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Assassinat de Rosa Luxemburg. Ne pas oublier!

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l'on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d'une guerre impérialiste qu'ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l'exploitation et dont elle s'était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

Comme elle, d'autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement?

Une chose est sûr cependant, l'assassinat de Rosa Luxemburg n'est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d'une volonté d'éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié: la révolution.

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Avec Rosa Luxemburg.

1910.jpgPourquoi un blog "Comprendre avec Rosa Luxemburg"? Pourquoi Rosa Luxemburg  peut-elle aujourd'hui encore accompagner nos réflexions et nos luttes? Deux dates. 1893, elle a 23 ans et déjà, elle crée avec des camarades en exil un parti social-démocrate polonais, dont l'objet est de lutter contre le nationalisme alors même que le territoire polonais était partagé entre les trois empires, allemand, austro-hongrois et russe. Déjà, elle abordait la question nationale sur des bases marxistes, privilégiant la lutte de classes face à la lutte nationale. 1914, alors que l'ensemble du mouvement ouvrier s'associe à la boucherie du premier conflit mondial, elle sera des rares responsables politiques qui s'opposeront à la guerre en restant ferme sur les notions de classe. Ainsi, Rosa Luxemburg, c'est toute une vie fondée sur cette compréhension communiste, marxiste qui lui permettra d'éviter tous les pièges dans lesquels tant d'autres tomberont. C'est en cela qu'elle est et qu'elle reste l'un des principaux penseurs et qu'elle peut aujourd'hui nous accompagner dans nos analyses et nos combats.
 
Voir aussi : http://comprendreavecrosaluxemburg2.wp-hebergement.fr/
 
25 mars 2026 3 25 /03 /mars /2026 15:20
Wilhelm Liebknecht en 1885

Wilhelm Liebknecht en 1885

Le 29 mars s'approche. Ce sera le 200e anniversaire de la naissance de Wihelm Liebknecht. Le blog continue de mettre à disposition ses textes, en allemand et en français. Le programme défendu par Wilhelm Liebknecht en 1881 reste pour nous d'une grande actualité. DVP, 25 mars 2026

Ce tract porte la mention « Imprimerie de l'association Hottingen-Zurich ». Il a toutefois été imprimé à Wamsdorf (Bohême) à 20 000 exemplaires et introduit illégalement à la frontière après que la police eut saisi le premier tract électoral de Wilhelm Liebknecht. Avec 6 231 voix, Liebknecht a été battu dans la circonscription de Dresde-Neustadt, mais il a obtenu le mandat pour Offenbach.

Source : Institut für Marxismus Leninismus beim ZK der SED (éd.) : Dokumente und Materialien zur Geschichte der Deutschen Arbeiterbewegung, III, 1871-1898, Dietz 1974, p. 163 et suivantes.
Transcription et balisage HTML : J.L.W. pour le Marxists’ Internet Archive. 
https://www.marxists.org/deutsch/archiv/liebknechtw/1881/10/15.htm

Wilhelm Liebknecht. Son programme en 1881.

Aux électeurs de Neustadt-Dresden et des environs !

Mes camarades au sein du parti de votre circonscription m’ont désigné comme candidat aux prochaines élections au Reichstag, et je me suis senti tenu d’accepter cette candidature.

La loi sur les socialistes m’empêchant de présenter mon programme lors d’un rassemblement public, je m’adresse à vous par le biais de ce tract. Je n’ai pas grand-chose à ajouter, car mes principes et mes aspirations sont connus. Je suis social-démocrate et, si vous m’élisez, je défendrai au Reichstag, en toute conscience et en toute bonne foi, vos intérêts et ceux de l’ensemble du peuple.

En tant que social-démocrate, je condamne l'ordre actuel des choses dans l'État et la société et je cherche à mettre en œuvre une transformation sociale et politique en profondeur ; des réformes qui se limitent à des aspects secondaires ne mènent à rien ; il faut éradiquer la racine des maux dont nous souffrons. Les partisans de l'ordre actuel, qui nous font face en tant que forces unies, veulent préserver ces maux – c'est là la différence entre nous et nos adversaires de toutes tendances politiques.

Ils ont certes aussi divers remèdes miracles qu’ils vous vantent, mais qui, à y regarder de plus près, s’avèrent tous sans valeur. Le « petit homme », le « pauvre homme » ne peut être aidé que par le « petit homme », par le « pauvre homme », c’est-à-dire par le peuple. Les princes, les comtes, les propriétaires de châteaux, les industriels, bref, les privilégiés et leur entourage, qui flattent aujourd’hui le « pauvre » et le « petit homme », prouvent déjà par leur position sociale que leur cause n’est pas celle du « pauvre », du « petit homme ». Cela ressort également de leurs propositions de remèdes, qui témoignent de leur incapacité totale à améliorer la situation du « pauvre », à comprendre sa misère et les causes de sa misère.

Seule une réglementation raisonnable de la production et de l’ensemble des relations de travail sur une base coopérative, seul le soutien et la promotion systématiques de l’industrie et de l’agriculture par l’État peuvent délivrer l’ouvrier, sauver l’artisan, endiguer l’appauvrissement des masses.

La nouvelle politique économique et fiscale du prince Bismarck devait vous apporter de l’aide. Or, cette politique est en vigueur depuis trois ans et demi, et à quoi a-t-elle servi ? Êtes-vous devenus plus riches ? Le commerce et l’artisanat se sont-ils développés ? Le « vagabondage » et la criminalité ont-ils diminué ? C’est tout le contraire. Et vous le savez, car neuf dixièmes d’entre vous souffrent cruellement de ces conditions malsaines.

Le seul effet de la nouvelle politique douanière et économique est que les impôts ont augmenté et que les prix de tous les produits alimentaires ont grimpé.

Ne jugez pas d’après les promesses, jugez d’après les faits !

Entre-temps, les impôts ne cessent d'augmenter. En 1865, c'est-à-dire avant la funeste guerre fratricide de 1866, l'ensemble des dépenses publiques sur le territoire actuel de l'Empire s'élevait à environ 930 millions de marks par an. Aujourd'hui, les dépenses de l'Empire et des différents États ont atteint au moins 2 100 millions de marks par an, soit une augmentation de 125 % en 15 ans, [ce qui représente] bien plus du double ! Le budget de l’Empire, sans celui des États individuels, s’élevait à 238 millions en 1871, 388 millions en 1873, 540 millions en 1877/1878 et 593 millions en 1881/1882 ! Sur ces sommes colossales, qui croissaient à une vitesse vertigineuse, l’armée (y compris la marine et les pensions militaires) a englouti 276 millions de marks par an en 1873, 378 millions en 1876, 425 millions au cours de l’exercice 1877/1878 et 462 millions au cours de l’exercice 1881/1882 !

De 1872 à l'exercice 1881/1882, 4 729 millions de marks ont été dépensés à des fins militaires et navales, soit une somme presque aussi importante que les milliards français, qui ont eux aussi été utilisés presque exclusivement à des fins militaires et navales. Malgré les milliards français, au cours des dix dernières années, chaque personne en Allemagne, homme, femme et enfant, a dû payer en moyenne – la population étant estimée à 44 millions d’habitants – plus de 107 marks par tête, et chaque famille – la famille étant calculée pour 5 personnes – 537 marks pour des fins militaires et navales !

Et qu'a-t-on obtenu grâce à ces sacrifices colossaux ? Rien d'autre que, comme on nous l'assure, de devoir consentir sans cesse de nouveaux sacrifices, toujours plus importants « afin d’assurer la position de l’Allemagne dans le monde ».

Est-ce vrai ? Non ! La Russie n’a pas le pouvoir de nous menacer ; l’Autriche n’a ni le pouvoir ni la volonté de le faire, et en France, le peuple s’est si résolument détourné de la politique de revanche que tout danger de guerre de ce côté-là a disparu.

Si le prince Bismarck était l’homme de paix qu’on présente aujourd’hui, il lui serait facile d’obtenir un désarmement général. Mais il ne le veut pas et ne peut le vouloir. L’homme dont la politique du sang et du fer nous a déjà valu trois guerres ne peut en aucun cas instaurer des conditions garantissant la paix. Or, le militarisme, dont le fardeau nous écrase, fait partie intégrante du système Bismarck, qui, pour sa survie, a besoin d’une immense armée permanente tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Pas plus que le système Bismarck ne signifie la paix à l’extérieur, il ne signifie la paix à l’intérieur. Jamais au cours de notre histoire les différentes couches de la société n’ont été montées les unes contre les autres comme ces dernières années ; tout un parti puissant a été proscrit par la soi-disant loi sur les socialistes, et la chasse aux socialistes a été dignement complétée par une chasse aux Juifs.

Ces événements scandaleux ne sont pas le fruit du hasard, ils font tout autant partie intégrante du système en place. C'est par des promesses d'avantages matériels que l'on cherche désormais à réconcilier un peuple de plus en plus mécontent avec le système en place. Ne vous laissez pas séduire ! Regardez bien ceux qui vous font ces promesses ! Leur position, leur passé, leurs actes méritent-ils votre confiance ?

On vous dit que la nouvelle politique fiscale vous soulagera.

Eh bien, cet allègement consiste à imposer au peuple allemand 130 millions de nouveaux impôts indirects – qui pèsent bien plus lourdement sur le « pauvre homme » que les impôts directs – et à supprimer 21 millions d’anciens impôts directs, ce qui revient à alourdir la charge fiscale du peuple de 109 millions de marks par an, une fois les impôts supprimés déduits.

L'affirmation selon laquelle les impôts indirects n'oppressent pas le peuple, qu'ils sont supportés en partie par l'étranger et en partie par le producteur, est, comme le sait quiconque connaît les principes fondamentaux de l'économie nationale, une supercherie effrontée et mensongère.

Et ces 109 millions ne suffisent pas. De nouveaux impôts se profilent à nouveau. Les sources de revenus actuelles ne suffisent pas au système Bismarck : de par sa nature, il doit augmenter à l’infini les dépenses improductives. C’est ainsi que le prince Bismarck s’est tourné vers le monopole du tabac. Il doit être imposé à tout prix. Au départ, on disait que le produit était destiné au « pauvre homme » – pour la création d’une caisse d’assurance invalidité et de retraite des travailleurs.  Le « Norddeutsche Allgemeine Zeitung », dont les relations ne sont un secret pour personne, a toutefois laissé échapper que le monopole du tabac aurait pour but de rendre le gouvernement du Reich financièrement indépendant, c’est-à-dire de supprimer le droit budgétaire du Reichstag. Le « pauvre homme » qu’il s’agit d’aider serait donc le prince Bismarck.

Ce même « Norddeutsche Allgemeine Zeitung » a eu l’effronterie de déclarer ouvertement que les fabricants de tabac et autres parties prenantes du secteur n’auraient aucun droit à une indemnisation – c’est là la logique d’un Schinderhannes, une pure politique de brigandage dont tout homme honnête doit se détourner avec indignation.

« Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. »

Je n’ai pas besoin de vous mettre en garde contre le « socialisme d’État » du prince Bismarck. Les ouvriers allemands, dont on cherche à capter les voix, savent ce qu’ils doivent penser de cet appât. Le simple fait que le prince Bismarck soit l’auteur de la loi sur les socialistes suffit à juger son socialisme d’État et met à nu ses motivations les plus intimes : L’ouvrier doit être contraint de porter le double joug de l’esclavage économique et politique. Aucun ouvrier allemand ne se laissera corrompre par un tel cadeau empoisonné ; et si de réels avantages lui sont offerts, il ne les refusera certes pas, mais il ne perdra pas de vue les motifs et les fins.

Assez ! Ne vous laissez pas détourner, par des flatteries et des promesses trompeuses, de la voie que votre intérêt vous trace, et ne vous laissez pas intimider !

J'ai entendu dire que les adversaires, qui ne croient pas possible de remporter la victoire par des moyens honnêtes, colportent cette sornette selon laquelle mon élection entraînerait l'instauration d'un petit état de siège. notamment sous forme d’impôts sur les pauvres, qui doivent être transférés à l’État.

C'est tout le contraire. Mon adversaire est l'un des artisans de la loi sur les socialistes ; celui qui vote pour lui vote en faveur de l'état de siège ; celui qui vote pour moi, en revanche, proteste par son vote contre l'état de siège. Il est toutefois évident que le gouvernement saxon sera plus enclin à proclamer l’état de siège si la majorité des électeurs l’y invite formellement en élisant un partisan de l’état de siège, que si la majorité du peuple s’y oppose. Ou bien veut-on prétendre que le gouvernement saxon se moque de la voix du peuple ?!

 

Je vous prie de m’informer sans délai de toute tentative d’influence sur le scrutin, car je suis déterminé à dénoncer ces agissements illégaux au Parlement régional et à exiger les sanctions qui s’imposent.

Voici en quelques mots mon programme électoral :

Pas de nouveaux impôts ! Pas de monopole sur le tabac !

Remplacement de tous les impôts indirects par un impôt sur le revenu progressif unique. Répartition équitable de la charge fiscale, notamment en ce qui concerne les impôts sur les plus démunis, qui doivent être transférés à l'État.

Élimination du militarisme et instauration de l’armement général du peuple. Pas de classe militaire particulière, dont l’existence est incompatible avec la paix et la liberté : chaque citoyen est un soldat, chaque soldat est un citoyen !

Amélioration des écoles primaires, création d’écoles professionnelles, gratuité de l’enseignement.

Abrogation de toutes les lois d’exception.

Relance et soutien planifiés de l'agriculture et de l'industrie par l'État.

Une législation du travail fondée sur des principes démocratiques, qui garantisse autant que possible au travailleur les fruits de son travail, fasse de lui le maître de ses biens, lui assure pendant le travail la meilleure protection possible pour sa vie et sa santé, et lui permette d'envisager la vieillesse sans inquiétude.

Pas de socialisme d'État réactionnaire, qui serait le tombeau de la liberté.

Simplification des lois et gratuité de l’aide juridictionnelle.

Extension des droits populaires – Lutte contre toute atteinte à la liberté !

Égalité des droits et des devoirs ! Liberté, paix, prospérité générale et éducation pour tous !

Tel est mon programme.

Mon passé garantit que je m’engagerai avec tout le sérieux et toute l’énergie nécessaires pour défendre ce programme.

Que ceux qui l'approuvent, ceux qui ont compris la nécessité d'une rupture avec le système en place, me donnent leur voix le 27 octobre de cette année !

Borsdorf près de Leipzig, le 15 octobre 1881

Wilhelm Liebknecht

Aufruf zur Reichstagswahl (15. Oktober 1881)

 

Dieses Flugblatt trägt den Vermerk „Vereins-Buchdruckerei Hottingen-Zürich“. Es wurde jedoch in Wamsdorf (Böhmen) in 20 000 Exemplaren gedruckt und illegal über die Grenze gebracht, nachdem die Polizei das erste Wahlflugblatt Wilhelm Liebknechts beschlagnahmt hatte. Mit 6231 Stimmen unterlag Liebknecht im Wahlkreis Dresden-Neustadt, er erhielt jedoch das Mandat für Offenbach.

Quelle: Institut für Marxismus Leninismus beim ZK der SED (Hrsgb.): Dokumente und Materialien zur Geschichte der Deutschen Arbeiterbewegung, III, 1871-1898, Dietz 1974, S. 163ff.
Transkription u. HTML-Markierung: J.L.W. für das Marxists’ Internet Archive.

 

An die Wähler von Neustadt-Dresden und Umgegend!

Von meinen Parteigenossen in Euerem Kreis bin ich als Kandidat für die bevorstehende Reichstagswahl aufgestellt worden, und ich habe mich für verpflichtet gehalten, die Kandidatur anzunehmen.

Durch das Sozialistengesetz verhindert, in offener Volksversammlung mein Programm zu entwickeln, spreche ich durch dieses Flugblatt zu Euch. Viel brauche ich nicht zu sagen, da meine Grundsätze, meine Bestrebungen bekannt sind. Ich bin Sozialdemokrat und werde nach bestem Wissen und Gewissen, falls Ihr mich wählt, im Reichstag für Euere Interessen und die Interessen des Gesamtvolkes eintreten.

Als Sozialdemokrat verurteile ich die heutige Ordnung der Dinge in Staat und Gesellschaft und suche eine durchgehende soziale und politische Umgestaltung herbeizuführen ; mit Reformen, die sich auf Nebensächliches beschränken, ist nichts getan; die Wurzel der Übel, an denen wir kranken, muss ausgerottet werden. Die Anhänger der heutigen Ordnung, die uns als geschlossene Mächte gegenüberstehen, wollen diese Übel erhalten - das ist der Unterschied zwischen uns und unseren Gegnern aller Parteifarben.

Sie haben zwar auch verschiedene Wunderheilmittel, die sie Euch anpreisen, die aber sämtlich bei näherer Prüfung sich als wertlos erweisen. Dem „kleinen Mann“, dem „armen Mann“ kann nur durch den „kleinen Mann“, durch den „armen Mann“ geholfen werden, das heißt durch das Volk. Die Fürsten, Grafen, Rittergutsbesitzer, Fabrikanten, kurz, die Privilegierten und ihr Anhang, welche den „armen“ und „kleinen Mann“ jetzt umschmeicheln, beweisen schon durch ihre gesellschaftliche Stellung, dass ihre Sache nicht die Sache des „armen“, des „kleinen Mannes“ ist. Das erhellt auch aus ihren Heilsvorschlägen, welche die vollständige Unfähigkeit derselben bekunden, die Lage des „armen Mannes“ zu bessern, sein Elend und die Ursachen seines Elends zu begreifen.

Nur eine vernünftige Regelung der Produktion und der gesamten Arbeitsverhältnisse auf genossenschaftlicher Grundlage, nur die systematische Pflege und Förderung der Industrie und des Ackerbaues durch den Staat kann den Arbeiter erlösen, den Handwerker retten, der Massenverarmung steuern.

Die neue Wirtschafts- und Steuerpolitik des Fürsten Bismarck sollte Euch Hilfe bringen. Nun, diese Politik ist seit dritthalb Jahren in Kraft, und was hat sie genützt? Seid Ihr reicher geworden? Hat der Handel, haben die Gewerbe sich gehoben? Hat die „Vagabundage“, haben die Verbrechen abgenommen? Von allem das Gegenteil. Und Ihr wisst das, denn neun Zehntel von Euch leiden aufs empfindlichste unter diesen ungesunden Zuständen.

Die einzige Wirkung der neuen Zoll- und Wirtschaftspolitik ist, dass die Steuern vermehrt und die Preise aller Lebensmittel verteuert worden sind.

Urteilt nicht nach den Versprechungen, urteilt nach den Tatsachen!

Inzwischen steigen die Steuern fortwährend. Im Jahre 1865, also vor dem unheilvollen Bruderkrieg von 1866, betrugen alle Staatsausgaben im jetzigen Reichsgebiete ungefähr 930 Millionen Mark jährlich. Heute sind die Ausgaben für das Reich und die Einzelstaaten auf mindestens 2 100 Millionen Mark jährlich gestiegen, in 15 Jahren also um 125 Prozent, [um] weit mehr als das Doppelte! Das Budget des Reiches ohne [das] der Einzelstaaten betrug 1871 238 Millionen, 1873 388 Millionen, 1877/1878 540 Millionen, 1881/1882 593 Millionen! Von diesen ungeheueren, lawinenartig wachsenden Summen hat das Heerwesen (mit Marine und Militärpensionen) im Jahre 1873 276, im Jahre 1876 378, im Finanzjahre 1877/1878 425 und im Finanzjahre 1881/1882 462 Millionen Mark jährlich verschlungen!

Vom Jahre 1872 bis zum Finanzjahre 1881/1882 sind für Militär- und Marinezwecke 4729 Millionen Mark ausgegeben worden, d.h. eine Summe, fast so groß wie die französischen Milliarden, die ebenfalls fast ausschließlich zu Militär- und Marinezwecken verwandt worden sind. Trotz der französischen Milliarden hat in den letzten 10 Jahren die Person in Deutschland, Mann, Frau und Kind, durchschnittlich - die Bevölkerung zu 44 Millionen geschätzt - über 107 Mark auf den Kopf und jede Familie - die Familie zu 5 Köpfen gerechnet - 537 Mark für Militär- und Marinezwecke entrichten müssen!

Und was ist mit diesen kolossalen Opfern erreicht worden? Nichts als dass, wie man uns versichert, immer neue und größere Opfer gebracht werden müssen, „um Deutschlands Weltstellung zu sichern“.

Ist das auch wahr? Nein! Russland hat nicht die Macht, uns zu bedrohen; Österreich hat weder die Macht noch den Willen, und in Frankreich hat das Volk sich so entschieden von der Revanchepolitik abgewandt, dass nach dieser Seite hin jede Kriegsgefahr verschwunden ist.

Wäre Fürst Bismarck der Mann des Friedens, für den er jetzt ausgegeben wird, so wäre es ihm ein leichtes, eine allgemeine Abrüstung zu erwirken. Allein, er will dies nicht und kann es nicht wollen. Der Mann, dessen Blut-und-Eisen-Politik uns schon drei Kriege gebracht hat, kann unmöglich Zustände herbeiführen, welche den Frieden verbürgen. Der Militarismus aber, dessen Last uns erdrückt, gehört organisch zu dem System Bismarck, das zu seinem Fortbestand eines ungeheueren stehenden Heeres sowohl nach außen als nach innen bedarf.

Sowenig das System Bismarck den Frieden nach außen bedeutet, sowenig bedeutet es den Frieden nach innen. Wohl niemals im Laufe unserer Geschichte ist es vorgekommen, dass die verschiedenen Schichten der Gesellschaft so gegeneinander verhetzt worden sind wie in den letzten Jahren; eine ganze mächtige Partei ist durch das sogenannte Sozialistengesetz proskribiert (geächtet) worden, und an die Sozialistenhetze hat sich als würdige Ergänzung eine Judenhetze angereiht.

Diese empörenden Vorgänge sind nicht zufällig, sie gehören gleichfalls organisch zu dem herrschenden System.

Durch Versprechungen materieller Vorteile soll das immer unzufriedener werdende Volk nun mit dem herrschenden System ausgesöhnt werden. Lasst Euch nicht berücken! Seht Euch die Personen an, welche Euch die Versprechungen machen! Verdienen sie durch ihre Stellung, durch ihre Vergangenheit, durch ihre Handlungen Euer Vertrauen?

Ihr sollt durch die neue Steuerpolitik entlastet werden - sagt man Euch.

Wohlan, die Entlastung besteht darin, dass man dem deutschen Volk an indirekten Steuern, die weit schwerer auf dem „armen Mann“ lasten als die direkten, für 130 Millionen neue Steuern aufgehalst und für 21 Millionen alte direkte Steuern erlassen, also das Volk nach Abzug der erlassenen Steuern um 109 Millionen Mark jährlich mehr belastet hat.

Die Behauptung, dass die indirekten Steuern das Volk nicht drücken, dass sie teils vom Ausland, teils vom Produzenten getragen werden, ist, wie jeder weiß, der die Anfangsgründe der Nationalökonomie kennt, frecher, verlogener Schwindel.

Und diese 109 Millionen genügen nicht. Es sind abermals neue Steuern in Sicht. Die gegenwärtigen Einnahmequellen reichen für das System Bismarck nicht aus: Seiner Natur nach muss es die unproduktiven Ausgaben ins unendliche steigern. Da ist denn Fürst Bismarck auf das Tabakmonopol verfallen. Es soll um jeden Preis durchgesetzt werden. Anfangs hieß es, der Ertrag sei für den „armen Mann“ - zur Errichtung einer Arbeiterinvaliden- und Altersversorgungskasse - bestimmt. Die „Norddeutsche Allgemeine Zeitung“, deren Beziehungen kein Geheimnis sind, hat aber ausgeplaudert, dass das Tabakmonopol dazu dienen solle, die Reichsregierung finanziell unabhängig zu machen, das heißt, das Budgetrecht des Reichstags zu vernichten. Der „arme Mann“, dem geholfen werden soll, ist demnach Fürst Bismarck.

Dieselbe „Norddeutsche Allgemeine Zeitung“ hat die Schamlosigkeit gehabt, offen zu erklären, dass die Tabakfabrikanten und sonstigen Tabakinteressenten gar kein Recht auf Entschädigung hätten - das ist ja die Logik eines Schinderhannes, die reine Räuberpolitik, von der jeder ehrliche Mann sich mit Entrüstung abwenden muss.

„An ihren Früchten sollt ihr sie erkennen.“

Vor dem „Staatssozialismus“ des Fürsten Bismarck brauche ich Euch nicht zu warnen. Die deutschen Arbeiter, deren Stimmen man fangen will, wissen, was sie von dem Köder zu halten haben. Die eine Tatsache, dass Fürst Bismarck der Urheber des Sozialistengesetzes ist, genügt, den Staatssozialismus des Fürsten Bismarck zu beurteilen, und legt die innersten Beweggründe bloß: Der Arbeiter soll unter das Doppeljoch ökonomischer und politischer Sklaverei gezwängt werden. Kein deutscher Arbeiter wird sich durch ein solches Danaergeschenk bestechen lassen; und wenn wirkliche Vorteile geboten werden, so wird er sie zwar selbstverständlich nicht von sich weisen, allein auch die Motive und Zwecke nicht aus den Augen verlieren.

 

Genug - lasst Euch nicht durch Schmeicheleien und trügerische Versprechungen vom Wege ablenken, den Euer Interesse Euch vorzeichnet, und lasst Euch nicht einschüchtern!

Wie ich höre, wird von Gegnern, die den Sieg ihrer Sache mit ehrlichen Mitteln nicht [für] möglich halten, das alberne Märchen aufgetischt, meine Wahl werde die Verhängung des Kleinen Belagerungszustandes zur Folge haben.

Ganz das Gegenteil ist der Fall. Mein Gegner ist einer der Geburtshelfer des Sozialistengesetzes ; wer für ihn stimmt, gibt ein Votum zugunsten des Belagerungszustandes ab; wer dagegen für mich stimmt, der erhebt durch sein Votum Protest gegen den Belagerungszustand. Es ist aber klar, dass die sächsische Regierung eher geneigt sein wird, den Belagerungszustand zu proklamieren, wenn die Mehrheit der Wähler durch Wahl eines Anhängers des Belagerungszustandes sie förmlich dazu auffordert, als wenn die Mehrheit des Volkes Verwahrung gegen den Belagerungszustand einlegt. Oder will man behaupten, die sächsische Regierung kümmere sich nicht um die Stimme des Volkes?!

Von jedem Versuch der Wahlbeeinflussung bitte ich mich schleunigst in Kenntnis zu setzen, da ich entschlossen bin, derlei gesetzwidriges Beginnen im Landtag zu brandmarken und die gebührende Bestrafung zu fordern.

Nachstehend in kurzen Worten mein Wahlprogramm:

Keine neuen Steuern! Kein Tabakmonopol!

Ersetzung der indirekten Steuern in jeder Gestalt durch eine einheitliche progressive Einkommensteuer.

Gerechte Verteilung der Steuerlast, namentlich auch in Armensteuern, die auf den Staat zu übertragen sind.

Beseitigung des Militarismus und Einführung der allgemeinen Volksbewaffnung. Kein besonderer Wehrstand, dessen Existenz sich mit Friede und Freiheit nicht verträgt: Jeder Bürger Soldat, jeder Soldat Bürger!

Hebung der Volksschulen, Errichtung von Fachschulen, unentgeltlicher Schulunterricht.

Abschaffung aller Ausnahmegesetze.

Planmäßige Hebung und Unterstützung der Landwirtschaft und der Industrie durch den Staat.

Eine Arbeitergesetzgebung auf demokratischer Grundlage, welche dem Arbeiter möglichst die Früchte seiner Arbeit sichert, ihn zum Herrn seines Eigentums macht, während der Arbeit ihm möglichsten Schutz für Leben und Gesundheit verleiht und ihn so stellt, dass er ohne Sorgen dem Alter entgegensehen kann.

Kein reaktionärer Staatssozialismus, der das Grab der Freiheit wäre.

Vereinfachung der Gesetze und unentgeltliche Rechtspflege.

Erweiterung der Volksrechte - Bekämpfung jedes Attentats auf die Freiheit!

Gleiche Rechte und gleiche Pflichten! Freiheit, Friede, allgemeiner Wohlstand mit allgemeiner Bildung!

Das ist mein Programm.

Meine Vergangenheit bürgt dafür, dass ich mit allem Ernst und aller Kraft für dieses Programm eintreten werde.

Wer es billigt, wer die Notwendigkeit eines Bruchs mit dem herrschenden System begriffen hat, der gebe mir am 27. Oktober dieses Jahres seine Stimme!

Borsdorf bei Leipzig, den 15. Oktober 1881

Wilhelm Liebknecht

 

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Grève de masse. Rosa Luxemburg

La grève de masse telle que nous la montre la révolution russe est un phénomène si mouvant qu'il reflète en lui toutes les phases de la lutte politique et économique, tous les stades et tous les moments de la révolution. Son champ d'application, sa force d'action, les facteurs de son déclenchement, se transforment continuellement. Elle ouvre soudain à la révolution de vastes perspectives nouvelles au moment où celle-ci semblait engagée dans une impasse. Et elle refuse de fonctionner au moment où l'on croit pouvoir compter sur elle en toute sécurité. Tantôt la vague du mouvement envahit tout l'Empire, tantôt elle se divise en un réseau infini de minces ruisseaux; tantôt elle jaillit du sol comme une source vive, tantôt elle se perd dans la terre. Grèves économiques et politiques, grèves de masse et grèves partielles, grèves de démonstration ou de combat, grèves générales touchant des secteurs particuliers ou des villes entières, luttes revendicatives pacifiques ou batailles de rue, combats de barricades - toutes ces formes de lutte se croisent ou se côtoient, se traversent ou débordent l'une sur l'autre c'est un océan de phénomènes éternellement nouveaux et fluctuants. Et la loi du mouvement de ces phénomènes apparaît clairement elle ne réside pas dans la grève de masse elle-même, dans ses particularités techniques, mais dans le rapport des forces politiques et sociales de la révolution. La grève de masse est simplement la forme prise par la lutte révolutionnaire et tout décalage dans le rapport des forces aux prises, dans le développement du Parti et la division des classes, dans la position de la contre-révolution, tout cela influe immédiatement sur l'action de la grève par mille chemins invisibles et incontrôlables. Cependant l'action de la grève elle-même ne s'arrête pratiquement pas un seul instant. Elle ne fait que revêtir d'autres formes, que modifier son extension, ses effets. Elle est la pulsation vivante de la révolution et en même temps son moteur le plus puissant. En un mot la grève de masse, comme la révolution russe nous en offre le modèle, n'est pas un moyen ingénieux inventé pour renforcer l'effet de la lutte prolétarienne, mais elle est le mouvement même de la masse prolétarienne, la force de manifestation de la lutte prolétarienne au cours de la révolution. A partir de là on peut déduire quelques points de vue généraux qui permettront de juger le problème de la grève de masse..."

 
Publié le 20 février 2009