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" ... Nous disons : à peu près. Car si l'on ne pouvait s'entendre touchant la meilleure solution à adopter, il est un point sur lequel tout le monde se trouvait d'accord: la nécessité de soustraire les jeunes gens du contingent à l'obligation d'aller servir dans nos possessions d'outre-mer. Et en effet, s'il est naturel d'imposer à tous les citoyens valides l'obligation de défendre le territoire national en cas de guerre, il peut sembler excessif de contraindre un certain nombre d'entre eux à accomplir leur service du temps de paix dans les colonies, dont le climat est réputé malsain pour les Européens. Tous les projets quels qu'ils fussent, contenaient une disposition en vertu de laquelle l'armée coloniale ne devait être recrutée qu'à l'aide d'engagemens volontaires et de réengagemens, sollicités les uns et les autres, par des primes en argent et des hautes-payes. On détacha donc cette disposition et l'on en fit une loi à part, la loi du 30 juillet 1893, loi d'attente qui visait l'armée coloniale, - dont l'organisation restait à déterminer par une loi ultérieure, - mais qui était applicable immédiatement aux troupes de la marine...."
" ... Si la solution cherchée se fait attendre depuis si longtemps, c'est qu'on s'est engagé dans une mauvaise voie et qu'en réalité on ne s'est pas étudié jusqu'ici à constituer une véritable armée coloniale. Les mesures proposées ne sont que des expédiens ... Enfin, les auteurs des projets sont hantés par la vision des luttes suprêmes qui, un jour ou l'autre, ensanglanteront la frontière; dans leur pensée, l'armée à créer a sa place réservée dans ces combats.
Ces deux extraits proviennent d'un texte paru dans la Revue des deux mondes en ... avril 1898 publié par un colonel Charles Corbin bien explicite tant sur le rôle de l'armée coloniale que sur les perspectives de guerre "continentale", ces "luttes suprêmes qui ensanganteront" en effet une partie du monde et feront de 1914 à 1918 mourir des millions de personnes.
Ce texte éclaire bien cette marche impérialiste vers la guerre décrite article après article par Rosa Luxemburg et en particulier dans les textes du tournant du siècle.
