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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.
 
Voir aussi : http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr/
 
4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 22:06

comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

 

Sur le site la bataille socialiste, on peut trouver ce lien pour consulter les numéros de novembre, décembre 1918, janvier 1919 en particulier; mois de la révolution spartakiste qui couvrent la période de la sortie de Rosa Luxemburg de prison à son assassinat. C'est donc un lien d'une grande utilité pour avoir accès aux documents originaux tels qu'ils ont été lus à l'époque.

Die Rote Fahne 1918-1919

17 novembre 2013 par

Les numéros du Drapeau rouge (Rote Fahne), quotidien des spartakistes, sont numérisés et disponibles en ligne sur le site de la Bibliothèque d’Etat de Berlin, notamment pour la période révolutionnaire de novembre 1918 à janvier 1919.


Novembre 1918:

 

Mo Di Mi Do Fr Sa So
1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30

Décembre 1918:

 

Mo Di Mi Do Fr Sa So
1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31

 

Janvier 1919:

Mo Di Mi Do Fr Sa So
1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31
Février 1919:
Mo Di Mi Do Fr Sa So
1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28

 

 

rote

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 21:37

comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

 

Relu au détour du Web (sur http://ragemag.fr/revolution-allemande-pourquoi-ont-ils-tue-rosa-luxemburg-52700/). En se souvenant qu'il ne s'agit pas de mots en l'air, de mots pour des mots, mais des mots prononcés en plein processus révolutionnaire.

 

"Clouez Spartacus sur la croix ! crient les capitalistes tremblant pour leur coffres-forts"
"Debout prolétaires ! Au combat ! Il s’agit de conquérir tout un monde et de se battre contre tout un monde"



Que veut la Ligue Spartakiste ?

Par Rosa Luxemburg ; décembre 1918.

 

« Clouez Spartacus sur la croix ! crient les capitalistes tremblant pour leurs coffres-forts.

 

antispartakisme1


Clouez-le sur la croix ! crient les petits-bourgeois, les officiers, les antisémites, les laquais de la presse bourgeoise qui tremblent pour les bifteaks que leur vaut la domination de classe de la bourgeoisie. [...]


Clouez-le sur la croix ! répètent encore, comme un écho, des couches de la classe ouvrière qu’on trompe et qu’on abuse, des soldats qui ne savent pas qu’ils s’en prennent à leur propre chair et à leur propre sang quand ils s’en prennent à la Ligue spartakiste.


Dans ces cris de haine, dans ces calomnies, se mêlent les voix de tous les éléments contre-révolutionnaires, hostiles au peuple et au socialisme, de tous les éléments troubles, suspects, et que le grand jour effraie. Et cette haine confirme que Spartacus est le cœur de la révolution et que l’avenir lui appartient.


La Ligue spartakiste n’est pas un parti qui veuille parvenir au pouvoir en passant par-dessus la classe ouvrière ou en se servant de la masse des ouvriers.


La Ligue spartakiste n’est que la fraction la plus consciente du prolétariat qui indique à chaque pas aux larges masses de la classe ouvrière leurs tâches historiques, qui, à chaque étape particulière de la révolution, représente le but final socialiste et qui, dans toutes les questions nationales, défend les intérêts de la révolution prolétarienne mondiale. [...]


La Ligue spartakiste ne prendra jamais le pouvoir que par la volonté claire et sans équivoque de la grande majorité des masses prolétariennes dans l’ensemble de l’Allemagne. Elle ne le prendra que si ces masses approuvent consciemment ses vues, les buts et les méthodes de lutte de la Ligue spartakiste.


La révolution prolétarienne ne peut accéder à une totale lucidité et maturité qu’en gravissant pas à pas, par degrés, l’amer Golgotha de ses propres expériences, en passant par bien des défaites et des victoires.


La victoire de la Ligue spartakiste ne se situe pas au début mais à la fin de la révolution : elle s’identifie à la victoire des millions d’hommes qui constituent la masse du prolétariat socialiste.


Debout prolétaires ! Au combat ! Il s’agit de conquérir tout un monde et de se battre contre tout un monde. Dans cette ultime lutte de classes de l’histoire mondiale où il y va des objectifs les plus nobles de l’humanité, nous lançons à nos ennemis ces mots : sur leur face, nos poings, notre genou sur leur poitrine ! »

 

spartakistes-1919-ehmsen

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 11:03

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Sur le site notre histoire extrêmement intéressant par les textes qu'il publie, la déclaration de Liebknecht


Voir sur le blog l'article de Badia: Au soir du 4 août

Au sujet du projet qui nous est soumis, nous déclarons:

Il s'agit d'une guerre impérialiste, particulièrement du côté allemand, qui a pour but des conquêtes de grand style. Il s'agit, du point de vue de la course aux armements, dans le meilleur des cas d'une guerre préventive provoquée par le parti de la guerre allemand et autrichien dans l'ombre du semi-absolutisme et de la diplomatie secrète, guerre dont l'opportunité est apparue favorable au moment où d'importants crédits militaires allemands ont été obtenus et un progrès technique réalisé. Il s'agit également d'une entreprise bonapartiste en vue de la destruction et de la démoralisation du mouvement ouvrier. L'attentat de Sarajevo a été choisi comme prétexte démagogique. L'ultimatum autrichien du 23 juillet à la Serbie était la guerre, la guerre voulue. Tous les efforts de paix ultérieurs n'étaient que simple décor et subterfuges diplomatiques, qu'ils fussent entrepris sérieusement ou non par ceux qui y participèrent. C'est ce que nous ont appris avec une netteté croissante ces quatre derniers mois.


Cette guerre n'a pas été déclenchée pour le bien du peuple allemand. Ce n'est pas une guerre pour la défense du territoire et de la liberté. Ce n'est pas une guerre pour une plus haute « civilisation » - les plus grands pays européens de même « civilisation » se battent entre eux, et cela précisément parce que ce sont des pays de même « civilisation », c'est-à-dire de « civilisation » capitaliste. Sous la bannière trompeuse d'une guerre de nationalités et de races on poursuit une guerre où l'on trouve dans chaque camp le mélange le plus confus de races et de nationalités. Le mot d'ordre: « contre le tsarisme » n'a eu d'autre but que de mobiliser les instincts les plus nobles du peuple allemand, ses traditions révolutionnaires, au service des buts de guerre, de la haine entre les peuples. L'Allemagne, dont le gouvernement s'est tenu prêt à apporter au tsar sanglant une aide militaire contre la grande révolution russe, l'Allemagne, où la masse du peuple est économiquement exploitée, politiquement opprimée, où les minorités nationales sont étranglées par des lois d'exception, n'a aucune vocation à jouer au libérateur des peuples. La libération du peuple russe doit être l'oeuvre du peuple russe lui-même, tout comme la libération du peuple allemand ne peut être le résultat des tentatives de bienfaisance d'autres Etats, mais l'oeuvre du peuple allemand lui-même.


Pour mener à bien les manoeuvres scandaleuses grâce auxquelles la guerre a été déclenchée et en vue d'interdire toute opposition et de faire croire à l'unanimité chauvine du peuple allemand, l'état de siège a été proclamé, la liberté de presse et de réunion supprimée le prolétariat en lutte désarmé et contraint à une « union sacrée » au plus haut point unilatérale, qui - mal dissimulée derrière des « aveux » accessoires - n'est qu'une forme stylistique de la paix des cimetières.


Une énergie d'autant moindre a été déployée pour atténuer l'effroyable disette qui a frappé la majeure partie de la population. Même en ces temps difficiles, le gouvernement n'a pu se résoudre à prendre les mesures nécessaires sans tenir compte des objections de ceux qui mettent leur intérêt personnel, aujourd'hui comme toujours, au-dessus de celui des masses.


Quant à la façon dont la guerre est menée, elle suscite notre opposition farouche.


La proclamation du principe: « Nécessité fait loi » est la négation même de tout droit international.


Nous protestons contre la violation de la neutralité du Luxembourg et de la Belgique, violation de traités solennels, invasion d'un peuple pacifique. Toutes les tentatives faites ultérieurement pour l'excuser ont échoué.

Nous condamnons le traitement cruel infligé à la population civile des territoires occupés. La dévastation de localités entières, l'arrestation et l'exécution d'innocents pris comme otages, le massacre d'individus désarmés, sans égard à l'âge ni au sexe, qui ont eu lieu en représailles d'actes de désespoir et de légitime défense, justifient la plus sévère condamnation. La même faute commise par d'autres armées ne peut servir d'excuse.

Nous regrettons les anomalies que manifeste encore le traitement des prisonniers de guerre dans tous les pays, l'Allemagne y compris. Nous exigeons dans cette question, comme pour le traitement des ressortissants civils des pays ennemis, une réglementation internationale immédiate dans un esprit humanitaire et sous le contrôle des neutres. Nous rejetons le principe des représailles.


Nous nous opposons résolument à toute annexion qui heurte le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et ne sert que les intérêts capitalistes. Loin d'être une assurance de paix, toute paix aboutissant à des conquêtes ouvrira une ère de course aux armements aggravée et portera dans son sein une nouvelle guerre.


Nous sympathisons avec les enfants du peuple qui accomplissent sur le champ de bataille des exploits surhumains en vaillance, en privations et en abnégation. Nous sommes avec eux comme avec notre propre chair et notre propre sang, dont nous demanderons, le moment venu, un compte impitoyable. Mais nous condamnons d'autant plus cette guerre; notre devoir vis-à-vis du peuple allemand et de l'humanité tout entière, vis-à-vis du prolétariat international auquel il appartient indissolublement, nous oblige à nous opposer de toutes nos forces à cet entredéchirement des peuples.


Nous exigeons la conclusion d'une paix rapide et honorable. Nous remercions nos amis des pays neutres de leurs précieuses initiatives dans ce sens et saluons les efforts de paix des puissances non belligérantes, dont le rejet ne sert que les buts de la politique d'annexions et des capitalistes de l'industrie des armements intéressés à une longue durée de la guerre.


Nous mettons les gouvernements et les classes dirigeantes de tous les pays belligérants en garde contre la poursuite de ce carnage et appelons les masses laborieuses de ces pays à en imposer la cessation. Seule une paix née sur le terrain de la solidarité internationale peut être une paix sûre. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous à nouveau malgré tout !


En élevant une protestation contre la guerre, ses responsables et ceux qui la mènent, contre la politique générale qui l'a provoquée, contre les plans d'annexion, contre la violation de la neutralité de la Belgique, contre la dictature militaire, contre l'oubli des devoirs politiques et sociaux dont les classes dirigeantes se rendent coupables aussi et surtout maintenant, nous refusons les crédits demandés.


1 Cette déclaration, soumise par Liebknecht au groupe social-démocrate pour être lue à la séance du Reichstag du 2 décembre 1914 fut rejetée par le groupe, et son inscription dans le sténogramme des debats refusée.
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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 21:14

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A lire sur le net sur le site: http://www.avanti4.be/debats-theorie-histoire/article/masses-classes-et-parti-chez-rosa-luxemburg-i

 


 

Masses, classes et parti chez Rosa Luxemburg (I)
  • 1. Préambule
    Il est difficile de rassembler sous une forme systématique les idées de Rosa Luxemburg sur le rôle des masses dans l’histoire, leur influence sur l’évolution des événements et le lien dialectique entre le comportement politique de la classe ouvrière et la fonction que doit remplir l’organisation qui la représente. Rosa Luxemburg n’eut jamais à aborder des analyses globales et systématiques de ces problèmes : ses opinions sont d’ailleurs dispersées dans des dizaines d’articles et d’opuscules écrits en polonais et allemand. Du reste cet aspect participe d’un phénomène plus général : comme écrivain, comme militante social-démocrate, et co

 

Masses, classes et parti chez Rosa Luxemburg (II)


  • Nous reproduisons ci dessous la seconde et dernière partie de l’étude érudite et passionnante de Feliks Tych sur les conceptions de Rosa Luxemburg quant aux rapports entre les masses, la classe travailleuse et le parti révolutionnaire. (Avanti4.be)
    Il nous semble que Rosa Luxemburg a exprimé de la façon la plus concise et la plus complète son propre concept du rôle dévolu à la direction du Parti dans son ouvrage « Massenstreik, Partei und Gewerkschaften » : « … Donner le mot d’ordre de la lutte, orienter, régler la tactique de la lutte politique de telle manière qu’à chaque phase et chaque instant du combat, soit réalisée et mise en activité la totalité de la puissance du prolétariat déjà engagé et lancé (...)

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 17:44

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A lire sur smolny http://www.collectif-smolny.org/article.php3?id_article=1823

Rosa Luxemburg Conference in Istanbul

 

An international conference on Rosa Luxemburg will be held at Bilgi University, Istanbul, on 22 and 23 November, 2013.


Speakers include Michael Kratke, Peter Hudis and Paul LeBlanc.


For the full programme, see: http://www.fesatoder.com/?

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 19:07

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Lundi 18 novembre 2013

« Tambours dans la nuit »


Annonce

Les Trois Coups.com


De Bertolt Brecht


Mis en scène : Dag Jeanneret

Nouvelle version et nouvelle traduction française : Hélène Mauler et René Zahnd


L’Arche est éditeur et agent théâtral du texte présenté

Parution automne 2013


Avec : Gérard Bayle, Frédérique Dufour, Éric Guérin, Sophie Lequenne, Stéphanie Marc, Barthélemy Meridjen, Dominique Parent, Christophe Reymond, Sylvère Santin

Scénographie : Cécile Marc

Costumes : Éric Guérin

Lumières : Christian Pinaud

Création musicale : Gérald Chevillon

Dramaturgie et assistanat à la mise en scène : Lucie Dessiaumes

Production Cie In situ

Création à Sortie ouest, Béziers, du 14 au 16 novembre 2013

tambours-dans-la-nuit-615 marie-clauzade

« Tambours dans la nuit » | © Marie Clauzade

Au beau milieu d’une réunion de famille surgit Kragler, artilleur de l’armée allemande disparu sur le front africain pendant la Grande Guerre. Kragler le spectre, le cadavre pourrissant, l’animal à la bouche pleine de terre. Kragler que plus personne n’attendait. Voici qu’il demande sa fiancée. Pendant ce temps, au loin, dans le quartier des journaux, gronde la révolution spartakiste.

Mais la fiancée est enceinte et promise à un autre. Alors Kragler s’enfonce dans la ville tentaculaire, pénètre dans un bistrot populaire, écoute l’appel des tambours de la révolution, décide de suivre les insurgés.

Mais sa fiancée lui revient.

Une œuvre au rythme débridé, aux dialogues accidentés, au ton souvent caustique, au lyrisme sublime et dévergondé.

L’une des pièces de Brecht les plus mystérieuses, les plus secrètes, rarement montée, ici dans une nouvelle version inédite en France.

Écrite au sortir de la guerre de 1914-1918, dans l’urgence, elle est comme marquée au fer rouge par cette boucherie sanglante de la Grande Guerre qui bouleversa l’Europe et la fit rentrer définitivement et violemment dans le xxe siècle.

Le début de la révolution allemande

1918 – Un an après la révolution bolchévique d’octobre éclate la révolution allemande. Exaltant l’exemple des socialistes russes, les spartakistes, fondateurs du Parti communiste allemand (K.P.D.), comptent parmi les principaux instigateurs du soulèvement. Ils entendent mettre fin à la guerre et défaire le régime impérial en menant une révolution socialiste. Leur propagande rencontre un succès croissant. Dans les grandes villes du pays, des conseils d’ouvriers et de soldats sont formés et de nombreuses grèves se déclenchent.

Une insurrection ouvrière à Berlin

Janvier 1919 – La guerre est terminée, l’empire de Guillaume II est renversé, la république de Weimar, premier régime démocratique allemand, est instaurée. La ligue spartakiste s’engage à présent dans la révolte ouvrière pour l’institution d’une république socialiste libre. À Berlin, les spartakistes appellent à la grève générale et occupent des bâtiments publics. La ville est le théâtre de manifestations ouvrières massives.

La « semaine sanglante »

9-13 janvier 1919 – Le gouvernement social-démocrate réprime la révolte avec une terrible violence, dans le but d’« écraser Spartakus ». Plusieurs centaines de civils sont tués.

Le 15 janvier, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, principaux animateurs de la ligue spartakiste et cofondateurs du K.P.D., sont assassinés.

Cinq jours après, le 20 janvier, Bertolt Brecht commence la rédaction de Spartakus, première version de Tambours dans la nuit.

Recueilli par

Les Trois Coups

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 19:06

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voir sur http://blogs.mediapart.fr/blog/floh/270913/

 

Mais cette phrase est-elle de Rosa Luxemburg? Et dans ce cas-là dans quel contexte? Car en fait la pensée de Rosa Luxemburg a toujours été très différenciée et complexe.

 

Ce qui est réel, c'est que pour elle, le risque qu'elle décrit dans "Réforme sociale ou révolution?" n'est pas tant dans la forme de l'action politique mais dans l'abandon du but final: la révolution.

 

(citation authentique)

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 20:45

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http://home.foni.net/~g-erx/images/kostja.jpg

http://fr.cyclopaedia.net/wiki/Leo-Jogiches

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 12:42

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Nous avons choisi de donner accès en premier lieu aux interventions de la Conférence Rosa Luxemburg 2013 qui se centrent concrètement sur la pensée et l'action de Rosa Luxemburg.

 

C'est le cas de celle de Jean-Numa Ducange qui s'attache à préciser la relation de Rosa Luxemburg au socialisme français tout au long de sa vie. Il s"appuie sur la publication du troisième tome des Oeuvres complètes chez Agone par le collectif Smolny qui répond  totalement à la démarche du blog :

 

Donner accès à l'ensemble des écrits de Rosa Luxemburg, en particulier aux textes quotidiens rarement traduits,  permettant une réflexion fine et étayée.



La contribution de Jean-Numa Ducange

 

écouter-voir

    http://vimeo.com/77248678

 


Le tome 3 des Oeuvres complètes vient de paraître :


Le socialisme en France

(1898-1912)

Oeuvres complètes - Tome III


Traduit de l'allemand par Daniel Guérin et Lucie Roignant

Edition établie et préfacée par Jean-Numa Ducange

Editions Agone et Smolny

 


Les Films de l'An 2"

 

La société de production audiovisuelle "Les Films de l'An 2" réalise depuis 1993 des films :

- documentaires sur la vie politique et sociale en France et à l'étranger (dans le droit fil du cinéma d'intervention sociale tel que l'a défini René Vautier),
- documentaires sur des artistes musiciens, plasticiens,
- documentaires institutionnels avec des collectivités territoriales, associations, syndicats soigneusement choisis,
- des films courts de fiction

 

 http://www.lesfilmsdelan2.org

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 11:09

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La Conférence internationale Rosa Luxemburg s'est tenue à Paris. Nous reprendrons en premier dans l'article suivant l'intervention de Jean-Numa Ducange sur les relations entre Rosa Luxemburg et la France. C'est en effet l'un des grands axes du travail du blog, non pas pour des raisons académiques mais justement parce que cela pose aujourd'hui encore le problème de l'action de la social-démocratie. Ce que Rosa Luxemburg avait perçu dès le début et qui trouve un aboutissement théorique dès son premier grand texte: Réforme sociale ou révolution?

 

A lire sur le blog : 

Rosa Luxemburg et Edouard Vaillant. Deux décisions antagoniques en août 14 qu'il faut analyser et comprendre .


La Conférence a été intéressante quand elle s'est attachée directement à la pensée et à l'action de Rosa Luxemburg, en apportant des exemples concrets. Comme lors de l'intervention de Jean-Numa Ducange ou celle de Claudie Weill.

 

Mais, il y a cependant deux grands écueils qu'elle n'a pas toujours su éviter:

 

- Interpréter Rosa Luxemburg à partir d'autres penseurs et acteurs du mouvement révolutionnaire. Le nombre d'interventions concernant la relation Lénine/Rosa Luxemburg est toujours aussi prédominante. Elle n'est pas inintéressante bien sûr.

 

Mais la réflexion sur l'action de Rosa Luxemburg pourrait tout aussi utilement se poser par exemple celle de son inscription dans le cadre d'une social-démocratie, qui va à l'encontre dans son évolution et son action, de tout ce qu'elle pressent comme fondamental : rester sur des bases claires de classe, ne pas sacrifier le but, et qui se finira trop tardivement par sa sortie du parti alors que le pire est consommé, le ralliement logique des partis aux unions sacrées guerrières.

 

Ceci est bien notre actualité constante avec le parlementarisme, le pragmatisme social-démocrates, la participation  aux guerres, la relation au capital, jusqu'à la dénonciation ouverte des valeurs-mêmes affichées: l'exemple le plus récent, les roms dénoncés dans un racisme structuré.

 

- Le pire, emmener Rosa Luxemburg vers ce qui nie de fait ce qu'elle est. Deux contributions ont été particulièrement problématiques à ce propos :

 

L'une s'attachant à son milieu social et à des anecdotes en tout genre pour expliquer ce qui a fait de Rosa Luxemburg ce qu'elle est. Sans établir de lien avec le contexte économique, politique et de pensée qui, sous l'empire tzariste, a amené d'innombrables jeunes, ouvriers, penseurs, militants à la lutte, à l'immigration, et dont Rosa Luxemburg n'est qu'un des nombreux exemples.

 

L'autre interprétant tout Rosa Luxemburg systématiquement à l'aune du féminisme. Alors même que ce qui fait l'importance de Rosa Luxemburg, c'est qu'elle intègre et dépasse dans une identité beaucoup plus large et fondamentale tout ce qui la constitue, le fait d'être une femme, le fait d'être polonaise, le fait d'être d'origine juive, d'être d'un milieu aisée. Sa correspondance, ces textes en témoignent systématiquement qui font peu de place à ces éléments. Et cela lui donne un rôle essentiel dans le mouvement révolutionnaire.

 

A consulter sur le blog sur ce sujet:

Et si l'on acceptait une approche de Rosa Luxemburg à partir de Rosa Luxemburg elle-même.

 

- C'est pourquoi, nous choisirons en premier lieu de donner accès aux interventions qui se centrent concrètement sur la pensée et l'action de Rosa Luxemburg. Par exemple celle de Jean-Numa Ducange qui permet de préciser la relation de Rosa Luxemburg au socialisme français tout au long de sa vie. Elle s'appuie sur la publication du troisième tome des Oeuvres complètes chez Agone par le collectif Smolny et répond  totalement à la démarche du blog :

 

Donner accès à l'ensemble des écrits de Rosa Luxemburg, en particulier aux textes quotidiens rarement traduits,  entraînant une réflexion fine et étayée.

 

 

 

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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009