Le procès de Leipzig il y a 150 ans - Par Bernd Ulrich. Pourquoi la social-démocratie a tiré profit du procès pour haute trahison de Leipzig
Lu sur le net. Un manque de temps ne m'a pas permis de rédiger encore l'article sur ce procès d'une grande importance, et à traduire les textes. Aussi dans un premier temps cet article sur le net. DVP
À partir du 11 mars 1872, les dirigeants ouvriers Wilhelm Liebknecht et August Bebel ont dû répondre à Leipzig de chefs d’accusation de haute trahison. C’est leur opposition à la guerre franco-allemande qui les a conduits sur le banc des accusés – qu’ils ont su utiliser comme tribune.
Ce soir-là, à la fin du mois de juillet 1870, le fils aîné de Wilhelm Liebknecht a failli être touché :
« Avant que nous ayons pu arriver sur place, les assaillants avaient brisé plusieurs vitres à coups de grosses pierres, dont l’une a failli, à un cheveu près, fracasser la tête de mon fils aîné, alors encore un nourrisson. »
Abstention lors du vote sur les crédits de guerre
C’est ainsi que Liebknecht décrivit l’attaque contre son appartement. Le logement de son ami August Bebel ne fut épargné que parce qu’il était situé dans une arrière-cour de Leipzig, difficile d’accès. Ces événements avaient été précédés, quelques jours auparavant, par la déclaration de guerre de la France à la Confédération de l’Allemagne du Nord dirigée par la Prusse. Les deux dirigeants ouvriers n’étaient devenus la cible de vandales enflammés par le patriotisme que pour une seule raison : en tant que seuls députés du Parti social-démocrate des travailleurs au Reichstag de l’Allemagne du Nord, ils avaient osé aller à l’encontre de toutes les majorités. Lors du vote sur les crédits de guerre demandés, d’un montant de 120 millions de thalers, ils s’étaient abstenus. Les phrases clés de leur justification écrite du 21 juillet 1870 étaient les suivantes :
« En tant qu’opposants par principe à toute guerre dynastique, en tant que républicains sociaux et membres de l’Association internationale des travailleurs, qui combat tous les oppresseurs sans distinction de nationalité et cherche à unir tous les opprimés en une grande fraternité, nous ne pouvons nous prononcer ni directement ni indirectement en faveur de la guerre actuelle et nous nous abstenons donc de voter. »
« Quelle scène de rage ! » au Reichstag
Le 26 novembre 1870, les deux hommes refusèrent une nouvelle fois d’approuver de nouveaux crédits de guerre. Ils exigèrent en outre le renoncement à toute annexion de territoires français. Il n’y avait désormais plus de retenue. Wilhelm Liebknecht :
« Lorsque nous avons pris la parole au Reichstag – Quelle rage ! Combien de fois avons-nous été encerclés par des collègues « menaçants » ; combien de fois les poings se sont-ils serrés. C’est un miracle qu’il n’y ait pas eu de bagarre. »
Le comportement de vote interprété comme une trahison
On reprocha aux deux dirigeants ouvriers d’avoir, par leur abstention, affaibli la sécurité du pays, et donc d’avoir commis un acte de trahison. Le matin du 17 décembre 1870, ils furent arrêtés, en même temps qu’Adolf Hepner, rédacteur en chef du journal du SDAP « Der Volksstaat ». Ils restèrent en détention préventive, strictement isolés, jusqu’au 28 mars 1871. Mais, comme le raconte Liebknecht rétrospectivement :
« Les pressions et les harcèlements se poursuivirent. C’est ainsi qu’après près d’un an de travail acharné, on parvint à transformer la trahison évaporée en une haute trahison brumeuse, ou plutôt en une préparation à la haute trahison. »
De minces preuves
Le lundi 11 mars 1872, le procès s’ouvrit devant la cour d’assises de Leipzig, en présence d’un public nombreux. Aucune preuve convaincante ne put être trouvée pour étayer l’infraction de « préparation à la haute trahison », c’est-à-dire la préparation d’un renversement interne. Au contraire, selon August Bebel :
« Les éléments à charge reflétaient l’ensemble de notre activité de propagande au sein d’associations, lors de rassemblements, dans des articles et des brochures. De plus, la quasi-totalité de la littérature socialiste parue jusqu’alors en langue allemande a été invoquée à titre de preuve à charge, même si nous n’avions pas du tout participé à leur rédaction ni à leur diffusion, comme ce fut le cas par exemple pour le Manifeste communiste. »
Mais pas de trahison d’État
Le procès offrit avant tout une chose : une excellente tribune pour Bebel et Liebknecht. Leurs attentes furent même dépassées, comme l’écrivit Liebknecht :
« Le procès pour haute trahison de Leipzig, qui devait anéantir notre parti, lui a donné un puissant élan. Nos adversaires ne peuvent s’empêcher de jouer en notre faveur, même contre leur gré. C’est le rôle auquel le destin malicieux les a condamnés. »
Pour en savoir plus
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Le 26 mars 1872, la cour d'assises rendit son verdict. Le rédacteur Hepner fut acquitté faute de preuves, tandis que Liebknecht et Bebel furent condamnés chacun à deux ans de prison. Lorsque Bebel entra en détention le 8 juillet au château d'Hubertusburg, situé en Saxe du Nord – où Liebknecht était déjà incarcéré –, il avait 31 mois de prison devant lui. Entre-temps, il avait également été condamné pour outrage au souverain. Tous deux mirent ce temps à profit pour étudier de manière approfondie la littérature philosophique et historique. Au début de sa détention, Bebel écrivit à ses partisans :
« Soyez assurés que les peines qui m’ont été infligées ne m’abattent pas. La société qui doit recourir à de telles méthodes d’éducation mérite de cesser d’exister. »
Tribunal vor 150 Jahren
Warum die Sozialdemokratie vom Leipziger Hochverratsprozess profitierte
Ab dem 11. März 1872 mussten sich die Arbeiterführer Wilhelm Liebknecht und August Bebel in Leipzig wegen vermeintlichen Hochverrats verantworten. Ihr Nein zum deutsch-französischen Krieg brachte sie auf die Anklagebank – die sie als Tribüne zu nutzen wussten.
Von Bernd Ulrich | 11.03.2022
Beinahe hätte es an diesem Abend im späten Juli des Jahres 1870 Wilhelm Liebknechts ältesten Sohn getroffen:
Ehe wir zur Stelle sein konnten, waren von den Angreifern verschiedene Fensterscheiben mit schweren Steinen zertrümmert, von denen einer meinem ältesten Sohn, damals ein Säugling, um ein Haar den Kopf zerschmettert hätte.“
Bei der Abstimmung über die Kriegskredite enthalten
So beschrieb Liebknecht den Angriff auf seine Wohnung. Die Behausung seines Freundes August Bebel blieb nur deshalb verschont, weil sie schwer zugänglich in einem Leipziger Hinterhof lag. Vorausgegangen war diesen Ereignissen die Kriegserklärung Frankreichs an den Norddeutschen Bund unter Führung Preußens wenige Tage zuvor. Die beiden Arbeiterführer waren nur aus einem Grund zur Zielscheibe patriotisch entflammter Randalierer geworden: Als einzige Abgeordnete der Sozialdemokratischen Arbeiterpartei im Norddeutschen Reichstag hatten sie es gewagt, gegen alle Mehrheiten zu handeln. Bei der Abstimmung über die beantragten Kriegskredite in Höhe von 120 Millionen Taler enthielten sie sich der Stimme. Die Kernsätze ihrer schriftlichen Begründung vom 21. Juli 1870 lauteten:
„Als prinzipielle Gegner jedes dynastischen Krieges, als Sozial-Republikaner und Mitglieder der Internationalen Arbeiter-Assoziation, die ohne Unterschied der Nationalität alle Unterdrücker bekämpft und alle Unterdrückten zu einem großen Bruderbunde zu vereinigen sucht, können wir uns weder direkt noch indirekt für den gegenwärtigen Krieg erklären und enthalten uns daher der Abstimmung. »
„Welche Szenen der Wut!“ im Reichstag
Am 26. November 1870 verweigerten die beiden neuerlich die Zustimmung zu weiteren Kriegskrediten. Darüber hinaus forderten sie den Verzicht auf jede Annexion französischer Gebiete. Nun gab es kein Halten mehr. Wilhelm Liebknecht:
„Wenn wir im Reichstag das Wort ergriffen – welche Szenen der Wut! Wie oft wurden wir von ‚drohenden‘ Kollegen umringt; wie oft ballten sich die Fäuste. Ein Wunder, dass es nicht zur Schlägerei kam.“
Abstimmungsverhalten als Landesverrat ausgelegt
Den beiden Arbeiterführern wurde unterstellt, sie hätten mit ihrer Stimmenthaltung die Sicherheit des Landes geschwächt, also Landesverrat begangen. Am Morgen des 17. Dezember 1870 erfolgte ihre Verhaftung, zusammen mit Adolf Hepner, einem Redakteur der SDAP-Zeitung „Der Volksstaat“. Streng isoliert blieben sie bis zum 28. März 1871 in Untersuchungshaft. Doch, so Liebknecht rückblickend:
„Das Hetzen und Drängen dauerte fort. Und so gelang es denn, in fast einjähriger emsiger Arbeit, den verdunsteten Landesverrat in einen nebligen Hochverrat umzuwandeln, besser: in eine Vorbereitung zum Hochverrat.“
Dürftige Beweislage
Am Montag, den 11. März 1872, begann vor dem Leipziger Schwurgericht unter reger öffentlicher Beteiligung der Prozess. Für den Straftatbestand der „Vorbereitung zum Hochverrat“, mithin für die Vorbereitung eines inneren Umsturzes, konnten keine überzeugenden Belege gefunden werden. Stattdessen, so August Bebel:
„Das Anklagematerial bildete unsere gesamte agitatorische Tätigkeit in Vereinen, Versammlungen, Artikeln und Broschüren ab. Außerdem wurde auch fast die ganze bis dahin in deutscher Sprache erschienene sozialistische Broschürenliteratur als belastend herangezogen, auch wenn wir an deren Verfasserschaft und Verbreitung gar nicht beteiligt waren, wie zum Beispiel bei dem Kommunistischen Manifest.“
Doch kein Abgrund von Landesverrat
Der Prozess bot vor allem eins: eine hervorragende Bühne für Bebel und Liebknecht. Sie sahen ihre Erwartungen noch übertroffen, wie Liebknecht schrieb:
„Der Leipziger Hochverratsprozess, der unsere Partei vernichten sollte, gab ihr einen mächtigen Aufschwung. Die Gegner müssen uns eben wider Willen stets in die Hände arbeiten. Das ist die Rolle, zu der das neckische Schicksal sie verdammt hat.“
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Am 26. März 1872 sprach das Schwurgericht sein Urteil. Der Redakteur Hepner wurde mangels Beweisen freigesprochen, Liebknecht und Bebel erhielten je zwei Jahre Festungshaft. Als Bebel am 8. Juli seine Haft im nordsächsisch gelegenen Schloss Hubertusburg –– antrat, in dem Liebknecht schon einsaß, hatte er 31 Monate Haft vor sich. Er war mittlerweile noch wegen Majestätsbeleidigung verurteilt worden. Beide nutzten die Zeit für das ausgiebige Studium philosophischer und historischer Literatur. Bebel schrieb zu Beginn seiner Haft an seine Anhänger:
Citation. „Seid versichert, die erhaltenen Strafen machen mich nicht mürbe. Die Gesellschaft, die zu solchen Methoden der Belehrung greifen muss verdient, dass sie aufhört zu existieren

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