ihrer Leitung. Und die ungeheure gegenrevolutionäre Schlammflut aus den zurückgebliebenen Volksteilen und den besitzenden Klassen ersäufte sie.

Jawohl, sie wurden geschlagen. Und es war historisches Gebot, daß sie geschlagen wurden. Denn die Zeit war noch nicht reif. Und dennoch – der Kampf war unvermeidlich. Denn das Polizeipräsidium, dieses Palladium der Revolution, den Eugen Ernst und Hirsch kampflos preisgeben, wäre ehrlose Niederlage gewesen. Der Kampf war dem Proletariat aufgezwungen von der Ebert-Bande; und elementar brauste er aus den Berliner Massen hervor – über alle Zweifel und Bedenken hinweg.

Jawohl! Die revolutionären Arbeiter Berlins wurden geschlagen!

Und die Ebert-Scheidemann-Noske haben gesiegt. Sie haben gesiegt, denn die Generalität, die Bürokratie, die Junker von Schlot und Kraut, die Pfaffen und die Geldsäcke und alles, was engbrüstig, beschränkt, rückständig ist, stand bei ihnen. Und siegte für sie mit Kartätschen, Gasbomben und Minenwerfern.

Aber es gibt Niederlagen, die Siege sind; und Siege, verhängnisvoller als Niederlagen.

Die Besiegten der blutigen Januarwoche, sie haben ruhmvoll bestanden; sie haben um Großes gestritten, ums edelste Ziel der leidenden Menschheit, um geistige und materielle Erlösung der darbenden Massen; sie haben um Heiliges Blut vergossen, das so geheiligt wurde. Und aus jedem Tropfen dieses Bluts, dieser Drachensaat für die Sieger von heute, werden den Gefallenen Rächer erstehen, aus jeder zerfetzten Fiber neue Kämpfer der hohen Sache, die ewig ist und unvergänglich wie das Firmament.

Die Geschlagenen von heute werden die Sieger von morgen sein. Denn die Niederlage ist ihre Lehre. Noch entbehrt ja das deutsche Proletariat der revolutionären Überlieferung und Erfahrung. Und nicht anders als in tastenden Versuchen, in jugendhaften Irrtümern, in schmerzlichen Rückschlägen und Mißerfolgen kann es die praktische Schulung gewinnen, die den künftigen Erfolg gewährleistet.

Für die lebendigen Urkräfte der sozialen Revolution, deren unaufhaltsames Wachstum das Naturgesetz der Gesellschaftsentwicklung ist, bedeutet Niederlage Aufpeitschung. Und über Niederlage und Niederlage führt ihr Weg zum Siege.

Die Sieger aber von heute?

Für eine ruchlose Sache verrichteten sie ihre ruchlose Blutarbeit. Für die Mächte der Vergangenheit, für die Todfeinde des Proletariats.

Und sie sind schon heute unterlegen! Denn sie sind schon heute die Gefangenen derer, die sie als ihre Werkzeuge zu gebrauchen dachten und deren Werkzeuge sie seit je waren.

Noch geben sie der Firma den Namen. Aber nur eine kurze Galgenfrist bleibt ihnen.

Schon stehen sie am Pranger der Geschichte. Nie waren solche Judasse in der Welt wie sie, die nicht nur ihr Heiligstes verrieten, sondern auch mit eigenen Händen ans Kreuz schlagen. Wie die offizielle deutsche Sozialdemokratie im August 1914 tiefer sank als jede andere, so bietet sie jetzt, beim Morgengrauen der sozialen Revolution, das abscheuerregendste Bild.

Die französische Bourgeoisie mußte die Junischlächter von 1848 und die Maischlächter von l871 aus ihren eigenen Reihen nehmen. Die deutsche Bourgeoisie braucht sich nicht selbst zu bemühen – „Sozialdemokraten“ vollführen das schmutzig-verächtliche, das blutig-feige Werk; ihr Cavaignac, ihr Gallifet heißt Noske, der „deutsche Arbeiter“.

Glockengeläute rief zur Schlächterei, Musik und Tücherschwenken, Siegesjubel der vom „bolschewistischen Schrecken“ geretteten Kapitalisten feiert die rettende Soldateska. Noch raucht das Pulver, noch schwelt der Brand des Arbeitermordes, noch liegen die getöteten, noch stöhnen die verwundeten Proletarier, da halten sie Parade über die Mördertruppen, aufgebläht im Siegerstolze, die Ebert, Scheideman und Noske.

Drachensaat!

Schon wendet sich das Proletariat der Welt schaudernd von ihnen. die es wagen, ihre vom Blut der deutschen Arbeiter dampfenden Hände der Internationale entgegenzustrecken! Mit Abscheu und Verachtung werden sie sogar von denen zurückgestoßen, die im Toben des Weltkrieges selbst die Pflichten des Sozialismus preisgegeben hatten. Beschmutzt, ausgestoßen aus den Reihen der anständigen Menschheit, hinausgepeitscht aus der Internationale, gehaßt und verflucht von jedem revolutionären Proletarier, so stehen sie vor der Welt.

Und ganz Deutschland ist durch sie in Schande gestürzt. Bruderverräter regieren das deutsche Volk, Brudermörder. „Schreibtafel her, ich muß es schreiben.“ —

Oh, ihre Herrlichkeit kann nicht lange währen; eine Galgenfrist, und sie werden gerichtet sein.

Feuerbrände schleudern ihre Thesen in Millionen Herzen, Feuerbrände der Empörung.

Die Revolution des Proletariats, die sie im Blute zu ersäufen dachten, sie wird sich über sie erheben, riesengroß. Ihr erstes Wort wird sein: Nieder mit den Arbeitermördern Ebert-Scheidemann-Noske!

Die Geschlagenen von heute, sie haben gelernt. Sie sind geheilt vom Wahne, ihr Heil in der Hilfe verworrener Truppenmassen finden zu können; geheilt vom Wahne, sich auf Führer verlassen zu können, die sich kraftlos und unfähig erwiesen; geheilt vom Glauben an die unabhängige Sozialdemokratie, die sie schnöde im Stich ließ. Nur auf sich selbst gestellt, werden sie ihre künftigen Schlachten schlagen, ihre künftigen Siege erfechten. Und das Wort, daß die Befreiung der Arbeiterklasse nur das eigene Werk der Arbeiterklasse selbst sein kann, es hat durch die bittere Lehre dieser Woche eine neue, tiefere Bedeutung für sie gewonnen.

Und auch jene irregeleiteten Soldaten werden bald genug erkennen, welches Spiel mit ihnen getrieben wird, wenn sie die Knute des wiederhergestellten Militarismus von neuem über sich fühlen; auch sie werden erwachen aus dem Rausch, der sie heute umfängt.

„Spartakus niedergerungen!“ O gemach! Wir sind nicht geflohen, wir sind nicht geschlagen. Und wenn sie uns in Bande werfen – wir sind da, und wir bleiben da! Und der Sieg wird unser sein.

Denn Spartakus – das heißt Feuer und Geist, das heißt Seele und Herz, das heißt Wille und Tat der Revolution des Proletariats. Und Spartakus – das heißt alle Not und Glückssehnsucht, alle Kampfentschlossenheit des klassenbewußten Proletariats. Denn Spartakus, das heißt Sozialismus und Weltrevolution.<</P>

Noch ist der Golgathaweg der deutschen Arbeiterklasse nicht beendet – aber der Tag der Erlösung naht. Der Tag des Gerichts für die Ebert-Scheidemann-Noske und für die kapitalistischen Machthaber, die sich noch heute hinter ihnen verstecken. Himmelhoch schlagen die Wogen der Ereignisse – wir sind es gewohnt, vom Gipfel in die Tiefe geschleudert zu werden. Aber unser Schiff zieht seinen geraden Kurs fest und stolz dahin bis zum Ziel.

Und ob wir dann noch leben werden, wenn es erreicht wird – leben wird unser Programm; es wird die Welt der erlösten Menschheit beherrschen. Trotz alledem!

Unter dem Dröhnen des herangrollenden wirtschaftlichen Zusammenbruchs werden die noch schlafenden Scharen der Proletarier erwachen wie von den Posaunen des Jüngsten Gerichts, und die Leichen der hingemordeten Kämpfer werden auferstehen und Rechenschaft heischen von den Fluchbeladenen. Heute noch das unterirdische Grollen des Vulkans – morgen wird er ausbrechen und sie alle in glühender Asche und Lavaströmen begraben. [1]

 

 

Anmerkung

1. Der letzte Absatz ist nicht im Text in Ausgewählte Reden, Briefe und Absätze, Berlin 1952, S.530.

 

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27 janvier 2019 7 27 /01 /janvier /2019 10:02

comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

12.01.2011

 

La maison d'édition Dirk Nishen avait repris en 1984 un ensemble de photographies de Willy Römer sur la révolution spartakiste.

  Januakampfe-1919-.jpg

 

Il s'agit d'un ensemble de photographies réalisées entre le 5 et le 12 janvier 1919 (la dernière photographie représentant les familles faisant la queue pour retrouver leurs disparus est datée seulement de janvier 1919 sans précision de jour) dans le PressevIertel (quartier de la presse).

 

C'est un témoignage inestimable sur l'importance de la révolution spartakiste.

 

L'ouvrage se termine par un aperçu des événements qui ont marqué janvier 1919 et la révolution allemande.

 

Ils éclairent le contexte qui aboutit à l'assassinat de Rosa Luxemburg, à celui de Liebknecht, à la mort de centaines de révolutionnaires et à l'écrasement d'une tentative révolutionnaire exemplaire, qui rappelle par de nombreux aspects l'écrasement de la Commune.

 

Ecrasement cependant dû cette fois à la social-démocratie et à son appui sur les forces militaires les plus réactionnaires.


Willy Römer

 

Né en 1987 à Berlin, fils d'un artisan tailleur, il a fait son apprentissage dans la toute première agence de presse allemande. Mobilisé, il resta sous les drapeaux de 1915 à 1918 en Russie, Pologne et en Flandres. Démobilisé en novembre 1918, il reprend l'entreprise "Photothek": c'est à cette époque qu'il réalise ses photographies sur la révolution à Berlin en janvier 1919.

 

(D'après wikipedia)

 


Eléments chronologiques repris du texte accompagnant les photographies.

 

Les combats de janvier 1919 commencent tout d'abord par un conflit entre les dirigeants du SPD et ceux de l'USPD et des Spartakistes suite au renvoi par Ebert du responsable de la police à Berlin, Eichhorn.

 

. L'appel à la manifestation, le 5 janvier, rassemble une foule énorme et armée.

 

Revolution-spartakiste-le-5-janvier-1919-copie-1.jpgManifestation. Le 5 janvier 1919

 

. Sans que cela soit organisé et planifié, les combats s'engagent alors l'après-midi même. Des groupes armés de soldats et d'ouvriers occupent les gares et les journaux.

 

  5-janvier-1919--ouvriers-et-soldats-en-marche-vers-le-quart.jpg

Occupation du quartier de la presse par les ouvriers et soldats

 

. La principale cible fut le journal Vorwärts, dont la rédaction avait été chassée par les militaires et qui ne fut pas remise en place après la défaite par le SPD (Karl etslaw).

 

. Après trois jours, les combats s'atténuèrent et une manifestation regroupa des ouvriers demandant leur arrêt et la fin de la guerre civile.

 

. C'est à ce moment-là que le SPD fit appel à l'armée impériale, constituée pour partie de régiments et pour partie de corps francs. Les combats durèrent du 9 au 12 janvier. Le combat était inégal entre les révolutionnaires armés de fusils, de mitrailleuses et de grenades et l'armée avec ses tanks et canons.

 

. Le 11, les locaux de Vorwärts furent repris par l'armée, il y eut environ 120 morts et 300 prisonniers.

 

 

 Vraisemblablement-12.01.1919-Vorwarts.jpgImmeuble-de-Vorwarts-apres-l-assaut-des-forces-militaires.jpg

L'assaut des troupes contre le l'immeuble occupée du Vorwärts. 11 janvier 1919

 

. Les autres rédactions tombèrent ensuite, puis le Polizeipräsidium (la préfecture de police). S'ensuivirent des tortures exercées contre les prisonniers et des exécutions sommaires ...

 

 

Les-familles-a-la-recherche-de-leurs-disparus.jpg

 

Des familles font la queue à la recherche de proches disparus. Janvier 1919

 

A la lumière de ces quelques indications, ne comprend-on pas clairement dans quelles circonstances eurent lieu les assassinats de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht et la responsabilité manifeste et incontestable du SPD? Qui préféra cet écrasement et ces assassinats à la possibilité d'une société différente.

 

 

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12 janvier 2019 6 12 /01 /janvier /2019 22:39
Rosa Luxemburg. Gilbert Badia - Ina, La répression de la révolution spartakiste en Allemagne.
En ce 100ème anniversaire de la disparition de Rosa Luxemburg et de l'écrasement de la révolution en Allemagne, je tiens à rendre hommage à Gilbert Badia qui accompagna mes recherches sur "L'élaboration d'une pensée contre le nationalisme, la guerre, l'impérialisme, 1898 - 1900". Je ne pus aller au bout de ce travail universitaire, incompatible avec un travail salarié, mais je n'ai jamais abandonné mes recherches qui ont alors inspiré ce blog, créé il y a maintenant plus de dix ans.
 
Sur les Spartakistes, Gilbert Badia a publié deux ouvrages, d'un grand intérêt historique. On y retrouve son approche unique : recherche des sources et construction autour de celles-ci d'un récit d'une absolue précision.
 
Je recommande tout particulièrement celui paru chez Julliard. Par la vérité des sources, cet ouvrage permet de suivre au jour le jour la révolution en Allemagne jusqu'à l'écrasement de la révolution.
Rosa Luxemburg. Gilbert Badia - Ina, La répression de la révolution spartakiste en Allemagne.
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12 janvier 2019 6 12 /01 /janvier /2019 22:33
La Révolution allemande sur le site smolny : Documents ( Octobre 1918 - Janvier 1919 ).
La Révolution allemande : Documents ( Octobre 1918 - Janvier 1919 )
Sélection chronologique de textes de référence

 

7 janvier 2009 par eric

 

Présentation :

Janvier 2009 - Janvier 1919. Quatre-vingt-dix ans depuis l’insurrection de Berlin. La révolution allemande est un noeud historique du XXe siècle. Elle marque l’apogée de la plus grande vague révolutionnaire qui ait jamais submergée le monde capitaliste. Son échec sera celui de tout le mouvement ouvrier international, condamnant la Russie soviétique à une dégénérescence fulgurante et criminelle. La violence et la brutalisation nées de la première guerre mondiale se déploient maintenant impitoyablement dans la lutte de classes pour aboutir à la liquidation de toute une génération d’ouvriers révolutionnaires. La social-démocratie est le fer de lance de cette contre-révolution. Par son appel aux instincts meurtriers les plus vils, par la constitution des corps-francs, par l’écrasement physique et moral des forces prolétariennes, la social-démocratie pave la voie au nazisme.

 

Pourtant, de ces événements déterminants, on chercherait en vain une trace profonde dans la bibliographie en langue française. Sur Novemberrevolution nous avons présenté sur ce site une chronologie des événements et une bibliographie indicative. Nous nous sommes également fait l’écho des rares publications récentes centrées sur cet événement : le roman Karl & Rosa d’Alfred Döblin, et le recueil Les Spartakistes de Gilbert Badia.

 

Les textes que l’on trouvera ici couvrent une première période, comprise entre l’entrée des sociaux-démocrates au gouvernement en octobre 1918 et l’écrasement de l’insurrection de janvier 1919. Dès le premier texte, un article de Rosa Luxemburg, le cadre est posé, et d’une certaine façon le dénouement aussi, malheureusement.

 

Si l’essentiel des documents est bien entendu disponible en langue allemande, ainsi qu’un grand nombre d’ouvrages historiques, peu d’entre eux sont disponibles en ligne, et encore moins traduits.

 

Un certains nombre de textes sont donc en langue allemande. Pour quelques uns, il s’agit d’une première parution sur internet. Pour ce qui est de traductions éventuelles, nous ferons à la mesure de nos moyens, sachant que nous réitérons notre proposition d’un projet d’ensemble d’édition d’articles politiques inédits, de Rosa Luxembug notamment.

 

Ces textes sont, dans un premier temps, ceux d’auteurs dont les oeuvres réunies ont été éditées (Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, principalement, mais aussi Wilhelm Pieck). Des textes collectifs (tracts, appels, etc.) pourront être ajoutés.

 

Il n’échappera à personne, que bon nombre de documents listés ici sont "sans lien". Signe qu’il reste beaucoup à faire. Et en même temps, relativement peu, à l’échelle du temps écoulé - 90 ans ! - et, encore une fois, de l’importance de ces événements.

 

Merci de signaler tout manque important ou erreur dans ce document de travail.

 

E.S.


Index chronologique :

-  10/1918

-  13/10/1918

  • Wilhelm Pieck : « Revolutionäre Antikriegarbeit in Holland » [deutsch] / « Le travail révolutionnaire anti-guerre en Hollande » - Compte-rendus de discours à la conférence nationale, tenue à Amsterdam, des groupes allemands Kampf en Hollande, parus dans Der Kampf du 19/10/1918.

-  18/10/1918

-  31/10/1918

-  04/11/1918

-  06/11/1918

  • Karl Liebknecht : « An den VI. Allrussischen Sowjetkongress » [deutsch] / « Au sixième congrès pan-russe des soviets » - Salutations.

-  08/11/1918

-  09/11/1918

-  10/11/1918

  • Karl Liebknecht : « Feinde ringsum ! » [deutsch] / « Les ennemis nous entourent » - Discours au Conseil des ouvriers et soldats réuni au cirque Busch à Berlin.

-  14/11/1918

-  15/11/1918

-  18/11/1918

-  19/11/1918

  • Karl Liebknecht : « Klarheit über die Ziele schaffen » [deutsch] / « De la clarté sur les objectifs poursuivis » - Discours à une assemblée du conseil ouvrier de Berlin
  • Karl Liebknecht : « Der neue Burgfrieden » [deutsch] / « La nouvelle Union sacrée » - Article paru dans Die Rote Fahne n°4.

-  20/11/1918

-  21/11/1918

  • Rosa Luxemburg : Télégramme à Clara Zetkin (également 14 et 18/11)
  • Karl Liebknecht : « Das, was ist » [deutsch] / « Ce qu’il en est » - Article paru dans Die Rote Fahne n°6.

-  24/11/1918

  • Rosa Luxemburg : Lettre à Clara Zetkin
  • Rosa Luxemburg : « Ein gewagtes Spiel » [deutsch] / « Un jeu risqué » - Article paru dans Die Rote Fahne n°9.

-  25/11/1918

  • Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht, Franz Mehring, Clara Zetkin : « An die Proletarier aller Länder ! » [deutsch] / « Aux prolétaires de tous les pays » - Appel paru dans Die Rote Fahne n°10.

-  27/11/1918

  • Karl Liebknecht : « Klarheit über Weg und Ziel » [deutsch] / « De la clarté sur le chemin et le but » - Discours au 53e Comité de Marine.
  • Karl Liebknecht : « Die proletarische Jugend in der Revolution » [deutsch] / « La jeunesse prolétarienne dans la révolution » - Article paru dans Die Junge Garde n°1.
  • Rosa Luxemburg : « Der Acheron in Bewegung » [deutsch] / « L’Achéron en mouvement » - Article paru dans Die Rote Fahne n°12.

-  28/1//1918

  • Karl Liebknecht : « Leitsätze » [deutsch] / « Principes » - Essai non publié.

-  29/11/1918

-  12/1918

-  02/12/1918

  • Karl Liebknecht : « Rüstung der Revolution » [deutsch] / « L’armement de la Révolution » - Article paru dans Die Rote Fahne n°17.

-  03/12/1918

  • Rosa Luxemburg : « Die "unreife" Masse » [deutsch] / « Les masses "immatures" » - Article paru dans Die Rote Fahne n°18.

-  04/12/1918

  • Rosa Luxemburg : « Die Sozialisierung der Gesellschaft » [deutsch] / « La socialisation de la société » - Article paru dans Die junge Garde n°2.

-  11/12/1918

  • Rosa Luxemburg : « Um den Vollzugsrat » [deutsch] / « Pour le Conseil exécutif » - Article paru dans Die Rote Fahne n°26.

-  13/12/1918

  • Karl Liebknecht : « An den Gründungsparteitag der Kommunistischen Arbeiterpartei Polens » [deutsch] / « Au Congrès de fondation du Parti communiste ouvrier de Pologne » - Message de salutation.

-  14/12/1918

  • Rosa Luxemburg : « Was will der Spartakusbund ? » [deutsch] / « Que veut la Ligue Spartacus ? » - Article paru dans Die Rote Fahne n°29.

-  15/12/1918

  • Karl Liebknecht : « Der Konterrevolution entgegentreten ! » [deutsch] / « Affronter la contre-révolution » - Discours à la conférence générale de l’USPD du Grand-Berlin, publié par Die Freiheit n°57 (16/12/1918).
  • Rosa Luxemburg : « Korreferat zur Politik der USPD » [deutsch] / « Compte-rendu du second rapporteur sur la politique de l’USPD » - Intervention à la conférence générale de l’USPD du Grand-Berlin, publié par Die Freiheit n°57 (16/12/1918).
  • Rosa Luxemburg : « Schlußrede » [deutsch] / « Discours de clôture » - Intervention à la conférence générale de l’USPD du Grand-Berlin, publié par Die Freiheit n°59 (17/12/1918).
  • Rosa Luxemburg : « Auf die Schanzen » [deutsch] / « Sur les positions de repli » - Article paru dans Die Rote Fahne n°29.

-  16/12/1918

  • Karl Liebknecht : « Zum Reichsrätekongreß » [deutsch] / « Sur le Congrès des Conseils » - Discours pendant une manifestation de masse devant la Chambre des députés de Prusse publié dans Die Rote Fahne n°32 (17/12/1918).

-  17/12/1918

-  20/12/1918

  • Rosa Luxemburg : Lettre à Lénine
  • Rosa Luxemburg : « Eberts Mamelucken » [deutsch] / « Les mamelouks d’Ebert » - Article paru dans Die Rote Fahne n°35.

-  21/12/1918

  • Karl Liebknecht : « Die Toten mahen » [deutsch] / « Se rappeler des morts » - Discours tenus lors de l’inhumation des manifestants assassinés. Publiés dans dans Die Rote Fahne n°37 (22/12/1918).
  • Rosa Luxemburg : « Deutscher "Bolschewismus" » [deutsch] / « Le "Bolchevisme" allemand » - Article paru dans Hamburger Volkszeitung n°39 (supplément).
  • Rosa Luxemburg : « Ein Pyrrhussieg » [deutsch] / « Une victoire à la Pyrrhus » - Article paru dans Die Rote Fahne n°36.

-  23/12/1918

  • Karl Liebknecht : « Was will der Spartakusbund ? » [deutsch] / « Que veut la Ligue Spartacus ? » - Discours à une Assemblée rue Hasenheide (Berlin).
  • Rosa Luxemburg : « Die Wahlen zur Nationalversammlung » [deutsch] / « Les Élections à l’Assemblée nationale » - Article paru dans Die Rote Fahne n°38.

-  24/12/1918

  • Wilhelm Pieck : Lettre au Comité directeur de l’USPD / An den Parteivorstand der USPD [deutsch]

-  25/12/1918

-  29/12/1918

  • Rosa Luxemburg : « Die Reichskonferenz des Spartakusbundes » [deutsch] / « La Conférence nationale de la Ligue Spartacus » - Article paru dans Die Rote Fahne n°43.

-  30/12/1918

  • Karl Liebknecht : « Die Krisis in der USP » [deutsch] / « La crise au sein de l’USPD » - Discours sur le premier point à l’ordre du jour du Congrès de fondation du KPD.
  • Karl Liebknecht : « Rußland ist die Geburtsstätte der deutschen Revolution » [deutsch] / « La Russie est le lieu de naissance de la révolution allemande » - Intervention dans la discussion au Congrès de fondation du KPD.
  • Karl Liebknecht : « Für die Beteiligung an den Wahlen zur Nationalversammlung » [deutsch] / « Pour la participation aux élections à l’Assemblée nationale » - Intervention dans la discussion au Congrès de fondation du KPD.

-  31/12/1918

  • Karl Liebknecht : « Zum Programmentwurf ; Solidarität mit dem revolutionären Rußland » [deutsch] / « Le projet de programme ; Solidarité avec la Russie révolutionnaire » - Intervention dans la discussion au Congrès de fondation du KPD.
  • Karl Liebknecht : « Zur Geschäftsordnung » [deutsch] / « Point d’ordre » - Intervention dans la discussion au Congrès de fondation du KPD.

-  31/12/1918 - 01/01/1919

  • Karl Liebknecht : « Über die Verhandlungen mit dem revolutionären Obleuten » [deutsch] / « Sur les pourparlers avec les Délégués révolutionnaires » - Discours et résolution au Congrès de fondation du KPD.
  • Rosa Luxemburg : I. « Rede für die Beteiligung der KPD an den Wahlen zur Nationalversammlung » - II. « Rede gegen eine wirtschaftlich-politische Einheitsorganisation der Arbeiterbewegung » - III. « Unser Programm und die politische Situation » - IV. « Protestresolution gegen das Vorgehen der deutschen Regierung im Osten » [deutsch] / I. « Discours sur la participation du KPD aux élections à l’Assemblée nationale » - II. « Discours contre une organisation unitaire économico-politique » - III. « Notre programme et la situation politique » - IV. « Résolution de protestation contre la conduite du Gouvernement allemand à l’Est » - Interventions au Congrès de fondation du KPD.

-  01/01/1919

  • Wilhelm Pieck : « Verhandlungen mit den revolutionären Obleuten » [deutsch] / « Pourparlers avec les Délégués Révolutionnaires » - Interventions dans la discussion au Congrès de fondation du KPD.

-  02/01/1919

  • Karl Liebknecht : « An den Gründungsparteitag der Kommunistischen Partei Ungarns » [deutsch] / « Au Congrès de fondation du Parti communiste de Hongrie » - Message de salutation.

-  03/01/1919

  • Anonyme / Rosa Luxemburg ? : « Die erste Parteitag » [deutsch] / « Le premier Congrès du Parti » - Article paru dans Die Rote Fahne n°3.

-  04/01/1919

-  06/01/1919

  • Karl Liebknecht : « Kameraden ! Arbeiter ! » [deutsch] / « Camarades ! Travailleurs ! » - Communication du Comité d’action révolutionnaire.
  • Karl Liebknecht : « Wir sind der tatbereite Teil » [deutsch] / « Nous sommes au pied du mur » - Discours pendant une manifestation de masse d’ouvriers berlinois dans la Siegesallee.

-  07/01/1919

  • Rosa Luxemburg : « Was machen die Führer ? » [deutsch] / « Que font les chefs ? » - Article paru dans Die Rote Fahne n°7.

-  08/01/1919

  • Rosa Luxemburg : « Versäumte Pflichten » [deutsch] / « Devoirs manqués » - Article paru dans Die Rote Fahne n°8.

-  10/01/1919

  • Wilhelm Pieck : « An die revolutionären Obleuten und Vertrauensmänner der Großbetriebe Groß-Berlins und an den revolutionären Aktionsausschuß Berlins » [deutsch] / « Aux Délégués Révolutionnaires et Hommes de confiance des grandes entreprises du Grand Berlin et au Comité d’Action révolutionnaire de Berlin » - Lettre publiée dans Die Rote Fahne n°13 du 13/10/1919.

-  11/01/1919

-  13/01/1919

  • Rosa Luxemburg : « Kartenhäuser » [deutsch] / « Châteaux de cartes » - Article paru dans Die Rote Fahne n°13.

-  14/01/1919

-  15/01/1919

-  19/01/1919


Sources :

— LIEBKNECHT Karl, Gesammelte Reden und Schriften, Band IX, Berlin, Dietz Verlag, 1982 ;

— LUXEMBURG Rosa, Gesammelte Werke, Band IV, Berlin, Dietz Verlag, 1990 ;

— PIECK Wilhelm, Gesammelte Reden und Schriften, Band I, Berlin, Dietz Verlag, 195

 

 

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12 janvier 2019 6 12 /01 /janvier /2019 21:00
Insurrection spartakiste, Berlin janvier 1919 - très bel article sur le site de René Merle

Légende : " C’est à Lichtenberg, un faubourg de Berlin où la guerre civile se manifesta particulièrement sanglante, que notre envoyé spécial a pu prendre cet impressionnant instantané. Six spartakistes tombés aux mains des soldats de l’armée gouvernementale ont été fusillés par ceux-ci à l’endroit même où on les voit ici."

http://renemerle.canalblog.com/archives/2018/10/30/36827235.html

 

Cet article montre la couverture par le journal l'Excelsior de la révolution spartakiste.

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6 janvier 2019 7 06 /01 /janvier /2019 00:24
Un siècle, un jour pour Rosa Luxemburg à Saint-Etienne samedi 19 janvier 2019
Il y a quelques années à Saint-Etienne, une quinzaine Rosa Luxemburg a surgi de la volonté, de l'enthousiasme, de la sensibilité de Sabrina Lorre transmis et repris par des dizaines d'artistes et militants. Rosa Luxemburg se déclina alors en  expositions, musique, poèmes, théâtre, conférences, moment inoubliable et pour moi inoublié.
 
Alors que s'approche le centenaire de son assassinat, qui fut aussi celui de toute une révolution, alors qu'aujourd'hui surgit de nouveau la révolte, Saint-Etienne, de nouveau, vibrera et réfléchira tout au long d'une journée, si joliment nommée :

 

Un siècle, un jour pour Rosa Luxemburg.

 

Un siècle, un jour pour Rosa Luxemburg à Saint-Etienne samedi 19 janvier 2019
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5 janvier 2019 6 05 /01 /janvier /2019 21:05
Révolution allemande. Rosa Luxemburg, novembre 1918 . La correspondance de Rosa Luxemburg est un précieux témoignage sur son entrée en révolution.

 

La correspondance de Rosa Luxemburg est un précieux témoignage sur sa sortie de prison et son entrée en révolution. On trouve ces courriers dans le tome 5 des Gesammelte Briefe, publié chez Dietz Verlag.

 

Septembre  1918 :

 

Les échanges avec sa fidèle visiteuse Mathilde Jacob restent dans la lignée de ceux des derniers mois, un mélange de sensations exprimées, d'échanges botaniques, d'attention envers sa visiteuse, de remarques codées.

 

Puis en octobre les premiers signes d'impatience dans sa lettre du 10.


"Ma chère Mathilde, veuillez m'excuser de répondre seulement aujourd'hui à votre si gentille carte. La tension qui règne en ce moment , l'espoir de pouvoir bientôt sortir m'empêchent presque d'écrire des lettres. ... Je pense que je vais bientôt pouvoir rejoindre Medi dans sa solitude dans mon appartement de la Südende. ... Je me sens plus alerte pour travailler. J'espère que cela va durer un peu. ... Sonja n'écrit pas, mais je comprends tout à fait : elle attend certainement tellement la remise en liberté, qu'elle ne peut penser à rien d'autre.

 

Le 15 octobre, elle écrit à Sonja Liebknecht

 

Je vous ai écrit avant-hier. Jusqu’à présent, je n’ai pas de réponse à mon télégramme au chancelier du Reich [1], ça peut durer encore quelques jours. Mais en tout cas une chose est sûre : je suis dans une telle disposition d’esprit que recevoir la visite de mes amis sous surveillance est devenu pour moi impossible. J’ai tout supporté des années durant avec grande patience et, dans d’autres circonstances, je serais restée tout aussi patiente des années encore. Mais, maintenant que s’est produit un changement général de situation, dans ma psychologie aussi il y a eu une fêlure. Les entretiens sous surveillance, l’impossibilité de parler de ce qui m’intéresse vraiment me pèsent déjà tant que je préfère renoncer à quelque visite que ce soit, jusqu’à ce que nous puissions nous revoir en individus libres.

Cela ne peut plus durer longtemps, pas vrai ? Si Dittmann et Kurt Eisner [2] sont libérés, ils ne pourront me garder plus longtemps en prison et Karl lui aussi sera bientôt libre.Il vaut donc mieux attendre de nous revoir à Berlin.

D’ici là mille amitiés.

Toujours votre Rosa.

 

Dans sa lettre du 4 novembre à Mathilde Jacob, elle écrit :

 

Ma chère Mathilde,

 

Tout d’abord je pensais que j’allais sortir d’un instant à l’autre et n’avais du coup absolument pas la patience d’écrire des lettres. Voilà pourquoi je vous ai laissée si longtemps sans nouvelles. A présent, je vois que l’affaire traîne fort en longueur et je m’empresse de reprendre contact avec vous - au moins épistolairement.

 

Votre dernière lettre et votre petit envoi m’ont procuré une joie incroyable. Les petits pois sont arrivés tout à fait à propos. Mes pigeons sont en train de muer et ont besoin d’une nourriture plus riche que celle que je peux leur offrir d’ordinaire. lis m’assiègent actuellement tous les quatre dans ma cellule, se posent devant moi sur mon bureau, sur le dossier de ma chaise et sur mon assiette quand je m’apprête à manger. Je ne peux pas imaginer ce qu’ils vont dire quand je disparaîtrai tout à coup, un beau jour, sans laisser de traces. Maligne et pratique comme je suis, j’ai commencé par mettre de côté le chocolat, y compris celui que vous m’aviez envoyé la dernière fois, pour quand je vivrai à Südende, en jurant de ne pas y toucher. Mais, comme les perspectives ont changé, mon caractère a flanché et j’ai quand même « touché » au chocolat.

 

Je vous en prie : ne vous éreintez pas à faire le ménage chez moi. Vous voyez, ça ne presse pas. Malgré tout, j’aimerais bien expédier petit à petit les lourdes caisses de livres, mais il n’y a personne chez moi pour en assurer la réception (je ne désire pas tenter de renouer avec Mme Sachtler). Sans doute la pauvre Medi [1] se consume-t-elle d’impatience à Vienne. Je lui envoie aujourd’hui même quelques lignes sans savoir si le courrier pour Vienne est acheminé.

 

Mme Schlisch [2] m’a fait présent la semaine dernière de trois splendides gros chrysanthèmes jaunes et aujourd’hui de violettes et de muguet qui embaument ! Elle est d’une prodigalité incorrigible.

 

Comment va votre chère mère ? J’écris par le même courrier une carte à Mlle Gretchen. Donnez-moi bientôt de vos nouvelles ! Je vous embrasse mille fois.

 

Votre R.

Excusez l’enveloppe toute cabossée : j’utilise les derniers restes.

 

Un billet du 8 novembre 1918 au soir, à Paul Löbe, la montre sortant de prison et en route déjà vers la révolution. Libérée si tardivement, elle ne sera pas aux côtés de Liebknecht et de ses camarades pour la proclamation de la république socialiste.

 

 

Je suis dans le bureau des ouvriers des transports [2], Rossplatz 23. Vous pouvez venir me voir à n’importe quelle heure [3], cette nuit ou demain matin avant la réunion [4]. Il est absolument indispensable que nous nous mettions d’accord avant la manifestation.

R.


Source :

— LUXEMBURG Rosa, J’étais, je suis, je serai ! Correspondance 1914-1919, Textes réunis, traduits et annotés sous la direction de Georges Haupt par Gilbert Badia, Irène Petit, Claudie Weill, Paris, Éditions François Maspero, Bibliothèque Socialiste n°34, Paris, 1977, p. 358 ;

[1] Le billet est non daté. La date est établie d’après le contenu.

[2] Un certain nombre de termes sont écrits en abrégé : ouvriers, réunion, manifestation

[3] RL vient tout juste de quitter la prison de Breslau.

[4] RL veut discuter avec Paul Löbe du déroulement de la manifestation prévue à Breslau pour le lendemain matin, 9 novembre. Elle téléphona le 9 au matin de chez Schlisch à Mathilde Jacob pour la prévenir de sa libération.

 


Les lettres ont été rassemblées par le site de Smolny, elles couvrent la période de la révolution. Les premières, Rosa Luxemburg est encore emprisonnées. Elle sera l'une des dernières libérées et vont jusqu'au cœur de la révolution en janvier 1919. Le site Smolny est l'un des plus anciens sites et des plus sérieux, voici le lien pour cet article :

 

http://www.collectif-smolny.org/article.php3?id_article=858

 

Et les liens vers chacune des lettres :

 

 

·  1918-10-18 : Rosa Luxemburg à Sophie Liebknecht

 

·  1918-11-04 : Rosa Luxemburg à Mathilde Jacob

 

·  1918-11-08 : Rosa Luxemburg à Paul Löbe

 

·  1918-11-14 : Rosa Luxemburg à Clara Zetkin

 

·  1918-11-18 : Rosa Luxemburg à Adolf et Marie Geck

 

·  1918-11-18 : Rosa Luxemburg à Clara Zetkin

 

·  1918-11-18 : Rosa Luxemburg à Franz et Eva Mehring

 

·  1918-11-24 : Rosa Luxemburg à Clara Zetkin

 

·  1918-11-29 : Rosa Luxemburg à Clara Zetkin

 

·  1918-12-20 : Rosa Luxemburg à Lénine

 

·  1918-12-25 : Rosa Luxemburg à Clara Zetkin

 

·  1918-12-xx : Rosa Luxemburg à Adolf Warski

 

·  1919-01-04 : Rosa Luxemburg à Marta Rosenbaum

 

·  1919-01-11 : Rosa Luxemburg à Clara Zetkin

 

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31 décembre 2018 1 31 /12 /décembre /2018 21:48

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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009