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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.
 
Voir aussi : http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr/
 
14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 10:15

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On parle beaucoup en ce moment de Rosa Luxemburg. Lettres de prison, spectacle à partir de sa vie, citations reprises dans tous les contextes possibles.


Comprendre avec Rosa Luxemburg, c'est cependant vouloir aller plus loin: s'appuyer sur une lecture parallèle des textes, de la correspondance et des actions, pour mieux saisir sa logique politique et ce que nous pouvons en apprendre  pour nos pratiques aujourd'hui. C'est surtout revenir à une compréhension plus directe et plus précise.


Ainsi le Le tome V de l'édition allemande de la correspondance chez Dietz Verlag qui va de la mobilisation générale en Allemagne à la révolution spartakiste est-il d'une grande importance. Il nous apporte en effet de précieux renseignements, presque au quotidien, sur l'action de Rosa Luxemburg dès la déclaration de guerre, sur ceux avec lesquels elle a sans discontinuer tenté d'organiser en pleine guerre, et souvent de prison, la lutte contre la guerre et ce jusqu'à sa libération et son engagement dans la révolution.


Ce tome s'ouvre sur deux phrases adressées le 1er août à Kostia Zetkin  Le 1er août est le jour de la mobilisation générale en Allemagne:


"...  Je suis profondément ébranlée. Je viens de rentrer. Lettre suit ."


Et se termine par une très longue lettre datée du 11 janvier à Klara ... en plein soulèvement spartakiste.

 

Nous préparons une page sur le blog sur cette période.Et sommes intéressés à des contributions.

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 10:07

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Prison de la Barnimstrasse,

Le 18 septembre 1915


... J'ai trouvé touchant que tu lises mon livre avec intérêt - et j'en ai éprouvé de la fierté! Mais ta mise en garde m'a fait rire: interdiction d'en débattre avec toi. Crois-tu donc que j'aie le moins du monde mon livre présent à l'esprit? Naguère, quand je l'ai écrit, cela a étécomme une ivresse de la première à la dernière ligne, je te le jure, ce que j'ai donné à l'impression, sans le relire, ce fut mon premier jet, tant j'avais été prise par la sujet. Exactement comme la peinture, il y a six ans; alors du matin au soir, je ne faisais que rêver de peinture. Mais quand le livre a été terminé, cela a été réglé: il ne m'était plus du tout présent à l'esprit. Je viens tout juste de relirela partie que tu m'indiques pour voirce qui a pu te plaire; le texte m'a semblé n'être pas de moi. Cette impression vient justement du fait que le livre a été pour moi un si grand événement.


Il y a deux ans - cela tu l'ignores totalement, - j'ai enfourchéun autre dada: à Südende, j'ai été prise de passion pour les plantes, je me suis mise à cueillir, à mettre sous presse, à herboriser.


...Tu vois, il faut toujours que j'aie un sujet qui m'absorbe de la tête au pied ...

 

 

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 08:55

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Après les spectacles d'Anouck Grinberg et Calire Diterzi, une autreactualité de Rosa Luxemburg

 

Image

AVANT PREMIERE

De Valérie Gaudissart
Avec Mathilde Besse, Benoît Giros, Sylvia Etcheto, Marie Cariès, Friedhelm Ptok,…
France 2010 couleurs 1h37
« Alors, aujourd’hui 24 mai, ça fait 1000 jours que Mamie est morte 1 quinquennat que Papa ne vote plus communiste 87 ans que Rosa Luxemburg a été assassinée et 2 jours que je chausse du 35 »

Violette sait qu’elle va partir et Violette, une nuit, partira. Hors de sa maison, elle marchera sur les pas de Rosa. Rosa, sa Rosa, Rosa Luxemburg, celle, dont du haut de ses 11 ans à peine, elle se sent l’héritière, la mémoire. Dans l’énergie de cette révolutionnaire, elle se reconnaît, et elle se sent portée, transportée par l’utopie et la force de ses lettres de prison, écrites en 1917

Dimanche 13 juin à 18h30 projection en avant première en présence de Valérie Gaudissart et de l'équipe du film et en partenariat avec la Commission du Film en Auvergne et du Conseil Régional Auvergne.

 


 


 

Le Rio existe grâce à Nick Kéchichian qui l'a fondé en 1960.

Le premier virage est amorcé en 1972 quand Nick transforme le Rio en salle Art et Essai. Rapidement, le Rio devient le lieu de rendez-vous des cinéphiles invétérés, les curieux de tout poil. Si vous discutez dans le hall avant la séance, vous entendrez forcément des anecdotes sur Nick Kéchichian, les films, la vie du cinéma…qui vous feront sourire. 

 

Malheureusement, au début des années 90, Nick, gravement malade, devra fermer le Rio.
Le CE Michelin décide alors de reprendre l'aventure : il rachète le cinéma et entreprend les travaux devenus indispensables. C'est ainsi qu'un beau soir de juin 95, le Rio ouvre de nouveau ses portes mais surtout son rideau sur "Jour de fête" de Jacques Tati. L'association "Les amis du Rio" regroupant des élus du CE et des représentants des institutions auvergnates est créée et embauche l'équipe nécessaire à la direction et au fonctionnement du cinéma.


En 2009, le CE quitte l'aventure qui se poursuit avec l'association Les Amis du Rio.

L'objectif est de proposer une programmation Art et Essai au grand public pour faire du Rio un véritable cinéma de quartier mais au-delà des "quartiers nord", pour tous les habitants de l'agglomération clermontoise. Ainsi, le Rio propose des films variés pour tous les publics : des films dits porteurs mais toujours de qualité se partagent l'affiche avec des pépites. Des films indépendants, des documentaires, des animations, des films venus d'ailleurs (Asie, Afrique, Amérique du sud) en Version Originale Sous-Titrée (VOSTF) constituent le quotidien du Rio.

Une attention particulière est donnée à la politique tarifaire : les tarifs les plus bas de Clermont sont pratiqués pour favoriser l'accès au plus grand nombre au 7ième Art.

Mais ce qui fait depuis 1995 l'une des spécificités du Rio, ce sont les rencontres. Des réalisateurs, des acteurs viennent 2 à 3 fois par mois présenter leurs films et discuter avec le public. Des échanges riches, enthousiastes, simples, conviviaux (parfois autour d'un verre et de gourmandises) s'instaurent alors. Ces rencontres s'inscrivent dans le cycle Quartiers Nord- Cinéma du Sud (soutenus par la Ville de Clermont-Ferrand et l'Etat) qui permettent à tous de découvrir à travers les différentes facettes du cinéma, les cultures, les communautés du monde.

Autour de ces soirées, le Rio cherche toujours à mettre en place des partenariats avec les associations de l'agglomération clermontoise, soit pour encourager un accès privilégié aux films pour les membres des associations concernées, soit pour permettre à un spécialiste du thème abordé par le film d'apporter une information complète au public.

Une autre spécificité du Rio est sa programmation Jeune Public présente tout l'année et pas seulement à Noël ou pour les "gros" films sur tous les écrans. Ainsi, chaque semaine, au moins un film est proposé aux plus jeunes (parfois des films accessibles dès 3 ans). Nombreux sont les Clermontois à avoir vu leur premier film de cinéma au Rio. Ces films sont aussi destinés aux structures scolaires ou aux centres de loisirs. Presque tous les jours des séances spécifiques pour ces groupes sont mises en place le matin ou en début d'après midi. (Pour toutes les précisions, aller à Jeune Public)

A noter également la participation du Rio au Festival International du Court-Métrage, au Festival du Film Documentaire Traces de Vies, au Festival Télérama…

La programmation du Rio, le travail en direction des publics ainsi que les animations ont permis au Rio d'être classé Art et Essai par le Centre National de la Cinématographie (CNC) avec les 3 labels existants Jeune Public, Patrimoine et Recherche et Découverte. Outre les soutiens financiers indispensables qui les accompagnent, ces classements et labels soulignent la qualité et l'exigence de la programmation que propose le Rio. Le Rio fut le premier cinéma en Auvergne à avoir eu le label Recherche et Découverte, le premier à avoir proposé régulièrement des animations, des rencontres, des films pour les plus jeunes. Le Rio s'est toujours attaché à défendre un cinéma de qualité, différent, un cinéma indépendant, un cinéma qui va vers les hommes, qui les fait se rapprocher et essayer de se comprendre. C'est peut-être pour cela que ce cinéma dit des quartiers Nord, le cinéma le plus petit de Clermont, est devenu, tranquillement, un cinéma qui a su toucher le public de l'ensemble de l'agglomération clermontoise.

Pour mémoire : en janvier 2007, le Rio est le 1er ciné clermontois à se doter d'un site. Le grand coach était Tom Gaborit, intervenant bénévolement. Merci à lui

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 10:48

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No 1 -Jogiches, Léon



naissance 29 (ou 30).7.1867 à Vilnius, décès 10.3.1919 à Berlin, isr. Fils de Samuel, riche négociant. Révolutionnaire condamné en Russie, J. émigre en 1890 à Genève, puis à Zurich où il étudie l'économie, collabore avec les socialistes russes du groupe "Libération du travail", fonde une maison d'édition et rencontre Rosa Luxemburg, sa compagne jusqu'à 1907, qui le met en contact avec le mouvement ouvrier polonais. Il finance le journal Sprawa Robotnicza ("la cause des travailleurs", 1893-1896), imprimé en Suisse et à Paris. En 1900, il s'installe à Berlin. Cofondateur du groupe Spartakus et, en 1918, du parti communiste allemand. Assassiné en prison.


Bibliographie
-R. Luxemburg; V. Fay, éd., Lettres à Léon Jogichès, 1, 1971

Auteur(e): Halina Florkowska-Franč

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 19:18

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 Ces extraits de lettres sont des annotations disséminées dans la correspondance. Ils s'ajoutent aux articles parus sur le blog et rassemblés dans l'un des dossiers du blog. (Voir page d'accueil). lIs donnent par exempe l'état d'esprit de Rosa Luxemburg dans sa lettre du 24 décembre, à K. Zetkin,  des indications pratiques sur le financement, la réalisation du journal ou sur l'orientation politique (la demande d'un article à F. Wesmeyer). Ils font allusion aussi aux poursuites engagées contre elle, Franz Mehring et Clara Zetkin. L'Internationale est un moment important dans la vie de Rosa Luxemburg: la tentative de donner une expression politique au courant contre la guerre, dans sa lutte contre l'Internationale qui a trahi et pour une nouvelle Internationale ...

 

P 28/29 Lettre à Kostia Zetkin - 24 décembre 1914 - Berlin-Südende

 

... Aujourd'hui, j'ai été au concert à l'Opéra, le concerto pour piano de Beethoven était magnifique.Alors que j'écoutais la musique, montait de nouveau en moi une haine contre tous ces gens, au milieu desquels  je suis obigée de vivre. Je sens qu'il faut écrire un livre  sur ce qui se passe maintenant, un livre que personne, ni homme, ni femme, ni  les plus anciens n'a jamais lu,  un livre qui tape sur ce troupeau à bras raccourcis. Je suis comme toujours dans la vie en parfaite contradiction avec ce que je fais. J'ai de nouveau l'intention de fonder le journal , je tiens cinq réunions électorales dans la semaine et je travaille à développer la nouvelle .organisation alors que, au fond de moi je n'aspire qu'au calme et à m'éloigner de toute cette agitation..Je n'aurais besoin d'autre chose que d'être seule avec Mimi, et de pouvoir me promener et lire quand j'en ai envie et de travailler tranquillement.

 

P 32 Lettre à Martha Rosenbaum - 5 janvier 1915 - Berlin-Südende

 

... Nous pouvons les prendre [les fonds pour prendre un abonnement à un journal syndical propageant le social-chauvinisme à faire circuler au sein du groupe] sur le compte du journal ...

 

P 35  Lettre à Friedrich Westmeyer - 2 février 1915 - Berlin-Südende

 

Pour un journal, édité le camarade Franz Mehring et moi-même, et dont le premier numéro doit paraître à la mi-février 1915, je vous demande une contribution. Il faudrait que vous  écriviez pour nous sur les "remarquables" actions de soutien 1.aux familles de soldats 2 aux chômeurs 3. aux L'article ne doit pas dépasser  quatre à cinq pages de la Neue Zeit, et doit comporter tout d'abord un court résumé des faits, mais ensuite et c'est le principal, une critique fondamentale et forte de ces mesures et de leur caractère insuffisant. Je sais que vous avez mené un combat contre les mesures d'aide aux chômeurs (NB Vous pouvez montrer sans vous gêner l'attitude des syndicats). Je ne sais pas si vous connaissez aussi bien les autres aspects de l'aide, mais je suppose que vous saurez vous orienter rapidement...

 

P 42 Lettre à Kostia Zetkin - 1915 - Berlin-Südende

   

... Nous voulons donc agir avec le journal, des écrits, en tant qu'individus , certainement, mais cela aussi aura une influence

 

P 45 Lettre à Alexander Winckler - Berlin-Südende


Cher camarade Winckler,

Au nom de K[arl Liebknecht] et de moi-même, je vous remercie de tout coeur pour le soutien efficace que vous avez apporté à notre entreprise. Les préparatifs se poursuivent. Hier, l'imprimeur de Leipzig, où nous allons faire  le journal, était là et nous avons vu les aspects pratiques. Le numéro 1 sortira début mars. Les contributions sont en cours de rédaction. J'espère que nous allons réussir. Ici à Berlin, et dans d'autres villes avec lesquelles nous sommes en relation,  il y a un véritable besoin d'entendre une pensée social-démocrate au sens ancien du terme. La plus grande partie des camarades n'a pas changé de conviction mais seulement désappris à faire confiance à ses dirigeants, ceux-ci ayant si lamentablement manqué à leurs devoirs.... Naturellement, nous vous adresserons le premier numéro du journal quand il sera fini... 

 

P 75 Lettre à Luise Kautsky - 18 septembre 1915 - Berlin

 

Je me fais du soucis pour l'affaire contre Clara [Clara Zetkin avait été emprisonnée pour son rôle lors de la Conférence internationale des femmes, sous ll'accusation de trahison. Elle ne sera libérée que fin octobre 1915]  .Moi aussi, j'ai de nouveau une affaire sur le dos (à cause de l'Internationale) qui va peut être empêcher que je puisse mettre le nez dehors en février. Mais laissons les choses venir comme dit l'oncle Paul ...


P 135Lettre à Mathilde Jacob - Le 16 septembre 1916


[Cette lettre est consacrée à l'audience prévue le 4 octobre dans le cadre du procès intentée pour la publication de l'Internationale contre Rosa Luxemburg, Franz Mehring et Clara Zetkin. Cette dernière étant gravement malade, Rosa Luxemburg ne veut pas qu'il y ait dissociation de la procédure et s'emporte contre le cabinet d'avocat Weinberg ...]

 

Les pages renvoient à l'édition allemande Dietz Verlag, Tome V.


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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 11:22

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A lire sur le site http://erwandekeramoal.canalblog.com/tag/Rosa Luxemburg, en date du 27 mai 2010.Une intéressante biographie de Babeuf.

 

 


Amis Républicains, bonjour.


Nous sommes le Jeudi 27 mai c'est à dire le 8ème jour de Prairial habituellement consacré au Martagon. Plus communément appelée Lys Martagon, cette plante de la famille des Liliacées, qui produit de magnifiques fleurs, est aujourd'hui espèce protégée dans beaucoup de régions. On n'en trouve que rarement en Bretagne sauf peut-être à Bréhat ou sûr l'ile de Batz...A vérifier.


..........................................................

L'homme du jour est: François Noël Babeuf, connu sous le nom de Gracchus Babeuf, né le 23 novembre 1760 à Saint-Quentin et mort à Vendôme le 27 mai 1797 (8 prairial an V), est un révolutionnaire français. Il forma la « conjuration des Égaux » contre le Directoire et fut exécuté.


À partir du 3 septembre 1794, Babeuf publie le Journal de la Liberté de la presse, qui devient le 14 vendémiaire an III, Le Tribun du peuple. Ce journal, où il combat avec la dernière violence la réaction thermidorienne, acquiert une forte audience. Il adhère, à la même période, au Club électoral, club de discussion des sans-culottes. Le 3 novembre, il demande que les femmes soient admises dans les clubs. Arrêté et emprisonné à de multiple reprises, Il se bat contre les impôts indirects, organise pétitions et réunions. En conséquence, il est à nouveau arrêté le 19 mai 1790 et emprisonné. Il est libéré en juillet, grâce à la pression du révolutionnaire Jean-Paul Marat. À la même époque, il rompt avec le catholicisme (il écrit en 1793 : « Le christianisme et la liberté sont incompatibles »).

Abandonnant le prénom Camille, qu’il avait adopté en 1792, il se fait alors appeler Gracchus, en hommage aux Gracques, initiateurs d’une réforme agraire dans la Rome antique.(Aujourd'hui encore il existe un groupe de réflexion à Gauche -social,libéral- qui porte ce nom et est constitué en partie d'anciens haut fonctionnaires ...) Babeuf défend la nécessité d’une « insurrection pacifique ».

Cette impossibilité d’agir légalement aboutit à la création de la « Conjuration des égaux ». Le réseau des « Égaux » recouvre tous les arrondissements de Paris et de nombreuses villes de province. À sa tête, un « Directoire secret de salut public », dirigé par Babeuf, coordonne la lutte.

Le but est de continuer la révolution, et d’aboutir à la collectivisation des terres et des moyens de production, pour obtenir « la parfaite égalité » et « le bonheur commun ».

Grâce aux informations d’un indicateur, la police arrête Babeuf, Buonarroti, Darthé et les principaux meneurs des Égaux le 10 mai 1796 (19 floréal an IV). Une tentative populaire de les libérer échoue le 29 juin . Pour éviter que le peuple ne les libère, les Égaux sont transférés à Vendôme.

Une haute cour est constituée, et le procès s’ouvre le 20 février 1797 en présence de deux ministres. Babeuf, à qui on reproche l’initiative du complot, et Darthé sont condamnés à mort En entendant sa condamnation à mort, Babeuf se frappa, dans le prétoire même, de plusieurs coups de stylet et fut porté mourant le lendemain à l'échafaud. Darthé, qui avait également tenté de se suicider, est guillotiné avec lui le 8 prairial an V. Buonarroti, Germain et cinq autres accusés sont condamnés à la déportation.

Cinquante-six autres accusés,dont Jean-Baptiste-André Amar, sont acquittés. Ses enfants furent adoptés par Lepeletier et Turreau.


Certains parlent d’un courant politique qui serait propre à Babeuf, le babouvisme dont se rapprocherait Auguste Blanqui, revendiquant l’égalitarisme et esquissant un présocialisme utopique. Friedrich Engels et Karl Marx ont reconnu en lui un précurseur, et en la Conjuration des Égaux « le premier parti communiste ». Babeuf est souvent considéré comme le premier véritable militant communiste. Selon Rosa Luxemburg, Babeuf est « le premier précurseur des soulèvements révolutionnaires du prolétariat ».


Et bien voila, c'était le petit rappel historique du jeudi. Ce sont ces hommes et ces femmes qui ont fait notre histoire. Qui ont fait ce que nous sommes aujourd'hui, deux siècles plus tard, à nous interroger sur l'age de départ à la retraite, l'interdiction où pas de la burqa et, si le Care va faire un Buzz...Allez, merci d'être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 19:06

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Dans le numéro de Commune de mai 2OOO, un artilce de Georges Labica revient sur ce qu'il nomme de manière si pertinente  le dialogue marxiste entre Lénine et Rosa Luxemburg. Il revient bien entendu sur les éléments essentiels:  l'Accumulation du capital et  l'impérialisme, la question nationale et les questions de stratégie. Mais ce qui l'intéresse, c'est bien ce qui rapproche ces militants marxistes, révolutionnaires et les leçons que l'on peut retirer aujourd'hui de leurs réflexions croisées et totalement confrontées à la pratique et à l'histoire qui s'écrit avec eux et par eux..


 "Alors des leçons", demande-t-il? "La première tient assurément à l'exemplarité du dialogue entre marxistes qui s'instaure durant quelques 20 années entre Lénine et R.L.."

 

Le passage suivant est d'ailleurs bien une sorte d'hommage à R.L. ...


"... Lénine ne qualifiait-il pas La brochure de Junius "d'excellent ouvrage marxiste", dont les erreurs étaient peut-être "fortuites"? Ne louera-t-il pas le groupe spartakiste "véritablement prolétaire, véritablement internationaliste, véritablement révolutionnaire", "avec ses chefs illustres, connus du monde entier, ces fidèles partisans de la classe ouvrière, que sont Liebknecht, R.L., Clara Zetkin, Franz Mehring."


Où donc est la faille? Il n'y a pas de faille. Par sa connaissance rigoureuse de l'oeuvre de Marx, par son engagement aux côtés des bolcheviks, par son soutien à la révolution russe, en dépit de ses limites, par sa lutte  de la première heure, contre l'opportunisme de Kautsky, par sa conscience aiguë des contradictions de l'impérialisme et du droit des nations à disposer d'elles-mêmes, par la fidélité aux principes révolutionnaires qui a marqué toute son existence, enfin par son courage dans la situation d'isolement où elle s'est souvent trouvée, R.L., au pire, a parfois manqué de conséquence ou a été insuffisamment attentive aux situations concrètes, mais sans jamais cesser de représenter le "prolétariat révolutionnaire", autrement dit de suivre le même chemin que Lénine. Le reste est secondaire.

 

La Commune, mai 2000



Le Temps des Cerises - 01 49 42 99 11 - contact@letempsdescerises.net - 6 av Edouard Vaillant 93500 Pantin


La revue Commune

Une revue culturelle progressiste
Chaque numéro est consacré pour moitié, à un dossier regroupant sur un sujet chaud (souvent à la rencontre du mouvement social et du mouvement des idées) des contributions d'écrivains, de philosophes, d'historiens, militants, journalistes, poètes, graphistes, photographes, d'opinions différentes restituant au sujet abordé tout son relief.
La revue Commune au Temps des Cerises

La seconde moitié de la revue comprend des rubriques régulières :
- l'éphéméride montre divers regards sur l'actualité du trimestre
- un décryptage s'amuse à regarder derrière les signes le sens véritable
- les idées molles est le nouveau dictionnaire des idées reçues
- la porte ouverte propose une rencontre avec différentes disciplines
- un carnet de bord porte sur l'air du temps
- un feuilleton littéraire est écrit à plusieurs mains
- des feuilles détachées proposent nouvelles, récits et poésie
- notre bibliothèque offre un redécouverte d'un auteur occulté
- et aussi la lettre de l'étranger et le coin de l'épigramme.

Format : 19,5x20cm - 112 pages - iconographie en noir et blanc


 

 

Aujourd’hui, Rosa Luxemburg - Commune n°18
 Collectif de la Revue Commune
 
[...]
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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 21:55

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"Mais c'est la première fois que le socialisme se trouve du côté du pouvoir contre le prolétariat".

 

En mai 2OOO,la revue La Commune consacrait son numéro à Rosa Luxemburg. Le premier artilce est un  document: un article de Romain Rolland publié en février 1919 après l'assassinat de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht. Il s'ouvre sur la mise en garde face à la résurrection des forces du militarisme, de la monarchie et sur la description d'une foule nationaliste à l'oeuvre (on y décèle déjà les forces qui permettront l'émergence d'Hitler) et se termine par ces mots:


... Et dans combien d'esprits devaient retentir les dernières paroles du chef, le dernier article écrit par Liebknecht  dans   la Rote Fahne la veille de sa mort, "Malgré tout" de Spartacus expirant.


Malgré tout.


Spartacus écrasé! Ouis, ils ont été écrasés. les ouvriers révolutionnaires. Oui, cent de leurs meilleurs ont été massacrés. Cent de leurs plus fidèles ont été jetés en prison. Oui, ils ont été écrasés. C'était une nécessité historique qu'ils fussent écrasés. Les temps n'étaient pas mûrs encore ... Mais il y a des défaites qui sont des victoires; et il y a des victoires qui sont plus funestes encore que des défaites. Les vaincus de la semaine sanglante de janvier ont lutté pour des choses grandes, pour le plus noble but de l'Humanité souffrante, pour la rédemption morale et matérielle; ils ont versé pour des choses saintes leur sang qui est devenu saint. Et de chaque goutte de sang surgiront les vengeurs...Le chemin de croix de la classe ouvrière allemande n'est pas encore fini. Mais le jour de la rédemption approche. Le jour du jugement universel pour Ebert, Scheidemann, Noske, et pour les potentats capitalistes qui se cachent derrière eux. Si nous ne vivons plus quand le but sera atteint, notre programme vivra. Il dominera le monde de l'humanité rachetée. Malgré tout.


Plus d'une fois ce malgré tout retentira comme un cri de ralliement, dans les batailles sociales de l'avenir. Les répressions sanglantes ne l'étoufferont jamais. Mais c'est la première fois que le socialisme se trouve du côté du pouvoir contre le prolétariat. Situation bien grave qui en accentuant l'isolement du prolétariat, risque de donner à ses luttes un caractère d'apreté désespérée dont le monde souffrira. Ces frères ennemis ne le comprendront-ils pas? Les passions personnelles n'abdiqueront-elles pas devant l'intérêt commun? Le récit que je viens de faire de ce "janvier rouge" à Berlin, montre qu'en tout cas, le peuple ouvrier voit plus clair que ses chefs et voudrait l'union de tous les travailleurs. Ce n'est pas d'aujourd'hui que nous savons qu'il y a plus de bon sens dans le peuple qui travaille que dans la bourgeoisie qui est sortie de lui et se hâte de le renier. Ces cinq années de guerre ont mis en pleine lumière sa supériorité de raison saine et humaine sur ses chefs empoisonnés d'orgueil et d'idéologie.


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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 22:19

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"Le 3 août 1914, je marchai  dans la nuit avec Rosa Luxemburg du bâtiment du journal Vorwärts, Lindenstrasse,  vers Sudende. Nous nous sentions très mal. La guere était là et le prolétariat ne bougeait pas." Pour nos vsiiteurs qui lisent l'allemand, ce texte d'Eberlein, un proche de Rosa Luxemburg, témoigne de ses réactions en ces premiers jours de guerre et de trahison des partis de l'Internationale.

 

eberlein-hugo

 


Bericht von Eberlein über die Tage des Kriegsausbruchs 1914

raumgegenzement.blogsport.de

voir aussi  www.rosalux.de

 

 

 Am 3. August 1914 ging ich nachts mit Rosa Luxemburg vom „Vorwärts“-Gebaude in der Lindenstrase nach Sudende. Unsere Stimmung war sehr gedruckt. Der Krieg war da, das Proletariat rührte sich nicht.


Wir kamen aus der Vorstandssitzung des sozialdemokratischen Wahlvereins für Teltow-Beeskow-Storkow-Charlottenburg. Auf der Tagesordnung der Sitzung stand: Instruktion für die Parteigenossen über das Verhalten der Partei zum Krieg. Vom Vorsitzenden horten wir nur leere Redensarten. Zubeil, der Reichstagsabgeordnete unseres Kreises, sollte uns Aufklarung geben über das Verhalten der Fraktion zur Bewilligung der Kriegskredite. Die Frage stand am anderen Tag auf der Tagesordnung des Reichstags. Zubeil versteckte sich hinter einem Schweigegebot der Fraktion. Er benahm sich aber so jämmerlich hilflos, das Rosa auf dem Heimweg erklärte: „Wir haben das Schlimmste zu befurchten.“ Und doch wollte an eine Bewilligung der Kriegskredite durch die sozialdemokratische Fraktion niemand von uns denken.


Zwölf Stunden später hatte die S.P.D. die Kriegskredite bewilligt! Ich eilte vom Betrieb zur Genossin Rosa. Sie lag auf dem Diwan und weinte. „Ich werde mir eine Kugel durch den Kopf schießen, das wird der beste Protest gegen den Verrat der Partei sein und wird die Arbeitermassen vielleicht doch noch zur Besinnung bringen.“


Ich riet ihr natürlich von diesem Schritt ab. Wir sprachen dann über unsere Stellung zur Frage, ob wir austreten sollten aus der Partei oder öffentlich gegen den Beschluss der Partei protestieren usw., kamen aber doch zu keinem Resultat. Immer kam sie auf ihre Selbstmordgedanken zurück.


Noch am Abend ging ich zu Franz Mehring, der vor Wut über den Verrat der Partei im Zimmer auf- und abrannte. Ich bat ihn, zu Rosa zu gehen und sie von ihrem Vorhaben abzubringen.


Andern Tags gingen über hundert Telegramme ins Land an alle, von denen wir glaubten, das sie den Verrat der S.P.D. nicht mitmachen wurden. Nur wenige Antworten gingen ein. Clara Zetkin war eine der ersten, die antwortete. Die wenigen anderen, die noch antworteten, telegrafierten die dümmsten Ausreden. Der eine war krank, dem anderen war die Frau erkrankt, der dritte hatte keine Zeit zum Reisen usw. Der Kriegskoller hatte sie alle gepackt.


So sammelten sich in den ersten Tagen sieben Mann, um zu beraten, was gegen den schmählichen Verrat der S.P.D. getan werden könne. Der erste Aufruf an das internationale Proletariat von Rosa Luxemburg, Franz Mehring und Clara Zetkin ging in die Welt.


Bericht von Eberlein über die illegale Arbeit des Spartakusbundes 1914-1918

 
Am 2. August wurde der Krieg proklamiert. Am 4. August stimmte im Reichstag die sozialdemokratische Fraktion für die Kriegskredite und besiegelte damit den Bankrott der Sozialdemokratie.


Anderen Tags saßen sieben Genossen, darunter Rosa Luxemburg und Franz Mehring, in der Wohnung Rosa Luxemburgs, da draußen in der kleinen idyllischen Villenkolonie Südende, und beratschlagten, was in dieser grausigen Situation zu tun sei. Nachdem das erste Entsetzen über den furchtbaren Verrat der sozialdemokratischen Reichstagsfraktion überwunden war, wurde beschlossen, trotz des Verrats der Sozialdemokratie den Kampf gegen den Krieg zu organisieren und die zu sammeln, die mit uns bereit waren, diesen Kampf zu fuhren. Hunderte von Telegrammen gingen ins Land an alle, von denen wir glaubten, das sie mit uns einig gingen, von denen wir annahmen, das sie bereit waren, mitten im Kriegschaos, mitten im patriotischen Taumel der Massen und trotz des Verrats der Sozialdemokratie mit uns die Fahne des revolutionären Sozialismus aufzupflanzen, den Kampf gegen den Krieg mit uns zu fuhren. Sie haben alle versagt. Clara Zetkin war die einzige, deren zustimmende Antwort schon anderen Tags eintraf.


Die erste Proklamation ging in die Welt, unterschrieben von den besten Namen der Internationale, Rosa Luxemburg, Franz Mehring und Clara Zetkin.


Zwei Tage später tauchten die ersten dunklen Gestalten in den stillen Straßen der kleinen Villenkolonie Südende auf, allmählich wurde die ganze Meute der Kriminalpolizei auf uns losgelassen.


Die Tage der illegalen Arbeit begannen, sie begannen für mich zum ersten Mal.

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 23:41

comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

Le militarisme, champ d'action du capital  (citations)

vu sur:  http://www.marxisme.biz/annexes/rosa luxemburg/


"L'accumulation du capital"

Livre III  Les conditions historiques de l'accumulation

 Le capitalisme est la première forme économique douée d'une force de propagande ; il tend à se répandre sur le globe et à détruire toutes les autres formes économiques, n'en supportant aucune autre à côté de lui.

***


Le militarisme a une fonction déterminée dans l'histoire du capital. Il accompagne toutes les phases historiques de l'accumulation. Dans ce qu'on appelle la période de l' « accumulation primitive », c'est-à-dire au début du capitalisme européen, le militarisme joue un rôle déterminant dans la conquête du Nouveau Monde et des pays producteurs d'épices, les Indes ; plus tard, il sert à conquérir les colonies modernes, à détruire les organisations sociales primitives et à s'emparer de leurs moyens de production, à introduire par la contrainte les échanges commerciaux dans des pays dont la structure sociale s'oppose à l'économie marchande, à transformer de force les indigènes en prolétaires et à instaurer le travail salarié aux colonies. Il aide à créer et à élargir les sphères d'intérêts du capital européen dans les territoires extra-européens. à extorquer des concessions de chemins de fer dans des pays arriérés et à faire respecter les droits du capital européen dans les emprunts internationaux. Enfin, le militarisme est une arme dans la concurrence des pays capitalistes, en lutte pour le partage des territoires de civilisation non capitaliste.

Le militarisme a encore une autre fonction importante. D'un point de vue purement économique, il est pour le capital un moyen privilégié de réaliser la plus-value, en d'autres termes il est pour lui un champ d'accumulation

.../...

...si la classe ouvrière ne supportait pas la plus grande partie des frais d'entretien des fonctionnaires de l'État et du « mercenaire », les capitalistes eux-mêmes en auraient la charge.(1) Une partie correspondante de la plus-value devrait être directement assignée à l'entretien des organes de leur domination de classe ; elle serait prélevée sur leur propre consommation qu'ils restreindraient d'autant, ou encore, ce qui est plus vraisemblable, sur la portion de la plus-value destinée à la capitalisation. Ils ne pourraient pas capitaliser autant, parce qu'ils seraient obligés de dépenser davantage pour l'entretien direct de leur propre classe. Les charges de l'entretien de leurs parasites étant rejetées en grande partie sur la classe ouvrière (et sur les représentants de la production simple de marchandises : le paysan, l'artisan), les capitalistes peuvent consacrer une partie plus importante de la plus-value à la capitalisation. Mais cette opération de transfert n'implique aucunement la possibilité de la capitalisation, en d'autres termes elle ne crée aucun marché nouveau qui permette d'utiliser la plus-value libérée à produire et à réaliser des marchandises nouvelles. La question change d'aspect si les ressources concentrées entre les mains de l'État par le système des impôts sont utilisées à la production des engins de guerre.

.../...

Par le système des impôts indirects et des tarifs protectionnistes, les frais du militarisme sont principalement supportés par la classe ouvrière et la paysannerie. Il faut considérer séparément les deux sortes d'impôts. D'un point de vue économique, les choses se passent de la manière suivante, en ce qui concerne la classe ouvrière : à moins que les salaires n'augmentent de manière à compenser l'enchérissement des vivres - or ce n'est pas le cas actuellement pour la grande masse de la classe ouvrière, et même pour la minorité organisée dans les syndicats à cause de la pression des cartels et des organisations d'employeurs - les impôts indirects représentent le transfert d'une partie du pouvoir d'achat de la classe ouvrière à l'État .

.../...

Pour le capitaliste individuel, l'ouvrier est un consommateur et acheteur de marchandises aussi valable que n'importe quel autre, qu'un capitaliste, que l'État, le paysan « étranger », etc. N'oublions pas cependant que pour le capital total, l'entretien de la classe ouvrière n'est qu'un mal nécessaire et détourne du but véritable de la production, qui est la création et la réalisation de la plus-value. Si l'on réussit à extorquer la même quantité de plus-value sans être obligé de fournir à la force de travail la même quantité de moyens de subsistance, l'affaire n'en est que plus brillante. C'est comme si le capital était parvenu, sans enchérissement des moyens de subsistance, à réduire d'autant les salaires sans diminuer le rendement des ouvriers.(2) Une réduction constante des salaires entraîne pourtant à la longue la diminution de la production de moyens de subsistance. S'il réduit fortement les salaires, le capital se moque de produire une quantité moindre de moyens de subsistance pour les ouvriers, au contraire il profite de chaque occasion pour le faire ; de même le capital pris dans son ensemble n'est pas mécontent si, grâce aux impôts indirects sans compensation d'augmentation de salaires, la demande de moyens de subsistance de la classe ouvrière diminue. *

Sans doute, quand il y a réduction directe des salaires, le capitaliste empoche-t-il la différence de capital variable, et celle-ci fait augmenter la plus-value relative dans le cas où les prix des marchandises sont restés stables ; maintenant au contraire, cette différence est encaissée par l'État. Seulement par ailleurs il est difficile d'obtenir les réductions générales et permanentes de salaires à n'importe quelle époque, mais en particulier lorsque les organisations syndicales ont atteint un degré élevé de développement. Les vœux pieux du capital se heurtent alors à des barrières sociales et politiques très puissantes.

En revanche, la diminution des salaires réels peut être obtenue rapidement, aisément et dans tous les domaines par le système des impôts indirects, et il faut attendre longtemps avant qu'une résistance se manifeste, celle-ci s'exprime du reste sur le plan politique et n'est pas suivie de résultat économique immédiat. La restriction consécutive de la production des moyens de subsistance apparaît du point de vue du capital total non pas comme une diminution de la vente, mais comme une économie de frais généraux dans la prduction de la plus-value.
* La production de moyens de subsistance pour les ouvriers est une condition sine qua non de la création de la plus-value, c'est-à-dire de la reproduction de la force de travail vivante ; elle n'est jamais un moyen de réaliser la plus-value.

.../...

Pratiquement, sur la base du système d'impôts indirects, le militarisme remplit ces deux fonctions : en abaissant le niveau de vie de la classe ouvrière, il assure d'une part l'entretien des organes de la domination capitaliste, l'armée permanente, et d'autre part il fournit au capital un champ d'accumulation privilégié


.../...

La somme d'argent extorquée à la masse paysanne - que nous choisissons ici pour représenter la masse des consommateurs non prolétaires - et transférée à l'État sous forme d'impôts n'est pas à l'origine avancée par le capital, elle ne se détache pas de la circulation capitaliste. Dans la main des paysans, cette somme est l'équivalent de marchandises réalisées, la valeur d'échange de la production simple de marchandises, l'État bénéficie d'une partie du pouvoir d'achat des consommateurs non capitalistes, autrement dit d'un pouvoir d'achat qui de prime abord sert au capital à réaliser la plus-value à des fins d'accumulation.

On peut se demander quelles transformations économiques découlent pour le capital et de quel ordre, du transfert du pouvoir d'achat de ces couches non capitalistes à l'État à des fins militaires. Il semble au premier abord qu'il s'agisse de transformation dans la forme matérielle de la reproduction. Le capital produira, au lieu d'une quantité donnée de moyens de production et de subsistance pour les consommateurs paysans, du matériel de guerre pour l'État pour une somme équivalente. En fait la transformation est plus profonde. Surtout l'État peut mobiliser, grâce au mécanisme des impôts, des sommes, prélevées sur le pouvoir d'achat des consommateurs non capitalistes, plus considérables que celles que ceux-ci auraient dépensées pour leur propre consommation.

En réalité, c'est le système fiscal moderne qui est dans une large mesure responsable de l'introduction forcée de l'économie marchande chez les paysans. La pression fiscale oblige le paysan à transformer progressivement en marchandises une quantité toujours plus grande de ses produits, et en même temps le force à acheter toujours davantage ; elle fait entrer dans la circulation le produit de l'économie paysanne et contraint les paysans à devenir acheteurs de marchandises capitalistes.

Enfin, si nous considérons toujours la production paysanne de marchandises, le système de taxation prive l'économie paysanne d'un pouvoir d'achat bien supérieur à celui qui eût été mis en jeu réellement. Les sommes que les paysans ou les classes moyennes auraient économisées pour les placer dans les caisses d'épargne et dans les banques, attendant d'être investies, sont à présent disponibles dans les caisses de l'État et constituent l'objet d'une demande, et offrent des possibilités d'investissement pour le capital.

En outre, la multiplicité et l'éparpillement des demandes minimes de diverses catégories de marchandises, qui ne coïncident pas dans le temps et peuvent être satisfaites par la production marchande simple, qui n'intéressent donc pas l'accumulation capitaliste, font place à une demande concentrée et homogène de l'État. La satisfaction d'une telle demande implique l'existence d'une grande industrie développée à un très haut niveau, donc des conditions très favorables à la production de la plus-value et à l'accumulation.

De plus, le pouvoir d'achat des énormes masses de consommateurs, concentré sous la forme de commandes de matériel de guerre faites par l'État, sera soustrait à l'arbitraire, aux oscillations subjectives de la consommation individuelle ; l'industrie des armements sera douée d'une régularité presque automatique, d'une croissance rythmique. C'est le capital lui-même qui contrôle ce mouvement automatique et rythmique de la production pour le militarisme, grâce à l'appareil de la législation parlementaire et à la presse, qui a pour tâche de faire l'opinion publique. C'est pourquoi ce champ spécifique de l'accumulation capitaliste semble au premier abord être doué d'une capacité d'expansion illimitée. Tandis que toute extension des débouchés et des bases d'opération du capital est liée dans une large mesure à des facteurs historiques, sociaux et politiques indépendants de la volonté du capital, la production pour le militarisme constitue un domaine dont l'élargissement régulier et par bonds paraît dépendre en première ligne de la volonté du capital lui-même.

Les nécessités historiques de la concurrence toujours plus acharnée du capital en quête de nouvelles régions d'accumulation dans le monde se transforme ainsi, pour le capital lui-même, en un champ d'accumulation privilégié. Le capital use toujours plus énergiquement du militarisme pour s'assimiler, par le moyen du colonialisme et de la politique mondiale, les moyens de production et les forces de travail des pays ou des couches non capitalistes. En même temps, dans les pays capitalistes, ce même militarisme travaille à priver toujours davantage les couches non capitalistes, c'est-à-dire les représentants de la production marchande simple ainsi que la classe ouvrière, d'une partie de leur pouvoir d'achat ; il dépouille progressivement les premiers de leur force productive et restreint le niveau de vie des seconds, pour accélérer puissamment l'accumulation aux dépens de ces deux couches sociales. Cependant, à un certain degré de développement, les conditions de l'accumulation se transforment en conditions de l'effondrement du capital.

Plus s'accroît la violence avec laquelle à l'intérieur et à l'extérieur le capital anéantit les couches non capitalistes et avilit les conditions d'existence de toutes les classes laborieuses, plus l'histoire quotidienne de l'accumulation dans le monde se transforme en une série de catastrophes et de convulsions, qui, se joignant aux crises économiques périodiques finiront par rendre impossible la continuation de l'accumulation et par dresser la classe ouvrière internationale contre la domination du capital avant même que celui-ci n'ait atteint économiquement les dernières limites objectives de son développement.

Le capitalisme est la première forme économique douée d'une force de propagande ; il tend à se répandre sur le globe et à détruire toutes les autres formes économiques, n'en supportant aucune autre à côté de lui. Et pourtant il est en même temps la première forme économique incapable de subsister seule, à l'aide de son seul milieu et de son soi nourricier.

Ayant tendance à devenir une forme mondiale, il se brise à sa propre incapacité d'être cette forme mondiale de la production. Il offre l'exemple d'une contradiction historique vivante ; son mouvement d'accumulation est à la fois l'expression, la solution progressive et l'intensification de cette contradiction. A un certain degré de développement, cette contradiction ne peut être résolue que par l'application des principes du socialisme, c'est-à-dire par une forme économique qui est par définition une forme mondiale, un système harmonieux en lui-même, fondé non sur l'accumulation mais sur la satisfaction des besoins de l'humanité travailleuse et donc sur l'épanouissement de toutes les forces productives de la terre.

Rosa luxemburg
L'accumulation du capital

marxisme.org
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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009