HELPHAND Alexander Israel, né LAZAREVITCH, dit PARVUS ( 1867 - 1924 )
Le père de Parvus, un artisan, déménagea avec sa famille à Odessa à la suite d’un incendie. Après le lycée et un an d’apprentissage, il se rendit à l’étranger en 1887 et s’inscrivit à l’Université de Bâle où il soutint en 1891 une thèse sur la division du travail. De la fin de l’année, jusqu’au début de 1893 où il en fut expulsé, il résida à Berlin et collabora à la presse social-démocrate : Die Neue Zeit, Vorwarts et Die Gleichheit de Clara Zetkin. Dès lors, il adopta une position originale qui consistait à utiliser toutes les possibilités qui s’offraient à la social-démocratie, tout en maintenant les objectifs révolutionnaires. C’est ainsi qu’il était favorable à la participation social-démocrate aux élections à la Chambre des députés de Prusse ou, en 1903, à un vice-président social-démocrate au Reichstag, mais il estimait que le refus de voter le budget était l’arme parlementaire la plus importante de la social-démocratie.
C’est en 1894 qu’il prit le pseudonyme de Parvus. En 1895, il s’opposa au projet de programme agraire élaboré par une commission dont faisait partie Bruno Schonlank, qui l’avait invité à collaborer à la Leipziger Volkszeitung. Comme il poursuivait ses attaques au-delà du congrès du parti de Breslau, Schonlank le congédia, mais les sociaux-démocrates de Dresde firent appel à lui pour rédiger la Siichsische Arbeiterzeitung. Il la sortit du marasme financier, mais il entra aussi en conflit avec la rédaction et s’installa à Stuttgart, d’où il dirigea le journal. Il fut le premier à réagir aux thèses de Bernstein dans la Sachsische Arbeiterzeitung, même s’il pensait comme lui qu’il fallait sortir le mouvement ouvrier de son immobilisme. Attaqué par les dirigeants du parti, à l’exception de Clara Zetkin, au congrès de Stuttgart, il se vit accorder la possibilité de s’y défendre même sans mandat, qu’il ne pouvait avoir en tant qu’étranger.
Après une série d’articles contre l’opportunisme dans Die Neue Zeit en 1901, il fut une nouvelle fois la cible des attaques du congrès de Lübeck, avec Rosa Luxemburg qu’il connaissait d’ailleurs depuis la Suisse. Expulsé de Saxe en 1898 avec le Polonais Julian Marchlewski, il le fit venir à la rédaction de la Sachsische Arbeiterzeitung et s’installa lui-même à Munich, d’où il se rendit en 1899 en Russie, pour se documenter avec le docteur Carl Lehmann sur la famine : il publièrent ensemble un livre à ce sujet l’année suivante. Il créa aussi avec MarchlewskiLes Bas Fonds de Gorki ... une agence de presse à Munich, qui publia un bulletin, Aus der Weltpolitik, destiné à être repris par les journaux sociaux-démocrates : l’entreprise ne connut pas une grande réussite. En outre, en 1902, ils créèrent tous deux une maison d’édition de littérature slave et nordique dont le seul et unique succès fut les bas-fonds de Gorki
